JOURNAL ASIATIQUE
DIXIEME SERIE
TOME Vlll
JOURNAL ASIATIQUE
ou
RECUEIL DE MÉMOIRES
D'EXTRAITS ET DE NOTICES
RELATIFS À L'HISTOIRE, À LA PHILOSOPHIE, AUX LANGUES
ET À LA LITTÉRATURE DES PEUPLES ORIENTAUX
BBDIOÉ
PAR HM. BARBIER DE MBÏNABD, A. BAHTH , R. BASSET
CHAVANNES, CLEBMONT - GANNEAU, HALÉVT, HOUDAS , MASPERO
RUBENS DUVAL, É. SENART, ETC.
ET PUBLIÉ PAR LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE
DIXIEME SERIE
TOME VIII
P
PARIS
IMPRIMERIE NATIONALE
ERNEST LEROUX, EDITEUR
RUE BONAPARTE, 28
MDCCCCVI
V3
JOURNAL ASIATIQUE.
JUILLET-AOÛT 1906.
PROCÈS-VERBAL
DE LA SÉANCE GÉNÉRALE DU 14 JUIN 1906.
La séance est ouverte à 3 heures, sous la prési-
dence de M. Senart, vice-président.
Etaient présents :
MM. Barïh, Basmadjian, Bourdais, Bouvat,
Cabaton, J.-B. Chabot, Cœdès, Combe, Dussaud,
R. DuvAL, Fajtlovitch , FiNOT, FossEY, Galbrun ,
Gaudefroy-Demombynes , Graffin, Ismaël Hamet,
HouDAs, Huart, Labourt, Lanm an , Isidore Lévy,
Macler , Meillet, Moret, Thureau-Dangin , membres :
Halévy, secrétaire adjoint.
M. Senart exprime à l'Assemblée les regrets de
M. Barbier de Meynard, président de la Société,
obligé de prendre quelques jours de repos avant les
examens qu'il doit présider à l'Ecole des Langues
orientales.
Il rappelle les deux pertes très sensibles qu'a faites
le Conseil au courant de l'année dans la personne
de MM. Oppert et Specht. M. Barbier de Mey-
nard a déjà rendu un juste hommage h nos deux
6 .lUILLFTT-AOlVr l'M)(>.
confrères. H faut qiie leurs noms soient prononcés
dans cette séance annuelle, et qu'aussi la Société soit
associée tout entière aux regrets que laissent parmi
nous deux hommes qui, à des titres divers, ont h'wu
mérité de la science et de notre Société.
Le procès-verbal de la séance amiuelie du 1 5 juin
1 9o5 est lu et adopté.
M. RuBBNS DuvAL lit le rapport de la Commission
des censeurs. Des remerciements sont votés à la Com-
mission des fonds et aux censeurs.
Sont reçus membres de la Société :
MM. Destaing (Edmond), professeur à la Médersa
de Tlemcen, présenté par MM. Barbi«'r
de Meynard et Basset;
BKSsiîînES (René), élève diplômé de l'Ecole
du Louvre, présenté par MM. Revillout
et lïuart.
La Société autorise l'érhang»' du Journal nsinlùjnc
avec les revues :
Anthropos, deSalzbourg;
Âteneo, de Madrid;
Le Monde oriental , d'Upsal.
Lecture est faite ensuite d'une circulaire annon-
çant une fête cfui sera donnée prochainement à I^eide
à l'occasion du 70' anniversaire de notre éminent
confrère, M. de Goeje.
SÉANCE GÉNÉRALE. 7
M. FiNOT iit une étude sur le bouddhisme en Indo-
Chine.
M. J.-B. Chabot lit une note sur les jeux d'esprit
chez les Syriens. Il signale divers ouvrages qui appar-
tiennent à la catégorie des récréations intellectuelles
et , en particiilier, quelques anciens recueils d'énigmes
composés en vue de remémorer l'histoire sainte ou
la grammaire aux écoliers.
Ces deux communications seront insérées dans le
Journal asiatique.
li est ensuite procédé au dépouillement des votes
concernant les membres sortants du bureau et du
Conseil qui sont tous réélus. Sont nommés , en
outre :
Membre de la Commission des fonds, M. de Ciia
RENCEY, en remplacement de M. Specht, décédé;
Membre du Conseil pour 1906-1909, MM. Re-
viLLOUT et Allotte de la Fuye, en remplacement de
MM. Oppert, décédé, et Halévy, nommé secrétaire
adjoint;
Membres du Conseil pour 1 906-1 907, MM. Meil-
LET et Gaudefroy-Demombynes, en remplacement
de MM. Huart et de Charencey, nommés membres de
la Commission des fonds.
La séance est levée à 4 heures et demie.
JUILLET-AOÛT 1906.
RAPPORT
DE LA COMMISSION DES CENSEURS
SUR LES COMPTES DB LUNNËE IQOS.
Messiburs,
Noire Société a éprouvé une perte sensible par la mort
survenue au coniniencement de cette année de noire regretté
confrère Specht, qui consacrait les loisirs que lui laissaient
ses travaux scientifiques à la gestion des finances de notre
Société. Sa mémoire demeurera vivante en nous; nous con-
naissons tous le zèle éclairé et infatigable qu'il mettait à rem-
plir ses (onctions. La douleur que sa mort nous a laissée a
été atténuée par le dévouement dont a fait preuve son suc-
cesseur en acceptant une charge nouvelle pour lui. Les Cen-
seurs se plaisent à reconnaître le soin scrupuleux avec lequel
ont été rédigés les comptes de l'exercice igoS et le rap|)()i1
de la Commission des fonds.
Les fmances de la Société se maintiennent dans l'état pros-
père que les Censeurs ont eu la satisfaction de constater jos-
qu'ici et qui est dû à la vigilance de la Commission des
fonds. Les dépenses et les recettes de igoS sont les mêmes
que celles des années précédentes, sauf quelques différences
portant sur les articles variables par leur nature même. Les
receltes ordinaires se sont élevées à a/i.ôyS fr. 78, offrant
un excédent de 8' a 3a francs sur les dépenses ordinaires qui
ont été de 1 6,346 fr. 20.
Au fonds de réserve ont été portées vingt obligations Nord
nouvelles qui ont coûté 9,602 fr. 55. Cette somme a été
fournie par le remboursement s'élevanl à 3, 5oo francs de sept
obligations de la Compagnie des Wagons-Lits sorties au ti-
RAPPORT DE LA COMMISSION DES CENSEURS. <)
rage, et par les fonds libres pour le complément, soit
6,002 fr. 55. La Commission, en achetant des valeurs fran-
çaises de tout repos , s'est rangée à l'avis exprimé précédem-
ment par les Censeurs sur ce sujet.
En dehors des fonds de réserve , il a été pris sur les fonds
disponibles une somme de 2,4.00 francs pour les publications
scientifiques, savoir : 1,300 francs pour le tome V de la tra-
duction de Sse-ma Ts'ien par M. Chavannes, et 1,200 francs
pour la publication du tome l" de V Agnistoma par MM.
V. Henry et Caland.
Après ces emplois, il restait en compte courant à la So-
ciété générale, au 3i décembre igoS, une somme do
1 2,7^8 fr. 85 , supérieure au reliquat de 1 90/1 , qui n'était que
do 9,5x8 fr. 82.
Nous vous proposons. Messieurs, de voter des remercie-
ments à la Commission des fonds et, en particulier, à notre
confrère, M. Clément Huart, qui a bien voulu remplacer
M. Specht dans cette délicate fonction.
R. DUVAL. 0. HOUDAS.
10 JUILLET-AOÛT 1906.
RAPPORT DE M. CL. HUART,
AU NOM DB LA COMMISSION DBS FONDS,
ET COMPTES DE L'ANNÉE 1905.
Messieurs,
Le conp soudain qui a i'rappé la Société en lui enlevant le
membre le plus actif de la Commission des Tonds , en nu^mc
temps (ju'il nous privait d'un savant auquel nous unissaient
les liens d'une longue ronlraternité, n'a pas laissé do nous
rauser quelque préoccupation. Il n'est pas toujours aisé de
rcnq)lacer ex abrupto un confrère dont l'expérience avisée
était des plus utiles au maniement des fonds sociaux; la com-
mission, en établissant les comptes de l'année 190,^) , (|ue nous
pouvions espérer voir M. Specht vous présenter lui-même,
croit avoir été fidèle aux traditions qui ont fait et font encore
la force de notre association.
Les dépenses sont un peu plus considérables que l'an der-
nier, car nous avons eu à faire face aux subventions accordées
à la publication du tome I"de l'/l^ni.v/oma de MM. V. Henry
et Caland et à celle du tome V de la traduction des Mémoires
de Sse-maTs'ien par M. Chavannes. Les a,4oo francs qui ont
facilité l'édition de ces deux volumes ont porté nos dépenses
à 16,346 fr. ao. En revanche, grâce au zèle de notre li-
braire, nous avons pu toucher le montant de i56 cotisations
et en récupérer -Sa d'arriérées. La vente des publications est
assez faible et ne s'élève guère qu'à 870 fr. 5o.
Les 7 obligations de la Compagnie des Wagons-Lits que
nous possédions sont sorties au tirage du 1" avril 1906 et
nous ont été remboursées par 3,5oo francs. Nous avons fait
remploi de cette somme ainsi que d'un certain excédent , en
RAPPORT DE LA COMMISSION DES FONDS. 1 1
achetant 20 obligations de la Compagnie des Chemins de
fer du Nord (nouvelles), en juillet 1906, pour la somme
de g,5o2 fr. 55.
Nos recettes s'élèvent au chiffre total de a/i.ByS fr. 78, et
l'encaisse accusé par la comptabilité de la Société générale
au 3i décembre iQOÔ se monte à la somme de la.y^S fr. 85.
12
.lUILLKT-AOÛT 1906.
COMPTES I)H
DEPENSES.
Honoraires du Iil>raire, pour le rccoiivrotnonl îles coli-
sationit 60 A' oo*
Frais d'envoi du Jijurnul asiatiijw 893 00
Port de lettres et de paquets rcriM 3a 85
Frais de bareaa du libraire 1 3 1 3o
Clich4^ d'après estampages et impression de quittances. la'i 10
Honoraires du bibliolh^cairi' ....
Honoraires du secrétaire-adjoint.
Service et étrennes
1,200 00 <
i.'ioo 00
i55 00
ClianlTage, éclairage, frais de bnreau th'i 19
Tlcliure et achat de livres nouveaux pour compléter
les collections f>85 oh
Souscription à divers ouvrages 3,^00 00
Contribution mobilière et taxes municipales 1)9 '• 7
Contribution des portes et fenêtres 17 69
Assurance contre rincendif ''7 9^ /
Frais d'impression du Journal aiiatique en 190.!^ 8,295 ^o )
Indemnité au rédacteur du Journal asiatique fioo no )
i.a84'35'
6,079 ^^
Société générale. Droits de garde , timbres , etc.
8,895 3o
87 :<o
Total des dépenses de 1905 ir>,.3^6 :to
AcbJl de 20 obligations Nord nouvelles 9,5os 55
Espèces en compte courant n la Société générale au 3i décembre 1905. 1 2,7/18 85
Ensemble 38,597 60
RAPPORT DE LA COMMISSION DES FONDS.
/ANNÉE 1905.
13
RECETTES.
1 56 cotisations de 1906 k
3 2 cotisations ari-iérées
1 cotisation à vie
120 abonnements au Journal asiatique 2
Vente des publications de la Société
Intérêts des fonds placés :
1° Rente sur l'Etat 3 p. 0/0 1
Legs Sanguinetti (eu rente 3 p. 0/0)
2° 3 0 obligations de l'Est (3 p. 0/0)
20 obligations de l'Est (nouveau) [3 p. 0/0]. . .
3° 60 obligalioiis d'Orléans (3 p. 0/0)
4° 58 obligations Lyon-fusion (3 p. 0/0) ancien. .
Go obligations — — nouveau.
5" 60 obligations de l'Ouest
6° 2 o obligations Nord
20 — - — ( 2° semestre)
7° 80 obligations Crédit foncier i883 (3 p. 0/0). . i
8° 9 obligations communales 1880
y° 3o obligations Est-Algérien (3 p. 0/0) [nomin.] .
8 — — — [au port.].
1 0° 5o obligations Mécbéria
11° 7 obligations delà Compagnie des Wagons-Lits
( 1 "^ semestre )
12° 1 obligation des Messageries maritimes .......
i3° 3 obligations Omnium russe (A p. 0^0)
ik" 77 obligations du Crédit foncier égyptien
(3 1/2 p. 0/0 ) 1
j 5° 2 actions du Crédit foncier hongrois
16° 1 5 obligations de la Compagnie du gaz et eaux
de Tunis
Intérêts des fonds disponibles déposés à la Société
générale
Souscription du Ministère de l'instruction publique ... 2
Crédit alloué par l'imprimerie nationale (pour 190 4)
en dégrèvement des frais d'impression du Journal
asiatique ' 'i
,680'
00"
960
00
Aoo
00
,46o
00
370
5o
,800
00
3oo
00
269
9''
288
00
86/1
00
782
65
810
00
86/1
00
269
56
i3/i
78
,107
bo
120
54
432
00
108
08
676
20
70
00
1-5
96
60
00
,347
5o
b2
00
'•77 5o
58
o5
000
00
000
00
8,870' 5o'
10,708 28
5,000 00
Total des recettes de 1906 24,678 78
Remboursement de 7 obligations de la C'" des Wagons-lits 3,5oo 00
Deux trimestres de 1 904 de la souscription du Ministère de l'instruc-
tion publique toucliés en 1905 et figurant néanmoins au compte
de 1904 1,000 00
Espèces en compte courant à la Société générale au 3 1 décembre de
l'année précédente ( 1904) 9>5i8 82
Total égal aux dépenses et à l'encaisse au 3i décembre 1906.. . 38,597 60
14 JUILLET.AOÛT 1906.
OUVRAGES OFFERTS X LA SOCIÉTÉ.
Par les AvnTrns :
Ë. von ZambauR, Contributions à la numismatique orientale ^
•À* partie. — Vienne, 1906; in-8'.
— KollektioH Ernst Prinz ta Winditch-Grdtz, VU, i. —
Vienne, 1906; in-8".
Cl. Madrollb, Les Tai de la frontière sino-tonkinoise [Ex-
trait). — Hanoï, 1906; gr. in-8*.
Ch. Clkumont-Gannkau , Recueildarchéolotfie orientale ,\\\ ,
i3-i5. — Paris, 1906; in-8*.
Par lm ÉniTscBS :
Revue critique, io' année, n~ iS-ig-ao-ai-aa. — Paris,
1906; in-8'.
Mark Liuzrarski, Ephemeris fur semiùsche Epiffrupliie , 11,
j. - Giessen, 1906; in-8*.
M.-J. DR GoBJii, Bibliotheca Geographorum Arabicoruni ;
111, Descnptio imperii modemici, aaotore Al-Moqaddusi.
Eclitio secunda. — Lugduni Batavoruiii, 1906; in-8*.
Polybiblion, partie littéraire et partie technique, mai
1906.— Paris, 1906; in-8*.
J. DE ZwAA\, 7^<f Treatise of Dionysius Bar Salibhi ayuinst
ike Jews. Part 1. The Syriac text. — Leiden, 1906; in-8*.
Le Muséon, nouvelle série, VU, i-a. — Louvain, 1906;
in-8''.
C.-H. Becker, Papyri Sekott-Heinhardl I. . . mit i9 Taftfht
in Lichtdruch- — Heidelberg, igoC; gr. in-8".
L. Austine Waodell, lÀasa and ils Mysteries. — London,
s. d. ; in-8*.
Anthropos, 1,3. — Salzburg, 1906; in-8*.
Haoul DE LA Grasserie, De la catégorie du genre. — Paris,
1906; in-ia.
Académie des Inscriptions et Belles-lettres. Comptes rendus des
Wa/icw, janvier-février 1906. — Paris, 1906; in-S".
OUVRAGES OFFERTS. 15
Hugo WiNCfcLKR, Religionsgeschichtler und geschichtlicher
Orient. — Leipzig, 1906; in-8°.
Bulletin de littérature eccléiîaxtique , mai 190G. — Pai'is,
1 906 ; in-8°.
The Indian Antiquary , March 1906. — Bombay, 1906;
in-8".
The American Journal of Philology, XXVII, 1. — Balti-
more, 1906; in-8°.
The New- York Review, I, 1. — New- York, 1906, in-8'.
Le Monde oriental, I, i. — Uppsaia, 1906; in-8°.
Par la Sociiri :
Journal asiatique, janvier-février 1906. — Paris, 1906;
in-8°.
Memoirs of the Asiatic Society of Bengal, I, 1-9. — Cal-
cutta, 1906; in-4.°.
JivANJi Jamshedji Modi , Asiatic Papers. — Bombay, igoS ; •
in-8°.
The Pahlavi Dinkard, Book VII, lithographied by Ma-
NOGKJi RusTAMJi Unvala. — Bombay, 190^; in-4"-
E.-S. DE Klergk, De Java-Oorlog van i825-iB30, Vierde
Deel. —Batavia, 1906; in-8''.
Zeiischrift der Deutschen Morgenlàndischen Gesellschuft ,
LX, 1. — Leipzig, 1906; in-8°.
Recueil de notices et mémoires de la Société archéologique da
département de Constantine, année 1905. — Constantine,
i9o6,in-8°.
Boletin de la Sociedad Geogràfica de Lima, tomo XVI. —
Lima^ 1904, in-8°.
Journal and Proceedings of the Asiatic Society of Bengal,
I, 5-1 o; and Extra Number, II, i-3. — Calcutta, 1905-
1906; in-8°.
Revue africaine, n' 260. — Alger, 1906; in-8°.
The Geographical Journal , June 1906. — London, 1906;
Ifi JUILLET-AOÛT 1906.
La Géographie, XIII, 5. — Paris, 1906, in-8*.
O Oriente Portugaés, III, 3-4- — Nova Goa, 1906; in-S".
Transactions of tJie Asiaiic Society of Japan . XXIll, a. —
Tokio, ic)o5; iu-8°.
Rendiconti délia Reale Academia deiLincei, XIV, ii-iu. -
Roina, igoS; in-8*.
Par le MixfSTÈnB ds l Instruction publique
KT DIS BkaDX-ARTS :
Balletin da Comité historique, année 1905, n" 3. — Paris,
1906; in-S*.
Journal des Savants, mai 1906. — Paris, 1906, in-8".
Par lk Gouybrnbmbnt esNBRAL de l'Algkrib :
Aiiou Am Ei.-GnAtTHi BEN MoiiAMMKu, Kitùb kochf ol-
kiniï 'an âlât as-sim^ (Traité, en arabe, sur les instruments
de musique). — Alger, 190^; in-8".
Par l'Université db Leide :
M.-J. DE GoEJE, Bibliolheca Geographorum Arabicorum :
111, Descriptio imperii moslemici, auctore Al-Mo(jaddasi.
Editio secunda. — Lugduni Batavorum, 1906; in-8°.
Par la t Bibliotbca Nazion ale GEirrRALE » de Florence :
Bollettino délie pubblicazioni italiune ricevute per diritio di
slampu, Num. 65. — Firenze, 1906; in-8".
Par L'UrcivERsrrÉ Saint-Josepu à Beyroutu :
Al-Machriq, 10* année, n°' 10-ii. —Beyrouth, 1905;
in-8'.
TABLEAU DU CONSEIL D'ADMINISTKATION. 17
TABLEAU
DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
CONFORMÉMENT AU\ NOMINATIONS FAITES DANS L'ASSEMBLEE GÉnÉbaLë
DU là JUIN 190G.
PRESIDENT.
M. Barbier de Meynard.
VICE-PRÉSIDENTS.
MM. E. Senaht.
Maspero.
SEGRKTAIRE.
M. C1IAVANNES.
SECRÉTAIRE ADJOINT.
M. J. Halévy.
TRÉSORIER.
M. le marquis Meichior de Vogué.
BIBLIOTHÉCAIRE.
M. L. Bouvat.
COMMISSION DES FONDS.
MM. Cleumont-Ganneau.
Clément Huart.
de Gharencey.
CENSEURS.
MM. Rubens Duval.
HoUDAS.
18
JUILLET-AOÛT 1906.
I^us en 1906.
COMMISSION DU JOURNAL.
MM. Barbier de Meynard, E. Senaut, Maspero,
Chavannes, membres de droit; — R. Duval, Houdas,
A. Bartu, Sylvain Lévi, J. Halévy, membres élus.
mkmrres du conseil élus pour trois ans.
MM. Michel Bréal.
Ph. Berger.
Houdas.
Gordier.
ViSSiÈRE.
Perruchon.
Revillout.
Allotte de la Fuye.
V. Henry.
L. FlNOT.
Moïse Scuwad.
J. ViNSON.
GlIMET.
J.-B. Chabot.
Rubens Duval.
Decourdemanche.
Aymonier. ^
A. Barth.
H. Derenbourg.
Sylvain LÉvi.
Carra de Vaux.
FOUCHER.
Meillet.
Gaudei'uov-Demombynes
Élus en 1905.
Élus en 1904.
LISTE DES MEMBRES. 19
SOCIÉTÉ ASIATIQUE.
I
LISTE DES MEMBRES SOUSCRIPTEURS,
PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
A LA DATE DU 3o JUIN 1906.
Nota. Les noms marqués d'un * sont ceux des Membres à vie.
Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
MM. Allaoua BEN Yaiiia, interprète judiciaire , à
Inkermann (département d'Oran).
Allotte de La Fuye, colonel du génie en
retraite, rue d'Anjou, 2 , à Versailles.
Alric (A.), consul de France, à Salonique
(Turquie).
Amélineau (E.), directeur -adjoint à l'Ecole
pratique des hautes études (sciences reli-
gieuses), à Chateaudim (Eure-et-Loir).
Andrews (James Brayn), Reform Club, Pall
Mail, à Londres.
Arakelïan (Hambartzoum), membre de la
Société impériale de géographie, à Tiflis
(Russie).
Assier de PoMPfGNAN, lieutenant de vaisseau,
rue de Rennes, 7 5, à Paris (vi").
*Aymonier (Etienne), résident supérieur hono-
20 JUILLET-AOÛT 1906.
raire, membre du Conseil supérieur îles
colonies, rue de Berlin, lo, à Paris (ix*).
MM. Baillet (J.), rue d'illiers, 35, à Orléans (Loiret).
Barbier de Meynard (A.-C), membre de l'In-
stitut, professeur au Collège de France,
administrateur de l'Koole des langues orien-
tales vivantes, rue de Lille, 2 , à Paris (vn").
Barré de Lancy, ministre plénipotentiaire,
rue de Caumartin, 3a , à Paris (ix").
Barth (Auguste), membre de l'Institut, rue
Garancière, 10, à Paris (vi*).
Barthélémy (Ad.), secrétaire -interprète du
Gouvernement, rue de Grenelle, 188, à
Paris (vu").
Barthélémy (ie marquis de), explorateur, pas-
sage Stanislas, /i, à Paris (vi*).
Basmadjian (J. Karapet), directeur de la Revue
arménienne Banaser, boulevard Roche-
chouart, 1 1 2 , à Paris (xviii*).
Basset (René), directeur de l'Ecole supérieure
des lettres, rue Denfert-Rochereau, 20 , villa
Louise, à Alger.
Beauvais (Jean- Joseph), vice-consul de France,
à Hoi-Hao (île de Haïnan, via Hong-Kong)
[Chine].
Bel (Alfred), directeur de la Médersa, à
Tlemcen (département d'Oran).
Ben Cheneb (Mohammed), professeur à la
Médersa, à Alger.
LISTE DES MEMBRES. 21
MM. Bénédite (Georges), conservateur adjoint au
Musée du Louvre, rue du Val-de-Grace , 9,
à Paris (v*).
* Berchem (Max van), château de Crans, près
Genève (Suisse).
* Berger (Philippe), membre de l'Institut, séna-
teur, professeur au Collège de France, rue
Le Verrier, 5, à Paris (vf).
M"' Berthet (Marie) , rue Boileau ,75,3 Paris ( xvi").
MM. BessiÈres (René), élève diplômé de l'Ecole du
Louvre , rue du F'aubourg- Poissonnière , 1 5 5 ,
à Paris (ix^).
Beylié (Général L. de), rue Godot-de-Mauroi,
26, à Paris (ix").
Bibliothèque Ambrosienne, à Milan (Italie).
Bibliothèque de l'Université, à Utrecht (EIol-
lande).
Bibliothèque ducale, à Gotha (Allemagne).
Bibliothèque universitaire, à Alger.
MM. Blochet (E.), bibliothécaire à la Bibhothèque
nationale, rue du Pré -aux -Clercs, 18, à
Paris (vif).
Blonay (Godefroy de), château de Grandson
(Vaud) [Suisse].
*Bœll (Paul), publiciste, rue Servandoni, 1 1,
à Paris (vf ).
*BoissiER (Alfred), Le Rivage, à Chambésy,
près Genève (Suisse).
Bonaparte (le prince Roland), avenue d'féna,
10, à Paris (xvf).
n wjillet-aoOt iqoô.
MM. BoNET (Jean), professeur à l'École des langues
orientales vivantes, avenue de Neuilly, 33,
à Neuilly (Seine).
BouRDAîs (l'abbé), rue de Bf1l"'"l^:i'ise, lili, à
Paris (vu").
*BouRQUiN (D' A.), à Denver (Colorado) [Klats-
Unis].
BouvAT (Lucien), élève diplômé de l'Ecole des
langues orientales vivantes, rue de Seine,
63, à Paris (vi').
BoYER (A.-M.), rue des Saints-Pères, 56, à
Paris (vil").
Bracco (Charles), explorateur en Orient, Sze-
chuen Road, 8, à Shanghaï (Chine).
Bhéal (Michel), membre de l'Institut, profes-
spur honoraire au Collège de France , boule-
vard Saint-Michel, 87, {\ Paris (y*).
BivôNNLB (D' P.), 73, Burdett Avenue , Wcst-
cliff on Sea (Angleterre).
BuDGE (E.-A. Wallis). litt. 1). F. S. A., au Brit-
ish Muséum , à Londres.
*BuRGEss (James), C. S. E., L. L. D., Seton
Place, 2a, à Edimbourg (Ecosse).
M"" BuTENSCHŒN (A.), Martcnstorp , à Kopparberg
(Suède).
MM. Cabaton (Antoine), ancien membre de l'Ecole
française d'Eixtrême- Orient, attaché à la
Bibliothèque nationale, rue du Cardinal-
Lenioine, 67, h Paris (v*).
LISTE DES MEMBRES. 23
MM. Gadière (Le R. P.), missionnaire, à Quang-
Tri (Annam).
Galassanti-Motylinski (A. de), interprète mili-
taire de i" classe hors cadre, professeur h
la chaire d'arabe , directeur de la Médersa ,
à Gonstantine (Algérie).
Gasanova (Paul), directeur adjoint de l'Institut
français d'archéologie orientale, au Gaire.
Gastries (le comte Henry de) , rue Vaneau ,20,
à Paris (vif).
*Ghabot (M^' Alphonse), curé de Pithiviors
(Loiret).
* Ghabot (l'abbé J.-B. ) , rue Glaude-Bernard , 4 7 ,
à Paris (v'').
Gharencey (le comte de), président do la S&-
ciété philologique, rue de l'Université, -72,
à Paris- (vn^).
Chauvin (Victor), professeur d'arabe â l'Uni-
versité de Liège (Belgique).
* G11AVANNES (Emmanuel-Edouard), membre de
l'Institut, professeur au GoUège de France, rue
des Ecoles, 1, à Fontenay-aux-Roses (Seine).
Ghwolso?^ (D' D.-A.), professeur d'hébreu à
l'Université de Sainl-Pétersbourg.
* GiLLiÈRE (Alphonse) , consul général de France ,
à Gonstantinople.
GlaparÈde (René), au Petit-Saconnex , près
Genève (Suisse).
Glermont-Ganneau (Gh.), membre de l'Institut ,
ministre plénipotentiaire honoraire, profes-
24 JUILLET-AOÛT 1906.
seur au Collège de France, avenue de
l'Aima, 1, à Paris (xvi*).
MM. CoEDÈs (Georges), boulevard de Courcelles,
83, à Paris (vni*).
Colin (D' Gabriel), professeur d'arabe au Ly-
cée , à Alger.
CoLiNBT (Philippe), professeur à l'Université,
place de l'Université, 8, àLouvain (Belgique).
Collège français de Zi-Ka-Weï, par Shanghaï
(Chine).
Combe (Etienne), élève de l'Ecole pratique des
hautes études, Pré-du-Marché , 17, à Lau-
sanne (Suisse).
*CoRDiER (Henri), professeur à l'Ecole des
♦ langues orientales vivantes, rue Nicolo, 5/i ,
à Paris (xvi').
CoRDiER (D'Palmyr), médecin-major de 2' classe
au 23* régiment d'infanterie coloniale, rue
de l'Abbé-de-l'Épée, h , à Paris (v*).
CouLBER, commandant en retraite, me de
l'Académie, à Bruges (Belgique).
Cour (Auguste), professeur à la Médersa, à
Tlemcen (département d'Oran).
Courant (Maurice), secrétaire -interprète au
Ministère des affaires étrangères, professeur
près la Chambre de commerce de Lyon,
maître de conférences à l'Université de Lyon ,
chemin du Chancelier, 3 , à EcuUy (Rhône).
*Croizier (le marquis de), à Bayonne (Basses-
Pyrénées).
LISTE DES MEMBRES. 25
MM. CuiNET (Marcel), vice-consul, interprète de
l'Ambassade de France, à Gonstantinople.
*Danon (Abraham), directeur du Séminaire
israélite, à Gonstantinople.
* DarricarrÈre (Théodore-Henri), numismate,
à Beyrouth (Syrie).
*DAvrES (T. Witton), B. A., Ph. D., professeur
de langues sémitiques, Cniversity Collège,
à Bangor (North Wales).
Decourdemanche (Jean-Adolphe), rue Condor-
cet, 53, à Paris [ix.").
*Delphin (G.), membre de la Délégation finan-
cière , à Alger.
Demiau (Manceaux), capitaine au A® régiment
d'infanterie de ligne, à Auxcrre (Yonne).
Deny (Jean), élève interprète, attaché au Con-
sulat général, à Beyrouth (Syrie).
*Derenbourg (Hartvvig), membre de l'Institut,
professeur à l'Ecole des langues orientales
vivantes, avenue Henri -Martin, 3o, à
Paris (xvf).
*Des Michels (Abel), boulevard Riondet, ih,
à Hyères (Var).
Destaing (Edmond), professeur à la Médersa,
à Tlemcen (département d'Oran).
Donner (D'' Otto) ; professeur de sanscrit et de
philologie comparée à l'Université, Norra
Kogen, 1 2 , à Helsingfors (Finlande).
DoLTTÉ (Edmond), professeur aux Ecoles
te JUILLET-AOÛT 1906.
supérieures d'Alger, boulevard Bru, à
Mustapha Supérieur (Alger).
MM. Duras (Jules), rue de la Paix, lo, î^ Saint-
Ci oud (Seine-et-Oise).
DuMON (Raoul), élève diplômé de l'Ecole du
Louvre, rue de la Chaise, lo, à Paris (vu*).
*DuRiGHELLO (Joseph-Auge) , rue de Richelieu,
3i, à Paris (r).
DiRoisELLB (C.), professeur de pâli, Iligh
School, à Rangoon (Birmanie).
*DissAUD (René), avenue de MalakofF, i33, à
Paris (xvi').
DuvAL (Rubens), professeur au Collège de
France, avenue de la Grande-Armée, (36, à
Paris (xvii").
Faïtlovitch (Jacques), rue Dauphiiie, 33, à
Paris (vi*).
*Fai\gdes (F.), rue de Paris, 8i, à Montmo
roncy (Seine-et-Oise).
Farjknel (F.), attaché au Ministère des fi-
nances, rue Régis, 6, à Paris (vi*).
Faure-Biguet (Général), avenue Victor-Hugo ,
128, à Valence (Drôme).
* Fa VRE ( Léopold ) , rue des Granges , 6 , à Genève.
Fell (ly Winand), professeur à l'Académie,
Sternstrasse , aa, à Munster (Prusse).
Ferrand (Gabriel), consul de France, à Stutt-
gart (Wurtemberg).
Ferrieu (Théodore), commissaire de la ma-
LISTE DES MEMBRES. 17
rine, à bord du Redoutable, à Saigon (Indo-
Chine).
MM. Fevret (André), attaché à la Bibliothèque
nationale, rue Renault, 8, à Paris (xi").
*FiNOT (Louis), ancien directeur de l'Ecole fran-
çaise d'Extrême-Orient, directeur adjoint à
l'Ecole pratique des hautes études, rue
Poussin, 1 1, à Paris (xvi").
FossEY (Ch.) , professeur au Collège de France,
boulevard Raspail, 236, à Paris (xiv").
FoucHER (A.), directeur de l'Ecole française
d'Extrême-Orient, à Hanoï (Tonkin).
Galbrun (Henri), agrégé des sciences mathé-
matiques, rue de Luynes, 1 1, à Paris {\if).
* Gantin ( J.) , ingénieur, répétiteur libre à l'Ecole
des langues orientales vivantes, rue de la
Pépinière, i , à Paris [viif).
Gaudefroy-Demombynes (M.), secrétaire de
l'Ecole des langues orientales vivantes , pro-
fesseur à l'Ecole coloniale , rue de Lille , 2 ,
à Paris (vu*).
Gauthier (Léon), chargé du cours de philo-
sophie musulmane à l'Ecole supérieure des
lettres, rue Naudot, li, h. Mustapha (Alger).
* Gautier (Lucien), professeur de théologie,
route de Chêne, 88, à Genève.
*GoMPEL (Robert), élève diplômé de l'Ecole des
langues orientales vivantes, quai Voltaire, 3 ,
à Paris (vif).
M JUILLET-AOÛT 1906.
MM. Graffin (M^), professeur de syriaque à l'Institut
catholique, rue d'Assas, Uj , à Paris (vi').
Greenup (Rev. A.-W.), The principal's Lodge,
S' John s Hall, llighhury, N., ii Londres.
Grenaru (F.), vice-consul de France, à Erae-
roum (Turquie d'Asie).
Grimault (Paul), cour Saint-Laud, \^ bis, h
Angers (Maine-et-Loire).
GuÉRiNOT (A.), docteur es lettres, correcteur
à l'Imprimerie nationale, quai des Célestins,
3o, à Paris (iv').
*GuiEY.ssE (Paul), député, ancien ministre des
colonies, ingénieur hydrographe de la ma-
rine, rue Dante, a, h Paris (v*).
GciGLES (le ly P.), professeur à la Faculté
française de médecine, à Beyrouth (Syrie).
*Gdimet (Emile), directeur du Musée Guimet,
place d'Iéna, i , à Paris (xvi").
*GiJNZRiRG (Baron David de), i" ligne, n° A,
à Saint-Pétersbourg.
Guy (Arthur), à l'Agence diplomatique de
France , au Caire.
*Halévy (Joseph), directeur à l'Ecole pratique
des hautes études, rue ChampoUion, 9, à
Paris (V).
Halphen (Jules), avenue Victor-Hugo, 78, à
Paris (xvi*).
Hamel (G.), ingénieur, à Astillero, province
de Santander (Espagne).
LISTE DES MEMBRES. 29
MM. Hamet (Ismaë]), officier interprète principal
à i'état-major de l'armée, rue Bartholdi, 8 , à
Paris (xv*).
* Hamy (D"" E.-T.), membre de l'Institut, conser-
vateur du Musée d'ethnographie, rue Geof-
froy-Saint-Hilaire , 36, à Paris (v*).
*Harkavy (Albert), bibliothécaire de la Biblio-
thèque impériale publique, Pouchkar-
skaya, /iy, à Saint-Pétersbourg.
Hebbelyngk (M^ Adolphe), recteur de l'Uni-
versité, à Louvain (Belgique).
Henry (Victor), professeur à la Faculté des lettres
de Paris, rue Houdan, gS , à Sceaux (Seine).
* HÉRiOT-BuNOUST (l'abbé Louis), à Rome.
Hérold (Ferdinand), licencié es lettres, an-
cien élève de l'Ecole des chartes, rue Greuze,
2 0, à Paris (xvi").
*HiLGENFELD (D' HeinHch), professeur à l'Uni-
versité, Fûrstengraben , y, à léna (Saxe-
Weimar).
HouDAS (O.), professeur à l'Ecole des langues
orientales vivantes et à l'Ecole libre des
sciences politiques , avenue deWagram, 29,
à Paris (xvn*).
HuART (Clément) , secrétaire-interprète du Gou-
vernement , professeur à l'Ecole des langues
orientales vivantes, rue Madame, /i3, à
Paris (vi").
HuBER (Edouard), membre de l'Ecole française
d'Extrême-Orient, à Hanoï (Tonkin).
30 JOILLET-AOOT 1906.
MM. Hdbert (Henry), maître de conférence» à
l'École pratique des hautes études, rue
Claude-Bernard , 7/1 , à Paris (v*).
HwERNAT (l'abbé Henry), professeur à l'Uni-
versité catholique, 3/io5 Twelflh, N. E.
(Brooldand), à Washington.
* Institut français DARcuéoLOGiE orientale , au Caire.
MM. Jeannibr (A.) , vice-consul de France, à Mogador
(Maroc).
*K£MAL Ali, secrétaire d'ambassade, à Benha
Kéraval ( IV), médecin en chef à l'Asile de
Ville-Evrard, avenue Ledru-Rollin , 98, au
Perreux (Seine).
KoKOVSEF (Paul-Conslanliii), professeur d'hé-
breu à l'Université impériale, à Saint-Péters-.
bourg.
KouRi, consul de France, à Harrar (Abyssinie).
Labocrt (l'abbé Jérôme), docteur es lettres, rue
Notre-Dame-des-Champs , sq, à Paris (vi").
Lacôte (Félix), professeur au Lycée, rue Laka-
nal, i,à Moiitluçon (Allier).
La Jonquière (Lunet de), chef de bataillon au
3 1* régiment d'infanterie coloniale, à Boy-
rin, par Roaillan (Charente).
Lambert (Mayer), maître de conférences à
l'École pratique des hautes études, avenue
Trudaine, 27, à Paris (ix*).
LISTE DES MEMBRES. 31
MM.*Landherg (Cario , comte de) , docteur es lettres,
au château de Tiitzing (Haute-Bavière).
Langdon (Stephen), élève de l'Ecole pratique
des hautes études, rue d'Assas, 76, à
Paris (vf ).
Làvallée (Alfred), chef de service du câble', à
J3akar (Sénégal).
La Vallée Poussin (Louis de), professeur à
rUniversité , boulevard du Parc , 1 3 , à Gand
(Belgique).
LeclÈre (Adhémar), résident de France au
Cambodge, à Kratié (Cambodge).
Lecomte (Georges), vice-consul de France, rue
des Petits-Carreaux, io,-à Paris (if ).
Ledoulx (Alphonse), deuxième interprète de
l'ambassade de France, à Constantinople.
Leduc (Henri), consul de France, à Yiin nan
fou (Chine).
LefÈvre-Pontalis (Pierre), secrétaire d'ambas-
sade, rue de Montalivet, 3, à Paris (viii*).
* Lericiie (Louis), vice-consul de France, à Rabat
(Maroc).
Leroux (Ernest), éditeur, rue Bonaparte, 28,
à Paris (vf ).
*Le Strange (Guy), via San Francesco Pove-
rino, 3, à Florence (Italie).
Levé ( Ferdinand ) , rue Cassette , 1 7 , à Paris (vf ).
LÉvi (Sylvain ) , professeur au Collège de France ,
rue Guy-de-la-Brosse , 9, à Paris (v^).
Lévy (Isidore), maître de conférences à l'Ecole
32 JUILLET-AOUT 1906.
pratique des hautes études , boulevard Emile-
Augier, 20, à Paris (xvi*).
MM.*Loisy (l'abbé Alfred), à Cemay, près Dreux
(Eure). ^
LoRGEOU (Edouard), professeur à l'Ecole des
langues orientales vivantes, rue Notre-Dame-
des-Ghamps, 76, à Paris (vf).
Macler (Frédéric), chargé de cours à l'Ecole
des langues orientales vivantes, rue Cunin-
Gridaine, 3, à Paris (m*).
Madrolle (G.), sous-chef du Gabinet du Gou-
verneur général, à Hanoï (Tonkin).
Maigret (Roger), gérant du Consulat de
France, à Gasahianca (Maroc).
* Makhanokf (Michel), professeur au Séminaire
religieux, à Kazan (Russie).
Marc Aïs (Georges), architecte, rampe Valéc,
2 j bis, h Alger.
Marçais (William), directeur de la Médersa,
à Alger.
Marchand (G.), chargé de l'agence consulaire
de France, à Larache (Maroc).
* Margoliouth ( David - Samuel) , professeur
d'arabe à l'Université, New-GoUege, à
Oxford (Angleterre).
^Maspero (Gaston), membre de l'Institut, pro-
fesseur au GoUège de France, directeur
général des Musées d'Egypte, avenue de
l'Obsei-vatoire , 26, à Paris (xiv*).
LISTE DES MEMBRES. 33
MM. Mauss (Marcel), maître de conférences à
l'Ecole pratique des hautes études, rue
Saint-Jaccpies , 3 i , à Paris (v").
Mehren (D"^ A.-F.) , professeur de langues orien-
tales, à Fredensborg, près Copenhague.
Meillet (Antoine), professeur au Collège de
France, boulevard Saint -Michel, aA, à
Paris (vf ).
M"" Menant (Delphine), rue Stanislas, 6, à
Paris (vf )•
MM. Mercier (Ernest), interprète-traducteur asser-
menté , membre associé de l'École des lettres
d'Alger, rue Desmoyen , i g , à Constantine
(Algérie),
Mersier (Albert), avocat à la Cour d'appel,
élève diplômé de l'Ecole des langues orientales
vivantes, rue d'Aumale, 19, à Paris (ix").
Merx (D"" A.), professeur d'exégèse à l'Univer-
sité, Bunsenstrasse , 1, à Heidelberg (Bade).
Mohammed ben Braham, interprète judiciaire,
à Oued-Athménia (département de Constan-
tine).
MoNDON-ViDAiLHET (C), chargé de cours à
l'Ecole des langues orientales vivantes, ave-
nue de Villiers, 20, à Paris (xvn*).
MoRET (Alexandre), maître de conférences à
l'Ecole pratique des hautes études, boule-
vard Malesherbes, i 1 2 , à Paris (xvu").
*Nau (l'abbé F.), docteur es sciences mathéma-
vin. 3
34 JUILLET-AOÛT 1906.
tiques , professeur d'analyse à l'Institut catho-
lique, rue de Vaugirard, 76, à Paris (vi").
New York, public Libraky, à New-York,
MM. Nicolas (A.-L.-M.), premier interprète de la
légation de France, à Téhéran.
*0sTR0R00 (le comte Léon), conseiller légiste
au Ministère de l'agriculture, des mines et
i'oréts, à Constantinople.
*Ottavi (Paul), consul de France, à Zanzibar.
Parisot( Jean), à Plombières-les-Bains (Vosges).
* Pelliot (Paul), professeur de chinois k l'Kcole
française d'Extrême-Orient, à Hanoï, rue du
Roi-de-Sicile, a 6, à Paris (iv*).
Pereira (Estèves), major du génie, rua das
Damas, 4, à Lisbonne.
Pereira (J.-F. Marques), chef de section au
Ministère de la Marine , à Lisbonne.
*PEhRiJCHON (Jules), élève diplômé de fEcole
des hautes études, avenue Duquesne, ho,
à Paris (vu*").
Pflngst (D' Arthur), Gaertnerweg, 2, à
Francfort-sur-le-Mein (Prusse).
*PiJNAPPEL (D' J.), professeur honoraire à l'Uni-
versité, à Middelbourg (Hollande).
*PiNART (Alphonse), à Paris.
P06NON (Henri), consul général, en mission
scientifique, au Consulat de France, à Alep
(Syrie).
LISTE DES MEMBRES. 35
MM. PoNTLS (Raoul), capitaine d'artillerie, adjoint
d'état -major, avenue d'Auderghem, 36, à
Bruxelles.
PoPEscu-CiocANEL (Gheorghe), Gimbasani-
Coûmberti, Jalomita, par l'Oflice Slobozia
(Roumanie).
PoppER (William), University of California , à
Berkeley (Etats-Unis).
PrvEtorius (D"^ Frantz), professeur à l'Univer-
sité, Freiimfelderstrasse , 6, à Halle (Prusse).
*Prym (D' E.), professeur à l'Université, Co-
bienzerstrasse , 3 g, à Bonn (Prusse).
Rapson (E.-J.), professeur de sanscrit à l'Uni-
versité , au British Muséum , à Londres.
Rat (G.), secrétaire de la Chambre de com-
merce, à Toulon (Var).
* Ravaisse ( Paul) , chargé de cours à l'Ecole des
langues orientales vivantes, rue Antoine-
Roucher, 6, à Paris (xvf).
Regnaud (Paul), professeur de sanscrit à la
Faculté des lettres de Lyon, chemin de
Saint-Irénée , 22, à Sainte-Foix (Rhône).
* Régnier (Adolphe), sous-bibliothécaire de l'In-
stitut, rue de Seine, 1 , à Paris (vf).
René-Leclerg (Gh.), délégué du Comité du
Maroc, à Tanger.
Rettel (Stanislas de), drogman-chancelier du
consulat de France, à Tauris (Perse).
Reuïer (D' J.-N.), docent de sanscrit et de
3.
3ft JUILLET-AOÛT 1906.
philologie comparée h l'Université de Hel-
singfors, Boulevardsgaten , h Holsingfors
(Finlande).
MM.*Revillolt (E.), consenateur au Musée du
Louvre, rue du Bac, 128,6 Paris (vn*).
HiBiER (le D' Frédéric), médecin de la Société
de construction du chemin de 1er indo-
chinois, à liai Duong (Tonkin),
* Rimbaud, me de l'Ermitage, 16, à Ver-
sailles (Seine-et-Oise).
* Rolland (E. ) , rue des Ghantirrs , 5 , à Paris (v*).
RoNKLARD (Arsène), élèNe-interprète au Con-
sulat d'Alep (Syrie).
*RousE (W.-H.-D.), Perse Grammar School, à
Camhridge (Angleterre).
RouviER (le D' Jules), professeur à l'Ecole de
plein exercice de médecine, rue Daguerre,
5a , à Alger.
Sabbathier (Paul), agrégé de l'Université, rue
du Cardinal-Lemoine, i5, à Paris (v*).
Salmon (Georges), délégué de la Mission
scientificpie du Maroc, à Tanger.
* Saussure (L. de), lieutenant de vaisseau, à La
Baule (Loire-Inférieure).
ScHAHTACHTiNSKY (Mohammed), rue Classique,
8, à Tiflis (Russie).
ScHMiDT (Valdemar), professeur à l'Université,
Musées royaux, Frederiksholm Canal, 12,
à Copenhague.
LISTE DES MEMBRES. M
MM. ScHWAii (Moïse), bibliothécaire à la Biblio-
thèque nationale, rue de Provence, 29, à
Paris (ix*").
Senart (Emile), membre de l'Institut, rue
François I", 18, à Paris (vm*).
*SiM0NSEN (David), grand rabbin, Skindergade,
28, à Copenhague.
Si saïd boulifa , chargé de cours à l'École su-
périeure des lettres d'Alger, professeur c^
l'Ecole normale primaire, à la Bouzaréa,
près Alger.
SouLiÉ (Georges), vice-consul de France, bou-
levard Pereire, 188, à Paris (xvif).
Spiro (Jean), professeur à l'Université, à Cour,
près Lausanne (Suisse).
Stein (D"" m. Aurel), Inspector gênerai of Edu-
cation and Archœological Survey, N. W.
Frontier Province and Baluchistan , à Pesha-
war (Inde Britannique).
Strehly (G.), professeur au lycée Louis-le-
Grand, rue de Vaugirard, 16, à Paris (vf).
Stumme (D' Hans), professeur à l'Université,
Sùdstrasse, -72, 11, à Leipzig (Saxe).
Tamamchef (Michel), ancien directeur de la
Banque de ïiflis, boulevard Saint-Michel,
1 1 -y, à Paris (vf).
Thaïcheu (G. W.), professeur au Mansfield
Collège, à Oxford (Angleterre).
TiiEiLLET, au Consulat de France, à Alep( Syrie).
96 JUILLET-AOÛT 1906.
MM. Thdreau-Dangin (F.), attaché au Musée du
Louvre, rue Barbet- de -Jouy, 26, à Paris
(VII').
TouHAMi HEN Larbi , interprète de 1" dasse
près la justice de paix, à Oran (Algérie).
*TiiRRETTiNi (François), rue de i'Hôtei-de-ViHe ,
8, à Genève.
Vadx (Baron Carra de), professeur d'arabe à
l'Institut catlioliquo, rue de Ja TrémoiUe,
6, à Paris (vin*).
Vernbs (Maurice), directeur adjoint h l'FiCoIe
pratique des hautes études, bouJevard Ras-
pail, 'i48, ti Paris (xiv').
ViLBERT (Marcel), secrétaire générai à la
direction des phares ottomans, à Gonstan-
tinople.
ViNsoN (JuHen), professeur à l'École des
langues orientales vivantes, rue de TUni-
versité, 58, à Paris (vu').
VissiÈRE (Arnold) , consul de France , secrétaire-
interprète du Gouvernement, professeur h
l'Ecole des langues orientales vivantes, rue
du Ranelagh, àU, à Paris (xvi*).
VoGiJÉ (le marquis Melchior de), membre de
l'Institut, ancien ambassadeur de France
à Vienne, rue Fabert, 2, à Paris (vu").
*Weil (Raymond), capitaine du génie, rue de
Paris, 39, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
LISTE DES MEMBRES. 30
MM. WiLHELM ( D"^ Eugen ) , professeur à i'Université,
Wagnergasse , ii, à léna (Saxe-Weimar).
*Wyse (L.-N. Bonaparte), villa Isthmia, au Cap-
Brun, par Toulon (Var).
Yanni (G.), à Tripoli de Syrie.
ZayÂt (Habib), boîte postale, n" A3 5, à
Alexandrie (Egypte).
ZEFfLiN (Maurice), rabbin, élève diplômé de
l'Ecole pratique des hautes études, place des
Vosges, 19, à Paris (iv").
40 JUILLET-AOOT 1906.
II
LISTE DES MEMBRES ASSOCIÉS ÉTRANGERS
ADMIS PAR LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE
DANS SA SBANCB DD l5 JDIN igoS.
MM. Aston (W.-G.), D. Lit., BliiflT, Boor (East
Devon) [Angleterre].
BosHELL (Dr. S.-W.), Shiriey, Harold Rond,
Upper Norwood , à Londres.
Chamberlain (Basil -Hall), professeur à l'Uni-
versité, à Tokio.
Codera (Francisco), membre de l'Académie
royale d'histoire, professeur honoraire h
l'Université, San Vicente alta, 56, 3", der. ,
à Madrid.
Delitzsch (D' Friedrich), professeur à l'Univer-
sité de Berlin, Knesebeckstrasse, 3o, à
Charlottenburg (Prusse).
Erman (D' Adolf), professeur à l'Université de
Berlin, Streglitz, Friedrichstrasse , lo/ii,
à Berlin.
GoEJE (D' M.-J. de), Interpres LegatiWarnerii,
professeur honoraire à l'Université, Vliet,
i5, à Leide (Hollande).
GoLDZiHER (D' Ignaz), professeur à l'Université,
Hollo-utcza , 4 , à Budapest.
GoLENiscHEF (W.-S.), couservateur au Musée
de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg.
LISTE DES MEMBRES ASSOCIES ETRANGERS. 41
MM. Grierson (George-A.), G. I. E., Rathfarnam,
Camberley (Surrey) [Angleterre].
Griffith (F.-Ll.), professeur à l'Université,
Norham Road, i 2 , à Oxford.
Grooï (D' J.-J.-M. de), professeur à l'Université
de Leide (Hollande).
Guidi (Ignazio), professeur à l'Université,
Botteghe oscure, 2 4, à Rome.
HiRTH (D"" Friedrich) , professeur à la Golumbia
University, 5oi, West 1 10"', à New York.
HuLTzscH (D"" E.), professeur à l'Université,
Ludvvig Wuchererstrasse , -78, à Halle
(Prusse).
Kern (Hendrik), professeur à l'Université,
à Leide (Hollande).
Lanman (Charles Rockwell), professeur à l'Uni-
versité Harvard, Farrar Street, 9, à Cam
bridge, Massachusetts (Etats-Unis).
Naville (Edouard), correspondant de l'Institut,
à Malaguy, près Genève (Suisse).
NôLDEKE (D"" Theodor), professeur à l'Univer-
sité, Kalbgasse, 16, à Strasbourg (Alsace).
Oldenbourg (Serge d'), professeur à l'Univer-
sité, à Saint-Pétersbourg.
PiNCHES (Theophilus-Goldrige), conservateur
au British Muséum, Bioomfield Road, 38,
Maida Hill, à Londres.
PiscHEL (D' Richard), professeur à fUniversité
de Berlin, Joachim Friedrichstrasse , kq,
à Halensee (Prusse).
M JUILLET-AOÛT 1906.
MM. Radloff (D' W.), conseiHer d'Etat, membre
tl<' l'Académie impériale des Sciences, à
Saint-Pétersbourg .
Reiniscii (D'S.-L.), professeur h l'IJnivei'sité,
Feldgasse, 3 , à Vienne.
Rhys Davids (T.-W.), professeur à l'Université
de Londres, Harboro Grange, Ashton on
Mersey (Angleterre).
Saciiau (D"" Ed.), directeur du Séminaire des
Langues orientales, Wonn^T Stni^isf. la,
à Berlin.
SciiiAPARELLi (Ëmeslo), directeur du R. Museo
di antichità, à Turin (Italie).
Wellhausen (l)' J.), professeur à l'Université,
Weberstrasse , i8a, à Gœttingue (Prusse).
WiEDEMANN ( D' Alfred), professeur à l'Univer-
sité, Konigstrasse , 3a, à Boim (Prusse).
LISTE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES REVUES. 43
III
LISTE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES REVUES
AVEC LESQUELLES
LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE ÉCHANGE SES PUBLICATIONS.
Académie impériale des sciences de Saint-Péters-
bourg.
Académie royale des sciences de Lisbonne.
Accademia (Reale) dei Lincei, Alla Lungara, lo,
Palazzo dei Lincei, à Rome.
American Journal of ARCHiEOLOGY (M. le Professeur
Harold N. Fowler, Western Reserve University,
directeur), à Cieveland (-Ohio) [b]tats-Unis].
American Oriental Society, à New-Haven (Etats-
Unis).
Anthropos* revue internationale d'ethnologie et de
linguistique (P.-W. Schmidt, S. V. D. , direc-
teur), Zaunrith' sche Druck und Verlag, à Salz-
bourg (Autriche).
Arch^eological Institute of America, 38, Quincy
Street, Cambridge, Massachusetts (Etats-Unis).
Arch/Eological Survey Department of India, à Simla
(Inde Britannique).
Asiatic Society, k Séoul (Corée).
Ateneo cientifico, literario y artistico, Prado,
2 1 , à Madrid.
Bessarione (M^ Niccolô Marini, directeur), piazza
S. Pantaleo, 3, à Rome.
BlBLIOTHliQUE DES BÉNÉDICTINS DE SoLESMES , h Ap-
44 JUILLET-AOCT 1906.
puldurcombe , Wroxall (Isle of Wight) [Angle-
terre].
Bibliothèque du Chapitre métropolitain, à l'église
Notre-Dame, à Paris (iv").
BiBLioTHi-:QUE DE LA Socihté ASIATIQUE, OU palais (le
l'Institut {2 ex.).
Bombay Branch- of the Royal Asiatic Society, Town
Hall, à Bombay (Inde Britannique).
China Branch of the Royal Asiatic Society, h
Shanghaï (Chine).
Deutsche Gesellschaft fur Natdr- und Voelker-
KUNDE Ostasiens, à Toido.
Deutsche morgenlàndische Gesellschaft, Wiliichn-
strasse, 3 6/3 7, à Halle (Prusse).
East India Association, Westminster Chambers, 3,
Victoria Street. S. W., à Londres.
Ecole française d'Extrême-Orient, à Hanoï (Ton-
kin).
Harper's University (American Journal of Semitic
languages and literatures), à Chicago (Fitats-
Unis).
Indian Antiquary (The) [Sir Richard Carnac
Temple, directeur], Bombay Education Society
Press , Bycuila , à Bombay (Inde BriUmnique).
Institut catholique de Toulouse (Haute-Garonne).
Institut égyptien , au Caire.
Institut français d'archéologie orientale, au Caire.
Japan Society (The), Hannover Square, 20, h
Londres.
John Hopkin's University, à Baltimore (Etats-Unis).
LISTE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES REVUES. 45
LiTEiiARY Society, Pantheon's Road, à Madras (Inde
Britannique).
Mission scientifique du Maroc, à Tanger.
Monde Oriental (I^e), Akadem. Bokhandeln, à
Up.sal (Suède).
Musée Guimet, place d'Iéna, i, à Paris (xvf).
Peking Oriental Society (The), à Pékin.
PoLYBiBLiON, Fue de Saint-Simon, 5, à Paris (vu").
Provincial Muséum, à Lukhnow (Inde Britanni(fue).
Revue archéologique (MM. G. Perrot et S. Reinach,
directeurs), rue Bonaparte, 28, à Paris (vf).
Revue biblique, au Couvent de Saint -Etienne, à
Jérusalem (Syrie).
Revue critique (M. Arthur Chuquet, directeur),
rue Bonaparte, 28, à Paris (vi").
Revue de l'Histoire des religions (M. Jean Réville,
directeur), rue Bonaparte, 28, à Paris (vf).
Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland,
Albemarle Street, 22, à Londres.
Royal Asiatic Society of Japan, à Tokio.
Royal Geographical Society, Saviie Row, 1 , Burling-
ton Gardens, à Londres.
Séminaire Israélite, rue Vauquelin, 9, à Paris (v").
Séminaire des missions étrangères, rue du Bac, 128,
à Paris (vu").
Séminaire de Saint-Sulpice , place Saint-Sulpice, 9,
à Paris (vi*).
Seminar FiJR orientalische Spracuen , Dorotheen-
strasse, 6, à Berlin.
SiAM Society (The), à Bangkok.
46 JUILLET-AOÛT 1906.
SocietX AsiATicA Italiana, piazza San Marco, a, à
Florence (Italie).
Société des arts et des sciences de Batavia (Bata-
viaasch Genootschap van Kunsten en Weten-
schappen), à Batavia (Indes Néerlandaises).
Société des Bollandistes, boulevard Militaire, à
Bruxelles.
Société des Etudes juives, rue Saint -Georges, 17,
à Paris (ix*).
Société pinno-odgrienne (Suomalais-ugrilainen S«u-
ra), à Helsingfors (Finlande).
Société de géographie de Genève.
Société de géographie de Paris, boulevard Saint-
Germain, 18/j (vi').
Société historique algérienne, boulevard Bon-Ac-
cueil, i5, à Alger.
Société impériale russe d'archéologie, h Saint-
Pétersbourg.
Société de linguistique, à la Sorbonne, à Paris (v*).
Société philologique, rue de Vaugirard, 7/j, à
Paris (vi").
StRAITS BrANCH OF THE ROYAL AsiATIC SoClETY, à
Singapore (Straits Settlements).
Université royale, à Upsal (Suède).
Université Saint-Josefh, à Beyroutb (Syrie).
LISTE DES BIBLIOTHÈQUES. 47
IV
LISTE DES BIBLIOTHÈQUES
ET AUTRES ETABLISSEMENTS
RECEVANT LE JOURNAL ASIATIQUE
PAR L'INTERMÉDIAIRE DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PURLIQUE.
Bibliothèque de l'Arsenal , rue de Sully, i , à
Paris (iv^).
Bibliothèque du Collège de France , place des Ecoles,
à Paris (v*).
Bibliothèque de la Faculté de médecine, à Mont-
pellier (Hérault).
Bibliothèque Mazarine, quai de Conti, 23, à
Paris (vf).
Bibliothèque du Ministère de la guerre, boulevard
Saint-Germain, 23 1, à Paris (vif).
Bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle, rue
de Buffon, i , à Paris (v*).
Bibliothèque nationale, rue de Richelieu, 58, à
Paris (if ).
Bibliothèque Sainte-Geneviève, place du Panthéon,
à Paris (v")*
Bibliothèque de l'Université, à la Sorbonne, à
Paris (v*).
Bibliothèque de l'Université de Bordeaux (Gironde).
Bibliothèque de l'Université de Lyon (Rhône).
Bibliothèques publiques d'Aix-en-Provence (Bouches-
du-Rhône), — d'Ajacgio (Corse), — d'Alger,
48 JUILLETAOÛT 1906.
— d'Amiens (Somme), — d'Angers (Maine-et-
Loire), — d'Annecy (Haute-Savoie), — d'Arras
(Pas-de-Calais), — d'Aurii.lac (Cantal), — d'Avi-
gnon (Vaucluse), — d'Avranches (Manche), —
DE Beauvais (Oise), — de Besançon (Doubs), —
DK Bordeaux (Gironde), — de Bourges (Cher),
de Caen (Calvados), — de Carcassonne ( Aude),
DE Garpentras (Vaucluse), — de Chambéry (Sa-
voie), — DE Chartres (Eure-et-Loir), — de
Clermont-F^errand (Puy-de-Dôme), — de Cons-
TANTiNE (Algérie), — de Dijon (Côte-d'Or), —
DE Douai (Nord), — de Grenoble (Isère), — du
Havre (Seine-Inférieure), — de l'Île de la Réu-
nion, — DE Laon (Aisne), — de Lille (Nord),
— de Metz (Lorraine), — de Montpellier
(Hérault), — de Moulins (Allier), — de Nancy
(Meurthe-et-Moselle), — de Nantes ( Loire-lnié-
rieure), — de Narbonne (Aifde), — de Nice
(Alpes-Maritimes), — d'Orléans (Loiret), — de
Pau (Basses-Pyrénées), — de Périgueux (Dor-
dogne), — DE Poitiers (Vienne), — de Reims
(Marne), — de Rennes (I Ile-et-Vilaine), — de
Rouen (Seine-Inférieure), — de Saint-Malo (lile-
et-\ilaine), — de Strasbourg (Alsace), — de
Toulouse (Haute-Garonne), — de Tours (Indre-
et-Loire), — DE Troyes (Aube), — de Valen-
giennes (Nord), — de Versailles (Seine-et-Oise),
Ecole française d'Athènes.
Ecole normale supérieure, rue d'Ulm, 45, à
Paris (v'').
LISTE DI<:S BIBLIOTHÈQUES. 49
Ecole spéciale des langues orientales vivantes , rue
de Liiïe, 2, à Paris (vu").
Faculté de droit de l'Université de Paris, place
du Panthéon (v").
LiuRARY OF THE LEGISLATURE, à Québcc (Canada).
Ministère de l'instruction publique et des beaux-
arts, rue de Grenelle, 110, à Paris (vu*)
[6 ex.].
VIU.
50 JUILLET-AOÛT J906.
V
LISTE DES OUN'RAGES
PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE.
Eu vente chez M. Emest Leroux , éditeur, rue Bouaparlc, 38 ,
à Paris.
JoLUNAi. AsiATiQCE, publié flepuis i8aa. La collection est en
partie épuisée.
Chaque année 2 5 fr.
Choix de fables arméniennes du docteur Varlan, en itnné-
nien et eu français, par J. Saint-Martin et Zohrab. Paris,
i8a5. in-8' 3 fr.
Eléments de la grammaire japonaise, par le P. Rodriguez,
traduits du portugais par M. G. Landresse, etc. Paris,
1 8a5 , in-8°. — Supplément à la grammaire japonaise , etc.
Pm'is, i8j6, in-8°. (Epuisé.) 7 f r 5o
Essai sur le Pâli, ou langue sacrée de la presqu'île au delà
du Gange, par MM. E. Burnouf et Lassen. Paris, i8a6,
in-8°. (Epuisé.) 1 5 fr.
Meng-tseu vel Mencium, lalina interpretatione ad inter-
pretutioiiem tartaricam utramque recensitu instruxit, et
perpetuo commentario é Sinicis cleprompto illusiravit Sta-
nislas Julien. Lufctj'œPanj/orttm, i8a4, 1 vol. in-8''. 9 fr.
Yadjnadattabadha, ou la Mort d'Yadjnadatta, épisode
extrait du Hâmàyaua, poème épique sanscrit, donné avec
le texte gravé, une analyse grammaticale très détaillée,
une traduction française et des notes, par A.-L. Chézy, et
suivi d'une traduction latine littérale, par J.-L. Burnouf.
Paris, 1826, in-A", avec quinze planches 9 fr.
Vocabulaire de la langue géorgienne, par J. Klaproth.
Paris, 1837, in-S" 7 fr. 5o
OUVRAGES PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE. 51
Elégie sur la Prise d'Édesse par les Musulmans, parNer-
sès Klaietsi, patriarche d'Arménie, publiée pour la pre-
mière fois en arménien, revue par le docteur Zohrab.
Paris, 1828, in-8° 4 Tr. 5o
La Reconnaissance de Sagountalâ, drame sanscrit et prà-
crit de Càlidâsa , publié pour la première fois sur un ma-
nuscrit unique de la Bibliothèque du Roi, accompagne
d'une traduction française, de noies philologiques, cri-
tiques et littéraires, et suivi d'un appendice, par A.-L.
Cliézy. Paris, i83o, in-4'', avec une planche 12 fr.
Chronique géorgienne, traduite par M. Brosset. Paris, Im-
primerie royale, i83o, grand in-S" 9 fr
Ghrestomathie chinoise (publiée par Klaproth). Paris,
i833, in-S» 9 fr.
Elkments de la langue géorgienne, par M. Brosset. Paris,
Imprimerie royale, 1837, in-S" 9 fr.
Géographie d'Abou'lpéda, texte arabe publié par Reinaud
et le baron de Slane. Paris, Imprimerie royale, i84o,
in-4.° 34 fr.
Ràdjataranginî, ou Histoire des rois du Kachmîr, texte
sanscrit traduit en français, par M. Troyer. Paris, Impri-
merie nationale, 3 forts vol. in-S" 20 fr.
COLLECTION D'AUTEURS ORIENTAUX.
Les Voyages d'Ibn Batoutah, texte arabe et traduction par
MM. G. Defrémery, membre de l'Institut, et Sanguinetti.
Paris, Imprimerie nationale, 4 vol. in-S". Ghaque vo-
lume 7 fr. 5o
Table alphabétique des Voyages d'Ibn Batoutah. Paris,
1869, in-8" 2 fr.
Les Prairies d'or de Maçoudi, texte arabe et traduction
par M. Barbier de Meynard, membre de l'Institut (les
4.
52 JUILLET-AOCT 1906.
trois premiers volumes en collaboration avec M. Pavet de
Courteille, membre de l'Institut). 9 vol. in-8' (le tome IX
comprenant l'Index). Chaque volume 7 fr. 5o
Lb mvhe de l'Avertissement {Kitâb et-tenbîh), de Maçoudi,
traduit et annoté par le baron Carra de Vaux. 1 fort vol.
in-S". 1 897 7 fr. 5o.
Précis de lkgislation musolmane, suivant le rite malékitc,
par Sidi Khalil. Nouvelle édition (1901) 6 fr.
Le Mahàvastu , texte sanscrit, publié pour la première fois,
avec des Intro<luctions el un Commentaire, par M. Em.
Senarl , membre de l'Institut. 3 loris volumes in-8". (Ihaque
volume 2 5 fr.
Chants popui.aiues des Afghans, recueillis, publiés et tra-
duits par .lames Darmesteter, professeur au Collège de
France. Précédés d'une Introduction sur la langue, l'his-
toire et la littérature des Afghans. 1 fort vol. in-8°. . ao fr.
Journal d'un voyauk en Arabik (i883-i884), par Charles
Iluber. Un fort volume in-8*, illustré de dessins dans le
texte et accompagné de planches et croquis 3o fr.
Publications encouragées par la Société asiati({ue :
Les mémoires historiques de Sse-ma Ts'ien, traduits du
chinois et annotés par Edouard Chavannes, membre de
l'Institut , professeur au Collège de France.
Tome I", in-8° 1 6 fr.
Tome II, in-8* 20 fr.
Tome III , première partie , in-8* 1 o fr.
Tome III , deuxième partie , in-8° 1 6 fr.
Tome IV, in-8* 30 Ir.
Tome V, in-8° 20 fr,
L'Agnistoma. Description complète de la forme normale
du sacrifice de Soma dans le culte védique, par W. Ca-
OUVRAGES PUBLIES PAR LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE. 53
land, lecteur de sanscrit à l'Université d'Utrecht, et
V. Henry, professevir do sanscrit et de grammaire com-
parée à l'Université de Paris. 2 vol. in-8° 20 fr.
Nota. Les Membres de la Société qui s'adresseront directement
au libraire de la Société, M. Ernest Leroux, rue Bonaparte, 9.8, à
Paris, auront droit à une remise de 33 p. 0/0 sur les prix de tous
les ouvrages ci-dessus, à l'exception du Journal asiati(/ae.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 55
NOTICE
SUR LKS MANUSCRITS SYRIAQUES
CONSERVÉS
DANS L\ BIBLIOTHÈQUE DU COUVENT DES CHALDÉENS
DE NOTRE-DAME-DES-SEMENCES ,
PAR *
M*^" ADDAI SGHER,
ARCHEVÊQUK CHAI.DÉEN DE sÉF.RT.
(suite ^.)
V
DROIT CANONIQUE.
CoD. 90. — Titre : « CoHection des Actes et des
canons des conciles occidentaux et orientaux, faite
par Klia I'"', patriarche. »
La dernière clausule est celle-ci : « Est achevée ,
par le secours de N.-S. et de notre adorable Dieu,
la collection des conciles, réunie des ouvrages des
Pères par notre B. Père Mar Elia 1", catholicos et pa-
triarche. Que leur prière soit avec tous les fidèles. »
Les documents contenus dans ce manuscrit sont
les mêmes que ceux qui sont renfermés dans celui
du musée Borgia K. VI, 4 et décrits par Chabot
[Synodicon orientale , l?iiris , 1902, p. li-io).
' Voir le numéro de mai-juin, p. 479.
5(i JUILLET-AOCT 1900.
Viennent ensuite :
I. K^AJi-A-A T^tYx»~-vcY> vdra-vjfA T^ikV\.^.m v^jtr\
vvj^v\ T^Vvrrxyi^^m r<f^Vrrx=D ^\»:=nv^-^ :r^^H>»-
t^-»H \^ r> « Divers chapitn's sur dilVérents sujets
touchant^ les jugements ecclésiastiques, composés
avec précision par Mar Siméon, év. métrop. de
Rewarda^ir, illustre en sciences , et traduits du persan
en araméen par un frère, moine du pays de Bcith
Qalrayê. » — Ce traité contient un avant-propos et
trois chapitres suivis de vingt-deux jugements^
II. y^'\ % '-fc ^^-A r^'v «A A ^Tv KfV<vj..:3Vv.ri..3r>
tC^xsjAqVvt) k Traité sur les jugements, composé par
ISô'bokht, métrop. de Perse, sur la demande des
évêques de son archidiocèse , et traduit du p«'rsan
en syriaque par les ordres et les soins de Mar Ti-
mothée (l"), catholicos. » — Ce traité est divisé en
six sections ; les sept derniers chapitres de la sixième
section manquent.
III. Lois et sentences édictées par les rois chré-
tiens Constantin et Léon. — Elles sont au nombre
de 75.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 57
IV. Canon des lois des rois. — Autre version qui
est plus riche que la première; ces lois sont au
nombre de i 58.
V. Lois civiles des Romains faites par le confes-
seur Ambroise, sur la demande du roi Valentinien.
— Ces lois sont au nombre de 112.
VI. Trois lettres de Timothée le Grand.
VII. Discussion du même patriarche avec le ca-
life al-Mahdi.
VIII. 57 lettres du même. Le synode de ce même
patriarche se trouve aussi dans cette collection.
IX. Lettre d'Aprem , métrop. deTJam, adressée
à Gabriel , fds de Bokhtisô" : qu'il ne faut pas com-
munier chez les Romains (Grecs) ni chez les Jacobites.
X. Lettre de Isô*^ barnoun , patriarche , adressée à
Isaac, visiteur du pays des Qatrayê, contenant
1 3 canons et avertissements touchant l'Eucharistie.
XL Autres questions sur le même sujet, qui ne
sont pas de Isô'barnoun. (Ici deux cahiers ont dis-
paru.)
XIL Traité sur l'ordre et les espèces de l'héritage ,
composé par Mar Elia , patriarche. Bien des feuilles
ont disparu; il paraît que le traité était divisé en
dix chapitres. — Suit la clausule finale ^
^-=0 r^jc=n-:\-33 r^A-A-iÂ^f^^ ^<J3JAo^^Ja r^Av^ jÂm
58 JUILLET-AOÛT 1906.
XIII, Compilation de Mar Guiwarguis, métrop.
d'Arbèies, renfermant des règles sm^ les héritages,
selon l'opinion de Mar Timothée, de Mar Isô'bar-
noun, et. . . (un nom illisible), catholicos.
XIV. Abrégé du partage des successions, compilé
par Mar Elia de Nisibe. — Ce traité écrit en arabe,
est divisé en a 5 chapitres; mais il s'y trouve beau-
coup de lacunes.
Volume formé de 4a cahiers de lo l'euillets, mesurant
39 centimètres sur aS. Chaque page est divisée en doux
colonnes. Le premier cahier, deux autre» avant le dernier cl
quelques feuillets d'autres cahiers manquent. Le deuxième
et le troisième cahier ont été intervfi-tis lors de la reliure du
manuscrit.
Sans date. L'écriture parait être antérieure au xiv* siècle.
CoD. 9 1 . — r^ii^-:v2w T^i»-A ax::^cv.^^-A r^VuruA
X y rr—% t^j^o^-a .s^cocja ~->, ^ ,-S_mA «^^«^—^^^ -n
r^jLiCL^-A \*k fy>r^ « LJNre de la Règle des jugements
ecclésiastiques, composé par Mar 'Kbedjésus de
Nisibe , en 1627 des Grecs ( 1 3 1 6 ). »
. r^irDCv^^ T^^ôxrar^-A l^w.u^ Celte cUusale altribue-t-eiie
seulement le susdit traité (^"^ -y>\<f ~r>] à Mar Klia I", ou
bien tonte la collection contenue clans h; manuscrit? A mon avis,
elle atteste pour la deuxième opinion; les mots -To\jt.
1S^oVa^3.^Z73 OOA^QOQL\ctjûo sont clairs et disent pourquoi
quelques synodes sont omis; d'ailleurs le synode du patriarche
Timothée 1" figure dans celte collection ainsi que nous l'avons dit
ci-dessus. M. Chahol [Sjnndicon orientale, p. 12) et M. Guidi
pen ent au contraire qae la collection des i3 premiers synodes
aurait élë réunie sous le patriarche Timothée I", el qu'Élia V n'au-
rait fait qu'ajouter à cette collection les décisions des patriarches
postérieurs.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 59
L'ouvrage est divisé en dix traités; chaque traité
est subdivisé en un certain nombre de chapitres.
A la fin se trouve la lettre de Mar Elia do Nisibe
adressée aux évêques de la grande province et aux
habitants de Bagdad, au sujet de l'élection du pa-
triarche illégitime Isô'yahb.
Volume composé de 2 4 cahiers de 10 feuillets, mesurant
26 centimèti^es sur 17.
Achevé à Gazarta , en 1 846 ( 1 535) , du temps du patriarche
Mar Siméon, et de Gabriel, év. de Gazarta.
GoD. 92. — Nomocanon d"Ebedjésus de Nisibe.
(Edité par Mai, Script, veter. nova coUectio, t. X.)
Ecrit en 1898 de notre ère, par Guiwarguis, prêtre.
CoD. 93. — «^Hcnoxo T^_Aw^cv_x.-A rîL=>^\_^
«Livre de questions et d'avertissements, au sujet du
service de l'autel, sans renvoi. » Il contient : 1" 120
questions avec réponses touchant l'administralion
des sacrements. — 2" Environ lio questions au su-
jet de l'administration du baptême. — 3° 60 ques-
tions du patriarche [sô'yahb ('Abdisô'' P"^?), qui a été
évoque de Beith Nouhdra , sur le baptême , le saint
sacrifice de la messe, le mariage, etc. — /i° Ques-
tions adressées par saint Basile à son frère Grégoire
(cod. 82, 3°). — 5° Questions de Jean Azraq, év.
de Hirta. Ces questions au nombre d'environ 80
sont des énigmes. — 6" Discours d'Apollonius
sur la sagesse. — 7° Récit de ce qui eut lieu après
«0 JUILLET-AOCT 1<J06.
la confusion des langues, du temps de Phaleg. Cette
fable parle encore de Romulus et de* la fondation de
Rome. — 8° Diverses (juestions empruntées pour
la plupart à la Caverne des Trésors. — 9° Ques-
tions posées par le diacre Macaire , avec les réponses
de Isô'barnoun , patriarche. — 1 0° Les énigmes de
làô'yahb bar Mqadam. — i 1" Livre de l'exposition
des offices de l'Eglise, par Abraham bar liipèh (cod.
82, 2°). — 12° Questions de saint Grégoire de
Nysse. — i3° Poésies de Rabban Behnam. —
1 k" Notice composée par Rabban Abraham Slo-
khaya, sur la récitation du Bréviaire.
Volume composé de 18 cahiers de 10 feuillets, mesurant
2 1 centimètres sui' 1 5.
Achevé en 199^ (i683), dan» le couvent de R. Hormezd
du temps de Mar Elia, patriarche, par 'Abdisô', prêtre.
CoD. 94. — :i^-\<y5cv_i r^AV^ '\ -tjlA-a rd^^Vv-rw
i^v*"\^ iLc^oj » Livre de la lampe brillante, traduit
de l'arabe en syriaque par Joseph IL »
Achevé à Telia -Zqipa, en 2io5 (1794), par Abraham,
prêtre, fils de Marbéna.
A la fin , une note en arabe est ainsi conçue : « L'Emir de
Rawandouz vint au pays de Mossoul , et à 'Amadya , en i83a
de N.-S.; le 9 mars, il pilla le village de lltasa, il tua
tous les adultes et emmena les femmes en captivité. Le
i5 mars, il se dirigea vers Alqôs, y tua 172 hommes outre
les enfants, les femmes et les étrangers, et ia pilla. Son frère
y retourna et la pilla une deuxième fois. »
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 61
VF
HAGIOGRAPHIE.
Coj). 95. — « Histoire de Joseph J3osiiaya écrite
par Jean bar Khaldoun. » (Traduite en français par
J.-B. Chabot, Paris, 1900.)
Volume renfermant 9.0 cahiers de 10 feuillets, mesurant
20 centimètres sur i5. 11 s'y trouve beaucoup de lacunes.
GoD. 96. — « Histoires édifiantes ». Savoir :
Vie de saint Mari , apôtre. — Histoires de Mattai
et d'André, apôtres; des huit frères dormants;
de saint Yareth (^"^j, disciple de saint Eugène; de
Malchus de Glysma, disciple de saint Eugène.
On trouve ensuite : 1° Lettre de Philoxène,
adressée aux moines de Tel'addé ; le commencement
de cette lettre manque. — 2° Quelques hymnes com-
posées par Ablahad Baqqala, en 1887 de notre ère.
— 3° Rapport représenté en i885 de notre ère à
Sa B. Eha Aboul-Yaunan, patriarche, par Samuel
Djamil, sur son voyage dans le pays des Nestoriens.
GoD. 97. — « Histoire de la sainte Vierge. » G'est
une partie du Protévangile de saint Jacques sur la
naissance et l'enfance de la Vierge.
A la fm du volume se trouvent les avertissements
touchant le service de l'autel, composés par le pa-
triarche Jean bar Abgarë.
Achevé à Alqôs, en 2001 des Grecs {1690), du temps de
Mar Elia, patriarche, par Yalda, fils du prêtre Daniel.
6S JUILLET-AOÛT 1900.
CoD. 98. — -7x^^30 ,^\r3o-^ r^Vu^jcV « His-
toire de Notre-Dame Marie. »
Légende d'origine nestorienne : Un négociant
délivré trois fois du naufrage par l'intercession de
Marie s'échappe la dernière fois dans une île déserte ;
il y trouve un ermite qui lui conseille de bâtir une
église en l'honneur de Marie. Un monstre marin lui
apporte trois perles de grande valeur, et un ange le
transporte en Orient; aussitôt ([u'il le met à terre :
« Regarde à ton côté •» (wa^a^ ^û>*), lui dit-il. Le
négociant bâtit là une é^isc en l'honneur de Marie ,
et dès iors le village fut appelé (r^»A-AScoA).
Volume formé de 11 cahiere de 10 feuillets, mesurant
ao centimètres sur 1 4.
Terminé par Kliausabo, prêtre d'Alqôs , en 1991 (1680);
il a été écrit pour l'église de Hourdapna.
CoD. 99. — « Histoire [fabuleuse] d'Alexandre
le Grand. ■ (Publiée par Budge, i 889.)
Achevé à Al<|6s, en ao5G (i^^T)), du temps de Mar Elia,
patriarche, par Ilanna, prêtre, fîls du prêtre Homo, lils du
prêtre Daniel . fds du prêtre Elia ; il a été donné par Khau-
sabo au couvent de Mar Eugène.
CoD. 100. — « Histoire d'Ahiqar, le scribe du roi
d'Assyrie, Sennachérib, et de son neveu Nadan. »
(Publiée par M. R. Harris, en 1898.)
Terminé en i883 de notre ère, par Etienne Raïd.
CoD. 101. — Volume renfermant :
1 ° Histoii'e des comédiens qui furent martyrisés.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 63
— 2** Poème de Mar Aprem , en i 2 livres , sur Joseph
(publié par Bedj an, en 1891).
Ecrit au couvent de R. Hormezd, en 1876 de notre ère,
par Aprein , moine.
Coi). 102. — « Actes du martyr Saba. » (Publiés
par Bedj an.)
Volume formé de 5 cahiers de 10 feuillets, mesurant
18 centimètres sur i3. — Sans date. Ecriture du xiv' siècle.
CoD. 103. — «Actes de Mar FÀigène. » (Publiés
par Bedj an.)
Achevé en 2009 (1698), à Qodjanès, par Ibrahim, iils de
Soulaqa.
CoD. 104. — «Vie de Rabban Bar 'Edta, com-
posée par Abraham Zabaya, en vers de sept syllabes,
d'après la vie écrite en prose par Jean Parsaya. » Ce
poème est divisé en 62 chapitres.
Volume composé de 7 cahiers de 10 feuillets, de 3 5 centi-
mètres sur 1 7 .
Achevé en 1891 de notre ère, dans le couvent de R. Hor-
mezd , par André , moine.
CoD. 105. — «Histoire de Rabban Hormezd,
composée par Rabban Siméon, disciple de Mar
Yozadaq. »
Volume composé de i3 cahiers de 10 feuillets, mesurant
26 centimètres sur i().
Achevé en 2177 (186G), au couvent de Mar Aprem
des Syriens, dans la vallée de Isla, dans le bas Tyaré, par
^Yaunan, 111s du prêtre Daniel, fds du prêtre Israël, fils du
64 JUILLET-AOÛT 190().
prêtre Daniel, lîls du prêtre Israël, fils du prêtre Daniel, fils
du prêtre lyar Maqdsaya, natif de Tkhouina et orijfinairc
d'Arbclcs.
CoD. 106. — «Poème de Sarguis d'Adhorhai-
djaii sur Habban Uonnezd. » (Public par M. 13udg«',
en 189^.)
Achevé k Telképé, en 189a de notre ère;
CoD. 107. — «Poème sur Sabrîso* de Beitli
Qôqa et ses disciples. » Ce poème est en vers de
douze syllabes; le style est élégant. L'auteur, qui ne
nous est point connu, retrace l'histoire du couxcnt de
Beith Qôqa depuis le début du vu' jusqu'à la lin
du viii" siècle.
Au commencement du livre se trouve une notice
sur le destin, divisée en jq chapitres, dont chacun
contient 19 phrases métriques; la dernière dau^ule
est celle-ci : « Fin de ces sorts, qui ont été faits par un
philosophe appelé Galienus. »
Volume contenant 1 i cahiers de 10 feuillets, mesurant
17 centimètres sur 12.
Achevé en 3007 (1696), du temps de Mar Siméon, pa-
triarche , par Ablahad , fds de Hormezd , originaire du village
de sarokhya.
CoD. 108. — « Histoire du couvent de Babban
Hormezd (depuis 1808 de notre ère jusqu'à 1862) »;
composée par le prêtre Elisée, supérieur du même
couvent.
Volume contenant 2 3 cahiers de 10 feuillets, mesurant
36 centimètres sur 24.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 65
CoD. 109. — T^-moT^^-A v^ y yr.\-\ rd_=3^^-:^
T^lX^rr>-A « Liber Sapcriorum composé par Thomas
de Marga. » (Publié par M. Budge, en iSgS, et par
Bedjan, en 1901.)
Volume composé de 20 cahiers de 10 feuillets, mesurant
29 centimètres sur 20.
Terminé à Alqôs, en 2012 (1701), du temps de MarElia,
patriarche, par Yalda prêtre, fils du prêtre Daniel, fils du
prêtre Elia , fils du prêtre Daniel d'Alqôs; il a été donné
par Smoni, lille de INa'azar, à l'église de Mar Isaac, du village
de Telia , dans le pays de Marga.
CoD. 110. — Même ouvrage que le précédent.
Achevé au couvent de R. Hormezd, en 1880 de notre ère,
par Aprem, moine.
CoD. 111. — Vie de Joseph Audo, patriarche
(18/17-1878), composée par le prêtre Ablahad, du
couvent de R. Hormezd, en 1889.
Volume contenant 12 cahiers de 10 feuillets, mesurant
36 centimètres sur 24.
CoD. 112. — « Récits édifiants et vies des saints. »
Savoir :
Actes de saint Thomas , l'apôtre ; de Mari , l'apôtre.
— Histoire de Mar Mikha Nouhdraya; de l'image
de N.-S. — Vie de Mar Aprem; de saint Etienne; de
Mar Behnam , martyr; de saint Jacques l'Intercis. —
Histoire de Beith Slokh ; de Mar Qardagh , martyr ;
de saint Gyriaque. — Apociyphe des apôtres Mattai
et André. — Légende de saint Georges. — Pre-
vm. 5
tlPItlVRaiB «ATIOIlALKi
M JUILLET-AOOT 1900.
mière et deuxième Invention de la Croix. — Lé-
gendes de la B. Thecia, d'Onésime et de Juliané.
Achevé à Alqôs, en i885 de notre ère, par 'Isa, fils
d'Isaïe.
CoD. 113. — i^X-xjfex.V-:\ 1^=3^^^ « Histoires
édifiantes. » Savoir :
Apocalypse de saint Paul. — Histoire des Ré-
chabites, racontée par Zosime. — Récit de la der-
nière résurrection avec des notices sur le Fils de
perdition (Antéchrist). — Discours de Mar Aprem
sur le dernier jugement. — Histoire du roi Ar-
sène; de saint Maurice, roi de Rome; de saint
Tnima ; de Papnutius , négociant spirituel ; de Thécla ,
disciple de saint Paul. — Première et deuxièmt*
Invention de \ix Croix. — Livre de Suzanne. — Dé-
couverte du corps de saint Etienne. — Actes de
Mar Behnam — Histoire de Mar Yaunan, disciple
de saint Eugène. - — Actes de saint Jacques l'Inter-
cis; de saint Ignace d'Antioche; de saint Pantaléon et
ses compagnons, martyrs; de Sarguis et Bacchus,
martyrs.
Sans date. Dans le corps du volume une note dit qu'il
a été donné par le prêtre Joseph à l'église de IJourdapna.
VII
OUVRAGES ASCÉTIQUES.
CoD. 11'']. — .Vs, : «ràvKÎi-A-^ ^j^vicu-A r^raVvak
t^^\-*av^k.-A T^\=>o-A « Livre de Jean de Dalyathé
sur la vie monastique. »
NOTICE SUR DES MANUSCIUTS SYRIAQUES. 67
. Volume lormé de a8 cahiers de lo feuillets, mesurant
19 centimètres sur i3.
Achevé en 1889 de notre ère; il a été copié sur un an-
cien manuscrit dont les premiers feuillets manquaient et
dans lequel se trouvaient bien des lacunes.
GoD. 115. — Lettre de Philoxène, adressée h un
de ses amis qui était supérieur ( des moines) dans le
désert, sur la vie monastique. — Ce traité est divisé
en trois chapitres.
Ecrit au couvent de R. Hormezd, en 18/io de notre ère.
CoD. 116. — Livre sans date qui contient :
1° Des morceaux choisis du V* volume d'Isaac de
Ninive, sur la Providence divine. — 2° Les maximes
de Babai le grand sur la vertu; ce traité comprend
Il chapitres. — 3° Deux hymnes de Babai bar
Nsibnayé sur la pénitence. — li° Six homéjies de
saint Aprem sur la pénitence, etc. — 5° Une
hymne d'Isaac de Ninive sur la nature divine. —
6° Discours de Mar Aprem contre Bardesane. —
-7° Poésie de R. Behnam. — 8" Hymne à chanter
avant le repas. — 9° Hymne à chanter pendant la
tonsure des moines. — 1 o" Poésie de Jean bar
Penkayé sur la crainte de Dieu (cette poésie a été pu-
bliée par M»' Élia Millos en 1868). -—11" Instruc-
tion de Mar Aprem sur l'Incarnation.
CoD. 117. — Même contenu que le précédent.
Cou. 118. — nn.—^s.-n fv>.».\^Jt.\nn-A «^.raVv.^
68 JUILLET-AOOt 1906.
i^jâVn AmcuA «Livre du Diamant, composé par
ie palriarclic Joseph II. »
Ce livre, divisé en deux sections, est une compi-
lation de livres spirituels, composés par dos auteurs
latins.
Terniini" en i8:ji de notre ère, au couvent de R. Hor-
mezd, par Joannis, moine de Telképé.
CoD. 119. — Même ouvrage. (Sans date.)
CoD. 120. — Même ouvrage. (Sans date.)
CoD. 121. — ,^jxix*VvjrC^\ r^raVv^ « Livre des
Ethiques», composé par Barhebraius. (Publié par
P. Bedjan, en 1898.)
Suit une homélie de Mar Jacques, sur \v dernier
jugement.
Achevé à Alqôs, en ao33 (1722), du temps de Mar EHa,
patriarche, et de Mar llnanjésus (rs^K^>^(V^ "VV-^). par le
prêtre Guiwarguis, Dis du prêtre Daniel, fils du prêtre Elia;
il a été écrit pour Isô', prêtre et moine du couvent de
R. Homiezxl.
CoD. 122. — rcr\_=3c»^ VxoS . <\3t.^ K:=i»)ï\ri
y<f y \ .fi -r> - vvacvjA ^fc^-KN^-îx « Livre des bonnes
œuvres, composé par Jean de Mossoul. » Ce livre,
en vers de sept syllabes, a été écrit en 1 2^5.
Suivent : 1 " Une poésie de Jean bar Penkayé , sur
les vices des moines (cod. 116,1 o"). — 2° 22 poé-
sies de Rabban Paulos sur l'amour de la sagesse. —
3° Poème énigmatique de Rabban Siméon de
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 09
Saqlaband, commenté par *Ebedjésus de Nisibe. —
4" Autres poésies d'un auteur anonyme. —
5° Quelques poésies de Mar Aprem.
Tout ce que contient ce livre, sauf les numéros
3" et 5°, a été publié par MF Élia Millos [Direc-
torium spiritnale, Rome, i868).
Achevé en 2069 (1768), du temps de Mar Elia , patriarche ,
et de Mar Isôyahb (rij.i^-Ka2k. \\.\).
GoD. 123. — Même titre et même contenu que
le cod. précédent.
Terminé à Alqôs en 197/1 (i663), au temps de Mar Elia,
patriarche, par 'Abdisô', prêtre, (ils du prêtre Hormezd,
fils du prêtre Israël.
GoD. 124. — T> vv . CYV lA T^HmT<!=n-^ rù=ik\c^
rUciXjt^-^ « Livre des homélies d'Isaac de Ninive. »
Ge volume contient 26 homélies en vers de sept
syllabes; elles ont été publiées parBedjan, en 1908,
sous le nom d'Isaac d'Anlioche; ce sont les ik pre-
mières homélies de sa publication. La dernière n'a
pas été publiée.
Sans date. Ecriture du xiv' siècle.
CoD. 125. — Même titre et même contenu que
le précédent.
Achevé en 1886 de notre ère, au couvent de Notre-Dame-
des-Semences, par Joseph Katlovda.
GoD. 126. — rc^^mrDrw-A r^£û.»^^\^-\ r^ra^^^k.
« Parmi isus Patriim. »
70 JUILLET-AOÛT 1906.
Ce volume contient ITiistoire de saint Antoine, la
première et la deuxième partie de l^dladius et celle
de saint Jérôme. (Publi/^ par Bedjaii en 1897.)
CoD. 127. — Volume de mauvaise écriture,
qui est la continuation du cod. précédent et qui
contient la troisième partie du Paradisus Pntrnm
(publié par Bedjan).
CoD. 128. — 1^ vv fc » "TSA — ^ Si,-^ ^^raVv^
i^îv_i^^xj-a KfV\av»V^v3o^ « Livre de 'Abdmsiha :
conseils aux moines ».
Ce volume contient 55 traités ou lettres sur divers
sujets .ascétiques. Quelques-unes de ces lettres sont
adressées à Domat, confesseur; h Siméon et h
Fitienne, prêtres; h Bakkos, Bokbtzid, Sarguis et
Abraham, moines; et à Xystarus. L'auteur vivait
après le x" siècle; car il y cite le patriarche *Abd-
iàô* I" (963-986) et la vie de Joseph Bosnaya écrite
par Jean bar Khaldoun.
Suivent : 1" Histoire de Mar Uazqiel, un des
disciples de saint Eugène, qui fonda un monastère
à Daqoq (à 9 heures au sud de Kerkouk); cette vie
est incomplète au commencement; elle est copiée
sur un très ancien manuscrit qui se trouve à l'évéché
de Kerkouk. — 2" Le Livre de la Colombe, com-
posé par Barhebraeus.
Achevé en 1 887 de notre ère.
CoD. 129. — «L=D^tv_a,-A «^H._mrC^-A x<!rxx.a^
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 71
v^^ys^ s=i\-\ i<r\maî>- ,^ ^-=0^^ « Explication
des discours du livre de l'abbé Isaïe, faite par Dadisô'
Qalraya, (moine) du couvent do Rabkennaré. »
Ce livre a été copié sur le iiis. yd de Séert. Voir l'analyse
dans le Journ. Asiat., janv.-^évr. 1906.
GoD. 130, — r^i^_x_v_wo-H r^A^rw «La barque
spirituelle. »
Une longue notice , placée dans le corps de l'ou-
vrage nous apprend : 1" Que le livre a été terminé
en 1791 des Grecs (i48o); — 2" Que l'auteur de
l'ouvrage, Mas'oud (ncvi-xsam), à l'âge de 22 ans,
se fit moine dans le Tour ^Abdin; dix ans après,
il a été nommé supérieur du couvent; en 1792
( 1 48 1 ) , il a été fait évêque sous le nom de Basile ,
pour le couvent de Mar Qouriaqos, dans le pays
de Hezza (ce couvent est à environ 16 heures
à l'ouest de Séert : Deir Akiran sur la carte de
Lynch).
Volume formé de plus de Ao cahiers de 1 o feuillets , me-
surant 20 centimètres sur i5. Les premiers et les derniers
calùers mancjuent. Ecriture jacobi te.
VTII
GRAMMAIRE ET LEXICOGRAPHIE.
GoD. 131. — « Grammaire syriaque , composée
par Jean bar Zou'bi. »
Volume en mauvais état ; les premiers et les derniers
cahiers ont disparu. Ecriture mauvaise.
72 JUILLET-AOÛT 190C.
GoD. 132. — Même ouvTage qiiP le cod. précé-
dent. A la suite se trouve le discours de Jean bar
Ma'dani sur l'âme, intitulé : « Discours sur l'oiseau. »
Cod. 133. — rw-iLm-A rdraVv^ « i^ivre des
Splendeurs», ou grande grammaire, composée par
Barhebneus.
Terminé en 1819 de notre ère, au couvent de Rahhnn
Ilormezd, par Thomas, moine, fils de Nisan.
Cod. 134. — ^^t>-:\ i^Sa^i^o rs^ixso^A r^Wvsr»
t^\rxs^ -vraA vdA»—vSi.-:\ i^VvmlSÔa « Introduction
au Li>re des Splendeurs, suivie d'un traité sur les
mots ambigus, composée par Barliebra'us. »
Cet ouvrage est en vers de sept syllabes; il a été
publié par l'abbé P. Martin ainsi que le précédent.
Achevé à Notre-Danie-des-Semences, en 187^ de notre
ère, par le prêtre Philippe, de la famille de Doudo, de
Teiképé. Le copiste déclare avoir copié cet ouvrage sur deux
manuscrits du prêtre Ahdeikarim de Mossoui, et de Mar
'Abdisô' de Gazarta, qui lui-même en i863 des Grecs (i553)
l'avait copié sur trois autres manuscrits. (Le manuscrit de
Mar 'Abdisô' se trouve à la bibliothèque de l'église d'Alqôs.)
Cod. 135. — t^T W -7x-m ^-ào^-a Klra^tv.^
,._îij=nA vv.*VAr^ Xvif ~-> « Livre de la grammaire
Kurde , composé par le prêtre Ablahad d'Alqôs , en
1 888 de notre ère. •
Cet ouvrage est très bien fait; il est écrit en carac-
tères cbaldéens; il est suivi de quelques proverbes
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 73
Kurdes et de quelques Lectionnaires traduits eu
Kurde.
GoD. 1 36. — AAra-i^-A :«:rVvs..Hj .rxracnA ri^VvA
r^\r3-v!^x3 .=3a3a.v» \<jtjoe.xx\ « Livre de la Fleur
des connaissances, composé par le prêtre Jacques
Qtarblciya. »
Cet ouvrage est divisé en sept chapitres; il con-
tient les verbes syriaques par ordre de conjugaison.
Terminé en 1870 de notre ère, à Mossoul, par Philippe,
moine.
CoD. 137. — Même ouvrage que le précédent.
Achevé au couvent de Mar Guiwarguis, en 1882 de
noire ère.
CoD. 138. — Volume dont les premières feuilles
manquent. Il contient : 1" Catalogue des écrivains
nestoriens par 'Ebedjésus de Nisibe. — 2° Traité
des Définitions de toutes les choses , de leur explica-
tion et de leur division, compilé et abrégé des
livres des philosophes. Ce traité est précieux surtout
pour ce qui regarde la littérature syriaque; l'auteur
est anonyme. — 3° Explication des mots grecs,
introduits dans la langue syriaque. — [x° Mots
équivalents. — 5° Explication des mots dilîiciles et
obscurs dans l'Ecriture, faite avec beaucoup de
peine par Rabban 'Enanisô', disciple de saint Jacques
de Beith 'Abê. — 6° Traité de Isô'barnoun , patri-
arche, sur les mots ambigus. — 7" Explication
d'autres mots. — 8" Mots empruntés à la langue
74 JUILLKT-AOÛT 1906.
grecque. — 9° Autre traité sur 1<'S mots ambip;iis.
— 10" Proverbes de Siméon de Saqiawa, en \er.s de
sept syllabes ; ces vers sont autres que ceux qui se
trouvent dans les cod. 123, 3"; 1 2 3, et qui ont été
publiés par le P. Qardabi dans son Liber Thcsnun,
p. 8g. — I i' Notice sur les prophètes. — i 2" Mor-
ceaux choisis du livre d'Klia d'Anbar. — 1 3" Expli-
cation de mots latins, grecs et hébreux. — 1 /|" Notes
sur la chronologie, — 1 5° But do la ponctuation.
— 16" Explication des mots difliciles dans l'A. et
le N. Testament. — 1 y. Livre de la Perle, composé
par 'Ebedjésus de Nisibe (cod. ^1; 1^2, 5").
Achevé à Arandaqnas (ootua^uÀi^) en 1790 {i^'jij),^ar
le prélre Aprem , fils du prêtre Jacques.
Cod. i 39. — Volume qui contient :
1° JÀber Canonum de œ(jmlitteris , de 'EnaniSô* et
deHonein.
2" Traité de 'Abdisô' de Gazarta sur les mots
semblables par l'écriture et différents par le sens
(ces deux opuscules ont été édités par Hoffmann).
3" Autre traité sur les mots aml)ij3^s, d'un auteur
anonyme.
A" Abrégé de la grammaire de Jean le Stylitc.
Sans date. Kcritare du xvi* siècle.
CoD. 140. — Volume renfermant :
1° Liber Canonum de œqiiilittem de 'Enanisô* et
de Honein (cod. 139, 1").
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 75
2* Réseau des points , composé par I§ô'yahb bar
Malkoun.
3" Grammaire d'ÉHa de Nisibe.
Sans date, Écriture du xviif siècle.
CoD. 141. — . fA-y^-A ..,^xx* fv>'\03An T^raVvst.
AcAoxrs ïv=3 « Lexique de Hassan bar Bahloul » ,
en deux volumes. (Kdité par R. Duval, Paris, 1 888
1896.) — Sans date.
IX
OUVRAGES DIVERS.
CoD. 142. — ^\j r>aA-A r^— >^iv^ «Morceaux
cboisis. » Ce volume contient :
1" Liber Canonum de œcjiiilitteris de 'Enanisô' et
de Honein, et autre compilation du même genre
(cod. 189, 1°; i4o, 1°). — 2" Explication des
mots. — 3" Explication de la Foi de Nicée. —
4" Les dix catégories d'Is(Vbokbt , métrop. de Rew-
ardasir (cod. 62, 5"). — 5° Livre de la Perle
(cod. 4i; i38, ly"). — 6° De la dilférence entre
Mana , qnôma et tsfpôacàitov. — y" Traité sur les mots
ambigus. — 8° Questions de Jean Azraq (cod. 98,
5"). — 9" Questions de saint Basile à son frère Gré-
goire (cod. 82, 3"; 93, 4°). — 10° Les songes et
leur explication. — 11" Quelques énigmes. —
1 2° Discours en vers de douze syllabes sur le der-
nier jugement. — 1 3" Livre des Définitions com-
posé par Michaël Badoqa (cod. 82 , 3").
76 JUILLET-AOÛT 1900.
Volume formé de ii cahiers de lo leuillets, mesurant
a5 centimètres sur 17.
Achevé dans le village de Bassouri , sur le bord du Tigre ,
en 1 990 des Grecs ( 1 G79) , du temps de Mar Elia , patriarche ,
et de Mar Joseph de Gazarta; (^crit par Homo, diacre, fds
du prêtre Daniel, (ils du prêtre Klia d'Alqôs.
CoD. 143. — ^^.axsojfA «.^ajaxio-vak-A rdraVv^
ni— »\rvif.-A « Chronologie de Siméon de Sacjlaband. »
Cet ouvrage est un calendrier et une explication
des différentes ères, par demandes et réponses.
Volume composé de 10 cahiers de 10 feuillets, mesurant
a 5 centimètres sur 17. — Sans date. L'éciiture est antérieure
au xvr siècle.
Cod. 144. — r^^ocA-=\ r^!r3V^ « iVIorceaux
choisis. >i Le volume contient : 1" Note sur S<;ikh
'Adi (monastère des Yézidis). — 2° Note sur Sigar:
comment ses habitants, qui étaient nestoriens, em-
brassèrent le yézidisme. — 3° Note sur la religion
des Yézidis, — 5" Note sur les Caliphes. — 4" His-
toire de Sarguis. — 6° Controverse entre un arabe
et un moine. — 7° Note sur les Syriens de Malabar
(publiée par Samuel Djamil). — 8° Lettre du pape
Jules au patriarche Soulaqa. -r— 9° Discussion avec
les protestants. — 10'' Livre de la Chasteté (publié
et traduit par J.-B. Chabot, Rome, 1 896 ; le texte a
été réédité par P. Bedjan en 1901).
Sans date. Ecriture du xrx* siècle.
CoD. 145. — Kl.ûa»-A-\An r^^a^^a. «Paradis
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 77
d'Eden», composé en vers par 'Ebedjésiis , mélrop.
de Nisibe et d'Arménie.
Terminé en 1866 de notre ère, par Augustin, prêtre.
CoD. 146. — Même ouvrage. — Sans date.
GoD. 147. — «:rW2k^on-A v^znitvci. «Livre de
chants », en chaldéen vulgaire.
Le volume contient cinq longs chants ou poésies
sur la Vierge Marie, l'enfer, le royaume des cieux,
la pénitence et les moines, composés par David
Cora, le prêtre Damien d'xAlqôs et Thomas Tektek.
CoD. 148. — f^KjX^^ r^\mv^ "73^ rîlraVvw:^
« Livre du discours accouplé. »
Discours en vers de douze syllabes, composé par
Barhebrœus. 11 traite de la science divine et de la
sagesse. Khamis bar Qardahé a ajouté à chaque
phrase métrique de Barhebraeus une autre phrase
sur le même sujet; d'autres écrivains ont imité
Khamis, entre autres Isô'yahb bar Mqadam (i/|53),
le patriarche Joseph II (1698), Saumo de Pioz
(vers 1730) et Elias Babaka, moine (1882); de
sorte que chaque phrase métrique de Barhebraeus
est précédée de cinq autres phrases pareilles.
Terminé à Telképé en 1897 de notre ère, parPélros.
CoD. 149. — Même ouvrage que le précédent,
sauf les })hrases métriques d'I^'ilias Babaka.
Suit un discours métrique de Joseph II, sur l'exil
78 JUILLET-AOÛT 1906.
Achevé à Telképé", en 1879 ^® notre ère, par'Abdiâô',
prêtre.
T^ ir»y rv\ ^*.— is..-^ rd\=nrd=n
i^Vvo-S^c7j"\^ « Discours sur la connaissancv de la
rhétorique, composé par le prêtre Antoine de Ta-
grit.»
M. R. Duval a donné une analyse de cet ouvrage
qu'il publie actuellement dans le Corpus Srriptnrum
Chrislianorum orientaliiim. Il comprend ciiuj livres,
dont le premier est divisé en sept chapitres.
Achevé en 1896 de notre ère.
CoD. 151. — Volume qui contient deux longs
chants (i^WxHon) sur la pénitence, en chaldéen
vulgaire, composés par Israël, prêtre d'Alqô§, en
1922 des Grecs (161 i ) , et par Mar Jean.
GoD. 152. — v^-xAr^-^ rcf^orclr^>:^ rClraVvj:^
S_=3at^-^ « Livre des Centuries composé par Klia
d'Anbar. »
Volume composé de 4o cahiers de 10 feuillets, mesurant
36 centimètres sur 17. — Sans date. Ecriture du xvf siècle.
GoD. 153. — r^lJL=rv_=rx-co-^ r^raVvri. « Livre des
Médicaments. »
L'ouvrage est divisé en 21 chapitres, qui traitent
théoriquement et pratiquement de toutes les mala-
dies; le dernier chapitre présente des lacunes. L'au-
teur de l'ouvrage est vraisemblablement Honein.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 79
Suivent : i" Notice sur les jours du mois de ta-
niouz (juiliet). — 2° Compte des litres et des mith-
(jals. — 3° Calendrier dos mois lunaires. — k"
Livre du Destin. — 5" Note sur les constellations du
zodiaque. — 6° Note tirée du livre d'Armis sur la
mutabilité des jours et des nuits et sur les songes. —
■7° Livre des remèdes terrestres (r^JLm -n fv> \a.x5û
Ce livre a été copié, en i883 de notre ère, sur un ancien
manuscrit d'Alqôs; les deux premiers chapitres manquent
par suite de la disparition des deux premiers cahiers.
INDEX ALPHABÉTIQUE
DES AUTEURS ET DES OUVRAGES ANONYMES.
[ Les chiffres indiquent les numéros des manuscrits.
Aba 1,22.
'Ahdiso' de 'Elam, 80; 82, 1°.
'Abdisô' (moine), 2^, 5°.
'Abdisô' de Gazarta, 56, 3°; 68;
69; 70; 139, 2°.
'Abdisô' 1,93,3°.
'Abdmsiha, 128.
Ablaliad Baqqala, 96, 2"-, m;
i35.'
Abraham l)ar Lipêh, 83, 2°;
93, 11".
Abraham de Beith Rabban, 22.
Abraham Nëthpraya, 2/», 1°.
Abraham Slokhaya, 93, ià°.
Abraham Zabaya, 10/i.
'Adi (note sur Seikh), i44, i"-
Ahob Qalraya, 20; 21; 22.
Ambroise (s.), 90, 5°.
Antoine de Tagrit, i5o.
Apollonius, 93, 6°.
Apraliat, 22.
Aprem (s.), 22; 78; ici; 116,
/l°,6°, 11"-, 122, 5°.
Aprem de 'Élam, 90, 9°.
Aristote, /ig, 2°; 5o.
Babai bar Nsibnayé, 116, 3°.
Babai le Grand, 37; 116, 2°.
Babai le Persan, 22,
Bar Bahloul , 1 A 1 .
Barhadbsabha 'Arbaya, 02, 7°.
Barhel)riPOs , 3o; /|5; 46; 47;
80
JUILLET-AOÛT 1906.
53, 4"; 7». 6"; m; n8,
3°; i33; iZà; i48^ 1^9.
Basile (s.). 8a, 3'; gS. 4; l'u
9°-
Basile, étéquc jacobitc, i3o.
Belinam (Rahban), 93, 13°;
1 1 3 , 7°.
Bréviaires, Sg; 60; 61; 62; 63;
64; 65; 66; 67; 71; 72; 73;
74; 78.
Brikhisô', disciple de Samii, 7a,
3".
(^ulipbcs (notes sor les) , i44 , 4*>
Cufnla distincla du livre de saint
Pierre, ai , h".
Cmua Causariun. 5i.
CJjanLs (les), 69; 69.
Chronologie (note snr la), i38,
i4.
Commentaires sur les Ecriture»,
3o ; a 1 ; s a ; a 3 ; a 4 ; a 5 ; a 6 ;
27 ; a8; 39; 3o; 3i; 32 ; 33;
34; 35.
Constantin, 90; 3*, 4°.
Controverse entre un aral)e et
un moine, i44 , 6°.
Dadisô' Qalraya , 139.
Damien, prêtre, 55; 147.
Daniel bar Toubanitha, 33.
David Cora, 147.
DéGnitions (traité des) , i38, 2".
Denha (Rabban), ao; ai.
Denlia. patriarche (discours sur
Mar), 7a, 5°.
Dialogues (Livre des), 48.
'Ebedji'sus de Nisilje, 34, 7°;
29; 4i; 5/i; 55; 56, 3"; 68;
69; 91; 9a; 122,3°; 123 ; i38,
1°, 17°; i42, 5°; i45; i/i6.
Ëlia d'Anbar, i38, is"; i53.
Elia de Nisibe, 71, 7*; 90, 14°;
9>-
Elia I, 5a , 6°; yo.
Elia 111 Aboubalim, 57; 7a;
Elias Babakka, i/i8.
Elisée, supérieur du couvent,
108.
Emmanuel, l'interprète, 35.
'Euanisô' (Rabban), i38, 5°;
139; i4o; i42 , 1°.
(îabriel deMossoul, 7^; 86, 1°.
Gabriel Qalraya, 23.
Galienus, philosophe, 107.
Gn'-goirc (Rabban), 20; 21.
Grégoire (s.), 82, 3°; 93, la";
i4a, 9*.
Guiwarguis d'Alqôs, 55.
Giiiwarguis d'Arbèles, 79; 8a,
5 ; 90 , 1 3°.
Guivvarguis VVarda, 87; 88;
89.
Ilalya, prêtre, 85, 10°.
Histoire d'Ahiciar, 100.
Histoire d'Alexandre le Grand,
99-
Histoires de la sainte Vierge,
97^98-
Histoire de Rabban Sarguis,
i44, 5".
Histoires monastiques, 107;
108; 109; 110.
Iluana d'Adiabènc, 38.
Iloncin, iSg; i4o; i/|3, 1°;
i53.
Innocent, pape, 84.
Interprète (T) des Turcs, 39.
NOTICE SUR DES MANUSCRITS SYRIAQUES. 81
Isaac de Ninive, 116, 1°, 5';
Isaac, moine, 36.
Isaac àbednaya, 34; 7^; 86, 6",
r-
Isaî, 38.
Isô'barnoun, moine, 24, 6°.
Isô'barnoun , patriarche , 2 2 ; 90 ,
io«; 93, 9»; i38, 6».
Isô'bokhtdeRewardasir, 24,3°;
52, 5°; 90, 2°; i42, 4°.
Isô'dad de Hdattha, 22; 23;
24.
Isô'dnah de Bassorah, i44 , lo*.
Isô'yahb bar Maikoun, 74; i4o,
2°.
Isô'yahb bar Mqadam, i48;
149.
Israël, prêtre d'Alqos, 55; 56,
3"; 6i; 70; 89; i5i.
Jacques d'Édesse , 22.
Jacques de Saroug, 72, 2°.
Jacques Qtarblaya , i36, 137.
Jean Azraq, gS, 5°; i42, 8°.
Jean (Bar), iSi.
Jean bar Abgarê, 97.
Jean bar Ma'dani, i33.
Jean bar Penkayé , 2 5 ; 116,
10°; 122 , 1*; ia3.
Jean bar Zou'bi, 42 ; 82 , 6°, 7°;
i3i; i32.
Jean de Beith Rabban, 2a.
Jean de Dalyathëh, 1 14>
Jean le stylite, 139, 4".
Jean Parsaya, io4.
Joseph II, 44; 70; 83; 94 ; 94;
118; 119; 130; i48; 149.
Joseph, prêtre de'Ainkawa, 58.
Jules, pape, i44 , 8°.
Khamis, 68; 69; 72, 6*; 74;
85; 86, 2°, 4°, 5'; i48; 149.
Kheder, prêtre de Mossoul , 70.
Lectionnaires , 16; 17; 18; 19
Léon, empereur, 90, 3", 4*.
Liturgies, 53, 2°, 3°, 4*; 54;
55; 56; 58.
Malabar (note sur les Syriens
du), i44, 7».
Mari bar Msihaya, 87; 88; 89.
Mari bar Souleiman, 39.
Michaêl Badoqa, aa; 38; 5a,
1", 3»; i4a, i3».
Moïse (Rabban), 71, 9°.
Mots ambigus (traités sur les),
139, 3°; i42 , 7".
Mots difficiles (explication des),»
i42, 2»; i38, 3», 4°. 7', i3',
16°.
Narsaï, 22; 3i; 3a; 78; 80;
82, i".
Nathniel de Saherzor, 20; 21.
Nicée (explication de la foi de),
i42,3».
Office pour les défunts, 75; 76;
77-
Origène (dispute contre), ao, 1*,
4'.
Paul fe Persan , 5o.
Paulos (Rabban), 122, 2*; i23.
Paradisus Patriun, 126; 127.
Pénitence (ordre et canons de la) ,
81.
Philosophie (discours sur la),
22, a'.
Philoxène de Mabbough, 96,
i'; ii5.
62
JUILLET-AOOT 1900.
Poème sur les docteurs syriens ,
87; 88.
Poème sur tous les saints, 87;
88.
Poème sur les patriarches nesto-
rieiis, 87 ; 88.
Ponctuation (but de la], i38,
i5*.
Possi, 38.
Probus. 49. >'; 5o.
Qyoré, 38.
Récit de ce qui eut lieu après la
confusion des langues, 93,
7*.
Rituels. 53; 54; 55; 56; 57;
58.
Sabokbt Sévère, 5o.
SabrisÀ' bar Paulos, 39.
àalitla de Res'aïna, 73; 7a.
Salomon de Bassorah, 43; 87;
88; 89.
Sapor, prêtre, 66.
Sarguis, archiatre, 49, 3*; 5o.
Sarguis d'Adborbaidjan , 1 06.
Saumo de Pioz. i4; i5; 33;
i48; 149.
Aigar (note sur), i44, a*.
Siméon Asmar, 5.
Siméon bar SabbaV, 6('».
Siméon d«* Rewanlasir, 90, 1*.
Siméon de àaqiaband, laa, 3*;
133; i38, 10°; i43.
Sliba, prêtre de Mansourya, 86,
3*; 88; 89.
Sliba , prêtre de Mossoul , 39.
Songes et leur explication , 1 49.
10*.
Soublialisô' (Rahban), 71, 9'.
Soubbalmaran . moine, 13.
Théodore bar Kôni, 36.
Thwdoro de Mopsueste, 33; 37.
Th(^phile le Persan, 3 3.
Thomas {l'Édesse. 38.
Thomas de Marga, 109; 110.
Thomas Tektek , 147.
Timothée 1, 59, 3°; 60; 90,
6*. 7*. 8'.
Timothée 11, 4o; 8a, 8'.
Versions de l'Ancien Testament,
I ; 9 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 7 ; 8.
Versions du Nouveau Testament ,
9; 10; 11; 13 ; i3; i4 . i5.
Vies des saints. 96; 96; 97;
9S; 101; 103; io3; to4;
io5; 106; 107; 111; 113;
1 13; ia8, 1".
Wanla, prêtre, fil» de La'azar,
66.
Valda (Rabban), 71, 9*.
Yézidis (note sur les), i44, 3°.
Vozadaq (discours sur Mar), 71 ,
4*.
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 83
LE
PAPYRUS MORAL DE LEIDE,
PAR
M. E. REVILLOUT.
(suite ^)
CHAPITRE XV.
COLONNE 1 5 [saite).
il') i^vsâir;-^.
CHAPITRE XV.
COLONNE 1 5 {suite).
(7.) Quinzième chemin^. [Comment doit offir le
riche. )
(i.) [Titre.] Ne point faire acte de gloutonnerie^ et
de voracité , de peur que ton nom * ne soit déshonoré ^.
' Voir le numéro de septembre-octobre igoS, p. 278 à 333. —
' tmat « moyen » est ici pris comme synonyme de tsebat « enseigne-
ment»; voir ce que nous avons dit à propos de v, 19, de xi, 3 , et
de XII , 1 , sur ce mot correspondant à { <2 ^** et a
MCDlx. — (3-5) ' Pour ce mot correspondant à .=—l 'a»^, voir
ce que j'ai dit à propos de iv, 8; cf. aussi v, la , i5; vi, 17; xv,
7, 8, 9, II, la, i3, 17; XVI, 16, 22; XTH, a; xix, 4; xxv, i5.
Le mot I V— « ^ lui sert de doublon, v, la; vn, 16, 18. —
6.
84 JUILLET-AOOT 1906.
(8,11.) liV^iw'^'-^^^^w^'^— J?>
(8, II.) L'inauguration de maison' du glouton'
— il y a une flamme* de feu* pour son maître*
(pour la dévorer).
♦ ^^^\=^rAN inomi. Le groiip*' démotique r^ultant «Fune
ligature de «=» et de /m— « est rendu dan» le bilingue de PamonI,
tantôt par *^^ . tantôt par *^*^ { V ^j. Dan» le biliogne Berger,
//i *îU ^'^ tndnit parra tt tov «fioti erofMtM (voir iMm Berger,
p. 4o). Dans Rosnri (p. s 8 de ma Ckrrstomatku) et dus Caropi
[ibid.. H7 et 171). 1^ J^ raïu. J %. rnnj ti J*fi
ranu constituent les adjectif* • nommée, nomm^. nommât se
rapportant à un substantif précédent R en eat ainsi souvent dans
les textes , et particulièrement dans les contrab et lea lettres ( Corpu .
t. II, pi. i, I. 17 et so; pi. m. 17, sS, t4: ldnii9, cuti. s).
Avec le sens nominal, rf. dans notre poème, xvi, 7; xm, 9,5,
et passim. — ^ Pour ce mot, répondant à u^i^ou> et à * ■*>
V^, voir ce que nons avons dit à propos de T, 18, de u. • el de
X, i3 (ix, 3; XT, 4; \xvii, 17, on a la forme )^enJi*f ; v, 18; x, i3;
XIII, 30; XV, d; XXV, 19, on a la forme dérivée j(rnitU).
' Voir ce que j'ai dit à propos de x , s sur re mot correspondant au
copte XXCMe . — • Comme en hîéroj»lyphe«, c'est le m^me mot qui
traduit la i gloutonnerie » et le f^outon». — • Orlbopraplie cu-
rieuse de n \k \ , auqud Lévi a consacré nn bon article. —
* à jk "^-i^ \ = XOM ; voir ce que j*ai dit de ce mot i propos
de xin, 16; cf. xx, 18. — » MnecNHB = "^1^^^; »oir ce que
j'ai dit à propos de xv, 5.
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 85
(9, m.) iMi-ii^^w-lXîâz:-
(9, III.) Le vol^ du glouton — qu'il l'amène'^ à
la punition ^ du jugement * ;
(10, IV.) Dieu donne des approvisionnements^ à
l'homme sage ^ pour ^ mettre au large * (les hommes).
' L'auteur traite de « voi » l'action du glouton de ne songer qu'à
soi , tandis que le devoir de l'homme sage est de n'user des appro-
visionnements que pour mettre à l'aise les autres (voir le verset
suivant). Pour xttti [ (l = i ^\\ -^ ^ «voler» répondant
à Xioye, à 3^ Ijk V-J , voir notre document (xxvii, 2 ). Voir
aussi : 1° Pamont (p. 60-61), qui traduit "^ -^ iW ^' — ' u^
--/^j<L^,y± oe ...::* ..a .f
9066 citée dans Pamont, p. 61, note, ainsi que la tessère 12621
du British Muséum; 3° la 11" maxime du 2' papyrus moral de
Paçis [Quelques textes traduits à ines cours, p. lxxvi). — ^ Voir
ce que j'ai dit à propos de vi, 1, et de xi, 31, sur aS5I\ rempla-
çant en démotique ^ = eiNe, et parfois NX; voir aussi, pour
les transcriptions bilingues, les exemples, ainsi que l'équivalence
S 2)' '^* note à propos de xii, 4. — * Cf. la note relative à xiv,
5. — * Voir ma note sur xiv, 1 2. — (5-8) » Voir la note sur iv, 8,
pour ce mot répondant à ' — '; et. v, i5; vi, 10; vu, 17; viii, 8;
XV, 10, 11, 22; xvr, 12; xvii, 2; XIX, 3; xxiT 20; XXXI, 10;
aô JUILLET-AOÛT 190A.
(il, V.) v^^^— >^)«rr;jfc-='-^
(il, V.) Beaucoup* d'approvisionnemenU (élar-
gissent (seulement) les approvbionnements du glou-
ton.
xxxn, i5. — • Voir U note lor «, lo. — » eTI6. — • OV«C-
e(i>N \P^^: voir les eiemplM à x, i6: cf. A«*. 4y.. II. n,
pi. 6i; XI, p. 178.
AC^xi, voir Anf. ig.. nr. 83, 8ti, aoU ift t, 19S; Kmiii, vi, iS;
VII, i5; xn, i4. *7{ ». 9( «te; Poème, vert 74. ti, fw iSi.
956 et Miiv., etc. Pour ^Acf ^M^^'* v<"f aotn Jociiwl. m.
6, i5; xn, 5; xxn, ao. Pour p^. 0 «3 na<V«, xxt. 7; xxix, 7.
L'adjectif A^Jr/t m trouve xxun, 9. (Dan* le Koufi. XK, «7.
on a aussi ri \ ^a!1j [ ^ eN A<va>c et le superlatif /Çy nJ^^uu
ait or xn, s4). Le mot eYAm-*^! /!/ ^"5^^-— /// ^ -
est traduit par OOAAÂ dans les deox vernoaa du décret de
Canope dont l'une porte ^5lJ UiZ' • •• ^O^î^.
^5/|^( (eY^<9>«) Le gn^ porte : EinEIAH. . . ^BOI
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 87
(12, VI.) Le glouton place ^ le chagrin^ et^ la
guerre* dans sa maison^.
ETEPrETAI AIATEAOTSIN HOAAA KAI MEFAAA ETEPPE-
TOTNTES TA KATA XÛPAN lEPA. Les hier, ont ^-^ -^-f- ^
I ^^ I, etc. De même, plus loin, aii est traduit par MErAAH :
^n^y^mm!^^ ii:) v/'U "^^ METAAHS AA-
HANHS KAI XOPHriAS i^^ "'^ ® -^_ O'jls
— ■— I I I A III I I I I ^ -^ 1
. Ailleurs la traduction est -^K et HOAAA -. / Tt ,,
III -^ (l
v<^ ^ nPOnOAEMÛN THEP ATTHS HPOS HOAAA
EONH. Les hier, ont +'^(^,"*^- Ailleurs: ( 3 ^ / ^'
/.. '^^ f 5//( =nOAAA MEN HPONOneENTES ^~^
^ ^ ^ 3l ^ * ^•^^^"'"^ P*^ ^^^ OAIPAI et ^ « X "^
^X (u/<r-^ *^" ^^^ CV^/^"3 = OTK OAirAi:
TON HPOSOAON | "* ^^-' ^' ^^-'. Dans Rosette, Chrest.,
I <=» I I I X I i I
182, les hier, ont ^"1 pour correspondant; Rhind, n" 5i, tra-
duit jlCuf p*"* ■**^-
(1-5) . Pour 5^ =^ ^^ = ^ T^-;7' = XCO.
voir IV,
88 JUILLET-AOÛT 1906.
9; u, 6; X. 10; w, i3;xnr. 9. »5, a«, «3; iv, i, A. i«; ifm,
17; XX, i3; xxni. »4; xxu. 3; xxxi. 16; xxxii. 19. ao. si;
xixin, ao; xxxit. 7, 9, 16, ai; cf. poème, vert 75, L« màM
mot a la forme ^--K dan* le Koufi (xn. 8; ITIU. 19. ai.
a5, etc.) et clans Setmé: fr-j) ''■"• l'^'lihasl (H tk. aS. t6,
Q la , etc.). Cette dernière forme vicnl «le ^^^ = * J^ y^
ou \ \^^ (<^f- ^ = ^ ^)- ^" Ro««"« [CkrttL. p. 43,
h-j, 48), on a £J^ traduit |Mir UAPATieËNAI. BOlHBlNAl
et par ^ {ibi<L. 191), tandis que — | "^ «âa- p 1"^. au-
quel je l'avais d'abord, comme Bmgsch, asatmilé, eat traduit par
irfy\ ^ («" i!«f'!îr') = "***'** (CAmt.. 1 86). «l par
STHSAl [ibid.. ào). Le même mot 7 Ol / / '^ "* *****"••
\fhxà,. p. 57 et aoo) avec la traduction XTiiZAJ et ^^ 8 "^ (ef.
Cor/>a< . t II , pi. 4. 1. 1 7) ; Setna . p. 1 55 : le Corpaj . t. Il . pi. I V, 1. 1 S.
3 1, etc., ont la forme graphique de Roaeite pour x'* Notons que,
Undis que A l^f "^"'''■'^'O ( cf. Koufi . irni , «7 ) remplaçait P|
'T'dans le sena d't éublir. etc. s, rancien 0 8 '^n*<Uit plus oouervA
en démotique qoe dans Tacception de COSe tvmftn • reprendre
ou faire des reproches», re qui s« rattachait au tena moral de fl
T ^yT* *'^^<^'' <^°' <!"' "^ tombé». (>n ajoute alors, dans notre
document, aux anciens déterminalifs. celui du Kvre et de riionime
portant la main à la bouche : ni ^' ~ 2) °" */ -^ Al / '
voir ce que j'ai dit à propoa de m, 1; cf. a, 4; xi« 71 nT(i ,iO.
— * ^WlT] V-. voir ma note lur un, 8. — * Ponr ij\\ I
V -'a^, soit dans le sens de la ropolative tavecs, toit dana le sent
de I V ^ahm j\ = xy c apporter», cf. ce que j'ai dit, pour cette
dernière forme , à propoa de x , 6 , et lire la longue note que j'ai
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 89
consacrée à ce sujet dans le dernier numéro de ma Revue égypto-
loçfique, t. XI, n° 4, p- 192 à 198, avec tous les bilingues de sens
et de son , qui ne peuvent laisser l'ombre d'un doute à ce sujet. —
* Ce mot, qui correspond à MXxJ) = MXX2, est écrit par méta-
thèse dans notre document /o/^ V' T ^~ iK 1 -^^* ^""^ A °"
y/çA, V' S 3 = V 1 -** ^^ ^' ^°' ^' ^^' * ^' '""^' ^' ^^^^'
i4 , comme^ / // yL 3 — V 1 -** I ^ ^ ^ *^*"* Rosettb
[Chrest., p. 21). Dans Canope (CArcit. , i3i) et dans la Chronicfue
dêmotique (citée poème, p. 160), C (^"^j/ '\ ~ ik -** 1 ^"*^
^ e/ m/ax est traduit par Canope nPOnOAEMflSN. Cf. Sctna,
p. 22, i52, i53 et i55 de mon édition; Pelibast, H 7, 10, 23;
Q 17; S 3i; V 25; W i3, 3o. — » Pour ^/ ^=^ir:i =
Hi I maison», cf. iv, 23; vu, 20; vin. 8; xv, i3, i5, 19; xvi, i5;
XXI, i5; XXVI, 6; XXVII, 23; xxvin, 18; xxxi, 6 : ^ = > • '-•*
lecture Hl (comme en copte) est certifiée par les papyrus et les ta-
blettes bilingues signalés par moi dès le commencement de ma
fierue ég. Ex. : /^/£_yj U ^ / ^ /AJ^TMZTeym
(Pap. Londres, i" col.) ; Çy^ / £- ^ C 7 '^ ( ( U
= nxzxMH. (.m Jy^^^^//[j£c/
= niNncuop bil. Berlin); y^ / /VA / 7^ /. = neiOYC;
y%ly =Hi, bil. Rev., vi, 60). Nous avons aussi la traduction
OIKIA, Chrest.. 89; Rev.. II, n, 18; Nouv. Chrest.. 89; Wessely,
Die Wiener, n* 5; Nouv. Chrest. 89, 69, 78; poème, p. i58,
1G4, 166, 169, 171, 2i3, 21? 237, 246; Koufi,xi, 4; etc., etc.
90 JUILLET-AOÛT 1900.
('3, VU.) c::w^xT-**a^n"^
(i3, VII.) Le glouton empêche' la honte* et li
pitié ^ (le prendre puissance* sur son cœur.
' ^n^ y =-a«Qa ou jm^a — riKe - "^ '^
(cf. xiiv, 3, 19; luii. II, 11; XXIV, 6) M retrouve avec la inéin«
orthographe dan» 5>etna, p. 99; dans le Koafi (Itev. ^.. II. n,
pi. a4). dans Moschiun {\h\A., pi. 65 et 70) et dan* Pamont,
XTm, 30, 49, et pasaim, il est écrit y ^— ^^■■JM^*^ A on
yty^y='^ A. I>aai Pamont : ^ ^ V € Si "^ ) •
V/// ^^ ^^L> -^«je n'ai pas ^rté l'Iierbe de la
bouche dea animaui». — * mine ^^ ^|l ^^, 9 V- ^.
IX, 7, a3; XHi, 4; XV. i3; xxv, i8. ' . 2-^5 ^ NX
mitericordia (cf. ^_^_,-<»^) e»t • dialinguer de ^. ^-^ ^ «= mx
ire (hier. a), qui a'i^t de méma «t dont iiot» avons parié
dans une note à propos de \i . j i. A NA misericorMa, il faat at-
tribuer xvi, la; XVIII. 10. 16; xwu, a; xxfi, i5; xxTm, 7ixsix,
i4, 18; XXX, i3; wxi, 16; XXXV. 1, et non à NX ire. comme la
note précédemment citée le porte fautivement. Dans le Corfmi.
t. Il, pi. m, 1. 6, ^li l'yj irt %t retrouve. — ♦ XilTor;
voir ma note sur xi, a 3.
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 91
i'à. v.„.) Ci^-liXT^- Mmin
(i4, VIII.) Le glouton fait être aussi ^ la ruine ^
dans sa parenté^.
* Que y ait la valeur K6 , tant ici que dans le Koufi , xii , 1 8 ;
xvni, 3o, cela n'est pas douteux. Mais comment l'expliquer ? Faut
il songer au syllabique ^et, dont j'ai parlé plus haut à propos de
vn, 9 et qui se fait de même en démotique? En copte, XGT
sert de doublon à Ke dans quelques-unes de ses acceptions; voir
Peyron, — ^ ^tJ / lil /^ *® rapporte à la même racine que
/l^ ^^\^\^ ^* /(Hy9 î"^' '^5 ''^"' ^' '''''•
a3; XX, 13; xxni, 20; xxx, 5, lo; xxxii, 13; xxxiv, 22; xxxv,
3); voir aussi xviii, 17, 19; vin, 2. Dans Pamont, m ff^
VIII, 5; XV, i4; XVI, 8, 18; xxv, 16; xxvi, i4, i5; xxviii,
16; xxxrv, 7. Cf. Setna, p. 3 de mon édition. Terermen, Rev.,
V, i-ii , pi. 1 et pi, 1 9 ; Quelques textes traduits à mon cours .
xxvii; Petibast, H 10, 3a; R 3, 4; S 32. Dans Rhind, n* i43 ,
^ W ^ />/) j '^ en M^' '"^™® dans le sens du avy-
yepvs BaaiXtxoi.
92 JUrLLET-AOOT 1906.
(i5, IX.) ji-xr^w^^-â^
[ 1 5 , IX.) Le glouton n'aime * pas à donner, même
à celui qui lui donne.
< -^^iv ^"^ MorG. Me s'^rit ^^ «Un» notre papyrus
(il, 4; III, 9; T, 30; vu, II. Si; viit, 9, S, i4; is. 10. i3{ uv.
ti; xy, i5, 30; XTI. 8, i5; tvii, 8. la; ivill. iS. si; tii,' l8t
XX, 3; MT, 18. aS; xiTi, 5, 10; uriii. II. 17. 18; Hiï. 17,
i8; XXX, 3. 8, 9. Le déri»* de MCriT tfrrit < (fi ^ ^'
XXX, 8; IV. ao). Pwtout «illeura a^ j^ «'écrit | O^ (|mmmii«'.
i3i, 164, 3 3i}.Dan«Painont.ontrouvc ( //i J y^ ^^* MGr»'i*
pour t son père bien aimé». DantCaiioPB(6'Aml., iar>)^lAAAKA^Il
est rendu par '^ T ^ ^. Ailleor» (i63), ^/ / O L/'"^
23l^ ÏTEPEAÏ. Ailleurt (p. i73). < Y CP ( ^
1^%^ = BOTAOMENAIZ ZTlfTBAEUf. Dan« Pamont.
i55, i58, 169, etc., de mon Àlttion. Dans Rowtte, Ckrett.. 37,
J^L'Lîj l\/cy "> ^ ^^^ ^^ NEIAOT AKABAIIN =
TMHpe =^/~~^. Notons que ce signe mer de notre document
ressemble beaucoup au signe vu du KouG qui se Tait dans le mot
ii^ \ ^ = OY"> ^^T^—p'^ '^*"»^' *'• '^^ "»• *'
liev. é^., iv, 77 et 8a.
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 93
(16, X.) Ji-«^w|b^<=^^^^]^©i^(2A
(17, XI.) Ji^S£ib2)P^'M.!.^"*
( 1 6 , X. ) Le glouton ne pense pas au lendemain ^
pour faire vivre ceux qui restent^.
(17, XI.) Il ne reçoit^ pas de rassasiement* dans
les produits comestibles ^ à cause de sa folie ®.
1 PACTG; cf. VII, 6; XV, i5; XVII, 6; XIX, 4; xxi, 3; XXXIII,
3 1 etSetnoé. Lepremiertléterminatifde >^ îZ—^/w ? se rap-
porte au sens de ^— /(/ j_ que l'on trouve dans le bilingue Rhind
(n° 200) avec l'équivalence il ^^ (poeic); cf. Poème, vers
58 et p. 148-1/I9. Dans notre document (xxxi, 10; xxxii, 11, i3),
le mot poeiC « veillci s'écrit, sans le t. avec les deux mêmes déter-
minatifs que pour PXCTG. Parfois le — - est lié au — <►— . —
' ceene JJq. — => cyœn Iilfl ■ , voir xiii, 4. — * 0 V
j^ cei, VII, 7, 8, i5; XV, 16; XVI, 3; xxvii, 10; xxviii, 1;
x\ix, 18; xxxiii. II, 12; xxxiv, 20; cf. Koufi, XI, i5; Tlev., iv,
77; Koufi, XII, 3; Rev., iv, 82 ; Koufi, xviii, i/i, 20; Poème,
vers 2 3, p. i53-i5'i, 220, Moschion, Rev., II, 11, pi. 66; cf. bil.
de Londres , Rev. , II , 11 , pi. 66. — ^ ^ 41 , voir ma note à propos
de XI, 3 1. — * coe, voir ma note à propos de x, 5.
94 JtILLET-AOOT l»0«.
(,8,xii.) *i«:<£.c::»iij«^x<«^T
(.9. xmo^^xî-'M^-n^xiJ
(18, XII.) L'argent' que possède le glouton, son
abus' ne prend pas fin'.
(19, xiii.) L'aident et la puissance* qu'a établies*
> f^ ' SAT. Lemot (V^MtaMhBÎIéàAPrTPIOireièa^
par Roum, Cknst., iS. 3i, 35. iSt). Cf. PoèaM, iSt.
191; Corpus, t. II, pi. 1, 1. i>; voir aaMi le «an MmuiL — '
"^^ . G: mot a dans notre «loauBcnt 1« tant <!« • mal . àêthommenr,
excèa, abusi : tu. la; Tni. is; XV, 18; ITI. 10; u», 1 et ti;
XX, i5; XXI, 1; xxiT. 5, 6; xxt. 5. 8; xxx, ao; xxxi, 9; xxinr.
a3. — * MONK. MOYNK "' ^ * . •* ^ "Y, ** ^
^ . Le mot t'écnt anan y 'jT **) " ■"■ '3Î* ^i ' ^'*' '
p. 1S8 et siS de mon édition; Rocrtb. CkrttL, 36 et i85; tmf-
menk est traduit par IAPTZATQl Ea bi^.. la traduction est '-— '
3)f-.D.„.c«o„.Y^ T^Xj/z' 72 •'*'*"
acromplissant parole* est traduit par BOTAETTON ISPCiMl
(CkresL, 176). Dans la Chronique d^motûju* [Rev.. 1R86. t. V.
pi. I, i^col.,!. 5) pmenA est pmplojé pour T* accomplissement •
des destinées. — • ^JV-i, ^J-fc, *f^*J •paJs««iicet,ert
transcrit en démo tique dans kw, 18, aosai bien que dans xxxi, a».
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 95
UI®1
Dieu sur la terre ^ sont pour l'impie ^ une préoccu-
pation^ continuelle^.
' 21 nieo . Le mot //) ^7 est transcrit TO dans le
/
pap. bil. de Londres : { H-^H /Il ^-y /( /^ "7
= .A,OTeK>.KICTH (vil, 25); ^//\ *î = TOOY (iX. 5);
7^=KOMTO (vu, 6); (/(? p<^ =XTONe (x, k)\
f .M- ,j_ ^
• //A ? 2^y = oyxNxx [i" coL); I 0 l^^if =
niXT iii< Y (viMi 8), Les planchettes bilingnes en font autant.
Dans notre document, voir xv, 19; xviii, i5-, xx, ï6, 18; xxxi,
23; xxxii, 6, 10, i8-, cf. Koufi, xi, 32 ; Rev.. iv, 79; Poème, 147,
i64, i88,etc. — » n JI'^^CBOYi. Le mot /A ^f^^ 0
est traduit par ASEBEI2, Rosette, Ckrest.. 24, 28. On le re-
trouve ibid.j p. 24 et 29. On a aussi l'abstrait «impiété»,
ihld., p. 29; cf. Rev., I, iv, pi. 16, deuxième mémoire sur les
Blemmyes, pi. 11. Dans notre document on le retrouve avec l'ortho-
graphe ^7 2 ^(" ^-^ 7 ' ^^' 9' ^^'* ^' ^' ■^*' '^' *^"' ^'
i5; XIV, i4; XV, 1, 18; XVII, 17; xvin, 5; xix, 10, i3; xx, 3;
XXI, 11; XXIII, 24; xxviii, 5, 9, 10; xxix, 10, 18; xxx, 9, 23;
XXXI, 3, 7, 18; XXXII, i4; xxxiv, 11; xxxv, 12. Le mot voisin
90 JUILLET-AOÛT 1906.
(20. XIV.) ^tâT^P—X!»' '
3i!!TÂ-^-**a ''TI'IJ"->»"y•■T"~
(ao, XIV.) Qu'il donne c«la à son bien aimé* (à
son héritier?), pour ^rtpr* la pr«^omipation de
son cœur.
(ai, XV.) Celui qui est au large*, c'e.st pour fairo
la nourriture* (des autres) avec ce que la destinée^
lui a donné.
sba CRO) • enseignement • . qui, k TancMnae époque, •'écrivait de
même, sauf les déterminatifi, «'^rit / H^ yj« f l *'•'*• »»olre
(Incuinent; voir nolrtî noie k pro|)<)* He xiii, 1 et y meUre, après
qui est ie résultat d'une distraction. — * fOOy»), voir ma note
sur s, 19. — * /û ^ ^.
» neMMCfiT, voir ma notesur IV. i5. — • r>Ke.voirxv, iS.
-» OYecoa>N^p*~*; voir x. 16.— (♦-») ♦ tre^è^rG ^
a». Dans CARom. le V/i^ t*?/^ *"* traduit ^ •» et
TPO<ï>H (Groff.. 47). Le ritu.l bilingue de Pamont. p. 54. 55.
rend ^ ^^ ^/^ V*r ^ <xm . Ce mot y e»t fréquent; cf. Setna .
p. i43. Notre document porte toujours ^7 A 1^. n. 1;
▼, SO; VI, 7, g. n; yn, 6. 7; XIV, 8; XV, ÏI, Jl; XVI, I. ». 10,
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 97
1 3 , 1 i , 1 5 ; XVII , 1 3 , 1 5 ; XIX , '4 , 2 1 ; xxiv, 1 8 ; xxvii , 7 ; \xx , 1 ;
XXXII, d, 11, 16, 19; xwiii, 1. — =* /^///J3 ^ tantôt les
sens (le HJl! V 11*^ ou J^ V M ^ « destinée » , et tanlùl les
sens (le IlM ^ i| ' LllI ^ <2 -^"^ *^^Y «utilité, etc.». Dans
ie premier de ces sens, voir 11, 20; m, 28; iv, 12; v, 1, 4, 11;
vii, 18, 19, 20; X, 17; XI, 21; Mil, 7; \iv, 2; \v, 6, 2i; xvii,
3; xviii, 6; XIX, 5, 22; x\i, A , 6, 2 i; xxii, G; xxv, 12; xxvii,
21; XXIX, 11; XXX, i5, 16; xxxiii, 3, 4, 6; xxxiv, 1. Dans le
second sons, voir m, 2^; iv, 7; vu, lA; i\, i3; etc. Le sai a été
traduit aussi par AyaOoêatficûv Aiyvitlov dans TiTiT I I \ns\A. ^^
/!\, n" 73 de Lepsiu*, lîr. 1224. ^ TtTtT I I >nnn a été rendu
par lie Seigneur très haut» (Bergmann), en le rapprochant du
copte cycDl (voir deuxième mémoire sur les Blemmyes, p. 22); cl".
^J ( A) lJl'3 7 "'^ Soigneur très haut», titre donné à
Thot {Rcv.. V, i-ii, pi. ifi). Rhind, n" 396, traduit fjTni'^y,
( son Altesse » par f | '^- — « sa Majesté» ou par ïf J * pris dans
le même sens (n" Sgi). Dans Pamont, Ay /l ^ ^ f^f^KJ
est pris aussi dans le sens de «ta Majesté» dans la phrase
/// « Am(';ne ta Majesté avec loi ( ô Osiris ) , rends pacifique Ion bon
nom de Majesté pacifique. Tu te ronds bon envers moi selon Ion bon
nom.» Ce qui est certain, c'est que, soit en qualité de «très haut»,
soit en ([ualitéde «fatum » , le Àdiest la divinité suprême de certaines
sectes gnostiques de basse époque Le nom pscnnuii ou psennouteru
VIII. 7
gS JUILLET-AOÛT 1906.
(22, XVI.) \^^ja-*r--x\^]'^\
COLONNE 16.
(i,xvn.) fe->-a-*-**i >;H«*wnjî>
{1^, XVI.) Quand le» upprovisioiHi(>m<>iiU arri-
vent', cosl pour ((ui fait des nourritures [sic] (pour
les autres) de cela ;
COI.ONNK 16.
(1, xvu.) C'est pour faire de» gacriPices^ de» li-
hutions'* abondantes en ce qui conct^rne les nourri-
tures ;
ou tsenouti m? commut- aviT /^ 1,, "X •. ^^^ *^ 7 Ccrcn-
txic pi. bii. ,7); ^[i^m^ f^in 3^^2 =*^*^**^'^'
CXITOC (pi. bii. i5). Dans le Koafi. le im. \r iraluint. a tou-
jours ce rôle de diunité luiWme qui. par dca raÏMin» retigieoM».
a complèteDient disparu en copie; cf. 1, i; v, 3o; \fiii, ao; xil,
4 et pastim. Il en est de même dans le papyrus magique de
Londres et de I^eidc , 11 , 5 , 3 1 . aS ; lu , 3 ; v, 9; ix . 1 > . \ s . y el
passim.
' Voir sur cet idëogratnme ma note à propos de xi. n. Aui
exemples qui y sont cités sur sa valenr NX . je joindrai ceax-ci aar
la valeur Gi:x\vi, s»; xxTUi, i4; xxx, S; clc., déjà signalée par
moi. — ('i-3) ' ©XIX. Ce mot domotique est traduit daus Kouttk
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 99
(2, XVIII.) ^,-«>-_^^,^pîJ^wM^^<2A--
(2, xvni.) C'est pour faire des funérailles^ très
grandes 2 à cause de la distribution d'aliments qui
s'y fait;
{Chrest., i5i et igS) par ^ "^ il et par ©T21A. On le trouve
aassi dans Pamont, p. 22 de mon édition; dans Selna, p. 87 de
mon édition; cf. pap. 8 de Boiilaq; Poème, i58, 171, 218. Dans
le décret de Canope [Chrcst., i5i) p/X'*^" est traduit par
6TSIA et par ^ 4 , qui lui répond exactement. — ^ oyuiTH
\ ^S . Dans Rosette ( C/trcit. , 5 1 , iqS), )/ Il 7 ^^
correspond à SUONAAS et à 0 Q .^_i^^ . Dans Canope [Chrest.,
..a5), 7^
i5i; GrefF. , aS), ^ ^/ 2^'~ ^ '^ même traduction grecque;
cf. Koufi, XII, 32; jRft>., IV, 88, note 5.
1 KCDB .Jk/i\.i . ' Ce mot se trouve deux lois dans noire
document, xvi, 2 et xviii, 12; noukesas est traduit par TAS
TA<t>AS et par <=.[J-t]$^^ -^ dans Rosette {Chrest.. 34 et
181). La même traduction TAOH se retrouve pour le papyrus ma-
gique bilingue de Leide, viii, 26 et 29; cf. pap. gn. de Londres,
m, 35; IX, 23; Koufi, iv, 3i; Poème, p. i56; Bcv., II, 11, pi. 3;
Sctna, 80, 9/1; Pamont, passim; lettres de Nektmonl, fils dePani,
etc. — * l/lU C"^ [WKX] se retrouve xvi; 1, 2; xviii, i(i;
XXX, Il et passim. On a aussi la forme Ly-y ('^xx, 19). Le mot
ai ainsi c«-rit est traduit par et par dans le pap. Rhind
100 JUILLET-AOCT 1006.
(3, XIX.) En soric que le cœur' de Dieu soil sa-
lisfiiit-, alors que le pauvre' est rassasia* devant lui.
(11*37); par ^^ et p;.r ri tUn» \f »cn» nommai jur i'aiiioiil
(/KUiim). Cr. KiisBirt [Ckrnt., p. lu ri par 17 j. c|ui Iv. traduit
par MErAAU; c(. Setna. 199; Koufi. lit, 9. Hc
' Pour ce mot ( L ^ ij - — ' \\ ♦— »MT; toir il. 3,6. 9,
m; u, 10; IV, I, i8; V, 3, 7.8; vi,H; vm, 3.i3.iS;u.3,8.i«.
i5, 90; ui, 3, 10; XII, I, 8, il , 15,16.17. 18, 19, to. Il, is;
xiii, 9; xiT, 6; w, à; etc. Pamont Ir traduit mii* ro»«e |i«r ^ I ;
KosKTTs [Ckrest,. i$5) aiu»i; le bilingue Rltind (n* 399) pu
'9'l,|)ar -i^'f'H, et par I ^. L» bilingue constitut* |»ar la
conjuration du icarnhéc { Hrr. . i, 179. et pap. grec de UMidrea,
'171 «*t sni\.) le traduit |tar «ap^a; voir KouPi . \i. -> 1 ; Hir.. iv.
79; Poème, \erf 8, *j, 97, 5i, 65, 77, p. i i
919, 99 1, etc. Dans le groupe démotique, c'est ^^ qui joue le
rùle <lc s)Ilubiquc. avec la «aleur ^ (voir la noti> Miitanle) et la
itclurc huli ztiv de ~-^ \\ f-^. » Cl ^ icfl . !>• sigiM* ^^
= ^;cf. wi, li. Pamont, passim, lui donne la traduction ~*!J2,
Ije groupe démoliquc est toujours transcrit Qf* dan» le» bilingue,
qui rendent (J^/^ par ep$nt. etc. Le Koufi a la variante
l'^/yô ""*«f'' Y». 7; VIII. 39; X, 5 et 6; \l. ifi;
Mil, /♦; Rev., IV. 77. Brugsch. I^icl., yo5. a voulu voir là une
cruche à anses. — ' Q ^^ J "V- <^""«^; ^°" "»« "«^ d.i|aiHëe
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 101
(4, XX.) Kst-ce que^ ces biens ^ ne sont pas à toi
pour en faire la part^ de Dieu, la part des pauvres?
à propos de xi, 20. — * cei H 1^ ^\ (vil, 7, 8; xv, 16; xvi 3,
XWII, 10; XWIII, 1-, XXIX, 18; XXXIII, 11, 52; XXXIV, 2o). Cf.
Koufi, XI, i5; XII, 3; Bev.. iv, 77 et 82; Koiifi, xviii, i4 et 20;
Poème, vers 22, p. i53, i54, 220; Moscinon Rei., 11, 11, pi. 66;
cf. ibid., pi. 62.
(1-3) 1 A____ (= \ = A.N) est transcrit XN dans Leide, x, 25.
J'ai prouvr par les formules des papyrus archaïques que ^^
est une ligature ^ de 1 . Ce syllabique (ou ce caractère
double) a le double sens de l'interrogation \ \u «est-ce que?»
et de la post-négativé 1 AN . On peut voir ce que j'en ai dit
dans le Poème, p. 35 et suiv., 101, i3o, 168 (cf. vers 1", 3i,
34, 48, 71 ,84); Corpus, t. II, pi. i, 1. 9; pi. 7, 1. i3; notre docu-
ment est le seul avec Setmé qui ait distingué dans l'écriture /.^xA
anna «est-ce que? (iv, 21; xvi, 4,5, 6; wii, 12, i-l; xix, 7) de
^^ A.N «point», post-négation en paraUélisme avec la néga-
tion initiale 2_ = -1 (la comparaison des formules des contrats
arcltaïques et classiques a prouvé que A s'écrivait d'abord L^_
= J ), négation initiale qui, également en parallélisme avec
la post-négation \H , est devenue N en copte. Pour la post-négation
^ = XN , voir VII, 10, 16, 17 ; viii, i5, 16, 1 7 ; ix, 18;
x , I 2 ; XI , 1 8 ; XIII , 3 ; xv, 3 , 4 , 1 3 ; Wli , 1 ; XIX , 3 , 4 , 8 ; x\I ,
5; xxii, 4; xxm, 17; xwii, 19; xvix, 8; xxx, i3; xxxii, 12;
102 JUILLET-AOOT I90fl.
(5, XX,.) i,iriri,:,*^iisii::<«nm
— XM->vMol«ik^:i:c1^-'^-
(5, XXI.) Est-ro que des biens nombreux ne sont
pas ù toi |X>ur subvenir aux dépenses ' de ton coni«
patriote'-^ sans jamais le violenter'?
XKMii. I. a. — * Le mut C^XvA ••* tnuMcnt nkh cIsm le
pap. bii. deLeide, xui. 3 (cf. PofnM. vers 55. 58. p. sS3). Lu
même pap. bil. de Leidc (lonnc 1m variante» o4 f i 3 7 7 *7^
(v, 7) et t2 ^^^^^2) ^"* '^^ '' *** ^^'"^ rrrUin qu'il
correspond à nkx et à "^l- I^n* RoftBTTB (Ckrgtt.. 91).
^/Jjy \^<<C> «^ InMluil par MKMEIM Km TON UIÛM
KTH2E11N (rr. a,rt$t., 19). Voir QmeUfUft Uxtta Umimiu mm»»
cours, p. XKT, xu\ et notre document, i. 7; Ut, i3, i4( Wi. 4.
5, lO, SI, 11; Xfll, 10; &YIII, l; MXX, 8. *i, — * TO » l^n
iV», 4\« a; voir ma note sur »iii, 5.
(1-3) ^ Cf. xwi, 18. Le root en question se retrouve écrit de méone
dansCANOPK : / ^/| ^/^ / ^^ C/A/^^ /^-^
///^ META MKI AAHl AAIIAMIl kAI XOPIiriAl {ar«<..
i3o). Dans Uoskttk {Chrest., ss;. ^O — //l^^C//yOf
È//>\ = AAnANAl MEFAAAl AITTHkAl TK KAIÏITI-
KA2; RoscTTE (CkreMt. . 11), /// t^ ^ O C^/O/
TEeEIKEN APrrPIKAS TE KAI ilTIkAÏ Elï TA IBPA
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. lO.i
(6, XXII.) J^'^lJ^^l^o-yv-Jj^^^
(6, xxH.) Est-ce que ta puissance^ n'existe pas,
pour que tu appelles^ celui qui est éloigné^ (ou qui
1^) 2^ Y TnOMEMENHKEN lAHANAV HOAAAS
ENEKA TOT AFAEEIN EI2 ET AI A 2 TIIN AIFTnTON. Dans
les contrats de prêts de blé [yow Chrcsl. , ii5, etc.), quand il
s'agit du payement à faire à la maison du prêteur, on ajoute : « sans »
\
«aucune dé-
pense, aucun frais au monde» (en grec EN lAIOID ANHAO-
MASI). Dans Rosette [Chrtst., ii), les mots lyi/ , Vf/)
AAIIANAi; nOAAAS.sont traduits dans la nouvelle version hier, de
Rosette I^ H "i— idons nombreux». En copte, 2HY
veut dire tlucrumv, au lieu de «dépense». 26 s'applique aux pro-
duits de la terre : 2G BCUN, 26 NOY*^6. — - -j-MG «»-QI
Q t bourg»; Koufi , V, 3o et /)a.ïiim; Poème, i53, 220; Terertnen,
1. 7, deuxième mémoire sur les Blemmyes, pi. 3 , 1. 5 , etc. Dans le
papyrus moral, xix, 16, 17; xxv, 16; xxviii, C, 7, 9, 10, 2/1 ;
XXIX, 1, 7; XXXII, 21; xxxtii, i3; xxxiv, 8. Dans notre passage
(\vi, 5), timi est pris dans le même sens que © ^^ ^^^ uut-ti ,
tiré de O «ville». — * | J J 3— ^ 2BOpKP; voir ma note
sur XI, 17. Le renvoi xvi, 5 y avait été oublié.
(1-3) ' fi© V ♦ ^1 I cyXGM; voir mes notes sur iv, 2 et xiv,
i4. — - T = CUCi;. Pour ce verbe, voir Koufi, vit, 23, 3i ;
104 JUILLKTAOOT lOOft.
XII. 'i. 5'r, Voime, vers i6. Sg. 66, 83, p. «o. itio. i65. »o5.
9.9. 731. a43. »U. «47; Corpiu. U II. pi. 3. pi. 5; S.ln«.
p. ,5; Moschion Rev.. II. il. pi. 68, 7»; voir «UMÎ notre do-
cument, XVI. 6. 7, 8; \l\. i3; xwi. 6; xiw. 5. Pour \r mmpo»*
ai ut. voir ma note de x, aa. - - » oyc ]^ ' ''^ • ^'
XXVIII. 1.7. i4, lâ; Poème, vers 8. On • «iissi dan» le dot-uiue«)t
aolud la forme £/// ^\\\^ ("'• •'^* ^^'"- ^'' **"""
?1]. qui est U plu» habituelle dans les texte». D«n« I1-* deu» ver-
«ions de Caîiope {Ckr0$t.. i3i). les deox formes C/| • » ^/lli
s'échangent pour oy*:» m"...(u. .ur ^^^ w?/5/^"
nOAEMÛN ni»Oï i;OA AA E0.NII KAI TOTS K.N ATTOIÏ ATNA-
riVtitti ije ferai éloigner t est traduit AIIOlTIIXa ou TUOITliXIl
par les bilin<;ues [Ckrest.. 79; Bil. Bfrger. \o). Le même factitif
se trouve dan» Ca^opk , p. i 3 '1 : / v- 1 /^ (i— //f f "7 I '/
lu ^^ C^/cr—J^ /x'j OTKOAirASAETÛNIiPOÏ-
OAON TITEPUONTRÏ. Ton» li>» acte» d.- ce»sion». arrompa-
gnant ou non des écri.t pour argent, se servent de re verlic pour
marquer l'abandon-, voir aussi Koufi . x. 19; Corpu*. t. Il, pi. 3 et
pi. 5 ; Poème . p. ? 1 1 ; lirr. , Ifl . III , pi. 1 . 3 . 3 , etc.
LE PAPYRUS MOHAL DE LEIDE. 105
(7. ^^■■■■) xr^i-XT^^T::;
s'éloigne) comme' celui ffui se tourne- vers toi (qui
vient à toi)P
(y, XXIII.) Celui qui appelle celui qui est éloigné,
celui-là son noiii^ devient grand* au loin.
' V I i; voir ma note sur M, 9; voir aussi, dans le dernier
num«'ro de la lievue éAjyptoloy'ufue , t. XI, p. 200, dans un article
qui va de la page 10 à la page 16 et a pour sujet la distinction
nécessaire qu'il faut établir entre le sjllabique 1 et le syllahiquo *
eu démolique, tout ce qui concerne ce mot. — ^ A y\ ; voir xiii,
ifi, l'y; \V, 6; XVI, () , 8; XVII, 52; XX, 21; XXVI, 12; XXVIII, 3;
x\xv, 5. — "' TfS PAN; voir ma note à propos de \v, i. —
* Voir ma noie sur xvi, 2; pour ai. La forme au, venant aussi de
w, se retrouve dans Setna, p. i5o; Bev., II, ii, pi. 8;
Poème, p. 1-48; et dans notre document, ii, 5, 9, 1 '1 ; m, 12,
16; IV, l3; V, 12, 18; VI, 19, 22; VII, 3; X, i5, 1 f) ; xvii, 9,
1,9; XVlll , 2 1 ; XIX , 9 ; XX , 1 9 ; XXI , 8 , g , 10, 19, 21, 22,23;
XXII, 5; xxvill. G; XXIX, 3; XXX, 18; xxxi, 4; xxxiii, 24.
106 JUILLET-AOOT 190»..
(8. xxiv.) xT~axr J.N-Z:
(9. "V.) XPM-#i — X^i-X
(S, XMV.) Celui qui Jiime celui <|ui Papprorlir'
(vientàiui), celui-là conn;ulr;i une Jïimili'i'*- iniiour'
de lui.
(9, x\v.) La bonne odeur ^ de riioinine bon^,
cello-liH fuit (ou donne) aussi un esprit ^' grand do teP
à tel.
voir ma note sur xv, i.i. - * NIIKCDI'G; pour ce m'iii partirulirr
de la racine i _ A , voir Rev. éy., xi. 101. 109, e! jKMir le ten»
de V 1 1, nos notes sur xi, 9 et sur \vi. 6. Ko rc qui con-
cerne le sens verbal de kiutc nca ^ ^ a V V ^^
97; xxv, 17; xxTi. 18; xiviii. 1. n, n, i3; xxxji, 11; vxxiii.
3, et Chrest. dém.. Rn-ue. 1880. n' 4. pi. »; Ret,. Tl. »oi, ao3.
— * c-f-NOY^e P Cv /^ îi 1' *^'' ^^^' "' 9* "• ~
(5-'') » Cf. 11,8, 19;?, i6;Tin,5;xTi,9;x!(nr,«4;xu,4ct/NW«iM.
L'équivalence T nous est donnée par la »er»ion «lémutique de Ro-
sette [Chrest.. p. 10 et i84) comparée à la nouvelle version hiéro-
glyphique el par le» deux anciennes versions ( ihid. , p. 1 84 , 1 85 .
1S6, 198); voir aussi Rhind, 169. iG3, et Pamont, pasnm.
Z-^V^IU />c(ino/r>? /lof^p est tranM-ril lieTGrie<|>UJTHC
LE PAPYRUS MOIUL DE LEIDE. 107
(i-o,xxvi.) iw-=>;iv.i.-'^^^rrCTlk
(lo, XXVI.) Une nourriture (simple)^ sans excès 2,
que tout excès (ou tonte méchanceté ) s'écarte ^ devant
elle.
[Chrest.. 83); f^. \ |^ ^ /J = opceNOY<|>iC (pi. hil.
n° 2/1); cf. Poème, vers 12, ôa, p. i^g, iC-y, 200; Koiifi, \, ."îi;
XI, fi; etc. - — * W='; voir ma note sur 11, 12. — ' KC 1 1 prend
TortViograplie yj^ ~ ! V' *'* '''^" ^^^ Il ' P'*^^ liahiluolle
(cf. \vi, 11; xxv, 22 et passim); comme I V 1, s'écrit tantôt / ''
tantôt } l I »
f ^pe ^ (^ TPO<I>H; voir ma note à xv, 21. — *
■^^— ; voir VII, 22; VIII, 12, 2'i; xvi, 10; xix , 1 et 21; x\,
i5; \\l, 1, 10; XXIV, 5, 6; X\V, 5, 8; XXX, 26; XXXI, 9;
xxMV, 2;^. /i4— < ou j^4—> a la double valeur •..«-< et ^^ ; dans
le premier sens, voir Caxope portant ^i I y^ ^Ct /^ ? ~
LU f^ "^^^^ nOAAA ETNH. La nécropole s'écrivait aussi en
démotique par le même syllabique des trois montaii;nes ; plus haut,
V, ^,^L^li^J ^ =\\^MZ-=T, '"^"'•-
* pi KG-, voir plus haut.
108 JUILLKT-AOÛT 1900.
(.3. xxNni.) V:3)-XlJf S^^-
(il, xwii. ) Que Dieu fasso ôire pour l'un ' ce qu'il
a donné à un autn» en grande * on'ninde ' de la
barque*.
( I a , xwni.) Que Dieu fasse être' pour lui des a|>-
provisionnements, afin (pje sa honl»'-'' piiiss»* faire
miséricorde".
Loncirrs transcrit ^ p*f o^a. I^; lnlin};iir litumi Iranv-rit
T (ligature de U précédente) par , et ^ (Hminin
de l'article indéGni), par m. — • oyiip; rf. tiii, jg;
\vi, 8, wiii, 7 el i8; \i\. ». — * ^■— i J I i ohb ; rf. Roacm,
Cki-eit.. p. 59. le traduit IlHOBKlKrs:. Dans Pamont. on le
trouve aussi à plusieurs reprise»; par ciemplr : "l /// f
^^ \^^ o^ VT ww/// * ^* ^■' f«it offrande en pain, bière, Ixeufs, oies,
toutes bonnes choses. • — ♦ Cf. wiii, \, i3; xi\, 3, 1 1 pour cet idéo-
gramme ainsi déterminé de la bartjae sacrée. — (*-') * -|-u>ajlM;
A * ^) = », Rbind, n' Sijg; Pamont, p. iC-îy de mon édi-
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 109
(.3,xx.x.) xrt^i»-v,;, — Ka
^!!^1X:3i^-PwXl^
m
(i3, XXIX.) Celui qui donne de la nourriture^ au
pauvre ^ que Dieu la reçoive^ pour* lui.
lion; Canope [Chrest., iS?) et texte hier, parai. Le même signe
(lémotique répond à S>^ Rosette, Clirest., 199; Pamont, p. G
de mon édition. Pour ti)(^t;p «faire être, faire acquérir ou engen-
drer» (JX.no), voir Canope [Chrest.. p. i38) et textes parallèles.
Camope [Chrest., i43, i44 et 170) traduit ■)^ep par EINAI et,
p. \^^, par TIIAPXEIN. Cf. ibid., p. i63 et passim. — " NOMpc
î ; voir plus haut, à xvi, 9. — ' NA; voir ma note à propos
de XV, i3.
' ^fe "^ (^a; voir ma note à propos de xv, 51, — - cbbg
Q jk j \ voir ma note à propos de \i, 20. — ^ cycDil TiTiT
*^ -, voir ma note à propos de xiii, 18; voir aussi, xv, 17, le
même verbe avec le complément phonétique /> , J 2- • J^ ' *^'*
vu, 20; XIII, 18. — ' ZXPOM, ^APOM ^ s ; cf. RoSETTE
{Chrest.. 16, 21]; jj jTC^ZÀfOoy; y = zx^OM
[ibid., 38); l^ } /( "^ 2.VPOC [ibid., p. 48), Suivi des mots
nabul» mois, etc., le mot démotique est traduit par KATA, Ro-
sette [Chrest., 18, 42, 5i,56); Canopk [ibid., i4o, 147, 160).
Le papyrus Rhind (n° 357) le traduit ^ ; cf. poème, vers 4^;
Setna, p. 4o; Corpus, t. II, pi. 4,1. 5 et i4; voir notre document,
V, 12-, Vlll, 10; XV, 19; XVI, 11; XVU; 9; XJVilI, 21; XXXIII, 20.
110 JUILLET-AOCT lOOrt.
(i^, XXX.) Que soit satisi'ait' le cœur de Diru
pour le don de la nourriture fait d'un cœur con-
tent*.
' sort CT*^*'; <^' i^ni. 3 (y »oîr ma noie). - » MX-f*.
Gc mot I ni ^ *\ * quatre m*ih <lan« notre «loninirni : criai
(Pi étrv satisfait • ( \vi , il);!* cdui de ijuair > . qiM' |)os«è(lr éga-
leniont «^ll^a^ (wni. 4): 3* rdm' de «favoraMe» [\\, «);
k' celui (le postidere. comme HXTii (sxiv. 6). Dans le |tremier
siMis, ro mot s'écrivait d'aliord | il S (PoioBe, ver* 71 et 85,
p. ao8. aog, ïio); . ^ ^ ij-^l fi 1 1 i "i '•^""''^^ ""*"
cœuri, qu'on retrouve après le mot «ta M domië* dans tous les
contrats de vente, est iradait aa^aJaa»— < daiia le hiliiigai* dt- la
thèse Berger, |k 33 H 39 . et ii«ioin»«« daos le bHnigue publié p. HH
de ma Chrettomathir. Dan<« le dcuiirme sent , « élrr droit , être juate • ,
le décret de Ca^sopk [Chrett., p. i56) traduit | */ Il _^ ^ "T./
eti mati par AIQPenvAXOAI. et le décret dr RoMTTB [CkrttU,
no), '^/lJ>3// •fr/'K^ pt TO nPOZRKON;
cf. Koufi, XI. 1 5. 16; XII, 6, 7. 1. S; tler.. it, 8a. 84; Motekion
Het>.. Il, II, p. 69, 70, 71; C'«r/MU. t. II. pi. i-, Sclna. p. i33.
Dan» le quatrième sens «le HX're ft»s%iitrt . on peut citer Uowtts
[ChretU. a8), qui traduit y. .. 1,-% pu- KATE£XtN cl
Qnehiaes te.rles traduits à met court, p. xivu. Ce dernier mot s'écrit
aussi d'uuc autre manière (voir une des notes d« mon iVlibast;.
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 111
(.5. XXX..) xr—ât^i—i.,:,
(.6,xxx...)xrii3i-l«Â-c:::-1
(i 5, XXXI.) Celui qui aime à donner de la nourri-
ture à autrui fait s'ouvrir ' toute maison devant lui.
(i6, xxxn.) Celui qui la cache^ (la nourriture)
pour sa propre gloutonnerie, celui-là fait un grand
brigandage^ en cachant ainsi.
• Ici noire texte jwrXe : 7^ /^ j ^^ ^ /Jk) ^ P*"'*
haut (x, 6); //. \'Z^ i\\ ïù \) ^' Da"^ ""e noie annexée à ce
premier passage, j'ai dit que / M/j était pour • /^ tl et,
flans le dernier numéro de ma IXevue (xi, p. igi et suiv.), j'ai
consacré un long article à cette question, en donnant les bilingues
(|ui établissent la prononciation an it la valeur «aller», etc. Dans
les deux exemples de notre document , le verbe en question est en
connexion avec les mots «maison» ou «demeure». Ici le mot à mot
paraît être «fait aller toute maison devant lui» , comme plus liant :
«qui fait aller la maison (qu'il gouverne) par sa force». Pour ! fAA
= Hl t maison», voir ma note sur xv, i3. — (2-3) ^ 20)11 'TJT"
Ijk ; cf. xvi, 93; XXI, i5; XXIV, 8; \XV, 6; xxxi, 19, 3 3; XXXll,
18. Voir aussi Setna, p. 12 4 de mon édition; Poème, vers 78,
p. 164, 1C7, 253; Koufi, X, 3o; xi, 20 ;xviii, 34; Qael<fues Icxles,
112 JOILLET-AOCT 1900.
p. .\VU; |>op. jfii. «le Lridf, \. n. 3i •■( ptittim. \a' pnlprl
/ -y O «^. O se trouve dans notre (loriiroent, \i\. i.>.
** Cr. 6'OOMG; pour rc mot, «\ec l'acception spéciale qu'il a ici.
rf. .\\?iii, 5, i7;\\i\,8, y; \\\ii, ii.Cc mot se Iroino «\ec lo
même .s\ilaltique .>X>i dans Koufi. \, 3i, comme dans Brugsrli,
i455. H en est de même dans certains conIraU de Mempliis, tant
pour les chantres .«Xj ^^ [l\rr.. ii, pi. 33, {"colonne. I. 6) que
pour une expression plus obscure (t&it/. . p. i34t note, I. lo), qui
s'écrit f^ . '9 k^ \irmt^ a« . comme l'espreaMon «isée dans notre
(lucunient, et qui est alors rapproché de ^ ^^ I/O • 1"* /•»•••
comparé à 20Y*ti (ou oy»©) m^ttrint «i di- ^^T— C
ai npei «sans séparation *, dans lequel j> . w.„; au««i nn Ttrlus
non si'paré du sein de sa mère. J'avais en cons«''quence traduit |Hir
JveiUM moHslrueux, en |H*iisant à ffOOMCl dttbnfmrrt. Mais tout ceci
me parait doiileiii maiiiti-nant. Notons que dans cet actes il' s'agis-
sait de morts » ensevelir et qui se trouvaient dans certaines mai-
sons détcruiinévs. Dans le décret de Hos«-tie. le mot Itemm eat à
deux n>prises [Ckmt., p. s5 et «9) traduit |i«r tfOOMO t faire do
lorlf. La seconde fois. <^>.?l<lf< e<tl tra<luit par AAlKH-
£ANTA£, la première fois; par XTNTKTKAEllfliNOI KAKA
la seconde. Dans Rhind (n* 38o), /^ •% 'XyK/ «-st traduit
par \ ^_, toujours dans le même sens. Dans le Koufi, m,
a , 5 et 33 ; II , 1 5 ; ui , a , on a les variantes X . / -i « *
C^ ^ "O C 7 [a • " î ^^' i>etna, p. 306 de mon édition;
Corpus, t. Il, pi. I, I. ,„; Hcr.. II. M. pi. 17 et «A; iv, 88,
note 6 , etc.
I,E PAPYRUS MORAL DE LEIOE. 113
(17, XXXIII.) Celui qui tVuslre^ .ses gens meurt'
sans qu'ils prient^ pour lui.
' \ 01 "î^' \ linH"îït-; ff. 11. 7; '". 2; XVI, 17; wvi,
MO Y . L'équivalence mer est prouvée en démolique par ce fait que
ak^ «rlicf» se fait de même en démotique pour ^||^ ^ I [TD
(Setna, passim], pour i||^ j ____ (^''*na, g-? et Poème, vers 86),
et pour fp /' / 3 <? «oHîcier»; Corpus, t. 11, pi. 2 , pi. 3 et
pi. 4. La prononciation MOy îi réjKMjue ptolémaïque est prouvée
par le bilingue de Berlin, pour Cl6<|>MOYC = /"^ ,, •••
Comme sens de «mort», voir bilingue Hbind, n" 121; cf. Poème,
vers 11, 80, p. 247; niag. de Londres, m, 27; de Leide, x, 2;
Koulî,xi, 2 et 22; Rcv.. iv, 79. Dans notre document, cf. \vi ,
17, 1 9 ; XVII ,6,8,23; xviii; 6 ; six , 2 , 8 , 18, 1 9 ; xx , 3,6, 7
8, 10, 21; XXI, 9; xxvii, 7, 8; xxvHi, 2, 3, 4; xxxii, i4; xwiii
8,17; XXXIV, 5. — * cyxHX-, cf. m, 24; iv, 4 ; x, 21; xii, 6
19; XVI, 17; XVII, 10, i6-, XVIII, 20; XX, 6, 9; xxiii, i; xxvi, i4
xxvin, i5; voir aussi ma note à propos de xii, fi.
vni.
8
It* JCrLLET-AOOT l»0«.
(, 8, XXXIV.) X-3!«Vcn«-l-T~X^
(i8, xxxiv.) Que soit une large JaniUùi^ ù
l'homme sage^ à celui qui pense* h la rélribulion*
pur là.
> "vQl V^l u^u '< ^<)"' >"* ^*^^^ *'" ''"'" ^^^
^ «Iioiiimk; sagca, iT. il. i3, 93; 111, nj\ i\, ii^; V, 3. tt; VI, ë}
vil, §5; VIII, 17; i\, 7, i4; t3: x, 1, 7, 3; xii. i5, «3; uv. 1,
19; XV, 10; XVI, 18; \vn. 6, 18, «3; tn, 9; lui, 1. 3, 8, i.'i;
wui, 7; XXV, 10; xwii, 18; xxvui« 8. «I; XXIX, 3, 5; x\\t> . > '
xxw. II. Pour le verbe 'O^ q «MToirt ou •pouroirt, voir
ma Dote à propos de ju, lO; pour la IbimB ^ , cf., lUsf
noiru ducumenl, iv, ao, si; xiv. 33; xvi. ii; xvii. i3; xviil.
aa; xix, 7; wvin, 6,8; xxxi, 17; sxxv, i«. Poar la rurme -«».
^ , XVUI, 18; MX, 6; XX. 10; xwii, «3; uu, 9; uui, iS. «3;
xxxii, as. — (»-») > <i>n;iu,A; \vi.i6t&vui,6.iS:xxit,5;\x,
3; xxxiv, i3; cf., dans le mt^me sens de nombre complô. Poème,
p. 537; Mosckion Rev., U. 11, p|, 67 et 71; Corpus, t. II, pi. sij.
Dans le sens de • pensée • , po^mc , 1 54 ; Her. , Il . 11 , pi. «7 ; KouR .
XVUI, ao, a I. / qI s I dans PamonI, avec le sens de •jtif^Tt.
Dans Selna, p. 117 de mon lîdiiion, il Ai^niTic • assigner •;
tous «es sens sont coptf» el la plupart biérugl}pliii|Ufs pour
\ „ o" ^*x3l' ^'•*** dernière forme a pour rom>spondanl
1/) m ^4^1^ •j"ge''». Voir Pamont, postim; Nour. ChretL ,
p. 81; Rev.. I, I, pj. 1. Pour ces variantes, les >^ .. "^ ^ ,
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 115
(19, XXXV.) vtâi-^x^i^x^i*
(20, XXXVI.) xtâî^itr^âi-"^^*'-^
(19, XXXV.) Que la mort de l'homme sensuel'
soit une fête^ pour sa maison après lui.
(20, XXXVI.) Que soit la louange^ de la rue',
l'apport^ des biens'' du dieu grand.
*^Y^ llL''^^ ' ^*^''' '"'"^ deuxième mémoire sur les Blem-
myes, pL 1 et 6 ; poème, 167; Setna, elc. — '' TCDCURG. Ce sens de
«rétribulion mauvaise» , de «punition» , se trouve souvent en copte
dans la correspondance de saint Pesunthius, etc. li est écrit
y\f (. 1 1 ^^fP dans leKoufi, xii, 3; Rev., iv. 83 et llev.. il,
II, pi. 17, col. a , 1. 2 4; pi. 18, coL 1, I. 2 ; col. 2 , 1. 1 1; pi. 19,
col. 1, 1. 20; pi. 22, col. 1, 1. 2; col. 2, 1. 9; etc.; cf. Poème
p. 162. Dans notre document, on fait une distinction entre
/y/ ^y U «la punition» et A^ Y''^ j^ ^^ "^'^
|)ensc» (car 'rcocuKe \cut dire fondamentalement «payer», et il
s'emploie aussi dans ce sens dans les contrats flémotiques). Dans la
première acception, voir 11, 18; xvi, 18; \i\, 9, ii, 12, i8; xxi,
1,5; XXIV, 6; x\x, 12, 23; xxxiTi, 3, 7, 9, 10, 11; xxxiv, 2,3, i3 ,
17. Dans ia seconde, voir xxiv, 2.
(!-<)) I XHM XXNG .XNX^Y; ^"'^ ^* "«te de XII, 18. —
8.
recom-
116 juillet-aoCt i«o«.
(aa, xxxïiii.) Vt3)"^r!<«.I.CÏ*^»
(•il, wxMi.) Qu'uli pt'U dr bien» (ainsi donnés)
soit pour la bénédiction' puriCM- :i»ii<i. - »lu dieu (du
défunt) en son temps' d'âme
{•12, XXXVIII.) Qu'au coniraire les biens du glouton
soient une flamme' derrière laquelle est le vent*.
* '^^•, Poème, vers ga. J^ . Dans R<mbttb, 7 \ C/ '"*
{ChresU. p. 3o. 34, 43. So, Ss) est traduit par IIANilI TPIX.
Dans (jiiiopK, y fl^ f< induit par EOPTH {Ckrftt.. p. U7,
1^9. i5i. iSi eTTSS); r*^ = | J'«»' ©. Rhind. ii' 3n.
— ^ ïOJC JP^; «•• la note de II. a3. — * ^if ^ --^ ; »oir
note de x, 17. — * ^— ^. ^— *. voir ma noie et les r&emnlc» à
A A. '
propos de xii, 'i. -- * NKX '^^ J; voir ma note sur x, i.
' CMOY P V "^"^ âl' *• 5' *'"• '^' *"' *' *' '''^' "' ''^''
3 1; XVllI, 4o; XXIII, 6;\XVII, 9;\X\IT, 16. — • 0/2' — ' COY*
COY P P 0-, cf. XVII, 18, 19; xToi, 6, 16, *3; XIX, »3; xxxiv.
16; xxxY, 8. Rosette {Ckre$t., p. 18) traduit re mot ainsi écrit
par XPONOS. Pamont, p. 31-33 de mon Mition, le traduit
I ©; cf. Poème, p. i58 et pastim. — l»-*) ♦ ^as^i voir ma noie
LE PAPYKUS MORAL DE LEIDE. 117
sur-ii, 12. — ^ exzcDB 3Tn. — " L'idéogramme jyy I ~ ^V
(xviii, 8] se lit NlMe et thy- La prononciation nij'e est certaine
pour le sens de NIM 6 o^are, Ao^/are. Voir y j'f V'i Hl /
tson soulllei, Poème, vers 5; cf, p. 69; /(llJ^ ^ l *C~.
^ 0 lit ' / "M^ ^ « sa bouche soufflant le feu », Koufi, VIII, 1 1-
12 et dans noire document même (xix, i3-, xviii, 8); A C ^ y
Cf I «serpent soufflant le venin de sa bouclie». Voir aussi
Pamont. 11 est donc probable que pV/ C / 1 (^ «son souffle»
[ibid., x\\, 24 ) se prononçait de même. Je penche pour la même
prononciation en ce qui touche V ^ T IJ nNCGM ^K
*^^ «marin» [ibid., iv, i5). Pour le sens de «vent» qu'a le
même idéogramme (xvi, 22; xxii, 19; xxxi, 21), la question
est plus douteuse : 1" d'abord parce que ce n'est pas le sens
de Nme en copte; 2* parce que les bilingues démotico-grecs lui
donnent la prononciation THY> comme à THy tventus , vent» en
copte. J'en ai donné des exemples , tant dans ma Revue é^pt. ,
i'" année, quand j'ai publié le bilingue de Londres, que dans le
Poème, p. 69, à propos de (-/KO /j " ^^ KeNTGy,
V^fo ^ = KONxev, Y/hii/^ - '^"»''-
-À^ey- THy représente l'ancien ^^ J ^p «venU des hiéro-
glyphes. Eu hiéroglyphes aussi, ]H semble avoir signifié
tantôt «vent» (moins fort que ^ j ^B). tantôt «souffle». Mais le
premier de ces s<;ns est tombé à la l)asse époque. A celte période
118 JUILLET-AOOT lOOfi.
(a3, XXXIX.) Pour celui qu'on onsevôlil', ^ont-ils
(ces biens ) réunis * pour c|ue la terre ' les cache * ?
nous trouvons an »ontr«ire fiocorr 7~\ ^fc « vml rnvoraltlr*.
(lovenu f/^/ K 7 y 1 dan» noin* ilocunieat ^t\, a), H
Y\ % (ibid.. xxn^ th). Notons que le rorreapomlMt i1« 1^
est emplové dans notre dorumeol comme di^terminalirdi' GIOTC
tros«'t;f, \xiv, a5;df XXMH icalmr plat » , xw, ai; d« CtifXfV
■ paix», x\iii, lu, lô. ifi. iH; «Mv. 9 1. Dans le Koufi, il en eM
ainsi pour cyoGiiy « |»ons<ière • . xii, si; hla ■ vapeur de feu*.
XII, îi; îiDX «voler», xiv, 3; u;w^> ■■louffler». XTlii. 8; *t
tljx'r, avec le même sens, xn, ai, pour iWnA f»'mvolert, xit,
si; alal tvibrer* [ihid.); X20M < gémissement • , XT. Slt; etr.
' OCOMC, XVI, a.'J; \Tlli. n: \\i. i, — * GOyCOT,
TOY«>T m V^fc^at; III. 5; V. 17; vi, \, ifi; vu, 17; XIT.
i5; svi, a3; xtiii, m; xxvi. 17. Rosrtti [Ckrett. , sg et 177)
traduit ^^ -Z-^Z i } I /{Cl Jl^^+'^l 2 •'" '""P^
ayant nSuni troupes, par TOTI TE A<^H^H2AMBN0TS TON
AnOïTANTÛN . et les deriiiers moU par "^ * ** X *tf • '*■***
Canofb (ChreH., p.is?), 1 U / / / =- ÏTNKAPBT-
SANTES. Cf. Votr/Mon »«.., Il, 11, pi. fig. V^ ^ rOY<WT
est alors oppos4' a 1 y ] CtOf. — '-' ^^ ^«hb; xvi,
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 119
COLONNE 1 y.
COLONNE ly.
(i , XL.) Ce qui est laissé^ n'est point un parfum -
qui fera ]e salut -^ (la conservation du corps) du dieu
grand (du mort).
23; xx\, G; XXXII, i, lo; xxxiii, i3. L'équivalence t»^ est
donnée plusieurs fois par Pamont. — * 2CDII 'TjT' -, voir ma
note sur xvi, i6.
' ccuxn ; voir iv, 9; v, 16; vi, lo; vu, i3, i5: xvii, 1;
XVIII, 1, 7, l'i, 18, 19; XIX, 2; XXIV, 20. - COGH MQ
O J y^J -^ (P- Londres, vi, 9); /^ — ^p ^ 7
(J y (Leide, v, 9); /-V^v.* T «parfumeur»; Rev. , II, 11
(requête du taricheule d'Ibis); cf. pap. Londres, vi, 9 v"; vi, 6;
Leide, xviii, 26 v"; v, 28. — •'' cyX-M. Le mot ut'a est, en dé-
motique, tantôt employé pour V ^^1 ou V \ JU ' *"'
tantôt pour «^ ou \ i ^W ^ OY-'^^' • Pour les diverses
nuances du premier sens, voyez, dans noire document, vi, 3;
VI, 23; VII, 1,5, 12, i5; IX, 2. Pour le second, voir x, a; xii,
25; xvn, 1. Pour le premier, voir aussi Clirest. déni., i43, e%
120 JUILLET-AOOT 1900.
(3. XL...) Xli.hU'!«-XPjH«^'
■^ nn I
I nni
(a , xLi.) Cest Dieu qui a doiUM» les approvision-
nements au glouton, selon ce qu'il a étibli ' (dans
son plan providentiel).
(3, XI. 11.) lia destinée et la lorluiie (|ui \i4>niM'nl,
c'est Dieu qui les fait venir.
Vers /ia.
généralement le formulaire «le-t contraU de mariagra, quand il
s'agit <lu payement de ia dot. Four le mcoimI, voir Canopk, Ckrc$t.,
i3i;Ro8BrrK, af««t.. p. i84;Rhin(l.ii*86.où /|^ X /-^
est traduit P*!* H \ i Ik i; ('.A«ora [Ckrfit.. l3S), qui traduit
I Yy j) "^ / ^ / par AIE£Û£AN . comme dans l'autre pas!ia<i;r
[Chrett., i3i) par P*i.i|; Pamont. qui traduit / Â^, tantôt
par ^^«^ et tantôt par *"*-'; Èlotchion Itev.. II. ii.
pi. », I. 2; Poème, vers 85 et p. i65. Dan» le «ens de oyox
• bien |iorlant>, cf. Setna, p. 17a.
• ' TCDOYN; voir ma note sur \i, »i.
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 121
CHAPITRE XVI.
CHAPITRE XVI.
(A.) Seizième route.
I. (ïilre.) Ne pas faire sensualité^ de tes chairs-,
qai t'ont été données par le Dieu grand.
(5 , II.) Ce n'est pas un cœur élevé ^, celui que le
trouble* (ou la transgression) accompagne.
' XHN, .XXNG; voir la note de xii, 18. — ^ XM I \ <
<5_; cf. xviii, 10; Koufî, X, 4; xii, 3o; Selna, p. 157; Pormt^
vers 56, Sg, 61, GA, 88, 98, p. i3o; Rhind, n" 7; Paniont,
pnssim. — ^ ^ s. 5 *"^- xvii, 5, 19-, Poèm-i, vers 7, 3G, 90;
/î.'i. , V, i85; var. À /fii~ ' ^^ °^''' s'écrit aussi i^j J 1 1 6
dans Rhind (n" 2 '17), où il rend ^ jk JT . Il en est de même
dans Pamont. Dans notre document, \ lu 7 (répondant à
u;u)i) se trouve aussi iv, 22; wvii, 17; xxxiii, i3; xxxiv, i3. Le
déterminalif de la tétc de profil, ^ = (^, remplace partout Ti .
— '' r—i 1|^ X.. ou 'l'CDZ; voir la note de w, i/|.
122 JUILLET-AOÛT I90f».
(6, in.) JCfsll^-X^TrMl*-®
(6, III.) lia mort' pour le sage nst «iiMiiain'. Il ne
connaît '* pas son
("7, IV.) jour*; et sa \i«"'' (cr qui esl lU'crssairo à
la vie) est tout ce (pu* rhonune sagi* ilemande '*' (par
sa prière).
' nMoy. voir note de xvi, 3i. — * r^Cre, voir la nol« île
XVI, i6. — * ^T" I, voir U noie de xvi; i8. » JOJ) - JqO
200Y CI ^ |j|€ ©. Rbind n* 358, ."iôg donne réqiii\alin»rc ©.
C&HOPK (ChresL. 173-174) Iraduil / Q/? / 4^ |»«r KAS
HMEPAN, (f. iAi</.,p. 197, Pamoiit, / y, J\ ly par G1 V
O^. Dans Rosette (CAr*»t.. 53) 0 / A^n </ _3 ^ •*•*
IIMEFA2 HENTE. Dans la Ckiesl. un hilinpue, p. 78-79. Iradail
O) \0 (/ par TO ÏHMKPON; cf. Setna. p. 64 et poMÛN.
Kotifi, wiii, ao et /Muiùa'; Cm-ftaM . t. II, pi. 4; Poème, vert n
rt .'îo, p, if)5, 171, ao8 et ai^. — >-A) » cuNS xm, »3; xtiir,
1; XI, 18, XXIV, a'i; XXVI, n; xxvii, a3; xxn, 1, 7. 8; \x\ii, iH,
21; xxxiii, 17; cf. Hliin<l (S /C^«»T • ("• 44); PammU
de même; dans Rosette [Cliretl.. a] (^ 1 r ") ^j *'*! traduit
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 123
(8. V.) XT—âP^' i^^
(8, V.) Celui qui aime à laisser' l'abondance ^
meurt en étant privé -^
par BIOS; cf. Canope [Chrcst., p, i3]. Dans le papyrus bilingue
(le Berlin où K D 1^^ ^ U est transcrit G^coNy^oC;
Moschion fier., II, ii, pi. 71; poème, 1/18, i58, lOo. Le même mol ,
autrement déterminé, répond à XNxaj «serment», wvi, ao; cf.
Koufi, XVIII, 19; Poème, 2^6; Corpus, t. 11, pi. 3, 1. 12. Enfin à
cette racine se réfère le copte CXHO) nutrire I •+■ ^ ; cf. pap.
bil. (le Londres jSi (^ \0^ = CXNU^ (verso v, 5). C'est dans
ce sens que le mot aw^^ est employé ici. — " tcjdbz = .«». loi,
^B. I \ ^ XXVI, 2,7; XXXI, 17; XXXIII, i6, dans une des ver-
si ns démotiques de Canope ASIÛSANTEi: TON BASIAEA est
rendu par ^ j ^£^ ) <^ ) Y 7t I^ /? (• T^'' P^"
pyrus bilingue de Londres (v, i!S) porte x/ 0 I ) ^ I ^y
>-^ «je te prie» -j^'i'CDBa MMOK. 11 en est de même dans
la plainte d'un esclave. Corpus, t. Il, pi. .'S et ibùL, pi. 5, 1. 13
et 17, etc.
' CCUXn, cf. la note de xvii, 1. — ^ Le composé «r ka
(sur lequel voir viii, 17; la note de xvi, 8; xviii, 7, 18; xix, 3)
est tirt; du mot =r ^^ OY^P, sur lequel voir Koufi, xii, 3;
Bev., IV, 87 (cf. XI, i3; llev.. iv, 16) et de ha, sur lequel voir la
note de xv, i5. — ^ aoYPCU | \ *^^ V — ' ou | V """^ r»^
1^4 JUILLET-AOÛT 1900.
(9, VI.) Une bonne durée de vie* est pour ««lui
qui est grand ^ de naissance (que sa naissance a fait
grand et riche). H ordonne' de ce (|ui est en sa muin.
(Mar Dend, iv. Ho) mot dëteniuD^ comme ici par le eroeodiie,
symbole de la voracilr. et qu'on retrouve dans ^ _ .^.^ «»_ . l'uur
la forme démotique voir Mcxa. un, i5;XTU. lé; «xiii, iS; \us.
li; xwiii, la. 20Yru> veut dire privart ei fnmdan. Uaiu ir
premier sens ivii, 8 et 17; Qmtlifur$ UxUs. p. latv ; dans le aecund
Pamont, p. 66-61 et pmuim. qui ir traduit tantôt par ,^^-j Q \^
\ V— i, tantôt par •-~-',^^sV V— <;le Koafi, 11, 3 à pluMeun
n'jiriîM's,
' l^^ Aie. Il, li; IV, 5.8.Cr. Selna.93, 96. ir>n:1><Hin« .
p. iSi. — ' Pour an voir u, 9; ui. la, 16; iv, i?> \
VI, 19, ai; TU, 3; X-, i5. 16; xfii, 9, 19, «o; triu, 3, si ; ux.
9; XX, 19; XXI, 8, 9, 10, 19. ai. aa, a3; xxii, 5; xxti, a3;
XXVIII, 6; XXIX. 3; XXX. 18; xxxi. H; XXXIII. tu-, voir au<si à propos
de XVI, 1, ma note sur ai. Pour me$ >■ MIC€ ^0 /^< ^"ir nui
note à propos de xii. 8 et dans notre document »ii. 8; xvii. a3;
xix, 7; xwii, 7; wxii. I. Avec le détermina tir de l'argent dans le
sens de MHC6, xxvi, §6 et xxxii, 8. Pour le composé aunmgs voir
m, 11; IV, 1.*^; VII, 3; XVII, 9, 19. Conf. Rhind (n* ko) et
Sctna, p. 199 de mon édition. Dans Rhind il est traduit tantôt par
►J. Ce dernier sens est à peu prt^ relui «le notr»; passa<;e. — * t
LE PAPYRUS MOfiAL DE LEIDE. 125
(lO, VII.) Celui qui est misérable*, alors qu'exis-
tent les biens^ du Dieu grand, demande par prière •*
une part * de ces biens.
^.,^. Ce mot est traduit par IIPO^ETASE dans les décrets tri-
lingues, qui, en démotique, portent 7^ — 2CUN aONZGN.Mais
le mot |~| =: 1 n'en avait pas moins subsisté en dénioti<jue.
Nous le trouvons deux fois (\vi, 9 et xx\ti, 2) dans notre docu-
ment. Dans le bilingue de Pamont (p. 17 de mon édition) on
Z^^u'l^'-/ ^1^-^-5 johi!^^ "J" "'' P*' °'-
donné de tuer par trahisont. Le mot s'écrit aussi n , y , Poème,
p. 13^; Rev., IV, i-n, p. 79, note i ; Koufi , xi, 19, Pour /// ^
n| 1 <x,^,^ (Rosette, Chresl., p. 20 et 3) e^t synonyme de
iZ. /// 7)? 1 ÈÂ ( P*^^'''**"^ ' ^' 'D) = OYC2-CA2rJG,
cf. Corpus, t. II, pi. 2 , 1. i/| et 22 ; et Corpus, t. II, pi. in , 1. i ,
2 1 ; voir X, 9 2.
' eoORe voir ma note sur xvi, 3. — ^ NKH -^mr^ À voir ma
note sur xvi, 4. — ^ cyXHX, voir ma note sur xii, 19 et xvii,
17. — * TO , voir ma note sur xiii, 5.
120 JUILLET-AOÛT lUOO.
(i I, VIII.) C'est lui qui pas.sc ' ^i» an»** *3ê "Vie ,
alors que ptisse toute chosc> devant lui' (à sonnez
et à sa barbe).
' CINe ' ^ , »oir m* note sur ktil, «o. — • ^ je
(cf. xviif , I, t , 3) est troHuit |Nir les biiingUM BTOl ot *— ^ I 0.
Les renvois Miraient itinoinl>ral>le». On a «ussi en eapihtles U forim;
^^') *? '1'"*" li^uve l'ii léte i\n ilnriiiiicnU olBriel» et «les con-
trats; \()ir Casope, p. 195 d« ro« Ckrfttommtkif. — ' 1 0 3 f / "**
dite partirtilc compo!iét> sans cetse employée m (icniali(|u<* «>ec dcu&
sens bien tranches; t* • par devants (comme V»^ M*l'0); loales
les Icllrv^ et requêtes adresM*fls « des peraooiMgm important* iior-
lent c: iireuiier mol on UHe d' l'adresse; «* a sous» (Bill) eni>
ployé |iour dix« àuies hi^tori(|ues. Daas le premier sens, toir
Il C ^ I traduit J et |tar ^ dans PanionI; par V -^
dans RosKTTK [Chrat.. 187) et Koufi , xi, \%, a6; Hev,, 1*,
78, 79; Koufi, XV, 17; Poème, p. n6 à i!îj et 160; Leiile.
cc&iv, I. I, i3, a^, etc. Pour le second, voir ChrttU. p. i33 :
tUJyUi (v/^j? KO «ip/jj 11 -*■■'"■
NllN TliN lil'OTKPOiN RKRAlIAKTkOTQN; rf. t'.âWi-K. CArait..
102; dans un aun- |iassage (même jiage) /il 4 II «si traduit
I'"'" [l^ JV © r^* •^"^"'' '!"•- |»»«''o'» «'■"» Panionl C* // •
m me
le sens de «devant», / ^^V ^ || /'^l
devant Osiris», ('^ <|( <^'\ (même sens .
LE PAPYHUS MORAL DE LEIDE. 127
('2,1".) j^'5;;iy«.-^_-^^|-7»j.
(■3, X.) jL^-ï^ii^w + ^.^.-^i^,;,-
( 1 '2 , IX.) Est-ce que ^ son cœur n'aime ^ pas le vin •\
sans qu'il puisse Loire ^ à satiété [mot à mot : jusqu'à
ivresse^) ?
(i 3 , X.) Est-ce qu'il ne désire ^ pas des aliments^
sans pouvoir ** en faire sa nourriture [mot à mot :
son action de les manger ^ ) ?
' AU \ , voir ma note sur xvi, /|. — ^ M6 Mepe ^^ JS
^ I ^=S Hpn, xvir, 12; XIX, aS; xxii, i5;
Le mot // 3 / 1//IÏ y I "f" «vin» ne diffère que
j)ar le (léterminatif de (0 / /// ^ / epiie «tenaple», xiv, i5;
wui, lo; wxiir, i4 et xxxiv, lo), sur lequel voir Poème, p. 253.
— * P "^^ A~~~A "j*! cu>, (f. xviii, 19; Setna, p. 167; Poème,
vers 55, 63, 64, 9I1 p. 38, 56, i3o-i3i, 186, 253. Page 38 de
u)on édition du Poème j'ai montré que ^ /\ / / ~ ^ 1 ^^
'^^ ■#■)•, «1. pa[). j^u. de Londres, 11, 2y; m, 1; verso vui, 8;
}>ap. t;n. doLeide, vi, 22; vui, 7; xiv, 4o-, xvii, 32. — ^ 0\ê) ,
OA2G 0^*=* . 'xCj^i' est rendu par ;::C^ i ^^ j ^
* — ' dans Rhind, n" 286, cf. Poème, vers 67, p. i3i et 197;
Koufi, x, 3o et 33; hev.. iv, 74 ; Setna, 167, etc. — (6-'J) " Pour
\0U' XV, 20
XXXII, 12
128 JUILLET-AOOT I90f».
le verlie 4' I ^a\> (|i>'>l ("ul absolument distinguer en flémotiqiw
(In mtIkî 1 S , »oir la longiio note que j'ai ron»arrA« i ce sujet
«ians le dernier numéro de ma Hevuf rifyptolotfitfue . \t, jv, p. ij|8
à 7oh; voir aussi notre document ii, h', vu, 1^; it, ss; x, i3;
Xi, 8; XII, 5, lo, 17; an; wii, i3, i4; xu, 8; xxTii, 7; MX, S;
XXXII, 6; xxxiy. 6. — ' ^re, ^ «ib, voir à \t. >i. — • ^'
I, ety, voir à xvi, 18. — • Pour la pnTomiante ali»tractitu
S^TTî o^ (•^^ jK.j^~^) "'"'g'"* •^•' tfui, cf. XVII, i3; XX.
a3; wiv, 3; wvi, 17; XXIX. 0; S«'ln«. |i. \Ct. .^7. (lo. 80, io«».
Il», i(i^, i6(), 11."); Kouil . ^ 1' M, M'. 1- /i"' ' . . i\, 7-,
78), XIII, i5; XVII. i^>, ^^rll, i; wii , .| ; m. t-, 18; Poènie,
\er» 88, |i. 137, iGo, 19^, iii. Dan» IUmkttk ^(Ihmt.. p. §84).
%r'l[l l^s^ «^l traduit ^1 J. |»o"«" traduire • manière deire
vraie, ordre», comme 6'X en copte; cf. Rocnrit, Chrett., p. 19,
35, 36, 37; V Yii ^ X/ ten leur ordre ■ est traduit cette
dernière fois ûl KAOHKR et rè|M>nd aiiaai à ^ i f <-il<< |du4 haut.
Ihid.. p. i5; le mot 7 ^ ' ' ^-y^ ^ ^^(U 'V
• en onire convcnaMet, est tnMinit KATA TO IlPOïHKON.
Le sens «x tas|)ect, fa^nt se rvlrouve dan^ Pamunt. p. ii;
Poème, vers n. i3. Dans Pomont p ,. t /- ^7^ /U 16
Z) /// ^^i'^-—,, I vsl traduit |iar ^~ Ô TTT. Ailleurs
Pour /|3 il =" f ^^l"^*^^"*" •nïanger»,ef. IV, 9;xvni,
19; dans Pamonl. p. 35 et U . ^ 1*^ n'pond à j- V^ e« «
^ JV jil M^' **" lï^ovt' la trauM-ription de ce syliai)ique dans
ln-|..l.il..n. yOl^^^^-l^^ ,/^^ ^= ABPApAMK;
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 129
[lii, XI.) PjSt-ce que son cœur ne désire pus
femme', sans que son temps- (le temps de cette
femme) arrive^?
voir Poème, vers 55 , 56 , 88, |). i3o, i3i, i5/i, i8Q\ Rev., n, ii,
j»l. 27; Koufi, XI, 32; XII, li; Rev., iv, 81 et 82; pap. gn. de-
Londres, II, ag; III, 1; verso, vm, 10; ix, 6; pap. gn. de Leide,
vi, la ; xiii, 2 , etc.
' J A , iii , 9 , 1 4 , 1 6 ; VII , 9 2, 23 ; VIII ,4,5,0,10, 1 4 , 1 5 ,
18, 19; XII, 22; XVII, i5; Poème, i64; Koufi, xi, 5, etc. —
- ''M ,lL © , JL 0, X, 22; XII, 25; vvii, i4;xxi, 19; xxii, 11,
17; XXIV, 4»; XXVI, 3. Ce mot est écrit 7IA ou ^ /j et traduit
ÛPA dans le décret de Canopk [Chrest., lôg). L'expression
^ I 1 J^^ «en temps quelconque» se retrouve, ibid. , p. 129,
avec la traduction I V J © ; plus loin, p. i53, 7? y\D K
«en un temps» est rendu par DOTE, cf. Rosette [Ckr,, 32) tra-
duit y 2/) \p par XPONOX, voir aussi ihid. . 3, /^ T ? a)
traduit par AI A IIANTOi; et (p. i8i) par q| © ^^; cf. Poème,
p. 149, 237; Corpus , t. II, pi. 2 , 1. 21. — ' mi ^ , ncU2 , IV,
3; XVII, i4; xviii, 2, 7; XIX, 20; xx, 19, xxi, 12; xxii, i6, 19;
xxui, 7; XXV, II; XXVIII, 16; XXXIV, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12;
Setna, p. 56, i54, 166; Poème, vers 6, 49, p. i3i, i5i, 21 4,
246; poh est employé dans les textes juridiques pour les transmis-
sions héréditaires /f ( \j / *T>- "^ • f^ 2 EIIIBAAAON-
VIII.
9
130 JUILLKT-AOOT 1906.
(i5.xii.) ^♦!^-^J*î^^>w.;.*'vT
(,6,xni.) xr-îMi^n:^i«ij-^r.
(i5, XII.) Vin, femme et nourriture sonl les
choses qui prennent en gage ' le cœur.
(i6, xiu.) Celui qui les obtient sans prière^, ou
ne Tinsulte ' pas dans la rue ^
TON MOI XKKPON O^/W ^ IIPOÏKITAI Alf . liil.
Berger, p. 37, n. 6.
^ Iç V— I r^>*= xoYU> «gaget; coiiip«n*r wii. i5; xwi,
19, 3u; wxi, i5. I^ mt^ine expreMion m trouve, «tec le (lëlerini-
natif du bras armé, mais Mns le riët-rmiitatif de l'argciit, puur
traduire rhy|M)tJièque générale ou pcrticulière , dans lous les acU;<»
de créance, les œntraU de mariage cuuslataiit un apport de la
femme, les locations, etc., de Téfioque fHolémaique. Le sens
de ft'IXOyu) tvexare, infestaret etc., qu'a également ^«.^ 11
W/2^ it f-j -^ dans X , '1 ; \xxii, i4 . etc. Cf. dans le Koufi
(wiii, », 10, 19, 3o, etc.) y/'. ^y_ "2 M> J = AOY<»>-
— ' U)XHX, voir à XII, ly. — ' ci^cuc ctuty ccucyM J8L
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 131
(•'7. XIV.) XT!M>ihT1-~r
('8. XV.) X:éTr->-J3iJ—X
(17, XIV.) Celui qu'on a privé' d'une do ces
choses devient un impie ^ dans son intérieur^.
(18, XV.) L'homme sage qui connaît* ia puis-
sance^ (ou la supériorité, la richesse), son temps**
(sa vie) n'a pas de trébuchement ^ (ou de faute).
xJL Vi — I . Pour les renvois, consulter la note de x, 19. On a aussi la
l'orme x i j^ n ^^ CCDcyq dans Koufi, xi, 32; Poème, 200.
,xvii, 16; x.xv, i9;Setna, 1 Sa; Koufi, \i, 5 [Rev., iv, 75); Poème,
p. 16/i. Les mots ^f \ £^) y/\/[[{^ J KJ '■*^P«"-
dent à PTMH BASIAIKH, iVouD. ckresL, 25, 83, etc.
• 20YI*t", voir . XVII, 8. — * 01 l'n^, voir à xv, 19. — '' ^ht,
**'^«i,, V, 12, i3, 18; VI, 1, 5, 6, 18, ig, 21, 22; VII, 9, 10,
12; XVII, 17; XXVI, 17; XXVII, 5; xxviii, 2, 9; XXXV, i5.
Cf. C^lll **^^> Rbind, n" 3/u ; Koufi, xil, 32; pap. gn.
de Londres, m, 12, i3, 19; vi, 18, 19; vu, i; ix, 9; verso, v,
3; VI, 1; IX, 4 , 9, etc.; voir ma note de vu, 9, sur la ligature qui
a formé le signe démotique en question. Ici nJ)HTM = NZHTM
est pris dans le même sens qu'en copte. — (m) * ■> — • =»
9-
i3i juillet-aoOt ittoe.
(.9, XVI.) iTii^'^^XPP®'!— PJ'';?>
(19, xvi. ) Meilleur ' est le temps ^ court ' de c<>lui
qui est grand par naissance* que la vir longue^ de
celui qui mendie ^.
COOYN; voir ma note à xii. th. — * OYU>TI, tmperure.
praestaatior esse; rf. T ^ j ~^ . |»our ce verbe dans se» diverses
arceplations, \oir vu. i, 17; xvii, 18; luv, 3; xxtx, si; |M>ur
le sens O Y<W''* . transferre . voir dans (Ianupk [(.krest, . 1 5o et 1 3 1 ;
(iroff, s4 et »7) le mot t/ y j 4. K «>" 1* Lf ^ traduit
{* J^ et METABAIMEIN. voir aussi Rowm \Cknti,. 93).
Poème, vers 6 et Ss, elr. — • 0^^. COYCOy, voir à xn, ïi.
— ' tyoJMT, /a//?r». \ah\ jMtnlt pede. yi, 18; Tii, i3; util,
18; XXXII, i5; cf. Motekion Un.. 11, u. pi. 68; Kouli, i\, 3i;
M, s8; xviii, 93, xu, i3; Un., iv, 80.
' NXNOY, "'"'ï^ XNXI; VIII, §5; Xlll, lO; Xtll, 16;
xxviii, I, de cbeau* a passé en ropte au aens de «boni; cf. Strtna,
116; Koufi, XI, 4, i3; Poème, 937; /le»., it, 76. etc. — * |
Q , X2e, \oir à xvu, 9. — ' OOK, xu, «3; xvii, 19, 99;
VXIV, 99; XXT, 8; XXVIII, l; XXXIT, 93; cf. ^ JJi!i /|77
ENOAirOI XPONÛI, Romm, Cknsl.. 98; Koufi. xviii. i3;
Rev.. II, i, pi. 9, etc. — * Voir la note de xvii, 9. — * A\^
"JÇ, voir à xyn, 5. — • -ru>B2, voir à x?i. à.
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 133
(20, XV...) X^.«-XI«1P°,1)^I«]
(20, XVII.) La vie de celui qui est abattu et sans
force ^ de celui qui a passé - sans qu'on le connaisse;
(21, xviii.) La vie qui s'en va^, alors que les deux
tiers en sont perdus * ;
(22, XIX.) En sorte qu'il passe ^ 1 o ans étant pelit
(misérable) par naissance '', sans qu'on lui fasse con-
naître^ la mort^ et la vie^;
' rr ^ factitif de Q ^yS, O'MXN s'écrit de même
que [I Lu A»~~«\ ^ = COGH (xvii, 1), dans notre document, — -
^ CING HiM» A, voir à xiii, 20. — ^ j 7\ .=. ■— — 1 «s'en va
en haut, au ciel», c'est-à-dire a disparaît». Pour hene , voir à \vi,
0. — * XKCD, voir à x, 10 et 22. — * CINI, voira xiii, 20. —
" Prtit par naissance est le contraire de (jrand par naissance (xix,
lO), voir ibid., pour CBOK. — ' COOY'^'i voir à xii, i/i. —
* IIMOy, %^'*^, voir à wi, i-j. — » tl>M2, ■^'^, voir à
XVII, /|.
134 JUILI,ET-A0CT I»0R.
(33, XX.) v:ac::rv"js-'viî!TV
(23, n.) Et quil pas^ 10 antres années k
prendre* le métier*, c'est-à-dire le seul enseigne-
ment' par lequel ce sage doit rivre;
' XI, ^ ^— J, X. 'i; \i. n; un. 1 1 ; wii. »3; wviii. aS.otr.
Le l>iiii)^ie RhimI. n* «go, le traduit par iC. f^ i_i ' ^
décret de Rosittk (CkrtMt.. s8). par KIABN, et |i. iKi par «^
J^. C ^ =.Xl esox Mt traduit par EKORPû et
l>ar 9? V^ *^^ V ^«.Gnp dans CAHont {Gkr9$l.. i3o et i3i).
Poème, 164. 171, 191. 196, soc; Mo$ekion U«r.. il, ii, pi. 60,
65, 66; Koufi, tii, lu; Setna, 96, 100, 101, 106, ut, \7\,
is8; Corpus. U II, pi. 3. 1. 7: pi. k . U i , 3; pi. 5. I. i5; Hn>..
Il, II, pi. 3 et 6, 'etc. — * Pour cette acception sp^iale de tmé
lion. rf. wvi. 1 1 . Pour ce mot / y/ ^ -,»* rattachant i MINe(T)
et à ~" I I 1, el <ii^iiiriant tpecies , tnodus . elr. ; on en trouve dr
nomltreni exemples dans notre papyriM, soit comme mot s«'-|iar/-,
soit comme corres[)ondaiit de la préformaiitc alistractiveln'JMlll'
(vi, 10; VII, 5; viii, 18; u, i3;ui, 7; XIV, 4, 10; XVII, rt3; xtTI,
1 1; XXVII, 10; XXVIII, I, »; XXX, 4, ao; x\xi, a3; xxxii, 16, etc.);
dans \c déirel de Rosette [Chretl., ha) il est traduit |»ar TON
TlX)nON; cf. Setna, p. 91, ii4, 116, i43. 176; Koufi, xii, 6;
XVI M, 3; Quelifues texte.^ . p, xxii; Rev. . iT, 82, noie to; etc. —
^ CBCD, voir à xm
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 135
COLONNE 18.
COLONNE 18.
(i,xxi.) Et qu'il passe 10 autres années^ aban-
donné ^ et faisant être (gagnant ou produisant) les
choses dont il vit;
(2, xxii.) Puis 10 ans encore pour arriver^ au
terme'' , sans que son cœur ait connaissance ^ de rien ;
( 3 , xxiiT. ) Total •• Lio ans dans sa vie '' entière qu'a
éciite^ Thot^ pour l'homme de Dieu.
' poMne, voir à xvii, ii. — ■ ^ co.xn, voir à xvii, 11. — •
^ tiCDZ Jî>, voir à xvii, l'i. — '* I 1^ ttt , ApH.X, cf. xix.
20; XXIV, 1/4; xxxin, 20. — ^ COOY'^ , voir à xi, 6. — {c>-^) " Le
siglo 1 so rapproche beaucoup du signe hiératique des sous-
tractions sep ' ^ = 'T*' — ^ tel qu'il est donné par de Rougé ,
136 JLILLETAOÛT 1900.
CkresU. t. II. pi. 5. et que noas le trouvont «umï dan* rerUin*
comptes (lémotiques, pap. P«*.sah'cqu« , etc; voir U grammairr de
Brugsch. Mais ici il Taut évideuiinent Mfiger à t^ t*'»»» . «gni-
fiant le i total*, qui se fait non stiulenicnt ^^ ^ ou '2
comme l'a noté de Roagé, mai» aassi <^ C ^ en bib-
lique. — ' f ^^~ xiG, voira Vfu, ii. ' Ml. ci ai, xviii,
3. 5;jxvi. »4; iÇ j^ eal Imluit ^Jt •» Χ1 A pfT
Rhind (n' 83). Dans la pi. ii, I. 3. de Rhind. il s'agit Juttemeni
de la Aurètt de vie ^a*irri% Tliot j^ ^ ^ ^ ' i^2 il
sur la boite (ou la bri^e] de naissanre de Tbomme. PI. ni . I. i .
le m^nie fait mvlbologiqur est reproduit, (X4 I ^ • écrire» rem-
place alors T **^ «onlonner». I^ même verbe est traduit |iar
CAXon [CkresL.i^) par KTITA<t>K10AI. I^srribes (TPAMM A-
TEID = P4| I I A ^Ti i) sont aussi n'iidus |Kir le nH^mc sjlialiiqne
{ChresL. 196} et texte» |>arallHes. Lt* mol^ TA KIIIIHMA TI1£
lEPAX rPAMMATIKHI M>nt au<i.M éri it. y/i (//< l 1 i> l
dans le décret de Canupk, Ckmt., p. 170, et rendus par ^^ 4j
^ ^ S ITD ^ ^ est rendu |>ar SYPITA^H dans le bilingue
berger, p. 't6; \oir aussi Pamont, ptutim. Mnsrliinn Ret., U, 11,
pi. 69; le bilingue d'Ahydos rendant |>ar ^ i 1 *^ le mot « topo-
grammate»; voir Poème, ver» 36, p. i58, i65. 166. 167, 171,
209, 919; Corpas. t. 11, pi. 3. I. 7 et 17. La lectarc ^x" **'
donnée par le Poème, vers 19, «i, 44 , 45, comme j»ar les décrets
triiingnes. — » I A^ ""^' Rhind, n" »84 . et est traduit par
EI'MHS dans Rosette fChrest. p. m).
LE PAPYRUS MOISM. DE LEIDE. 137
(•4, xm.) 7r:)wc3àfe.-| = ^eXlJP'kr:^
(5, XXV.) J— XPkVk^H«-)<:it
(6, XXVI.) Xî — I^Mi>»"T^«^
( k , XXIV.) C'est son tour ^ dans la barque ^ : et Dieu
bénit ^ celui qui les passe (les années) avec destinée *
juste ^.
(5, XXV.) L'impie'' ou l'homme de Dieu ne con-
naît'' pas la longueur^ de la durée de vie^ qu'on a
écrite"^ pour lui.
( 6 , XXVI. ) Le bon '^ (l'heureux ! ) fait sa destinée ^^
dans ses temps '^, celle qui a été comptée'* pour la
mort '^ en eux (dans les temps en question);
> Cf. "ÏT 7\, i V y\, i V ^*— ^- — ' Voir à XVI, 11. —
^ CMOY. voir à xvi, 21. — * Llil Tk M ^' ^°''' ^ ^^' ^^* —
5 '"- «1]i|. voir à xvi, i4. — ' P J|^' ^*^*'* ^ ''"^^ ^* —
' COOyN , voir à XVII, 18. — " " , voir à xvii, 9. — "I ^
X2e, voir à XVII, 1 1. — '" C2XI , voir à xviii, 3. — " NOMpG,
I* , voir à XVI, 9. — '^ UllI \k I I J,, voir à xv, 21. —
"Pn ^, COycOY, voir à XVI, 21. — -^'^ CDU, \ ^ . voir à xvi,
18. — '^ IIMOY, 4b^ ]L, voir à XVI, 17.
138 JUILLETAOOT 1900.
(8, xxvm.) xv-jnniwi^^XT--
-r k, ■ ^
(y, xxvii.) celle qui a «Ué comptée * pour jjarcler*
l'abondance ^ (|u'a fait parvenir * à lui
(8, xwiii.) 1«* grand Ksprit '*, le(ju«'l s»' iiûte'^de
faire raboniiniilion" (dns finirniilles) apr»'s la priw *
de souille ' ;
' HH, \ ^ . voir à \Ti, i8. — ' CCOXn , voir à XTll, i. —
* Voira XT. lo, el i wn, 8. — * nu>«, Jfb. voir a xvii, th.
== iJ) «s "^ ^ /l^ J ^'' ^*>^'>*** P* ''^1^ l'oinunt. pn*r. vi «t p.tt.
sim: pap. (;n. de Londres, m, «5; Ti. 7( n, si, sS; t, ■ ; pap. ^n.
fl)> Initie, \x, 3; pap. g:i. de Par. . m, «; Rhind, n* h, qui traduit
/k (p/M./ P*"" •Î^^W «^ j!|[>"J«i"r.,uilourl.o
/ ys^ sa valeur ^~ iioas «l rournic par le bilingue Rhind
(n* 76); (n est de pin» transcrit en grec à plusieurs reprises
itovtp par le |>apyrus bilingue de Londres, et lloHpiC par le bi-
li.iguc de Berlin, etc. On a ausM les i^iiivalence» ( ^__ \^6 fc- '
OCOp, OlipiC; j Tyl'J CGNnonpiC, eU . . dans uni-
multitude de bilingues. — (<>-^) • ptyopn, cyopn , * ■ f .
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. L^9
(9 , XXIX.) à savoii^ : ces douze mesures do résine ^
de nitre^, de sel^, de drogues* de cuisson'',
drogues destinées à ses plaies *"'
(10, XXX.) et qui viennent" sans qu'il (le grand
Esprit) ait pitié ^ de celui qui a été frappé *•* dans ses
chairs ^°.
VI, 4; cf. Poème, vefs 88, t/- ^ 2i- C "" / J^/ kI^^ est
traduit O IIPOÛPIMOi: SlIOPOi: «la première semaille», dans
Canopb, Chrest., p. 173. — ' rcutc, I^ V^t, voir à xi,
10. ^ — * XI , ^ ^ — I , voir à XVII, 2.3. — * Niqe, voir à xvi, i9..
' ,^ ffj] f 9 (cON-re) est traduit ! ^^^ • dansRhind,
n* 2 23; voir aussi Pamont, préf. , p. 1, tarichente d'Ibis; Rrv., II,
lî, pi. 3 et 5, — 2 I n *"*** ] * 20CM, VI, 9, xvni, 9; xix.
22; Poème, p. 199, pap. gn. de Leide, v, 12. Dans Setna, p. 9,
le même mot avec le détermiuatif «funeste» désigne les menstrues
de la femme. — "8 ^^ j * ZMoy, cf- xxix, 22; pap. gn. de
Londres, 11, 9; verso, i, i ; pap. gn. de Leide, verso, vi, 1; iv, 2.
— ((i-lO) 4 • ^ xvill, 23; XXIV, 2; X\l\, 16; XXXII, 12;
Moschion Rev.. II, 11, pi. 70; Poème, p. i54 ; pap. gn. de Londres,
140 JUILLETAOIT l»UC.
(il, XXXI.) J — --T J?!I^T«-t^
(la, xxxu.) v>is.a-X:iHJvv^
(i i,xxxi.) Celui-ci ne peut dire:* Arrête 'ta mu in'^ *
dans l'action ignominieuse^ de celui qui momifie^
(12, xxxii.l l«> cadavre* de l'homme de Dieu : il
est enseveli •'dans la inonta^iio " av»'r s»>s baii(l»'!t'ttos*.
III, 90, 9 1, 31; IV, l.>-, |>'<l>- U"< il*' Lcnlc, irr^u, m. 1 .i ; I, f);
Vf, I, 9. — * ^GM, ^MOM. \oir (U^opE {Chrtst. , i34); Koiin.
VIII, II, elc. - • CAty, n*V- • voir i xi, i8. — ^ J a,
voir à XVI, 6. — • NX, voir i XTi, n. — • Palpel de MXU) ou
HQQ). — •• XM, l<J« %.. voir i XTII. h.
' ^^' \ ^'a^' ^"'•' * *^' "• — ' TOOT, Tii, «4; xnr,
91; XVIII, II; x\i, 3; xxin. 9^, «te.; Poème, ver* 9. 3^. 69;
Motckion Rec.. II, n, pi. 68-69. ^ particule Al' riTOOT
«par la main dei est traduite IIAPA ou V ,m-^ dans les bilingues
Clirest.. 197; Famont, p. 98; bil. Berger, p. 39. - ' BCDTG,
• V^^., voir à \i, 10. — ♦ — _ I "^^ — . •iDomifieri. de H
1 — •£ t momie». — * ^*^ , ^S — . ^ 1L ^T*- •'""* '« '"'•
Rhind (n* 34 1) signifie tantàl **^ «ventre», tantôt ^^ •ca-
davre». Dans trois passages de notre document (xxni, 3; xwii, 8.
9) le mol ^}^ est l'cril / Cjft C ■ Le signe ^^ mpn'-senl*'
'« i^"^ biératique. — (<*-8) • ocuMC, voir à xvi, 93. —
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. L'il
(.3, xxxm.) ^I^XT^-^JSf^lf
(i4, XXXIV.) J'- [■^i-ifT°'-'XI«lP
(i3, xxxiii.) Le maître^ de la barque^ funéraire
(le défunt) ne mettra pas les biens ^ en réserve* pour
les emporter^ à la montagne avec^ lui.
(i 4, XXXIV.) On ne donnera pas de délai ^ à celui
qui les laisse^ pour les jeter ^ (les céder) à un autre
après lui.
' TOOY) mMa, voir Poème, vers 78, 80, p. 16, p. i6i;
KouFi, xii, 12, 20, 22, 25, 28; XVI, i5, 3i; xvii, 9; xviii. G,
20, Z!\\ Rev., IV, 84, 85. — ^ KXIC6 de KCUC curare caduvcr,
^ V— I , -^ -— ' , Poème , vers \ 5 ; Rt'v. , Il , 11 , pL 3 ; Leide ,
vili, 26, 29, avec la traduction TAOH. La même traduction est
dans Rosette, Clirest.. 34 , 181; Pamont, passim; cf. Setna, 80, 94.
' iiNHB, ■^^^^^, xvin, i3; xix, 3; xxiv, 16, 21; xxv, 17;
xxxji, 2 , i3; xxxiv, i5. 7 X^ . I est traduit KTPIOi) dans Rosette
Chrest. , p. 2, par -^^ dans Pamont, 56, 58 et Rbind, n" i56,
voir Poème, vers 38, 87, p. i3i, 147, 2o5, 206; Setna, p. 92.
Il s trouve sous la forme liée tt^ dans le Koufi, voir l\ev., iv, 8G,
à propos de Koufi, xii, 23. — * Voir à xvi, 11. — ' I ® . —
* CtDXn, \oir à xvii, 1. — '" XI, ^ V — 1, voir à xvn, 23. —
« NTOOTM «dans sa main», voir à xviii, ii. — C-'J) ' Factitif
14S JUILLETAOCT \996.
(.5. XXXV.) KT^'^-XlJf'^ — V<«
(i5, XXXV.) Celui qui compte* sur Dieu et sa
force ^, relui-là l'aime* sur terre*.
de f jfW z^xB"*^. xae idoWe de w», «ur lequel voir
wii, II. Un autre farlitir '!(< f «^ • ^*^ ■*<' ^^*f dehouti,
C02C. rednnjurrt. corripere (m, i; U, 4; XI, 8; 1\TI, lo). —
* ccuxn, voir i xvit. i. — * tu>OYi, n, 3; XTin, i4; sut.
'7 t^ 2'^ 6n//Ço iu II *»^ "«•"'' !*•• ""^
ITPK-'i'Q ATTHN, dans le pap. gn. de Ldde, viu. s8-3i(
cf. Koufi, xn. iS, i8, aa. 17 [Rn., it, 85), Seina, 43; Poènie.
vers 35, p. 100, «i4; Wrr.. Il, It, pi. «l; pap. gn. Hr T.ondn!«,
VI, 36; Corptu. t II, pi. 1. I. 18, etc.
* *"" ^-^' *"''' * *^'' **• — * fixajTc, CT^v— I, voir
à xn, a. — 'Me Mcre, ^**^3^. voir i xv. i5. — * »••.
00, voir à XV, 19. Dans lortltograplie ^"^Y de notre docu-
ment ^ = A remplace surplombant \ ™ I • ^
trait inférieur du caractère a fini par être pris pour \e s)ilabi«|ue
to qui était primitivement marqué |»ar le trait supérieur. ^^ Celui-
ci a été remplacé par un f complément plionétique de to . de là
noire transcription qui n'est exacte qu'i ce point de vue graphi-
quement ? =7' ^■i'' comment Iranscrirail-on, quand f » |
marque seul l'idée de ••• to f terre» (ce qui est fréquent)?
LE PAPYRUS MORAL DE r.EIDE. 143
(16, XXXVI.) T.l.'-Xl j— X^:iéli
(,7, xxxvii.) »3!XJ«>-1-i:!«11l
ni
(16, XXXVI.) Le don ^ de Dieu pour rhomuie de
Dieu grandit^ et fortifie son cœur^ en ses temps*
de miséricorde ^.
(ly, XXXVII.) (Mais) grande ''est f abomination'' de
ceux qui ont ouvert^ la route, pour établir que les
maisons soient laissées *■' à autrui.
' u>xii, III, 19; X, 10; XI, 12; xiii, 4; XVIII, i6; voir Rosette
{Chrest., 12) <0 O-'^y V/ «il lit don». nE<I>IAAN0Pf2-
riHKE, Moscliion Bec. II, II, pi. 69; Setna, p. 1 1; Koufi, xviii, i5.
16, 29. Duns tous les contrats de mariage sep sert à rendre le don
nuptial (voir mes Clirestoinathics). Sep signifiant «don» est devenu
ii)SU désignant le prêt sans intérêts en copte. — - AI XI , cf. xvi,
1 , 2 ; x\ir , 2 ; voir à x , 1 3 -, xvii , 9 , 1 3. — ^ 2 H T , —^ ■#• ti^ , voir
à XVI, 3. — * coycoY CHY, 0 H 1, voir à xvi, 21. — =^ nx,
voir à \vi, 12 etxvui, 10. — * Cf. xxx, 19. — ' bcotc, JV^^.
voir à XI, 10. — * XCU , 7 ^jk , voir à xv, 12. Dialectalemeiil
ie même verbe s'écrit KCD , C-^ ; Koufi , xiv, 8 ; pap. gn. de Lnide .
XI, 10. est employé comme variante de T jk ^ ; Masprro,
Eludes sur quehiues peintures , p. 110, .j_j = i %k ^ ,
— 9 ccuxu, voir à xvi, i.
Itl JUILI.ET-AOCT 1906.
(.8, xxxMii.) XT--TirM!*'"X
(i8, \x\Mii.) Celui qui fait coniuiUn' ers chose»
sur rhoinme de Dieu ne laisse pas l'abonclaiicc '.
(19, XXXIX.) Le boire', le manger*, sans IW'rc*
(|ui t'ait laissé* wla, sans père* ou mèn*'' <jui l'en
ait rourni*;
' >^ •— '. voir à it. 10 et i i?n. 8. — * C">» P^^
^. voir à wii, is. — » oy<M>**, f V 2) ^"'"^ * **"' *''
— * CON, f . Le signe démoUque est traduit |>ar I rt |Mir
AAEA<I>Oi: |>ar Ca^opb [Ckntt., n5, i»8). La ni^nw Ira-
dncUon I est dans Rhind. n* a3a; on trouve la transcription
CXN dans le pap. bil. de Ix>ndres (tu. sa); voir dans notrr docu-
ment x\iv, i4. i5; \ivui, 16; iiiv, 7; aussi bien que xviii, ai;
cf.Setna.p. io4; Corptu. L II, pi. a , 1. 6 ; Poèn»e , vers ^i etAa,
p. 167, aai. La planchette bil. n' ig porte W\. y =■■ COHTl , et
la pi. bil. n* 5 (cf. n* 9607, 9478, 94S3) transcrit son *nan. I^
pi. bil. n' 8 H J J^^CeN •^XNCNOTOC. — * cou-
xn, voir à XVIII, 1. — (*-*) • eitUT, l*"^' ( ^ '^^ t^
^. Ce mot, avec la double traduction l_^ et IIATHP, se
retrou\e dans les deui versions de Canope (cf. CkreMl.. 137), et
LE PAPYRUS MOUAL DE IJ:iDE. 145
(20, \L.) m©" I — >yni)^M^ V^iw-.
(21, XLI.) W<2*2j '^«^-^ I ^S-^)^/^:— :
(50, XL.) Un jour bon avec ce qui te suffit pour
être au large ' , sans ^ qu'un autre nit été prié ^ pour toi ;
(21, XLI.) Un regard^ satisfait [mot à mot :
agrandi^) a\ec ce que tu aimes ^ sans cju'un homme
sans vergogne^ ait rassemblé pour toi^;
dans Rosette ( Clirest.. 1 (3 ) ; cf. Poème , 1 3o , 1 3 1 , 1 3 4 ; 191. Le mot
)\pI Yi O traduit toujours OIAOnATiiP. — ' MA^y,
^jlll , voir dans les trilingues 'j y/ — ^ = traduit ^lAO-
MHTflP. La traduction ^||| 4» se trouve dans Pamont et dans
Rliind, n° 117. Le bilingue de Berlin porte l/^ /J "^ L =
iiMoyeic, L//^/j nLi L = ©otomoyc; cF. Poème,
vers 4/1 , et tous les contrats portant pour ces parties le nom de la
mère après celui du père. — " CXZNe, cf. Moschinn Bet., II, 11,
|>1. 72. >
' ovecocuN, V P ^ -^ . voir à XVI, 21. — {^-^) - gmn,
-^rj -^ ^ . Dans notre document ^2— *) M «sans», 11, 6;
m, 2; IV, 6; VI, 23, 24; vu, 1, 3; xviii, 19, 20, 21; est
146 JUILLET-AOÛT 1906.
a-:p
( a a , XLIL ) Une femme belle «'t bonne , »'»prouvée ' ,
iiinsi que sa bonne nature" intime, sans <|ue tu con-
naisses de d^honneur"' à son suj«'t;
(a3, xliil) Vr»il;i 1..^ remcîdes* du temps (h>s
parallèle à *% (/ < "• ^« vi. is, i3; vit, k et panim: voir aussi
pour aun, MMOM, VI, 19; wvii, 31. I^> hilingiii! Berger trediiil
ANET Kt par cyT (aa etSg); Pamoat '^.cl. Poème, v«nài.
60. p. a38. — » QiXHK, voir & m. 19. — • Cf. m, ig.'&xTi,
8; MIT, 7. 1 1; Pamonl. (p. 36) traduit ^^ j( O — T f»ar]^
N«^;CAiiora(CAr.. i63)prOPAllX;cr.Koafi.xi. i3. a4;xii, 17;
/?iT. . IV, 77, 79, H5. Pour la Iranscriplion et la lecture voir une
longue note de iiioii Petiliast. — * Voir xvii, 19. — * ^^ j^
Merc,Me, voir à xv, i.S. — ' \\<t XAXI, voir à \, h. —
» ooY<UT •iOY">''' . • \ • \ I, voir à xvi , a3.
' Xu>NT, II, ai; XII. i5. a3; XIII, a; xiv, 4; xviii. aa ; xwi,
^\ pap. gn. de Londres, tt, la; v, 3; Tfil, la; pap. gn. de Leidc,
I, i4; VII, 3i. — » I V M' "' ^' "' ^' '• ^« 9' '*•♦ ^'"'' 9'
IX, 5, 19, aa; XI, 7, 10; xn, i'4; xm, a; xir, 16, a a; xv, 3, 5;
XTiit, aa;xxii, 8; xxni, i4; xxt, 17; «n, i3; xxtii. ao; xxix,
6. — ' CUJU^M. voira X, 18, elàxTii, i3. —* *^^ * .voira
XVIII, 9.
LE PAPYRUS MORAL DE LEIDE. 147
COLONNE 19.
( 1 , XLIV. ) i^J^'^'^CT' '^1^'^-^'*^'^*
contre-poisons de la vie) pour que tu ne sois pas
foulé ^ aux pieds et que le grandissement^ de Dieu
soit en ton cœur.
COLONNE 1 9.
( 1 , XLIV.) 11 y a celui qui prend ^ pour lui sa part *
dans son existence , sans excès ^.
(2,XLV.) Il y a celui qui amasse pour laisser **
l'abondance^ jusqu'à ce que^ la mort® arrive'".
' zcDCDMe. — ^ xixi, voir à wir, 9. — ' Xi , ^ V— «, voir
XVII, 23. — '' ro, voir à xiii, 5. — ■' "V— , voira xvi, 10.
— '• ccuxn, voir à xvii, 1. — ' ^^ ' — ', voir à xvii, 8. —
* cyxTe, XIX, 2; XXX, 12; XXXI, i; Corpus, t. II, pL 2, L 23.
Pour C1)X, cf. XII, 20; Pâment, passim; Poème, 201, 2i4, 935 ,
237; Moschion Rev., II, II, pi, 65 et 71, etc. — " nNOYi voir à
XVI, 17. — "• nu>2, JK) , voir à xvn, i4.
10.
148 JtlLLKT-AOÛT 190«..
(3,xLvi.) J,^«XT3t*JE>»"^,S^
(5.XLV....) |«-X"JM^<«XPZM''
(3, XLVi.) Le maître * de la barque' (le futur dé-
funt) n'est pour rien dans les provisions' (de cette
barque), je veux dire wlui qui en r«'roit* une part*.
(/i,XLvn.) Ce n'est pas le glouton*' qui prend"
soin de sa nourriture '^ de demain^.
(5, XLYUi.) Quand la destinée et la fortune arrivent
c'est lui (Dieu) qui les fait surgir.
V ers 5 I '0.
' riMHB, '^^^^^ »o«r à XVIII, i3. ' {^^, voir à \vi, i i.
Il ^^^
— ' ""*•, voir à XV. lo. — * Xi. voir à wii, i3. — * TO, voir
à xni, 5. — • ■*"*.- — I -ai.^ , \()ir à w. 7 — ' poOY^y . voir à
X, 19. — * i)re, ^ <^, voir à w, ai. — » pxcTC, voir
à XV, 16. — '• L'addition est incxartr. Manqiie-l-il 3 \«'r'< nu rha-
j)itrp ?
[La mite an prochain cahier.)
ETUDE SUR LA MUSIQUE ARARE. 1^0
ÉTUDE
SUR LA MUSIQUE ARABE,
PAR
M. COLLANGETTES S. J. ,
PllOFESSEUU DE PHYSIQUE
À L\ FACULTÉ FRANÇAISE DE MEDECINE A BEYROUTH (sVUIE)
^SECOND ARTICLE.)
CHAPITRE IV.
LES GENRES ^
Les sons, pour former un chant, doivent être
unis les uns aux autres, d'après certaines lois. Un
premier groupement formera «les genres», et, en
groupant les genres entre eux , on obtiendra « les
systèmes» qui sont l'expression complète, le schéma
d'une mélodie de tonalité donnée.
Mais pour grouper les sons, il faut savoir calculer
la valeur des intervalles nouveaux, résultant de l'ad-
dition ou de la soustraction des intervalles primitifs.
Avicenne et Safî ed-Din nous donnent pour cette
opération quelques règles pratiques.
Premier cas. Ajouter deux intervalles exprimés
en fractions.
150 JUILLET-AOCiT 1900.
\je résultat donnera trois sons exprimés par dos
nombres en proportions définies. Le plus giand de
ces nombres s obtient en multipliant les numérateurs
des intervalles l'un par l'autre. Le j)lus petit est égal
au produit des dénominateurs ', et le produit du dé-
nominateur de rintervalie grave par le numérateur ^
de l'intervalle aigu donne le terme moyen. I/inlervalle
total est ej^rimé par le produit des facteurs.
I* Exemple : Ajouter ' | à - du côté aigu.
9X^—36 8x3 — a4 9x3 — 27
Les trois notes sont ; 36, 27, a A.
•te •>
L'intervalle résultant est — r^- c'est-à-dire la
quinte.
2" Exemple : .\jouter | à | du côté grave.
9x4—36 8x3 — a^ /ix8 — 3q
Les trois notes sont 36, 3i , 2/1.
L'intervalle résultant est encore la quinte.
Deuxième cas. Diviser^ un intervalle en deux,
trois ou quatre parties égales.
11 faut multiplier les deux termes du rapport par
2 , 3 ou \ pour qu'ils comprennent un ou plusieurs
nombres entiers. Les nombres ainsi obtenus sont les
nombres demandés.
^ ETUDE SUR [.A MUSIQUE ARABE. 151
Exemple : Prendre le milieu de -,
4x2 = 8 3x2 = 6.
[/entier intermédiaire est y. Les deux intervalles
sont - et |.
7 6
Troisième cas. Retrancher^ un intervalle d'un
autre. Si la soustraction se fait par le côté grave,
multiplier le numérateur du petit rapport par les
deux termes du grand, on aura les extrêmes, puis
le dénominateur du petit par le numérateur du
grand , pour avoir le moyen terme.
Exemple : Retrancher - de -.
4x3=12 4x2 = 8 3x3 = 9
Les notes sont 12, 9, 8. L'intervalle résultant est
^ • 1 = 9
2*38*
Si on soustrait par l'extrémité aiguë, multiplier
le dénominateur du petit rapport par les deux termes
du grand et le numérateur du petit par le dénomi-
nateur du grand.
Exemple : Retrancher ^ de -.
3x3=9 3x2=6 4x2=8
Les notes sont 9, 8, 6. Le quotient est encore |.
Cela posé, abordons l'étude des genres.
1 Jiki.
152 JUILLET- AOÛT 1900.
Al-Farabi, Vvicenne et les anciens en gt^néral
définissent le genre : l'ensemble des intervalles ob-
tenus en divisant la quarte en trois parties. Le tétra-
corde était alors la base de tout développement.
On créa ensuite des genres par la division du pcnta-
corde et d'intervalles moindres que -. Aussi Sali
cd-Din propose-t-il de définir le genre : l'ensemble des
sons dont les extrêmes comprennent un intenalle
moyen, à condition de définir les intervalles moyens
ceux qui sont compris entre l'octave et l'intervalle
-. C'est juste, ajoute-t-il, car les intervalles ^» v» ?
sont d'un mauvais effet dans la modulation et ne
doivent pas être appelés intervalles de modulation.
Parlons d'abord des genres issus de la quarte.
Tous les auteurs s'accordent a les diviser d'abord en
genres forts' et en genres doux^. I^e genre est •fort,
lorsqu'un des trois intervalles n'est pas plus grand
que la somme des deux autres. Il est doux dans le
cas contraire. A son tour le genre doux se subdivise
en ■ nonnal ■ * si le grand intervalle dépasse le carré
de la somme des deux autres, et en «coloré»* et
« ordonnateur » * dans le cas contraire. C'est là une
division calquée sur la division des genrej» grecs en
diatonique, chromatique et enharmonique. Al-Fa-
rabi*"' en explique les termes, en disant quel'ordon-
* ^h7.m ^1 JoLJI. — 'Le genre que Al-Farabi appellt; «onlon-
natnuri est appelé ■ nonnal ■ par Avicenne et Saft c«l-Din.
ÉTUDE SUR UA MUSIQUE AHABE. 153
nateur est tellement doux ([u'il ne fait quebaucher
l'impression dans l'âme. Le genre coloré ajoute le
coloris à cette esquisse, et le genre fort la burine.
Mais la classification des genres ne se borne pas
là. La musique arabe théorique est toute mathéma-
tique, et le catalogue de ses genres est une page de
calcul de combinaisons et de permutations. On re-
tranche successivement de la quarte 7, -, i, -, f
^ il b b '] o
et on partage le reste en deux parties égales, ou bien
en son tiers et ses deux tiers. On passe alors aux
permutations, et chacun de ces genres fournit six
espèces ^ Si le grand intervalle est au milieu, il
en résulte deux espèces, dites « non ordonnées » -. Si
l'ordre de grandeur est conservé, on a deux espèces
M ordonnées continues » •'. Sinon , les deux nouvelles
espèces sont « ordonnées non continues » '.
Viennent ensuite les genres avec redoublement^
de la forme 1-]--, i-(--, reste, et les genres de la
forme i-f--, 1+ — -, reste. Chacun avec leurs es-
(1 li — i
pèces.
Enfin quand on a épuisé la dissection de la quarte,
on passe à celle de la quinte et à celle des intervalles
plus petits que -.
Voici le tableau des genres d'après Safi ed-Din.
154
JUILLET-AOÛT 1906.
Les mêmes intervallos se retrouvent , quoi(|ue groupés
un peu différemment pour les genres doux, dans Al-
Faràbi, et dans Avicenne. N'oublions pas que
chaque genre, en permutant les intervalles, donne-
rait six espèces.
/ Normal .
Genr(>!« doux./ Colora,.
<)rilonnaU>ur,
' Intfirrompas. ,
fîpnres forts. ^
Avec
' redoiihlRmcnt.
faible ^ ^
. . .'. ■>\ ^«
«énergique ^ - -
faibl. -î^-
. 6 I,') ï8
^n^m^u. ; 7T ;:
laibli- « -7 -r
, . 7 I» 11
*«»»K"r»'' 6 --
faible .—
7 ■• i3
enereiqiie. . • — -4
7 19 iS
i' f Ll 1 ^9 '•'1
faibli-. - —
faible
9 10 II
, 10 9 iC
énergique.. - - -
8 s «9
7 7 ^
9 9 îT^
8 8 i^S
., 10 m 81
9 9 75
ETUDE SUR LA MUSIQUE ARABE.
155
Genres forts
150 jni[,LKT-AO0T 1900.
Les genres issus de ia quarte divisée en quatre,
delà quinte ou d'intervalles inférieurs à - s'appoHont
des « isolés ». Les voici :
/ i" isolé ou Isfaliai). . . — -=• -r -r- EnseoiWe = ,.
Il i.t i4 iS 3
a* isolé ou Raliawi ... — -r -r* Ensemble = -.
II |3 il 4
, Petit iMilé ou Zirafki'nd ) it i.1 3S 9 ■<> ,, ., 3
isoiis. . ( Koudjak ^ i3 n 35 8 9 »
J >.••••>■ • 1 i 1 3 96 T< Il "
I P«'lil i»ol«' réduit -r — rr« Einemble = ^.
I i3 11 Sa .s
I (îrand isolé ou Roux-) i4 s i3 t\ *<7 n ii ^
I , J -r ï — -. Ënsemlile — -.
rouk ) iS 7 I* i3 lis 1
Comme nous l'avons déjà fait remarquer en par-
iant de la gamme, la pratique réduit le nombre de
ces genres, soit en rejetant ceux qui ne plaisent pas,
comme les genres doux, soit en identifiant ceux qui
sont voisins.
Voici, traduites en égalités, les identifications ac-
ceptées par Safî ed-Din.
' Prs.:^,U^I.
» Prs.: Os;&l^3 ou j^Jjrf;.
* Prs.: î)jy^ = grand.
ÉTUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 157
i" lort redoublé = 2' fort redoiib]é= 1" suivi =
1"^ interrompu, c'est-à-dire :
9 9 25G 8 8 ^9 8 9 2b 8 1.) lA
882/(0 77^8 7827 713 i3
3® fort redoublé = 2* suivi = 2" interrompu, c'est-
à-dire :
10 10 81 8 10 16 9 59 64
9 9 75 9915 8 54 09
3" suivi = 3^ interrompu, c'est-à-dire :
101112 101112
9 1011 9 1011
Le même auteur fait ensuite un remanieipcnl
purement pratique, et, partant de la tablature du
'oud, donne un tableau de dix genres plus usités
de son temps. Les noms en sont presque tous
persans.
Les voici; les intervalles sont représentés par les
chiffres tirés du tableau synoptique précédent.
L 'Ochaq {(i[ld). 11^, c'est le 1^^ fort re-
doublé i"" espèce '.
^
* Ces fractions ne correspoiulciit pas rij^oureusemont à la tabla-
ture du 'cuti, mais les différences sont inappréciables, nous les
avons adoptées pour montrer le rapprocbement entre les deux
classifications.
158 JUILLKT-AOOT 1006.
2. Nawa {^). I 4t 5' c'est le i" fort red.)ublé
o a i j o
2* espèce.
fiatva .
r 3. AbousankouBousalik(viM-.î^'ï). !^ 9 i», cV-sl
le I " fort redoublé 3' esjjèce.
abfiusalik ou ôouanlfk .
4. Rast (is^\^). I II 1^, c'est le a' interrompu
faible i" espèce.
i
i
i
1 1 Sso 9
5. Nourouz («iv]- — — - I. c'est If séparé
tempéré 3" espèce.
nouToux
6. 'Iraq [^j»). I7 | r-. c'est le q* interrompu
faible a* espèce.
vmq.
ETUDE SIjR la MUSIQUE ARABE. 159
7. Isfahan (,.X^us\). — — L. i-, c'est le premier
^^ ' 12I.)l4l5
isolé.
isfahan
1(4 4 i3 i4 117
8. Bouzrouk (^f.i). 11 1 1:1 11 m, c'est le
grand isolé.
bouzrouk
9. Zirafkend (^J^^IoS) K l^-'^l, c'est le petit
isolé.
zirafkeyid .
*
^
10. Rahawi (c^rA)-. - -^ -^, c'est le second
isolé.
^^
s
L'indication de ces noms est doublement pré-
ieuse, d'abord parce qu'ils montrent l'influence
' La tierce donnée par les chiffres est -, celle du doigté est
' La tierce naturelle 7 devient dans la notation la tierce pyllia-
. . 8. '^
^oricienne — .
160 JUILLET-AOCT 1901..
graiidissaiile delà imisiquc ptTsaiu', puis, parro
qu'ils sont un trait d'union avec la musiqur moderne,
tous ces noms étant usités encore aujourd'hui pour
désigner des modes. La musique moderne a en
effet ses modes analogues aux systèmes aneiens,
mais elle ignore complètement rimporlaiirr rie la
quarte et sa divi&ion en geiu'es.
CIIAPITRK V.
LKS SYSTÈMES '.
Lorsqu'un des grands intervalles e^t renqdi par
des intervalles moindres, l'ensemble ainsi formé
s'appelle un «système'». Ces intervalles moindres
ne sont pas groupés d'une façon qnelconcpie, mais
d'après les genres. Aussi Avicenne défmit-il le sys-
tème : l'ensemble d'intervalles mélodiques compre-
nant plus d'un genre. D'après cela, 1» quinte y)eut
constituer un système, on l'appelle système impar
fait ^. La double octave, c'est-à-dire le groupement
de quatre létracorde» et de deux tons, est regardée
comme le système absolument parfait ^ Introduit
après coup, dit Avic<»nne, il fut rapidement adopté.
Cette notion de systèmes n'existait pas dans la
musique arabe primitive. Elle fut probablement in-
troduite par Al-Faràbi. On sait que Isbahani, dans
dans son Kitâb al-Aghâni fait toujours suivre les
ÉTUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 161
chansons dont il parle , de l'indication de leur tona-
lité et de leur rythme. Or les expressions désignant
les tonalités, quoique répétées des centaines de fois,
se réduisent aux huit suivantes : •
Motlaq fi majra al wosta '.
Motlaq fi majra al bincir '-.
Sabbaba fi majra al wosta ^.
Sabbaba fi majra al bincir ''.
Wosta il majraha ''.
Bincir fi majraha •*.
Khincir fi majra al wosta ^.
Khincir fi majra al bincir *,
Parfois les expressions sont simplifiées :
Wosta avec le khincir ^.
Ou plus brièvement encore :
Wosta. Bincir. Motlaq.
On a fait bien des conjectures sur le sens de ces
expressions. Essayons d'apporter notre contribution
à la solution du problème. Que veut dire d'abord le
mot majra ? Le verbe jara ^^ signifie « couler, courir,
avoir lieu , s'exécuter » ; et majra , « lieu par où se
fait fécoulement, passage, tuyau, courant ». Ce sens
matériel, appliqué au luth, désignerait donc fen-
droit où se produisent la wosta, la bincir, leur
— " '-^'t^ (a» •f'^^ . — ' cr'^rî-" (Sfs' <g^ f^^^'^ . — " çjà j>fl.;-;>
m JUILLET-AOÛT 1906.
touche, leur destan. Sahhaba Ji majra al bincir se
traduirait mot à mot : » l'index sur la touche de
l'annulaire». Cela pourrait s'entendre, soit on ad-
mettant un genre doux nonnal , dont le premier in»
tervalle est une tierce, soit en supposant la corde
réduite par un roulant , de façon tjue la corde lihn^
donne la sahhaba ordinaire. La sahhaha deviendrait
alors la hincir. Mais si cette hypothèse peut, à la
rigueur, être admise dans le cas précédent , comment
l'appliquer à l'expression : moflaq fi majra Ui bincir?
La corde devrait ^tre serr(*e au « destan » de la hincir,
et si on ne démanche pa», il ve^te un demi-ton à
chaque corde, puisqu'elles sont accordées par
quartes. Si on démanche, c'est une simple trans-
position, et nous savons d'ailleurs quH les Arabes
n'aimaient pas le déinanchetiient, puisqu'ils ajou-
tèrent une corde au luth, exprès pour l'éviter: Ce
sens matériel du mot majra , ne me parait donc pas
soutenable.
Les auteurs ancien» n'expliquent nulle part, à
ma connaissance, l'acception technique de majra;
quant au verbe jaia lui-même, je ne l'ai trouvé
que deux fois à un mode personnel. C'est dans la
Rissulal de Yahia ben *Ali ben Yahia. V^oicî les
deux phrases , d'ailleurs assea peu instructive» : « Sur
cela est basé l'accord des sons dans les chants des
Arabes, et d'après cela s'exécutent toutes les espèces
de chants ^ » — « Voilà l'explication do ce qui con-
JLiJI .
ÉTUDE SUR LÀ MUSIQUE ARABE. 163
cerne iés sons, et ce qui en découle ^ » Y a-t-il dans
l'esprit de l'auteur une relation entie iajri et le mot
technique majra? Il est difficile de le dire. Il ne
nous défend pas , en tout cas , d'écarter le sens ma»
tériei.
Rapprochons et discutons quelques autres textes.
Du même Yahia, voici un passage, sinon absolument
clair, du moins fort suggestifs : « Les sons de chaque
<( tabaqat « forment deux « majra » , l'un attribué
à la « wosta >- et l'autre à la « bincir », et les sons pro-
duits par ces deux doigts se substituent l'un à l'autre
dans les chants, et ne vont jamais ensemble. Il y a
six sons concordants : corde « mathna » libre , « sab-
^ Jl j-^^ij fgJa^^\ J! Cjy«J>j» l$0^;a.i y-^^SÎ y^ *4^ J^^y*
L«.j_l_< »J^^.t^ J^.>^,> % LiiJi (fi yL3LJU^> yLx.*jio2)| «J^ [jf jia ; i .U
*■» * li OMv..^! 8>>Js oX^iit (jU L^UxSLj ^xj» LjUxjI juJLc (jiwuJt ffijJ\
(£■) ?* *-^ ■J'rï-J^ '-^tiJI i:vyuaJ! <^^-«»J_} ^o-ÀsiJ (^y^Jl yO yuaJuJl Jl£
L-^-X^ JLiixi^! jo-ijJI ^-J^i)! (j* (jUj>W-" u^'il! l-«!j yL.^^1 l^i!
Si
164 JUILLET-AOOT 1906.
baba « et « khincir » sur la mathna , bincir sur la corde
« 7ÀT ». Tous ces sons s'accordent avec les deux inajra ,
et si on combine ces six sons avec (la wosta ?) ils s'ac-
cordent avec elle , comme ils s'accordent entre eux.
Et si on les combine avec la bincir, il en résulte le
_majra de la bincir, le cbant est attribii»' ;« la bincir,
et on dit qu'il y a majra al hincir. Quant aux
quatre sons discordants, deux d'entre eux ne s'ac-
cordent pas du tout, et ne se rencontrent pas dans
le même chant : ce sont la wosta et la bincir de la
mathna, auxquelles sont attribués les deux majra.
Les deux autres sons des quatre discordants sont
la wosta de la zir et la bincir de la corde « mithlath > ,
qui ne vont pas ensemble; mais la wosta de la zir
s'accorde avec la wosta de la mathna dans son
majra et la bincir de la niitlath s\'t<M-r>nl<>
avec la bincir de la mathna dans son majra
Al-F^arâbi de son côté s'exprime ainsi • :« Le nombre
des « qouà ■ (toniques dans le luth) est \o même que
celui indiqué dans les instruments à cordes libres,
parce que si elles peuvent aller avec la bincir, elles
ne peuvent pas aller avec la wosta , et si elles s'ac-
cordent avec la wosta , elle« ne s'accordent pas avec
la bincir. »
Et Al-Khowarezmi dit * : « Dans la quarte il y a
\i\f (^ h ,M,jJl l^iu* ^ ^ y.n;Jl J^ is^.ym bt L4JU JuLJLk^ ^b^l
^UlaJI '■4x4 y-^-J ^ ts>t ^ h i»jJl ^^JX c;»,;^ m .
ETUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 165
quatre sons : motlaq, sabbaba, wosta, khincir, ou
bien motlaq, sabbaba, bincir, khincir, parce que
dans cette base du chant, la wosta et la bincir ne
sont jamais ensemble. »
Dans le manuscrit du Kîtâb al-Adouar de Safî ed-
Din , nous trouvons cette note marginale : « Les an-
ciens Arabes désignaient les sons par les touches du
luth, on les mélangeait avec le son d'une autre
touche , et on appelait cette combinaison le mélange
des doigts. On disait par exemple : sabbaba fi wosta,
sabbaba fd bincir ^ »
Notons enfin que souvent l'expression fil majra
est remplacée par la simple conjonction « avec »:
wosta avec la khincir.
De tout ce qui précède il ressort que :
1° Il y a deux majra, celui de la wosta et celui
de la bincir, et cette wosta et cette bincir appar-
tiennent à la corde mathna.
2" Il y a deux séries de gammes incompatibles,
celles où entre cette wosta, et celles où entre cette
bincir.
3° Ces gammes sont différenciées d'une part par
(Ôp-*3;'>-«^ (J^jJ (^ >>'^l iji <y-*^ aMI .Xi-c 4! uLJb c>^l ^'-*-«
(Edidit G. van Vloten, p. 242).
106 JUILLET-AOOT 190(>.
la présence fie la wosta ou de la bincir, d'autre part
par une autre note.
. Les textes n'en disent pas davantage, mais on
peut, il me semble, ajouter sans trop de témérité :
/j° Cette note combiné*; avec la wosta uu la bincir,
nest autre que la tunique de la gamme.
En d'autres termes, il y a deux « voies », celle de
la wosta, où Ton rencontre nécessairement la woflta,
et celle de la bincir. Si nous désignons le doigt, la
note, d'où nous partons poiu* nous engager dans une
de ces deux voies, notre tonalité sera paria itemont
définie.
Si de simples rapprocbements peuvent tijoulir
quelque valeur aux arguments ({ui précèdent, voici
encore deux faits qui ne manquent pas d'intérêt.
Al-Farâbi nous apprend que dans le lutb à ([uati^.
cordes, la sabbaba de la matbna correspondait à la
raèse des Grecs, et la bincir à la paramèsc, la wosta
était donc la trite des conjointes. Faut-il en conclure
que les modes avec wosta étaient imités des systèmes
conjoints grecs, et ceux avec bincir, des systèmes dis-
joints? Ce n'est pas impossible, ceperuhmf l'iitialofrio
ne se poursuit pas sans diffîculté.
Dans la musique indienne moderne, on classe,
paraît-il, les modes en deux grands groupes, en les
rapportant à la même tonique r/o;les modes qui ont
le fa natui'el et ceux qui ont le fa dièse. Beaucoup
de modes indiens, du reste, sont identiques à des
modes arabes. Est-ce un rapprochement fortuit, ou
ETUDE sua LA MUSIQUE ARABE. 16?
faùt-il y voir la tracer d'une origine commune ? Je ne
saurais ]e dire.
Nous devons, pour compléter cette discussion,
voir si la reconstitution des systèmes d'après notre
hypothèse donne des résultats acceptables au point
de vue musical. La tonique peut être la note la plus
grave de la gamme, comme chez les Arabes mo-
dernes, ou bien la note la plus aiguë du tétracorde
inférieur, la mèse, comme chez les Grecs. Cette
dernière manière de voir me paraît plus probable,
soit comme conséquence de l'influence grecque, soit
à cause des difïicultés matérielles que présente la
première.
Nous avons alors, si nous donnons au luth l'ac-
cord suivant :
la
ri'
sol
do
si
mi
la
râ.
do
>
sih
mil)
ré h
S0l\)
si
mi
ré
sol
do
/«
hamm
1, mithlath.
mathna ,
zir.
motlaq fi majra al wosta : rc , mi, fa, sol, la^si^, do. ré.
motlaq fi majra al bincir : ré, mi, fa, sol, la, si, do, ré.
sahbaha fi majra al wosta : mi. fa, sol, la, si^, do, ré. mi.
sabbaba fi majra al bincir : mi, fa, sol, la, si, do, rc , mi.
wosta fi majraba -.fa, sol, la, si\y, do, ré, lni\), fa.
bincir fi majraba : sol'o, sol, la, si, do , ré, mi, sol \).
khincir fi majra al Avosta : sol, la, si]y. do, ré, mi, fa, sol.
khincir fi majra al bincir : sol, là, si, do, ré, mi, fa, sol,
11 y a d'autres combinaisons possibles, qui sont
également acceptables, mais les unes et les autres
168 JUILLET-AOCT 1900.
soulèvent bien quelques objections. D'abord, il y a
des gammes (jui se ressemblent. I\iis , si la sabbtiba
ji majra al bincir nous donne une gamine dorienne ,
on s'attend à la voir précédée d'une gainmo
phrygienne et d'une gamme lydienne. Or, il n'en
est rien, l'ordre des gammes n'est pas l'ordre grec.
Après tout, la musique arabe, à cette époque-là
surtout, n'est pas forcément de la musique grecque
pure. Influence ne dit pas imitation servile.
J'ai recherch»? enfin si dans le Kitdb al-Aghâni, il
y avait quelque relation entre ces gammes et les
poésies, au point de vue de Yiiôos. J'avoue qu'une
pareille statistique n'offre pas beaucoup de rigueur.
Cependant, si les modes graves, virils, s'ap-
pliquent presque constamment à des vers de même
caractère; si, au contraire, des modes plus trou-
blants , comme le Mincir fi majraha sont ordinai-
rement alliés à des poésies passionnées, il peut y
avoir là une indication. La concordance a été satis-
faisante et l'ensemble de ces arguments rend assez
probable, je crois, Texplication des textes d'Isbabani
que j'ai proposée.
A l'époque d'Al-Farâbi et d'Avicenne, et jusqu'à
Safi ed-Din, la musique arabe est franchement gré-
cisée , au moins dans la théorie. Le système parfait
est un ensemble de quatre tétracordes et de deux
tons séparateurs'.
ÉTUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 169
H y a trois combinaisons d'après Al-Farâbi :
tétra, tétra, ton, tétra, tétra, ton.
ton , tétra , tétra , ton , tétra , tétra.
tétra, ton, tétra, tétra, ton, tétra.
Si la séparante aiguë se trouve entre l'octave in-
férieure et les deux tétracordes supérieurs, le
système est « disjoint »^; dans le cas contraire, il est
« conjoint »^. Le système, tant disjoint que conjoint,
est dit « changé » ^ si les petits intervalles ne sont pas
les mêmes dans les deux octaves. On peut même
varier les genres dans chaque tétracorde. Si, les
genres restant les mêmes, on se contente de per-
muter les petits intervalles , ces permutations portent
le nom d'« espèces » *. La première espèce place à
l'extrémité grave ou aiguë : dans la quarte, l'inter-
valle que nous avons mis en tête en parlant des
genres; dans la quinte, le ton excédant la quarte, et
dans l'octave le ton séparateur. Il y a sept espèces
pour l'octave, dans le système parfait disjoint.
Safî ed-Din ajoute quelques détails, il y a pour
lui neuf combinaisons entre les tétracordes et les
séparantes du système parfait. Quatre d'entre elles
ont des noms.
Les deux séparantes sont :
aux extrémités graves : Disjoint grave ^;
aux extrémités aiguës : Disjoint aigu®;
l'une à l'extrémité grave, l'autre à l'extrémité aiguë : Conjoint;
au milieu de leurs octaves : A séparantes moyennes '.
1 *Lûi.m *£i.,ii.
— 2 m^xU- -
- ' ïyJ^\. — " ^IjJl. —
JjLi-^l J^iUl.. —
" js^iii jkAûijai.
— ' ^Ia«j.l! *A«Li.!|.
170 JUILLET-AOÛT 1906.
Chaque octave s'appelle une ■ périotio » daar^.
Le genre du premier totrarorde s'appelle « racine »
asi-. Un ensemble de quatre sons cons^vutirs (juel-
conques s'appelle ■ mer » hahr^.
H y a une expression qui revient fréquemment
chez Safi ed-Din et ses prédécesseurs, et qui ne
semble pas avoir été employé»^ avec toute la précision
désirable. C'est le mot tabaqat ^ Al-Faràbi défuiit la
tabaqat : l'ordre de chaque son dans l'acuité ou
dans la gravité*; Al-Kbowarezmi : l'ordre de l'acMiité
du son ou de sa gravité*. Pour Safi ed-Diu, les
quatre tétracordes composant le système parfait
s'appellent : première , deuxième , troisième , qua-
trième tabaqat. Ailleurs, chez le même auteur, les
tabaqat sont les dix-sept transpositions possibles
d'une gamme, quand on part des différentes notes
de l'échelle des dix-sept sons classiques. Dans son
Kitâb al-Adouar, il donne une série de tableaux re-
présentant les dix-sept tabaqat des douze gammes
pnncipales. ¥a pour ces transpositions, il ne suit
pas l'ordre naturel des notes, mais procède par
quartes ascendantes et par quintes descendantes. De
nos jours, ce mot UilxKjat est encore parfois em-
ployé pour désigner une gamme, une tonalité.
La tabaqat ne serait-elle pas l'équivalent du Tpéitos
des Grecs, et le mot tamdid'' « tension », qui revient
' ^. — ' JJel. — ^ j^. Peut-être ce mol bahr ett-il tiré de
la terminologie de la poésie où il désigne les mètres. — * Sx^, —
^ » ï ; tfi II ^^..«w^ JJUJI ^! ajJl ^^ L«yJU J^l^ JS mJù il*3y*>. —
ETUDE- SUR LA MUSIQUE ARABE. 171
souvent dans Al-Farâbi pour désigner «la nature
des sons dans racuilé ou la gravité ^ », et qu'il semble
opposer à la tabaqat, ne correspondrait-il pas au
tÔvos?
Quant aux noms des notes, ils sont copiés sur les
noms grecs , et ils ne changent pas , quelles que soient
les transpositions ; on se contente d'ajouter les mots :
bil (jouât 2, xaxà Svvafxiv. Il y a par exemple une mèse ,
absolument parlant, xàrà ôécriv; cest, nous l'avons
vu, la sabbaba de la mathna, puis, dans chaque
gamme , une mèse xarà Svvaynv. Dans notre musique
européenne , il y a de même une tonique et une do-
minante, qui sont toujours xa^à Svva.[JLiv.
Voici les tableaux d'Al-Farâbi. La première co-
lonne renferme la traduction arabe du grec, la
seconde la transcription arabe. Nous avons ajouté
dans la troisième les noms grecs eux-mêmes , comme
l'ont fait Kosegarten^ et M. le baron Carra de
Vaux'' :
^ Cf. Liber Cantilenarum , p. 6i. — * Cf. Journal asiatiffile , sepl.-
oct. 1891, p. 32 G.
172 JUILLET-AOÛT 1906.
VTTiT»; fif(Tan»
Xt)(avàs fiéaeov
wapifietTOç
rpirrt ittitvyfiévtûv
vta.pavr'rn} Sic^evyfi^wv
vi'rxrj iie^evyiiiptifP
Tpérrf ùvtp€o\aiù>v
wapatnjT»} imtpSoXaioav
vrjrt} ùirepSoXaldyv
Cette même nomenclature se trouve dans W-
Khowarezmi; elle se rapporte au système disjoint
non changé. Voici les modifications afférentes aux
systèmes :
CONJOINT NON CHANGÉ. CONJOINT CHANGÉ.
ÉTUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 173
Nous serions heureux de savoir quels étaient les
systèmes usités de ce temps-là. Al-Farâbi ne satisfait
qu'à demi notre curiosité sur ce point. Il donne le
tableau suivant des tamdidat ^ :
^:^\
doux
ïl^
ton
^^I ç^b
hypodoux
80w*
ton
dorien
»OsA
ton
U>'?;i'* tr'b
liypodorien
JÛJlj
demi-ton
Ui^.)9^ <^^
hyperdorien
»:k»
ton
jîuLim
déprimé
90^
ton
jîuLim^b-
hypodéprimé
■ *.j^
demi-toii
uy^>if
pJirygien
»0v«
ton
' Cf. KOSEGARTEN, p. 70.
174 JUlLLET-AOtT 1906.
tt U!>«?->j* ig^^ bypoplirygien
ikx^ ton
io ^Jyt^)^ ^^^ byp«'r|>lirygw'n
•Os4 ton
1 1 «fi»^' fortifiant
*.JLi demi-ton
1 3 4>>^' <a^ hypofortifiaiit
ikx^ ton
1 3 UX^P lytiif n
iiow* ton
• 4 Ur^V v"^ bypolydicD
J^eiLj (ieoii-ton
I S (#^P (f^ byperlydien
Puis il ajoute qu'on utilise de préférence les tani-
(lidat de l'octave moyenne , c'est-à-dire distante d'une
quinte de la note la plus grave, et d'une quarte de
la plus aiguë. Le mode le plus aigu est l'hyperlydien.
Sa mèse, bilqouat, tombe sur la nète des disjointes.
Quant au mode îe'plus grave, sa mèse tombe sur
l'bypate des moyennes.
Plus loin, quand il parle delà composition, Al-
Faràbi nous donne une s«''rie de tableaux de systèmes.
On y trouve les noms des potes , leurs nombres pro-
portionnels, et les notes consonnantes et dissonantes.
Voici le premier où Ton remarquera des expressions
nouvelles pour la paramèse, la trite, la para-
nète et la nète des disjointe^. Pour Iw» tableaux
ÉTUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 175
suivants, je me contente de donner les rapports
musicaux :
i" « Système disjoint non changé, avec intervalles
du genre suivi moyen. Ce genre est usité pour le
luth , tenant la place du genre fort ditonique ^ » :
«_>
hr-
(PF-
t
irA.
t
IfO
t
\.\.
•t)
S.
41 •
t
Ai|e
•^
A|.
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vr.
t
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t
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(U^j-jUI JCLjia
»
aL«woJI -x^^Jii"
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.L^yi *L.u,ij
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::>L«s5Jl «Su.
J>
bLwjiJ» iiJUxi-
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^
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c
^tr>ii^l JUJb
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(^a.àM^\ îX^JL^
<S
aLJLjJJ Jaa.*lj
d
ckLJLxJI iwl^
J
^\l\A -iS.V^
r
v«,bUl jUau»t^
u
^\i\A ïSu.
O"
2° «Système disjoint non changé, avec genre
redoublé moyen, qui est le genre ditonique, em-
ployé pour le luth et la plupart de nos instruments » :
999256992569.
8 8 8 243 8 8 2/|3 8
* Cf. KOSEGARTEN, J). 119.
176 JUILLET.AOÛT I90f».
3* «Système disjoint non changé, genre suivi
premier qui est l'un des deux employés par le
« tonbour » de Bagdad » :
8 7 8 av 7 8 «7 8 ^^^'
k" «Système disjoint non chaiig»', g»înre fort n--
douhlé premier, qui est Tautre genre du • tonbour »
de Bagdad > :
8 7 7 48 7 7 48 8
5" « Système disjoint non changé , genrt; suivi
troisième appelé fort droit » :
g I01II9 lo. 1119 g
o g lo 1 1 g lo 1 1 H
6° « Système disjoint non changé , genre fort ,
appelé séparé premier » :
9 81031 8103
y" «Système disjoint non changé, genre le plus
fort des chromatiques , appelé continu aigu » :
Par erreur du copiste, les chiffres sont les mêmes
que pour le système précédent. On pourrait peut-
être supposer :
9 7 13 33 7 13 33 g
8 61131 61131 8
ÉTUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 177
8" «Système disjoint non changé, genre médio-
crement chromatique, c'est-à-dire l'ordonnateur
appelé continu médiocre (coloré énergique) » :
9 6 i5 28 6 i5 28 9
8 51427 5i'|27 8
y" «Système disjoint non changé, genre ordon-
nateur, appelé continu lâche (normal énergique) » :
q 5 ad /i6 5 ad 46 9 ^
^ _ _ _ pfn
8 d 23 d5 d 23 do ^
10" « Système disjoint non changé, genre le plus
fort des mous médiocres, appelé chromatique fort
(ordonnateur faible) » :
9 ZiËi^ lll il 9ptp
8 6 id i5 6 id i5 8
11" «Système disjoint non changé, genre chro-
matique le plus mou (coloré faible) » :
9 6^ao 6^20 9
8 5 18 19 5 18 19 8^*^^^-
1 2" « Système disjoint non changé, genre le plus
mou des ordonnateurs (normal faible) » :
q 53i32 53i32 q
8 d 3o 3i d 3o 3i 8^
Nous voyons que les deux premiers systèmes
étaient usités, le second surtout, que les gammes
vm. 1 2
ne JUILLET-AOÛT 1006.
du « tonbour » de Bagdad subsistaient; pour les
autres, il n'y a pas d'indications. Je soupçonne que
la réforme d'Al-Farâbi n'a pas pënétrt^ profondément
dans la pratique. Safî ed-Din reproduit la théorie
grecque, comme on repro<luit un document histo-
rique, mais il ajoute immédiatement la nomencla-
ture persane usitée de son temps. Nous avons cité la
note de son manuscrit , où il est dit que « les an-
ciens » désignaient les tonalités piir « le mélange des
doigts». Qui sont ces anciens? Il no faudrait peut-
être pas remonter bien haut pour les rencontrer.
Al-Lâdhiqi ^ au xv* siècle, nous décrit encore les
« six mélanges > que les « anciens » , dit-il , appelaient
des ■ doigts ». I/expression t les six doigts » était alors
périmée, la chose pourtant n'était pas oubliée, et le
style de l'auteur pourrait même faire croire qu'elle
n'avait pas disparu complètement de la pratique.
Nous retrouvons également ces « six mélanges » dans
'Abd al-Qâdir. Les voici d'après le manuscrit d'AI-
Lâdhiqi; c'est une variante des « majra ».
« Sache que les six mélanges particuliers d'entre
les mélanges d'un son et d'un autre son des sept
(Icssatin s'appo lient al tnaoaajeb; les anciens les
appelaient al assabVis-sittat^ ».
1° Mouajeb. « C'est le mélange du destan zaUl avec
1 iiiJJj\ iLlLyi ^iOl J.*^ o^.
ÉTUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 179
ia wosta ancienne. » D'après le doigté donné, les in-
tervalles sont : -73 II' C'est le troisième genre des
sept genres très connus. On l'appelle : al osba al
motlaq \ « le doigt libre «.
C'est le bousalik de Safî ed-Din.
2° Mélange de la moujannab avec la wosta an-
cienne. C'est le cinquième genre. On l'appelle : al
osba al mazmoam^, « le doigt qui a un frein ».
12 88 9 , >
— -5-0 [nonroiiz].
11010^ '
3° Mélange de la moujannab avec la wosta de
Zalzal. C'est le sixième genre. On l'appelle : al
osba'' al mousarraj ^, « le doigt embelli (ou peut-être
qui a une selle) ».
12 9 88 .«. .
. -8 8T(^''^'/)-
li° Mélange de la sabbaba avec la wosta ancienne.
C'est le deuxième genre. On l'appelle : al osba al
moaallaq'\ « le doigt suspendu, attaché ».
6 266 9 , ,
8 03 8 ("«"^«)'
5° Mélange delà sabbaba avec la wosta de Zalzal.
C'est le quatrième genre. On l'appelle : al osba al
mahmoal^, « le doigt porté ».
9 12 88 / ^>
180 JUILLET-AOCT 1906.
6° Mélange de la sabbaba avec la bincir. C/esl lo
premier genre. On l'appell»» : al osba al moujannab\
« le doigt latéral ou tenu en laisse ».
I 8 S^ C'^H)-
Ces tétracordes étaient évidemment combinés
en système et formaient sans doute, avec les
gammes de Bagdad, les modes les plus usuels aux
xi" et xii' siècles.
En résumé, l'inlluence grecque a été grande chez
les Arabes, dans les arts comme dans les sciences,
mais grande surtout sur les intellectuels. Dans la
musique, le plus populaire des arts, elle s'est heurtée
plus d'une fois à l'inertie asiatique, et beaucoup de
traditions purement arabes se sont consei'vées. Au
xiii" siècle, ou peut-être un peu avant, l'influence
persane se substitue à l'influence grecque. Le fond
de la musique reste A peu près le même, mais la
nomenclature devient persane. Les documents rela-
tifs à cette époque sont concordants, du moins dans
les grandes lignes. Les plus importants de ces docu-
ments sont les deux ouvrages de Saf i ed-l)in ; il faut
y joindre des Commentaires sur ces deux livres, le
traité d"Abd al-Qâdir, celui d'Al-Làdhiqi , l'opuscule
de Shams ed-Din, et un traité anonyme, probable-
ment du XV* ou du XVI* siècle.
Les systèmes, à cette époque, comprennent une
ÉTUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 181
octave, et s'obtiennent en joignant ensemble deux
genres, identiques ou différents, et une séparante.
Les notes sont désignées par les noms des doigts ou
de simples lettres, se rapportant à la tablature du
luth. Si l'on place au premier tétracorde un des sept
genres suivants : '^ochâcj , nawa, ahousalik, rast, nou-
ronz, "iraq , isfahan ; et au second tétracorde un des
douze déjà nommés , on obtient quatre-vingt-cpiatre
gammes ou dairat, pi. daoua'ir^. On les appelle
da'irat parce qu'on peut les mettre sous forme de
cercles. Ces cercles peuvent être séparés ou concen-
triques en nombre variable. Voici un spécimen ^ ren-
fermant les quatre modes : 'ochâq , nawa , rast&t hajaz
1 -5!j^ '-«•»çr »j5!>>. — * Manuscrit (lu British Muséum.
182 JUILLET-AOÛT 1900.
Parmi toutes ces flammes possibles, il y en a beau-
coup (le dissonnantes (pii sont réjetées, et parmi
les consonnantes , il y en a dix-huit qui ont des
noms*: ^ochâq, nawa, boasalik, rast , Vrn^, îsfa-
han, zirafkend, hrmzmak, zenkala, rnhawi; hosaïni,
hajaz, kawachl, koardania, nouronz, salmak, maia.
shnhnaz. Tous ces modes portent le nom générique
de dor, pi. adoaar, ou encore de maqainat^ ou de
shedoiid^. On réserve aux six derniers ie nom de
âwazdt'* mot formé sans doute du pei'Sim dvaz^,
« chant » et d'une désinence arabe. Certains auteurs,
comme Shamsed-Din et l'auteur anonyme déjà cité,
choisissent parmi les douze premiers modes (juatrc
types: rast, 'ircuj, zirafkend et isfahan, et en font dé-
river les autres sous le nom dv. fourou'^, « branches ».
Du rast dériveraient le zenkala et Vochâq, de Viraq,
le hajaz et le boasalik; du zirajkend, le boazrnak et
le rahaivi; de Visfahan, le hosaïni et le nawa. L'auteur
anonyme ajoute même à ces « branches » une liste
assez longue de modes secondaires, c'est-à-dire ne
faisant partie ni des macjamat principaux, ni des
âioazai. Cette liste présente un certain intérêt parce
qu'on y trouve plusieurs noms usités encore mainte-
*^3> <f>^';< (df"^^ )^* u>âp. ^I<>^^. )9)y^' *^^^^ *J^t
)U4*. Fera. jOÔ^ ou tJjo- , LJb^oa t^\>>^, «^a/^. — * *«Ul».
' jjOO. Ce mot $hednnd peut venir du vorbe aral>e shndd
« fixer • ou mieux du persan sliad «chanter selon les règles». —
ÉTUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 183
nant, tels que : jaharka ^ awj^, sikâh ^ hoçaP'^, '^ockài-
ran^, soha^', '^ajam'^, duka^, mahor^. Chacun des douze
premiers modes donne par transposition dix-sept
tabaqat Voici un exemple tiré du KUdb al-Aclouar^'^.
TABLATURE DU LUTH.
Bamm
u
M
ûi
Z
S
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<
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DU GENRE «RVSTl.
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isli Muséum.
Si'
sLSjj. — » p^L*. — >» Manuscrit du Brit-
184 JUILLET-AOÛT iÔOÔ.
I •••>.>• C • sf^ • • «Ni *>«>«• 5
\ , . •> . y . ^ . . K^. ^ • • >> ^
TABLEAU DES • TABAQAT »
DU DA'iRAT « RàST».
^ *, Y )^ ^^ ^ ^ ^
3 i» ^t ^ >.« ^ '^ é
G 5 C Sf ^ *- r« "^
Os, j„. k. L5' o^ j^ £ il
On remarquera l'ordre suivi pour les tahaqat.
Outre ces tableaux , Safî ed-Din nous donne encore
le doigté de chacun des dix-huit modf s , avec ifs noms
des notes , écrits en toutes lettres.
En voici la traduction musicale d'après la nota-
tique que nous avons adoptée.
ETUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 185
ç» c *v • .*•
Q >J -S, c « c "r. ~
">, TS ^ 1^ >fcj ■•«. ^* .?•
G S c Ç ç '^ ^
mxthlath .
i
N S
a. a. iiO «Jc
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■^
ZXT.
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S
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bousalik .
^
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-i iJ VJ.
Iraq .
^
ra
J » =^
xirajkçnd .
J <l
J J J J.
nawa .
186 JUILLET-AOÛT 1900.
rast .
fi J J J j j ^
isjahan .
bouzrouk
j j J I ^
^
m
zenfcala
éi T J
j j J
fa=^M I I '*''^*=^
I
AcatvooAC .
^
ra=i
i J J ^
Jiourouz
^
mata
TJ ^i-
hajnz .
j J ^.1 J
^
hnsdini.
ÉTUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 187
kurdmiia . , ,
sahnak
M
^ J— ^
shah7iaz
snan7taz . , i i i .
Presque tous ces modes sont rapportés à la même
tonique ; elle devait cependant varier, comme semblent
l'indiquer le cercle que nous avons reproduit et la
notation des dernières âwazat. li aurait été instructif
de connaître la tonique propre à chaque chant.
Plusieurs des gammes de Safî ed-Din nous parais-
sent étranges ; comme les documents sont clairs et suf-
fisament concordants, on ne peut pas supposer partout
des erreurs de copistes. Du reste nous allons retrouA^er
dans la musique moderne des gammes identiques ou
semblables , ce qui est une preuve de leur authenti-
cité.
Les ouvrages anciens de musique arabe consacrent
toujours un chapitre « au transport de Ja main » h
Vintiqal ^ c'est-à-dire à la technique de l'exécution
sur le luth. Montées, descentes, retours, répétitions,
tout est classifié. Al-Farâbi présente Vintiqal sous
forme de tableaux synopticpies. La terminologie est
188 JUILLET-AOÛT 190(..
la iiiênie chez Avicenne et Safî ed-Din. Je ne puis
mieux faire pour résumer la question, que de citer
le passage suivant du fravail de M. !«' baron Carra de
Vaux sur Safi ed-Din ' : « f^ séne des notes qui ronipo-
sent une modulation p<mt avoir son point de départ ^
à l'extrémité aiguë ou à l'extrémité grave. Qu'elle
soit ascendante' ou descendante*, c'est-à-dire qu'elle
aille du son aigu au son grave ou du son grave au
son aigu, la série l'est d'une façon continue et
s'appelle « série directe * », ou bien elle présente des
retours**, soit qu'elle revienne au point de départ,
auquel cas elle est dite ■fennée''», soit qu'elle ne
revienne qu'au voisinage du point de départ , on la
dit alors • croissante^ ». Le retour peut n'avoir lieu
qu'une seule fois , c'est « le retour simple * », ou être ré-
pété plusieurs fois, c'est « le retour répété'" »; il peut
ramener la série toujours au même point de départ et
l'on dit qu'elle est « cyclique" », ou la ramènera des
points de départ différents, on l'appelle alors « retour
varié '^ ». Si la série comprise entre deux retours suc-
cessifs a toujours le même non dire de sons, on dit que
le retour répété est « à rapports égaux " », et s'il n'en
est pas ainsi, on le nomme « retour avec différences '* ».
Que la série soit ascendante ou descendante, si
elle reproduit exactement un type proposé, elle est
' Cf. Journal asiatique . sept.-ocl., i8gi, p. 34 1.
ÉTUDE SUR LA MUSIQUE ARABE. 189
la « série directe suivie ^ », mais si eiie ne donne les
sons de cette modulation type que de deux en deux ,
de trois en trois ou à de plus grands intervalles, elle
est dite « série avec sauts ^ » , et si quelques notes sont
touchées ^ plusieurs fois de suite , on dit qu'elle pré-
sente un « arrêt'* ». La série peut être composée de
deux sons, de trois sons ou plus. Lorsque, la série
étant composée de deux sons, on répète successive-
ment et un même nombre de fois chacun d'eux, elle
est « à battements égaux ^ », sinon elle est « à batte-
ments inégaux ''. »
Safi ed-Din donne d'après Al-Farâbi un tableau de
ces différentes séries dont nous extrayons quelques
exemples. Soit ab cd efg une série directe suivie , les
séries avec sauts seront , en sautant un son : ace g;
en en sautant deux: adg, etc. Le retour au point de
départ effectué après un son, après deux sons sans
repasser par les notes touchées, donne les séries que
voici: ahacadaeafaya; ab cadeafga. 11 y a
dans les tableaux suivants quelques expressions nou-
velles. La série ^ avec inflexion ^ est celle qui a des
retours et qui ne passe pas d'une espèce de modula-
tion à une autre; elle passe, en revenant en arrière,
par des notes déjà touchées ou sautées : abcb ade
dafgfa; ou bien: acbaedagfa. La série avec
cycle ^ présente des retours au point de départ entre
lesquels se placent alternativement deux espèces ^^ de
1 J.n;-ll. — 2 ^\h. — •' yiS. — '' JULSI. — =
^^L^l ^^1
— '^Udx^\^^^\. — ' *u-;ti. — « <•■►l^,.>l J^.
— » J.C JOJLl
ï^loou-l. — '" ^y.
190 JUILLET-AOÛT 1900.
modulations dont la seconde correspond k la première
de l'autre côté du point de départ. Désignons par
a y c' (V c' f g' cette seconde espèce , nous obtenons
ces dispositions suivant que un ou deux sons se
trouvent compris entre deux retours consécutU's :
abah' acac adad' aeae a. . , et abc a b' c adea
d' e' af (j af y' a. La série à inclination^ est celle que
ses retours ne ramènent pas au {)oint de départ et
qui a été appelée «série à retour varié» : abcbde
c. , . ; acbedgf.
[Lu »iulc à un prucliaui culucr.)
NOUVELLES ET MÉLANGES. 191
NOUVELLES ET MELANGES.
DEUX. TERMES ARGOTIQUES DE PROVENANCE ORIENTALE.
1° Carapateur. C'est, en argot parisien, le nom de l'indus-
triel qvii exploite les boues de la Seine. On a voulu faire de
ce mot le synonyme de « oie noire, canard», et le considérer
comme un composé des mots turc aJ» qara, « noir» et arabe
^3Ua^ bœtta, «canard» et plus spécialement «oie».
Toutefois, le caractère hybride de cette étymologie porte-
rait à la repousser comme peu acceptable. Avec M. Iluart,
nous préférons voir dans carapateur, le turc IsLLjsj» qarahataq,
«cormoran», de nJi qara, «noir», ^IL^ batuq, «mare, maré-
cage , fondrière » , mais aussi , par extension , « qui s'enfonce ,
plongeur», du verbe j*L»; hatmaq , «s'enfoncer, plonger».
Les Osmanlis ont donc très judicieusement qualifié le cor-
moran de «plongeur noir». 11 est assez naturel qu'on lui ait
comparé l'exploiteur des rives de la Seine , souvent sali de
la boue fluviatile.
Ajoutons que le Magyar karabatchek , désignant le même
oiseau et qui, suivant la remarque de M. Blochet, apparaît
parfois comme nom patronymique, constitue un emprunt
évident fait par les Hongrois aux Turcs.
On n'oubliera pas, du reste, que le terme argot carapateur
a donné naissance à un verbe se carapater, pour « s'esqpiiver,
disparaître », comme si l'on plongeait à la façon du cormoran ,
mais qui dans la langue verte actuelle tend à être remplacé
par se trotter. En définitive l'on citerait pas mal d'exemples
de verbes de mouvement tirés de noms d'animaux. Rappelons
p. ex. le français serpenter et, en langage populaire, limacer,
c'est-à-dire «avancer lentement à la façon des limaces». On
peut y joindre l'argotique se cavaler pour « s'enfuir, prendre
192 JUILLET-AOÛT 1906.
ses jambes à son cou » , c'est-à-dire , sans doute , • détaler aussi
vite qu'une cavale au galop ».
a* Zigae, ou mieux zig, synonyme de ■ gaillard, luron *,
ne Figure pas, bien entendu, dans les dictionnaires de la
langue classique.
Suivant toute apparence, il convient d'y voir siinplcmeiil
le nom d'une ancienne tribu, vivant à l'embouchure du
Cuphis <»u koaban , sur les bords de la mer Noire, au Nord-
Ouest de la Lazique,d'où la nation Laxe est sortie pour se
répandre plus au Midi, mais toujours sur les rives de la
même mer. Nous voulons parler des Zyges de Stralion , les
ï-VXPt du périple de l'Kuxin, les Ziges . Zikhes ou Zekhes des
écrivains Byzantins. D'après Danville , ils auraient succédé à
une autre population du uom d'Achari. Aussi lisons-nous
dans V Atlas du Monde ancien accompagnant sa géographie ,
tAchaei, posteà Zychœ». (]es deux noms du reste se ressem-
blent beaucoup, et peut-être désignent-ils en réalité le même
peuple. Ils ne différeraient que par suite d'une erreur de
transcription.
Quoi qu'il en soit, le teiTitoire habité par les Zychet
faisait partie de la Circassie actuelle ou pays des Adighés.
Aussi plusieurs ont-ils voulu identifier les termes Zychte et
Adighc , qui n'ont entre eux qu'une différence d'orthographe.
Cette conjecture doit-elle être reconnue conforme à la
réalité des faits ? Cela se peut , mais nous n'oserions l'affirmer.
En tout cas, M. Lœwe [A Dklionary of ihe Circassian
iMngaugc , préface, p. 5, London, i84î>) semblerait d'un
avis diflérent; il tirerait le nom même des Adigbés, litt.
«Montagnards», du Tcherkesse ou Grcassien il^LoJ Attà-
gluigli . « altitude , hauteur, élévation ».
Quoi (pi'il en soit, l'introduction de ce terme en arf,'ot a
bien pu être inspirée par les récits de la guerre de Schamyl
et de ses Murides contre la Russie. Les Zyclies, c'est-à-dire,
en réalité, les Circasslens, étaient considérés à bon droit
comme de rudes lutteurs. Uappelons-nous que le moment
NOUVELLES ET MELANGES. 193
où le terme argotique apparaît pour la première fois, c'est
l'année 1867, dans les mémoires de Joseph Prudhomme
par M. Henri Monnier, alors que la lutte pour l'indépen-
dance du Caucase ne venait que de prendre lin.
Que l'on ne s'étonne pas d'un emprunt fait à un idiome
si lointain. Il est tout à fait conforme aux procédés habituels
des créateurs d'idiomes d'un emploi restreint. On dirait qu'ils
cherchent à dépister les étymologistes , non moins que la
police. N'est-ce pas ainsi qu'ils ont été prendre le terme
môme, synonyme de voyou, au serbo-croate mômak, «jeune
garçon , serviteur, camarade » ? Rappelons-nous encore que
dans les Misémbles , Victor Hugo cite le terme gahisto, comme
ayant désigné le diable dans le très vieil argot parisien. Or
ce terme n'est autre chose que le basque gaisto, gaichto ,
«I méchant, mauvais».
De Chareîscey.
BIBLIOGRAPHIE.
Emile Guimet. CoNFÉHEyCES faites au Musée Guimet.
tome XVIL Paris, Ernest Leroux , igoS , in- 18 , 279 pages, avec
planches. Prix : 3 fr. 5o.
Ce nouveavi volume, l'un des plus intéressants de la série
des Annales du. Musée Guimet dite « Bibliothèque de vulgari-
sation», est, en entier, l'œuvre de M. Guimet. Des quatre
conférences qui le composent, la première est consacrée à la
statue vocale de Memnon ; elle donne , sous une forme spiri-
tuelle , l'explication d'un phénomène bizarre qui , de Strabon
à nos jours, avait donné lieu aux interprétations les plus di-
verses.
Les récentes découvertes archéologiques faites en Egypte
ont servi de thème à la seconde conférence qui , reproduite
d'après la sténographie, est en (juelque sorte la continuation
de la conférence faite il y a quelques années par M. Guimet,
à son retour d'Egypte. A part la découverte des tombes
194 JUILLET-AOOT 1906.
royales faite par M. Loret et ies essais de reconslitution de
Karnac de M, Legraîn, les récentes découvertes nous ap-
prennent peu de chose sur l'Egypte à la période (jue l'on
pourrait appeler classique. Les monuments exlmniés sont,
ou antérieurs aux Pyramides, ou postérieurs à l'époque
grecque. Pour cette dernière période, M. Guimet a donné la
traduction de documents (contrat de vente, certificat médi-
cal, etc.) qui nous font pénétrer dans la vie intime de l'an-
cienne Egypte.
Avec la troisième conférence, nous al>ordons un sujet bien
di(Térent : les Musées de la Grèce, dont M. (îuimet nous re-
trace l'histoire, bien récente mais non sans intérêt, et nous
décrit les innombrables richesses. Signalons, entre autres, les
pages consacrées aux fouilles de Delphes et d'OIympie et
la description si humoristique des ex-voto d'Epidaure.
Un voyage à Smyme a engagé M. Guimet à consacrer
une de ses conférences aux antiquités de la Syrie et de la
Palestine, c'est-à-dire aux fouilles si fnictueuses de Priène,
Milet, Pergame et Jérusalem.
Le Théâtre en Chine au xm' siècle , tel est le dernier su-
jet traité, dans tous ses détails, par M. Guimet, qui a joint
à son exposé de nombreuses citations des auteurs chinois et
l'analyse de leurs principales pièces.
Richement illustré, cet intéressant volume ne le cède en
rien à ceux qui l'ont précédé, tant ()our la forme que pour le
fond. Déjà longue, la série des Annales du Musée Guimet ne
cesse de s'accroître, chaque année, d'ouvrages aussi appré-
ciés du grand public que des érudits.
Lucien Bouvat.
Raoul DE LA Grasserie. De la catégorie du oekre [Etudes de
lin(juisti(fue et de psychologie). Paris, Ernest Leroux, 1906, gr.
in-i6, a56-V pages. Prix : 6 franc».
M. de la Grasserie s'est fait connaitre, il y a longtemps
déjà, par des travaux importants de linguistique générale,
NOUVELLES ET MELANGES. 195
de' psychologie linguistique en particulier, et d'américanisme.
Ce nouveau volume des Etudes de linguistique et de
psychologie linguistique n'est pas le moins important de la sé-
rie, il est, très certainement, un de ceux qui ont coûté à
l'auteur le plus de recherches.
Dans son Introduction, M. de la Grasserie expose, avec
beaucoup de précision et de clarté , ce qui est le genre en
tant que concept grammatical ; il montre ses relations étroites
avec l'idée de nombre et son emploi comme moyen de clas-
sification, et prouve que c'est bien dans l'esprit humain et
son mode de classement des êtres qu'il faut chercher son ori-
gine. Le concept du genre en lui-même , ses différents sys-
tèmes d'expression et sa fonction grammaticale , tels sont les
trois points de vue sous lesquels on doit envisager la question
du genre dans les différentes langues ; telles sont aussi les^
trois grandes divisions du livre de M. de la Grasserie.
Des deux parties de ce livre , la première est théorique.
Elle s'ouvre par un chapitre , assez court , consacré aux prin-
cipes généraux. Le second chapitre est consacré au genre na-
turel, qui peut être objectif ou subjectif; ces deux grandes
divisions se subdivisent à leur tour en plusieurs branches.
Signalons d'ingénieuses remarques sur les noms de parenté
et les noms d'animaux. Le troisième chapitre traite du genre
artificiel et des lois de sa formation ; le quatrième , de l'ex-
pression et de la fonction du genre.
La deuxième partie a pour titre : Observation et induc-
tion. Elle donne d'abord une classification des langues
d'après l'emploi qu'elles font du genre; ou distingue ainsi les
langues à genre subjectif, objectif, mixte et artificiel. Ana-
lyser les chapitres consacrés à cette classification serait chose
difficile et, du reste, nous entraînerait trop loin; mais nous
devons rendre hommage , une fois de plus , aux patientes et
sagaces recherches de M. de la Grasserie. Les trois derniers
chapitres de cette seconde partie abordent successivement
l'expression du genre , sa réduction hystérogène et sa fonc-
tion grammaticale.
196 JUILLET-AOÛT 190r).
A la lin lie l'ouvrage ont été rejeiées, sous roriue d'appen-
dices, des remaf^qnes que leur nature ne permettait \u\i d'in-
sérer dans les chapitres précédents. Nous signalerons la der-
nière, consacrée n l'avenir du genre grammatical et dans
laquelle M. de la Grasserie, sans se faire illusion sur les
inconvénient» que pi^ésente l'emploi, ordinairement arbi-
traire, du geni'e dans nos langues modernes, fl<Mn<>n(i-«> (|ue
sa suppression serait imprudente.
Lucien Uutv AT.
RECUEIL U'ARr>HÉOLO(ilK ORIKNTALR
PUBLIÉ PAR M. CLBnMONT-<;ANNKAU.
(paris, B. t.BllOITX. )
TOME VII, LIVRAISONS l3 l5.
SOMMAIRB.
S 23. Les comptevrendiis de l'Académie des InMrriptions et BeUw-
Lettres. {Suite et fin.) — S 24. Fiches et notules : In-
scription grectjue Wadd., n* aaio; Le dieu Ëthaos; Le
(Prince h<-rilier» en phénicien et en hébreu; kS6i6ot\ Le
memorion: Le comte Patricias; Gérard, de l'Ordre de
i'IIôpital, évèque d*> Balanée de Syrie; Histoire d'Egypte
de Maqrlzi ; Doux projets de croisade des Jun'-xiv* siècles
— S 25. Le sirr sanctifié. — S 26. La province d'Arabie.
— S 27. Inscription ^rrecque de Esdoâd. — S 28. L'Expé
dition américaine dans la Syrie centrale. — S 29. In
scriptions de la Haute-Syrie et de Mésopotamie. — S 30
Fiches et Notules : Le comte Antbimos, gouverneur d'Ara
hic; Inscription byzantine de Sinope; L'édit d'Agrippa 11;
Abilalgas et Olbanès; OstraLon araméen Cowley.
Le gérant :
RtBENS DUVAL.
JOURNAL ASIATIQUE.
SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
NOTICE
sur l'ouvrage intitule :
Der vulgârarabische Dialekt von Jérusalem nebst
Texten und Worterverzeighniss , dargestellt von
D. D"^ Max. Lôhr. Gieszen, igoS. viii-|- 1 44 p.
PAR
M. BARTHELEMY,
VICE-CONSUL DE FRANCE X RECHT.
Ce précis de grammaire du dialecte arabe parlé
à Jérusalem a été composé ])ar le D"^ Lôhr sur les
renseignements oraux et écrits qu'il a rassemblés sur
place pendant un séjour de six mois. Un travail fait
dans ces conditions ne pouvait être qu'une œUvre
hâtive et les Arabisants feront bien de ne s'en servir
qu'avec précaution. Le plan delà grammaire, surtout
de la partie morphologique , est excellent dans son
ensemble ; les règles et les listes d'exemples contiennent
malheureusement des inexactitudes; la syntaxe com-
posée de quelques remarques est exacte bien que
écourtée; mais la partie faible est la phonétique, et
malheureusement le système de notation employé
par fauteur manque de clarté et de précision; le
vague, les inexactitudes et quelques naïvetés sont les
vai. i4
198 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
graves défauts que j'aurai à i-elevcr dans ce travail.
On peut regrette!' que rellbi-t de lauteur n'ait pas
réalisé un progrès sur les travaux de ses devanciers
et n'ait apporté aucune vue neuve et personnelle.
Dans sa préface , l'uuteur fiiit une allusion vague à
l'existence craffinités importantes entre le dialecte de
Jéiaisalem et celui d'Kgyple, et aux différences plus
ou moins grandes que présente le premier avec
certains dialectes de Palestine et de Syrie. Au lieu
d'eflleurer ain.si une question ((ui «»t du ressort de la
grammaire et de la lexicographie comparées des dia-
lectes arabes, il aurait pu essayer, par une démons-
tration aussi complète que le permet l'état actuel de
nos connaissances, de déterminer la place qu'il faut
attribuer à son dialecte dans le groupe des dialectes
syriens, et les |K)ints de détail sur lesquels il se sépare
de ceux-ci pour se rapprocher de celui d'JCgypte : le
problème ne comporte sans doute pas enrx)re de
solution défmitiie à caufte des lacunes que présente
la dialectologie de la Syrie sédentaire, parce que,eii
outje, l'histoire ne nous renseigne pas sur le mode
de propagation de lu lan«^ue iirabedans les provinces
conquises, ni sur les diulcctHs que jiariaieul les
U'ou|>es d'occcu{i<itioii après la conquête, ni même
sui' les noms de leurs tribus, tît que, enfin, nous
ignorons l'origine res|)ective des di\ers éléments (jui
vi\»'ijt côte à cote presque sans se mêler dans les
populations des villes, des monLignes et des plaines.
Mais à défaut de solution définitive, le problème com-
porte déjà des solutions partielles ou provisoires,
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. IQQ
auxquelles contribueront, j'espère, quelques consta-
tations d'une généralité suffisante, que j'exposerai ici.
1 " La conservation des diphtongues et la vocalisa-
tion en i des syllabes finales sont deux faits propres
aux dialectes de la côte et du Liban , taïadis que les
villes de l'intérieur, Damas, Alep et Jérusalem, ont
contracté les diphtongues en \ oyelles longues et voca-
hsent les finales en e{e fermé) là où, bien entendu,
le ^Ul est permis,
a" Les villes de la Syrie centrale (Beyrout, Da-
mas, plus le Liban) traitent, à l'aoriste avec lj, le
préfixe de la i™ pers. sing. , et celui de la 3" pers.
sing, et plur. , d'une tout autre façon que Jérusalem
et Alep, et ajoutons que l'Egypte.
3° Au point de vue de la prononciation du ^ , il
faut établir deux groupes : d'abord celui de la Syrie
qui prononcej {^ slave) : Jérusalem (chrétiens) , Jaffa ,
Caïffa , Bey rout, Tripoli , une partie du Liban , Damas ?
on pourrait y joindre une paitie de l'Irae, peut-être
mêiu(; de la Mésopotamie , Tripoli de Barbarie , etc. ;
puis le groupe de la Syrie qui prononce dj : Jéi'usalen»
(musulmans) , Alep et environs. L'existence de ces dmix
prononciations du ^ classique dans des pays si diffé-
rents ne pose-telle pas la question de savoir si le
Jîedjâz ne les possédait pas au moment de la conquête?
k" Beaucoup de mots usuels devraient être obser-
vés soit pour le genre , soit pour le sens , soit pour la
prononciation : badd-i «je veux » sur la c^te; ù Jéru-
salem, Damas et Alep (ot en Egypte) : bMdi. Entre
Jérusalem et la Syrie d'une part, et l'Egypte de f autre,
a.
200 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1900.
différence dans la forme des démonstratifs, desinter-
rogatifs, delà viii" forme \'ulgaire. On pourrait multi-
plier utilement les comparaisons pour éclairer la
question , mais on peut déjà remarquer (|ue Jérusalem
morphologiquement appartient au même groupe
qu'Alep; phonétiquement au point de vue vocalique,
au groupe d'Alep et de Damas; au point de vueconso-
nantique en ce qui concerne les lettres ^îm et 'à/ au
groupe de la Syrie centrale, mais en ce qui concerne
le (fdf des mots éti'angers, au dialecte d'Alrp; que là
où le parler de Jérusalem ressemble à celui d'Kgypte,
il ressemble aussi à celui d'Alep, à part quelques par-
ticularités d'accentuation qui demandent xérifica-
tion;quesur les points essentiels de la morphologie
et de la lexicographie il ressemble à celui d'Alep,
que le style de ses contes ressemble à celui d'Alep ,
que si l'on étudiait plus soigneusemt'ut le parlei- des
chrétiens et celui des nmsulmans, et les dillérences
qu'ils doivent présenter, on serait peut-être amené à
cette conclusion que le parler des chrétiens de Jéru-
salem se rapproche de celui de la Syrie centrale (Li-
ban etc.), et que celui des musulmans a plus de res-
semblance avec celui d'Alep; qu'à Alep même le
parier des chrétiens phonéti([uement et mor|)holo-
giquenmnt se rapproche de celui de la Syrie centrale,
sans doute parce que le Liban a dû être un centre
chrétien où la population chrétienne se réfugiait des
différents points de la Syrie dans les temps trou-
blés et d'où <;lle r<;parlait pour rayonner dans les
différentes villes dès que la sécurité renaissait.
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 201
Les traits communs au dialecte de Jérusalem et à
celui d'Egypte, s'il y en a, ne devront être regardés
comme constituant des liens de parenté qu'autant
qu'ils ne se retrouveront pas dans les autres dialectes
de Syrie.
Les observations critiques qui suivent ne sont pas
de simples errata ajoutés au traité du D"" Lôhr; mais,
en élargissant l'horizon de l'arabe parlé à Jérusalem
par quelques incursions sur le domaine des dialectes
voisins, elles contribueront, j'ose le penser, à intro-
duire plus de rigueur dans ces études et à éclaircir
par la méthode comparative les faits qui, observés
d'un point de vue étroit, restent forcément obscurs.
ALPfFABET DE NOTATION EMPLOYE DANS CE TRAVAIL
POUR RENDRE LES SONS DE L'ARABE DE SYRIE.
VOYELLES.
i" Voyelles brèves, de timbre net :
n--^a normal ou neutre, dans le voisinage do l'une des con-
sonnes neutres -, ^ , o , l.
a' =a prononcé avec j^jj", c'est-à-dire a ouvert, prononcé
sans emphase et avec «Jl«l léger dans le voisinage immédiat
de fune des consonnes ^, o, ^J* , v : on peut l'appeler *ssaj
a* = a fermé, grave, emphatique, placé dans le voisinage
médiat ou immédiat de l'une des consonnes ^, jb, b, lo
et^ quand celle-ci est emphatique : on peut l'appeler
a" = a teinté de o , devant un ^ redoublé.
e = e fermé, dans une syllal)e finale.
I = i.
0—0 fermé.
u^oii français.
20a SKPTKMBRE OCTOBBK 1906.
a' Voyelles brèves, de timbre incertain :
9 ac 9 normal ou neutre, r'esl ie son e du Irancnis 'l'ournf-
lort, placé dans le voi»iitage Iniiiiodiat de l'une des con-
sonne» f., ç,^. ^•
a' i^ a clair, entre j normal ou e français bref et e ferme,
dans ie voisinage de c» , ^ , ^ et ^ .
a* = a sourd, entre j normal et o fermé, son voisin de
en fermé sourd, ddlis le voisinage de ^, js, L», lé et ; cm-
phAtique.
3* Voyelles longaes :
à (avec ses irois ntiances à normal ou neutre, rï' ou fi anem-
phàtiqae et n* ou « emphatique).
0j i(til, au contraire de 1> bref qui est fermé, peu» n-unir
les sobs de Xe ouvert et de iV ferme .
r
ô
à
Le son a n'a pas de longue.
La nasalisation est rendue par une - placée sur la voyelle
û. (i, ô , quand il n'> a pas inipossibillté ty|>ogi'apbique.
L'àcrent loHîque est rendu par _1.
Dans la transcription arabe, les signes « et ' ont été empruntés
à l'alphabet syriaque pour remire les sons 0 et o qu« l'écriture
arabe est impuissante à t'tprimer, ainsi Jlw ntêl «descenrU», Jp
Aô/f mange». Otte distinrtion a son importance dans dt>s mots
comme ^^ Ibàê ivéleilienla et i^Lp Ibis ■caleçoo»; J^ bâl
* timbre-poste » et J|( bol ■ urine ».
CONSONNES.
Les signes mis entre parenthèses appartiennent à l'alplia-
bet cursif de notation.
* = » et le 3 prononcé comme
le hamze.
b=^.
t=CP.
dj = - de l'arabe classique et
du dialecte d'Alep.
LE DIALECTE ARABE DE JÉRUSALEM.
203
j~r ^^ Syrie , sauf Alep , j
français, sk russe, z slave.
c (ou c) =:g, M russe,
A (ou 5)^2..
ar(ou Jr) = e-
r=;.
s = o^ .
(u = ^ , m russe , ch chuin-
tant français.
z~lo, de la langue des séden-
taires.
de la précé-
5f(ou } = ^.
(j = ^ classique.
cj = J sonore
dente,
wi = -.
/l = ».
1] (ou m)= « guttural, y de-
vant un J ou un J\
Alphabet. — Les noms qu'on donne aux consonnes
dans les écoles sont entrés dans la langue vivante; il
fi
faut en signaler quelques-uns. D'abord le v^î qui se
nomme 'alef: ce mot que je noterais volontiers i^\ , a
un e long au lieu de Ye bref qui répond d'ordinaire
au kasra classique , soit par analogie avec les autres
noms de lettres qui ont une voyelle longue, soit par
une réminiscence du nom syriaque de cette lettre;
cette dernière raison a d'autant moins lieu de sur*
prendre que le ^ a gardé son nom syriaque zén au
lieu du zây classique.
Le i±>, qui en Syrie (sauf chez les Fallâh d'origine
nomade) n'est plus autre chose qu'une lettre savante
et qui a perdu sa valeur classique , se nomme se,
avec la prononciation u*. du e>, comme en turc et en
204 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
persan; de même du À qui se nomme zàl\ et du lô
qui se nomme :â. Le ^ se nomme jtm au lieu de
djtm; le^ se nomme gé au lieu de gên ou i^nivii , ol
le d) se nomme kéf au lieu de kdj.
Phonétique. — La ph<)n<^tique du D' Fiôhr d/'hute
par une assertion malheureuse : « Le ham/a est entiè-
rement dispaioi , par ex. : anim « mère » , Inmmi et aussi
lainmi et limmi • à ma mère », de même yachi (lire
yaxi) « ô mon frère •, yabnt « ô mon fds », etc. .. Il
est vrai que dans ces exemph's le hamze s'est élidé
après J et l> , et dans d'autres cas encore , mais l'auteur
aurait pu remarquer que cette consonne s'est main-
tenue : i" comme initiale, dans des mots comme
Il 'umm « mère » , ^1 'eue « frère ■ ; dans les verbes à
i" radicale hamze, ex. : J^\ *àkal; dans les verbes
et les noms du wazn Juùl , ex. : ^uôl 'àsbah « il s'est
trouvé au matin», et ^jM>all 'nhs(tn «plus bfau,
meilleur, mieux »; et à la impers, sing. de l'aoriste
subordonné ou sans c^, ex.: ^^^ 'aréli, S^l 'anidd,
w-uSI 'àktub; ti" comme médiale, ex. : JL. sa al «il
a interrogé », ^j^,yies , aor. ,j«uuk^ jf os « désespérer » ,
participe passif mf^'u5 , pour j-^II* ; 3" comme finale ,
mais rarement, comme dans ^ /a '«non! ». Fj'auteur
a omis partout la notation du hamze, alors que tout
le monde s'accorde , et à bon droit , à écrire Jo! '\d
«main», *JI 'àlo «à lui », ,^\ 'àuii «cbose, quelque
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 205
chose » , j^\ 'djor « pied » , exemples où le hamze a le
rôle morphologique essentiel d'affirmer le principe
de trilittéralité. Dans les cas où la prononciation
du hamze est facultative, sa présence est révélée par
cpielque particularité phonétique; ainsi l'on dit à
Alep : ^A.'^t ^l 'dbdTi 'àxti, mais aussi ^^^^î (jj?t 'dbn-èxti
« fils de ma s(rur » ; dans le premier exemple , le deu-
xième mot ^^jis^\ commence par un hamze, ce qui
donne lieu à un groupe de trois consonnes b, n et ',
pour le rompre on insère une voyelle furtive entre
les deux consonnes 6 et /i du premier mot; dans le
second exemple, cette insertion n'a pas lieu, parce
que le mot àxti « ma sœur » étant prononcé sans
hamze, la prononciation n'a affaire qu'à un groupe
de deux consonnes devant une voyelle, ce qui ne
présente aucune difficulté.
C'est surtout au milieu et à la fin des mots que le
hamze disparaît en s'assimilant ou en se convertissant
en une consonne de prolongation , ex. : râs « tête » pour
*ra^"; b'ir « puits » pour *bir; màdane « minaret » pour
*mà'diiie; hàyya ihàyyi «préparer» pour (xiû, puis
*hàyyâ; 'àri yè'ra «lire» pour Lï; ma biseyel «cela
n'importe pas », avec un (^ y pour le hamze étymo-
logique.
A Jérusalem comme presque dans toute la Syrie
sédentaire , le (j a été remplacé par un hamze : 'addeui
pour (jaddéui ^jSo! 3o « combien.^ ». A Alep, mqàdd et
inàdxl *Xï yik(j|) , avec déplacement de l'accent du mot
206 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1000.
iilterrogatif sur la syllabe finale, prf*$tente la fomM
renversée du même mot.
lies lettres biés/^es o*, ^, lé de la langue clftàsique
ont subi dans la langue vivante de Syrie deux altéra-
tions différentes, Tune régulière, populaire, naturelle,
inconsciente, par le changement de ces lettres respec-
tivement en t, d, </, l'autre savante, incorrecte, artifi-
cidle, soit sous l'influence de l'école qui en Syrie a
perdu la prononciation tfadilionnelle de la langue
du Qorân en ce qui wjncerne ces lettres, soit sous
l'inlluence de la langue administrative , étrangère et
turco-persane , par le changement respectif de ces
lettres en5, /, t, et de j» classique en i. Les Fallâli .
nomades devenus sédentaires, ont conservé au o el
au b leur prononciation qoraydiite. Dans la phoné
tique histori(|ue , il est nécessaife d'établir une distinc-
tion entre la dérivation populaire et la dérivîltion
savante, absolument comnrte on le fait en français
pour des mots comme maison et mansinn, frêle el
fragile, grief el grave.
Le ^ a , à Jérusalem , la prononciation jf {j finançais ,
i slave catholique, mc russe et slave orthodoxe, j per-
san) qui est commune à toute la Syrie sédentaire sauf
Alep el environs. — Il est à remarquer que le^, quelle
que soit sa prononciation est traité par la plupart
des dialectes arabes connus comme lettre solaire,
contrairement à l'usage de la langue classique. —
Le mot A^Ui-à « poule » a perdu en Syrie son o, sans
doute parce que dans la prononciation syrienne
d-jê-je de ce mot , la rencontr*e du :> et du ^ en don-
LE DIALECTE ARABE DE JEKtlSALEM. 207
nant d-j produisait à i'oreiiie l'effet d'un ^ dj , groupe
que la langue a perdu; à Alepoù le ^ a conservé m
prononciation classique on dit djédje avec chute du à
initial, qui s'explique peut-être par la difficulté de
faire entendre nettement un d initial devant dj , et
de dire ddjédje; en Irac d'après Meissner on dit dezâie^
lire dejàje, ici la voyelle du à a conservé cette con-
sonne. — La notation du ^ syrien chez les arabisants
est des plus flottantes : g, ^, i, ^; la meilleure est
certainement i puisqu'elle existe dans les alphabets
slaves dérivés du latin ; mais l'alphabet français qui
lui aussi dérive du latin a un signe plus simple, /,
qu'on devrait continuer à employer au moins en
France. Certains alphabets germaniques ont donné
au signe j, appelé autrefois i de Hollande, la valeur
conventionnelle et arbitraire de i Consonne 5 mais les
autres alphabets d'Europe continuent à employer le
/ simple pour rendre le / consonne. Pour la notation
de Xi consonne dans les langues orientales , on éviterait
toute confusion en employant le y anglais, comme
nous faisons depuis longtemps en France pour le
sanscrit , 1 iranien et l'arabe , de même que nous em-
ployons le w anglais poUr le 11 (=ou) consonne; à re-
marquer que graphiquement le y est composé de deux
i comme le M) est composé de deux vl. PoUr ma part , j'ai
trouvé très cotnmode de transcrire ^ syrien par / fran-
çais, (^ ou i consonne par j anglais et^ ou u (lire ou)
consonne par w anglais. 11 resterait à trancher la ques-
tion de la transcription de ^ dj et de ^ qui existent
dflhs certâitis dialectes (à Alep et en Mésopotamie).
208 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
Le ^ rendu autrefois par hh est généralement noté
aujourd'hui h. Cette notation, très claire puisqu'elle
est universellement comprise , a cependant l'inconvé-
nient d'employer le point souscrit qui est le signe
diacritique des lettres palatales dites emphatiques s,
d, t, z, auxquelles on ajoute parfois /; or le ^ n'est
pas une palatale et encore moins une emphatique;
dans l'alphahetcursifdontje me servais en pays arabe
pour écrire des textes vidgaires sous la dictée , j'avais
adopté le signe }j pour rendre le ^, de même que
pour le ^j'employais ^ : de la sorte je supprimais les
point diacritiques qui exigent une levée de ])luni('
et font perdre du temps, et, pouvant être facilement
omis dans un texte écrit rapidement, donnent lieu à
des confusions. — Le ^ est transcrit dans le traité du
D' Lôhr par le double caractère ch emprunté à l'alpha-
bet latin transcrivant le ^ grec; le signe h employé
quelquefois est complexe et manque de clarté; la
notation kh, aussi compliquée que cli du D' Lohr,
j>eut prêter à de la confusion ; le ;t grec a l'inconvé-
nient d'appartenir à un autre corps typographique
que le caractère romain. Seul le x russe (jui est la
forme latinisée du ;t g''*'c s'incorpore parfaitement
à notre alphabet, tout comme notre lettre x qui
a même forme et sans doute même origine : il n'y a
pas à craindre de confusion entre le x russe rendant
le ^ et le x latin, car un mot comme (j*XJU « au con-
traire » s'écrira toujours hafaks et non hdtax. Pour
l'écriture cursive on peut opter entre J) et x.
Quand les deux premières syllabes d'un mot com-
LE DIALECTE AHABK DE JERUSALEM. 209
mencent la première par j , et la deuxième par ^ ,
ces cleux lettres permutent à Jérusalem : ainsi janzir
pour _^^') « chaîne »; jôze « épouse » pour *a.^3; de
même dans le reste de la Syrie ; le même fait se pro-
duisant aussi en Egypte où le ^ a conservé la pro-
nonciation (f , ex. : giiizîr, gôze , on se demande si cette
permutation n'était déjà pas un fait accompli pour
certains dialectes au moment de la conquête.
La prononciation darb du mot darh cj^:> peut être
un fait individuel ou limité à un groupe d'individus.
L'existence de deux prononciations contradictoires
se vérifie pour le mot^à et le mot^j^' : les illettrés
ne comprenant pas le motj.A.i « temps, siècle, des-
tinée » , qui est un mot savant et d'un emploi restreint ,
le prononcent comme ^^^ dah^r « dos», tandis que
les gens éclairés distinguent dah^r de dalwr; yyi
« taureau » est prononcé \ôr yjh par les hommc^s
vttôr^yp'dv les femmes. Quand on se trouve on pré-
sence de deux prononciations d'un même mot, il faut
s'attacher à reconnaître la plus usitée des deux;
mais cela demande un séjour prolongé dans le pays.
Dans les mots comme ^j^^, *r^' **^' ^^ (J^
est souvent converti en ^j*. pour éviter la présence
des deux chuintantes (jiJ et ^ dans le même mot.
En Egypte où on a sagara (avec trois a^), comme
à Jérusalem sàjara, à côté de uintràng et magi; la
règle n'est pas aussi absolue qu'en Syrie. — La no-
tation du jji donne lieu aussi à quelques remarques :
les transcriptions ch (français), sh (anglais), sch
210 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
(ail.), se (ital.) ont fait leur temps, mais on voit
encore reparaître >', .v, celle-ci empruntée aui
alphabets slaves-latins a le iu«''nte d'être réelle, mais
clic n'e»t pas cursive, et c'est pourquoi je lui pré-
fère le ui russe, qui couune on le sait n'est autn*
qu'un ^J^^i* sénii tique..
Pour ei^pliquer le passage du »j^ au j, point n'était
besoin de citera propos du parler de Jérusalem, tpii
est un dialecte de sédentaires, !«' langage des lùtlluh
qui est un idiome de nomades : à Beyrout , k Alep ,
etc., on dit bàzaq , yhhzoq « cracher», infinitif et n.
collectif hzàq; zgWj^M:^ « petit » pour^^xjue; en arabe
littéral les dictionnaires donnent les trois formes
ycfij et JC*o, puis jjJtM* « thym » (dans la langue'
vivante zà^tar). Dans les deux premiers exemples,
j^Aâj et wuio devenus (jju et wJj, on peut voir l'at-
traction de la consonne douce t_> ou ^ changeant la
sourde ^js en la douce ^, question d'emphase à part.
D'après le D' Lohr on dit indifféremment mabsûl
«'I iiKibsûf « bien portant », s'intyc et finiye « plateau »,
On n«' pi'ut admettre pour la langue classique une
forme iajj^éju» que comme une orth()graj)he conven-
tionnelie, comme une figuration approximative de la
prononciation réelle; mais pour la langue vivante , on
peut affirmer que la transcription mabsùt ne signifie
rien et n'est qu'un calque de l'orthographe classique,
que l'on prononce aujourd'hui nui^bsàt et non
ma^bsât; il est certain que l'emphase d'un ^ final
gagne en rétrogradant toutes les voyelles du mot;
c'est poui- cela qu'un mot comme kJb annonce l'em-
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 211
phase de la dentale finale dès sa première voyelle
par la prononciation a^, de sorte que baHtf « polisson »
se distingue très nettement dès sa première voyelle ,
du mot ha^lùl <\jSf « nigaud ». La prononciation sljitye
est la seule usitée en Syrie, celle avec j*. est aussi
invraisemblable qxie la prononciaion Is>^m*j<a avec ^ .
Le (jb à Jérusalem a la prononciation d ((/ palatal)
qui est courante en Syrie, ex. : i^j^is^ luldrin « pré-
sents, » Chez les Fallâh des environs de Jérusalem qui
sont des nomades devenus sédentaires , cette consonne
se prononcerait , d'après le D' Lôhr, comme un "f mou
ou doux, « wie weiches 5 », et à l'appui il cite comme
exemple mashûi « exact, juste »; Bauer, p. 281, écrit
ce mot mâsbùt ce qui donne après transposition ma^â-
hùi, le signes? représentant l'emphatique du i; or c'est
la prononciation de Bauer qui est la vraie ; car per-
sonne ne dit mazbût, tous les citadins de Syrie disent
ma^zhùt avec recul de l'emphase de la fin du mot
jusque sur l'avant , comme pour mubsâl cité plus haut.
Outre l'erreur de fait, le ciioix de l'exemple était peu
heureux: il est dangereux en effet d'étayer une règle
sur un mot emprunté à une langue étrangère, car
le mot la^j^MiA est entré en arabe vulgaire par un em-
prunt au langage administratifdes Turcs qui , à l'instar
des Persans, prononcent le ijy comme un z j ordi-
naire. Les Arabes de fEst ('Oman et golfe Persique)
devaient avoir au moment de la conquête la pronon-
ciation (î (spirante palatale douce) pour le ^jb et le là ;
cela expliquerait comment les Persans donunint au
(jb le son de 3 2;. et jwurquoi ils confondent le ^ et
212 SEPTEMURE-OCTOUKK 1906.
le la dans la prononciation. Si l'exemple en question
n était pas tiré du turc, les hadar de Syrie diraient
tous madbut au lieu de ma:bàt.
il est faux de dire que lo à la lin des mois uv >»•
distingue pas de ca; que l'on compare en effet la^iMu*
« peigne » et *z^<As. « puisses-tu vivre! », Jûmo pronon-
cez )a*ai bai^st « tapis kurdes » (pi. de ioL^ prononcez
ioLa^ bsâl) et owM»^ da^st « chaudron » , Lj /«d^// « saute »
et ô^S'A'p'W» verse »; que si l'explosion de la consonne
fniale n'est pas assez nette pour nous renseigner sur
la position exacte qu'occupait la langue contre les
dents, la coloration prise par la voyelle y supplée lar-
gement. Dans certains mots le ci> passe au lo il est
vrai , mais sous l'influence d'une emphatique ou d'un
^ prononcé emphatiquement : ainsi màttar « malheu-
reux » à Jérusalem , à Alep m'aftor ^^JùM « dépravé,
mauvais sujet » proprement : « qui a été fait tréhu-
cher » de vaam; tôr « taureau »• à côté de tOr yy.
Page k , maalêh-iu ^jn^A^l» <« cela ne fait rim » se
serait raccourci en mdlês (lire mdléui) avec chute totale
du t; Bauer donne, p. 208, malèsch (lire maléui
jijJÎx*). Le D' Lôhr a raison de faire remarquer que
le i se prononce sans bruit de roulement et de gar-
garisme.
H a tort d'affirmer que les deux prononciations
qâf et 'àf peuvent se rencontrer chez la même per-
sonne. Chez les pédants, oui. 11 nous cite comme
deux prononciations différentes les graphies ;L?j*rt
et ;i^<yj « abat-jour » ; il faut les prononcer 'abajiir
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALExM. 213
toutes les deux, car ce sont deux orthographes du
même mot, différentes pour ceux qui distinguent le
homze du qâf dans la prononciation, et identiques
pour une personne de Jérusalem qui ne les distingue
pas; on peut supposer que , dans l'espèce, un indigène
a prononcé d'abord 'ahajur, puis , comme pour se cor-
riger, qabajûr; je pourrais citer à l'appui de cette
explication le cas d'un Libanais lettré qui , parlant à un
Européen du 'd^rd^n ( prononcez approximativement
'ourâii) , et s'avisant que la prononciation du 'df dé-
routait les étrangers , eut l'idée singulière de répéter
le mot en disant (jd'^rcfàhi : il voulait dire qdr'ân yUy» ;
ces pseudo-corrections sont commises même par des
illettrés voulant imiter la prononciation des personnes
prononçant qclf. On voit de combien de pièges est
entouré l'arabisant novice en Orient même. — Les
FallâJiàe Jérusalem prononcent le ^ Aô/' c'est-k-dire
comme un li) , tandis qu'ils transforment le d) en ^^ c
comme les Bédouins : ainsi t^^ devient dans leur
prononciation kalb et i-^JS'calb.
Le ciJ chez les citadins est une gutturale forte , qui
n'a jamais le son mouillé ni le son aspiré. Chez les
nomades et les Fallâh d'origine nomade il a le son ^ ,
mais il conserve exceptionnellement sa valeur primi-
tive h quand il représente le suffixe de la 2"" pers,
smg. masc. : ainsi cil^î 'axuk « ton frère », quand on
s'adresse à un homme , par opposition à ^y^^ 'axîic ,
quand on s'adresse à une femme ; mais comme dans les
villes on dit 'axék au masculin et 'axàki au féminin , on
vm. 1 5
914 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
peut supposer que la prononciation primitive d^t
'aa&ki conservée dans les villes n'a passé à celle de
'curait chez les Fallâli que par celle de *^,^l 'a.ruâi,
et que la distinction de fc et de d a précédé la chute
des voyelles finales de ces deux sullixes; on com-
prend d'ailleurs que pour que la voyelle a ait exercé
son rôle conservateur sui'leA' du suilixe masculin, et
la voyelle i son influence altérante sur le A du sul-
fixe féminin, il ait fallu la présence des deux voyelles
fuiales, ce qui reporterait à une époque ancienne la
transformation du J en ^ .
Certains dialectes, comme celui de Jérusalem, ce-
lui d'Alep, possèdent la douce du li) k, qu'on pour-
rait représenter par un ^(j et appeler <J({j {ou. yèf);
c'est un (j non mouillé, ni grasseyé, ni explosant à ia
manière d'un (^ sonore; on ne le rencontre guère
que dans des mots empruntés aux langues étran-
gères ou aux dialectes bédouins dont il représente
sans le reproduire le (^ sonore ; il provient aussi d'un
d devenu sonore par le voisinage d'une autre con-
sonne sonore : ainsi hûcjzch « lu mens », à Jérusalem ,
et btàgdeb à Alep; de même à Alep (jàllcn un boulet »,
ràgad o^ « il a couru » pour ^^ .
Le changement du J en ^ dans yd rêt « iiti-
nam.. .! », ar. litt. o4^, est dû à l'attraction de rêt
• j'ai vu » qui est pour raêt. Dans yàlla ^ « or çà !
courage! allons! », et souvent aussi dans 'alla il! et
'cUlâh fMl, les deux a se prononcent avec emphase,
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 215
et cette emphase n'est pas causée par le J qui n'est
emphatique qu'accidentellement, comme le^ dans
râs et ndr, mais par l'idée qu'on a ajoutée au nom
de Dieu. Si l'on note les mots jci//tt, 'alla et 'allâh avec
un / à point souscrit, il faudra écrire de même râs
« tête », nâret même riàr « feu », Tnâyiia^ « trêve, répit »,
kabbale « un verre à boire »; dans les mots ,j*.l^ et^li
l'emphase est venue du j , dans les mots UjU et *J^
elle est originaire de la langue même à laquelle ils ont
été empruntés. Le J peut se teinter accidentellement
d'emphase dans le voisinage d'une lettre emphatique
de nature : ainsi haHtt « polisson » , mà^Uês « s'esqui-
ver ». Si l'on doit faire du point souscrit le signe carac-
téristique de l'emphase , essentielle ou accidentelle , le
caractère /i pour^ le ^ , qui est une lettre neutre ,
devrait être remplacé, et les caractères a, e, etc. ne
devraient servir qu'à noter des voyelles emphatiques ,
ainsi a pour a^.
P. 6, sahh \i 'àfije, lire sàhh vtàfye «santé et vi-
jiueur ! » ; l'emploi de l'apostrophe pour indiquer l'éli-
sion d'une voyelle finale comme celle de mhha n'est
pas à recommander, d'abord parce qu'il peut amener
une confusion de signes avec l'esprit doux adopté con-
ventionnellement pour l'expression du liamze, ensuite
parce qu'il trahit une préoccupation étymologique et
orthographique tout à fait déplacée dans un système
d'écriture qui doit rester exclusivement phonétique
comme celui de la notation des sons d'une langue
vivante.
216 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
La contraction de ayy en ê et quelquefois en i , et
de awwe en ô et quelquefois en û, est un fait rare , mais
il en est des exemples : ainsi héyi ^ « mon petit père »
à côté de xàyyi JÎÀ. « mon frérot » et de xàyti pour
xàyyli ^5aIâ. • ma sœurette > ; ^^u^ uiéti. « ma chose ,
le mien > est pour luéyti , qui est pour meyyii ou
màyyti ^gili^\ std-i «mon seigneur» suppose une
forme 'séd-i qui est contractée de *sêy(l-i pour *séyydi
ou 'sàyydi t^«xli-; «XX s'est contracté en èy (puis 'ty)
dans nivyet ■ un mort » pour màyyel ou inéyyci o^I* ,
ji travers l'intermédiaire 'méyet; dans *alèyi pour
alcyyi qui se dit aussi, ar. iitt. ^JU, et dans 'lyâm
pour Xl 'ayyàm, par les intermédiaires 'aiyàm,
'éydm. La contraction de aww en 6w et même en ûw
est assez rare : citons mûwâl pour môwàl, mauwâl,
mawwâl « romance ». — Un fait très ordinaire est
Timalé léger que subit le falha suivi d'un ^^, et
parallèlement la teinte o qu'il prend devant un ^ :
aussi dans sàyyde qu'on peut rendre aussi séyyde et
séiyde; 'àwwal qu'on peut noter aussi 'l'mwal, 'àwwuL
La réduction du ^ en a et du ^ en i n'entraîne
pas le déplacement de l'accent dans des mots comme
(fâhutak A'ijQ'i « ton café » pour *qàhw9tak, et bliitak
Juuyi « ta barbe » pour *bhy9tak, ces u et i ne sont
pas franchement longs, mais entre longs et brefs. Lôhr
cite, p. 12, une forme qahûtak c'est-à-dire (jaliàtak;
or comme il donne aussi n^riti, saqfitak, une forme
(johûtak ne peut s'expliquer que par la position de
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 217
l'accent, cependant la (orme (jahïtna (lire sans doute
qaliivcttna ou même qahwdtna) « notre café » qu'il
donne aussi n'a pas la longue nécessaire. MaisBauer,
p. 60 , donne ûgrtak « dein Lohn », et p. fi A , màratak
et siâdatak (et non siâdàtak) et hadrtak. surmàitak
prend-il à Jérusalem l'accent sur i? Non sans doute,
or cet i=yd pour ja, comme l'u de (jahutak est ipouv
wd = wa. Il y gi contradiction évidente entre l'accentua-
tion de l'auteur et les formes lêltak saide , udti « ma
chambre »,farsti « mon lit » , où la syllabe qu'il accen-
tue d'autre part est ici éliminée, par conséquent atone.
Même inconséquence dans la vocalisation du verbe
uni au pronom suffixe 2* pers. sing, : ainsi, à côté de
daràb-ak « il t'a frappé » , daràb-ik « il t'a frappée » ,
daràb-û (sic) «il l'a frappé» (Lôhr, p. 12), on lit
(p. 2i)kish-ak, ik, û. «il t'a, l'a gagné»; l'élision de
la voyelle de la 2" radicale dans ce dernier exemple,
et cette élision est un fait confirmé par Bauer qui
donne simak « il t'a entendu », et est d'ailleurs com-
mune à toute la Syrie citadine, prouve que la voyelle
de la 2* radicale était atone; or, si elle est atone
avec les verbes du wazn Joo, pourquoi ne le serait-
elle pas avec les verbes du wazn Jx»? C'est donc d(i-
rabak, dàrabek et dàrabo qu'il fallait écrire, car l'ac-
cent ne recule que sur la syllabe longue ou la syllabe
fermée ; et si daràba « il l'a frappée » a l'accent sur la
2* syllabe, c'est que cette syllabe n'est ouverte qu'en
apparence, et que le a du suffixe ha Uû, quoique dis-
paru dans la prononciation , compte encore avec sa
Î18 SEPTEMBRE-OCTOBRK 1006.
valeur prosodique de consonne. Nous avons encore
dansBauer des mots comme Sj^\ «je te remercie-
(rai) », Jk^tX»! «je te louerai » accentut^ ainsi : Asch-
kurik, àmdaliik. Ainsi, k Jérusalem comme en Syrie,
le sufïixe de la a* pers. sing. ne modifie pas l'accen-
tuation du verbe auquel il s'accole; et si, comme
c'est probable , il se comporte de mAme avec le nom ,
nous lirons (fâhiitak, sn(jfitak; de mêm^à la i" pers.
sing. ûgriti, ùdli au lieu de uditi, et léUak au lieu de
lèlitak confirment la justesse de cette correction. S'il
en était autrement, il faudrait rattacher le parler de
Jérusalem , non aux dialectes ajaben de Syrie , mais
à celui d'Egypte, qui dit hadrïiak Aijti»*, ■ ta pré-
sence » et 'ismtii (^iLt^Jt n mon bonheiu* », tandi.s qu'on
Syrie , l'on dira , dans le dialecte d'Alep par exemple ,
kâd9rtak et qjsamti.
P. 6, pour l'assimilation du « au ^ dans le mot
A^^ , il serait intéressant de comparer les altérations
subies par ce mot dans les dialectes de Syrie, Méso-
potamie et Egypte. Damas et Jérusalem ont w*»// j^,
presque wijj ; le Liban, Beyroul et, chose extra-
ordinaire , l'Egypte elle-même ont wauiiu Jij , presque
loiiuiu; Alep a W9cc ^3, presque wiéô ou wuèô; la
Mésopotamie, wujg (Socin, Proverbes). La réparti-
tion géographique des variantes de ce mot n'est pas
faite pour expliquer la manière dont elles se sont
formées ou répandues dans les provinces conquises.
Comment en effet l'égyptien qui a conservé la pronon-
ciation dure du ^ peut-il avoir changé M^y et probable-
LE DIALECTE ARABE DE JÉRUSALEM. 219
ment même *^^ en ^^? pourquoi lebeyroutin elle
libanais qiii ont la prononciation j J du ^ se sont-ils
séparés des dialectes de Damas et de Jérusalem pour
se rapprocher de celui d'Rgypte? pourquoi celui
d'Alep fait-il bande à part , alors que celui de Mossoul
paraît être d'accord avec celui de Damas et de Jéru-
salem ? On peut risquer l'hypothèse suivante : les
conquérants-arabes auraient importé les deux formes :
^^ waddj et ^^ wotts (ou wdcc); la première, la
forme J^ , aurait gagné Mossoul , Damas et Jérusalem ,
avec changement de ^ clj en j / pour ces deux der-
nières villes; la forme ^^ aurait gagné Alep, la côte
de Syrie et l'Egypte, où le ^ des mots étrangers est
réguhèrement remplacé par un ^Ji. Dans la forme
^^, l'assimilation complexe de la sonore dj en la
sourde c devant la sourde h est facile à expliquer, le
dj -\-h donnant d'abord r + /i, puis c-|-c; par contre,
celle de h en dj est une assimilation simple. Une reste
plus qu'à retrouver dans les dialectes de la Syrie no-
made , du Nadjd , du Yaman et du Hedjaz , les formes
^y et ^^ . A *^Omân on a une forme très spéciale xdiuui
jjkk , pi . xiuûui ^JiiyMÀ. , comme en Egypte on a wamui
(jùj, pi. wiiuiûui ijiyi*^. Beaucoup de dialectes ont, à
côté de la forme vulgaire, une forme savante avec
voyelle u ou a ; Liban, wdjh;hsic, wujaJi, wujh; *0-
mân, wiigh, etc.
Dans un groupe de trois consonnes dont les deux
premières sont une consonne redoublée, comme
220 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
dans dSZg^ , la consonne du milieu se prononce fai'
blement; on pourrait exprimer ce fait dans l'écriture
ainsi : hihJhbkom « il vous aime » ; quand dans la pro-
nonciation relâchée la consonne redoublée passe du
*>o JUo au ouÀ^ , il suffit de noter cette consonne
non redoublée , ainsi bihèbkom; remarquez bi et non
b'i, ni bï, i ayant ici une quantité intermédiaire entre
la brève et la longue accentuée, c'est une demi-
longue.
Des voyelles. — L'auteur a négligé de nous fixer
sur la valeur de sa notation des voyelles: que repré-
sentent pour lui les signes à, â, i, u? Là encore la
convention, la routine et la préoccupation orthogra-
phique étouffent l'esprit critique. Un peu de défini-
tion n'eût pas été superflu dans la phonétique si
importante des voyelles. Lefatha atteint de «)U! com-
porte deux prononciations , celle de a anglais devant
une seule consonne et celle de e ouvert; ces deux va-
riétés de *JUI, l'une légère et l'autre forte, sont abso-
lument distinctes, et sont à tort confondues sous un
signe unique à; si le premier a, ou fatha avec aIL*!
léger, seul existe , et que ïe ouvert , ou fatha avec *iL»l
fort , n'existe pas , le signe â est mal choisi et peut
nous égarer; si Ye ouvert existe, nous demandons
pour lui un signe distinct; pourquoi écrire bess
« assez ! » avec le signe de ïe fermé, alors que ce mot
se prononce avec e ouvert; les deux voyelles de Lezkre
représentent certainement deux voyelles différentes,
confondues à tort dans l'écriture.
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 221
Autour de l'a normal , de l'a neutre , se groupent
un a grave, emphatique, a^ ou a, comme dans le
français jod^e,etun a clair, a^ : ce dernier comprend
deux nuances , l'une voisine du a du mot français
patte y et l'autre celle de l'a du mot anglais man , ou
fatha avec*JUI léger; ces deux nuances de a^ sont tel-
lement voisines que ]'on passe aisément de l'une à
l'autre et qu'il ne paraît pas dans l'usage ordinaire né-
cessaire de les distinguer dans l'écriture. On a donc :
a^ ou a mfàxxame, comme dans battis, lâb oUo.
a ou a normal ou neutre, comme dans 'â/i ^^,
a^ ou a raqicfa, comprenant a ouvert du français
patte, et a avec aJUI léger de l'anglais man, comme
dans sadd »X*», tdb c_>b\
enfin le fatha avec aJUI fort ou e ouvert , comme
dans dàj'b et nàm (à Beyrout), pourrait être noté à
et a; et e qui est un e fermé bref à la fin des mots
comme hâdje « besoin, assez », satde « heureuse w, et
long dans le corps des mots comme dans leltak « ta
nuit », où é= ay. Mais là où la prononciation passe
aisément de Xe ouvert à \e fermé , la notation doit
s'attacher à fixer la prononciation, abstraction faite
de l'étymologie : JLçt se prononcera [djjmâH, djmâl
(avec e ouvert long), djmël (avec e fermé long),
selon les dialectes, et les deux dernières prononcia-
tions seront employées par le même individu.
Les trois nuances du fatha, a^, a neutre et a^
sont encore plus faciles à saisir dès que cette voyelle
222 SEPTEMBRE OCTOBRE lOOrt.
est nasalisée , comme dans hsà'^n ij^t^^ « cheval », xâ'n
iJà. « caravans«''rail, hôtellerie», et '.wsâ'^n ^jL^j!
« homme » ; ces trois exemples les renferment nasa-
list'es : dans le premier exemple ô' a le son du fran-
çais an , dans le dernier d* a le son du français in ,
n, en, (lin, dans le deuxième exemple à représente
un a long nasalisé qui n'est ni an ni in. Un système
de notation de l'arabe devrait noter la nasalisation
qui a été négligée jusqu'ici malgré son importance.
De m^^me que les consonnes de ^tJ^sÀj, de jp**^ et
les consonnes neutres influencent le fatha pour le
nuancer en a*, a' et a normal , de même les deux
consonnes de faiblesse , 3 et (^ , déteignent sur le fa-
tha et le nuancent respectivement en 0 et en r (a -}^
u = 0, a-^i=e); cette dernière modification est
connue sous le nom de *IUI, ainsi appelée parce
cpi'elle « fait pencher » le 'alef y ers le j'â, c'est-à-dire la
voyelle a vers le son i; on a vu que le *JUl est « léger »
quand l'a prend le son de l'a anglais dans man,
comme dans lyâ^s « Élie ■ , tel qu'il est prononcé par
les chrétiennes d'Alep; tandis que l'ds « le myrte» a
l'a nonnal , et qu'il est « fort » quand il prend le son
de Ve ouvert (comme dans le français mère à côté de
msitrem ) et dans l'arabe ktêb « livre » ; il devient « to-
tal » , comme à Beyrout dans onydl pour iollà. xay-
yàt {ay devenu i par les intermédiaires ey ou ei et ê),
wàrdi pour wàrde »:>^^ ; l'a atteint de *JUl léger, étant
difïicile à rendre à cause de sa ressemblance avec l'a
oux'ert, s'est trouvé confondu dans ma notation avec
LE DIALECTE ARABE DE JÉRUSALEM. 223
celui-ci sous le siene a^; ïa atteint de *JUî fort n'a
pas encore de signe définitif à cause de l'incertitude
qui règne dans l'emploi de à et à; quant à l'a frappé
de *îLol total, il n'y a aucune difficulté à le fixer
dans fécriture, puisque c'est un i. — L'a teinté de
Il dans le voisinage d'un ^ peut être rendu par un o :
ainsi ç;iy peut s'écrire bowwâb, sans préjudice des
notations hawwâb et baunâh, selon que l'on perçoit
l'une de ces trois prononciations; dans certains cas
a^ devient o sans la présence d'un ^, comme dans
mordd^n à côté de ma-rda^n. L'emploi du signe â
pour rendre un a prononcé o n'aurait qu'une valeur
étymologique, et pour cette raison et aussi pour la
raison que ce signe est composé , et qu'un signe com^
posé destiné à l'expression d'un son simple doit être
évité, il doit être rejeté; de même pour rendre Ve
ouvert, un signe plus simple que d ou a devrait
être créé; d et a (ouâ) pourraient servir à rendre
respectivement un a teinté d'o et un a teinté d'e; mais
l'a devenu o et l'a devenu e devront toujours être
rendus par o et par e.
Le dialecte de Jérusalem , comme ceux de Damas
et d'Alep, prononce la voyelle de la terminaison du
féminin singulier comme un e fermé et bref, quand
elle n'est pas un a; par contre celui de la Palestine
du Nord a, par suite de «JUl total, converti cette
voyelle finale en i, comme dans le dialecte de Bey-
rout; ainsi à Jérusalem, Damas et Alep, a^^ se dit
méke « une épine », à Beyrout màwki. Cette parti-
224 SEPTEMBRE. OCTOBRE 1906.
cularité a son importance dans la division de la Sy-
rie, sous le rapport dialectologique , en deux groupes :
celui de l'intérieur, et celui du littoral.
P. 8, hàda hàdi « hic, haîc » sont des erreurs pour
hà^da et M^di; ces pronoms ont partout la longue,
sauf au Liban et à Beyrout, où elle est remplacée
par une diphtongue : ainsi hùyda et hûydi, comme
hayt oy^ y est pour hât v=»L& , « apporte ■ et hayk Ju^
« ainsi » pour 'hâk JU qui est dans toute la Syrie
changé en hêk. — Moi et maije (à corriger sans
doute en mway et mwayye «de l'eau, eau ») sont le
diminutif de mâj<^U pour ma* *L« et signifient pro-
prement « un peu d'eau >. Dans milah (lire màlt}i)
M sel » , la voyelle furtive n'est là que par euphonie et
pour alléger la prononciation du groupe des deux
consonnes finales que la chute de l' v];*' ^ privées
de voyelle , elle n'a donc rien de commun avec le
son qui précède le A ^ dans n'A « vent », (fahi'h « laid ,
vilain ». L'importance donnée par l'auteur à la
voyelle euphonique des groupes de deux consonnes
à la fin de certains mots tels quefunin, tihin, dénote
pour Jérusalem une prononciation très relâchée,
tandis que pour Alep on aurait f9^r»n, td^btn; par
contre , les notations il'nd's , chab'z , kàtdb't des mots
jj-*>âJl , -yxÀ. , oyjc^ , qui à la différence des deux pre-
miers exemples ne se terminent pas par n, donnent
lieu de douter que des mots comme ^aj , ^J»\ , JJL> ,
y^ soient devenus des dissyllabes, tibin, 'ibin, na'al,
bal}ar, comme on les trouve à tort transcrits dans
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 225
divers auteurs : Bauer est beaucoup plus dans le
vrai (p. 5 de son Lehrbuch, iSg'j) en écrivant ib'n,
tib'n, chub's «pain », balfr.
La voyelle de ^i « le pèlerin » s'est abrégée , on
dit iflhajj qui signifie aussi « le pèlerinage » ; de même
dans (Iv^M uiabb pour çiU. «jeune homme»; par
contre, d'après l'auteur, celle de *5b dàbbe s'est
maintenue longue, ce même mot a conservé au
pluriel la voyelle longue avec le tachdid du <_> : clî^i
dawâbb, tandis qu'à Alep on a »ji> dàbbe au singulier
et cjtjà dawàb au pluriel. H y a quelques autres
exemples de l'abrègenient de la voyelle d'un JcU ^1 :
liét kxa. qui est pour laSL». *haet, par les intermé-
diaires *liâyet et hayt qui se dit sur la côte; térjAs
«oiseau, pigeon» pour^jlb, sur la côte tayr; "ele
xUfi « famille composée de la femme et des enfants »
pour aXjIc, parles intermédiaires 'âj?e et '^ajle.
Le u final à la 3' et 2" pers. du pluriel des verbes
n'est pas long : liàtabu yaktbu , ainsi que le reconnaît
le D*" Lôhr, et l'û long final indique la présence du
suffixe de la ^^ pers. sing, masc. : ainsi bilau (et
non bibiû) «ils le vendent», qui est pour bib'uih
&^xjuui3 , avec premier i entre bref et long ; l'u final
du pluriel s'allonge aussi par l'adjonction d'un encli-
tique : qàlulna « ils nous dirent ». On aurait pu en
dire autant de la désinence i du féminin : ainsi qàlti
« tu as dit M , cfdlti et qdltih « tu l'as dit » , (jdlttyon, qdlti-
hon « tu les as dits ». De même avec les voyelles fi-
2S6 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1006.
nales des noms, lorsque ceux-ci s'a (Fixent un encli-
tique ; mJfa \xi* « guérison >», luêfà-yi, -1i,-ki, -k, -ha,
-na, -kum , -hum « ma, ta, etc. guérison ».
A Jéru&aiem , d devant un j tend à s'abréger en a
pour former la diphtongue, m : ainsi v^U- jauah,
AÎjLb louh' [nuis à Alrp djàwah «il a répondu»,
làwlc « table »).
On a vu que aw yL devient Ô ^iivy 4^— devient ù
comme à Damas, Alep, en Kgypte et dans les dia-
lectes de» nomades; mais quand le ^ ou le ^ sont
frappés de OoiXâmJ lu diphtongue persiste en générid ;
exemple : jÇl *awwal ou *aawal, 'owwal, aI^ hàyye
« serpent » , ocayyâi ^11^ ; à la syllabe finale le ^,y^
se fait percevoir difficilement : ainsi naw « tempête »,
daw « lumière », jaû; « atmosphère », fc^ « ombre »,
«^ « crû >' , qu'on pourrait aussi bien écrire noir ,
dow, jôw, fey, ney; là où la dernière radicale était
primitivement un hamze , elle s'est aisimilée au 5 ou
au (^ précédent , comme on le voit par cet exemples.
A Beyrout, les mots du type IoIIl. ont changé ayy
«•n /y par les intermédiaires âiy et iy : ainsi xiy&i,
siyâd, b'tya.
Morpholoffie. — Il faut rétablir ainsi la série des
pronoms personnels isolés : Aô « il », ht « elle », 'ànl
« tu » masc. , 'ènti « tu » fém. , 'àna « je, moi » ; pi. ,
'àhna « nous » , 'éntu • vous » , kAm « ils , elles , eux » ,
et y ajouter les formes allongée* employées à la
pause : 'ente « toi », hàwe « lui », hfye « elle », hèmw
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 227
« eux » (et aussi hàmme d'après le P. Fourrière) : ainsi
l'on dit mtii 'onte, et non min 'dnt, » qui es-tu? »; cf.
aussi la formule bien connue où le conteur s'adresse
à son auditeur : Ajciî U« lj.X<u»< L yà stdna mèUa (= ma
'alla) 'ànte, et non 'ànt, à cause de la pause.
Le pronom sulïixe de la 3" pers. sing. masc. est
généralement -o après une consonne , en Syrie : mà'u
« avec lui » ; mais à Jérusalem cet o s'obscurcit en un
son intermédiaire entre o et a; après une voyelle il
est-/i : \ihuli « son père ». Celui du fém. est -a après
une consonne : jéza « son mari » et -ha après une
voyelle : 'ahùha. — Le * final des 2* et 3* pers. pi.
ne se change pas en (j , comme c'est généralement le
cas en Syrie.
P. 12, sur l'accentuation incorrecte des noms et
verbes qui s'adjoignent les pronoms suffixes, voir
plus haut , page 216.
Le mot possessif tàha xjS joue en Syrie le même
rôle que ^U; en Egypte , ç-bo* au Maghreb , JU et (^
chez les Arabes de fEst; à Alep on cUt oddjafpm
tahdi (^u3 u*«.' « l'âne qui est à moi » , à Jérusalem
alhmcir tabai. M. Lôhr orthographie à tort taba ^Li",
égaré par l'étyraologie qui dérive , sans preuves suffi-
santes, ce mot de f égyptien ^U^ . A Alep, à Beyrout,
on dit taba ^, à Jérusalem aussi, voir Modem
arable taies, p. vv, 1. 1 , et p. ir, 1. 2 1 . — Un autre
nom possessif, met- o^-i , qui est pour màyyet- « la
chose de, le bien de, appartenant à », a un pluriel
qu'on trouve écrit cy^-i* et ^ytt^ dans ces contes,
228 SEPTEMBHE-OCTOURE 1906.
p. l'F , 1. 1 7 : IàS^a^ Jhh^^ «^ « li^ (^6s selles) sur les
chevaux nous appartenant»; p. i, 1. 6 : oJjS l»!
jLj'L> o»^ wjdlyj) « c'est moi qui ai tué les gardiens
(«= eunuques) de tes filles »; p. «• : ^.yJt cy^ U^b'
« ses effets de sommeil , c'est-à-dire son costume de
nuit»; p. Il***, 1. a 3 : (j«*4î' o»^ ^1^1 «des effets
d'habillement ».
P. 1 3, hÂda • celui-ci » et hàdi « celle-ci » doivent
avoir la longue sur hd; pour le pi. hddél « ceux-ci »,
que l'auteur écrit hiidôl, on peut expliquer la perte
de la longue par l'allongement de la dernière syllabe
et le déplacement de l'accent, comme cela a lieu
dans hadàk « celui-là >• , hadtk •< celle-là », et à plus
forte raison dans hadôlàk, où la syllabe ha est
plus éloignée encore de la syllabe accentuée.
L'emploi de l'adjectif démonstratif ha devant un
nom précédé de l'article, par ex. : halbêl «cette
maison », est encore une preuve que le dialecte de
Jérusalem n'a rien de commun avec celui d'Egypte :
d'ailleurs la phonétique et la morphologie prouvent
que nous avons affaire à un dialecte syrien.
P. 1 4, 'àyya « quel? » invariable au lieu du 'éna,
'âyna Ls»l du reste de la Syrie, parait être une com-
binaison du <^l arabe et du 'âyna syriaque.
m (lire^ mu) « quoi.»^ » n'a pas les mêmes emplois
que 'ém ji^l ; il est formé , comme le 'àmuiû. yi*\
d'Alep , de *êwi abrégé en 'dm et de /lû yft ; ainsi jS»jI
^ sous la forme abrégée ^ jfcl litt. « qu'est-ce P »
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 229
a assimilé son » à jji; cf. ^<^ wdéè et ^^ wdjj et qSsj
wduiui pour »^^ « visage » , qui ont assimilé aussi
leur i après une chuintante; mais, tandis qu'à
Alep l'accent dans ^1 pour y^jïio' est resté sur la
première syllabe, sur la particule interrogative , à
Beyrout , Jérusalem et Damas , au contraire , l'accent
s'est reporté sur la dernière syllabe , qui est le pro-
nom yi> à sens verbal. Le- sens primitif de ce mot est
« qii'est-ce? » qu'il a conservé à Alep; même à Bey-
rout, Jérusalem et Damas, le motyi mu ne signifie
« quoi? )) que dans les cas où on peut le traduire par
«qu'est-ce? qu'est-ce que?»; dans les autres cas,
pai' exemple après une préposition , « quoi » se rend
par 'éiu, \iym jijt; exemples : JjXXiyî» ma batcjul
«qu'est-ce que tu dis?», *Ai_^ wii fih «qu'est-ce
qu'il y a? », viU^ ma hak « qu'est-ce que tu as? »,
mu hàda «qu'est-ce ceci? qu'est-ce que c'est?», lad
halhàki «qu'est-ce que ce langage?», mu 'àsmo
« qu'est-ce que son nom, c.-à-d. quel est son nom? ».
Mais aux cas obliques, y« est remplacé par ^jiio! :
ainsi ^ala 'ém olkalàm « de quoi s'agit-il? », bi 'êm ou
'^an 'ém htàftdker (alias ji 'ém htdftdlier) «à quoi
penses-tu?»; on dit (jadd-êm jûo^xi pour qadd 'ém
jfcoî *XJi « autant que quoi? à la mesure de quoi? »
et non qadd mû ^ *>o ; on dit lém et laëm « pour-
quoi? » et non la-mû.
On sait que jioî est l'interrogatif usité dans les
pays de conquête , de préférence à U ce quoi ? » qui est
230 SEPTEMBRE-OCTOBRE ItOÔ.
dun usage plus restreint : il est évidemment formé
fie *^w^ï, qui devait avoir l'accent sur la particule
interrogative : *ây}'-chayy, de sorte que ^>^^it est deve-
nu un simple enclitique et s'est réduit à un ^, oornme
dans ji^ mnm « oe n*est pas » pour '^J^^ oompoaé
lui-Miéme dùy^^jjfX* et de la particule ^yi«*»*^w.
'étu « quoiP » est un des raines exemples de -ayy con-
traclé en ê par rinlermédiaire de r{iiy et ^êy, au
même titre que sèd devenu Jki- et met « chose de ».
Le mot itfll ^ •— 'iw -\- hà est un exemple du
d^ac-ement de laeoent de la syllabe interrogative
sur le mot déterminant; ainsi à Alep mcjadd *xli#
<« combien » est pour 'êiu -f- (jadd qui est la l'orme
inverse de ifaddéw jm,>«M =» </a<M4- ^^; et aussi
mUm (^^ « comment ■ mm 'èm -f- lùn, litt. ■ à la ma-
nière de quoi!*»; niôpie déplacement de l'açeent
dans le français combien? comment? et le persan
mn ^Jy^ «= ci -j- gân, litt, « à la manière de ({uoi? ».
Si l'arabe litéral 1^ «combien.^» est composé de
ha -\^ ma «comme quoi?», on remarquera qtié
l'accent du mot n'occupe pas la particule interroga-
tive.
P. i5, isi (lire 'àtui (^l) « chose », pour *^, est
un curieux exemple de la pmssance du principe de
tr^ittéraiité de la iangue vivar^.
P. 16. Conjugaison. — Les verbes sains dont le
passé ((5-3UI) est vocalise d'après le wazr» jfa'a/ J*i
ont kl 3* pers, fém. sing. entièrement vocalisée oJU* :
LE DIALECTE ARABE 1>E JÉRI SALEM. 231
kàtàbàt « elle écrivit » , tandis que ceux du wazn Jxi
JiHl [lire fè^el) suppriment la voyelle de la 2^ radicale
et font oJJii : fihmit « elle comprit », Mtq fàhmet.
L'aoriste (a^LaXI) sans t^, est l'aoriste subjonctif
de la langue vivante , tandis que l'aoriste avec y en
est l'aoriste indicatif. — A l'aoriste sans y, la
l'^'^pers. sing, a pour préformante un hamze vocalisé
en a : ainsi 'àktob <_^l ( Lôhr écrit aktiih ) ; aux autres
personnes la voyelle est j. Pourquoi? la conserva-
tion de la voyelle de la 1" père. sing. a une impor-
tance morphologique, le hamze étant considéré
comme trop fragile ou comme insuffisant pour
caractériser cette personne, tandis que les autres
personnes sont assez caractérisées par la consonnt',
de leur préformante sans que la fixité de la voyelle
garde une réelle importance. A Jérusalem, à Alep, on
dira bèddi 'àktob «je veux écrire, il faut cpie j'écrive »,
mais à Beyrout : bàddi oktob. — A l'aoriste avec t->, la
rencontre de cette consonne b et des préformantes
des personnes a amené quelques modifications : la
chute complète du ^^ dans le préf. yd- de la 3° pers.
sing. masc. et de la 3" pers plur. des deux genres ,
quand ce ye serait suivi de deux consonnes ; ainsi au
lieu de b -{-yaktob au sing. et de b -\-ydktbu au plur.,
on dit bJ)kt()b « il écrira » et bèktbu « ils écriront » , de
même à Alep ; mais à Beyrout et Damas , les formes
byàktob et byàktbii sont usitées sans modifications. A
la \'"' pers. sing., b -\- aktoh donne bdktnh sans kamze
ti j écrirai » , à iérusalem et à Vlep , mais à Beyrout
232 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
et à Damas : bàktnh ; d'autre part la 3* pers. masc. étant
hyôktnb ii Beyrout et non hôktob, on comprend que
la confusion n'était pas possible entre la 3* pers. et la
i" pers. sing. — A la i" pers. plur. la rencontre
du préfixe 4_» et de la préformante ^J n'a donné lieu
à aucune modification : biwhtab « nous écrivons >• ,
mais à Alep à côté de cette forme on a mniUtob avec
assimilation partielle de c^ à p sous l'influence de la
nasale ^; et à Beyrout on n'emploie que mnJktob.
L'impératif a au sing. : 'àkteb et 'Jktob pour le
masc., et 'oktohi pour le fém.; au pi. : 'okubu; les
autres dialectes de Syrie et de Palestine ont à côté
de cette forme d'impératif une forme sans hamze ini-
tial et avec allongement de la voyelle radicale au
masc. sing. : ktôb « écris », ms'ik (à Alep msék) « sai-
sis » ; il est une formule qui en réunit quatre , ainsi :
kôl « mange », wràb « bois », Ibés « habille-toi », Jlês
« fais faillite » , qu'on pourrait orthographier ainsi :
tjJiii jjr-Û t->\^ S^'
Les verbes qui sont du wazn JJii pour le passé,
se subdivisent en trois wazn différents pour l'aoriste :
x^fà'al y;fol, 1^ fiUlyjfe], 3" fà'al yhfaL Ceux
du premier paraissent être les plus nombreux; ceux
du deuxième sont surtout des verbes de la forme
J*i> Ji»! qui ont perdu dans la langue vivante le
hamze caractéristique de la IV * forme. (Certains verbes
appartiennent à deux wazn différents. D'autres va-
rient de wazn d'un dialecte à l'autre. L'aoriste en e
(•= ancien kasra) est plus fréquent à Alep chez les
LR DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 233
nomades que chez les hadar : ceux-ci préfèrent l'ao-
riste en o; de même dans les noms à la dernière
syllabe quand elle est fermée : ainsi hàsrom « verjus »
à Alep, hèsrem chez les Arabes. A Jérusalem, con-
trairement à l'usage d'Alep, on paraît préférer la
voyelle e fermé que malheureusement l'auteur per-
siste à rendre par i : ainsi \ïzam ydzem, « inviter » ,
joàtam yàxtem « sceller, cacheter » , %zar ydzer « excu-
ser » , liàsah yèhseb « calculer » , nàkar yànker « nier » ,
sàraq yèsreq « voler ».
Les verbes dont le passé est vocalisé avec deux
kasra ont soit a soit i (lisez e fermé) à l'aoriste, d'où
deux wazn : i° fè^el yàf^al , ceux-ci sont les plus nom-
breux; 0.° fdelyàfel. La vocalisation systématique-
ment uniforme suivie par l'auteur n'a qu'un intérêt
théorique, car dans la pratique personne ne pro-
nonce mirid siih wisil tili dihik hidir, parce que : i ° la
présence d'une emphatique sulfit pour assourdir
toutes les voyelles d'un mot, le i comme le a; 2° une
voyelle intérieure tend à s'abréger et par conséquent
à perdre la netteté de son timbre, ainsi le hasra se
dégradera en a; 3° un i bref dans une syilabe finale
fermée passera à Ye fermé. Conclusion : ces verbes
doivent être prononcés : mà^red, sè^'^eb, wè'^sel et
wàsel, tdHe, dèVicJî et hè^der.
Les verbes ô^ et Ji seraient à Jérusalem Hrif et
''imil (lire Mref et \îmel) au passé, et jirif et jimàl
(lire yd'ref et yè^maH) à l'aoriste; mais à Beyrout,
Alep , etc. , ils ont la voyelle a au préfixe de l'aoriste :
yaref, yamel.
SM SKPTKMBRKOCTOBRE 1006.
P. a a . Quand un mot est procédé de la négation
iâ ou Wiô, ce serait ce mot au lieu dv ia négation qui
porterait l'accent : id tisrit^ « ne voie pas », et l'addition
du ^Ji, qui est le complément de la négation coiVinie
pas l'est de ne en français, ne modifierait pas l'accent
du >erbe : là tish(j*i. Ce» règle», que l'auteur ne
formule pas mais qui diVoulent des exemples qu'il
donne , sont en contradiction avec les fiiits : il amvit
fallu accentuer ià ti.sriq et là tisrit^'i; d'ailleurs il
accentue md katàbs « il n a pas écrit », puis par une
inconséquence singulière md bàktnbs « je n'écris pas »
là tnâmà.^ « ne dormcE pas» (p. uS) et md 'indés «il
n'a pas», mû 'indii, ma mâL*ti, md-it^ « je n'ai |>as >•
(p. 86 )« et md daràbtnis « tu ne m'as pas frappé ». il
règne ici un véritable chaos. Peut-on admettre une
forme comme md clnmbùnis « ils ne m'ont pas frap-
pé »? De deux choses l'une : ou l'on dit md darabinis
avec fi long et accentué et i atone et moins long que
â, ou bien ma éarabànis avec î long et accentué et û
précédent atone et un peu moins long que i.
La voyelle u de la négation miLs [^matu jSm») est
généralement considérée comm»* brève. Cette néga-
tion n'est pas usitée à Alep où Ton dit mû y et înàhii
yftU : mais, fait curieux à noter, un hàlabi qui emploie
le mot muiu ^j*J le prononce mûui ^Jiy. — Lt' y
parasite cpii s'est introduit dans les formes mânah
mdnek mânham, qui s'emploient au lieu de *md -^ h,
'md -j- ki, *md -\- hum , s'est dégagé de la forme mdni
jU « je ne suis pas » , sous l'influence d'une fausse
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 235
étymologie : en entendant mâni on l'a divisé par la
pensée, non pas en mâ-f-m, mais en man-\-i, en
prenant cet -i pour le suffixe possessif des noms
comme dans ktdb-i a mon livre » , tandis qu'en vérité
mâni est composé de la négation U et du suffixe
personne] régime -ni ^, la négation s'étant attribué
la force verbale ; on a créé ainsi un nouveau radical
mân, d'où sont sorties d'abord les formes précitées
mân-ak, -ek, -hum, puis les formes mân-nak, etc.,
avec n redondant.
Le nom auxiliaire des verbes au présent '^ammâl
s'annexe, paraît-il, les pronoms suffixes : ana'^ammâli
aktub, int 'ammâlak tuktub : je ne pense pas que
cette bizarrerie se retrouve dans d'autres dialectes.
A signaler les infinitifs du wazn ^^!^ des verbes
ûy:^] : 1° dawabàn, dawaxân, rawahân, des verbes
concaves par 3 dâb « se fondre » , dâx « avoir le ver-
tige », dàr a se tourner », râh « s'en aller »; ?." dayaàn,
fayaqàn, jayabdn, tayarân, gayabân, des verbes con-
caves par i£ da n se perdre », fâq « s'éveiller » , jàb
« apporter », tàr « s'envoler », gàb « s'absenter ». Ce
type d infinitif se trouve aussi dans les verbes dits
|.5\)l Juùco ou jjaSb : harayàn, gafayàn, galayân,
sahayân, mafayàn, siwân, de hàra « user », gàfi « s'en-
dormir », gèli « faire cuire », sàlii « se rassénérer (le
temps) », uiàji « se guérir », sèwi « valoir ».
La conjugaison des verbes *UJ! 3><y« présente à
l'aoriste une particularité propre au dialecte de Jéru-
salem : le changement de à en ô; ainsi 'àkal fait
230 SEPTEMBRK-OCTOBKE 1900.
yékal « il mangera » et à l'aoriste avec i_» bôkal; 'àxad
fmt yéccml «il pn>ndra», tandis qu'aillpurs, notam-
ment à Alep , on «lit plus ré«j:ulièrempnt yàkol et hyà-
hol , yàxod et byàxod; mais à la impers, sinp. 'ohil et
bûhil {sic), au lieu de 'àkol et hàkol.
, Les deux verbes « mediae a » c'est-à-dire (jx*Ji j>«v^
sont sa al, aoriste yis*al « interroger », et ytes, aoriste
yfas « désespérer ». Le ly liôhr les ortho^rraphie snnl
jisaletjiisjias, sans hamzc!
P. ho. C'est une faute que d'écriro mratiayîn ,
mrattayât , car si Yà du singulier m^attâyc s'est
abrégé en perdant l'accent au pluriel, il n'est pas
devenu entièrement bref; il faut «'crire mgnUâyin
«couverts» et mgaltàyàt «couvertes», en faisant
remarquer que c^t à est moins long que le t ou le d
qui le suit; fabrègement total du premier a du
démonstratif Mda hàdi dans hadàh et hadtk est une
exception à une règle qui n'a pas encore été formulée.
P. 4i. La forme J*à3 conserve la voyelle du ca
au passé : taféTcd, qu'on élide ailleurs, à Alep et
Beyrout ifêTal. A relever la bizarrerie de fortho-
graphe tàmàssat « se peigner » ; si â = a^ ,iet doit être
devenu t.
P. 43. Les verbes concaves de la fonne J*!* et
JxL*3 abrègent la voyelle du ô : ainsi /aaafe, tauab et
tàtauab, saimr, daian; mais à Alep elle est maintenue :
djâwab v^'^ " répondre à », sttâwab v^Ia} « bâiller »,
inàwar y^iit « consulter », dAyan^^\dài< durer (étoile) »,
ce dernier verbe est emprunté au turc.
LE DIAEÏCTE ARABE DE JERUSALEM. 237
P. lih. L'auteur a confondu làqa 4^ «trouver»
et làcja ^»y « aller à la rencontre de, au-devant de »,
ces deux verbes se confondent à faoriste seulement ;
le verbe signifiant « trouver » suit la I" forme au passé
et la IIP à l'aoriste : làqa ^ , aoriste ilàcji ^U>.
P. 48. Dans le verbe 9ttâka1 , aoriste yattdkal
JS^Iaj , participe niditâkel JSlx* « être mangeable » ,
l'allongement de la voyelle de la première radicale â
paraît être dû à un compromis entre le syriacjue et
i'arabe; ce verbe ne s'emploie qu'à l'aoriste et au
temps qui en dérive, le participe ; de même de ottdxad;
on dit battàkal « c'est mangeable » , et ma bdttdxad l»
<>ji^uô «il n'est pas répréhensible » ; si ce dernier
mot était purement arabe on aurait dit à l'aoriste hot-
tèxed et jdttàxed *><ics> = ar. 1. «Xsjo. Ces deux
verbes sont usités en Syrie et en Egypte. — L'au-
teur aurait bien dû nous renseigner sur la position
de l'accent dans les verbes de la VHP forme de son
dialecte.
P. 62. A signaler les deux verbes dstànna « at-
tendre » et astràyyah « se reposer » résultant de la
combinaison d'une V* et d'une X* forme.
Le verbe doublement faible 'èdja L».l « venir » , à
Jérusalem 'àja , s'est reformé sur son aoriste ; le clas-
sique *^j*- y(^djV devenant régulièrement en arabe
vulgaire yidji ^. par la chute du hamze final et
l'abrègement de la voyelle radicale devenue finale,
ce verbe rentrait dans la catégorie de yai ^yq aoriste
ISS SEPTEMBRE^OGTOBRE 1006.
de t»à^i i^y, à première radiciile faibie éliiuinabie à
i aoriste , un hamte initiai est venu jouei* le rôl« de
première radicale « comme dans *id «*v} après la
contrârtion de Js» yàd on yrf, td. Mëis à JrruAalem
laoriste est plutôt jj/j tjue yiji. M» liohr écrit ji^i
(^^yiji); igi (= tji) serait une >ariante de agi (— 'éj/i),
ne serait-ce pas plutôt une 3* pers. sing. masc. , et
bigi (lire hiji) non une i" pers. sing. «je viendrai »
mais une ^' « i! viendra »? La conservation dil hamzr
aux personnes du passé h désinence consonantique
est étrange : igit, igili, igitu, iyina, lire 'ijU, etc.; on
a ordinairement en Syrie djUt, -fi, -tu, -na. Le par-
ticipe est j^, ïem. jéiye, p\. jêrrth ei jéiyàl. ï/infinîti!"
a été omis.
Lfe Y«rbe wâfa J,^ « s'ftcquitter de » fait à l'aortste
yo^", tifi, 'àji; pi. yéfu, tàfu, nùfi; impératif a* pers.
sing., a/î, pi. ûja.
Le verbe wii (lire wàH) « i° prendre garde, a"
s'éveiller », fait à la 3* pers. sing. fém. du passé wiit,
lire wèHt, pour wàyet = o4«^ avec ye réduit à i;
)' pers. sing. masc. w^U, ou mieux mtti 3' pers. pi.
wftï pour wi*;)'/! =* l>i*^î à l'aoristè yàt, tâ'i (tttt
lieu deyi*i, tà*i, à cause du * qui a une prédilection
pour le fathà), et i*" pèrs. sing. ai, lire ^ài j\; pi.
yâ\i, têtu., nà^i; à Timpératif, u*a et ^a, fèm. a*f,
pi. uu; au participe m)4V, fém. wâ'yn, pi. «>ajirâ et
wâyàt; à remarquer que les JxLi ^) en df aU pi.
sont moins des participes que des adjectifs.
LE DIALECTE ARABE DE JÉRUSALEM. 239
•P. 54. Formes tmminales. — La distinction
entre les tcazn fil et Jiil pour la langue vivante a
quelque chose d'arbitraire , car le kàsva et le dàmma
n'y ont pas conservé leurs valeurs théoriques i et u
dans une syllabe terminée par deux consonnes. Car
si Ion ramenait aux trois voyelks de 1 arabe classique
tout le système vocalique de la langue parlée, on
n'éprouverait aucune difficulté à identifier le fa-
tha et ramener le mot xall « vinaigre » avec a nor-
mal à Jji- , talj « neige » avec a^ k ^ , sab « pé-
nible » avec a^ à <_JLw ; mais l'identification des
voyelles des mots suivants serait forcément peu sûre :
xdll Js^ dans mâl[h)a xdU "albhas « elle ne porte pas
bien la toilette » ; cet d neutre est intermédiaire
entre i et u, c'est un a normal, et il faudrait
orthographier J^ et Jà. ; les mots comtae fê^M
« peau », p^tis « genre », td^jl « marc de café »^ qui ont
un s^, voyelle plus voisine de i qUe de n, pourraient
être ramenés au wazn JotS; les mot* éd^hdV « midi »,
hHf»^ gentillesse », p^mt « cuvette », md^uit « peigne »,
avec leur »'^ voisin de o ou de u, pourraient être
rangés sous le wazn J*» , par à peu près et ave© une
augmentation légère de la durée réelle de leur
voyelle ; les seuls mots fen effet qui sans contestatioti
pourraient être ramenés aux wazn jJt» et Ji* sont
ceux qui ont comme première riadicale une consonne
faible tj ou 3 mue par une voyelle autre que \e fathà :
2'i0 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
ainsi wiild jJ^ <> enfant », autre forme de u^aW dans
la formule lawald waldak « (je t'enrichirai) jusqu'à
l'enfant de ton enfant, jusqu'à tes arrière-neveux ».
Les mots du wazn Jjo à a* rad. faible ou hamzp,
la remplacent par un â : bâh oU et kûs jj-l^ avec â' ;
jâr « voisin », gâz « pétrole », nâr « feu »,/âr « souris »,
collectif, râs « tête » avec d'.
P. 55. Hudû «calme, silence» doit être corrigé
en hviàu avec Jî - final , comme aàii ]|»yx , avec un
deuxième w latont qui reparaît devant une voyellf .
^adiiwah d^^J-x pour JJj»x '^adawwak. 'inih doit être
lu ^èneb cj-wift « raisin », avec e fermé, en Kgypte *aneb.
P. 5*7. Soraba et sorba «soupe» est une erreur
p
pour màraba et môrba ^)y^, parce qu'un 0 bref et
accentué dans le corps d'un mot, et surtout dans une
syllabe fermée, est une impossibilité.
Les mots des wazn Jl*i et Jl*i sont deverms Jl*»,
et le son vocalique que prend parfois le ô est pure-
ment euphonique et n'est pas une voyelle entière
comme un kasra ou un damma, mais un cheva com-
positum, c'est-à-dire un son furlif de timbre incertain
se rapprochant de l'euphonie générale du mot. On
ne dit pas nixAm J^^ (Lôhr riic/i<îm), mais rxâm et
raxàm ou ruxàm, de même rkâb v^^» hmâr ^^.
Quand im mot comme ^jLJ a deux prononciations,
l'une est populaire comme Ism ou Isâ^n, quelquefois
lisdn ; l'autre est savante comme tisân yL*AÎ , avec kasra
allongé, mais il n'y a pas d'exemple d'un mot Jl*»;
LE DIALECTE ARABE DE JÉRUSALEM. 241
c'est à tort que M. Lôhr écrit lisân ; autre exemple :
le mot savant JLo^l , dans les chansons d'amour et
les mawwàl, se prononce J^^i Iwïsâl ; vulgaire-
ment on eût dit lusâl.
Les wazn Jax* et Jyti dont le J ou 3^ rad. est
une lettre faible, ou bien conservent l'accent sur la
finale en transformant le OsjJv-ciJ en un allongement
de la voyelle , comme dans Wé pour ^adùw « ennemi » ,
de j[»Xc; wast pour wasty « tuteur », de ^y, ou bien,
rejetant le *>o«>uiJ, allègent la syllabe finale de ma-
nière à reporter l'accent sur la pénultième, comme
dans iiàbi « prophète », de 1^^', (jàwi « fort », de ,[^;
ràdi « mauvais » , de ^^i; pour ^:>^ après assimilation
du hamze à un j ^^ ; au fém. de ces mots , l'accent a été
conservé sur la syllabe du OoJsjuio, et celui-ci a
été transformé en un allongement compensatif de
la voyelle : qawtye « forte » , pour (jawîyye.
P. 6o. Les mots savants commençant par un li
l'ont paraît-il remplacé à Jérusalem par un z ) : zalem
« oppresseur », zaher « évident », ^aztm « grandiose »,
zarif « élégant », nëzem « ordonnateur ». — L'exemple
de tâse « coupe de métal » est étrange : faut-il pro-
noncer tése? Si â = â\ le t n'est pas plus possible
que dans tàmdssàt « se peigner » de la page 4 1 • A
Alep, on a ta?se xoUo avec extension de l'emphase
de lo à la sifflante, malgré le aJU] de la voyelle finale;
il est bon de remarquer que l'emphase n'est pas in-
compatible avec le «JUl; ainsi, à Alep, on dit derçh
3/ia SEPTKMBHE^OCTOBRB 1906.
t^)l^ « ayant frappé », theç j^moUo « ayant vu », de.
même que lo ^^^ n'engendre pas toujours le aIUI .
P. 6i. Hn^gal « vip» «'st une erroor jjour n. . .
ou ru. .. , car la forme JUL^ n'a nuHo part \ejatka :
ainsi à Beyrout on a r»j^L à Alep vaddjàii à Damas
ré*//Mi , av«e« voiaiB de i ; che« le» Fâllak de JérusaK^m ,
rjdjdjâi, avec <4 voisin de u; en Arabie (à 'Oman),
re^àlf la forme Ji^\^ est propre à l'Kgypte, lAgel,
avw e très fermé, et à la Tripolitaiae, rtj/c/.
P. 6)1. La traduction de aï^II» «eine (einielne)
Mùhle » est erronnée, cai'^>».ll9 taliuu n'est pa» un
collectif; il signifÀi" « moulin », et tâfiiàne •< moulin de
ménage, moulin à main »; ici le > -e final n'est pas \v
suffixe des noms d'unité, mais de certains diminutifs.
p. 6a. Les moiSjOy^jôhar « pierres précieuses »,
collectif» et ^^j zêbriq « mercure », sont des emprunts
faits par l'arabe à une langue sémitique (probable^
ment à faraméen à cause du ,jj du dernier mot cor-
respondant au k final peblevi). Le 3 deyby^ et le (^
de (^Jj, loin d'être épentbétiques , sont primitifs,
puisqu'ils se retrouvent en persan et en pehievi. Mais
si l'on veut trouver en arabe des mots où le redou-
blement de la 1' radicale a été remplacé par fin-
sertion d'un 3 ou d un t^ devant elle , on peut citer
les verbes libanais 'àwkar pour 'àkkar « troublef
(l'eau)», et tàyla pour talta «(aire monter, faire
sortir ».
La vocalisation de mots comme JiXi « poivre », J^X?
« rossignol » , et ^J*.*^• <- abricots » n'est certame-
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 243
mentpas^i^i, taiètt^, mismu ou musmus, mais plutàt
fôlfel (avec » voisin de e fermé , et e intermédiaire entre
e fermé et i), bèlbol (avec o fermé , et a entre u et eu
français) , etc. — v'^-*^ " patins de bois pour femme »
et oLaJUo « saules », coll., avec voyelle a~- de la i " rad, ,
à Alep a : qabqà~b et sa~J§à'^J, — Rem^rquier '^ms
pour 'ûybas « piv^s sec », comparatif de yà^bes « sec ».
P. 6/». Makqame « Gericht », lapsus pour màlikaxne.
-^ môsàm « Ernte » ne serait-=il pas pour mé$^m avec
e fermé == jmsra? — wjtâl} et mufWi « clé » sont
pour maflâli.
p. 65. Dans michlqje, mrâje, miqldje^ musfâje, a
doit être pour 4 a>ec le son e ouvert (fambiguité du
caractère a, qui sert à rendre â^ et é, est déplorable) ,
car md^sfâ^je est impossible; lire mdxleye « sac-musette
de mendiant », mrêye « miroir », maqleye « poêle à
fHre », THd^ëye « passoire ». — Qurân est pour quràn
« Coran » et mieux qa'^râ^n, ce mot qui est savant se
prononce littérairement. — Qô'^ân [=mâP-n yls^j^)
« ayant faim », cf. Beyrout jâ'd/i, Alep djaàn.
P. 66. Qastar « Rôhre », cf. à Alep qdstal Jk^a*
K fontaine ou abreuvoir public alimenté par un
canal d'eau douoe ». ^— - zarûv «Weis^dorn (aubé-
pine) », à Alep zarnf « a^eroll6)^, à Beyrout « espèce
de nèifles». •= — qarafs « Gewiirz (épices) » serait-il
un compromis entre karafs ^^^p «céleri» et qàrfa
ou qèrfe « caneHe ».? — mantàr vient de l'arabe litt.
P. 6 y. ISdmùstye «lit de fer, à moustiquaire ou
244 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1006.
non» dérive de *nammûs, altéré en nâmùs «mous-
tiques » , par attiaction de son homonyme nâmùs
«honneur, vertu (des femmes)». — ;abtiye a\ec ;
« gendarme » est de formation turque, c'est un fém.
sing. à sens d'abstrait ou de pluriel.
P. 68. Ràhbâni « Mônchsleben » (51c), au lieu de
ràhbane Ai-j^j — hsén ne doit pas être traduit par
son sens étymologique de « petit Hasan » , mais ôti'e
rendu par Hsën ou Hoseyn. — zpaijir » petiot », mais
en Syrie et en Egypte zgàyyar Jiiè^ , est le diminutif
de zg'ir j^j, pour j^J^o. — bayy « petit père », xayy
« frérot », même « mèrette », dayyât « petites mains »,
sont des diminutifs qui ont perdu leur hamze initial :
hayy est pour **hayy = jiSi , xayy pour **xay — _^xi.! ,
même pour *'iném£ — ïmmI dimin. de 11, dayyât
v::iL»à , pi. de 'dàyye inusité , pour "dàyye «=> à^Sl , dimi-
nutif irrégulier de Jol transformé en ^^àl pour la
commodité de la formation, ou peut-être de <^«>^l
*iday-, duel à l'état construit de *id. — xàyye aIâ. « sœu-
rette ■ est ie fém. de ^^ xâyy, et non le diminutif de
^ . — dén çjj^ « oreille », et à Beyrout dâyne *ju* ,
sont pour ^JJi>\ et XÀrf^L — La chute du hamze initial
de ces diminutifs a été entraînée par celle du damma.
de cette lettre (J4** devenant en ar. vulg. Ja»» ou
^^ fayloxifèl), qui n'est guère prononçable sans
voyelle.
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 24f)
P. 70. Le pluriel en -in des mots JU» n'a pas le
'amdle fort qu'on remarque à Alep : fd^'^éltn , à côté
du pi. en -a ou -c : fatale ou fa ^àla.
Jo*Xa. « neuf» fait au pi. ^ddud et gdâd, lire pro-
bablement jâc/odf etjdéd, de même à Beyrout; à Alep
djàdad, en Egypte gadâd et (jiidad. A noter que 0 dans
une syllabe finale fermée par une seule consonne est
clair et ouvert à Alep et sourd à Jérusalem; paral-
lèlement e fermé est plus ouvert à Alep et tire sur le
e ouvert , tandis que dans le Sud il tire sur le i.
Les pluriels JJei n'ont la forme monosyllabique
qu'à Alep : ktêb pi. kàtoh et kdtàb; à Jérusalem , Bey-
rout, etc., kàtub; lliêj «couverture de lit piquée»,
pi. Idhf; à Jérusalem et Beyrout, Ihâf, pi. luhuf; de
tarlq (^^ « route », est venu tric^ (^yî « fois », pi. tô-
raCj (^jj; rasûl « apôtre », pi. rdsl; à Jérusalem et Bey-
rout, rûsuL
Les pluriels J*» et Jxi des noms sains sont deve-
nus/âW, ex. : qèhab, 'àbar, mèqaf, de c^àbbe «cou-
pole», 'èhre «aiguille», luàqfe, à Alep môqfe Ajui<i
«morceau». Avec les noms de racines concaves, a
devient i bref de\ ant un <^ et li bref dev ant un w;
ex. : hiyal Jua., xiyam j^i^, riyaui jjis?;, de xlU:^,
« ruse », x«yi^ « tente », *^^ « plume »; avec u ; dàwal
Jjjà, sàwar ^^, bàivam *yi , fdwat lo^i, de *]j):>
« puissance » , Hjyo « image » , xojj « hibou » , aI^jj
« pagne de bain ». Dans ces noms , la présence de la
consonne faible a contribué au maintien delà \oyelle
MU. 1 7
J46 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1006.
primitive kasra ou damma , qui s'est altérée au con-
traire dans les pluriels des noms sains.
P. yS. Pourquoi rendre jlL et J^, le premier
par gehel et le second par ^àmàl ?
Les pluriels *i«il sont devenus *ijti\ 'àf*le avec
une voyelle furtive avant ou après le ^ : le pi. de I5*
« médicament » est juj^ï 'à(lw{i)ye c'est-à-dire 'hdwiye
et 'âduje ou 'àdnye; le pi. de h^ân n'est certainement
pas ahsinc mais 'Àhssnfi, qui est plus conforme à la
phonétique, qui dit fohmel «elle comprit», 'a/»/r
• iiâte », sàm»ke « un poisson ».
P. 7-7 . Ba}ndûq ^3«>J^, pi. 6a'nd*<W^ (>:>^W, qw se
retrouve ;\ Jérusalem comme à Beyrout, Alep, etc.,
est peut-dtre un emprunt nu |>ehlvi bandak « e«clav« »
par le syriaque qui transforme le k final en ^3, ex. :
Les noms de nombre composés avec^^,;«i», c'est-à-
dire ceux de 11 à 1 g, perdent la finale -ar dès qu'ils
ne sont plus suivis d'un substantif: sabat ^asar sene
« 1 7 ans », mais issene sabafas « l'an 17»; de même
à Beyrout; à Alep, la forme écourtée e^t la seule
usitée dans tous les cas.
PP. 81 et 8i. Bàlâ « ohne » ainsi écrit est pour
balà{h) « sans lui , sans cela » , et s'emploie comme
adverbe; comme préposition, il s'écrit bàla; on sait
que ce mot est pour "ih « avec ne pas de... », il avait
donc fallu écrire : bàla halib, et non balâ lialib ou
baJâ hattb. — ibâ et Uâ sont certainement des faotés
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 24?
grossières ; dans toute la Syrie on dit arec le hamze :
'ibi et même 'ôlo, avec i» et o plus ou moins fermé;
s'il existe quelque chose qui ressemble à ihû , ce doit
être 'àbo, car à Alep on dit nià 'àhni lui ^ i^U
« je n'ai rien », à la i "* pers. Ce hamze prosthétique est
de même nature que celui de isi « chose » (lire ^^t
'jiui), et peut-être que celui de 'td *>oi « main ».
'^ala ^Js. se réduit souvent à a — fc (et non 'â U),
sauf devant les suffixes personnels ; râh ^abcto, rdli
\i-lbët; ce *^a se retrouve dans toute la Syrie, et
même dans l'Arabie du Sud.
Mail 0^, préposition, perd sa voyelle devant
l'article : mn-9lbêt; mais à Alep seulement, il se réduit
à I* m : m-dlbi't , et dans quelques locutions : m-hàqqa
« au fait! à propos! » pour mdn hàcjq-lia. La voyelle
de ^JA se conserve devant une consonne : mdn Mn
« d'ici », à Jérusalem, à Alep, etc.,.
B règne une certaine confusion sur la quantité et
le timbre des diverses espèces d'?. \insi Yi de farticle
dans lilmdîne est différent de celui defi dans fi qurne
A3^^. La voyelle des prépositions J t_> ^ , suivies
de l'article , est très brève et cesse d'être un kasra , qui
est un i de timbre net , bref de quantité et de nature
théorique, pour devenir un 9; Yi de ces mots se main-
tient devant un mot commençant par une seule con-
sonne; ex. : bi-Hàlab «à Alep », ^-(jTc^rne «dans un
coin », li \d almîldd « jusqu'à la fête de Noël », car
alors il devient demi-long, comme dans biqiim,
bikdlteb, et dans le français ///<?< , et à la tin des mots
848 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1900.
quand il n'est pas accentué : béti, ràhi, ràhti, ma^ri ,
daràhni; dans lahitak où i-^ya, xiyam , hiyal , où î »=
9 à cause du y qui suit. Cïet i demi-long peut devenir
franchement long quand parfois on veut insister sur
sa durée, en disant biqûin , biqtin, bikiUteb. L'i est
franchement long quand il est accentué, comme dims
fl pour Jlh , etj^ha, et dans le français bénir. L'i long,
quand la syllabe qui le renferme vient à perdre
l'accent, peut s'abréger en un i demi-long : comparez
frandjtye « Européenne », avec i long et accentué , et
son pluriel /ra;jr//iy(l/ , où i devient atone et se pro-
nonce long et demi-long, selon les dispositions de
la personne qui parle; l'î de m'itén «deux cents»
est moins long que celui de miye « cent ». L'/ accen-
tué de mots conmie xiyam m^, ^iyal Jua, peut être
considéré comme bref à cause de l'étymologie , et
comme demi-long à cause de l'impression nette de
son timbre; c'est ainsi qu'il sera souvent diilicilc
de démêler la quantité exacte de yidji « il viendra » :
que l'i soit bref, c'est certain, que parfois il soit
demi-long, c'est aussi un fait, mais ce serait une
erreur de. le considérer comme franrheinent long :
les faits ont une latitude pour se produire qu'il ne
laut pas franchir sous peine d'erreur.
P. 83. Locution à noter 'alyàni yimhh-li « quel
bonheur, sijepouvai avoir. . . ■
P. Sli- bilarlab « meistens » sans hamze est impos-
sible. — bàlâs « umsonst » , formé de »(^^> « sans
rien », a\ec »,^ devenu enclitique comme celui des
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 249
négations jji...Lo, ^jiJ, etc. — lialwa<jt et hallaq
« jetzt » sont deux lapsus : lialwàqt (= ha-\-lwa(it) est
devenu hàllaq (^ par assimilation du ^ au J ; halla-
qtêniet hallaqtén usités à Alep ont conservé le t qui
a disparti entièrement dans hàllaq. Quant à la forme
halqét usitée en Palestine , elle suppose un composé
analogue ha démonstratif -|- l article -|- qêt , qui peut
être pour o«4*5, diminutif de cuSj, ou pour cyUjî
qët, pour 'awqât , *uqdt avec *JUI de à.
P. 85. dâime « immer » est un adjectif qui veut
dire « (que votre café soit) perpétuel ! » et qualifie le
mot qàhwe sous-entendu. Le visiteur qui a pris le café
s'empresse de remercier le maître de la maison en
lui disant sur le ton de souhait : dàyme xcb. Dans
la note ,Jilbêta est un lapsus.
P. 86. Iiônâk « dort » est une erreur pour lionâk
JLuû K là ». Ce mot ne dérive pas de liôn « ici », mais
de far. litt. dlXi .
P. 87. hék est pour *hdk JU avec *1UI, peut-
être parce que ce mot répond souvent à léiu fj*^ par
assonnance. On entend souvent ce petit dialogue :
léiu? — hêk, comme en français : « pourquoi? — parce
que ». \ùSji a donné *]idk, kék en Syrie, et kide en
Egypte, kiSè à 'Oman. — masbut «exactement», à
corriger en ma^zbut, est emprunté au turc. — C'est
l'accent interrogatif qui a allongé des mots comme
feâm « combien? », bkâm « à combien? », mtn « qui? ».
■ — L'auteur a tort d'écrire wain « quoique » sans
250 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1900.
hamze, oe qui fait pensor «î l'adverbe ^^^ « où ? •; il
faut wa'in et mieux wa'an Jij.
Hayyàni « me voici » est formé de ^^7U, hayyo -f
ni; or hayya , hayyo « le voici » contient déjà le suf-
fixe personnel et est pour hayy+o\ ce hayy JJa est un
démonstratif qu'on trouve à \lep avec le sens de « la
voici » et de « celle que voici »'; je le crois composé
de ha-\-hi ^Ia , comme haùn , hôn q^ « ici ■ Test de
ha^huna Ual^ft. — hayyù-ni, -k,-ha, etc., est com-
posé de deux pronoms suflîxes agglutinés comme k6
«le voici» lest de \è-k -f " *^j «^ toi lui. le
voici ».
P. 90, màlês se dit malëut «n'importe». — A
propos (le sallem dayyûUik « que Dieu conserve tes
menottes! », il eût été bon de faire remnrquer que le
préfixe j de l'aoriste a été retranché par l'usage avec
le sujet qui est 'alla, et que la formule complète
serait 'alla isùllem dayyétak, de même daav> kâlter
sérak, mass'ikom hobcêr. — jalla* en avant ! », se pro-
nonçant avec emphase , devrait être noté ainsi : yàH-
la- ; il se dit souvent pour commencer l'ouvTage; les
chrétiens disent aussi en ce sens yâ *adra « ô Vierge
immaculée ! », et les Persans ^J^ L? « ô *Ali ! ».
Syntaxe. — A Jérusalem, un substantif déter-
miné par l'article conserve cet article, même quand
il est suivi d'un adjectif qualificatif : attêjer suiiuâter
^LJI ^bJl « le marchand habile»; l'apposition se
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 251
maintient là où les autres dialectes emploient le
rapport d'annexion : olmarra jjâye « la prochaine
fois »; cf. à Alep : smt sddjëye « f année prochaine ».
L'infinitif des langues européennes est remplacé
par le verbe à l'aoriste subordonné, ou aoriste sans
LJ : btaref tàktoh « sais-tu écrire ? » , là tansa djib
[<^<^jj^) « n'oublie pas d'apporter », barîd 'àji «je veux
venir » lit. « je veux que je vienne »; 'àji tout seul veut
dire «que je vienne»; sur le ton interrogatif, avec
hdddi sous-entendu, ^4/ï? veut dire « faut-ii que je
vienne .►^ » ; il y a ellipse de la proposition principale
représentée par hdddi, lâzem, etc., dans cet exemple
et dans toutes les questions de ce genre posées par
un domestique à son maître : 'ajtb olgada ? 'asAkker
alhâb ? 'ànzel ^assii(^ ? « faut-il que j'apporte ou serve
le déjeûner, que je ferme la porte, que j'aille au mar-
ché.^ M. Cet aoriste subordonné est aussi de règle
après la négation prohibitive, ex. : là tadrob «ne
frappe pas », et toutes les locutions verbales qui met-
tent le verbe suivant en état de subordination : sâr
iràh uyiji « il se mit à aller et venir » , ma "ait 'auitar'ik
« je ne t'achèterai plus ».
Le D' Lôhr a écourté la syntaxe comme la pho-
nétique. Ces deux parties de la grammaire de la
langue vivante sont cependant aussi intéressantes
l'une que l'autre et généralement aussi négligées.
Pour terminer la grammaire, citons un fait qui
intéresse à la fois la morphologie et la syntaxe. A
Jérusalem, au lieu de wên 'axadt'ihom « où les as- tu
emmenés?», on peut dire : wén mdxadt'ihom ^^y
252 SEPTEMBRE OCTOBRE 1900.
*^j4X*.U, et à Alep : lawëii 'êocêdltyon, avec o nasa-
lisé, le participe actif du fém. sing. en annexion avec
un pronom-suflixe prend la terminaison verbale du
verbe au passé. De même, à Alep, ^(^ Juxà^L*
iu{y9ftt(h), yàmo « l'as-lu vu , maman? » est distinct de
^Irf jubU. méyfe, yàmo «vois-tu, maman?» sans
régime.
Textes. — P. 94. Dans l'historiette explicative
du proverbe « entre Hâna et Mâna , tous les poils de
nos barbes s'en sont allés», le verbe nàqqa inàqqi
signifie : i°« trier», 1" par extension : «enlever (le
mauvais) en triant ». — chari, lire xnri (S)y^, qu'on
traduit ordinairement par «curé», signifie « choré-
v^que », et vient en effet du syriaque xoraya, dérivé
lui-même du grec •)(Ci>peTti<TxoTtos.
P. 9-7. ràdit ^alêyi udaat-U « (ma grand'mère) est re
devenue bien disposée pour moi et a prié le bon Dieu
pour moi ». Un bon fils s'efforce de mériter le L^^ de
ses père et mère , parce que ie ca^ de ceux-ci est
aussi le courroux de Dieu. Cf. la formule respec-
tueuse pour prendre congé à 'Oman : kân râdi « sois
satisfait de moi! ». — sdtti signifia •« ma grand-mère »,
et non « ma femme » ; dans ce dernier sens on dirait
chez les chrétiens 9ssàti « la dame », et chez les musul-
mans 'amm slulâd; d'ailleurs on ne demande le Lô^ qu'à
ses ascendants; les épouses au contraire baisent la
main de leurs maris qui ne se dessaisissent pas de leur
autorité; les lilles cèdent le pas à leurs frères, et les fils
LE DIALFXTE ARABE DE JERUSALEM. 25.'^
sont préférés aux filles, La phrase finale doit être
transcrite ainsi : -jlU!^ jX«»«jj iilo*x^u»i cl*->*^' cyà^lfi ^^Li» L>
jLj~Li»i ci>«X^ U , et prononcée ainsi : yà maqi (ou peut-
être ludqqi) '^âwàdat tsabb sdttak utdskar? waHla^h ma ^dtt
'amtank « ô gredin , tu as recommencé à insulter ta
grand'mère et à t'enivrerP Je le jure par Dieu, je ne
t'achèterai plus ? m. La traduction de Lôhr est un non-
sens complet.
P. 10 4, le prov. y est le contrepied de la phrase
bien connue de Vadân du fidjar : dssalàt xérun man
dnnôm.
Prov. g. yà dâxel bén Ibàsale uqaiurètha, yâ taie
bisannèiha = « il ne faut pas mettre le doigt entre
l'arbre et l'écorce ». Il eût été bon de faire remarquer
à cette occasion que nombre de proverbes sont com-
posés de deux membres qui riment ensemble, comme
(les distiques (owo) de la langue classique, et que le
besoin de ramener les proverbes à ce modèle amène
souvent le remplissage et les chevilles [zôdât), comme
pour le premier membre du proverbe bien connu :
l^^ OUJ! A^ioX» ^ l^ Jk£ 6^ <1J0
Renverse la jari'e sur son orifice, — la fille se révélera
telle qu'est sa mère.
C'est le deuxième membre seul ici qui constitue le
proverbe; de même dans celui-ci :
(jàl-lo : yà mex, màddon. — qal : 'àlli lyyàkol ddsi
mu m3thlli biàddon.
254 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1900.
11 lui dit : «O rbeykh, :illonge-les». il répondit : «Celui
qui reçoit les coups de bâton n'est pas coin nie relui qui les
compte. »
P. 1 o5. Le5 hazâzir ou hazi'ât « énigmes , devi-
nettes » sont, avec les contes et les proverbes, les
principales récr(^ations des veillées d'hiver de la so-
ciété syrienne; le sing. est ^zzêra dans Bauer; on
dit hazzùra *)}'y^ J^ Alep, et hazzôra »;uV^ en Irac,
ce dernier sur le watii /«"ô/a, qui a donné zannOba,
titre dune chanson nomade fameuse.
P. io6, taqtàqi nom de mépris foi^é et dérivé <le
làqtaq « faire du bruit à la manière des choses
creuses ». L'énigme 5 a cette allure ultra-grivoise qui
fait la joie du populaire en générai et des Syriens en
particulier. Le bec des ^^^1 par sa forme cylin-
drique donne souvent lieu à des allusions de- ce
goi'it. — Les énigmes i3, i4(,i6, i'j et 2I1 com-
mencent par ^! 'Juai qui est relié par un pronom
personnel sufUxe à la phrase; la traduction aurait
dû exprimer le pronom relatif qui est indiqué par
cette construction « quelque chose que tu prends
dans ta manche » au lieu de h quelque chose, tu le
prends ... », — Knigme 1 8 : zammar est un verbe
au passé, comme bail , unatt, qui sont des ^g*ol• et non
des infinitifs; le sens est : « cela a rampé, a sauté et
joué du chalumeau. Qu'est-ce que c'est .►^ » Réponse :
« des pimaises , des puces et des moucherons » , bàqq ,
ubrâgtt, nbàrgam. -r- Enigme 19 : '^àbde jitd(^h»tha,
\ô(fde « une négresse dans le trou de laqu*»He est un
LE DIALECTE AKABE DE JERUSALEM. 255
nœud » c'eatrà-dire un fuail chargé , bârude madkûke ,
dont le canon renferme une charge nouée dans du
papier ou un morceau de chiffon; madqucie est un
lapsus singulier. — Enignie 2 3 : corriger guwwâha,
par jmvâhn lAt^j^^. , au Heu de lAlj^ « au dedans
d'elle » , à Alep on dirait djûwdta. — Enigme 2 5 :
Jérusalem emploie le mot kduitbân, écrit kusfbân,
pour « dé à coudre », comme le reste de la Syrie.
P. 108, la locution li, ^attannûr «au four à
pain», pour dire «cela m'est égal», se retrouve
dans ce proverbe usité à Alep : 'an habbàtni sètti,
'attannur, wdn-mà habbètni, 'attaiinûr « si ma maî-
tresse m'aime (c'est une esclave qui parle) , elle m'en-
voie au four (cuire le pain), et si elle ne m'aime pas,
elle m'envoie aussi au four ». On interpole quelque-
fois le mot bdtnayyàmni devant '^attannur « elle me
fait coucher sur le four ». Le sens de ce proverbe
est : « Que ma maîtresse soit bonne ou non pour
moi, elle ne me décharge d'aucun des travaux du
ménage , mon sort n'en est pas amélioré ». — Locu-
tion 6 : rûh ballet olbahar « va-t'en paver la mer » , va
faire ce que tu voudras , même l'impossible , cela
m'est égal, — Locution 1 o , corriger liliitu « sa
barbe » en liliita xXasI , car, par la réduction de ya en
i, l'accentuation du mot ne saurait être changée :
*Uhyat -\- 0 devient simplement lïhit-o. — Locution
2 1 : les Syriens distinguent souvent les mdtal Jî*
« locutions proverbiales » commençant par « comme,
pareil à », des mMal Jjj, « proverbes ». - — Locu-
2r)fi SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
tion a 7 , lire man dàbri wubtasbjqni « tu viens de sortir
de mon fondement et déjà tu me devances! »; à rap-
procher de ce proverbe : « Le morceau de crottin
sortit de l'anus du chameau (qui traversait une ri-
vière) et se mit à lui apprendre à nager (en flottant
devant lui)». — Locution 34 : ^ dzid atttne balle,
littéralement « n'augmente pas le mortier d'un mouil-
lage », c'est-à-dire n'envenimez pas le^ choses. —
Locution 4o : qàhutak (et non ifahûtak, même ob-
servation que pour bhito, voir plus haut loc. lo)
sàyde « ton café a pris quelque gibier », il y est tombé
quelque chose de malpropre, ou bien il n'est pas
bon. — Le n° Aa est un proverbe. Le P. Fourrière
l'a cité sous cette forme : 'tui yà gdiiu ta-yjlla llia-
miut «vis, ô cheval de b{it, jusqu'à ce que l'herbe
pousse»; à Alep on le dit ainsi : ^Uuu yd èhém
(^iiLJ^ U) taydjikon arrabC « vivez, ô ânes, jusqu'à ce
que vienne pour vous le printemps », c'est-à-dire
attendez si vous pouvez. — Locution 45 : «Quand
les corbeaux iront en pèlerinage à La Mecque et en
reviendront sans leurs pattes » signifie « quand les
poules auront des dents »; est usité à Alep aussi.
Vocabulaire. — Vt*^' afàha^ « les Arabes no-
mades »; ulàd \irab « fils d'Arabes, nés des conqué-
rants et de femmes des provinces conquises ». —
ardtye « vase de nuit » a de nombreux synonymes :
nùntye, q'imêntye , xaddAme, mastà'male , qa''âde; en
Kgypte qasrtye. — bannd, lapsus pour bùnna « ma-
çon ». — Kcrire bâràde « fusil », et non barûde. —
LE DIALECTE ARABE DE JERUSALEM. 257
bofjq « punaises » signifie « moustiques » à Alep. —
dàmmar « mettre dehors , chasser » vient du turc
diiuard « dehors » ; dénier « qui est dehors , qui broute
en liberté ». — june Ai^a. « panier » est un emprunt
aux Arabes de l'Est. — hémin « comme, parce que »
vient de ^jici^xa. , qui est hayui-dn , "aym-dii en Syrie. —
ammâm -uJl « Damas », et non « la Syrie »; ce dernier
sens n'est pas vulgaire en Syrie. — qàrrat ''éni « mon
œil s'est rafraîchi », c'est-à-dire je suis content. — qzd:
et qzéz ^iy» « du verre » se trouve en Syrie , en Méso-
potamie, etc., tandis que la forme classique ^^3 y
paraît inconnue ; en Egypte on a qizàze « un flacon »
et zuqâq « du verre ». jVjJ», qui ^t purement vulgaire ,
paraît être une métathèse très ancienne de ^U-j. —
sarbûse [^marbume « la houppe du tarbouche ») pa-
raît être le prototype du mot tarhàui, Wep tarbéiu
« bonnet rouge des citadins », et nous ramener à un
persan saipôm ou sarpmu (jijjjw « ce qui habille la
tête , coiffe , coiffure » ; quant à ai^Çi. ludrràbe « gland
ou flot du tarbouche » , ne serait-ce pas un dérivé de
A.-i^^ ou iji^j^ sur le wazn *Jlx» avec le sens des
wazn ^Juxi, ^Jyti? — môb Lj>y^ «chaleur de l'air»,
usité à Jérusalem , est bien un mot propre à la Syrie el
inconnu à l'Egypte. — Lire tdbat nafsi au lieu de tabâl.. .
— tacht ruwâm « lit de Grecs » est corrompu par éty-
mologie populaire de ^jt^;oi.i*^ tcucUrwân usité à Alop ;
l'original persan taxte ravân signifie « litière mobile »;
c'est un palanquin porté par deux mules , l'une en
avant, l'autre derrière, mais ayant la tête tournée
258 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1006.
dans le même sens. On connaissait c« genre tit»
litière en FVance au moyen âge. — Pour tanim Is, le
sens ordinaire et usuel n'est pas t ^tre complété »,
mais « continuer » ; ex. : tamnuH tjskar « t'enivres-tu
toujours?» — Wlahi «joli» est d'origine turque;
à Mep ^^Jb^ dàtabi « élt^gant et courtois, raffiné»
s'emploie dans ce proverb<' halabi : hàUihi ^àlahi,
uiàmi màmi, (f^lsi 'awàni, niàsri kiuàmi «Alépiii,
petit-maître; Damanquin, homme funmte; Hi^roso-
iémitain. mouchard; Kgyptieii, voleur!», qui ]>'Ul
faire pendant à c«^lui-ci : ^Ja^\ Oj-il Jy (j»*^^ ^jékSaJI
ehjads , 'àndjas (jôm , 'âmraf 'ard « Jérusalem , la plus
im])ure des populations, la plus noble (sainte) des
terres i».
LITTERATURE SYRIAQtlE. 250
ÉCLAIRCISSEMENTS
SUR QUELQUES POINTS
DE LA LITTÉRATURE SYRIAQUE,
PAR
M. J.-B. CHABOT.
I. Jean d'Apamée.
Il est fait mention à plusieurs reprises, dans
quelques écrits syriaques, d'un auteur nommé Jean
d'Apamée. Si l'on compare les passages où ce nom
se rencontre, on s'aperçoit qu'il est difficile de
coordonner les- indications, en apparence contra-
dictoires, qu'ils contiennent. Nous allons essayer de
démêler ce qu'il peut y avoir d'exact dans ces ren-
seignements.
1° Ebedjésus, dans son Catalogue des écrivains
syria/fues , mentionne Jean d'Apamée parmi les « au-
teurs grecs », à la suite de Palladius et de saint
Jérôme, en ces termes : yx-ca r<^ ». "TX-^rcf ^u^o*
. r^^o\»=ri^^^ A^o . vîCxm \:^q « Jean d'Apamée
composa trois tomes, des lettres sur la vie spiri-
tuelle, sur les passions et sur la perfection i. »
' BibLot:, m r, p. 45, 5o.
MO SEPTEMBUË-OCTOBKE 1900.
Assémani, dans ia description sommaire des
manuscrits de Nitrie apportés à la bibliothèque vati-
cane, mentionne les œuvres de Jean d'Apamée :
Johannis Apameensis monachi Sermo de recta in
Deum et Christum fide, etc. . . — Johannis Apa-
meensis monachi Epistolae \ . — Johannis Apameen-
sis monachi Capita doctrinu; XX, de re ascetica
(Cod. Nitr. xviii; Bibl. Or., 1, 567).
Johannes Apameensis monachi Sermone.s III. —
Joh. Apameensis Pfieceplu ad quenulain Iratrem
peregrinum etc. — Johannes Apameensis de animi
affectibus, ad Eusebium et Ëutropium (Cod Nitr.
MX,BibLOr.,], 568).
Les mêmes indications sont répétées dans le Cata-
logus Biblioth. Clem. Vaticanœ, où ces deux manu-
scrits sont décrits sous les numéros xciii et cxxiii
(t. II, p. 499; t. III, p. lAo).
0 n'est pas douteux que les ouvrages indiqués
répondent à ceux qui sont signalés par Fjbedjésus.
Mais ces mêmes ouvrages existent aussi dans plu-
sieurs* manuscrits du British Muséum , et en parti-
culier dans le manuscrit add. i 7 1 69, qui est daté de
l'an 58 1^ Dans ces manuscrits l'auteur est simple-
ment appelé « Jean le moine » (n^'\Axv* ^..>»<u y'S.so)
et quelquefois surnomme « le Voyant de ia Thé-
baïde » (oû^ji^raV-A i^vw). J'avais donc conçu de
graves soupçons sur la fidélité des descriptions don-
' Cf. Wright, Cat. of tyr. Mu., p. 45 1; et à l'Index général
s. V. (John the Moiik *.
LITTERATURE SYRIAQUE. 261
nées par Assémani. M. Guidi , ayant bien voulu exa-
miner les manuscrits du Vatican, m'écrit que
le qualificatif d' Apaineensis ne se trouve dans aucun
des passages indiqués par Assémani, mais que l'au-
teur y est simplement appelé «Jean le moine»,
comme dans les manuscrits de Londres. Or, nous
savons fort bien qui était ce Jean , moine de la Thé-
baïde ; il est connu sous le nom de Jean de Lyco-
polis ; ses ouvrages existent partiellement en grec , et
la confusion faite par Assémani a été signalée il y a
déjà longtemps par Gureton^.
Un premier point est donc acquis, c'est que la
mention de Jean d'Apamée chez Ebedjésus et Assé-
mani est le résultat d'une confusion. Assémani a été
induit en erreur par Ebedjésus, qui avait lui-même
été trompé probablement par une identification ar-
bitraire proposée par Michel le Syrien , comme nous
le verrons tout à l'heure.
2° Nous rencontrons un Jean d'Apamée men-
tionné par Bar Hébréus dans sa Chronique Ecclésias-
tique ^ parmi les hérétiques qui vivaient du temps
de Justinien, c'est-à-dire au vi" siècle. Bar Hébréus
ne fait que résumer en ce passage la Chronique de
Michel le Syrien , qui est un peu plus explicite sur la
doctrine de cet hérétique^.
Théodore Bar Khôni , dans son livre des Scholies ,
consacre aussi un chapitre à l'hérésie de Jean d'Apa-
' Corpus Ignatianuin , 1849, V- 35 1.
^ Chr. Eccl. , 1 , 222.
' Texte, I». 3i3. Trad., l. 11, p. 25o.
via. 18
a02 SEPTliMBRE-OCTOBRK 1901..
inée^ Dans ce chapitre il cite, plus longuement
que Michel, des passages de la docfrino de Jean. Il
termine par ces mots : « Cet imposlciir f-omposa un
livi-e (pi'il appela Lesjhndcmeuls (^^ûori^itvx). >•
Les renseignements fournis par Michel et par
Théodore viennent incontestahlement de la m<^m«'
source. Tous deux nicontent qiw Jean naquit à
Aptmuie ot étudia la médecine h Alevandrir, puis
revint dans son ]>ay8 d'origine et y enseigna ses doc-
tiines étranges et incohérentes, où le dualisme, le
panthéisme et le plalonismr se confondctït dans un
singulier amalgam(\ Tous les deux- citent un même
passage de ses écrits. Théodore ajoute qu'il vécut
dans le couvent dr Mar Siméon. Michel termine par
ces mots : •« liOiNqn'il revint, il se i*etira au désert;
il Ht des livres sur la perfection dans lesquels est
trachée son hérésie. On les appelle de « Jean le
« Moine ». Et c'est cette identification , tout à fait ar-
hitraire, qui paraît avoir causé l'erreur d'Khedjésus,
et qui a peut être amené l'auteur a placer Jeaii
d'Apamée au vi' siècle.
3" Il est encore question de Jean d'Apamée dans
le LiviT de ta (Ihasfcté de Jésusdenah, évoque de
Bassorah , qui vivait au i\* siècle. La notice con-
sacrée à lh.aac de Niiiive se tennine ainsi : « Conune
il était du Beit Qatarayê, je pense que la jalousie
excita les inoincs contre lui , de même que Cotitre
Joseph Hazzaya, Jean d'Apamée, et Jean de Daiya-
' PoGKO?> , Insciiptions mandaîtes des Coupes de khimahir, p. i '»2 ,
207.
LITTERATURE SYRIAQUE. 263
tha^. » — Ces paroles de Jésusdenali contiennent
une allusion manifeste à un passage du patriarche
Tiniothée I"' (ySo-SiS) cité par Ebedjésus dans
son Nomucanon'' . Tiniothée parle de Tobligation
qu'avaient les auteurs de soumettre leurs ouvrages
doctrinaux à la censure de l'autorité ecclésiastique
avant de les répandre dans le public; le patriarche
les examinait et les approuvait s'il les en jugeait
dignes, sinon il les réprouvait et les condamnait :
« Sin vero approbatione illas (lucubrationes) indignas
patriarcha censuisset, reiiciobat veluti legibus eccle-
siasticis contrarias, damnabat(|ue, quemadmodum
Sabariesus catholicus Hanani /Vdiabeni scripta, et
lesuiabus Sahadunae tabulas, commentaque Esaiae
Taholensis, Nosque similiter blasphemias illius
Apameensis, et losephi, atque lohannis Daliathen-
sis proscripsimus. » Ce sont les trois noms cités pai"
Jésusdenah.
H ne semble guère douteux , d'après le seul con-
texte^, que Timothée parle de trois auteurs à peu
près contemporains, cpii devaient vivre de son
temps ou peu auparavant. Le sens paraît bien être :
l)e même que Sabarjésus et Jésusyahb ont con-
damné les hérétiques de leur temps, de même j'ai
condamné ceux de notre époque.
La dilhculté consiste donc à savoir si le Jean
' Édit. J.-B. Chabot (home, 1S96), n" 134.
- Mai, Script. Vet. nova CoUect., t. X, p. 167.
^ Nous l'élablirons plus has, d'après les sviiclu'ouisines, ])uiir
Joseph lla/.za)a el Jean de Dalyallia.
18.
S64 SEPTEMBIIK-OCTOBKK 190f).
d'Apamée mentionné .par TluHxIore Bar Khôni et
Michel le Syrien est le niémr que celui dont paient
Tiniothée et Jésusdenah.
Tt)iit porte à croire qu'il s'agit de deux person-
nages distincts.
Michel pari»' d'un ««ciiNaiii (|iii aurait nccu au
vr sièci»-', et Tiniotliée parle dun auteur du \ m'" siècle.
Toutefois, comme nous sommes porté à croire que
Michel fait vivre son Jean d'Apamée au temps de
Justinien par simple conjecture, nous n'insisterons
pas sur cet argument.
Michel pjirle vraisemhlablement d'un auteur ori-
ginaire d'Apamée de Syrie, (pji étudia les livres grecs
à Alexandrie. — Tiniothée au contraire parle très
probal>h>nient d'un auteur nestorien (|ui troublait
l'Kglise de Séleucie par ses doctrines singulières. Il
est difficile à croire que des doctrines aussi extrava-
gantes et aussi grossières que celles énoncées par le
Jean d'Apamée de Michel et Thédore fussent capa
bles de se propager dans les églises de Perse, qui
d'ailleurs repoussaient tout r« qui venait des Syriens
occidentaux, .le pense donc que Timothée con-
danuiait un Jean originaire d' Apann'»' de Babylonic,
et qui n avait rien de cunnnuii avec .Jean (rXpairn'e
de Syrie.
Objectera-t-on que le monastère de Sainl-Siméon
se trouvait dans la région d'Apamée de Syrie • ?()n peut
répondre qu'il y avait de nombreux couvents sous
' Quelques chroni(|ueiii's «lisent que le khaiil'e Omar II v lui
enseveli.
LITTÉRATURE SYRIAQUE. 265
le vocable de Saint-Siméon , que nous en connais-
sons plusieurs en Assyrie , et qu'il pouvait s'en trou-
ver un dans les environs d'Apamée de Babylonie.
Toutes les objections tombent devant l'argument
suivant qui nous paraît décisif.
Jésudenab, ou sa source , en laissant entendre clai-
rement que le patriarche Timothée avait eu tort de
condamner les écrits de Jean d'Apamée, indique
manifestement qu'il ne s'agissait point d'ouvrages
tels que ceux dont Michel et Théodore nous ont con-
servé des extraits, ouvrages dont la doctrine, toute
païenne, n'était nullement toiérable dans aucune
secte chrétienne.
En résumé , il paraît certain : i ° que les écrits
ascétiques attribués par Ebedjésus et Assémani à
Jean d'Apamée appartiennent à Jean de Lycopolis;
— 2" que Jean d'Apamée, condamné par le pa-
triarche Timothée I" (-780-8 28), était à peu près
contemporain de ce patriarche; — 3" que ce Jean
d'Apamée (vraisemblablement Apamée de Babylo-
nie) est autre que le Jean d'Apamée (de Syrie)
mentionné par Théodore Bar Khôni et placé par
Michel le Syrien à l'époque de Justinien.
II. Joseph Hazzaya ^
La notice la plus complète que nous ayons sur
cet écrivain, nous est fournie par le Livre de la
' Je ne partage point l'opinion qui veut voir dans ce qualifi-
catif un ethnique dérivé de Ijiazza (Arbètes); je pense que ce titre
8M SKPTEMBRE-OCTOBRE lOOf..
(jhasteté^. Nous résumons ici les données chrono-
logiques qui y sont contenues. H «'«tait persan d'ori-
gine, de la ville de iNeinrod'-*. Quand Omar ibn
Khattab eut prit les rênes de lempire des Arabes et
envoya ses troupes livrer bataille « aux Turcs », cette
ville n'ouvrit pas ses portes. .Joseph hil pris à l'âge de
sept ans. il fut >endu à un arabe de Singar qui, au
bout de trois ans. le revendit à un chr<*tien du pays
de Qardou. H se convertit au christianisme en visi-
tant le monastère de Kamoul. Son ruaitre l'ayant
affranchi, il s'en alla an monastère d'Abba Çeiiba,
où il fut reçu jwi" le sup«'>rieur Cyriacns, qui devint
ensuite évéque de Balad. Plus tard, à l'instigation
de Mar Khoudawi, évèque de Hiiia, il devint supé-
rieiu* du couvent de Rabban Boktjésus. Il mrnirut
dans une profonde vieillesse et fut enseveli «liiiis le
couvent de Mar Atqen.
Or Cyriacus fut fait év<^que de Balad par (lypria-
nws de Nisibe^, qui mourut en 767'. (l'est donc
avant cette date qu'il faut placer l'entrée de Joseph
I laz/.aya au couvent d'Abba Çeiiba ; et comme « il
vécut de longues années » , l'époque de sa mort ne
peut guère être antérieure à la lin du vm" siècle,
fie voyant, le rontempUteui' » lui a été donné, comme à Jiir(|iH's
IIazza)a, ù rause de su réputation de sainteté et d'ascétisme.
* Ed. J.-B. CuABOT, n" 125.
' 'AaÂ.snb.l'A l^oWiA.TTS . Est-ce le nom propri- d'une ville, ou
l'auteur fait-il allusion h l'une des villes dont In frndition nftribue
la Fondation à Nemrod ? Je ne saurais le dire.
* Le litrt dé la Ckatteté . n" lor».
* Elie de Nisibo, apud Bar Hébr^os, Chmn. errl.. Il, i(»!i. n. a.
LITTERATURE SYRIAQUE. 207
c est-à-dire, couiuie nous ravons conjecturé plus haut,
sous le patriarcat de Timothée P' qui condamna ses
écrits « eu Tan i -yo de l'hégire »^ (ySô-ySy). Reste à
expliquer la mention du règne d'Omar ibn Khattab
(634-6^4)- Nous croyons que l'auteur à fait ici une
confusion et qu'il s'agit en réalité du khalifat
d'Omar II (7 i 7-720). La guerre « contre les Turcs »
doit faire allusion aux événements qui se passèrent
dans le Khorasan à la fin du règne de Soleiman et
au commencement de celui d'Omar 2. La naissance
de Joseph tiazzaya doit donc être placée vers l'an
7 1 G , et sa mort à la fin du vm" siècle.
III. Jean de Dalyatha.
(k't auteur était aussi contemporain de Joseph
Hazzaya et de Timothée l"\ Jésudenah nous apprend ,
en effet, qu'il fit son noviciat dans la vie monastique
sous la direction d'Etienne, «disciple de Jacques
Hazzaya et de Rabban Afnimaran^ », Or, nous savons
par le même ouvrage que Jacques Hazzaya refusa de
se laisser consacrer métropolitain de Nisibe par le
catholicos Henanjésus (686-701), et qu'il mourut
supérieur du couvent de Mar Jésusyahb , à l'âge de
' Le livre de la Chasteté, n" laS.
* «Praefecit Chorasanae Suleiman f. Abdulmelici leiichini f.
Mahlebi f. Abusafrae, qui magnas oblinuit viclorias, cepitque
Taberistanam et Gjorgjanain, innumeros occidens infidèles atque
spolians et imponens reliquis tributum. » El-Macin , Historia snrn-
cenica, trad. Erpenius, p. 88.
^ Le livre de la Chasteté . n" i a6.
208 SEPTKMBRE-OCTOBRE 1906.
quatre-vingt-dix ans'. Un de ses disciples, Aharon^,
vivait sous l'épiscopat de Cyriacus de Balad (vers 760).
— Afnimaran, qui vécut cent ans, avait reçu l'habit
monastique de Qainjésus, .supérieur du couxeiil de
Beit 'Ahê^ (vers 63o*). Toutes c<'s doiuiées nous
ramènent donc facilement, pour la date de Jean de
Dalyatha, plus jeune de deux générations, à la
seconde moitié du vin* siècle, et nous croyons volon-
tiers qu'il fut condamné de .son vivant ou peu après
sa mort, par le patriarche Timothée 1", en -786,
commt' It's deux écrivains mentionnés plus haut.
IV. IjE Livhb de l'Expolsion de la Tristesse.
Dans le catalogue des écrits de Bar Hébréus
dressé par son frère , et inséré dans la continuation
de sa Chronique ecclésiasticiuc , on lit :
her narrationum ludicrarum et hetarum , in gratiam
tristium*. »
.\insi portent les manascrits de Londres *'l de
Cambridge; mais le manuscrit de Rome, reproduit
par Assémani (B. 0., II, p. aya), ajoute : fw^K^t
^oâ^ >k»? ^^.JLd)^) , c'est-à-dire : « qui est appelé en
' Le livre de la Ckasteté . n* i^o.
* Op. cit.. n" ii-y.
' Op. cit. . n' 93.
* Thomas dk Marga, The Book of Governors. éd. Biiri<{e, I,
xcvii ; II , 121.
'' Ed. \bbrloos et Lawv, II, 479.
LITTÉRATURE SYRIAQUE. 200
arabe daj^ al-hamm», (l^^i «i expulsion de la Tris-
tesse). Wright^ croyait voir là l'indication d'une
contre-partie arabe du Livre des Récits amusants, et
son opinion paraît avoir été acceptée.
Nous croyons que l'addition du manuscrit de
Rome doit être regardée comme une glose posté-
rieure, et qu'elle n'est pas exacte.
Egalement erronée est la notice contenue dans
une autre liste des œuvres de Bar Hébréus, aussi
publiée par Assémani -, et qui se trouve « ad calcem
cod. syr. Medic. Palatini ZisS». Cette liste, à part
l'ordre des ouvrages ^, est la même que celle de la
Chronicjue ecclésiastique. On y lit, presque à la fin :
"> \^^ w>ô^^akS. JLiJ»-â.^o jLL.a.M,^o jLuoLf jL^N) «"^
Or, il faut remarquer qu'en dédoublant ainsi le
Livre des Récits amusants , la liste comprend 3 2 ar-
ticles , tandis que le frère de Bar Hébréus commence
son catalogue en disant qu'il renferme 3 1 ouvrages.
Nous connaissons parfaitement le contenu du
Livre des Récits amusants, qui a été édité par
M. Budget
Nous connaissons sommairement le Livre de l'Ex-
' Syriac Literalur, 2*^ éd., p. 280.
2 BM. or., n, 268.
■* Le Livre des Récits amusants se trouve sous le n" 3 1 dans
la liste de la Chronique.
'' The laughable Stories coUected by Mar Gre(jory John Bar-
Hebrœus. Londres, 1897.
370 SEPTKMBRE-OOTOBRR 1006.
pulsion de la Tristesse pai" les notices des inanuscrils
qui ie renlernient. Les mss. syr. (cai-sonni) a -7 a
et 273 de Paris, et ie ms. syr. (carè.) 190 de Berlin
le contiennent sans nom d'auteur, et c'est par conjec-
ture que les catalogues^ l'attribuent ii Bar lli'bréus;
conjecture fondée sur les listes dont nous avons parlé
t't appuyée sur l'autorité fort contestable d'un autre
manuscrit que nous citerons plus bas.
Mais , d'après te titre des chapitres donné dans ces
catalogues, ce livre n'a aucun rapport avec celui
des Hécits uinusunts , ni quant a la manière dont il
est divisé, ni quant aux sujets qui y .^ont traités. Les
mots contenus dans le manuscrit du Vatican « qui est
appelé en arabe daj^ al-hamm » ne sauraient donc
être attribués au frère de Bar Hébréus, incapable de
commettre une pareille méprise. D'autre part, il
n'est guère vraisemblable, si Bar Hébréus çiait
réellement fauteur d'un ouvrage intitulé Expulsion
de la Tristesse, que son frère, (jui a écrit sa vie et
dressé si soigneusement la liste de ses œuvres, ait
négligé de mentionner cet écrit.
Mais alors quel serait fauteur du Livre de l'Expul-
sion de la Tristesse? Nous répondons sans hésiter :
Klias, métropolitain nestoriende Nisibe(7c. io5o).
C'est , en effet , à cet écrivain que l'ouvrage est attribué
dans la plupart des manuscrits arabes qui le ren-
ferment, et dont procède sans doute la transcription
en carsouni. Ces manuscrits sont les mss. ar. lyS,
' ZoTBNBBRG, Catal. des hu.i, $yr. tU laBibl. nat., p. 9 1 1; Sachau,
Verzeichnits der syr. Handschr. der hnniyl. Bihl. za. Berlin . p. 63 1 .
LITTERATURE SYRIAQUE, 271
1 '76 , et le ms. syr. (carsoimi) 33 1 de la Bibliothèque
nationale; le ms. ar. Orient, A^Ao, du British Mu-
séum; le ms. ar. Marsh Ixk, de la Bibliothèque
Bodléienne à Oxford; et les mss. ar. clviii, clxxx et
CLXXxi de la Bibliothèque Vaticane. Le ms. clviii a
été copié en 1 357, sur un codex daté de 1 328. V'^oici
l'analyse qu'en donne le catalogue^ :
4° Sancli pati'is Eliae metropolitae Nisibis, cognomento
Bar-Sinaei , . , . . liber inscriptus : Praesidia ad expellendam
aiiimi inqaietudinein, moralis, in praelationem et dviodecim
portas seu capita, quorum séries initio praefigitur, distri-
butus. Caput I. De virtute religionis et de peccato rebeliionis;
II. De utilitate gratiarum actionis et vitio ingrati animi; III.
De laude castitatis et de vituperatione libidinis; IV. De
praestantia huniilitatis et opprobrio superbiae ; V. De excel-
lentia misericordiae et turpitudine inhumanitalis; VJ. De
utilitate poenitentiae et detrimento animi in malo oblirmati;
VII, De virtute adhaesionis intellectui et vitio adhaesionis
cupidltati; VIII. De utilitate consijii et damne eius (jui In
sententia sua obiirmatur; IX. De iaude bonae indoiis et
viluperatione malae indoiis; X. De excellentia liberalitatis
et condemnatione avaritiae ; XI. De bonitate iustitiae et pra-
vitate iniustitlae; XII, De utilitate cleuientiae et detrimento
obtrectationis.
C'est cet ouvrage même qui est mis sous le nom
de Bar Hébréus dans les catalogues de Zotenberg et
de Sachau. On voit qu'il n'a aucun rapport avec le
Uvre des Récits amusants. Il faut donc rejeter comme
apocryphe l'attribution expresse de l'ouvrage à Bar
Hébréus dans le titre du manuscrit arabe du liritish
' Mai, Script, vet. nova coll., t. V, p. 298.
272 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
Muséum Hari. 546 1 , qui est ainsi libellé : yyu (^«XJCxi
Or, d'après la description donnée dans le (jatti-
loguc\ au dire de la pn'fîire. rouvrairi' devait être
divisé en trois parties ;
Hic tractatas de depulsione mœroris in très partes divi-
ditiir : I. agit de virtutibus quae la>titiam et aniini trnnquilli-
tatera créant, et de vitiis rontrariis qua- iiiœstitiara in-
duount; II. historias jucundas quae ad propositum fariunt,
narrât; III. de raagnis viris qui istis virtutibus ornall fueninl
(>t de iis qui vitiis contrariis iaborarunt Sed piima
(pars) tantum, in qua duixieciui rapitibus de variis virtutibus
disseritur, in codice nostro continetur*.
Si la préface est d'Klias lui-même, son oiivragr
est sans doute demeuré inachevé. Si au contraire
elle est l'œuvre d'un copiste , il est permis de croire
que celui-ci avait l'intention de fondre ensemble
l'ouvrage d'Élie de Nisibe et celui de Bar Hébréus,
et d'ajouter comme complément des exemples tirés
de l'histoire sacrée et profane. Nous ignorons si ce
])rojet a été mis à exécution ; mais il est certain que
le compilateur a supprimé le nom d'Kiias |K)ur y
substituer celui de Bar Hébréus, soit parce qu'étant
jacobite il ne pouvait décemment proposer à ses
coreligionnaires le traité d'un auteur nestorien, soit
parce qu'il a lui-même cru de bonne foi, à cause
' Catal. cod. orient.. Il, cod. arab., p. 5i.
* Il en est de même dans le ms. syr. (carsouni) 272 «!•* la Bi-
bliothèque nationale.
LITTERATURE SYRIAQUE. 27:i
de la similitude des titres, que cet ouvrage était
réeliement de Bar Hébréus et faussement attribué à
Elias.
V. Ahôb du Qatar.
Le nom de cet écrivain nestorien est écrit tantôt
jracuAr^ Ahôb, tantôt .racvy^ Hôb, tantôt .racur^Joi.
I /usage, introduit par Assémani, avait prévalu de
l'appeler de ce dernier nom. Je suis aujourd'hui
convaincu que la première leçon est la véritable. C'est
celle qu'on trouve dans le seul manuscrit du Cata-
logue d'Ebedjésus que j'ai pu consulter^ : c'est celle
qui est donnée dans l'édition d'Abraham Echellensis ^ ;
et il semble bien , d'après la manière dont s'exprime
Assémani^, qu'il avait cette nême forme sous les
yeux et qu'il lui a préféré la lecture .tdoït^, parce
que celle-ci était conforme au nom biblique bien
connu : Joh. On doit explique ^ par la même raison ,
la même leçon dans les passa es du lexique de Bar
Bahloul où elle se rencontre; rX la forme .racoA qui
revient un certain nombre de 'ois'' dans ce même
lexique, doit être considérée comme le résultat d'une
négligence de copiste qui a laissé tomber 1p ts^ initial.
On conçoit très bien qu'un copiste ai* lu le nom
si fréquent .racwirs^f , au lieu du nom pre ,que inconnu
.racoAr^, tandis que le contraire par^'.t inexplicable.
' Bibl. nat., ms. syr. , n° 3i5.
* Rome, i653, p. 8a.
•^ Bibl or.. III, I, p. 175.
' Voir l'édition de R. Duval, proiiiniuiu, p. xix
274 SEPTKMBRK-OCTOBKE 1900.
Or c'est précisément la forme .racoAi^qui se trouve
non seulement chez Ébedjêsus, mais liaiis les dillé-
rents manuscrits qui contiennent des ouvrages ou
des citations de notre écrivain '.
Ahôb du Qatar vivait probablement au x" siècle.
VI. Ii\ rnr.oMojK DE B\i'. Hai>bksabb\.
En donnant dans le Journal ai>iiili(fiu- la traduc-
tion des fragm«'nts de la Chronique de Har Hadbe-
sabba publics par le P. Mingana, dans la préface
de son édition des Homélies choisies de Narsai^,
nous avons émis sur fauthenticité de cette, chro-
nique des doutes fondés : i" sur ce que l'auteur con-
londail iNarsai, compétileui* d'Klisée au patriarcat
(Ners 5a3), avec Narsai ie fondateur de TÉcole de
Msibe; — j" sur ce qu'elle faisait mention de l'élé-
\ati()n au patriarcat de Jésusyahb I", élévation pos-
térieure à ia date supposée de la Chronique.
L'éditeur a bien voulu nous apprendre^ que ces
' \oir enliv autre»' : Orientulinlir Stuilifti Thcodin \oldrL- eti.,
p. IgS; Addai Scher, CntnI. de$ mss. nyr. et nrah. de In hihi. de
Séert , Mossoui , 1 906 , n" 1 a 1 ; ut iVotiVe .fur lr.% mss. syv. dn cou
rent de ynlre-l)ame-det-Semences [Jouin, as.. 1906 ), n"' ••o, ii.a'?.
* Journ. as., juilk-t-aoùl , 1 900.
' Nartui Doclorii iS'yri Homilite et Cannina , Mossoui, lyc").
* Dans une petite brochure s. L n. cl. intitulée : liéi)onse n
M. tabbc J.-B. Chabot à propos de la Chionufue de linhudhbiabba
(in-8°, p. 19), après s'être plaint que son travail n'ait pas été
sulTisamment loué, l'auteur relève quelque» inadvertances. Voici
re qui paraît digne d'étri' signalé et corrige : j). 1 ().">, n. 5,
lire Vo^ au lieu de V\cA ; -— p. 166, 1.3 :«r^(\V. est traduit
LITTEUÂTUHE SYRIAQUE. 275
deux raisons n'existent pas : dans le premier cas, il
a malencontreusement rapproché deux passages qui
se trouvent à deux endroits différents d'un manuscrit;
et dans le second, il a simplement oublié d'avertir
qu'il introduisait dans le texte une note marginale.
Il faudrait donc rendre à Bar Hadbesabba la
paternité de la chronique.
Vif. Lks .ieuv d'esprit chez les Syrikn.h.
Dans une note lue à la réunion générale de la
Société ^ nous avons essayé de grouper ce que nous
latissement, dit-il, par compagnon,.,, le mot n'a jamais signifié com-
jw'inon mais bien jeune enfant»; ce n'est ])as douteux, mais en
t!-aduisant littéralement le mot qui est à l'état construit (oxk\V-)
on aurait ce sens équivoque t «Son poste fut alors occupé par
fVbrabaitl iti jeune enj'ant de Mai- Navmi». li était donc préléi-ablt;
de cboisir une [)éripbrase; p. 167, 1. 8, lire : «interprétant, et
parlant de la composition des Livres saints» (terme liturgique).
— p. 189, 1. 8 , il faut lire : «son carquois était parfaitement suffi-
sant contre le troupeau de Satan » ; j'ai lu à tort Y<râV»X~\a\ au
lieu de X<fVvjk^n.33 que porte le texte; — p. 17a, 1. 9.0, lire :
« môme pendant la période de ses études , lorsqu'il était encore éco-
lier». — Je ne sais où l'auteur a pu voir que j'identifiais p. 178,
n. a , « Paid , évèque de Nisibe avec Paul le Perse » ; la note « Bihl.
or., III, I, 87», s'applique parfaitement à Paul de Nisibe; Paul le
Perse est mentionné par Assémani dans le même volume àlaj). ASg.
— r^es ternies T^»-\j3wrO , V^ij^X^COro , Y^.x:XJtSi.m , que
les lexiques n'expliquent pas avec précision pour le cas particulier
où ils sont pris ici, sont ainsi expliqués par le P. Mingana :
(( r^l.»"H.x:xrr> , celui qui enseignait à bien lire la Bible;
^^V.Kl^»C7Xm , celui qui enseignait le sens spirituel delà Bible;
yt!'\ r>^'\nr> ^ celui qui enseignait le sens littéral de la Bible»; il
ajoute : «Ces termes sont employés jusqu'à présent en ce sens.
dans plusieurs églises de nos campagnes. »
' Séance du i/| juin itjoOi
276 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
savons ou ce que nous possédons encore de la iitt<^-
rdture «récréative» des Syriens, si l'on peut ainsi
s'exprimer. Il ne semble pas utile de reproduire ici
ce que nous avons dit d'ouvrages bien connus,
comme le JJvre des RéciU amiL^ants de Bar lléhréus,
ou les soi-disant Roman d'Alexandre et Roman de
Julien l'Apostolat , ni de parler des tours de force intel-
lectuels accomplis par Kbedjésus dans la versification
du Paradis d'Eden. On trouvera ces notions déve-
loppées dans les préfaces mises par les éditeurs en
tête de ces ouvrages, déjà publiés, et fort bien résu-
mées dans la Littérature syriaque de M. R. Duval.
J'ai voulu montrer en terminant comment les Syriens
entendaient la maxime : Instruire en annisant; et
j'ai cité à ce propos quelques extraits d'un recueil
d'énigmes appliqué à l'enseignement de l'histoire
sainte.
Ce recueil est renfermé dans un manuscrit du
vin' siècle, aujourd'hui conservé an Musée hritan
nique : add. 1215Ù (fol. 175-177)'.
Ce recueil porte pour titre : Autres énigmes, sar
divers sujets , daprè^ les paroles des lAvres saints , com-
posées pour t instruction des écoliers et pour la récréation.
Nous en donnons ici le texte d'après une copie
très soignée que M. E. W. Brooks a bien voulu nous
faire parv enir ^ :
' Cf. Wright, Catal. of $yr. nus., p. 986.
* Le même recueil, à en juger d'après les exemples reproduits par
Sachac [Verzeickniss der *yr. Handschr., etc., p. 269), se trouve
plus ou moins mutilé, dans le ms. 69 de Berlin. Dans le dernier
exemple cité par M. Sachau , lire l^u^nJ3 au iieu de l^^^nj^ . '^
LITTÉRATURE SYRIAQUE. 277
:\<fitv>A^r«;^r^if\t^lAii raoitN (fol. lyS v")
^JN— »t^ wJA »'"'KS,-A •. rwX_»^AJ3 r'ï^îfv^":\
A — ^ ma •. vÙJ^a \ t'A V'w-x.'HoaA'a
r^_xAr^o v\cv_v_k40 .^^.^mo "^A-j^r^ T"^ -To-At^
T^^o (ms. ^(Vjoo) ^Vvxmo .oVvicn t^Ao onXj^rcf
.:. r<^roAax.
.:.Y^Vvt<f r^ rsl=rxAiCv_xAQ .'T^^^vi ^oib\ (176
•:. T^Lato-m-A <w\J^i
r^'A \ % —to . ^n y » ^ y, y *\ .^ \ Y> "^ V-%-^
.:. Vvj3\_^ r^rrx_Sw.o ^ \ \^ r> t«^\ \^ r> ^nA_j-A
.:. T\_»o'A-A ox.2Aja
.•<T>A A s,. T^A T^^^.>jro"A r^^raja ^oso^ts^ r^ASO
.:. T^A_r73 r^^rtJiLso cwAr^o .oxvso pAi t^A t<^q
vm. 19
IIB lATlUAALS*
S78 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1900.
wAo> t^i»."KT^r3 i^lAo •• ysAcn Vutt^tv -^Vvra ^mo
<93cb \^b>.o •• T^-vaxTa-A r^"^^n ,<7Jo^r^ T^!im
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I^X'Vj'VJt— 1^Xo-A<7X_£» 0-AOV£ï)T^"A .* rC^SQ-A I^A^A
^^ VcoAO i<lS.x.cv_x.o *^^ "V ^ .;. A \ ^-y nVi^o
^a.iir.o .• ^^ \^ r^A M^vS^-A o<n >o3oVvjr^ r^vm
.;. ^"Â^mLra Kjtom 'Â'vr3"5\ oœ
.rCTaiLrD <\N^\<\ r^Vvxrao .r^^jL^aA cA^.. r<^»\j nx\
.:. T^cvAO r^=rx»o ^^^aSk^miafA
^-iLmLljo rdA.:yxJê->.\jmo .r^'-v >>\^ -n rs^Vvj^srxjoi
• • • A^
LITTÉRATURE SYRIAQUE. 279
\ \^ (xAr^o •• A.Jsi^ v^-\g T^.-rv j-a a<n oj-rn
■;. r^\^ v\ jJ^ûo As^ l'wA-AO ''v^acn t^\^ ^^-^
.:. ^.yaOw» A.A_rr> <^x-»AO"\<n
\<jW X— •% .-."Tav^-A f^ * "^ V^ . -^ ft *— ^
rcr'V^s4^"C> rd-^^ on^-:\ Y<L\^A ..^^«7x»^r^ ,j\»«^
.:. .raVc» r^Ao yN-A<n r^o "7°^-*^ r-wA^ ocn cv_v_ro
T^ \ TS^ \cL_5w-A V>^_Vi'\OT'S^_r3^ 0<73 T^^S ~-^ V.
tci^ra onAoTCTo .v^Sir^cv-A vùy^vdo T<^ûaiJ3-A r^rarîf
»9.
280 SKPTEMBRE-OGTOBKE 1906.
•^xA-jç. . rdjc-v^o rÇlnrila rd'v^i^o . i^L\\-v^a
y<!l>^\r^ .v^\^\ r^^s^y^ .:.r^\a.i^ t^\t> T^\^a\^v\
i^Vv.^i'V^-A rd\.r3\o . r^VvA>3.v*\ r^^xjjaA (177 '")
•*i^ià^ >^vr3Jo r^ci<na .•r^j^ r^oooA rs^Vvx:T> curra
.• i^jc.H_v»"A ».^oxj'\ Vft vv \ ■\ \ ~-tQ r^Ci-^x r^am
ov_iV\r^ .j.oi \ i^x =3 -À^tx—^o
.;. ^^T-k -TTk^. Vvf— > r^^.'À 9<T3C) . ,<noH.so Vva:3 ^^A^
.;• oxvjVcvt^q a fV>CV
i^^XA»A.r30 r^n^AO . t<^!k=3jc^ ^At> K^Àr^ chA:^
LITTÉRATURE SYRIAQUE. 281
.:. A-ûoa» .^^i"^ T\x.^o .^_cvi»-\Si
r^.x m vv — > g rv.^. \q •.r^V-îw.ov ~i 5»=> ft \ n^o
œ^.,.v ~->o œVvVv_»r^o J^cvA .... r<f\\.t\ \ «rr^ — 1 — >
.•T^-3or^ 00^ ». ran t^Ao t^rar^ oxA ^ivjA a-t^-o
et. V^ ra a v *v fv^ «^^ . \_x_rx_x3o •• ys_A<Jx.mo
v^ tw 'S — \^ » "n-A ,<n T^_!i — \o^ .:. rryyj=na. s,
•••rcfVvj-ÂctrjAa
. i>K r>o . . »\\\^-73 f^A rwHJ^i^^ A>»^ ^jorxxÔA
♦ i<la.T<^\. 'r> rÇlAjAj; rclA v^A^ .:.r^.j-A-A r^-A
V_x_xia_i^is^ r^A-A r^oxAr^ VaA_» tsLxj-a-a t<1\-a
282 SFPTKMBRE-OrTOBRE 1906.
"yyr^ n rù.\.'T\ "->o .rCzry\ s., ,"V.:3Vm^
•^ti^ r> r^__=n — viH rao .r^__=nL_\ — ii—
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•• A-^ A s,'A i^oaAi^-A «TiV/\ ^ ^ V ~'»'=^ i^-Kor^^o
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(178 /"") -^ >-v^ •. r^,fcV.>.v\ Vvjca^ ^Aos r^A\^
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"^A rCfoX.rrxJC.0 .j.r^AjfÔA T^'wV-JO 'V'^S-N «v^*<^-:i
LITTÉRATURE SYRIAQUE. 283
y^ \ * T\ * ^_m"A x-^ o<75^ •. ootn ,._^cn_»î(V_ii<r
[sic) .v^-y»^i^a\ »._S.=nA TsSxmo-vrD ,<r)L*yi.r3o^ om-A
r^c73.r3rxx.a .:. r^xaja-KcvrD •. <nm"A «jncw ts^â-â-a ,Ô3-Aa
^A T^ÂAArwAO . Q(x*"V^-..£»"\or^ ^m aai-a •. ,.._S^a
•TxA cn-ro-X-. .:. c^xjlXiocut^ r^\>ir^-AO . (^oA\.\i^
câoAo3-A oacTar^-A v^znjca .:. joa^ a.joa'a oocnrî^'A
v^cTx\r^ VaAj-a <f30,r3T^-A 00=00^- .:. t<!va^^^oAt^
,<730..r3r^'A rdrrxjt- .:. T^Lwi cpoor^-A Avw . -Àas^oj
. yAj\si\o> \ tt)OjjAjAT<^ \r3orwA ys^r^ pAvxa\m-A
^_3r> -jY \ ,._^C7X_»Vv_»r^O . A_»^VvAjC- OIl-SOY^AO
Au fol. i8o r" du même manuscrit, on lit encore
cette énigme :
,~t ^ .;. rw.r>>.3e.o-^ .:. ^oo3 r^-rri 'no ^jarCf r^v "ao
Une autre énigme sur ie même sujet est contenue
dans le manuscrit n" 9 de Vlndia office ', fol. 1 96 r" ;
<n-V?tA •. v^ ~->. '\-\-m A_iA rc^X x —> .
»c^ <\. t\/\ y -^ ra^at-vaVvwm T«dL\ ox\_»a x^r^o_^_r73
T<lAo r^^^_»Vvje.o T^»jCj.m.vio r^^j^raSo t^^VvjAV
;r<^ •rx. '^ M '^n v^L»j^j,jt.)s\.a r^xvxm^o t^x\»— >.»~^
' L'unique manuscrit syriaque que possède cette institution.
284 SEPTEMBRE-OCTOBRE IQOfi.
A/\ i\n r^A"A k1>cv \ rv \ oocO^ra .y ~-vv\o .^ui "7^^*-
. «^ «y «y* r^A-A rÇ^axjry y \ A^q •. . » y -7a t^ao
Ce même manuscrit contient aussi (fol. lok /"-
209 r") un poèm»' énigmatique de Siméon de San-
(|iabad, commenté par Kbedjésus de Nisibe'.
D'autres énigmes, portant sur divers sujets, se
rencontrent aussi, isolées ou en petit nombre, à la
marge ou à la fm des manuscrits. Klles sont parfois
fort obscures, et à peu près incompréhensibles quand
la solution n'est pas donnée^.
' Ce poème a ^.té signalé par Addai Schbr , Notice sur les nus.
syriatfVLes du couvent de NotreDame-det-Semences , n* 132. Il men-
tionne encore : 1 Les questions énigmaliques de Jean Azraq ■ , évéque
(le Hirta, et les f Énigmes de 'Isè'yahb bar Maqdam 1 (cod. gS).
* Quelques-uns de ces textes sont puhli(^ dans les Catalogues.
Voici l'indication des manuscrits syriaques signalés comme rrn-
fermant des énigmes : Add. Ms. 1 47 1 3 , f. 1 G7 a (éditée par Wright,
datai., p. 35a); Orient. 1017, f* 109 o (édiU'-c, Catat.. p. 896);
Add. 17913, f 82 a (éditée par Wright, Catal. . p. 998]; Add.
5 1221, f 43 b [Catal.. p. 1181 -, les 8 vers de la seconde énigme
ne forment qu'une question , les \ derniers indiquent que le pre-
mier mot se compose de 4 lettres , le second de 7 et le troisième de 4 ) ;
Add. i2i54f- 168 b, et f. 170-178, i8o(édit. ci-dessus). A Berlin,
les mss. syr. 196 (cars.) et syr. 336 (ar.) renferment une collec-
tion de 63 questions dont la solution n'est pas donnée (cf. Ver-
teiclinisti ... p. 633 < 909^ — En outre t Bibl. nat., ms. syr. 2^2 ,
LITTÉRATURE SYRIAQUE. 285
Des auteurs syriaques , plus modernes , ont essayé
d'appliquer la méthode « récréative » à l'enseigne-
ment de la grammaire. Deux manuscrits de la biblio-
thèque de Berlin ^ renferment une sorte de poème
lexicographique , en vers de sept syllabes , intitulé :
« Knigme qui expose le Nom avec le Verbe ». Il dé-
bute ainsi :
Ce qui signifie : « D'un père célibataire sont en-
gendrés 600 fils, qui accomplissent tous uniformé-
ment une même fonction infime. Mais quand ce père
se marie avec la fille née de lui , il engendre de nou-
veau 3 00 G fils qui accomplissent toute chose. »
D'après l'explication qui est donnée de cette
énigme, le père célibataire est le Nom, ses fils sont
r° igS; Oxford, cod. 122 , cod. i42 , cod. 169 (une énigme éditée,
(Payne Smith, Catal.. p. 629, et un recueil), cod. 176 (recueil);
Cambridge, add. ms. aou (éditée Wright, Catal., p. 523),
add. 2o52 (cat. p. 1189); Addai Scher, Mss. de Notre-Dame-des-
Semences, cod. i/ia.
' N*" 93 < io8; cft le Catalogue de Sachau, p. 3^4, 373.
286 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
les différentes formes nominales; sa fille est le
Verbe (^^XÎi.3o, mot qui est féminin en syriaque)
et de leur union naissent toutes les formes gram-
maticales.
Il est fort douteux que les écoliers aient jamais
témoigné beaucoup d'empressement h se chaîner la
mémoire de cette aride nomenclatun\
VIII. Contribution X l'Onomastique syriaque.
M. Ed. Blanc a rapporté en 1 896 , de son voyage
dans le Turkestan, environ 4oo estampages des
inscriptions syriaques découvertes dans les cime-
tières nestoriens du Sémirietschié. Ayant été chargé
d'examiner ces estampages, j'ai dû constater que
toutes les inscriptions avaient déjà été publiées par
M. D. Chwolson. Pour établir la comparaison, il
m'a fallu dresser une table des noms propres con-
tenus dans les inscriptions éditées. Cette table pou-
vant être de quelque utilité aux personnes qui vou-
draient, ou faire des recherches dans les mémoires
de M. Chwolson , ou identifier quelques-unes de ces
pierres tumulaires, qui ont été en partie dispersées ^ ,
je la publie ici ^.
' En 1897, M. Chaffaujon en a rapporté 6 au Ministère de
l'Instruction publique; les inscriptions qu'elles portaient étaient
aussi du nombre de celles publiées par M. Cbwolson.
* M. Ciiwolson a publié sur ces inscriptions trois études dans les
Mrmoires de l'Acad. imp. des sciences de Saint-Pétersbourg : 1° Syri-
sche Grabinschriften aus Semirjetschie , vil* sér. , U XXXIV, 1886
(les inscriptions données dans ce mémoire sont reprotluites plus
LITTÉRATURE SYRIAQUE.
287
Dans cette table les chiffres qui ne sont précédés d'aucun signe
renvoient au second mémoire ; ceux qui sont précédés de la lettre
B renvoient au troisième mémoire. Il a été tenu compte des lectures
rectifiées dans les errata. Dans les noms turcs composés, comme
Anis Hâta, Arslan Toimya. Kiz Aki, Koatlouh Asa, Tâà Yoiuj . etc.,
les divers éléments ont été séparés et indiqués à leur place alpha-
bétique respective.
99';B8o yx»^\\^v^
; B 243, x.x<^\%r^
B i53 y^'^\»v^
XXV o.\vrrxar^
81 cviOyvmL*rw
B 298 y-iw <v\.><^
B 27 \»v^\s:^y»r^
B 3i3 t<osiJt.K^
VII .^.^^r^
45 vvr^
B 275 >OAt^
B46 \\a.Kr
38; B i34 x-K^a^rcf
35 vjcuar^i^
B 126 x.v^\j\y<:
B 129 >-.AA«^
11 <i\cv.\.\rw
B2, IX w^^Kf
78 j<v\^t<r
16^19^45»; 48*; rsî^Kf
97'
16'; B 11 rd=»r^
B 2 1, 34, 83, 92, yom\=^v^
i85, 3o6
34 VVI^-O—X^
B 320 K^xV^.rcf
B 35 yso^orcf
B 2 4o y^oKT
B 82 v.arti'
B 3 «..^V»\oi^
281 o^rw^o_\oi^
53^ vs_A^o«^
5o;Bio5 J^^-Soi^
B 144 ^«"SoKT
\x,xxxii-, B 173, r^v,^jcaKf
207, 276 , 323
B 239 Ay&r^
B 195 -SrDat^
B 65 po-A.»Kr
B 47 p^cvjr^
B 242 UVCVJOOar^
vu .^^^r^Yf*^
B 60 v^'S.T>..*\i>.ro cv!L_»r^
exactement dans le suivant); — 2° Sjrischc - Nestnrianischc Grab-
inschriften aus Scmirjetschic , vu" sér. , t. XXXVII, 1890 (les in-
scriptions sont numérotées 60-99, ï6oo, i-56, i-xlh); — 3° Sy-
rische Nestorianische Grahinschriften aus Semirjetschie , Neue Folge,
1897 (les inscriptions sont numérotées i-328).
288
SEPTEMBRE. OCTOBRE 1906.
B 74 r^Vv=oi^=3
B aaS UN ^*^— >
III ^1^=3
B a58 v\Srd=>
B 83 ,^J^Ki=3
174, 194 i^!^ce3
B i43 x^mAora
^1
\v.
B137, ai8 "ÂojckX^
XX vn, 19' *^'V^^>k
34'. 5o". 78; B 3
XXIX ,11', H*. *^«V^/v«^>k^
73, 83, 98, 1600'; B 7, 59.
75, 88, 91', 119, 176. 192,
917, 3)8, 360, a 83, 307, 309
44 r^-^
B 165, 336 ajA^
49» .\^»\oA
B. 339 .\^\q-a
B 18 >JCtOç^o-^
H »39 ^«■KoAj'A
B 3o6 -ir*<^\ \^
3. 75»; B i5. 45,61. r^izK
74 , 77, 133, 160, a83. 390,
3o5, .3o8
45 vvftj-H-A
5o' ,...^_t^m
5o*;Bi45, i46, 193 o'AJksos
xu; B 108', 934 T^vAos
II, B ii4. 130 âA.&<n
B 53 So.rr\fc\.Avcf
B 64 r^-MfAr^
49*, 5i; XVli; B A ~-ky At^
108 , 161, i7rt , j()7
B4 .iwaxsAi^
B 3i6 KltArCT
3»; 3\ 11'; v:l»:^r<^=rAr<:
II'. B aOi
99 i^Vvik^A r^^nSy^
(jH ^\^ '^-^\*<^
R i53 oAr^
B3i6 ^\y<^
B 9 1 3 .=3jaAi^
XTIl; B 197, 367 .\^-ï.if\y^
B 193 .^.i^=njc\Kr
66 r^=nr^
B 169 t^Sn^Kf
B 3i5 .^^\^irc^
VII X»SV^
B 3 1 7 <»oorï^\Aji<r
B lan yyf<l^'r^
B 3o3 ^cw^i^^ r^ril
B 3io yf^aW^r^
53' prdatJO^
li 74 "^xiSr^
B 57, i3o, 3i4 r^lzry\v^
8, 9, 11*, 34 >^j<^\ rrt\r^
36,49' 48», 75; B 33, 45,
58, 87, 93, 107, i33, 166,
B 157 atrCT
i9';37»;38»;5o';5o«'; vCaLT^
B 11, i4, 46', 5i, 86, 107,
i34, 94o, 349, 959, 381, 391
B i38, 3i5 jjtr^
B54, 79,3i3{?) r^i.ijtr^
B 391 T3£OT^!r3
LITTÉRATURE SYRIAQUE.
289
49, 49', V; B 22, 69, 3e.r^\.
122, i46, i63, 243, 248,
263.
B4 tJ>3trd\^
48, 99 *ef\\.^^-t.\
3/1V10, 49^ B 25, ^*iyj^
191, 193
B 206 .i^^alî^,^^
80'; B 86, 94, 177, 239 \<vX,
85 TdsKA(vV^
B 94 K^o\cO^
97^ B 44 «.^xo^
B 32 pxcO^
B 4 t<^cv^
B 235 ponnct!^
B 238 xcv^cO^
B 172 «^.^A^o^
XXV( ..^^cv^
11»; B 2,8, 17, 39, r^S^o^
2o3, 246, 25l, 252
42, 47'', 59I» -Kcv^çy
B 3i4 Ki'-\a\y
3' p^<v\^
28*; B 28 Y^^CL=3.»-\y
5o»;B 80, i5o ^»\».\^
B 129 ^cvl^ç^
B 42 ttxxi^^jk^^
17I, 29, 80'; B. 59, "^TCXjÂj^
^\
\xxvii, 44; B81, 147, . ^"^ \^
172 , 327
XXII, 21, 4 1,47"; B 65, y3^\^
B 65, 179,263, 285, 286
B n3 ^a^Â^
B 49 XAT-ao.»
B 178 Ti^^OXCU
B 27 r^-\m^\
B 326 x»ox
B 27 r^i<I!^"\^x
B 2 5o rçf-Âcvxrov
273 i^"\r^
B 277 ^^on.vi
B 278 rcf ^n^i
B 118 u\coA
TU K^^—V^
B 5o A«"-^'»-v^
B 2o3 >^^r^\v\
B 2o5 .^.cotAXAM
B 139 AjT^ »r>.. v\
B i8i KiV^4<^
48« >X^i^
Bigi ^*Xt<%
B 268 x<\r^
B69 yX<l\y
vm XjT^^^
34 us^^
B i55 Aj^rS^ç,
B io3 ^x^T^^
B 2 83 -Kcvror^ii^
B71 Arï%
B i83 y^ï^Klî^
42I r^x.v^r^\j
B i5o \»V^«A^
47', 48', 49^ 5o^ -7x.-Sr^
5o", 53*; B 4i, 85, 102,
i4i, i42, i55, i56, 157,
162, 169, 177, 186, ao8,
3l5, 218, 325, 23l
290 SEPTEMBRE OCTOBRE 1906.
B 371 ,^1^\T^
13, 42,65;B93. ,^^a\,i^a,
i55, 34>. 3ia,
53* vvK-SOX^^
B 3a 1 Ta^mr^
B igd oocuT^^
9 54 yO-ACV^
B 16S \a^
B 3i» STCjftxevA
34' J^^Ci:^
75^8189 9y<\ci^
31', \L; B i37 «.lO^CV^
37' VvJt^^^OA
13, 4b*, 97*.xxxv, uso^OA
xxxTi; B 73, 79, 149, 380,
336
48' Âo^OA.
19', 31, 34. 39» <Js<v\V.<%'%
36, 4i. 48». 5o», 5o". 53.
75. So.xix.xsn.xxH.xxun;
B 58, ii3, 139, i38, i49(>)
i56; 179, 333. 33i, 385,
386, 335
37' pSjc^oâ.
B.95 k1\^
B 9G AcL^
XXIV X.0^73CC^
5o" o"\mcw^
B 3 1 3 ^i^\y\ctjk.
B 194 ^v\^»\cvrk
B i3 »>.^i<^^_û>cv^
34^ B 133, 338 r^cv^
B 34o fn^a^
B 106 vv o^o^
B 399 ^-»y<va.
99* rCn^oâ.
B i3'(?) Qoao^Sev^
eu
3', 3». 13», i4. 17. 18. ^
33. 37», 38». 38, 4i', 49".
ôo*. 5i 97. xin. XXXI, XXXIV;
B 17, 31, 35, 33, 4o. 48»,
(10,68,79, *^^< lb\, 164.
193, 353, 3oO, 333
44. 53 w.a»
'lu. x\\iii;B 335 Ack»
B iQH cAcu
18 rdAcc>
18: B3iy y<l.\^*\<\M
U 13*1 oajAa.»
^<> ' ; r> jO , ^y . 3 I 8 ^^4\jAa.«
B 116 y-H^^mo^
B 49 yzno^
48» T^cs.»
B 46 ^€u
99' (?) ^cu
B i33 ^cu
B 3o. 46 ^-A-Ka.»
B33 i<^cv«
8, i6,49",5o'»,5o», -simisccu
XII; B 61, 61 , l33 , 196, 333 ,
3 84
73'; B 366, 367 njcnisco.*
B 99 >><>\\;»
B 5o ^«~^*^ *«
B3o3 .^_k1\*
35 y<^»
B 1 K^rA*
97';B9i, 171, 'r^-!\\.%
338
B 379 KfVAj
1 , 93 ; B 3 3 3 .*n<vrv^j
5o"> ^AJb
16', 18», 19, 38», .:wo.x*
xxxTiii; B 9, 59, 33o, 369
B33,
>9
. o. v^
LITTERATURE SYRIAQUE.
291
99
B 268 i<l\aKcv=»3
B 2i3 90=73
B 162 T«^V^<\m
B 209 T^ïtaro
B 273 ,\j=r%
)9^ a\cr3>xr73
B 283 usA^m
97' >*>=^
B ii5 A»T^aj>.rra
B 124 .^^Von
B 3o5 -^/xv.^\.>r>
B 220 9.r7>Am
17 ..cv\vAm
vin o^^y^m
B 60 r^-=\-\<\»"n
B 198 ^»(v>-\Am
B8 KjAIso
8 .^^xm
49, 56i«, 89, HT;B 22, cvi^vro
69, 117, 122, i46, i63,
280
69, 84; B 258 o^\v"r>
B 2 4o "\ojjm
1600 A^OW-^KTO
B i53 p^»tYxm
Bi53 y\i><V-n
B 33, 109 "\TS»j.r73
1 9\ 38', 4 1^ 44 , 48», yx»\:n
49*, 61, 65, 87, XXX, XLii;
B 40', 5ii, m, 134, i35,
i48, 170, 219, 24o, 24i,
245 , 259, 291, 3^4
B 77, 221, 936, ^oja^so
3i8
42I, 61, 65, ^r^ \j y.cv.A
85, XXVI, B5, 28, io4, i55,
3io, 3i2
B 3o4 VsCV^-JtciA,
75^; B 1x5 >^y.(\a,
19, 19', 42^ 80', ^y\j y.OA
VI; B 32 , 4o, 71, 195
B 4 ■>\^ y.oA
B 187 Q-KjCA^
34^ y\\\^
27- 3i, 38^; B 11, i4, \ja
107, i34, i42, i55, 249
B 3i4 Ar^>.\x=L
B 187 oÂm^iA
B 3i T^Vrrxxa.
3i r^iA^
B 28 XaAXx^
5oi« Kr-^\->
B 191 ^^f^
B 1 [i) V^ySK\.£û,1\
38^ r^cuï>"\^
Bail vs^-K'syN
B 2o5 viLaoS
XIV "Hrsio^^X
B 2 4oi rù=yyt^
B 12, 274 "HvxA
B 28 r^^..=n
B i3i y^cwr^lm
B 182, 207, 255 T^\^r^=r>
16, 19, 27', 9a, <n"\^»t<fr73
XVI; B 19, 76, 288, 3oi
5o'* ysrdro
B i43 K-rordm
38' v^w^m
B 63 \y^vùyi
292
SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
5, lo, 5o\ i; B i6. l^V\m
a3, a6, aog, a47
B aSi t^Vvm
B i3o {i)r^x£o.»sio
B 6 x^ajJTXûo
B49' r^-^-eo
3», 9, 38», 4 a', 4 a*. ooiX^
47. 5o",8i, 97»; B 38, 56,
369, 370, 187
B ao .
74;Baio, 876
5o* Td»Sv2*-
84,89; B 193 .i<3<^
B i3a yX»r^
Bi33 cAk^
3a, 44. 46, 5o*, xss^y^
III, IX, xixTm; B 67. 98.
171, 190, ao8, 389
B 300
^^
r^rd:^
B i36 .N<ccr>A
5o«; B io4 Td»io\=3A
B 53 uysi^cva
53»; B i44. a35 i^aS
XVIU; B 10, 73,95, QOCOCk^
99
B 119 r^rd\^oA
B53 .^^r£f>^^oA
B 196 Kjt-oA
27, 5o». B 66,78, Qoa\\^
27a
34», 48», 5a; B 168 .i^
B a6a «^ a,».\.»^
B 137 \rd!i
B 110 oicu
97* S^ea
B3o6 ».r^\j^
B 127 »\o\yfc^
B165. 193 COaÀCW^^ fVVfci
B 3 1 1 tCSjoa
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49,xx¥lii;Bn7 Oû*'Âô.jçy-CO^
B }i4 oSi^n^
WIII
B i45, i46 xts^w^Jiû
B4i ar^T<dco
44. 45 ^i<li»
Il i5j y<'\j%\v^i£û
49" Ta^mardxso
\;B 70 VxûO^T^XÛ
B 180 axAX^urfico
B 85 Qor^lfio
B l'io, "«o/i r^\r^-ùû
B i36 .^sQ=*^
B 59, 3oa ^^Ok=y.Dû
B i4i ^-\»"-> w
53* ^*z=von
V
B 131 rdi^jA
B8 ^o.a.A»>*\
XX
B 373 i^S-nfv>
B 52 «b^coù-xrxxio
B 53 ,r^=3Ccoo
B 73 y^CiXû
B 103 .VQ.r3>.fY>
B 80, 81 ^jKxrxkXio
B 220 yZT\%{>n
B i3o v^sizrxtjio
LITTERATURE S
35 vscoa
2 1; B i3' (?), 37, (^CV.CXa'HcvJO
84, 166, 184, i97\ 297
B 61, 120, i85, 216 T^r73tAX3
5o', 5o*», 981 ; B 67, Kr^^.30.ja3
112 , 211, 261, 264, 294
B 128 rCT^Krrxn
i4 ..i«v*-\ja
42=» K^joA-H
34-; B i5, 43, 95, i58 >-AT^3e.
B i63, 208 "^r^îijnrwsc.
78 T^A-moardae.
B 29 »^_^^TCje.
6 3o7 VN-A^CTaLiÉ.
IV .^^amrcf-Sjoc.
49^ B 125, 188 ^\jje.
60 T^.A.X.
^l^ 27, 5o^S 73^ l<lvA.ac
Bi8, ii5,2io, 265, 296
49'', xu r^rrAjc
ll^ 4o' ......0^.3000
49' 9X^'is\
B i54 rwmo^
B 24 -^XiÂ^
4o,
YRIAQUE. 293
B 44 , 94 k1^^
10, 39 T^Vi-».^
XVIII >jA
B 55 r^oÀA
17» rî^s^x^
52 X.OT^^
5o^i ^^
B 159 x.<\^^^
B 195 r^x^Xi^mT^^
B 256 v\0"\TSf^
B 2 5o rS^-Âr^-
i3, i6\ 274, 4o^ r^lmcy
56, 83, 92; B7, 19, 25,
i3o, 201, 222, 23o,
237, 243
3^ A_\mr^^
753 r^t^
B 90 r<la\^
49s VI, XI B r^raA^
101, 167, 234
38 «^oj\
75-; B 3o5 r^wm^
B 1/19 x.^
vu t.
UN SAINT MUSULMAN AU XV^ SIECLE. 295
îi ii«i I a ; 1 1 I ' Il ■ ■ ! , I '. .1 m .» , i ■ ■ :
UN SAINT MUSULMAN
AU \y^ SIÈCLE,
SÎDl MHAMMED EL-HAOUWÀRI,
PAH
Ë. DE8TAING,
TRDFKiiSBDR À L\ MËDEHSA UE ILEMOEIK.
I. NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE.
A. Auteurs français.
Le nom de Sîdi Mhammed El-Haouwâri se ren-
contre sous la plume de divers auteurs français. Dès
1 856 , Gorguos écrivit quelques pages concernant ce
saint personnage ' .
Le savant directeur de l'Ecole des Lettres d'Alger,
M. René Basset, au cours de trois de ses publications-,
a esquissé, dans ses grandes lignes, la biographie
' GoBGDOs, Notice sw le bey d'Qran, Revue africaine, i856,
t. I, p, 458 et 46 1. (Al>rév, : Gorguos, Notice.)
^ Rexé Basset, Les dictons satiriques attribués à Sidi Ahmed Ben
Youcef. Paris, 1891. (Abrév. : R, Basset, Dictons,) — Re\k Basset,
Fastes chronolocjKjnes de la ville d'Oran, Bail. Soc. Géoqr, d'Qran,
1" trimestre 1892. (Aln-év. : R. Basset, Fastes.) — ■ René Basset,
Nvdroinah et les Tranis. l'aris, Leroux, 1901. (Abrév. : R. Basset,
Nédromah.)
296 SEPTEMBRE-OCTOBRK 1906.
d'El-Haouwâri. On trouve, en outre, dans ces ou-
vrages de M. R. Basset, des notices bibliographiques
où figure, à côté de la plupart des sources arabes,
la liste complète des autres publications (françaises)
pouvant fournir quelques indications relatives au
saint d'Oran; travaux dûs à VV alsin Esterhazy ^ Fey ^,
Delpecb^, Arnaud*, Barges^, Piesse*".
Enfin, M. Edmond Doutté, professeur à l'EcoIr
des Lettres d'Alger, a donné, dans sa remarquable
étude sur les Marabouts , d'utiles renseignements ,
concernant Sîdi 'l-Haouwâri ".
' Walsin Estekhazy, De la domination tarifiu dans tancienne
Itégence et Alger. Paris, i84o. (Abrét. : Walsin Estkrh\/,y. Dont,
turifue. ]
* Fey, Histoire dOran avant, pendant et après la domination
espagnole. Oran, i858. (Abrév. : Fky, U.dtOran.)
* A. \)jf.\.vv.i:H , lU-sumé da *Bostânet (le jardin) ou Dictionnaire
biographitfue des Saints et Savants de Tlemeen , Revue africaine , 1 883.
(Abrév. : Delpkch, liésumr.)
* Arnaud (Irad.), Voyages extraordinaires et nouvelles agréables
par Mohammed .ihou Ràs. Alger, i883. (Abrév. : tr. Arivaiid.)
■■ BargÈs, Cnmph'inent de l'Iiislnire des Béni Zriyan, rois de
Tlrmcrn. Paris, 1887. (Abn-v. : Bargks, Complément. )
* PiKSSK, Itinéraire de VAlgérie. Parit, Haclielle, éd. 190.'},
rédij»ce par MM. Jacockton, Augustin Bkr>\kd et Stéphane
GsELL. (Abrév. : Guide Piesse.)
' Edmond Doutté, Les Marabouts . in Revue de C Histoire des
Ueligions . tome XL et XLI , 1 900. (Abrév. : DocrrK , Les Marabouts.)
Nous citons plus loin, au cours df cette étude, les noms des
personnes obligeantes qui nous ont facilité la tàrlie, soit en
nous procurant divers manuscrits, soit en nous servant d'infor-
mateurs consciencieux. Nous leur adressons ici nos plus vifs
remerciements.
UN SAINT MUSULMAN AU W^ SIÈCLE. 207
B. Auteurs arabes.
Ibn Sa'ad ^ — Cet auteur qui écrivait dans la se-
conde moitié du ix" siècle de l'Hégire, ne connut pas
El-Haouwâri, mort en 843 H. [ili^^-i ll^o deJ.-C).
Mais il eut entre les mains les ouvrages composés
par le saint [Et-Tenbîh, Et-Tcshil, Et-Tebiân)^, dans
lesquels le chîkh parle fréquemment de sa personne.
Ibn Sa'ad a également utilisé des documents écrits
de la main de Sîdi Ibrahim Et-Tâzi, élève de Sidi '1-
Haouvvâri^. Enfm, certains faits et gestes de Sîdi
Mhammed ont été rapportés au biographe par des
gens sûrs (cybUJI ^ R^lsr)'^, par un groupe d'amis
(c_>L^Pi)l ^y> iifil^T)^, par des gens de bien (^^ à^I^t
j^ Jiûl)''. Sîdi Senoùsi est l'un de ces informateurs
et ne fait que citer les paroles de son frère Sîdi 'Ali
t-Tàlloûti^. .
Le quart environ de la Rawda^ d'ibn Sa'ad est
• .>ou*9 ^J^ o^-5_x-w ^jj JjiufJi ^1 ^ Ov^l fji o^#, né en 84? H.
(i/j43-i444 de J.-C), mort en 901 H. (i/igS-iAgô de J.-C). Voir sa
biographie dans Ahmed BÂiîA,iV«V El-Ibt. , p. 355. — Ibn Meryem,
Bostân, fol. 2 63 r", ms. W. Marçais. — Ibn 'Asker, Doûliat En-
Nârhir, p. 91. — Voir aussi Barges, Complément, p. 335.
- Cf. Ibn Sa'ad, Rawda, fol. 6 r°-2i v° , 35 v".
^ Cf. Ibn Sa'ad, Rawda. fol. 2 r°-46 v°.
'* Cf. Ibn Sa'ad, Rawda, fol. 6 ¥"-36 r°.
^ Cf. Ibn Sa'ad, Rawda. fol. 7 v°.
" Ibn Sa'ad, Rawda. fol. 37 v".
' Ibn Sa'ad, Rawda, fol. 46 v"; et 48 r".
' Un manuscrit de cet ouvrage me fut confié pendant trois mois,
en 1903, par Si Ahmed Bel Bachîr, professeur de théologie à la
Médersa de Tlemcen. C'est celui qu'a signalé M. A. Bel dans son
Histoire des Béni 'Ahd El-Wâdi rois de Tlemcen. Alger, Fontana,
298 SEPTEMBRE-OCtOBKE 1900.
consacré à Sîdi 'i-Haouwâri. Cet ouvrage comprend ,
en outre, les biographies de Sîdi f^alisen Aberkàn',
Sîdi Ibrahim EtTâ«2, Sidi Ahm.d Ben Lahsen El-
Ghomàri •. Ainsi que le déclare Ibn Sa'ad , la Rauxia
igoi , page^ \, 36, 81. — Cette copie, d'un? bonne main ina^hn'-
bine, comprend 1 33 feuillets (om. a3 tur cm. 17). Elle date d<>
l'an 1 183 H. (1769-1770 de J.-C). Le copiste l'appelait EI-Mosiafa
lien "Na Bpn EI-Kbarnùbi dTJ-Qal'a. Quelques lij^nes d'une écri-
ture diRîl'rentr indiquent, à ta fin de l'ourrajje, qu'il fut baboilw''
en ia8i H. (i864i865 de J.-C.) au profit de Sîdi Rou iMidieti. —
J'en ai pris une copie. J'ai utilisé ici la partie du texte (les '17 pre-
miers feuillets) concernant Sîdi 'l-IIaouwàri, et je me |iro|>ose d'en
donner prochainement une traduction. — Le manuscrit porte en
téta : ^^^Lx4l Ajmjjλ! ^Lç-sïLi ^»sJ\ ^ ^y-^» ta,) v^-
Tous les ouvrages où ce livre est cité l'appollaot ^-«^1 iLAy^
(cf. Ahmed BâbA, Nil, p. 9a. 355. 3 18. — Ib^ Mkryem,
Bostàn. fol. 38 V*. Ms. Mabçais. • — Rargrs, ComjÀëment. p. 335,
473. — Mui^AMMEO Ben AçMKD, Hisàt, fol. k).
yL^I ^J^^ i^Os»-«, mort en 807 H. (1^53 de J.-C.) ; son tombe^iuesl
i TIemcen dans la mosquée qui porte son nom ( cf. W. et G. Marçais ,
h's Monuments arabes de Tlemcen, Paris, Fontemoing, 1903, pp.
3ao-3a3). Voir la biographie du saint dans : Ih^ Sa'ad, Hawda.
fol. 47 r' à 60 r*. — Ahmed BAbA, Nil Hl-lbt.. p. 91 et 91. ^
Ib«i Mrrtkm, Hostàn , ms. Marçais, fol. 70 et suiv. — Ei>MblAu,
El-Mawâhib El-{foudsiya , fol. sa, ii, 5o de mon ras. — BARoàs,
Complément, p. Sa 1 -346. — BâOSSELARr), Tnmlniin 1 <//■« F.ni'nt îles
Béni Zeiyàn. p. 89.
* (3t_£t ^_j1 tf;L.Z-J1 Jk'itf (j-i >>-^ iji (0^~J'> mori en ooti H.
(i46i-i.i6a de J.-C.); il est enterré A El-Qnl'a. Cf. -«ur ce saint les
ouvrages indiqués dans R. Basset, Faste», p. 6^. — Voir atissi :
Iim Sa'ad, Ratvda. fol. 60 v° à 89 r*. — Ai.imrd BAbA , M El-lbt.
p. 2^. El-Mklàli, Mawâhib, fol. 34 de mon m», et manu>crits
cités plus loin au sujet de El-HaouwAri dont il fut le disciple. —
CoReuos, Notice, p. 46i.
^^L|J! (jy*«JI ^^ >^l, mort en 874 H. (1469-1470 de J.-C.). l'ne
IN SAINT MUSULMAN AU XV' SIÈCLE. î99
n est qu'un extrait , résumé d'un autre de ses ouvrages
plus étendu : le Nedjm Et-Thâ(iih\ Cette dernière
œuvre renferme, en outre, plusieurs autres biogra-
phies, parmi lesquelles celles de Sîdi Bou iMidien'^
de Sidi Ibrahim El-Masmoùdi , de Sa'id Ben Moham-
med Kl-'Oqbâni, de Ahmed Ibn 'Amer El-Anda-
loûsi.
El-MelÂli ^, EUMawâhib elqoudaiya'* . — En 897 H.
(1^191-1/192 de J.-C), El-Melâli composa cet ou-
vrage, consacré à la biographie de son maître le chîkh
Senoûsi ^. Le premier chapitre concerne les maîtres
mosquée de Tlemcen où il est enterré porte son nom ; cf. W. et G.
Marçats, Les Monuments de Tlemcen, p. 160-161. — Voir sa biogra-
phie dans : Ahmed Bâbâ, NUEl-Ibt.f. 65. — Ibn Meryem , Bo*tdn .
ms. Marçais , p. 58 et suiv. — Ibn Sa'ad , Rawda, fol. 89 v" à i a3 r°.
Brosselahd , Inscrijdions arabes de Tlemcen , Revue africaine , déc.
i858 p. 93. — Tlemcen. ancienne capitale, p. 44o. — R. Basset,
Nedromah. p. 46.
' Je n'ai pas encore eu la bonne fortune de découvrir quelque
manuscrit du Nedjm Et-Thà(fih.
2 Cf. Ibn Meryem, Bostân. fol. 108 v°. — Cf. sur Sîdi Bou
Midien : R. Basset, Nedromah et les Traras. app. V, p. a 19,
note 3.
'' iU*«yL*Jl <_*jLm <^ 2Lm,sJJ\ i^l^l . Cet ouvrage a été signalé
par Barges, dans ses Compléments. M. Luciani s'est servi, pour
ses travaux relatifs à Sîdi Senoûsi, d'un manuscrit se trouvant à la
Bib. nat. d'Alger , sous le n" 1706 (cat. Fagnan). Un exemplaire, d'une
bonne écriture maghrébine, comprenant i54 feuillets (o m. 2.4 sur
o m. 32 ) a été mis à ma disposition par M. Bôursali, de Tlemcen.
Je l'ai pu copier en partie. Voir infra : textes, app. I, p. 1-2.
* ^j-au^jl-^aJ! uj^-ij-n^ ^J~> yi ^^ >-frî^. {ji ■^^- Cfn »ur ce saint :
LtJGiANl, Petit traité de théologie musulmane, Alger, Fontana, 1896.
— W. et G. Marcats, Les Monuments arabes de Tlemcen. loc, cit.,
300 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
du saint. El-Melàli rapporte que, entre les mains de
l'un d'eux, Sîdi 'Ali t-'^à^loûti^ il vit fréqueninient le
Kitàb Et-Tenbih' de Sidi'l-Haouwàri; l'auteur donne,
au sujet de cette œuvre, d'utiles renseignements
qu Ibn Sa'ad a négligé de rapporter.
Ahmed Baba ^, Nil El-lbtihâdj \ — Ahmed Bâhà qui
écrivait vers le commencement du xi* siècle utilisa
les œuvres d'ibn Sa'ad et de El-Melàli^ pour com-
poser, dans son NU , la biographie de Sîdi 'l-Haou-
wàri''. Dans cette notice, qui tient en trente lignes,
tout, nom du saint, dates, miracles, tout est pré-
senté sous une forme abrégée, mais exacte.
C'est dans le Nedjm Et-Thâqih que l'auteur a
p. 34 o et ma note dans ; Le diaUctr des Béni Snoûs , Paris , Leroux ,
1906 (publ. de l'Lcoip des L«Htres d'Aller), texte XXXIII.
' ^y LxJl o^ j^ ^ ^JyJ <^ ^^ ^ ^Jy-JI yi\ , frère de Sîdi Es-
Senoûsi, mort en 893 H. (i/iSg-i'igo de J.-C). Voir sa hiograpliie
dans : Ibm Meryem, Bostân , biog. 71. — El-Mki.Ali, Mawâhib El-
(foiidsijra, fol. 17 et suiv. de mon ms. — Ahmed BAbâ, NU El-ïht,
p. îoa et 2o3. — W. et G. Mabçais, Monuments ur.. p. 3'io. —
Revue africaine, avril iSSg, p. 248. — et un ms. intitulé ^^jJI
i ..«. ,;^>>^t âJ^L.»^! jl i -l I ^ Âe-'-*'^* < f"^'- 7' v", au sujet duquel
M. A. Bel a donné une notice dans : Recueil des travaux du xiv'
Congrès des Orientalistes , Alger, 1906.
* *e-JjJl^ ^f....tl t~>^^^; cf. infra . p. 3 1 .
(g:iiLjjJ\ , 963-io36. Voir sa biographie dans yiusj\ ^ *}4-^ <->lx^
yH^ S?'>'~^' Uj^' *Ij4.*3 ^L.À.1 ^jc, par ^lv»^l «>^. F.ÎS.
' ^L^oJl jiiY^'^^ jr'^^^' J^ cjUS'. Fàs, i3i7.
» Cf. Ahmed BAbA , Nil El-Iht . p. 396 , 1. a.
* (^tte biograpliie *<■ lroii\e |». 3i- (voir aussi p. aS, a6, iiii
375).
UN SAINT MUSULMAN AU XV" SIECLE. 301
puisé ses renseignements ' et non dans la Rawdat
En-Nesrin, ouvrage quii ne fait que signaler, parfois
même sous un titre sensiblement différent de celui
de mon manuscrit ^. Au résumé du Nedjni , Ahmed
Bâbâ ajoute une anecdote relative au Sehou du chîkh
El-Haouwâri, Suivent quelques lignes prises dans
l'ouvrage d'El-Melàli; enfin fauteur complète en
rapportant brièvement l'un des miracles du saint ^.
IbnMeryem^, El-Bostân^. — En loi i H. (1602-
i6o3 de J.-C), Ibn Meryem acheva son important
ouvrage El-Bostân, dans lequel il est longuement
question^ du chîkh El-Haouwâri, Ce biographe
connaissait les œuvres d'ibn Sa'ad^, [Rawda et
ISeijm), d'Ahmed Bâbâ^ (M/),' d'El-Melàli^ (Ma-
' Cf. Ahmed BâbA, Nil El-Iht, p. 20, 24, 25, 48, Sgb.
2 Cf. Ahmed Bàbâ, Nil El-Ibt, p. 92, .'hS, 355. — Et page 3i8
on lit : ^w^LuaJl Jùu.^l ^oLl* ^ ^~>«jJl iii>»fi\ .
^ Ce miracle (mort d'Othmân), résumé du Nedjm, se trouve
dans la Rawda sous deux formes, l'une abrégée, l'autre plus
développée. Cf. Ibn Sa' ad, Rawdat Enn.. fol, 45,
'' *-j v^ jj^j u-oLUI .>c5-I ^ 0^ f^ ov^, Cf, Barges, Complément,
p. 472.
^ yL-toLj * L^oJlj p LJjill j5i (J-^ (jljj^\ . J'ai eu à ma disposi-
tion divers manuscrits du Bostân appartenant l'un (T) au qâdhi
de Tlemcen, Si Cho'ib; un autre (N) à M. Ben Ralihal, de Nédro-
mah; un troisième (M) à Si Menouer de Mostaganem. Je renvoie
à l'excellente copie (A) que possède M. W. Marçais, directeur de
la Médersa d'Alger. Les copies du Bostân ne sont pas très rares à
Tlemcen, 11 s'en trouve deux à la Bibl. nat, d'Alger (n"' 1736 et
1737 du catalogue Fagnan). — Si Bel-Kacem Ben Et-Tiyeb d'Oran
possède un bon exemplaire du Bostân (copié en i3o5). Cf, infra :
textes app. Il, p. 5, 27.
" Fol. 239 r°-248 v° du ms. W. Marçais.
' Cfi Ibn Mbryem^ Bostân, dernier folio*
302 SEPTEMBRE-OCTOBRE lOOG.
wâhib); il a reproduit en partie le» renseignements
fournis par ces auteurs. Ibn Meryem rapporte en outre
un certain nombre de légendes concernant El-
Haouwâri , légendes peut-ctre puisées dans un ouvrage
concernant les Menâqib Kl-Arba'a ', que l'auteur du
Bnstân a eu en main et qu'il attribue à Sîdi Senoftsi*.
Ks-Sebbâgh', Bostân El-Azhâr'^. — Dans son ou-
vrage intitulé Bostân El-Azhâr, consacré à Sîdi Ahmed
Ben Yoûsef *, Es-Sebbagh , parmi les disciples de ce
pieux personnage, cite Sîdi Mohammed Ech-CherîP
dont il donne la légende. L'auteur, contant l'un des
miracles produits par ce saint , rapproche ce fait mer-
veilleux d'un autre plus surprenant encore qu'il
attribue à Sîdi 'l-Haouwâri \
Viennent ensuite divers ouvrage» relatifs à l'histoire
d'Oran; ce sont :
* Cf. JLjk^^^l >y>«»Ll« ^ y>iyJi...Jl Js^ s^>N^^ .>»»/b fj»y, in Ihn
Mkrykm, Bostân, dernier folio.
* Je ne connais pas cet ouvrage; BaroIw ie cite [Cnmplémeiu
p. 473), et attribue par erreur la RawdcU En-Nesrin au chlkh
Senoûsi.
' >...»^i.H ^,jJjUI aUmJI (^ ^^ o^vt ^^ Aé ^J^ j>é '»»^ Jy>£ ^t-
(Cf. Selouat, II, p. 13.)
* «X..9-I ijfi^-ifM. ;l^^t ijA*J») ;(>»^^l |*y*; w«>(JU ^ ;'^;^l (J^Am^
^{•xJi^ t^MMuLJl ^JwâlJl v^fw^ ^^. Je possède un manuArrit de «>!
ouvrage (139 feuiHet^, o m. 1/1 sur o m. 18). H s'en trouve deux
exemplaires à la Bibl. nal. d'Alger (n" 1707 et 170H dn catalogue
Fagnan). Cf. inj'ra : textes, app. II, p. 3, 4.
* Cf. R. Basset, Dictons satiriques.
(Cf. Es-Skbbàgh, Bostân El' izhâr. mon mu. fol. 120 v". )
' Cf. infra : p. 70.
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIECLE. 30.T
Boû Ras, 'Adjaib El-A.ifâr, un poème' que com-
posa le chîkh Boû Ra»^, à l'occasion de la reprise
d'Oran par le bey Mohammed El-Kcbîr (5 Radjeb
1Q06 H. ; 28 février 1791 de J.-C). L'auteur fait
suivre chaque vers d'un conimentaire^, et donne sur
Sîdi i-Haouwâri des renseignements puisés en partie
dans ïbn Sa'ad. Il est fait allusion , dans le commen-
taire, a la malédiction que El- Haouwari lança contro
Oran\
El-DjAmi^i , Commentaire de la Halfâwiya. — C'est
le commentaire par El-Djàmi'i^ d'une qasîda en
■72 vers, composée par El-Halfâwi'' au moment de
^ ^U^ill v.Aj'.iaJ ji^Ia*»^! t-oLé. La partie du texte concernant
El-Haouvvârl a été publiée par M. René Basset; cf. Fastes chrono-
logiques, p. 67. Voir aussi la traduction de l'ouvrage : Voyages
extraordinaires (p. 76 et 78), par Arnaud. — Un bon manuscrit
de 'Adjaib El-Asfâr a été mis à ma disposition par Si Cho'ib Ben
Tâleb, actuellement bach'adel à la mahakma de Sîdi-Bel-Abbès.
Cf. au sujet de ce manuscrit : A. Bel , Histoire des Béni 'Abd El-Wâd.
rois de Tlemcen. Alger, Fontana, igo4, introd. , p. i3 et sujv.
* Les passages concernant El-Haouwâri se trouvent fol. 87 v",
1. 26, et fol. 88 r", 1. 10. Nous renvoyons au texte publié par
M. R. Basset [Fastes, p. 67.)
•* i^fliJJl J^^l jjj Js^ i«Ml jy-c^l. Un exemplaire du Commen-
taire de la Halfâwiya m'a été prêté par Si 'Ali , mufti d'Oran. Ce
manuscrit comprend 127 feuillets (0 m. 2/1 sur o m. 19) d'une
bonne écriture maghrébine. L'ouvrage est souvent cité par Gorguos
[Reviie africaine, I, p. 4o/|) qui ne l'a pas consulté et ne fait que
reproduire les citations dont Ahmed Ben Mohammed Ben 'Ali
émaille le texte de son commentaire : Et-Theghr El-Djoumâni. —
Il est question dans la qnsltla et le Commentaire t 1° Du gouverne-
30^ SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
l'expédition que dirigea, contre Oran, Mohammed
Ben 'Ali Bakdach , dey d'Alger.
Ahmed Ben Mohammed Ben 'Ai.i, Et-lTieghr El-
Djoumâni. — L'ouvrage dont nous senons de paHer
se trouve fréquemment cité dans le commentaire
d'une qasîda que composa , en i 20-7 H. (1 ■79-2- 1 y 9 3
de J.-C.) , Aboû 'Othmàn Mohammed ^ à l'occasion de
la reprise d'Oran parle bey Mohammed^ (A Radjeb
1206 H.). F^e commentaire, intitulé Et-Theghr El-
Djoumâni^, est l'œuvre de Ahmed Ben Mohammed Ben
'Ali*. A la suite d'une courte notice biographique^,
ment du Sultan Mohammed Ben 'Ali, dey d'Alger, connu sous le
nom de Bakdàch Khôdja; — a* Des préparatifs de IVxpëdition ,
du commandement des troupes, du départ, de l'arrivée à Oran; —
3° Du siège dt> la ville; — 4* Des incidents de la lutte et de la
réconciliation des deux partis. — L'ouvrage se termine par la
louange à Dieu et le salut sur le Prophète. — Cf. infra: textes,
app. IV, p. 38-39.
* Mohammed El-Kebir. (Cf. F^y, Hist. ctOran, p. ago.)
' ^lj<V' 7*^' pi— j;jl (^ ^^ yÀiJ\.
^ (jfi^ i^ '>^ ,^ «J^l •
* Cf. le ms. de Si 'Ali, fol. i53 v* et suiv. — Sur cet ouvrage,
cf. GoSGDOS, Rei'ue africaine. I, 4o4. — Je dois à l'obligeance de
Si 'Ali , mufti d'Oran , d'avoir pu me servir d'un excellent exemplaire
de l'œuvre de Ahmed Ben Mohammed. C'est le commentateur lui-
même qui a transcrit ce manuscrit en apportant quelques modifica-
tions au texte qu'il avait donné antérieurement. Voici les dernières
lignes du manuscrit de Si 'Ali : ajJ^-» L^Lâ <u3L5'js» J-^ c*4^'
UN SAINT MUSULMAN AU XV° SIECLE. 305
Tauteur rapporte quelques nouvelles légendes attri-
buées à Sîdi ""l-Haouwàri. Il cite Ibn Sa'ad, Es-Seb-
bâgh, ainsi que l'auteur et le commentateur d'une
pièce de vers intitulée Hizb El-Arifine^.
Ibn Zerfa , Ralilat El-Qamaria. — Dans la chro-
nique d'Ibn Zerfa , il est question , à divers reprises ,
de la malédiction lancée par le chîkh , contre Oran ,
et aussi des songes et prédictions annonçant la prise
de la ville, des invocations que les troupes d'inves-
tissement adressent à Sîdi ^1-Haouwàri^.
El-Mazari, Tonlou Sa ad Es-Saoâd. — Le deu-
xième chapitre de l'ouvrage d'El-Mazari^ relatif à
l'histoire d'Oran'^ est consacré aux saints de cette
^■^-y..j| Ljyjkw» Jj ^ T"^^.- Le manuscrit (écriture maglirébine)
comprend 162 feuilles (o m. 3i sur o m. 23). — Cf. infra : te\tes,
app. V, p. 3o-4o.
' Je n'ai pu retrouver cette qasîda.
^ Les points intéressants que présente l'œuvre d'Ibn Zerfa ont
été réunis en une substantielle notice de /i3 pages, donnée par
M. O. HouDAS, dans le Recueil de Mémoires Orientaux. Paris, Imp.
nat. , 1905 (Notice sur un document arabe ipédit).
* iyMi'iS \^~sif u't^^ i'-^-^I iy* ^j-«..«.H Jot^ £>^' Un exemplaire
de cet ouvrage me fut signalé par Si 'Ali , mufti d'Oran. 11 se
trouve au musée Dcmaeght où j'ai pu le consulter avec l'aulori-
saliou de M. Mouliéras, conservateur du Musée, professeur à la
chaire de langue arabe d'Oran. Ce manuscrit, d'une bonne main
maghrébine, comprend 582 pages (o m. 26 suro m. 20); les pages
536 à 545 font défaut. L'ouvrage est relié et porte au dos : Mazari,
Histoire d'Oran. — L'auteur a divisé son travail eu cinq parties
306 SEPTEMBRE OCTOBRE 1000.
ville. Pour ce qui concerne Kl-Haouwàri^ l'auteur,
(jui néglige souvent de citer les sources, a puisé à
la plupart des ouvrages déjà mentionnés, ainsi quu
divers autres * qu'il indique au cours de la biographie
et qui lui ont fourni de nouveaux détails.
Nous avons eu à citer, dans l'annotation , divers
ouvrages de ta>>awwouf; les principaux sont :
Ben 'AdjIra, MTrâdj : (^yajii\ \J^\À^ Ji o^^jji r^yH*
4^LmJI ^^aa:^ ^ «K^ ^^ «X^i ^tX^^ ; mon ms.
Ben 'Adjîba, Jqâd: ^.Xa^ a C4! rj-^ ijf r*^^ 1^^^
^ ■».<«» M A-H^^ ^ «X^ ^ «X^l ; mi. de M. Mol.iamuied
Nedjâr, de Tlemceo.
El-Qochbiri, Bitdla : Uyj^\ Ls. ^^ io^x^âjUt iiLM^\
(^wUiuJiil (jSly^ ^ f^J^^ *^^^ f«wUJt (^^- Le Caire, i3i9.
El-Giiazâm, Ihya : «X^ «X«L^ ^^ (^«>^^ (•>'^ '>^^^=>>>^
^1^1 J^r (j^- Le Caire, i3i2. 4 v.
Ibn Ata-li.ah, Le/ai/" : «X^i jie^-«-J^ (>Ài< vJitjUaJ ç^U^
^^jJ»jLC>»oM aMI i> tiap ^Jf . Le Caire , 1 3a i . a v,
( ■>> la i •). Le premier chapitre traite de la fomlation d'Oraii;
l'auteur fait aussi ia description <le la ville (pp. 3-ii). Daus l<>
deuxième (pp, i}-3o). il est question de quelques saints d'Oran
[ià saints sont cités). La troisième partie est consacrée aux
savants orauais [py. 3o-38]. Suivent des détails sur les neuf
gouvernements qui se sont succédé à Oran [chap. IV. pp. 38-533).
£n6n l'auteur a réservé aux Magbzens d'Oran le# Sg dernières
pages de son oeuvre. Cf. infra : textes, apj). VI, pp. ii-i"].
' La biographie se trouve, dans le ms. , pp. 12 et suiv,
* ^LSJJJI ^ytJJI Jl ityMj» ^ ^Jy»„i)l yJ^\yU. t^\jS — )lt^^\ *il
UN SAINT MUSULMAN AU XV' SIÈCLE. 307
.El-Baïdjoùri, Tohfa ; *)s^c*-yJI »j^y>^ Js- «Xj^L! Hj^'
i^^y^\j^\ (»**'y' j«?S>î*^- ^^ Caire, i3i4.
Ech-Ghabuakhîti, Fetoâliât . X-»-^^! cuia^jJcO) t_>bû
i'3i8.
'Allîch, Hiddia : jit,j>S^ *>^ ^^^' ZJ^ ♦N?;-^' À^lj^
i^yMt ^«XjumJ Jwkak^yJI J^l ii«>uJu). Le Caire, i3u6.
El-Djordjàni, Ta'arifat : ^Jx v.jIl,îwûAJ c»ljy*JtjJI <_>lo
^l^yi^ <X^ ^. Le Caire, i3o6.
El-Fechni, Medjâlis : <Xj-l .isvAJD iuJuJI jjJLsjJI ç>U^
i5-*-*^' t^î^ f^^' (jï^^- Le Caire, i3i5.
Es-Sahrawerdi , 'Awârif : ^^:>^^J^,J,^JJ OjUlt Ojî^* . Le
Caire, i3ia. 4^ v.
Egu-Cha^arAni, Yawâqît : <Xx*! >-tf>!^-s.t^ oykiî^l c->bo
^j^-jt-ûJ\ oLdyJI . Le Caire , 1317.
" Kachâf: ^Jyi»i\ cyU^SUxwst CiUi. Calcutta, 1862.
Egh-ChernoÛbi, Cherh Tâia : viUuo Jl JjX^aJÎ Ajob ^^
(^jiyéiJ\ *)n-s5SJ5 *5s^ ^'^y*^ til^AXl. Le Caire, x3io.
HamdoÙn, Hachia : ^Li! /o y^«^*^ t^*\H*» ****^^ • ^^
Caire, i3i6. 2 v.
MUba, Cherh : «Xç-I ^^ Ov^ ^^^ -^^^^'^ (j*^' )'^^
«jty*. Le Caire, i3i3. 3 v.
IL BIOGRAPHIE DU SAINT.
Le saint ^ musulman , qui fait l'objet de cette
étude , est actuellement connu dans tout le nord de
* criî' Voir sur ce mot : E. Douttb, Les Marabouts , p. 343. —
L'Islam algérien (Alger, 1900), p. Sg et suiv. ;Blochet, Noies sur
iésotcritme musulman [J.as., mai-juiti 1903), p. /tgi. Sur la déri-
vatiou et i« sens tla mol ^yJ^, on trouve les cxplicatioiiii suivantes :
308 SEPTEMliUE-OCTOliKE 1906.
l'Afrique sous le nom de Sîdi Mhaiiiined ^ El-Haou-
wâri. Mais il y a deux siècles, cette appellation n'eut
1° On bien ce mut est de la forme JsH>^< ayant le sens passif de la
forme J^jlju*. Le saint (walij serait alors celui de la conduite du-
quel Dieu se charge sans lui laisser à lui-même un seul instant le
soin de son existence (Kl-Fechhi, Mrdjàlis . p. 2^0); — ce serait
aussi celui duquel Dieu, pour le mieux protéger, serait tout proche
(CiiABRAKiiÎTi, El-Fetoûhàt, p. a64]; — ou encore l'individu sur
lequel S4> succèdent, sans interruption, les bienfaits et les faveurs
de Dieu (Djordjâm, Taarijàt, p. 11s. — Qooheiri, Hisàla,
p. 173. — Baidjoûri, Tohfa. p. 83). — a* Ou bien le mot est
de la forme J^ol*, forme intensive de J^U à sens actif. Dans ce cas,
le saint serait l'homme qui se charge d'adorer Dieu et de lui obéir
(BaidjoAri, Tohfa, p. 83); — ou bien celui qui s'est approché
de Dieu. En se soumettant à Allah, en le craignant, en ne tom-
bant pas dans le péché, le saint, en effet, se rapproche de son
Maître et se trouve ainsi constamment secouru par Lui (Ber
'Adjîba, Mirâdj , m. ms. , fol. 6 r"). Il s'est éloigné du monde
pour se tenir tout près de Dieu [Knchâf. p. iSag). — Le saint
serait aussi celui qui continue l'œuvre de Dieu et de son Envoyé
(Beh 'ÀDjisA, Mirâdj , fol. 6 r"), ou encore celui dont les actes
d'obéissance à Dieu se succèdent sans que jamnis viennent s*y
mêler d'actes d'insoumission (cf. DjuhdjA:ii, TaariJat, p. 113).
Il évite de pécher et de s'adonner aui douceurs de la vie et aux
passions ('Allîch, Hidàia . p. 178); on ne veut pas dire par là
qu'il ne commette jamais de fautes, il n'est pas impeccable
{^yaju») comme le prophète, mais seulement Io^xj^ (gardé par
Dieu). Cf. QoçHEiBi, Risâla, p. 173; Baidjoîri, Tohfa, p. 83. —
On a fait aussi dériver ce mot de la racine J^, être tami secou-
rable de quelqu'un. Le saint, en effet, vient au secours des gens
en les conseillant, en leur ordonnant de faire le bien et en leur
défendant le mal [Kachàf, p. i528). — Sur les cinq sens de ce
mot dans le Qoran , cf. CiiABRAKHiri , El-Fetoûhàt , p. a 65. — D'autres
ajoutent : Le wali est celui qui connaît Dieu et ses attributs. 11 a
fait abandon de son libre arbitre pour s'en remettre à la volonté
de Dieu, devenu l'objet unique de sa pensée (Ibn 'Ata-llah, Le-
tâif, p. 27; voir aussi p. 36 et Aa : les deux sortes de iWj).
' C'est la lecture du Bisàt E/-Mou/o«^ = Laio ,s^ i^^^-n--' j^—'l
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIECLE. 309
pas toujours suffi à distinguer notre chîkh d'autres
Musulmans portant ce même nom et jouissant d'une
certaine célébrité. El-Qâdiry ^ rapporte en effet qu'il
connaît 22 personnages s'appelant Mhammed Ei-
HaouwAii. Aussi les biographes du saint l'ont généra-
lement désigné sous le nom de Mhammed Ben 'Omar
El-Haouwâri , auquel est parfois joint le surnom de
Aboû ^Abdallah 2.
La forme la plus complète sous larpielle figure,
dans les ouvrages, le nom de ce pieux personnage
est la suivante : Mhammed Ben 'Omar Ben 'Othmân
Ben Seba' Ben 'Ayâcha Ben 'Okkâcha Ben Sîd En-
Nâs Ben Amîr En-Nâs El-Ghiâri El-Maghrâvvi , connu
sous le nom de El-Haouvvâri ^ : «C'est sous cette
forme, ditlbn Sa'ad, que j'ai trouvé la généalogie du
saint, tracée de la main de son élève Sîdi Ibrahim
Et-Tâzi*. Elle est assez fidèlement reproduite^ sur
^^Ij^Jl; c'est d'ailleurs ainsi que l'on prononce à Oran et à Tlem-
cen.
^ (^^jLâJI . — ç#^^' r^ (^» P- 9)' 2 ^' Fâs, i3io.
^ Ahmed B.\bA, Nil, p. 817. — Tbn Merybm, Bostàn, fol. aSg r°;
app. III, p. 5.
' Ahmed ben 'Ali, Et-Tlie(]hr, foi. id8; app. V, p. 3o. — Ibn
Sa'ad, Rawdat Enn.. fol. 1 v°; Bou RAs, 'Adjaîb, éd. R. Basset,
p. 70.
* Ibn Sa'ad, Rawdat Enn. , fol. 3 r°.
•' Cette épitaphe est tracée sur bois (o m. 70 X o m. ou) et date
de i886. Elle est la reproduction d'une inscription qui figurait à
la même place et que l'on dut remplacer. Un tronc destiné à re-
cevoir les ofFrandes des visiteurs est cloué sur i'épilaphe même et
la masque à demi. Voici cette inscription : xkï^jJ' ;:r''r'' ^^ f^
ft-^J^ ^j'" ' J.'.'tg^?-*! J^-'jJ' (^7^' <^^ "^ Ljo^-5_w J^ M\ Juoj
310 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1900.
une inscription que l'on pouvait Hp' sur !<' tom-
beau d'El-Haouwàri à Oran K
Origine et naissance du saint. — Ibn Sa'ad rap-
poite que, en 771 de l'Uégire, Sidi Mhanuned
acheva l'étude de la Moudawwana'-. il avait alors
YÏiigtrcinq ans : il est donc né en 781 H. (i36o-
I 35i de J.-C).
Dans le nom du chikh se InjUMiil Its dvux nioK
Kl-Haouvvàri el El-Maghràwi. Ainsi que l'explique
Atinied I3en 'Ali dans son commentaire^, le mot
\ù^ aHI 0^ l^eJU; *^t^ M^ M\ J^ f>JL:^\ ^'^yi:» Jl ^A^
' JPII éU^^M 'yji ,.'-111 ^1 U#; Jl U*V*, UV , •■ Ov-^l ^1
* L^jlj_i_H ;l*lJl o-UJI y^\ jji ^J»^^ J^--. ^^ ^ ^^ j^ S^**—
fjfJ^-t!^ ' ^U»UaJI <£>)JJ\ ^>Wj^l *^JaU\ ^ ^Sio lis^ ^^\y^fi^ <-tiy*i^
X^ L^ " JUL^I viLJU - jjlj^ ^
ç^3UJl ^U -«^l ^'j,,^^
' J^. — » ^^IjAit ^;LjJt. — ^ ^7*5. — ' (^UaJL-Jt (ou
^Vx^-oJI). — ' ^1, (s-*^. - ' jx^l (cf. Qoran. XXUI. 118).
— ' ^^\ — " lo^. — " jUjil. — • yUaJI. — f wJ»*5'-
' Tai pu relever cette inscription en avril igo4. Elle a disparu
depuis.
' Ib!» S**ad, 'Raredat Enn., fol. 6 r*.
' Aqhed Bas 'Au, Et-Thegkr, fol. i48 v*; app. V, p. 3i, —
m SAINT MUSULMAN AU XV SIECLE. 311
Haouwâri vient de Howâia qui désigne une tribu
berbère, descendant de Howar Ben Aourîgb Ben
Bernes Ben Berber ; de même que Mughràwi est d^
rivé de Maghrawa, nom d'une tribu zénète qui eut
])our an(36tre El-Abter j^en Berber. Les Howâra et
les Magbrâwa sont donc des Berbères issus , les pre-
miers de Bernes, les seconds de Ei-Abter, Il senibie
donc, fait observer le commentateur, que Ibn Sa ad
a eu tort d'appliquer ces deux ethniques à un même
individu. On peut toutefois expliquer le passage en
admettant, dit-il, que l'un des noms s'applique au
lieu de résidence du saint, l'autre indiquant sa tril)u
d'origine.
Les noms de 'Okkâcha, Amîr En-Nâs, Seïd En-Nâs,
Seba' , qui figurent dans la généalogie de Sîdi Mham-
med et que portèrent certains chefs des Howâra ^
indiquent que les ancêtres du saint appartenaient
sans doute à cette même tribu. El-Haouwâri serait,
par conséquent, né chez les Maghrâvva^ et probable-
ment dans le voisinage de Kelmîtou , bourgade oii il
s'arrêta lorsque , à l'âge de dix ans , il eut quitté pour
la première fois son pays natal ^.
En dépit de son origine berbère , Sîdi '1-Haouwâri
Voir aussi Ibn kBiM)OiJN, Histoire des Berbères, trftd, ns Bl^mk,
I, p. X 78, et Bou Ris, '.idjaib, 77, aog,
' Cf. Ibn Khaldoû», trad. db StAWB, t. I, p. 74, 76, 178, 318;
II, 178; m, 297.
^ C'est l'opinion de Bou lUs, 'Adjaib. trad. Arnaud, p. 77.
■' Cf. AijMED Bm 'Ali, Et-Theghr. fol, 102; app. V, p. Sa, —
Ibn Sa'ad, Rawdal lùin. . fol. 3 r". Sur JCelmitou, à 20 km. Est da
MosUpaneui , cf, Orte lop. de l'Algt-rie , fitiiiHe n" io3. Bosquet,
312 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
est chérif. El-Mazari lui donne le titre de Ech-rhérif
el-Hasani*. L'auteur du Bisât El-Moulodk- lui attri-
bue la généalogie suivante :
Sîdi Mhammed El-Haouwari Ben 'Omar Ben
\hmed Ben Mohammed Bon 'Ali Ben Boû Zîd Ben
*Ali Ben El-Mahdi Ben Slîm.in Ben Isâr Ben Moûsa
Ben 'Isa Ben Mohammed Ben Moûsa Ben 'Isa Ben
ïdrîs Ben Idrîs Ben 'Abdallah El Kâmil Ben El-Ha-
san El-Motbonna Ben El-Hasan Es-Sobti Ben Fâ-
tima Bent Rasoûl Allah'.
> Cf. El-Mazari , Toalou, fol. 6 v" \ «pp. VI , p. 191.
' Cf. Mohammed Brn Ahmed, BUât . fol. id. Je me suis servi
d'uD manuscrit de cet oavra<|;t'; son propriétaire, M. El-IIaoudri,
commerçant ù Orléansville, voulut bien me le confier une hcun*
environ. Le manuscrit est ainsi désigné, foi. i : ^ <iifXX\ '«sL^ (_jUj
'' 11 est à remarquer que l'auteur du Bisàt néglige totalement
les données d'll>n Sa'ad (généalogie écrite de la main de Sidi Ibra-
him Et-Tàzi); il a dû cependant connaître la Itawcla qu'il cite au
commencement de l'ouvrage (fol. 4) : i^Ul* ^ ^j»jJI Hiê)^ -làil
(^tï^UaJl . L'autear de l'ouvrage Jy-ji\ Jl* ^ ^ <V-*-'' 'r^>^ <
Sîdi 'Ahd er-Rahmàn El-Fâsi , dit au sujet de notre saint : ^ ^
Jl^ill J JL^L ^ ->VI ^l^ill y JLoL^^I ^l^ilj c-^*.U> Ol^ill ;L^I
Cf\^ — ^i ^— ^ } A y i:)\y^^ '-isj^^ sf;'>^' **^ '^St^l 2^^' 'Sy^^^l
jlj-A. Cf. inamiscrit n* 95 de la Médersa de Tlemcen, fol. i46,
ligne II. Voir aussi : Ei.-Mazari, Toulnu, app. VI, 1. i5. —
Une pièce, dont j'ai une copie, atteste la qualité du chérif de Sîdi
l-Haouwàri et de ses descendants. Elles comprend divers actes
perlant une tr.'ntaine de signatures, entre autres celle du naqib el-
aclirâf d'Alger, celle de Mohammed Efendi, qàdi hanéfîte à Alger,
celle de Mohammed Aboû Râs; ces attestations sont datées des
années i3j5 et 1216 de l'hégire. — Cf. Rbnk Basset, Mélanges
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIECLE. 313
Sa première éducaLion. — Le père du jeune
Mhamnied était l'un des notables de la tribu. En
homme d'intelligence, il sut donner à son fils un
précepteur instruit et vertueux, Sîdi 'Ali Ben 'Isa, et
surveilla son éducation ^
Mhammed tut un détestable élève; par son inat-
tention et son indifférence, il s'attiia de la part de
Sîdi "Ali de sévères admonestations. « Ne le frappe
pas , maître , disait le père , laisse-le tel qu'il est. Je
l'abandonne , quant à moi , à son Créateur, espérant
qu'il en fera un homme de vertu. » Le père voyait,
en effet, dans cette insouciance même, une marque
de l'assistance divine et le présage, pour l'enfant, de
hautes destinées. D'ailleurs, dès son âge le plus
tendre, le jeune Mhammed se distinguait des autres
garçons de son âge : il ne prenait point part aux jeux
de ses camarades , se préoccupait peu de boire et de
manger et jamais ne disait de mensonge. Aussi Dieu
lui fit don de la sagesse dès l'enfance. A dix ans,
notre futur saint savait par cœur tout le Qorân '^.
Voyages de Sîdi Mhammed. — Sîdi '1-Haouwâri fit
de nombreux voyages, par terre et par mer, en
Orient et en Occident^. Vers l'âge de dix ans, quit-
d histoire et de littérature orientale, II, p. 4. Louvain, 1888, et
A. Cour, Etablissement des dynasties des chérijs au Maroc, p. 18.
^ Ibn Sa'ad, Bawda, foi. 2.
^ Ahmed Be\ Mohammed, Et-The(jh\ fol. i52; app. V, p. Sa.
— Ibn Sa'ad, Rawda, fol. 3.
^ Ahmed Bâkâ , Nil, p. 317. — Ibn Merïem , Bostân, fol. aSg r° ;
app. III, p. 5< -^ El-Mazari, Joulou> fol. 7; app. VI, p. ^l.
314 SRPTKMBHE-Or.TOBWE H06.
tant son pays natal , il rencontre , dans le pays de
Kelmltou, un rhîkh qui l'initie k la vif» des mystiques.
Puis, de nouveau, il part, eiTe en tous sens dans
les régions désertes , loin des lieux habités ou sur les
rivages de la mer. Des herbes, des feuilles d'arbres
suffisent à sa siibsistanre * : « Dans les lieux déserts,
dit le saint, j'habilais quelque grotte que j'avais pu
découvrir et ma joue n'avait pour oreiller que ma
main ou des branches *. »
Au cours de ses excursions, l'ascète avait choisi
comme asile un fourr»'* touffii. Des lions, des ani-
maux dangereux y vivaient près de lui; mais il n'étaii
nullement ému à l'approrhe des fauves'. Car, non
seulement les bêtes féroces ne lui faisaient aucun
mal, mais elles venaient à lui, poussées par leurs
appétits, lesquels, par la permission de Dieu, se
trouvaient alors satisfaits *.
Ses études. -^ Ëi-Haouwàri fit ses premières
études à Bougie, où il entra pendant l'année qui
suivit son premier jeune ^. 11 assista aux leçons de Sîdi
'Abderratimùn El^Oughlîsi^ et de Sîdi A|;imed B<in
Mris". Ayant meublé sa mémoire, (jinl ;ivait excel-
' Ahmed Bes Momamm^d, Et-Theghr. fol. i.^a; apj). V, p. 33.
* Ib?i Sa'ad, Rawda, foi. 3.
' lu"* MERTItM, BostAn . fol. sSg v'*, «pp. llî , p. 6» — Ahmkd
BiBÂ. iVf/.p. 317.
* El-Mazari, Toidou. fol. 7; app. VI, p. \\.
'■' C'est-à-dire à l'âge de douze ou treite an».
* (^«(«^O! <^--Jlêpi j^\ ^ yl^Jl ^*, mort en 788. Cf. Ah-
me6 BAbA, m. p. Us.
' ^^*UaJI j-^;^I ^^; J^l (Cf. AÇMËD BAbA, nu, p. 5(î = ^^
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 315
lente, d'une grande cfuantité de textes, \\ commença
l'étude de la Mondaumana d'Kl-Ber ida'i. Des savants
lui décernèrent divers diplômes et il partit empor-
tant, de son séjour à Bougie, le meilleur souvenir ^
Et traversant tout le Moghreb, il vint à Fâs. Il
y entra sans ressource aucune, venu dans l'unique
intention de poursuivre ses études auprès des maîtres
de cette ville. Peu lui importait de passer les nuits
dans quelque minaret, l'estomac creux 2; l'essentiel
pour notre étudiant était d'entendre la parole de sa-
vants tels que Sîdi Moûsa l 'Abdoûsi-* et Sîdi Ahmed
El-Qebâb *. Pendant plusieurs années , il continua de
ii^LjL*.w 3 jj*:i«J! >SJL}). — Cf. Ibn Sa'ad, Rawda. foi. 4 v°, — Ai^-
MED Ben Mohammed, Et-Theghr, foL 102; app. V, p. 33. — Les
autres auteurs parlent tout d'abord des études du saint à Fâs. —
Cf. Ahmed BâbÂ, Nil, p. 317. — Ibn Merïem, Bostân, fol. aSg;
app. 111, p, 5. — El-Mazari, Toulou, fol. 7; app. VI, p. 49.
• Ibn Sa'ad, Rawda, fol. 4 v°. — Ahmed BâbA, Nil, p. 317. On
lit dans la Raivda, f 4 *" : «Les poésies de Sîdi Mhammed
abondent en termes élogieux à l'adresse des gens de Bougie et en
allusions à leur» qualités : bienfaisance, esprit de charité, pré-
venance pour les étrangers, amour des pauvres, soin scrupuleux à
éviter l'usure dans leurs opérations commerciales, crainte de Dieu,
délicatesse de conscience. » — « Je n'ai trouvé leurs pareils dans
aucune autre ville! s'écrie le saint dans une de ses poésies. Si je
voulais vous décrire ce que j'ai vu à Bougie, je dirais : nEUe, c'est
« elle ! Ville de conscience et de science ! »
' Ibn Sa'ad, Rawda, fol. 5 v". «J'entrai à Fâs eu étranger, dit le
saint. Je m'installai dans un minarat. Et je souhaitais de manger
tout mon siioûl du pain et du kesicsoii.»
3 ^^j^^jJ! ^L«^ (^ Os^ (j3 i5">^' mort en 796 H. (1393-1394
J.-C); cf. Ibn El-QAdi, Djed'wat, p. 2 33.
cjLjJG, mort en 778 H. (1370-1377 de J.-C); cf. Ibn Kl-QAdi,
Djed'wàt, p. 60. — Açmed Bâbâ, Ntl. p. 52.
316 SEPTEMBRK-OCTOBRE 190G.
s'instiuiro sous Jeur direction 'et acheva l'étude de la
Moudawwana. li avait alors vingt-cinq ans.
A partir de cette année 776 11. (1376-1375 de
J.-C), la célébrité de Ei-Maouwàri va grandissant.
Malgré son jeune âge , déjà il avait acquis dans la
>ille une réputation telle que les maîtres de l'époque
donnaient à l'étudiant le titre de Sidi '. D'élève, il
devient maitre, et, avec succès, enseigne à Fàs, le
Qoràn, la littérature arabe et la juiisprudence-. C'est
à c^tte époque et dans cette tille que Sîdi Mhammed
composa son ouvTage intitulé : Es-Selion w-ct-Tcnbili^.
Ayant satisfait à ce devoir qui impose à tout Mu-
sulman la recherche de la science , Sîdi 'l-H.iouwàri
résolut de s'acquitter de l'une des cinq prescriptions
obligatoires : celle du pèlerinage *. Il se dirigea donc
vers La MeUce. Chemin faisant, il s'arrêta au Caire
où, quelque temps, l'étude le retint et où il fit la
rencontre de savants illustres parmi lesquels El-
Qarâfi\
Sîdi Mhammed séjourna ensuite plusieurs années
dans le voisinage des deux villes saintes : La Mekke
' Ib!« Sa.'ad, Eawda, fol. 5 v°.
* Ahmkd Ben Mohammed, Et-Theghr. fol. iSa; app. V, p. 33.
^ Ib>- Meryem, Bostàn, fol. a39 v'; app. III, p. 7. — El-Ma-
zARi , Toulou. fol. 7 ; app. VI, p. 4;». — Ibn Sa'ad , Rawda , fol. 6 r".
— Ahmed BIbI, JVi7. p. 317. — Ahmed Ben Mohammed, Et-
Tlieghr . fol. lâa-, app. V, p. 34 i voir sur le Sehou : injra, p. 3i.
* Ces cinq prescriptions sont, on le sait : i° la récitation de la
formule : M\ Jym^ J.^ aWI il *Jl il; a* la prière (ïX-aJl); 3° le
payement de la zekât (»l^); k" le jeûne ((.L<«); 5° le pèlerinage
à La Mekke (g).
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIIXLE. 317
et Médine. Dans la première de ces villes, il habitait
le quartier de Ribât-Ei-Feth. Mais pour que la prière
faite dans les mosquées saintes porte tous ses fruits,
il est indispensable que ie pèlerin aille faire aussi
ses dévotions dans la mosquée de Jérusalem ^ Notre
saint se rendit dans cette ville. De là, il partit en
Syrie et logea , à Damas , dans la mosquée des Ome-
yades. Puis, reprenant la route de l'Occident, Sîdi '1-
Haouwâri s'arrêta à Oran, y établit sa demeure et y
resta jusqu'à sa mort^.
Sidi Mhammed à Oran. — Il vécut en paix dans
sa nouvelle résidence, répandant la science autour
de lui et appelant à Dieu ceux qui l'entouraient. Les
habitants de la ville s'aperçurent bien vite que Sîdi
Mhammed était honoré de la faveur divine. Ils accou-
raient en foule à ses audiences pour y entendre ses
exhortations. Le saint savait frapper leurs esprits
crédules. « Il épouvantait les gens, ditibn Sa'ad^, en
leur décrivant le feu de l'enfer, le carcan et les tour-
^ Ces trois mosquées sont celles que le Prophète distingue entre
toutes dans ce hadîth: j^L-^ Âiilà J! i)l JU-^JI J.-ÛJ il (Cf. Cherh
Ezzerqâni, I, 355). Le Prophète appelait celle de Médine «sa mos-
quée» ( i^o^jcs<« ) ; celle de La Mekke est «la mosquée sacrée» {■><^f^
j.!-il) et celle de Jérusalem «la maison sainte» (|j»j>om ciwo) ,
aussi appelée «la mosquée éloignée» (^y»aji^! .xar«^), étant, pour
les Arabes, la plus lointaine des trois. — Sur le mérite de la
prière faite dans chacune de ces trois mosquées, voir une assez
longue discussion dans Cherh Echchifa, II, p. lôg. Voir aussi :
Ghazali, Ihya. I, p. 17A.
^ Cf. les références de la note 3, page 8.
^ Ibn Sa'ad , Rawda , fol. 7 r°i
3lfi SKPTËMRKE-OCTOBRE 190(..
iTients de toutes sortes qup Dieu a prépai'^s poiif ies
robelles à sa loi. Peu sVn fallait alors qu»' les coeurs
ne se fendissent «'t ne fussent brisés de frayeur. Aussi
les assistants s'empressaient de s'amender et de se
repentir. » CVtait surtout aux riches et aUX puissants
de ce mond»' que Sîdi Mhammed , pour les amen«'r
à Dieu , tenait ce sévère langage. « Mais si des pauvres ,
des malheureux se présentaient, le saint faisait appel
à leur patience ^ les consolait en leur parlant de l'im-
mensité de la clémence divine, de la générosité du
pardon de Dieu. Et, les entretenant de la magnifi-
cence des faveurs d'Allah , de l'étendue de son indul-
gence , il les ramenait k l'espoir et leur inspirait le
désir des tlombreuses récompensés qu'ils pouvaient
attendre du Créateur'. *
Bientôt le bruit se répandit que Cet homme si
pieux devinait les pensées des assistants, répondait
à des questions mentalement posées, donnait des
conseils qu'il était bon de suivre. Aussi, les indécis,
qui avaient en tcte quelque projet, par exemple un
voyage, Un mariage, etc., accouraietij aux audiences
du saint personnage. Sidi Mltiamnied , qui lisait dans
la pensée de chacun, prenait la parole, s'exprimant
en termes généraux , se servant do paraboles , s'adres-
sant à tous et non à une personne déterminée. Chacmi
des assistants trouvait dan» le discours du saint
(pielque conseil qui faisait cesser soti ittCertitUde.
' Ibw Ça'ad, Raw^a. fol. 7 v'.
UN SAINT MUSULMAN AU XV* SIÈCLE. 319
D'autres fois l'entretien portait sur quelque question
(le science, de littérature, de soufisme ^
Ou bien c'étaient des étudiants d'Oran ou de
Tlemcen que n'avaient pas entièrement satisfaits les
réponses de leurs maîtres à certaines questions diffi-
ciles. Ils venaient trotiver Sîdi Mhammed , et ce sa-
vant, en quelques mots, avant même qu'ils l'eussent
interrogé, calmait leur ardente soif de savoir^.
Souvent, dans la zaouia, les foqûra se réunissaient
pour mentionner le nom de Dieu. Et h les entendre,
Sîdi Mhammed tombait en extase ^.
Mais si les visiteurs étaient de riches commer-
çants , le chîkh leur conseillait tout d'abord de ne
traiter aucune affaire avec les gens se permettant
l'usage des choses illicites ; puis , faisant appel à leur
reconnaissance envers la Providence, il les enga-
geait à payer la" zekât qui est , disait-il , une sorte de
purification de la fortune^.
De tous les pays du monde , continue Ibn Sa'ad ,
des aumônes, des ex-voto étaient adressés à Sîdi
Mhammed. Les voyageurs lui offraient des cadeaux.
Il était rare que , h cette époque , Uh navire abordât
à Oian, sans apporter au saint nombre de présents.
Toutes ces richesses étaient aussitôt distribuées aux
pauvres , ou bien servaient à l'entretien de la zaouia
où, toujours, des mets étaient servis et où les voya-
* Cf. Ibx Sa'ad, Bawda, fol. 7 v°.
* Cf. Ibn Sa'ad, Rawda. fol. 7 v'.
» Cf. Ibn Sa'ad, Rawda. fol. 57 r*.
4 Cf. Ibn Sa'ad, Bawila. fol. 7 r\
320 SEPTEMÎBBE-OCTOBRE 1906.
geiirs , les chérifs surtout , trou\ aient parfait accueil * .
« Lorsqu'un chérif , arrivant à la z€U)ma , venait c^ lui ,
le saint se levait pour le recevoir et prenait devant
lui l'attitude d'un serviteur. 11 accueillait son arrivée
avec empressement et faisait ressortir aux yeux des
assistants, les vertus de son hôte. Lorsque le chérif
le quittait, El-Haouwàri le munissait, pour son
voyage, de tout ce dont il disposait en fait d'argent
et de vêtements *. •
Tout autres étaient les sentiments qui animaient
le chîkh à l'égard des princes d'alors. 11 exigeait
d'eux le respect de ses prérogatives. 11 évitait leur
fréquentation. « Nous n'avons nul besoin d'avoir des
relations avec le sultan », disait, un jour, le saint à
un envoyé d'un prince tlemcenien ^.
Les rois d'alors et les gens fortunés comprenaient
l'étendue de sa puissance et le redoutaient à l'égal
des autres chîkhs de l'époque *.
Quant aux grands savants, ils lui reconnaissaient
la parfaite sainteté^; et Sîdi Lahsen Aberkàn, lors-
' Cf. Ibn Sa'ad. Rawda. fol. 36 jr» et fol. 35 v°.
- Cf. Ib> .Sa'ad, Rauda, fol. 37 v*.
* Cf. Ibn Mebtem, Bostàn. fol. a43 r*; app. III, p. i5.
* Cf. Ibn' Sa'ad, Rawda. fol. 45 r».
' D'après 'Allîcu [H idâial el-Mourid. p. 178), la qualité de
saint implique : 1° la connaissance des sources de la religion —
le saint devant pouvoir distinguer le Créateur des créatures, le
Prophète des faux prophètes; 2° la connaissance des lois d'insti-
tution divine (lettre et esprit), afin que, si Dieu venait à anéantir
tous les savants de la terre, toute la science qui était en eux puisse
être conservée chez le saint; 3° un caractère louable; à" In crainte
permanente de Dieu; 5' les miraclesi
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 321
qu'on citait devant lui Sîdi '1-Haouwâri, baissait la
tête et en parlait avec le plus grand éloge ^.
Connaissances du saint. Ses œuvres. — C'est sur-
tout parce qu'ils avaient reconnu chez SîdiMhammed
une science profonde que les savants, ses contem-
porains, lui témoignaient un tel respect. Il faut
bien convenir que les faits merveilleux, contés plus
loin, aidèrent le saint 2, au moins autant et plus
même que ses qualités morales, à prendre sur la
foule ignorante un ascendant qu'à l'heure actuelle
il exerce encore. Mais aussi ses connaissances étendues
— et il aimait à en faire montre — expliquent,
en partie, le prestige dont il jouissait auprès de l'élite
intellectuelle de l'époque ^.
Réellement ses connaissances étaient vastes. Car,
« depuis le moment 011 Dieu le mit au monde jusqu'au
jour 011 II le fit mourir, Sîdi Mhammed se livra,
sans trêve, à la recherche de la science, avide qu'il
était de s'instruire et aussi d'intruire les autres. Il
aimait la science et ceux qui s'y adonnent. Elle lui
tenait lieu de société dans sa solitude et il en avait
fait son amie dans l'isolement* ».
Il savait par cœur la Châtihiya et VAljiya. Il
avait lu et compris le grand commentaire de rimâm
' Ibn Sa'ad, Rawda, fol. 45 r°.
" Cf. infra : Miracles du saint.
•'' Voir A. Cour , L'établissement des dynasties des chérifs au Maroc ,
Paris , Leroux , 1 904 , p. 6 et suiv.
* Cf. Ibn Sa'ad, Rawda, fol. 16 v".
332 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1006.
Fekhr Ed-Dîn Ibn El-Khatîb'. Vdeptc fervent do»
doctrines de Malek, il connaissail l'œu\re de celui-
ci mieux qu'aucun des jurisconsultes de son
temps ■'^; il avait également acquis» l'art de la contro-
verse.
he t>aiut u déclaré à maintins reprisct» quil possé-
dait parfaitement la Ruàla d'Ibn Abi Zeid et son com-
mentaire par le qâdi Abd el-Wahbâb. U «avait tout
aust»! bien la Moudawwana d'ËUBeradl'i appelée Teh-
d'ib ainsi que YJrchdd, U avait étudié le livre du
qàdi 'Abd El-Wahbàb intitulé Et-Tel^in, le Djâmi'l-
Ommaliât d'ibn KlHàdjib. Sidi Mliammed était égale-
ment capable de citer et d'utdii»er le commentaire
d'Ibn'Abd Es-Seiàm( il connaissait particulièrement
l'ouvrage d'Aboû Dâwoud^. Aus!»i le cbiUi Boû Râ**
' C'ett un comin«nlaire du Qorân (^)l;.'l yldti\ , La Caire, 1 38g ).
La Cliàtibiyu, i'AlJiya. U Ritéda d'Ibo Abi JSeid sont bien connues»
Au sujet (lu Trlijin du qàdi 'AiiD 5L-W\hhAp (fcJr!^' ^j,(JLL" ) , cf.
HÂDji Khâlv\, l. II, p. 4 18; l, V, p. 44i; t. VI. p. 173; t. VU,
p. 12, 33, lao. — Sur le Djàmi d*lB> Ki.-TUnj!B (cal^^îM m'-j».}.
cf. HAdJI KhAlPA, t. V, p. 477; BROCKELMAIfTt, Grsch. deT (ivah.
Lut.. 1. 1, p. 3o6. Cflt ouvrage a ét^ romment^ par Ibn 'Abd mut
SalAm (cf. HAdji KhAlka, t. VI, p. 175). — Voir à propos de 1*
Tehdlb d'KL'BKRAori : I^inji KbKlva, t. V, p. 477 (io^om u-v.«X43);
Ibn Kiialdocn, ProUg., tr. de Slane, t. UT, p. 17; Bro(:rf4.man!v.
Gesch. der ai; Litt. . t. I, p. 178 (iU^Jstl JoL»-» w^jjjs^). L7r-
châd. dont il est ici question, est l'un des ouvrages d'ÀBOt 'i.-
Ma'Ali (cf. HAdji KhAlfa, t. I, p. a65),.
' Cf. Ibn Sa' ad, Rawda. fol. 44 v% ï6 y", 39 r°,
* Cf. Ibn Sa'ad, Raw4a . fol. 39 r', 3o r', »4 vMl »'agit du recueil
de hadiths d'Aboù Dâwoud.
* Cf. liot BAs. Adjaib. fol. 88, Irgd. AasAUP, p. 399,
UN Si^T 1VIUSULMAN AU W SIECLE. 323
a-t-il pu comparer la science du saint d'Oran à oelie
du savant du Caire , Ibn Chas.
En l'an 776 H. (1374-1375 de J.^C), El-Haou^
wâri composa à Fâs, eu vers, son livre intitulé : Es-
Sehou w-et-Tenhik. « C'est un des livres les plus com-
plets parmi ceux qui traitent des règles relatives à la
purification et à la prière ; un ouvrage dont la lecture
est des plus utiles et des plus fécondes en bénédic-
tions. L'auteur l'a parfois désigné sous le nom de
Moânis, le Compagnon intime ^ «
Voici ce que dit Sîdi Senoûsi au sujet de cet
ouvrage : « Je vis souvent Sîdi 'Ali 't-Tâlloûti lire
l'ouvrage de Sîdi '1-Haouwâri , intitulé Es-Sehou w-et-
Tenhih. Il ne pouvait se passer de lire chaque jour
ces deux traités. Sîdi Ibrahim Et-Tâzi affirme le
même fait. Peut-être les mots qui suivent et que je
trouvai écrits de sa main à la fin du volume sont-ils
cause de l'assiduité qu'apportait Sîdi ^Ali à cette lec-
ture : «L'auteur garantit, pour cette vie et pour
l'autre, à quiconque se livrera assidûment à la lec-
ture de son Sehou, qu'il n'aura rien à craindre de
la faim , qu'il aura toujours de quoi se vêtir et ne
souffrira jamais de la soif ^. »
* Cf. Ibn Sa" ad , Raivda , fol. 6 r°.
* J'ai trouvé à Oran , entre les maius de Si Belkacem Ben Ejta-
yeb, un manuscrit intitulé : >^ ^^I i^-*Jl j^m J^c -jkisj^I p^.».:^!
yS ^jj. D'une excellente écriture moglirrbine, ce manuscrit com-
prend Il cahiers (89 feuilles) , dim. o m. 27 X o m. 21. L'ouvrage se
termine ainsi : (^ — » «i_>L_5^y — > ^l — £ ^wj! <,^.s>UH ^Ji -«-LiJlo ju*5
irrr
Jlj,. .... ^. Il est partagé en chapitres. L'auteur commente l'œuvr«
de El-Haoïiwùri vers par vers, ou par portions de vers. L'ouvrage
324 SKPTEMBUE-OCTOBRE 1906.
Sîdi Mhammed composa cet ouvrage pour les
enfants et ne se préoccupa, en l'écrivant, ni de la
mesure des vers, ni de la grammaire ^ Que le lec-
teur se garde d'y rien corriger ! Dieu punit les auda-
cieux qui osent changer quelque chose au Sehon
de El-Haouwàri. Meqlàcli, pour ce fait, lut châtié
sévèrement'-'.
On trouve également mentionnés dans la Rawda
d'ibn Sa'ad d'autres œuvres du saint. Ce sont des
poésies intitulées Et-Teshil^, FJ Trhiân'^, Tebsirat
Es-Sâil\
Caractère du saint^. — Il est superflu de dire que
ce grand saint était d'une pieté ardente. « Personne,
à cette époque, dit Ibn Sa'ad", ne se montra, plus
que lui, zélé dans l'accomplissement de ses devoirs
est entièrement consacré k la prière. Voiri le titre de quelques-uns
des chapitres :
v<o — .ïy^\ v>^^ (^ vW — . J^iyJi ïiU» ^ vlo — .MiW»
Je n'ai pu retrouver le deuxième volume que semble comprendre
l'œuvro du commentateur.
' Cf. El-Melâli, Mawâhib , mon ms.,foi. ai; app. I, p. iSa.
* Cf. injra , p. 7 1 •
' Ibn Sa' ad, fol. 6 r*: J^|m.jJ1 .
* Ibk Sa'ad, fol. 35 y": yL-jJ» . .
' Ibn Sa'ad, fol. 37 v*: J^LJl ïya^'.
* Ibn 'Ata-llau (dans Letâif El-Minan, p. 27) indique comme
vertus indispensables aux saints : l'acceptation de la destinée, la
résignation en face du malheur, la parfaite confiance en Dieu
dans les cirronstances difficiles, le retour à Dieu dans l'adversité.
' Ibn Sa'ad, Rawdat Enn. . fol. 6 v*.
m SAINT MUSULMAN AU XV SIECLE. 325
religieux, ou dans l'application à jeûner et à prier.
Il se livrait assidûment à la prière pendant la nuit :
« On ne m'a jamais vu sommeiller pendant la nuit ,
« dit El-Haouwâri, dans son livre de {'Avertissement ',
« Les gens qui dorment, ajoute-t-il, sont comparables
« à i'herbe desséchée. » Lorsque, les ténèbres venues,
Sîdi Mhammed se mettait en prières, son visage
s'illuminait. Et à le voir rayoïmant au lever de l'au-
rore, on comprenait le sens caché de cette parole
du Prophète-: « Celui, dont la prière souvent s'élève
« pendant la nuit, aura, durant le jour, un brillant
« visage ^. »
Ibn Sa^ad se plaît à louer chez Sîdi Mhammed
diverses autres vertus. C'est tout d'abord la parfaite
confiance en Dieu (J^)*, dont le saint donna de
' ju.<jLxJ! ^U'j. Cf. supra, p. 17, et Ibn Sa' ad, Rawda, loi. 18 v".
^ Voir ce hadith clans (^L»^jU wJLuaJI ^-(r*^ ^>.xi,III, p. 3g. Le
commentaire expliqtie ç^y»-.^ par ^Uju«I et donne aussi au mot xsi.^
le sens de y»\. Ce hadîth, rapporté par Ibn Mâdja, d'après Ibn
Djâbir est faible (v^-oué). El-Haouli (gl. marginale) le qualifie de
forgé (pj-w5j™*). Cf. sur ces appellations : W. Marçais, Le Tacjrih
de En-Nawawi , p. 28 et 78.
^ IB^ Sa'ad , Rawdat Enn., fol. 18 v°. — Voir aussi Es-Sahra-
WERDI, 'Awârif El-Ma'ùrif, III, p. 276, 2/17, 279. — El-Gha-
zÀLi, Ihya, I, 2d6.
'' J.5^" Les mystiques, contrairement à leur habitude (cf. Blo-
CHET, Etude .inr l'es otérisme musulman, [Jnurn, as., mai-juin 1902],
p. 491), ne détournèrent pas ce mot de l'acception générale qui lui
est donnée dans le Qorân , dans les hadîths , celle de mettre en la
Providence une absolue confiance. Ce dernier sentiment fut l'un
de ceux que les .Soufites exagérèrent d'une façon inattendue aux
dépens de certains autres (cf. Goldziheî\, Malerialen zur Entivicke-
lungs Geschiclite des Sujismus , W. Z. K. M. , t. XIII, 1899 , fasc. II) ,
et le terme taivahkoul, après en avoir exprime diverses nuances.
326 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
nombreuses preuves, notamment en ne redoutant
aucimement le voisinage d'animaux dangereux ^
C'est ensuite le rcnoncctnenf an monde (j^))'^. Son
fut insuffisant à les rendre toutes. Anssi Ibn DkqqAq lui adjoint
ceia de teaUm (|0^3 ) et d« têfouldh [jt^yxs) , cf. Ihyu . IV, p. 188.
On trouve de ia taicakkoul diverses déiinitions ( voir RachAp ,
p. i5ii. — GhazÀli , Ihjra, IV, p. 187. — QocHEiRi, Risâla,
p. 8a. — Es-Sahrawerdi , 'iwârif. I, p. 807. — etc.; voir en
particulier : GoLDZiiiEa, Matrrialen , p. 6 ). Toates ces déiinitions
présentent un |>oint rommun : le inmitawalikH , abandonnant tota-
lement son libre arbitre, s'en remet à la volonté divine. fiK.'<i
'Adjiba dans son MCrâdj i mon ms. , fol. 3 v*. ) en parle en termes
suffisamment clairs et précis : tLutawakkotd. dit -il, est la con-
liance que 1«- cœur mot en Dieu, confiance telle que l'homme ne
compte plus que sur la Providence, assuré qu'il est de l'omniscience
divine. (ïrâ<% à la tnwakkmd , l'homme est plus sur de ce qui se trouve
dans les mains de Dieu que de ce qui est entre ses propres mains.
Le degré inférieur, proféré par le vulgaire, consiste à être avec
Dieu dans des rapports identiques à ceux d'un mandant vis-à-vis d'un
fondé de pouvoirs plein de sollicitude et de bienveillance. Dans le
degré intermédiaire (celui des hons) l'homme se comporte ù l'égard
de Dieu comme l'enfant envers celle à qui il a uniquement recours
dans tous ses besoins, envers sa mère. Ënfm, l'homme arrivé au
degré le plus élevé de la taioakknul (celui des excellents) est entre
les mains de son Dieu comme un cadavre entre celles du laveur des
morts. (Cf. DouTTÉ, L'Islam, p. 56; G0I4DZIHIR, Maierialen ,
p. 7 .) Cette comparaison, chère aux mystiques, est exprimée moins
brièvement dans Qocheirj, Itisàla, p. 83.
' Dans QocHEiRi, Risùla, p. 8a , la tawakkoul est ainsi décrite :
J^ JJ,>J t^^ ^ J;t-~s! } 'i^-*^ (jA J^^' i ^!''*>JI u' ^■
* Zoukd, au sens primitif du mut, désigne « l'éloignement que
l'on éprouve pour une chose (cf. lAsàn, •>-s^^) par mépris pour son
peu d'importance» [Kachàf. p. 610. — El-Fkchm, j1/e«(/à/if £«-
ténia, p. iga). Chez les Soùlitcs on l'a détini : < le renoncement
aux richesses de ce monde : argent, vêtements, demeures, même
la vie (Kaciiâf), aux satisfactions des sens, même licites (Qochbiri,
Risâla, p. Go), aux désirs du arurlKackâf, p. 610) , à ses alfections
(QoCHKUU, Risâla, p. 61), même aux aspirations de iespcil
LIN SAINT MUSUr.MAN AU XV SIECLE. 327
extrême délicatesse de conscience , sa crainte inces-
sante de déplaire à Dieu, avaient conduit notre saint
à l'ascétisme le plus rigoureux. Sa nourriture était
des plus frugales. C'était , dans les lieux inhabités , des
herbes , des feuilles d'arbres. A Oran , il se nourrissait
presque exclusivement de pain. Sidi Mhammed
a déclaré à plusieurs reprises que jamais il ne s'était
permis de manger assez pour être rassasié, et qu'il
n'étendait la main vers les mets qu'aux moments
où , sentant la faim , il éprouvait réellement le besoin
de prendre des aliments ^.
L'ascétisme du saint se manifestait aussi dans sa
façon de se vêtir : « Je marchais pieds nus , dit Sîdi
(IbnSa'ad, Rawdat Enn., fol. 8 v°)». L'ascète se détache de ce
monde dans l'espoir des récompenses de l'autre vie ( Djordjàni ,
Ta'arifat, p. 78. — G^iazali, Ihya. — Ezzerqani , Djami' I, 1 aS );
mais pour se rapprocher davantage de Dieu , il abandonne même
le Paradis [Kachâf, p. 610). Le zoiidh consiste alors à se désinté-
resser de tout sauf de Dieu (Ben Adjîba, Iqâd El-Imâm,
fol. 46 v°. — Chabrakhîti, El-Fetoûliâte , p. zSy). Les auteurs ont
distingué diverses sortes d'ascétisme (**:»-• ^uw chez les Persans,
Kachâf , p. 6 1 1 et 6 1 2 ), généralement trois (GhazAli, Ih-ja, IV,
610), et établi diverses catégories d'ascètes; il y a l'ascétisme du
ooûljx*, du 0^!^, des (j«?j^, des ^^ yL« . — Ben 'AdjÎba [Mi'-
râdj , mon ms. , fol. 3 r°) distingue l'ascétisme des ordinaires
(iULc) qui consiste à faire en toutes choses abandon du superflu;''
celui des bons (JCoLi.), c'est le renoncement en toutes circonstances
aux choses qui pourraient distraire du rapprochement de Dieu ;
enfln les excellents (*olît xoU.) évitent constamment de consi-
dérer autre chose que Dieu. On a rapproché le sens du mot zoiihd
de celui de divers termes, entre autres : Jud\ (Sauraw, 'Airârif,
IV, 2q3),2;>JI [Kachâf, p. i48oet 6io) , J5^i (IbnSa'ad, Rawdat
Enn., fol. g).
' Ibn Sa 'ad, Rawda, fol. 8 r".
328 SEPTEMBRK-OCTOBRE 1900.
Mhammed dans ses poésies, et mon vêtement con-
sistait en une pière detoff»»'.» (W vêtement était
de laine selon la mode soulit»'. de laine usée et de
nuance altérée'^.
' Cl. ïa:K Saad. Uawila.. fol. 8 v°.
' Voici le passag*' de la Uawda . mon ms. . loi. 8 v" : ._..*.„ ^ JU^
JuiUj M cal^ »W^'I O-W jj;* f^^} «-**;' *J>^ HyaJl j-^ t>*
^^^JLe. LVlymologif qiit! donne ici Il>n Sa'iul du mot ta.%a%ni>nn/
est aussi admise par \\k^ 'Adjiba [Mi'rAdj . mon ms. , fol ;>). C'est
relie qui parait la plus vraisemblable à M. K. Dot'TTB {Islam al'
grrien, p. 56) qui ajoute : •Peut-être ce mot vient-il du grec
ao^ô(\ on a été jusqu'à vouloir le tirer du berbère ce qui semble
audacieux.» Voir aussi dans koi-luif: ^;p^^;^ <-*y-'o *s^ki .,> <Jy^
«SM«I. — Le mystique, dit-on aussi, serait entre les mains de Dieu
comme un ilocon de laine abandonné, errant sans volonté aucune
(Bk> 'AdjÎba, Iqàd , fol. jô); il est doux et souple comme cette
laine que l'on coupe sur la nuque des moutons (CuERNofiBi, Chcrh
Tdia . p. 6). Cependant Qoc.hkiri (Hisàla. p. 137) déclare, cette
étymologie inacceptable pour cette rai<:)n, dil-il, que les Soîifis ne
sont pas uniquement iiabillés de laine. Néanmoins de toutes les
explications pro[)Osées (cf. ZkraoÎq, (Jmva'id, ms. Nedjâr, fol. 6)
c'est celle qui s«' rencontre le plus fré<piemment dans les ouvrages
de Soufisme. En dépit dT*x-QocHEini, qui déclare ne pouvoir ni
rapproclier le mot (s^yo d'aucune forme grammaticale, ni lui don-
ner une étymologie acceptable, d'aulns auteurs le font dériver"
de la racine tf^, cire pur, les o<i>iirs des .Soùlis étant purs, sans
.tache (cf. IIasidoi"*, Hachiu. II, p. 116), ou bien purce (|ue les
Soiifis purifient les cœurs (Cherh de Miàra . I , p. 55}. — La racine
ui^ u , elle aussi , été proposée , le^ Soùfis imitant les gens de la Soffa
(ÂfoJl JlaIj. Cf. ZERRofi(), Qawa'id , ms. Nedjàr, fol. 6.) — Enfin
comme les adeptes du mysticisme se distinguent par de belles
qualités et sont exempts de mauvaises, ou a voulu faire dériver
le mot soùji de la racine u^^ (ZerroCo, Qawa'id, fol. 0). Cha-
cune des trois lettres qui le composent, dit llamdoùn, désignent
un mot au sens duquel partirip- le \ocable /yiyo : le ij» désigne la
m SAINT MUSULMAN AU XV' SIÈCr.l'. 329
Il se privait volontairement de toutes les richesses
qui affluaient à sa zaouia, il en disposait aussitôt en
en faveur des pauvres; mais l'abandon de ces biens
périssables coûtaient peu à Ei-Haouwâri, voué à la
pauvreté et ami delà science. El il nous faut voir sans
doute en la réserve qu'il s'imposait dans fusage des
livres un sacrifice autrement pénible. « Sîdi Mbain-
med , écrit Ibn Sa'ad , malgré la passion que lui inspi-
rait la science et en dépit de l'assiduité qu'il apportait
à facquérir, savait se priver volontairement des
plaisirs de fétude. »
«L'esprit du saint, continue le même biographe,
était continuellement préoccupé à distinguer les
choses dont fusage est permis de celles qui sont dé-
fendues ou de celles qui sont simplement de nature
douteuse. 11 apportait à cette recherche une extrême
délicatesse de conscience [^^^)^. ^^
pureté (*Lf*5), le^ indique la mort (*L»}) et le l> rappelle l'anéan-
tissement en Dieu(*LjL»). (HamdoÛn, Hachia, p. ii6.)
' Le sens du mot g,^ a été rapproché de celui c!u mot <^>ij' (et
même confondu avec lui ). Ce dernier terme désigne (de même que
*Lij| ) le fait de se préserver de quelque chose ( Lisân). 11 est employé
avec cette acception dans le Qorân ( Beid. , XCII , 17;. Chez les Soûlis
ce mot signifie : se mettre [lar l'obéissance à Dieu à l'abri de ses
châtiments (DjordjÀm, Taaiifat, p. 45). C'est tout d'abord se gar-
der du polythéisme (a^Ix-J! (^>-»j); c'est ensuite éviter d'enfreindre
les prescriptions divines . de commettre de mauvaises actions-, puis
on renonce aux actes de moralité simplement douteuse; enfin on
abandonne tout ce qui pourrait encore souiller une conscience
scrupuleuse (*^lil (5>àj)- L'ounra , dit Djordjâm, consiste à éviter
les choses de moralité douteuse par crainte de commettre un acte
répréhensible (Tdarijat. p. 173, et Kdcliùf, p. i/i8o); on oppose
ïouara . abandon de choses défendues, à la trifoua, abandon dp
330 SEPTEMBRE-OCTOBRK 1900.
ComniP tous les mystiques, Sîdi '1-Haouwâri
craignait profond«''ment son Maître. A ce sujet Es-
Sebbâgh ^ rapporte l'anecdote suivante : « Entn> autres
choses, le marabout* Mohammed bon El-Haouwôri
Rl-Mesrîîti^ nie raconta qu'un jour, il dit à Sî<ii
Ahmed ben ^oùseP : *Jv voudrais, ô mon niaitiv,
« que tu agisses envers moi comme le fit certain wali
« à l'égard de Sîdi Mhammed El-Haouwâri. — De
« quoi s'agit-il!' demarida le saint. — Sîdi *l-HaouwAri,
« reprit l'autre , dit un jour à son maître : « Jecrîiins le
■ feu , demande donc à Dieu de m'en préserver. — Je
• te placerai dans mon ventre, répondit le saint , si bien
« que le feu ne j)ourra te dévorer et que tu ne le verras
M pas. » Alors , le chikh Ahmed b«'n Yoûsef observa :
« Le ventre rejette et expulse ce qui y est renfermé.
« Mais moi , c'est dans mon cœur que je te placerai *. »
choses douteases; oo donne aussi à chacun de ces termes la défi-
nition attribuée à l'autre et on ajouta qu'on leur a parfois donné
le même sens; plus loin, on oppose Vouarn' au iouhd qui serait
simplement l'abandon du superflu ( ( hn'.iiKiRi , p. 5H de la hisàla.
en marge). — Qochkihi (liisdla. p. 58) distingue deux degrés
dans Vouara. Bsif 'AiuÎB% dont le texte est ici peu clair {Mfrâdj,
mon ms. , fol. 3 r*) en cite trois. On en trouve quatre variétés
dans ('iivzÀu (Ihya . II, p. 6a), cinq dans Ezzerqâni {Djami'. 1,
48).
' Es-SlBBÂGH, BostAn El-A:kàr, fol. i5.
* Sur lëtymologie et l'emploi de ce mot, cf. E. Doorré, Les
Marabouts, pp. 97 et 33.
' Sur ce saint, cf. Es-Skbbâgh, BostAn El-Azhâr.
* Cf. René Basset, Les Dictons satiriques de Sîdi Ahmed Ben
Youcef.
' o^. Pour être bon croyant, il faut craindre AHah (Qoràn,
Beidaui. XXXIT, 16). Un hadith promet le Paradis à celui que
fait pleurer la crainte de Dieu (JL^&â.). Il faut craindre d'eoconrir
UN SAINT MUSULMAN AU XV' SIÈCLE. 331
En toutes circonstances, Sîdi Mhammed se mon-
trait parfaitement sincère^. Jamais il ne mentit,
même dans son enfance; ce qui permet de juger,
dit le biographe , à quel point il était en faveur au-
près de Dieu ^.
en péchant les châtiments préparés par Dieu (Qocheiri, RisMa,
p. 65) ou d'être privé des récompenses promises (Ben 'Adjiba,
](]âd, fol. 5v°); craindre, plus que Satan lui-même, notre âme in-
spiratrice du mal (Qocheiri, Risâla. p. 65). C'est là, dit Ben
'AmiBA , ce que craignent les gens du vulgaire : les châtiments et la
' privation des récompenses. Les bons redoutent d'encourir le blâme
de Dieu et de se voir interdire son approche. Enfin, ce qu'ap-
préhendent surtout les excellents, c'est qu'un voile ne vienne
dérober Allah à leur vue [Mi'râdj . fol. 2 v"). Cette vive frayeur,
telle la crainte qu'éprouve la souris en présence du lion [Kachàf.
p. i/i4), et qui, à en juger par certaines poésies, arracherait tant
de larmes aux mystiques, rendrait à ceux-ci l'existence intolérable,
si, à côté de l'appréhension, leur âme ne trouvait l'espoir (*L^jJJ).
Mais il importe que la crainte précède l'espoir [Icjàd Kl-Hùnani, de
Ben 'Adjiba, fol. 5 v°) , tout au moins quand on est en pleine santé.
Si, au contraire, l'on est malade, il faut se livrer à l'espoir. Qo-
cheiri [Risâla, p. 65) distingue la *^>, appréhension qui fait
fuir l'objet craint, et 1^ J? . A.-^. qui fait que, dans sa frayeur, l'homme
se réfugie auprès de Dieu. Celui qui, en effet, craint une chose,
s'en éloigne; celui qui, au contraire, craint Allah accourt près de
lui. — Voir, même page , les trois degrés de la crainte d'après Aboii
Ali Deqqâq : iu^l, iUaiLl , 0J.5ÎI (ligne 8).
' Les Soùfites, dit Ibn Sa' ad [Rawda, fol. i4 r"), définissent ainsi
la sincérité : Elle consiste à dire la vérité dans une circonstance
telle, que seul, un mensonge pourrait te sauver (cf. Kachàf,
p. 85i; Qocheiri, Risâla, p. io5). GhazAli, qui distingue six
sorles àe sidq , qualifie de véridique (o^L») l'homme qui possède
la sincérité sous sa forme la plus connue et la plus extérieure :
la franchise en paroles. Celui qui , en outre , est sincère en inten-
tions, en résolutions, en actes, en états, est vJbOuo, «parfaitement
sincère» [Ihya, IV, 277).
* Ibn Sa'ad, Rawda, fol. 2 v", i4 r°.
332 SEPTEMBRE-OCTOBhE 1900.
Ibn Sa'ad a ])u dire que. Sidi Mhammed témoi-
gnait dans ses vêtements, dans lout son extérieui',
d'un remarquable esprit d'humilité^. Il n'en est pas
moins vrai qu'un trait dominant du caractère du
rhîkh est la complaisance avec laquelle il vante,
dans ses poésies , et s<» personne , et sa science , et ses
vertus^.
Il «''tait bien loin aussi de posséder cet esprit de
conciliation que, volontiers, il reconnaissait à son dis-
ciple Sîdi LaKsen Ab«>rkàn '. Les textes et la légende
nous présentent, en effet, à diverses reprises, un*
saint irascible à l'excès, prompt à maudire et h. de-
mander vengeance à son Maître qui, non moins
promptement, exauçait ses vœux. C'est dans un de
ces violents accès de colère, auxquels il parait sujet,
qu'El-Haouwàri maudit Oran et la livre aux Espa-
gnols*; dans un instant de fureur telle tpie le visage
du saint bomme en était noir, il sollicit»* et obtient
de Dieu la mort aifreuse d"Otbmân ^. Pour lui avoir
déplu, fimprudent Mecjlâch est pris de tremble-
ments convulsifs jusqu'à sa mort. De nos jours encore,
le saint s'oppose à la prospérité des bruyants caba-
rets qui osent s'établir dans le voisinage de son tom-
' Ibn Sa'ad, Rawdat Enn. , fol. 17 v*.
' Ibn Sa'ad, Rawdat Enn.. fol 3 r", 1.4 r°, i5 v°, 16 v".
^ Ibn Meryeu, Bostàn, foi. 343 r°; app. III, p. i5. — Ibn Sa'ad.
Rawda, fol. 45 r°.
* Ahmed Be?i 'Ali, Et-Theghr. fol. i53; app. V, p. 36. — B06
RAs, 'Adjaib. éd. R. Basset, p. 70. — £l-Mazari, Toulon , fol. 8;
app. VI, p. 44.
' Cif. infra , p. 61.
{ N SAINT MUSULMAN AU XV" SIECLE. 33:^
beau; et pour avoir violé ce sanctuaire, Boû Chlà-
ghem perdit tous ses États, son chaouch tut frappé
de mort ^
Mort de Sidi Mhammed. — El-Haouwari mourut
dans la matinée du samedi 2 Rebi' Etthâni, de l'an-
née 8/1 3 de l'Hégire (12 septembre i/iSg)^, à l'âge
de quatre-vingt-douze ans. 11 mourut, raconte El-
Mazari^, au temps du prince Ahmed El 'Aqei ben
Abou Hammou Moûsa ben Yoûsof , h l'époque où se
levait un compétiteur contre ce prince. C'était son
propre frère , Aboû Yahia Zakaria Ben Abou Hammou
Moûsa Ben Yoûsof Ezziâni, qui s'érigeait ainsi en
prétendant*.
' (]f. infra, p. y 7.
^ Le NU El-Ibt, p. 3i8, le Bostân, fol. 239, indiquent simple-
ment l'année 843. — - La date complète et exacte se trouve dans
Ibn Sa' ad, Bawda, fol. 46. — Boû RÂs, 'Adjaîb, éd. R. Basset,
Fastes, p. 70. — Ahmed ben 'Ai.t, Et-Thegbr, fol. i54 r°; app. V,
p. 3g. — Mohammed ben Ahmed , Bisât, fol. 4. — Le ms. de
' AdjaU) El-Asjâr, que j'ai en main (fol. 88), et le texte du Tou-
loiV (fol. 8] portent la leçon suivante : i»>.>.««Jl -j.j *«^*to ^ cr?>^
il . . . JU-w (W« ^^LiJl t^r yi^A is^^, qui est fautive : le 12 Rebi'
Etthâni 843 tombe un mardi, tandis que, cette même année, le
2 du même mois est bien un samedi. — Walsin Esterhazy fixe la
mort du chîkh en 84o H. (1 436- 1437) [cf. Domin. tiir(fue, p. 85,
ap. R. Basset, JSéd. et les Traras, p. 86].
^ El-M,\zari , Toulon , fol. 7 v°; app. VI, p. 42.
'' El-Mazari [Toulou, fol. 8; app. VI, p. 42) relève ici une
erreur du cbikb Boû RAs qu i écrivit dans 'Adjaib El-Asjâr : « Ahmed
El-'Âqil qui fit d'Oran le siège de son gouvernement et sa résidence. »
Cf. 'Adjaib. fol. 87; tr. Arnaud, p. 75. Ce fut le prétendant Aboû
Yal^iia Zakaria qui opéra ce changement de capitale.
334 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906,
Sîdi Mhammed fut ent«'rré à Oran. Son tombeau
V est l'objet d'une grande vénération'.
C'est à ce tombeau qu'il est fait allusion dans les
vers suivants :
Oran te réctamé; réponds donc à sa voix. Cest là qu'il
faut te rendre et non aiMeors.
Près de ces lacs et de ces nx)ntagnes, ordonne de faire
halte et demande secours à son tombeau '.
El-Mazari dit à ce sujet ' : ■ Ne prête aucune atten-
tion à ceux qui prétendent que Sîdi '1-Haouwâri est
' Ce tombeau se. trouve dans la rue do Vieui-Cbàteau, à Oran.
n n'oflFre rien de particolier. Une porte basse donne accès dans une
construction à base carrée (5 m. X S m. ) sarmontée d'une coapele.
Au milieu de la pièce, sur le tombeau dn saint, se dresse un céno-
taphe en l>ois, fabriqué tout récemment. Quelques drapeaux, des
gravures représentant Rourakh, la monture du Prophète, garnissent
les murs blanchis à la chaux. Des lampes, un lustre, des l)ouIes
de verre sont suspendus sous la coupole. Çà et là quelques ex-voto
(cierges, œufs d'autruche) , quelques tapis, des pièces d'étolTe re-
couvrant le cénotaphe, et c'est tout. La mosquée d'El-IIaouwftri ,
voisine de la qoubba , est occupée par les bureaux de l'intendance.
Du haut de son minaret, qui, par sa forme, rappelle ceux des
mosquées de Tiemcen, on n'appelle plus les ûdèles à la prière;
l'imAm Si Daoùd la rérite dans l'étroite qoubba, seule partie de
tout l'édifice réservée au culte musulman. Voir sur la mosquée et
la qoubba de Stdi '1-IIaouwâri, Guide Joanne , p. 90. — Wal8I?i
EsTiKHAZY, Dont. tar^u«, p. 998. — Fby, Histoire d'Oran. p. 9gi.
* Ces vers sont cités dans la Halfàwijra (fol. i 5 ; app. IV, p. 98).
— La pièce, rimée en Ltfl, comprend 34 vers. Elle fut composée
par le savant Aboû 'Abd Allah Mohammed Ibn 'Abd El-Moùmen ,
qàdi malékite, à Alger, pour exciter l'émir de l'époqoe, Hassen
Pâcha, à conquérir Oran. Ces vers sont reproduits par Ahmkd
BBi 'Ali {Et- Theghr. fol. i54 f*), et dans El Maïahi, ToalotV.
fol. 8.
* £i/-Ma£AKi, Toidoû' . fol. 8; app. VI, 44. — Les localités dont
les noms suivent sont voisines d'Oran.
UN SAINT MUSULMAN AU XV' SIECLE. 335
enterré à Sîdi "l-Mes'oudi , à Thârga , ou à Sîdi Sa.'id ,
à Châfa'. Ce ne sont là que de vulgaires contes. »
La légende en juge autrement : Sîdi '1-Haouwâri
agonisait et , avant même qu'il eût rendu le dernier
soupir, déjà les tribus des environs d'Oran se dispu-
taient l'honneur de posséder son tombeau béni sur
leur territoire. Rappelé à la vie par le bruit de ia
discussion, le saint fit, à peu près en ces termes, sa
dernière recommandation : « Quand Dieu aura pris
mon âme, placez-moi sur un mulet, et là oii il s'ar-
rêtera, là sera la tombe d'El-Haouwâri. » Lorsque le
saint eut cessé de vivre , on fit comme il l'avait re-
commandé. Suivie par la foule, la monture qui por-
tait la dépouille mortelle du chîkh, marcha jusqu'au
tombeau de Sîdi Sa^îd El-Yahiawi. Là, elle s'age-
nouilla et, bien que le brouillard fût intense, les as-
sistants purent voir la qoubba, primitivement orien-
tée vers l'est, faire un quart de tour pour recevoir
Sîdi '1-Haouwâri.
Deux tombes se trouvent, par suite, sous la
qoubba de Sîdi Sa'îd. Mais , sous peine de devenir
aveugle ou de mourir sans laisser d'enfants , on ne
saurait se permettre de dire que l'une , plutôt que
l'autre , est celle où repose El-Haouwâri On raconte
en effet, que le saint, avant de mourir, recommanda
à une servante de ne jamais désigner le lieu où il
serait enterré. Elle oublia cet ordre, et se trouva, sur
l'instant, privée de la vue^
' Cette légende estbien connue à Oran. EHe m'a été contée par
331) SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
Gomme Sîdi 'i-Haouwâri est mort un samedi,
c'est le samedi surtout ' que l'on rend visite à son
tombeau"'^.
Muslapha ould Stdi Ibrahim Kt-Tàzi et bi i-Hadj Alxtelqadcr oiiid
Sîdi *I-Haouwàri.
' H V a ce jonr-là an ^and nombre de visiteurs, notamment
des femme» d'Oran et des environ», des Marocains. — Les pèlerins
disent en entrant duns la ville : ^.s-,aJ ^ <.'JL'(.Viia» ^;Ih^I >f'^**^ ^
, l. ; A i . jt ^» Jj» l>j«+J J-^ *c.K-ai «»L.ljÛI ^^ <^)y» J*X;
iy*^^ 3 (»V '^JT^ Lo^^l jiki-Mt *(/ Sîdi '1-Haouwàri, je suis venu
duns ton pays, nuprès de t4>i. Fais, en ma faveur, (juelque miracle
afin que je rem|)orle sur celui qui nous déteste, mes enliints et moi ;
plonge-le dans le chagrin et l'aveuglement. • On dit sur le tombeau
<lu saint, pour obtenir quelque faveur : ^ (Jf oJl (^;l>4^l ^f*>^^>-«' 'i»
^^(Jfjsj\ ^-JJl »L«- JLs^Ul «jsf? ^7^1 ^1 oy^ Ijl «O Sîdi l-lla-
ouwàri , tu es un saint el je suis un serviteur de Dieu. Accorde-moi
cette faveur, par considération pour le Prophète, notre interces-
seur. » ^lf7 y LjI,^>x ^lk3 Ji, L; JoJLjJ o>-h^ t>Jl ^vt>4^i Sf '*'^>^ ^
tji^L^.1 « O Sîdi '1-Haouwàri , je suis venu près de toi pour que
tu éprouves nos ennemis et (jue tu réjouisses nos amis. » ^^ ç .é» L,;
1^ (g^-ù^ i tf ■**•/!■'' J^W >^t>J>. *frJU Ai\)y\ ÂtM »^ oJl tf; W
(j^-i-^l (-» ^i •^■j^ y LeJJ>.M <->l j>x ( 0 Sîdi l-Haouwàri , tu es un
arbre élevé et tes feuilles ont grand prix. Je suis venu à toi pour
que tu me donnes la joie, que tn me dispenses des misères de ce
monde et que tu me fasses miséricorde dans l'autre. * C'est au.Hsi à
ce moment que l'on peut entendre la hf(jhlet cdderràza (*LlJ)
ikitjjf ) au voisinage du tombeau. Elle est toute couverte d'or et de
diamants, et quand elle marche la terre tremble. Les uns prétendent
que c'est une femme; selon d'autres, c'est la jument que montait
autrefois Sldi '1-Haouwàri.
- r^s femmes qui rendent visite au saint le samedi passent quel-
(|uefois la nuit auprès du tombeau. Elles en emportent de la
terre. Les malades se frottent le corps, avec cette terre, aux points
où se fait .sentir la douleur ; ou bien , ils la délaient dans l'eau et
UN. SAINT MUSULMAN AU XV' SIECLE. :537
Chaque année, vers le mois de septembre, a lieu
Youada du saint'.
Descendants du saint. — i^e prestige dont jouis-
sait le saint lui survécut et passa en partie à ses
descendants. L'auteur de Et-Theghr El-Djoamâni
s'exprime ainsi à ce sujet : « Lorsque le chîkh mourut,
son disciple, Sîdi Ibrahim Et-Tâzi, hérita de son
caractère sacré, et son fds, Sîdi Abderrahmân Boû
Hamed, hérita de son nom. Comme l'on savait que
Sîdi l-Haouwàri était très jaloux de la renommée de
ses enfants, tous ses descendants vécurent entourés
de respect et de considération ^. »
avalent telle préparation. Les visiteuses implorent le saint avec
l'ervcur. Sidi l-Haouwàri entend que l'on respecte le lieu où il re-
pose. Autrefois, les femmes d'Oran, rendant visite au tombeau,
passaient là de longufes heures à échanger des propos de toutes
sortes. La gardienne de la sainte qoubba laissait faire. Un jour,
elle tomba gravement malade. Et voici à peu près ce que, au
moment d'expirer, elle conta à ceux qui l'entouraient : «Il y a
quelque temps, une négresse que je ne connais pas, sortit du
tombeau du saint et me dit : « Il ne convient pas que les femmes
«bavardent de la sorte dans ce sanctuaire. Sur la tombe de Sîdi 1-
«Uaouwàri, on prie, puis l'on se relire.» Malgré cet avis, continua
la mourante, j'ai négligé de faire respecter la tombe sacrée dont
j'avais la garde, et aujourd'hui le saint a demandé ma mort.»
Depuis cette époque les Oranaises évitent de prolonger l(;ur visite
outre mesure et ne tiennent, sur la tombe, que les propos les plus
édifiants.
' Les liabitants d'Oran, à cette occasion, préparent du cous-
cous et l'apportenl aux étrangers au lieu dit Tahtaha. Là, une
fantasia est organisée, on cliantc, on y fait de k musique, on joue
à la rahha, etc.
' Et-Thecjhr El-Dj., fol. i55. — On peut aussi consulter
338 SEPTEMBRE-OCTOBRE 190f).
D'après i'auteur de Bisât El - Mouioûk , Sîdi
Mhammed laissa quatre enfants : Djilàli, Ahmed,
'Abderrahinàn et Mohammed. Ce dernier fut tue,
condamné à mort par son père*; il est enterré à
Oran*. On dit que Djilàli s'établit dans la plains du
Chélif, auprès du chikh Sîdi Bahloûl. Quant à Ah-
med, on se doute, d'après divers bruits, qu'il fut
« mejdoiib * » et qu'il voyagea; peut-être s'établit-il
dans les montagnes du Dahra. On est moins bien
renseigné encore au sujet de 'Abderrahmân qui se
fixa on ne sait où ^.
à ce sajet le jpassage saivaol de U SifUn (Ic««»>M) du cliikli
Boû Rà<i :
'M\ZAIU, Tnalnû'. fol. la.)
' Dans Touloû' . c'est Ahmed et non Mohammed qui (ht tnc
par l(>s babitanta d'Oran; cf. infra , p. 6\.
* On m'a assuré que le tombeau d'Ahmed était à la Senia. Je
l'y ai inutilement cherché.
'^ Le sàlik et le mejdoûb ont tous deux la parfaite, connaissance
de Dien. Mais celui-ci, ravi par ce qu'il contemple, trahit en
même temps par son extérieur ce qui charme sa vue , et il exprime
son ravissement soit par des mouvements , soit par le calme. —
Le sAlik est, lui aussi, une mer débordante , mais tranquille; il ne
laisse rien paraître de ce qu'il p«'rroit. El comme en cela il
imite le Prophète, il est plus parfait que le mejdoùh dont la ré-
compense auprès de Dieu sera inférieure d'un quart à celle qui est
réservée an tàlik. Le $âlik a toute sa raison , alors que le mejdnâh
Va perdue en partie. ( Cf. Ed-Debbâgu, Ihriz. p. 188.)
> BuAt El-Mouloûk, fol. 6.
UN SAINT MUSULMAN AU XV* SIECLE. 339
Djilâli eut une postérité nombreuse; il en est lon-
guement question dans le Bisât On sait que les des-
cendants du chîkh sont dispersés «du Soûs à Oran ,
en passant par Figuig et les Angads (Dhahra maro-
caine)^ ».
L'une des mosquées de El-'Eubbad Es-Sefli, rui-
née aujourd'hui, était placée sous le patronage de Sîdi
'1-Haouwâri^.
Des qoubbas auraient été élevées au saint d'Oran ,
en divers points du Moghreb , chez les Béni Derdjîn ,
à Bône, etc.
III. MIRACLES ATTRIBUÉS AU SAINT.
Divers faits merveilleux^ sont attribués à Sîdi 1-
Haouwâri. Les uns ont été recueillis par ses contem-
porains et se trouvent rapportés dans divers ouvrages.
* Cf. Ed. DouTTÉ, Les Marabouts, p. i3.
* Cf. W. et G. Marçais, Les Monuments arabes de Tlenicen,
p. 338-339.
' Les faits extraordinaires, produits par des hommes, com-
prennent six catégories, dont les deux principales sont les vioua-
djizât et les karâmàt. La knrâma est une chose extraordinaire pro-
duite par un homme vertueux, qui n'est pas prophète (Tkptazam,
'Àqâid, p. 139), mais qui suit assidûment le Prophète et aime sa
loi (Baidjouri, Tohfa. p. 83). Elle est l'œuvre d'un saint et appa-
raît généralement en dehors de sa volonté, contre tout désir de
sa part ('AllÎgh, Hidâia, p. IY7). Au contraire, la mouadjiza
est le fait d'un prophète, qui doit la produire comme preuve de
sa mission (Cha'arani, lawàqit , p. i44). «Alors que la karànui sort
des mains d'une personne de vertu, le sihr, au contraire, ne se
rencontre que chei des infidèles, des menteurs, des libertins» (cf.
liachàf. p. 1266).
340 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1900.
La plupart de ceux qui suivent sont traduits du
Boslân. D'autres se trouvent dans la mémoire de
beaucoup de Musulmans de la région , et sont tenus,
par tous, (poui* authentiques ^
Le saint devinait les pensées des assistants. — « Une
foule de personnes dignes de foi, dit Ibn Sa'ad, m'ont
raconté que Sîdi Mhammed devinait les pensées des
auditeurs, venus à ses séances. Il leur révélait alors
les choses qui les concernaient; il les instruisait de
ce qui était caché dans leur pensée intime'-. »
Ces paroles d'ihn Sa*ad sont confirmées par les
faits suivants :
Sidi Mhammed a connaissance du contenu d'une
lettre ifuil n'a pas ouverte. — « J'avais , raconte Sîdi
Slimùn ', écrit au chikh un«' lettre d'environ soixante-
dix iignes* : j'y formulais des plaintes au sujet de
' On dit à Oran : ;(.|^l ^ tj««^ <!^;'>4^' sf*^'^^ £^' c:*L*!^l
^^1} cLes miracles de Sùli 'i-Haouwâri sut produisent en plein
jour.» On sait que nombn- de gens ont ni»- (|ue les saints eussent
des c'(aU (Jl^^l); d'autres, au nombre desquels Abou Ishàq El-
ÂsOràni, Abou 'Abdallab El-Hilmi, parmi les gens de la sounna,
elles Mo'tazililes, n'ont pas ajouté foi aux miracles des saints. Si
on admet, disaient-ils, que les saints puissent produire des choses
extraordinaires, semblables aux miracles du Prophète, rien alors
ne saurait distinguer celui qui est prophète de celui qui ne l'est
pas (cf. Mrlali, Mauàkib. fol. 3; Badjouri, Tohf'a. p. 83; Taf-
TAZAiM, 'Aqdid, p. i35; 'AllÎCH , U'idâia, p. 177).
' Cf. Ibx Sa'ao, Rauda. fol. 7 r"; Ahmed Baba, Nil. p. 3 18.
^ Sidi Slimân Ben 'isa, de la qal'a des Howàra. Cf. Ib> Mi^ryem,
Boston, fol. a4o v°; app. III, p. 8 et suiv. La traduction de ce pas-
,suge du Bottàn a été faite par Delpecu, Résumé, p. i53.
* Je lis avec T, N : ;J«^x.-.M ^ ^.
UN SAINT MUSULMAN AU XV' SIÈCLK. 341
quelques alïaires et me renseignais, près de Sîdi 1-
Haouwàri, sur certains autres points. Une fois mon
messager parti avec cette lettre, je considérai, après
réflexion, que, peut-être, cet homme ne saurait
exactement se rappeler la réponse du chîkh aux
questions posées dans ma lettre^. Il serait bon, pen-
sai-je, de me rendre moi-même auprès de Sîdi
Mhammed et d'entendre de mes propres oreilles ce
qu'il répondra. Et me voilà sur les traces de mon
courrier. Mais déjà , celui-ci , m'ayant précédé auprès
du saint, lui avait remis ma missive : « Ceci, lui
dit-il, a été écrit par Sîdi Slimân Ben 'Isa, habitant
aux Howâra. — Est-ce toi qui l'as apportée , lui de-
manda le chîkh , ou bien est-ce celui qui l'a rédigée ? »
A cette question, mon messager fut saisi d'étonne-
ment, ne comprenant rien aux paroles du chîkh 2.
C'est alors que j'entrai , tout à coup , auprès de Sîdi
Mhammed et le trouvai en train de demander au
commissionnaire : « Est-ce toi qui as apporté cette
lettre, ou bien est-ce celui qui l'a écrite?» Et mon
courrier de répondre : « 0 mon seigneur, ceci est
une lettre de Sîdi Slimân. » Lorsque j'eus salué le
saint, mon homme me vit. Les paroles de Sîdi 'l-
Haouwâri , ma présence en ce lieu , alors qu'il savait
m'avoir laissé aux Howàra, remplirent d'étonnement
le messager. Il se tut sur le champ et ma lettre resta
par terre devant le chîkh. Celui-ci, sans la rama-sser
ni l'ouvrir, sans m'avoir aucunement interrogé sur
' Je suis la leçon rlc M.
* Cf. T, M, N.
342 SEPTEMBRE-OCTOBRE 190f).
son objet , se mit à donner réponse à toutes les ques-
tions posées dans ma lettre, d'un bout h l'autre, ligne
après ligne et dans l'ordre m^me que j'rfVais observé
en les écrivant. Il traita ensuite de diverses questions
se présentant à l'esprit, cela sans qu'il lui fut néces-
saire de nous entendre dire un seul mot. Je revins
rempli d'étonnement ' de ce dont j'avais été témoin ,
et cela m'incita à composer, à la louange du chîkh ,
une qftsida relatant la chose extraordinaire qile je
lui avais vu produire. Cette pièce de poésie compre-
nait plus de soixante vers (peut-^tre Sidi Sliniân
m'a-t-il dit plus de soixnnte-dix^). Il nous en récita
quelques vers à cet instant môme. Nous lui deman-
dâmes cette qaslda * il la chercha , mais ne la trouva
pas à ce moment. Après sa mort, son (ils nous la
promit; malheureusement il mourut avant de l'avoir
retrouxée. »
' Gf. T, N . M.
* C'est Sîdi Senoùsi qni parle.
[La suite au prochain cahier.)
NOTK^.E SUn UN MS. DU V SIKCLK DE I/HÉGIRE. 3/i3
NOTICE
SUR
HIV MArSUSCRlï DU V' SIÈCLE DE L'HÉGIRE
INtrTULÉ
«KITÂB TAB4QAT 'OL\MÂ I IFRÎQIYYA -
PAR
ABOÛ L'ARAB MOHAMMED BEN AHMED BEN TAMÎM
ET-TAMÎMY EL-QAÏRAWANY EL-IFRÎQY,
PAR M. BEN GHENEB.
t
Me trouvant à Médéa pendant les vacances de
1 906, j'ai eu le plaisir de découvrir chez un ancien
Bachadel un manuscrit de l'ouvrage d'Aboû TArab,
qui, tout d'abord, ne m'a été communiqué que pour
quelques jours. Après un premier examen , je con-
statai que le manuscrit était d'une grande valeur,
tant au point de vue historique qu'au point de vue
paléog]*aphique , quoiqu'à ce moment je ne possé-
dasse aucun instrument pour me guider dans l'opi-
nion que j'émettais.
Sur mes instances réitérées et sur celles de mes
amis, le Bachadel, après d'interminables pourpar-
lers, de pénibles atermoiements et de longues hési-
344 SEPTEMBRE-OCTOBKK 1906.
tations, finit par me le céder en échange d'un exeni
plaire du Naïl cl Ibtihâdj bi Uitriz ed dibâdj d'Ahmed
Bàbà, qui a été édité à Fâs en i 3 i 7 H.
En réalité le manuscrit contient trois ouvrages :
r Kitâb tabaifâl^olamâ i Ifrùjiyya: a" Kitdb iabtujât
'olaniâ i Ifriqiyya; y Kilâb labdqât *olnmâ i Ifrùjiyya,
ayant comme sous-titre : Dhikr %damâ ahl Toànis.
Le second ouvrage est dû à la plume de Moham-
med ben El Hàrits beii Asad El khochany, et les deux
autres ont pour auteur \boû l'Arab Mohammed ben
Ahmed ben Taniin. •
Ce dernier est cité par lladji Khalfa , IV, 1 80, Edh
Dhahaby, dans sa Tadhkiral el Hojfâdh, ÏII, io5
(Haïdaràb<îd, s. d.), Ibn Farhoûn dans son Ed Ddmdj
el modhhab fi ma ri fat aWàn 'olamâ el madhhah , p. 2 33
(éd. Fàs, 1 3 16), et Aboû th-Thanâ Mahmoud ben
Sa'îd Maqdîch eç-Çafàqosy dans sa Nozhat el andhdrfi
'adjâïb et tawârîkh walakhbdr, I, 126 (Tunis, iSai),
enfin par VA Khochany: Kitâb tabaifdt 'olanid i ifritjiyya
qui fait partie du manuscrit en question.
il
Aboù l*Arab Mohammed ben Ahmed ben l'amin
ben Tammàm ben Tamim et-Tamîmy, dont l'arrière
grand-père , Tammàm , fut un des principaux émirs
de rifrîqiyya, el dont le père, Ahmed ben Tamîm,
est, d'après les biographes, un traditionniste qui mé-
rite d'être cité, est un savant jurisconsulte, historien,
poète et surtout traditionniste.
NOTICE SUR ÏIN MS. I)i; V SIÈf:i.K DE L'HRGIRE. Vi^)
Nous ne savons ni la date ni même ie lieu de sa
naissance, quoiqu'il paraisse être né à El Qaïravvân.
Jl eut plus de cent vingt maîtres dont la plupart
sont Africains et disciples du célèbre juriscon-
sulte iSahnoûn, et parmi lesquels on peut citer
\ ahyâ ben 'Omar, Aboû Dâwoûd el 'Attar, Moham-
med ben Maskîn, Ibn 'Ayyâch, Sahl el Faryâby,
Habib ben Naçr et Sa'îd ben Ishâq.
Parmi ses disciples, on cite son fils, Mohammed
ben Aboû Zaïd El Qaïrawâny, El Hasan ben Ma-
s'oûd et Ziyâd es-Soûry.
Ayant prononcé à la mosquée, contre les parti-
sans de 'Obaïd-Allah , le Chiite , un discours dans
lequel il cite , après avoir indiqué un isnâd , les pa-
roles du Prophète : « Il sortira dans la fin des temps
des gens que l'on appellera des Râfidha; si vous
les atteignez, tuez-les, car ce sont des infidèles », il
fut la cause de la sortie des habitants de El-Qaira-
wân à la tête desquels se trouvait Rabî' el Qattàn pour
aller attaquer El-Mahdyya. On sait qu'un combat eut
lieu à Wâdyl-Malh et que les habitants d'El-Qaïra-
wan furent mis en déroute, par suite de la défection
d'Aboû Yazîd. Ce combat eut lieu en radjah 333
( 1 y février- 1 9 mars 9 4 5 ).
n est à croire que c'est après cet événement
qu'Aboû l*Arab ainsi que son fils furent jetés en
prison , par ordre du chiite Aboû "Abd Allah.
11 mourut le dimanche 22 dhoûl qa'da de
Tannée 333 (7 juillet g/io); certains auteurs disent
qu'il est mort le dimanche 2 oi dhoûl bidjdja ( 7 août) ,
3Af) SEPTEMBRE-OOTOBRE 1906.
OU le 2 3 radjab (i5 mars); mais comme aucune de
oes deux dates ne correspond au dimanche, il est
hors de doute que le 3 3 dhoùl qa'da est la date réelle
de sa mort.
Malgré ro|)inion d'El Khochany, son contempo-
rain et continuateur de n\s tabaqât, (pii ne voit en
lui qu'un collectionneur d^ hadits ei de questions plus
ou moins rares, Aboù TArab était très versé dans la
connaissance du droit selon l'école malékite, résol-
vait les cas les plus dilliciles, connaissait bien les ha-
dits avec leurs rapporteurs et leurs ditVérents modes
de transmission, et savait bien l'histoire et surtout
celle de son pays.
Il copia lui-même, dit-on, plus de 3,5oo ouvrage»
suiiout de droit et de haditi, et possrditit un** dos
plus liches bibliothèques de l'époque.
Il se distinguait de ses contemporains par sa gran-
deur d ame et par son bon caractère.
Parmi les nombreux ouvrages qu'il a composés,
nous ne connaissons que les suivants : i" Kilâb 'Obbdd
i/rî^r^a (Hadji Khalfa, IV, i8o); 3" Kitdb iabmiâl
olamâ i Ifnqiyya; 3" Mosnad hadits Mâlik; li" Kitâb el-
tdrilik (y djoz et, d'après ?Mb-Dhabahy, i « djoz');
b" Kitdb mandtjib Bani Tamim; 6" Kitdb J'i muwt el
' Olamâ {iÀ djoz'); 7" Kilâb el mifian; 8° Kitdb fadkâïl
Mâlik; 9° Kitâb fadhàil Sahiwân; 10" Kitâb el fFo-
dhou' wattahdra; 1 T Kitdb el djanâiz wa dhihr cl nmwl
waadkâb el (fabr; 1 2" kildb '^awdli haditsih; 1 3° KUnb
fiççalât.
Ibn Bacbkowàl (Aben Pascualis, Assila, n" j 198,
NOTICE SUR UN MS. DU V SIECLE DE L'HEGIRE. 347
éd. Godera) cite un Aboû 1 IVarb (lire 'Arabj Mo-
liajnmed ben Tamîm ben Aboû i U'arb (lire 'Arab),
né en 387 ( i i juillet 9/19-1"" juillet 9^0 ) à El-Qaï-
rawân , qui , après avoir étudié dans sa ville natale ,
accomplit en 871 (7 juillet 981-26 juin 983) le pè-
lerinage de La Mekke, visita le Hidj^?, la Syrie et
l'Egypte, en Ai 6 (4 mars lOsS-as février ioa6),
se rendit pour faire du commerce en Espagne, sé-
journa pendant assez longtemps à Cordoue, où il
assista aux leçons des savants de l'époque et mourut
dans un district d'El Qairawân trois ans après son
retour d'Espagne.
A moins d'erreurs de la part des manuscrits dont
s'est servi M. F. Codera pour donner une édition
d'Ibn Bachkowâl , on peut croire que cet Aboû el
'Arab est ou notre auteur, ou son fiis, ou même
encore son petit-fils.
Nous avons tenu à donner ici cette indication
quelque peu longue, afin d'éloigner du lecteur toute
méprise.
III
Le second auteur, Aboû 'Abd Allah Mobammed
ben El Hârits ben Asad el Khochany est également
originaire d'El Qairawân, oit, en 3i 1 (21 qvril 9a3-
9 avril 924), il étudiait encore sous la direction
d'Ahmed ben Ziyâd , d'Ahmed ben Naçr et de plu-
sieurs savants de flfrîqiyya.
Jeune encore , il fit un voyage en Espagne et arriva
en 3 1 2 (9 avril 924-21 mars 9 2 5 ) ù Cordoue , où il
348 SEPTEMBRE-UCTOHHE lOOC.
eut pour maîtres Mohanmied ben 'Abd el Màlik ben
Aïman, Qâsim Açbar, Ahmed ben 'Obàda, Moham-
med ben Yahyà ben Lobâba, Kl llasan ben Sa'd,
et d'autres savants cordouans.
11 était très vei'sé dans la connaissance du droit ,
savait bien appliquer la méthode analogique et ré-
soudre par suite les cas les plus embarrassants.
C'était également un poète assez éloquent , quoi-
qu'on lui reprochât de faire beaucoup de fautes de
grammaire.
Il était, dit-on, passionné pour l'alchimie, et,
tombé dans la misère après la mort du khalife, il fut
obligé d'ouvrir une boutique pour vendre des on-
guents de sa composition.
11 était très vif et l'on dit qu'il ressemblait dans
les discussions à une brillante étincelle.
Après avoir parcouru plusieurs districts de la capi-
tale de l'Espagne , il fut chargé de la choûrâ de Cor-
doue , puis entra au service du khalife El Mostanrir
Billah El Uakani ben 'Abder Rahmàn, pour lequel
il écrivit de nombreux ouvrages, entre autres cent
diwans et un livre sur les savants d'Espagne, auxquei
ihn El Faradhy a fait maints emprunts.
Les biographes donnent le i3 çafar 36 1 (6 dé-
cembre 971) comme date de sa mort; mais c'est
une erreur, car nous savons qu'El Hakam est mort
le 3 çafar 366 (1" octobre 976), et qu'il est certain
qu'Kl Khochany est décédé à Cordoue bien après ce
prince. Edh Dhahaby dit que Je 3 çafar 371 (9 août
981) est la date la plus probable;
NOTICE SUR UN MS. DU V SIÈCLE DM T/HECIIÎi:. 340
Il composa les ouvrages suivants : i " Kitâb el itti-
fâfj wa l ikhtUâf fï madhhah Mâiik; i° Kitâb cl fotyâ;
y Kitâb târikii el Andalosyyin; /»" Kitâb târîkh el Ifrûjyyin
(c'est probablement notre Kitâb iabaqât ""olamâ i Ifii-
(jiyya); 5" Kitâb en nasab; 6° Kitâb akhbâr cl foqahâ
wa l hoffâdh el Andalosyyin ; y" Kitâh akhbâr el fjndhât
el Qortobyyin (d'après Brockelmann, 1, 1 5o, ces trois
derniers paraissent désigner un même et seul ou-
vrage ) ^.
IV
Le Kitâb tabaqât '^olamâ i Ifrîqiyya est un recueil
(le biographies des savants et des hommes les plus
célèbres qui ont vécu à El Qairawân et à Tunis,
depuis la conquête musulmane jusqu'à la première
moitié du iv* siècle de l'hégire.
En dehors du Riyâdh in nofoâs d'Aboû Bakr 'Abd
Allah ben Mohammed, et le Maâlim el Imân d'Ibn
Nàdjy, qui sont bien postérieurs à Aboû TArab et à El
Khochany, nous ne possédons jusqu'à présent sur
cette époque de l'histoire que des ouvrages modernes ,
et par suite ne fournissant que des renseignements
de minime importance.
En lisant le Kitâb tabaqât "olamâ i Ifrîqiyyâ, qui est
écrit dans un style simple et sans prétention malgré
l'embarras causé par la multiplicité des isnâds, on
' Cf. sur El Khochany : Ibn ei Faradhy, n° iSgS, éd. Codera,
Madrid, 1891; Edh Dhahaby, Tadhkirnt el hoffâdh, III, 209, Haï-
daràbàd, s. d.; Brockelmann. Arabùche Litteratiir<}eschichtei 1, i5o,
NVeimar, 18971
350 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
acquiert des connaissances bien détaillées sur l'état
troublé de cette époque, sur le mouvement des idées
hétérodoxes dans ce pays qui a été déjà tant déchiré
par les luttes des traditeurf. des Donatistes et de» cir-
concellions, sur la chute des Aghiabites et l'avène-
ment du Chiite Aboû 'Ahd Allah, et onlin sur l'état
général des sciences musulmanes.
Le manuscrit du Kitàb Uibaijât comprend , en l'état
actuel, -j djoz ou parties. D'après la reliure qui est
ancienne , il manque apparemment un cahier de 6
ou 8 feuillets, mais le manuscrit est encore en assez
bon état.
Le premier ouvrage contient 4 7 feuillet» en 3
djoa, le secx)nd kj feuillets en 3 djoz\ et le troi-
sième 6 feuillets en 1 djox'. Les cahiers ont 6, la,
16, 1 5, 20 et ai feuillets de i85/aa5 millimètres.
La page contient i&, 16, 18, i9,aoeta4 lijfQes ,
et la marge est quelquefois remplie d'annotations en
tous genres.
L'écriture, sur un assez fort parchemin, appar-
tient au genre neskhy africain, qui, on le sait, tient
quelque peu de f écriture koufique.
La plupart des caractères sont nmnis de leurs
points diacritiques qui, en certains endroits, pa-
raissent avoir été ajoutés après coup.
Sur la première page du manuscrit, et au-dessous
du titre et du nom de l'auteur, on trouve écrit en
deux lignes, et en caractères paraissant plus récents
que ceux du titre :
li Ahmed ben Mohammed et Talamanky.
NOTICE SUR UN MS. DU V* SIRCLE DE L'HÉGIRE. 351
et un peu plus bas :
li 'Omar ben 'Aly ben Ahmed ben 'Atyya ben Yoùsof
ben Aboû Bakr el Ançâry,
Ces noms sont, sans aucun doute, ceux de deux
propriétaires de notre manuscrit.
Malgré nos recherches dans les divers recueils
biographiques que nous avons pu consulter, nous ne
savons rien sur le second propriétaire , 'Omar ben
*Aly el Ançâry.
Quant au premier, dont le nom seul est écrit sur
la première page de chaque djoz' en bas du titre et
du nom de l'auteur, c'est Aboû 'Omar Ahmed ben
Mohammed ben 'Abd Allah ben Aboû Isa Lobb ben
Yahyâ ben Mohammed ben 'Omar ben Qarlomân
el Ma'âfiry et Talamanky, célèbre jurisconsulte, tra-
ditionniste et commentateur du Coran , qui naquit en
34o/95i-5a ou" 347/958-59 à Salamanqne, où il
mourut en dhoû 1 hidjdja de l'année ^29 (^5 sep-
tembre-2 5 octobre io36)^.
Comme nous savons que, d'une part, l'écriture
du manuscrit est bien africaine, et que, d'autre part,
Et Talamanky a accompli par voie de terre le pèle-
rinage de La Mekke , qu'il a séjourné à El-Qaïrawân
oii il a étudié sous la direction du juriconsulte Aboû
Mohammed ben Aboû Zaïd et sous celle d'Ahmed ben
Rahmoûn (var. Dalimoûn), on a tout lieu de croire
' Sur ce savant, cf. : Tâdj el 'Aroun, s. v. Talamank; Ahen Pas-
cualis, Assila, n° 90, éd. Codera, Madrid, i883; Ibn Farhoûn, Ed-
dibâdj. p. 54, Fâs i3i6-, Edh Dhahaby, Tadhkirat el HoffAdh. III,
396, Haïdarâbâd, s. d,
352 SEPTEMBRE-OCTOIIRE 190C.
que notre manuscrit date au moins de cette époque,
c'est-à-dire de ia fin du iv* siècle de l'hégire. Mais,
ainsi que nous l'avons déjà dit, d'après l'état paléogra-
phique des noms des deux propriétaires , on doit re-
culer nécessairement quelque peu cette date et la
faire .approcher de celle de la mort d'Rl Khochany.
Kn un mot, nous nous trouvons en présence d'un
manuscrit très important, tant au point de vue de la
paléographie qu'au point de vue de l'histoire ancienne
«le la Tunisie.
Voici la liste des chapitres et des biographies.
FoL 1 r*. Tome 1 des Tabaqât'olamâ i ïfrùfiyya.
Fol. 1 V*. Des hadlts se rapportant aux mérites de l'Ifri-
qiyya.
Fol. 7 r*. Des compagnons du Prophète et des Tâbiin qui
entrèrent dans i'Ifriqiyya. ( Quelques détails sur In conquête
de cette contrée. )
Fol. 9 V*. Supplément au chapitre des Compag^nons du
Prophète qui entrèrent dans l'Ifrîqiyya.
Fol. lo V*. Supplément au chapitre des Tâbi'ln.
Fol. 1 1 v". De ceux qui entrèrent dans i'Ifriqiyya et de
ceux de ses habitants qui s'y trouvaient (*ir).
Foi. la r*. De ceux qui étaient dans I'Ifriqiyya.
Foi. i3 V*. Des mérites de Ismail Tàdjir Allah.
Fol. i4 r*. Des Tâhiin qui entrèrent dans i'Ifriqiyya et
qui étaient moins âgés que les précédents.
Fol. i4 v°. De ceux qui étaient âgés et qui ont rapporté
des hadits d'après les plus célèbres Tâhiin parmi les gens de
i'Ifriqiyya. — Biographie d'Abd er Rahmàn hen Ziyâd
ben An'am El Ma'àfiryj
NOTICK SUR UN MS. DU V SIECLE DE L'HEGIRE. 353
Fol. 1 7 v°. Yazîd ben El Tof'aïi et ïodjîby.
Fol. i8 r". 'Abd ben Farroûkh El Fârisj.
Fol. 19 v". Yahyâ ben Salâm (Sallàm?).
Fol. 21 r". Tome II.
Fol. 2 1 v". 'Aly ben Ziyâd El Himçy. — 'Al)d Allah ben
'Omar ben R'ànim Er Ro'aïny.
Fol. 32 r°. Aboù Zaïd Rabâl.i ben Yazîd El Lakhmy.
Fol. 23 r". El Bahloùl ben Râchld.
Fol. 24. v°. Choqràn ben 'Aly.
Fol. 2 5 r°. Saqlâb ben Ziyâd El Hamadâny. — Aboù
Ziyâd ben Zara Er Ro'aïny. — I lafç ben 'Omàra.
Fol. 2 5 r". Aboù Rhâlid 'Abd El Khâliq.
Fol. 26 r°. Ismail ben Rabâh EU Djazary.
Fol. 27 r°. Aboù 'Otsmân Hâtim ben 'Otsnian El Ma'âfiry.
Fol. 2 7 v°. Mohammed ben El Hakam.
Fol. 28 r°. Mohammed et 'Abd er Rahmân ben Yasoûta. —
Marwàn ben' Abd er Rahmân d'après lequel rapporteIbnWahb.
Fol. 28 y". Aboù 1 Hadjdjâdj Rabâh ben Abt (?). —
Khalaf ben Djarîr.
Fol. 29 r°. Aboû 1 Haïtsam El Lou'lou'y Khâlid ben Ya-
zîd El Fârisy. — El Aqra' ben Bakkùr. — Aboù 1 Moslim
'Abd Er Rahmân ben El Djahm El Khawlàny. — Zorâra ben
'Abd AUah.
Fol. 29 v". Aboù Mohammed 'Abd El 'Azîz El Madany
El Hàchimy. — 'Aly ben Yoûnos El Laïtsy. — Sa'id ben Es
Sary (?). — Aboù Nadjda Yazîd ben Modjâlid.
Fol. 3o r°. Mo'awyya ben Eç Çomâdihy. — 'Abd Allah
ben El Mor'aïra El Koùfy.
Fol. 3o v". Aboù 'Abd Er Rahmân 'Abd Allah ben Yazîd
El Moqry. — Asad ben El Forât [Aboù 'Abd Allah].
Fol. 3i v". Aboù Mohriz Mohammed ben 'Abd Allah El
Kinàny.
Fol. 32 r°. Ahmed ben Aboù Mohriz, son fils. — Yazid
ben Mohammed El Djomahy.
Fol. 32 v°. Zakaryyà ben El Hakam. — Aboù 1 Khattâb
El Kindy.
351 SKPtEMBRE-OCTOBRE IQOfi.
Fol. 33 t'. Abbû Mohammed 'Àtxi Allah ben Aboù fias
sân £1 Yahçoby.
Fol. 34 r'. Aboù Zakaryjâ Yahyà ben Solaïmàn El Haw.àr
El Hiry. — El Bahloùl ben 'Omar ben Çâiih ben 'Obaïda
El Yohibby(?).
Fol. 34 V. Konoùbin (?). — Mofassir (?) ben'Abd Allah.
— Ilafcben Sa'd.
Kol. 35 r". Kl llasan ben Hàny. — Faroùn (?) AJboù
Amr El Lakhm^. — Cho'aïb ben Yazid El Laïtsy. — Aboù
Chibh (Chaïkh?) El Mofassir.
Foi. 36 r\ Tome 111.
Fol. 36 v". 'Omar l>en Samak. - Ifabth lien Sa'td, frère
de Sahnoùn ben Sa'id. ('Ali)i hen llnd|ih, fn're de Hi-
rhAm ben Ifàdjib.
Fol. 37 r°. Djahdjar bt*n Khàlid Ahoù Kliàlid. — Aboù
■Abd El Mâlik [d'après Tâdj el Aroùs, Abd Allah] El
Malchoùny, et son frère Ishàf|. — Mohammed ben 'Aly Ed
Darchy, et mn fils 'Abd Allah.
Fol. 37 V*. Aboù Dja'lar Ahmed ben Yoûsof El liagh-
dàdy. — Aboù Yahyà ZakaryyA ben VA Waqâr (El Waqqftr?).
— Aboù Tâlib El Abxâry 'Abd \llah ben Otsmftn.
Kol. 38 r*. [En marge] Aboûl Mondhir No'màn. — Bichr
ben Yazid EJ Azdy. — Sahnoùn ben Sa'id ben Habib Et Ta-
noùkhy.
Fol. 38 V. [En marge] notes sur Sahnoùn.
Fol 39 r'. 'Awn ben Yoùsof Kl Khoxâ'y.
Fol. 39 V*. Moùsà ben Mo'awyya.
Fol. 4o v*. [En marge] notes sur Moùsâ ben Mo'awyya.
— Dàwoùd ben Yahvà. — Mohammed ben Rochaid (xic).
Fol. 4i r MoùsA ben Monir. (Monayyiri') — AboùDja'far
"Abd Allah ben Mohammed ben 'Aly Ed Dar'chy.
Fol. 4i V. Abd El Mo'min ben Mostanh (?) El Hidrv.
— Abd Kr Rahim ben 'Abd Rabbih. — Aboù 1 Hadjdjàdj
Sakan ben Sa'id Eç Çâïr . — Mohammed ben 'lyàdh El
tno'allim El Qaïsy.
Fol. 4?- i'". Moa'nunar ben Mancour.
NOTICE SUR UN MS. DU V SIHCLE DE L'HEGIRE. 355
ti*ol. /i2 v°. Mohammed ben Qâdim
Fol .43 r". Aboù KMlid ben Salâm (Sallâm?). — Da-
hyoùn ben Râchid. — Marwâti ben Aboù Chabma.
Fol. 44 r°. Khalaf ben Mohammed. — Aboù Sinân Zaïd
ben Sinàn. — Solaïmân ben Sabil (?).
Fol. ii v°. Aboû Solclïttiân, père d'Ahmed ben Aboù So-
laïmân. — Aboù Ahmed Moùsâ ben Djarîr. — Aboù Yâhyâ
I lammàd beh Yahyà. — 'Abd Allah ben Rabâh ben Yazîd
El Làkbmy.
Fol. 45 r°. Mohammed ben Razîn.
Fol. 45 y". Aboû 1 Fadhl 'Abbâs Es Sidry. — 'Isa ben
Mohammed ben Solaïrtiân ben A.boû 1 Mohâdjir.
Fol. 46 r". Aboù Hâtim Yahyà ben Rhâlid Es Sahmy(?).
— Ahmed ben Yahyâ ben Mahrân. — Sa'îd ben Hassan El
Barnasy (El Bornosy, El Barîsy?). — Hàroùn ben El Hâsib.
— Hâmid ben 'Omar. — R'ânim ben Sa'îd. — Ismâ'îl ben
Nâfil
Fol. 46 v°. Ishâq ben Holwân. — Cho'aïb ben Rabâh, —
Mohammed ben Sa'îd. — Aboû Mohammed 'Abd Allah ben
'Abd Allah.
Fol. 47 r°. Aboû r Rabf El Lihyâtty. — Ahmed ben
Moùsâ Et Tarsoùsy.
Fol. 48 y". Tome fV [Tabaqât de Mohammed bett El
Hârits ben Asad El Khochany].
Fol. 48 v°. Mohammed ben Sahndûri.
Fol. 5o v". Mohammed ben Ibrahim ben 'Abddûs Bt
Ishâq ben Ibrahim ben 'Abdoûs. — 'Abd Allah ben Sahl El
Fbrryyâny(?).
Fol. 5i r°. Yahyâ ben 'Omar El Andalosy.
Fol. 52 t". Aboû 1 'Abbâs 'Abd Allah ben Ahmed ben
TâUb.
Fol. 53 v\ Mo'attib ben Aboû l Azhar. — Sort fils,
Ahmed ben Mo'attib.
Fol. 53 v'. Aboû Dja'far Ahmed ben Aboû Solaïmân.
Fbl. 54 r'. 'Abd Er Rahmân ben 'Imrân el Molaqqab bi
lWarna(l VVarqa?).
356 SKPTEMBRE-OCTOliRE 1900.
Fol. 5A v". Habib Çàbib madhàlim Sahnoùn. — Aboù
Sahl Foràt ben Mohammed El 'Abdy. — 'Isa ben Miskîn.
Foi. 55 v°. Djabala ben Hammoùd I*^ Çadaly.
Fol. 56 r°. Homaidls (tic) El Qallàn. — Abd El Djabbàr
[ben Khalid] Es Sorty.
Fol. 56 V*. Aboù 1 Aliwac [Ahmed ben Abd Allah] El
Mota'abbid.
Fol. 57 v°. Aboù 'Ayyàch. — Solaïmàn ben Solaïmân,
connu sous le nom d'Ibn El Kahhùla. — Sa'ld ben Moham-
med El ijaddàd.
Fol. 58 v°. Aboù 'Otsmàn Sa'ld ben Mohammed.
Fol. 59 r*. Aboù Dàwoùd El 'Attàr Ahmed ben Moù.sà
ben l>jaiir.
Fol. 69 V*. Ibrahim ben 'Attàb El Khawlàny. — Ibrahim
ben Libda.
Fol. 60 r°. Ahmtid connu sous le nom d'Eç (^wwùi'. —
Sa'ld ben Ishàq. — Ihn 'Alàqa.
Fol. 60 v'. llimàs ben Marwàn. — Sa'ld connu sous le nom
de Mazr'alla.
Fol. 61 r». Aboù Khàlid VA Hàly (?). — Ez Zawàwy. —
Mohammed ben Zarqoùn ben Aboù Maryam. — Aboù 1 Ha-
san 'Aly ben Mohatiimed ben Zarqoùn, son fils.
Fol. 6a r*. Tome V.
Fol. 63 v". Moùsà ben 'Abd Er Rahmàn Aboù 1 Aswad,
connu sous le nom d'El Qattân. — Abou DjaTar Ahmed
ben Naçr.
Foi. 63 r°. Hasan ben El Bannà'.
Fol. 6d r". Hamdoùn, connu sous le nom d'Ibn Et Tina.
— Aboù l 'Abbàs ben Batriqa (?). — Dahmàn bcii Mo'àfà. —
'Abd Allah ben EU Hosain, connu sous le nom d'Ibn El'Abbâdy.
Fol. 64 V. Ibn Er Rakhma.
Fol. 65 r°. Aboù 1 Qâsim Et Toùry. — Aboù Moham-
med ben Hakmoùn.
Fol. 65*v*. Ibn Aboù 1 Walid El Khalib. — Aboù Sa'id
Mohammed ben Mohammed ben Sahnoùn. — Aboù 'Otsmàn
El Khawlànv.
NOTICE SUR UN MS. DU V SIECLE DE L'HEGIRE. 357
"Fol. 66. Ahoù 1 R'oçn el n'aràbily.
Fol. 66 v". Mohammed ben Bistâm. — Aboù Dja'far
Ahmed [ben Ahmed] ben Ziyâd.
Fol. 67 r". Aboù 'Abd Allah El Abrâry ( Abzâry ?) , connu
sous le nom d'Edh Dharîr.
Fol. 67 v°. Aboù 'Bakr Mohammed ben Mohammed ben
El Tammàr (?). — Aboù Dja'far Ahmed ben Mohammed
ben 'Abd Er Rahmàn El Baçry. — Loqmân ben Yoùsof.
Fol. 68 r". Ahmed ben Moùsa Et Tammâr. — Aboù Ishâq
Ibn Aboù Hafç.
Fol. 68 v°. Ahmed ben Yazîd. — Aboù 'Abd Allah Mo-
hammed ben Aboù Zahir. — Aboù l 'Arab Mohammed ben
Ahmed ben Tamîm. — Aboù 'Abd Allah Mohammed ben
Aboù 1 Mandhoùr El Andalosy.
Fol. 69 r°. Aboù 'Aly El Mançoury Es Siràfy (51c). —
Mâlik ben '[sa El Qafcy.
Fol. 69 v°. Aboù Sa'id, connu sous le nom d'El Wakîl. —
Aboù Bakr, connu sous le nom d'El Wakîl. — Aboù Habib
Naçr En Nosoùry (51c). — Aboù Dja'far ben Khau'oùn.
Fol. 70 r°. El Kabch. — Ibrahim ben El Rhachchâb. —
Ibn Aboù Samdjân i sic).
Fol. 70 v°. 'Abd Allah ben Masroùr, connu sous le nom
d'ibn El Hadjdjàm. — Aboù Mohammed El R'anamy. —
Mohammed ben Masroùr El Bokhàry.
Fol. 7 1 r". Sàlim ben Himâs ben Marwân. — 'Abd Allah
El Barqy. — Mohammed ben 'Abbâs En Nahhàs. — 'Abbàs
ben 'Isa , connu sous le nom d'El Momsy.
Fol. 7 1 v°. Rabî' ben Solaïmàn El Qattân. — Des gens
de l'Iraq. — Solaïmàn ben 'Imràn, surnommé Kharoùfa.
Fol. 74 r°. Tome VI.
Fol. 74 v". Aboù l 'Abbâs ben 'Abdoùn El Qâdhy.
Fol. 76 r". — Aboù 1 'Abbâs ben Zorzor. — Hichâm ben
E^ 'Iràqy.
Fol. 76 v". Aboù 1 Minhâl. — Qâsim ben Aboù 1 Minhâl.
— Ibn 'Omaïr. — Aboù Iqâl Ibn Er Ra'nâ.
■ Fol. 77 r". Haïtsam, cadi de Tunis — Aboù 'Iqàl ben
vin. 2.1
358 SEPTEMBRE-OCTOBRE I90(").
Djardjar. — 'Abd Allah ben Hàroùn l'J Koùl'y Es Souràiy ( ? ).
>-> Abmed ben Chaïb.
Fol. 77 v°. Mo'ammar (sic). — 'Abd Allah [ben 'Omar]
ben El Asadjdj ( Achadjdj ?). — Ahmed ben Wahb.
Fol. 78 r°. Mohammed ben Aswar (Aswad?), connnsoui»
le nom d'Eç Çàdny (Eç ÇidnyP). — • Ibn El Kabr (tic), —
Aboù Amr Maïmoùn.
Fol. 78 v°. Aboù Habib, connu sous le nom d'Ibn Habib
£a 8idry. — Aboù'Aly ben Ibn Aboù 1 Minbàl, neveu du
cadi Ishàq. — Ibn Djhnàl.
Fol. 79 i*. Ibn El Qalloûyâ (51c), — Aboù 1 'Abbâ» ben
El Qayy&r (Qtyir). — Mol^ammed ben Abmed El Fàrity,
connn um$ le nom d'Es Sailly ( ?), — Yal.)y(i ben Mohammed
hen Qâdirii. — Nomination dus gpéuuLATBURS ex dks com-
TROVBRSISTU, ORTHODOXBg OU NON, PARMI LRS SAVANT! b'El
Qaïrawàn.
Fol. 79 V*. Moi^mmed ben .Naçr ben Hadhram. — Mo-
hammed l>en Sahnoi'in. — Aboù 1 Abbàs Ahd Allah hen
Ahmed bed ïàlih. — Aboù 'Olsuiàn Sa'id hen Mfihaiiifnod
ben El Haddàd (qualn^ inadjUs on séances dans lesquelles
Aboù 'Otsmàn discuU; sur l'Islam avec Aboù 1 'Abb&s El
Maliroùm, frère d'Aboù 'Abd Allah Ech Chi'y ec Çanany).
FoL 87 r*. Mohammed ben Mahboùb. — Aboù 'Abd
Allah El Mahally (?) Mohammed l>en Aly. — Aboù IbrA-
hùn Ishàq ben No'mân.
Fol. 87 v". Aboù Bakr l>en El 'Amoùry. — Ibn liç Çab-
bà' (Eç Çabbâr', E^ Çafla'?). — Ibrahim ben Mohammed
Ëç Çaby, connu tous le nom d'ibn Er Radoùn.
Fol. 88 r*. Aboù Dja Tar Ahmed ben Ziyàd.
Fol. 88 v°. Aboù Dja iar Ahmed ben Moùsâ Et Tammâr.
— Aboù 1 'Abbât lien E» Sindy (?). — 'Aly ben Mançoùr.
— 'Abd El Màlik ben Mohammed Edh Dhabby, connu sous
le nom d'Ibn El Birdhawn.
Fol. 89 r'. 'Abbàs ben 'Isa El Momsy. — Aboù Ibrahim
ben Aboù Moslùn.
Fol. 89 v°. Nomination dbs «pscuLATSUiis et dks contko-
NOTICE SUR UN MS. DU V° SIÈCLE DE L'HÉGIRE. 350
vÉRSiSTES [originaires] DE l'Irâq. — Solaïmân ben Aboû
'Açfoûr, connu sous le nom d'Ël Farrâ. — 'Abd Allah ben
El Achadjdj. — El Fazâry.
Fol. 90 r". El 'Amachâ [sic) Aboû Ishâq. — Ibn Tafr
Aboû 1 Fadhl. — Mohammed ben El Kola y. — Moham-
med, surnommé Es Sihy (Ech Chihh?).
Fol. go v". 1^1 Qamoûdy. — Ibn Aboù Roûh , surnommé
El Bar'la. — Ahmed ben Mohammed, ronnu sous le nom
d'Ibn Chahr. — Des savants d'El QaïpawAn qui se ren-
dirent EN Orient. — Mohammed ben Hayyân. — Aboû
Bakr ben El Qamoùdy (cité plus haut). — 'Aly ben Man-
çoùr Eç Çaffâr (cité plus haut). — 'Abd El Mâlik ben Mo-
hammed Edh Dhabby, surnommé El Birdhawn (cité plus
haut). — Ibn Eç Çaffà' (cité plus haut).
Fol. gi r°. Rabî' ben Solaïmân ben Sâlim, connu sous le
nom d'Ibn El Kahhâla (cité plus haut.). — Des gens de
i/Irâq. — Qâsim ben Rhallâd El Wâsily. — Aboù Rabda ben
Khallâd, cousin du précédent. — DjaTar ben Ahmed ben
Wahb. — Ahmed ben Bahr. — Ishâq ben Aboû i Minhâl. —
Ahmed ben Mohammed ben Chahrain {sic, voir plus haut).
Fol. 91 v". Aboû 'Abd Allah El Kindy, connu sous le non.
d'Ibn El Laqqâta. — Ibn Salmân Aboù Bakr. — Moham-
med, connu sous le nom d'Ibn Ghahrâm. — Zoràra ben
Ahmed. — Des savants d'El Qaïrawân qui ont été mis à
LA TORTURE PAR ORDRE DU GOUVERNEMENT. El Balîloùl
ben Rachid. — Ibn Aboù 1 Djawàd.
Fol. 92 r°. Sahnoùn ben Sa'id. — Mohammed ben Sah-
noûn. — Forât ben Mohammed El 'Idy. — 'Abd Allah ben
Ahmed ben ïâlib. — Yahyâ ben 'Omar.
Fol. 93 v". Ahmed ben Mo'attib. — Ibrahim Ed Dama-
ny [sic). — Al^med ben 'Abdoùn El Asady El Qaççâr. —
Ibn El Madàïny. — Aboù 1 Qâsim ben Yahrata [sic). —
Hasan ben El Bannâ. — Moùsà ben El Qallàn. — Ibrahim
ben 'Attâb. — Aboù 1 Qâsim ben El 'Poùry. — Ibràhimb en El
Birdhawn. — Aboù 1 Qâsim Mawlâ Chahryva et 'Aly Es Sidry .
Fol. 90 r". Ahmed ben Ziyàd. — Ahmed ben Naçr.
360 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
Fol 93 v°. Ibn El Labbàd. — .llnued ben Moùsà et
Tainmàr, et son frère Mohainrned. — ' Aroùs. — Ibn Mo'at-
lib. — Aboù 1 Abbàs ben Et Tastoûry. — Aboû Dja'far ben
Kbaïroùn. — Ibn Aly ben Ibn Aboù i Minhàl.
Fol, 94 1". Noms des cadis d'El Qairawvn. — 'Abd Er
Ral.imân ben Ràfi'. — Abd .\llah ben El Mor'aira ben Aboù
Borda El Qorachv. — Ya/.id ben El 'rofaïl yi^>-M (sjc). —
'Abd ErRabmànbenZijàd ben An'ani. — Màti' ben 'Abd Er
Habmàn Er Ho'ainy. — Aboù Karib AJmI Er Kal.imàn ben
Karib El Baçr). — 'Alxi Allali ben Farroùkb. — 'Abd
Allah ben 'Omar ben R'àniin Er Ro'aïn) . — Asad ben El Forât
en menu- temps ^u'Abuù Mol.iri/. — Ahmed ben Aboù Mohriz.
Fol. 94 v". Ibn Aboù 1 Djawàd. — Sahnoùn ben Sa'ld.
— Solaïinàn ben 'Imràn , surnommé Kharoùfa. — 'Abd Allah
ben 'lalib. — Ibrahim ben Ahmed. — Aboùl 'Abbàs Mo-
hammed ben 'Abdoùn ben Aboù Tsawr.
Fol. 96 r*. 'Abd Allah ben Hàroùn Es Soùdàn> [sic). —
'Isa ben Miskin. — Eç Çadaqy ( 5ic-) Mohammed ben Aswad.
— Himàs (Khauim/is sic) ben Marwnn. — Ibn Djimàl. —
Ibrahim ben El Khachchàb. — Mohammed ben 'Omar El
Moroùry (El Marwazy i*). — Mohammed ben El Mal.ifoùdh. —
Ishàq ben Aboù 1 Mitihàl. — Mohammed ben 'Imràn. — Uhàq
ben Aboù l Miiiliùl (une seconde fois). — Ahmed ben Bahr.
Fol. 95 v". Blanc.
Fol. 96 r*. Tome VII (par Aboù l 'Arab Mohammed ben
Ahmed ben Tamin Et Tamlmy).
Fol. 96 v°. Savants de Tunis.
Fol. 98 r". Khàlid ben Aboù 'Imràn Et Todjiby.
Fol. 98 v°. 'Amr ben Râchid El Kinàn). — Ibn Aboù
Karlma.
Fol. 99 r". Aboù Karib El Baçr\ {El Micry?).
Fol. 100 r*. 'Aly ben Ziyàd.
Fol. 101 V*. Aboù Mas'oùd ben Achras. — 'Abbàs ben
El Walid El Fàrisy.
Fol. 103 r*. Hichàm ben El Khalil.
Fol. 10? V*. Zaïd ben Bichr.
TRADITIONS AH ARES AU PAYS DE MOAFî 301
TRADITIONS ARABES
AU PAYS DE MOAB,
PAR
M. CLERMONT-GANNEAU.
Le P. Jaussen a entrepris depuis quelque temps
et poursuit avec un zèle louable d'intéressantes études
sur le folk-lore des Arabes, tant nomades que séden-
taires, de la Balqâ, l'ancien pays de Moab. Me
sera-t-il permis de rappeler à ce propos que ce nom
même de la Balqâ , JJXi , comme je l'ai montré il y
a bien des années ^ nous offre un des exemples les
plus frappants de la continuité et de la haute anti-
quité de la tradition arabe locale? 11 représente en
eflet, par choroprosopopée, celui du fameux Balaq
biblique, p'?3, l'un des anciens rois de Moab. Rien
donc d'étonnant si les habitants de cette région , qui
ont si fidèlement gardé ce nom révélateur, ont gardé
en même temps mainte survivance d'un passé dont
ils sont en grande partie les héritiers ethniques.
Le P. Jaussen s'occupe spécialement cette fois - de
leurs curieuses croyances et pratiques relatives à la
' /?ei'(ie archéolofjiffue , 1877, p. 193-199 : Gomorrhe . Si'fjor et
les filles de Lot.
' llevue Biblùfue , iQofi, p. ôyd-SSa;
3«î SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
pluie. Il a noté avec beaucoup de soin les diverses
app<'llations sous lesquelles, dans la Balqà, on dé-
signe les pluies, ielon les époqiJe» de l'année où
elles tombent assez régulièrement. Mais il ne semble
pas s'être aperçU ^e presque toutes ces appellations
sont d'orijrine astronomique et ont des significations
beaucoup plus précises que celles qu'il essaie de
tirer de divers rapprochements philologiques vagues
et contestables. C'est ce qui me pafait clairement
ressortir des exemples suivants :
El-malat eth-theriâoui , traduit pai* « la pluie abon-
dante», est en réalité la pluie des Pléiades (Çycii,
Eth-Thouraiyâ).
^*>Jt »>jum, nom transcrit et traduit d'une façon
quelque peu surprenante par « le secours de là peste » ,
n'est autre que ^'«xJl *Xju». , Sad edh-dhâheh , nom des
deux étoiles brillantes sur la corne gauche du Capri-
corne.
La pluie dite el-djaazah n'a rien k voir avec le
mot à^jiA. djaazii « coup n boire » du proverbe cité
d'après le Lisân. C«> nom nous cache celui, soit des
Gémeaux, soit d'Ônon (*'ji>4^, El-Djauzâ).
La pluie de ech-charâ , c'est tout simplement la
pluie de Sirias ou du Chien (t^yfcû, Chirâ).
La pluie de es-semâk (prononcé à la bédouine
scmach, ou mieux sémâtch), c'est la pluie, soit des
Poissons yEs-Sémélié), soit plutôt de YÉpi ou bien
d'Arcturas (^yi tiiUJt, Es-Sémâk er-raméh).
Je ne me charge pas de rechercher jusqu'à quel
TRADITIONS ARABES AU PAYS DE MOAB. 363
point ces dénominations, dont l'identité absolue est
elle-même sujette à caution , mais dont la natute
astronomique n'est pas niable, correspondent aux
aspects réels du ciel étoile selon les divers moments
de l'année. Il est possible qu'elles aient été conser-
vées ou acquises par simple tradition. Nos Bédouins
actuels ne doivent guère se livrer aux observations
astronomiques, si rudimentaires soient-elles \ que
Ces noms supposent à l'origine. Ils ont pu oublier
celles-ci, peut-être même embrotiilier les données
sur lesquelles elles reposaient ; et c'est pourquoi , en
ayant perdu eux-mêmes la trace, ils n'ont pas su
mettre le P. Jaussen sur la bonne voie étymologique.
Cette oblitération même ne rend que plus inté-
^ Je crois toutefois me rappeler, en consultant des souvenirs
déjà bien lointains, que les Bédouins, ou du moins certains d'entre
eux, savent encore distinguer et dénommer quelques étoiles ou
groupes d'étoiles. Pour les fellahs cis-jordaniens, la chose est hors
de doute; cf. la liste relevée par M. Baldensperger (Pal. Expl. F.
Quart. Stat.. iSgS, p. 3ii). Seulement quelques erreurs se sont
glissées dans cette liste, d'ailleurs fort instructive. Par exemple,
le nom de la Voie Lactée : *3LjâJl libys tafeck i-tabànèt. doit être
corrigé en iULxJ) ^a^ tarttj ét-tabbânè «le chemin des marchauds
de paille». Ce curieux nom, équivalent littéral de celui que les
Persans donnent à la Voie Lactée : rehi keh-kechân , provient d'une
vieille légende très répandue dans tout l'Orient (cf. syriaque,
hébi'eu post-biblique , turc , arménien , etc. ) , qui a son écho même
en Occident [Mehlweif , Miihlenweg].
Je note dans cette même liste le nom de Htirebf èl Thuteiyah ,
L;«±Jl ub-jfc., donné par les fellahs au Cocher (?). Le premier mot
aurait-il quelque rapport avfec celui de la pluie de èï-'aH/" ( (Jl^yjJl )
qui, daris l'exposé dU P. Jaussen, précède la pluie Eth-therajâoui
{= des Pléiades)? On sait que, dans certains dialectes bëdotiidS et
fellahs, le lia et le 'ain sont susceptibles de s'échaùger.
36/1 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
ressaut le fait que je signale. Elle nous montre, en
effet , que cette conception est proprement utie sur-
vivance , nous reportant à une époque et dans un
milieu plus anciens. Je ferai remarquer, à fappui
(le cette conclusion, que quelques-uns de ces asté-
rismes (par exemple les Pléiades etSirius), étaient,
et cela sous les mêmes noms quils portent encore
aujourd'hui, l'objet d'un culte chez les Arabes anté-
islamiques'. D'ailleurs nous savons, par des rensei-
gnements formels, que ces Arabes, adonnés aux
croyances dites sabéennes, attachaient une impor-
tance particulière à la position de certaines étoiles,
comme annonçant les époques des pluies. Témoin,
par exemple , le passage d'Aboul-Féda ^ :
Ils attiilmaiont aux coïncidenres d'«Hniles [anoiiâ) des
mansions [menâzU) la même infliionce que celle attribuée
aux planètes par les astrologues, y subordonnant tous leurs
actes et disant : notre pluie dépend da lever ou du coucher de
telle ou telle étoile (t JO j,^ ^r^^) *•
Cette préoccupation spéciale s'explique sans peine,
car la pluie a toujours été et est encore la grande
affaire des nomades du désert. C'est d'elle que dépend
leur vie même.
C'est au même ordre d'idées que doit, je pense, se
rapporter la notion des ■ jours de la vieille » , notion
* Cf. entre autres KaEHL, Leber die Religion der voritl. Artiher.
p. a4, 3 5.
' Hist. anteisL, éd. Fleischer, p. i8o.
* Cette idée est teliement entrée dans Tesprit populaire que ce
mot »yj a Gni par se fixer au sens de «orage* qu'il a couramment
sn arabe vulgairei
TRADITIONS ARABES AU PAYS DE MOAB. :i05
qu'on retrouve , d'ailieurs , appliquée à une autre pé-
^ode de l'année, chez plusieurs peuples du bassin
6e la Méditerranée. La «vieille» [El-'^Adjouz), c'est
l'année touchant à sa fin. Dans la singulière légende
rapportée par le P. Jaussen, où le mois de Chebât
demande au mois de Edâr de lui prêter trois jours
« pour aller chercher la pluie », il y a une allusion évi-
dente aux vingt-huit jours de Février [Chehdt] suivis
des trente et un jours de Mars [Edâr), mois de
l'équinoxè vernal où commençait l'année solaire des
anciens Anbes (3i —28 = 3). Elle implique l'usage
du calendrier julien et semble s'être formée dans
un milieu clirétien. Je crois bien, du reste, favoir
déjà rencontrée ailleurs, mais sans pouvoir pour le
moment préciser autrement cette réminiscence.
Pour provoqmr la chute delà pluie, les femmes
bédouines fabriquent à l'aide de deux bâtons en
croix une sorte de mannequin , qu'elles habillent de
liches vêtements de f«mme, et promènent procession-
nellement avec accompagnement de chansons appro-
priées ; le tout se termiae par des sacrifices sanglants
qui marquent bien le caractère religieux de la céré-
monie et partant le caractère divin de l'effigie qui
en est l'objet.
Le P. Jaussen donne le texte arabe d'une de ces
chansons. Celui-ci ne manque pas d'intérêt; mais il en
aurait davantage s'il était accompagné d'une notation
phonétique. Dans les vers cités ^ , si l'on peut appeler
' «Elle est partie, la mère de la plaie, pour amener les zélâzel;
quand elle revient < les semences sont hautes comme les sénâseL»
36C SEPTEMBRE-OCTOBKi: 1900.
ceia des vers, je soupçonne zélâzel et sénâsel d'être
deux altérations divergentes (5«= 2 et / ■**« n) , d'origine
vulgaire, d'un mémp mot sur lequel on jolie, le mJt
sélâsel , pluriel de selsélé , qui a les deui acceptio is ,
parfaitement en situation ici : 1' zigzag de l'éc/air;
a" réseau des petits murs séparant les champf>> Ces
arcoptions dérivent, par unt' évolution s/'mî'nticjue
facile à saisir, du sens primitif de aJLJu, piur.
Jum^Lm, « chaîne ».
La prononciation du qâf*^dj dans la yhonétique
bédouine, prononciation sur laquelle insiste le
P. Jaussen ^ n'est pas un fait nouveaii< Elle a été
observée et signalée il y a longtemps; cf. les re»-
marques que j'ai faites à ce sujet dans .'nés Archaeolog.
Researches, t. II, p. ^'6, et aussi c&les que j'ai con-
signées dans la Berne firiticfue {22 juillet i8'76,
p. 5 1 ) sur la (juintiiple prononciation dont cette l^tre
est susceptible dans les divers dialectes arabes (9» jf,
djf k, ' [hamza]). Si l'on y ajoute les équivalences
dûment constatées par l'épigraphie : p = y = s (*"(J^) »
à un stade plus ancien des langues sémitiques
( branche araméenne ) , on voit que cette lettre est celle
(jui représente les plus grtndes variation», puisque,
lout compte fait , elle correspond , ou a correspondu
à 8 articulations ou signfs différents.
On donne à ce mannequin habillé en femme le
nom de Oumm el-Gheiih « la mère de la pluie » , ou
encore, paraît-il, de jj^jr* Uu^. Ce dernier nom
■ A propos de fA^ = ji*Jv. «coule à pleins bords » (en ravi-
nant les berges].
TRADITIONS \RABES AU PAYS DR MOAH, 367
est bixaiTe, s'il a réellement, comme le dit le
P. Jaussen, la signification de «moitié de fiancée».
Je me demande si le premier mot ne devrait pas être
plutôt rattaché à certaines acceptions de la racine
Uuaj (ii% v" et viii* formes) concernant la prise de
voile de la jeune fille nubile. Ce voile s'appelle uju^ai.
Ne setait-ce pas ce mot même qui a été perçu et
transcrit »,*À*a)? lie sens serait alors « voile de fiancée »,
Ce sens , en soi plus compréhensible , serait d'autant
mieux en situation que, de la description, un peu
llottante il est vrai, du P. Jaussen, il semble résulter
que c'est au moment oii on la recouvre d'un « grand
voile blanc » , qu'on donne ce nom à la « fiancée » ^
en effigie , « parce que , disent les Bédouins , elle en
porte les habits ».
La structure tout à fait élémentaire de ce manne-
quin rituel , affublé d'un costume féminin , pourrait
faire songer à cette maquette informe où l'on a sou-
vent proposé de reconnaître l'image primitive de la
déesse Tanit, la Caelestis carthaginoise. Or, en cette
dernière qualité , Tanit devait être , elle aussi , la mai-
' Le P. Jaussen fait à ce propos bonne justice du prétendu rtom
'Aroûs Allah, «la fiancée d'4//a/i», qui serait donné à cette efiBgie
sacrée, et autour duquel certains exégètes aventureux ont mené
gratid liruit. C'est Curtiss qui a mis en circulatioil ce renseigne-
ment absolument fantaisiste, dans l'ouvrage un peu surfait (£/r-
semitische Religion , p. 1 1 9 ) , où il n'a fait que suivre une Voie
ouverte autrefois par moi [La Palestine inconnue , 1876) , mais sans
avoir une préparation suffisante, et en négligeant trop souvent les
précautions qtie j'avais expressément recommandées à ceux qui
voudraient m'y suivre.
368 SEPTEMBRE-OCTOBUE 1906.
tresse de la pluie'. Avec un peu de bonne volonté,
on pourrait y voir une carcasse du même genre,
drapée dans le voile sacré. Mais je n'insiste pas sur
ces analogies lointaines, d'autant moins que nous
sommes encore très insuflisamment renseignés sur
la signification réelle du dit symbole punique.
Un rapprochement plus topique pourrait êtn* fait
avec une édiliante tradition - que les vieux auteurs
arabes nous ont conservée à propos de Tidoie du
dieu Hobal, adorée avant l'Islamisme justement dans
notre pays de la Balqà. '.Amr, fils de Loliayi, roi du
Hedjàz et maître de J^a Mecque vers le m' siècle de
notre ère, ayant eu, au cours d'un voyage dans la
Balqà, l'occasion de voir le culte que les habitants
rendaient à leurs idoles, les interrogea à ce sujet. Ils
lui répondirent que ces idoles étaient celles de leurs
dieux, faites à l'image des corps célestes et des formes
humaines, et qu'ils les invoquaient avec un succès
infaillible pour en obtenir l'assistance et la pluir.
Sur la prière de 'Anir, très désireux de s'assurer
pareil avantage, ils lui donnèrent l'idole du dieu
Hobal ^. 'Amr l'installa dans le sanctuaire de la Ka'aba
' lista ipsa Virgo Caelestis pluviaram pollicitatriz. > (Tbr-
TDLLIS!i, Apolog. . 5 3.)
* On en trouvera le résumé , avec référeDces aux sources , dans
Frbytag, Einleitung in dos Sludium der Arab. Spr. , p. 342-344;
cP. aussi Krshl, op. cit.. p. 37, et particulièrement la relation
crAboui-Féda (op. cit.. p. i36), d'après Cliahreslàni.
^ Des auteurs arabes nous ont laissé de curieuses descriptions
de cette idole en pierre rouge, à laquelle il manquait un bras,
quelque vieille statue anthropomorphe, d'exécution hellénique pro-
bablement. Les païens de la Balqù ont dû céder à bon compte ce
TRADITIONS ARABES AU PAYS DE MOAB. 369
OÙ elle demeura jusqu'à l'Islam, aux côtés de deux
autres idoles, celle de Asâf ou Isâl et celle de Nâïla,
rapportées peut-être de la même région ^ comme
celle de Manât.
On voit par là que la Oiimm el-Gheitk , « la mère
de la pluie » des populations actuelles de la BalqA ,
a de qui tenir. Héritière d'une des prérogatives les
plus spécifiques de Hobal et consorts, elle nous
a peut-être conservé en partie, dans les pratiques
populaires dont elle est encore aujourd'hui l'objet,
quelques-uns des rites antiques et solennels, selon
lesquels on invoquait jadis ces tout puissants dis-
pensateurs de la pluie, source de l'abondance et de
la prospérité.
(Jicu d'occasion, que sa mutilation même avait peul-ètre fait mettre
au rancart.
' Ces transferts de divinités, c'est-à-dire de leurs simulacres,
d'un pays à l'autre étaient chose fréquente dans l'antiquité. Pour
m'en tenir à la région qui nous occupe, je me bornerai à rappeler
l'instructive inscription grecque de Odrouh [Rec. d'Arcli. orient.,
IV, 1 14), oii il est question de dieux amenés de l'étranger à Pclra
[Seoî; tdïi xaTayoyLévois é| yai'ns àXXoSaitrjs êvOa eîs YléTpav). Or,
celte inscription peut parfaitement être, à peu de clioseprès, con-
temporaine de l'importateur d'idoles, le Mecquois 'Amr, fils de
Lohayi.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 371
NOUVELLES ET MÉLANGES.
NOTES DE LSMCOGRiPUIE HEBRAÏQUE.
L Les deux termes d'agriculture : 'jy^ et Vdid •
Le mot hébreu ")y^ est traduit par tous les leidcographes ,
commentateurs et traducteurs modernes que j'ai consultés
ipar forêt, bois, ou autres mots analogues, et le mot 7D")D
par plantation d'arbres, verger, jardin. Un examen attentif des
textes bibliques me fait croire que ces traductions doivent
être rectifiées. Le mot karmel ne signifie jamais, dans la
Bible , jardin ou verger, mais bien champs cultivés ( en cé-
réales), et inversement ya'ar, qui désigne un terrain planté
d'arbres quelconques, et qui désigne souvent, en fait, un
bois, une ^rè/, s'emploie aussi dans des cas assez nombreux
(au moins six) , pour désigner une plantation d'arbres fruitiers,
un verger, de sorte que, dans ces cas, la traduction courante
forêt, bois, est fautive La simple comparaison des textes,
traduits en donnant aux mots en question la nuance que
j'estime exacte, fera, je l'espère, Ja lumière sur ces deux
points de lexicographie hébraïque.
Examinons d'abord les textes qui , opposant ya'ar à karmel,
nous renseigneront à la fois sur le sens des deu$ mots.
Isaïe, X, 18-19, décrivant la riîine des campagnes d'Assur,
dit :
Et la gloire de ses vergers et de ses champs
sera ruinée de fond en comble. . ,
Les arbres qui resteront des vergers seront en petit nombre ;
un enfant pourra les compter ' .
^ Pour les textes d'Isaïe, j'ai utilisé la remarquable traduction du
372 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
Les terrains cultivés se divisent naturellement en deux ca-
tégories : les terrains plantes d'arbres et les champs ense-
mencés. C'est la division que nous avons ici. Etant donné
qu'il s'agit de l'Assyrie, le ydar pourrait bien, oonmie dans
1$., XXI, i3 ', désigner surtout les palmeraies. Le mot karmel
désigne, au contraire, les champs de céréales.
Dans h. , XXXII , 1 5 , nous voyons le ydar opposé au karmel,
cl celui-ci au IDlC. Le prophète dit les changements mer-
veilleux que Dieu produira dans le pays de Juda :
Jusqu'à r*' que sur nous soit répandu
l'esprit d'eu haut;
Et alors, la sl(*p|te se changera en chanifu [de réréalus)
et les champs en vergers.
Comme il s'agit d'une bénédiction , il faut nécessairement
adiuellre que le ya'uv l'emporte sur le karmel, conmie le
karmel l'emporte sur la steppe, lacjuelle peut tout au plus ser-
vir de pâturage. Ydar ne peut donc pas désigner ici une fo-
rêt. Au contraire le sens de verger est excellent : un verger
rapporte plus, en effet, qu'un terrain planté en céréales.
D'après L. Andehlind {Zeitschrift d. deiilsch. Pal. Vereins, IX,
54), en i884, aune heure environ de Damas, le feddan de
terre planté en mischmisch (abricotiers) valait environ
i46o marks, le feddan planté en oliviers, a 190 marks, tan-
dis que le terrain sans arbres coûtait seulement ySo marks.
Le passage analogue h., xxix, 17, où il s'agit également
de bénédictions pour le pays de Juda , porte ]123 7 au lieu de
131!:.
Oui, encore un peu de temps,
et le Liban sera changé en champs ( de céréales ) ,
et les champs en rrrgers.
Père A. Condamin : Le Livre ^ Isole, traduction critique avec notes
et commentaires. Paris (Lecoffire), igo5.
' Dans cet «oracle sur l'Arabie», Isaïe semble bien entendre par
ya'ar les oasis dn désert, lesquelles sont, on le sait, plantées prin-
cipalement de palmiers. Je traduirais donc : «Dans une palmeraie,
an milieu du désert, passe/, la nuit, caravanes de Dédan. •
NOUVELLES ET MÉLANGES. 373
Comme il s'agit de Juda , le Liban ne peut pas , ici , désigner
la grande chaîne de montagnes qui, au Sud, commence à la
hauteur de Tyr ' , L'auteur vise sans doute les montagnes de
Juda qui fournissaient des pâturages aux troupeaux. Nous
avons donc ici la même progression que dans Is. . xxix, 1 7 :
pâturages, champs de céréales, vergers.
Michéej VII, i4, prie pour que le peuple, figuré par un
troupeau, paisse les pâturages d'autrefois. L'allégorie, comme
il arrive souvent , n'est pas poussée avec une logique parfaite,
et le poète emploie des mots qui conviennent à un peuple ,
mais non à un troupeau : tels sont les mots j«ar et karmel:
Pais ton peuple avec ton sceptre, le troupeau ton héritage;
' qu'ils ' habitent ^, indépendants ^, dans les vergers et dans les champs ;
qu'ils paissent en Basan et en Galaad comme aux jours d'autrefois.
Dans II Rois, xix, 28 {—Is., xxxvii , ad), le génitif
1 7D^D ")y^ , quel que soit le sens que l'on donne à chacun des
deux mots, est étrange. Je croirais volontiers qu'il faut lire :
1?D1D1 ny, exactement comme Is., x, 18 : «ses vergers et
ses champs v.
Voici maintenant des textes concernant le seul mot karmel :
Is., XVI, 10. — Le prophète prédit un désastre pour Moab;
* pj37 désigne encore les montagnes deChanaan, probablement
envisagées aussi comme pâturages dans les passages suivants : Is. ,
xxxm, 9 (avec Saron, Basan, Carmel); xxxv, 2 (avec Carmel etSa-
ron); Nah.. I, 4 (avec Basan et Carmel). Is.. xl, 16 attribue au
Liban à la fois des forêts et des pâturages.
^ Je lis 1J32^^ au futur impératif, comme T2?")i. Toute la
phrase , en efifet , est une prière.
^ T13 ou ^^^7 ne signifie pas en sécurité, comme on traduit or-
dinairement, mais bien en ijoZement, c'est-à-dire, quand il s'agit d'un
peuple, en isolement par rapport aux nations voisines, en indé-
pendance. Tel est le sens dans Dent., xxxni, 28 (Israël), Nombres.
XXIII, 9 (Israël), P*. iv, 9 (Israël), Jer.. xlix, 3i (le peuple de
Cédar vivant dans le désert).
VIII. 3 5
374 SEPTEMBRE. OCTOBRE 1906.
il pleure (v. 9) sur la inoi&son (V^) et sur la vendange', et
ii ajoute :
10. Plus de joie, plus d'allégresse dans les ckampt:
dans les vignes , plus de chants, plus de cris joyeux.
Le ÂrarmW répond évidemment à y>p (moisson d'^té: orge,
blé ) et les vignes à la vendange.
Dans le passage parallèle de la prophétie contre Moab
{J&., xi.viii, 35), karmel a natareliement ce même sens de
champs (de céréales).
Nous trouvons encore l'opposition entre le karmel et les
vignobles dans 11 ('hr., xxvi, 10 : «(Ozias) bâtit des tours
dans le désert et il creusa beaucoup de citernes, parce qu'il
avait de nombreux troupeaux dans la Sheféia et dans le
Mishor, des laboureurs et des vignerons dans les montagnes
et dans les champs. ■ La déposition des mots, dans le dernier
membre de phrase, est celle de la figure dite chiasmus, fré-
quente en hébreu; les deux termes extrêmes vont ensemble
(laboureurs et champs), et les deux du milieu ensemble
(vignerons et montagnes). L'opposition entre karmel ei mon-
tagnes est justifiée par le fait qu'en Palestine , les plaines sont
plutôt cultivées en céréales, tandis que les vignes sont plan-
tées de préférence sur les hauteurs. Voici à titre de curio-
sité comment karmel, dans ce texte, est rendu par les trois
dictionnaires les plus autorisés : Siegfkikd-Stadk (1893) :
VVeinberg; Gisenius-Buhi.'^(i899): lemont Carrnel;GKSE-
mus-Brown (1897) : garden-laud.
Jér., IV, 26 :
Je regardai, et voici que les champs (cultivés) étaient une steppe
(-)31D).
C'est, on le voit, l'inverse du texte d'/$. . xwii, i5 : «et la
steppe sera changée en champs (de céréales)».
^ Je lis, avec lxx {Tpvymdf) , 1^33, comme dans le passage pa-
rallèle, Jér.. xLvui, 3a.
fJOClVELi.ES ET MÉLANGES. 'Mh
La même opposition entre le karmel et le désert se retrouve
dans Jér., ii, 7 :
Je vous ai fait entrer dans uno Irrir de céréales, pour (|ne vous
on manj^n'ez les bons produits.
'?D*1Dn Y")K Tonne antithèse au « désert , terre fju'on ne peut
ensemencer» du v. 2.
Il ressort assez clairemonl, soinble-t-il , de l'ensemble de»
ces textes que karmel désigne un terrain cultivé en céréales :
il s'oppose soit au désert (steppe, lande, ")3~D) qui n'est pas
cultivé et ne peut servir que de pâturage, soit aux terrains
plantés d'arbres fruitiers ("ly^ ) ', soit aux vignes ( DTS).
Dans trois textes (pi'il nous reste à examiner, karmel a une
signification notablement différente , mais qui dérive néan-
moins de la première.
On lit dans II Rois , iv, 4^ , qu'un homme de Baal-Shalis-
ha apporta à Elisée « du pain de prémices ; vingt pains d'orge
et du karmeh). Ce karmel est évidemment du grain, mais le
mot n'a-t-il pas une nuance spéciale qui le différencie de
?;j~ ? Il est remarquable que dans ce texte, ainsi que dans les
deux autres [Lév., 11, i/i; xxiii, 1/1.), il s'agit des premières
céréales de l'année, des D^")"1D3. On est donc amené à penser
que karmel désigne le grain nouveau , celui qui vient directe-
ment des champs. Et, de fait, saint Jérôme traduit 11 Rois,
IV, A2 :friimentum novum. Les Septante [Lév., xxiii , là)
ont véa, qui suggère la même idée. Cette nuance a été ad-
mise par Gesenius [Thésaurus , s. v. 'jDTS) et à sa suite par
plusieurs auteurs modernes. Mais, comme ils donnent à kar-
mel le sens premier de jardin , ils pensent à un blé précoce
cju'on aurait cultivé en jardin !
Une remarque, en finissant, sur le nom propre Carme/. Si
la chaîne du Carmel a été ainsi nommée, ne serait-ce pas
' De nos jours, les plantations les plus considérables d'arbres
fruitiers, en Palestine et en Syrie, sont les plantations de figuiers,
d'oliviers et d'abricotiers (cf. Z. D. P. V., IV, 81).
35.
3?6 SÈPtfiMBtlE-OCtOBftE 1906.
parce qu'elle borde deux plaines particulièrement riches en
céréales, ou même parce qu'elle était elle-même cultivée, par-
tiellement du moins, en céréales ? Tristram [Natural history
of the Bible*, p. à^o) rapporte qu'on a trouvé des silos sur
le Garmel. Certains textes bibliques semblent indiquer que le
Carmel ofFrait aussi de bons pâturages , par ex. : Jer. . l , 1 9;
Amos, i,a. Par contre, aucun texte n'appuie l'idée, Ibrt ré-
jiandue cependant , que le Carmel était couvert de forêts à
l'époque biblique '.
II. L'kxprbssio<i ^iO aiffidunsGen., \l, t3, 19, so, ot dans Jér.,
un, 3i (= II Rn'u, x\T, J7).
L'expression ^K"^ HVi a deux sens bien usuels. Elle peut
signifier relever In télé , c'est-à-dire n//fT la tète haute, être fier.
comme en français. Tel est le sens dans Jug. , vui , 38 ; Zach. ,
II, 4; Job., X, i5; /*.<. Lxxxiii, 3. Un autre sens fré(juent
aussi eii faire la somme d'individus ou d'objets , par exemple :
Ex.yxxx, 11; Nombres, i , q , iig; iv, a , etc. Dans ce second
cas, tfNT a le sens de total, de somme, sens (jui se retrouve
encore Lév.. v, 'ili; Nombres , v, 7; /V. cxix , 160. Ce sont
là les deux sens admis communément par les modernes. Suf-
fisent-ils |)our expliquer les textes de la Genèse et de Jérémie
indiqués ci-dessus? Je ne le crois pas.
Examinons d'abord les textes de la Genèse. L'expression
revenant quatre fois dans trois passages voisins de la même
histoire, il serait invraisemblable qu'elle n'eût pas dans les
' Amos, u, 3, lui-même, ne prouve rien en ce sens :
Iraient-ili se cacher (jus<ju')au sommet du Carmel,
Jr les V chercherais et les y prendrais;
Voudraient-ils se dérr>ber à mes yeux (jusqa')au Tond de la mer.
Je commanderais an Serpent de les monln-.
LéC parallélisme avec le fond (If la mer montre que le prophète
considère le sonutœt du Carinel comme un lieu très éloigné , mais
rien n'indique des forêts ou des grottes.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 377
quàtrcî cas la même signilication. Le texte massorélique du ver-
set 1 () semble ajouter un troisième sens : « Pharaon lèvera ta
tête de dessus toi. » Cette phraséologie bizarre signifierait que
Pharaon décapitera le malheureux panetier avant de le pendre.
Mais le mot "j'' 7i'D est un ajoulage fautif, très probablement
une dittographie verticale \ amenée par le dernier mot du ver-
set, 1^?yt2. Voyons maintenant si le sens donné à C/N") NtTJ
par la plupart des auteurs modernes, à savoir relever la tête,
c'est-à-dire, d'après eux, rétablir dans les honneurs, est accep-
table. Il semble bien que non, puisqu'au verset 20, l'expres-
sion est appliquée à la l'ois au chef des panetiers, lequel est
condamné à être pendu, et au chef des échansons, qui, lui,
est rétabli dans sa dignité. D'autre part le sens faire le total
semble, à première vue , absolument inutilisable. Et cepen-
dant c'est une nuance dérivée de ce dernier sens qu'ont ad-
mise le Targam, la Pesitta, V Arabe et aussi les LXX, en tra-
duisant par 5e souvenir. La traduction se souvenir donne dans
les quatre cas un sens très convenable ^. Je crois cependant
que la nuance est légèrement différente et que C^N") H'Oj
signifie exactement. rem«r</Her l'absence de quel(}a'un. Je tra-
duis donc :
V. i3. Dans trois jours Pharaon remarqaera ton absence et il te
rétablira dans ton office.
1 9. Dans trois jours Pliaraon remaniaera ton absence ' . . . ' et il to
fera suspendre au gibet.
20. Or, le troisième jour, Pharaon fit un festin à tous
ses serviteurs et il remanjua l'absence du chef des éciiansons, et il
remarqua l'absence du chef des panetiers parmi ses serviteurs.
21. Et il rétablit le chef des écbansons dans son office.. . . 22. Et
il fit suspendre le chef des panetiers.
' L'explication est duc à M. Mayer-Lami)ert [Rcviœ des Etudes
Juives, t. XXXIII, p. 3o5 [1896]).
' M. May er- Lambert, dans l'article indiqué, traduit : «Dans trois
jours Pharaon lèvera ta tête, c'est-à-dire te recensera, pensera à toi
(cf. K:.. xxx, 12), et te rétablira dans tes fonctions.» 11 n'explique
pas comment le sens recenser, penser à , peut venir du sens lever la tête.
378 SEPTEMBRK-OCTOBRK 1906.
Comment l'expression 'C^N") N^i prendre Lt somme, c'est-à-
ilire faire le tulal , Jaire le cuniplc , a telle |)u dunner li* sens
remurqaer l'abseiice Je? Par un processus séiuantli|ue analogue
à celui du verbe ~ps dont le sens premier est inspecter, faire
la revue de, faire le compte de, d'où constater, remarquer l'ab-
sence de quelqu'un, et au Nifal : se trouver absent ou man-
quant. De même pour X^iO N^j : le résultat du compte fait
est de constater les personnes absentes ou les objets man-
(juants.
Dans Jér., lu, u, ainsi que daus le texte parallèle (nw-
lilé) Il Hois, XXV, 37, C^NT Nfc'j a également le sens re-
marquer l'absence de. Il est remarquable que la situation dé-
critr est très analogue à celle de Gen., xi. , i3 et suiv. De
même que Pharaon , dans un iestin donné à ses serviteurs le
jour anniversaire de sa naissance, remarque l'absence des
deux prisonniers; ainsi Evil Merodacb, au drbutdeson règne,
remaix]ue l'absence dejoacliim, roi de Juda, dans le groupe
des rois qui composent sa cour. Je traduis donc : « 3i. Evil
Merodacb. • . remarqua /'«^achcc de Joacbim , roi de Juda, et
il le lit sortir de sn prison; 32. et il lui parla avec bpnté,
et il mit son Jron»' iii-dcssus des rois (pii et lî'-iii :iv.'i' lui à
Bab^lone.»
Dans le texte parallèle (Il Itois , xxv, ^7], il laut nécessai-
rement rétablir les mots irN NS^I.
Paul Joio.N.
BiBLiO(iii\PHlE.
The Treatite of Dionrsics BAH SaLïBBI atjainsl the Jews : Part I,
ihe syriac tp\t edilcd from a mesopotamian ms. by J. de Zwaa».
Leycl»', Brill, igofi, in-S", p. iv et 56.
Denys bar Salibi est l'écrivain jacobite le plus fécond du
Ml' siècle. On compte parmi ses principaux ouvrages un gros
volume (ju'il composa contre les hérésies et qui se trouve en
partie au Vatican, à la Bibliothèque nationale et à la Bod-
NOUVELLES ET MÉLANGES. 379
léienue. M. J. de Zwaan vient d'éditer le texte syriaque du
traité contre les Juii's qui liiit suite au traité contre les Arabes ,
en utilisant un seul manuscrit fautil , actuellement en la
possession de iVI. Rendel ilarris. L'éditeur se propose d'ajou-
ter prochainement, dans un second volume, une traduction
angliiise avec des notes, des index, une préface et une intro-
duction cicrite par M. Rendel IlaiTis.
Le traité contre les Juifs a été rédigé en 1 166 , année dans
laquelle i3ar Salibi fut élevé au siège d'Amid par Michel le
Grand qui venait d'être élu patriarche d'Antioche. En 1 15/|.,
Bar Salibi avait été fait évéque de Marasch par le patriarche
Athanase Vill; il mourut en 1171. La date de 1166 pour
cet écrit est indiquée à la page 62 , ligne 6 : «Depuis Ana-
slase, qui régna en l'année 801 (^90 de J.-C), jusqu'à nos
jours, 670 ans. » Une note marginale ajoute : «Bar Salibi
devint évê([ue en ]466 (ii55-ii54 de notre ère : •Sti.)
^itsik.o iLû.'^.silo, ajouter : t*m.o omis par le copiste); il mourut
en l'année i4.83 des Grecs (sous -entendre «Si^J devant
liao;^i>3»l et corriger yo-a en v»-; à la ligne suivante, corriger
jkd^ en JLx:»:^).
Ce traité est divisé en neuf chapitres. Le premier chapitre
est consacré aux sectes juives et à la dispersion définitive des
Juifs, qui suivit la passion du Christ. Dans les huit autres cha-
pitres, l'auteur démontre, au moyen de témoignages tirés
de l'Ancien Testament, l'erreur des Juifs qui ne conlèssent
pas la vérité de la doctrine chrétienne. Il ne présente guère
d'arguments nouveaux, mais il fait œuvre d'un théologien
intelligent et érudit; il résume des travaux antérieurs, pour
la plupart perdus; nous avons remarqué en particulier ses
dissertations sur les prophéties de Daniel et sur la date de la
naissance et de ia passion du Christ.
L'éditeur a corrigé quelques-unes des mauvaises leçons de
son manuscrit, mais il en a laissé passer d'autres. Des fautes
d'impression, peu de précision dans la ponctuation (les deux
points du pluriel et le point du féminin manquent souvent) ,
sont des signes d'une inexpérience très excusable chez un
S80 SEPTEMBRE OCTOBRE 1906.
j«Hine (»rieiilali5tp qui débulc en syria(|UP. par cHic |)uhlicn-
tion. Le texte se lit l'aciloment et il est inutile de relever les
fautes qui sautent aux yeux; nous nous bornerons à quelques
observations, qui pourront servir pour la traduction que
M. de Zwaan se propose de donner :
P. a , I. 8 : Uiûwo ne doit pas porter les points du pluriel ,
il s'agit du Temple: 1. 1 1, lire ^l»^; I. ult., ajouter la nt'-
gation V devant ^w^. — P. 3, 1. 6, ajouter ^.wi après
^Jl. _ P. 4, I. I, lire II au lieu de o<»j|. — P. 7, 1. 8, lire
Uuâj I; 1.9 et note i : ^«a.^ et non ^o. — P. 8, 1. ult. :
I»! et non ^«»l. — P. i4, note i, la note est fausse et le
texte est exact : «Ce Juif confessa que c'est la vérité», et
non : «O Juif, confesse que c'est la vérité»; dans ce sens, il
faudrait encore corriger -îoI en bol. — P. 18, 1. 1 : .o>a.kdl|;
1. 'j : w>l£^a0«. — P. 'jo, note a, le texte est exact : «qui
n'observe pas les commandements de la loi ». — P. "ja , 1. /| ,
lire ^i«fc*>| au lieu de ^vtei . — P. 38 , 1. 4 , au lieu de Ax» ,
il faut probablement lire v^a.au» « dans la rhair », ou peut-éirc
IvAAd «au tombeau». — P. \'i , 1. pénult., sans doute
bo.^} au lieu de ^>.lâr.
M. de Zwaan mérite notre reronnaissance pour celte publi-
cation (|ui nous fait ronnaitre une cruvrc théologiqtie très
intéressante.
R. DuvAi..
V. Keksuasp, Imlian Civil Service. Sri ums in ASCtByT P^nsiAN
HtSTonr. London, Kegan Paul, Trench, Trûlmer and Co. Lld ,
1905, pet. in-8*, X-186 p.
Le but de cet ouvrage est de donner un exposé succinct,
mais complet, de l'histoire de la Perse antique. Toutefois,
M. Kcrsbasp ne s'adresse pas au grand public; pour lire son
livre avec fruit il faut avoir déjà quelques notions de l'his-
toire ancienne de l'Orient, sans que cependant il soit néces-
saire d'être orientaliste de profession.
Pour écrire ces deux cents pages, M. Kershasp a utilisé
NOUVELLES ET M^LAMOÈS. 38l
tout ce que les auteurs grecs, latins et orientaux nous ont
laissé sur l'ancienne Perse, ainsi que les travaux modernes
des Européens, qu'il apprécie d'une manière assez sévère
dans son introduction. Il fait cependant une exception pour
Julien Mohl,dont il loue hautement la tradxiction et l'édition
du texte persan du Chah Nâineh de Firdoùsî. En revanche,
Gibbon, Malcolm, Rawlinson, Browne et Richardson sont
l'objet de ses critiques.
Les deux premières sections des Studies, toutes les deux
assez courtes, du reste, sont consacrées à la critique des
sources : d'abord des historiens musulmans, au nombre des-
quels on doit admettre Firdoùsî, dont le poème a une si
grande valeur historique, puis des auteurs grecs et latins.
A propos de ceux-ci, M. Kershasp signale, les défauts des
auteurs anglais, allemands et français ayant voulu traiter de
l'iiistoire orientale. La troisième, sur le caractère et la civili-
sation des anciens Perses comparés à ceux des autres nations,
est un chaud panégyrique de l'esprit persan, dont les au-
teurs grecs et latins signalaient, il y a bien des siècles, les
nombreuses qualités, ainsi que de cette civilisation sassanide
qui devait plus tard devenir la civilisation arabe, transformer
l'Orient et exercer son influence jusqu'en Espagne.
C'est avec le même enthousiasme pour le sujet qu'il avait
choisi ,. et aussi avec la même sévérité pour les auteurs euro-
péens , que M. Kershasp a traité les quatrième et cinquième
sections consacrées, l'une à l'âge héroïque de la Perse,
l'autre à la chevalerie persane et à l'influence qu'elle exerça.
L'authenticité des traditions pehlevies, la supériorité de
l'histoire persane sur l'histoire grecque, l'influence de la
Perse sur ses conquérants arabes et l'influence arabe-persane
sur l'Europe et en particulier sur la poésie occidentale , les
rapports des légendes médiévales avec la Perse, voici
quelques-unes des thèses qui y sont développées. M. Kershasp
conclut par cette affirmation : les mœurs et la religion mu-
sulmanes ne sont pas favorables aux sentiments chevale-
resques.
.^8Î SfiPTEMBRE-OCTOBRE 1906.
La «xièmè section, !\ofichirvân le juste, est la plus ionjs^io
de l'ouvrage. C'e^l un éloge ininterrompu du célèbre roi de
Perse, que M. Kershasp tient k cœur de venger de tontes les
attaques dont il a pu être l'objet. On a dit bien des choses
hasardées sur le despotisme oriental; NoùchirvAn, comme
législateur et comme administrateur, ne mérite que des
louanges; il ne fut pas un lvr;»n, mérita vraiment le litre de
• juste», et ne persécuta pas les chi-étiens, tel est. en
quelques mots, le contenu de cette partie de l'ouvrage. La
septième et dernière, consacrée h la chute de l'empire sassa-
nide, résume, en quinze pages, les grands événements qui
suivirent la mort de NoùchirvAn et la con(juête de son em-
pire par les Arabes. En définitive, déclare l'anteur, les per-
sécutions religieuses attribuées aux Sassanides ne sont qu*ane
légende.
Plein d'intérêt, r«»snmant en quelques chapitres la ma-
lière d'ouvrages volumineux, l'ouvrage de M. Kershasp est
d'une lecture » In fois agréable et instructive. Toutefois ses
jugements sur les savants eunipéens ne devront être acceptés
que sous réserves.
Lucien Bouvat.
ht LlvRM Dliiyocii , Iratliiil »ur le texte éthiopien par Frant^ois
Martin, professfur <le langues sémitiques à l'institut cafliolique
(le Paris, cl par L. Dclaportc. J. Franron. R. I.K'gris, J. Pres-
soir. Pari», I^louzey cl Ane, 1906, gr. ln-8°, p. CLI <i :'iii).
Les Apocryphes de l'Ancien Testauient ont leur impor-
tance pour l'histoire Je l'exégèse biblique et des origines du
christianisme. Des éludes critiques, échelonnées sur un grand
nombre d'années, ont fait la lumière sur ces documents
énigmaliques, et le temps est venu de les réunir dans un
recueil et d'exposer les résultats acquis de côté et d'autre.
Un travail de ce genre a déjà été entrepris à l'étranger, mais
il reste à l'aire chez nous '. C'est pour répondre à un tel dé-
* M. Basset publie une traflnction française des Apocryphes
NOUVELLES ET MELANGES. 383
sideratum que MM. Letouzey et Ané, éditeurs à Paris, com-
mencent, sous la direction de M. l'abbé François Martin,
une collection française intitulée Documents pour l'étude de
la Bible.
Pour arriver à la prompte exécution de leur programme ,
les éditeurs se sont assurés du concours de spécialistes connus
par leurs travaux : MM. Boxler [Livres sybillins); Cersoy
( Apocalypses de Baruch ) ; Labourt ( ///' et IV' Livres d'Esdras ,
Iir et IV' Livres des Machahées); Martin [Livre d'Hénoch,
Livre des Jubilés, Martyre d'haïe); Nau [Histoire d'Ahikar,
Vie d'Adam et d'Eve); Touzard [Testament de Nephtali);
Viteau (Prière de Manassé , Lettre d'Aristée , Psaumes de Salo-
mon. Testament des douze patriarches). Chaque Apocryphe
comprendra une traduction française, une introduction et
des tables détaillées.
La collection débute par le Livre d'Hénoch , que M. Martin
a traduit de l'éthiopien avec la collaboration de ses élèves à
l'Institut catholique de Paris.
L'Introduction, divisée en trois chapitres et comprenant
1 35 pages, est très développée; elle contient : une analyse
de cet Apocryphe ; l'exposé des doctrines qu'il renferme ; et
l'histoire du livre depuis son origine jusqu'à nos jours. Les
nombreux problèmes que soulèvent sa composition primitive
et sa teneur actuelle sont examinés et discutés avec un soin
minutieux ; on voit que l'auteur de cette introduction est au
courant des nombreuses publications qui ont paru sur cet
Apocryphe et dont la liste est donnée à la fin , dans la Biblio-
graphie.
La traduction mérite les mêmes éloges que l'introduction.
Les nombreuses notes qui occupent la moitié des pages,
souvent même les deux tiers, indiquent les variantes des
manuscrits éthiopiens et les leçons des fragments conservés
en grec; elles fournissent surtout les explications nécessaires
éthiopiens, mais jusqu'ici il n'a paru que de courts documents,
espacés à de longs intervaHes.
384 SEPTEMBRE-OCTOBKE 1906.
à l'intelligence du texte traduit. M. Martin a utilisé et dis-
cuté les recherches de ses devanciers; il y a joint ses obser-
vations personnelles. Assyriologue distingué, il a relevé
maints passages dans lesquels se trahit l'influence de la lit-
tératiire assyno-babyionienne. Il aurait pu aussi faire quelques
rapprochements avec les talmuds, les targoums et les mi-
draschs'.
Le livre se termine par ane table alphabétique des ma-
tières et des noms propres , une table des citations bibliques ,
une table des passages des Apocryphes, et une table analy-
tique.
Présenté dans un ensemble aussi parfait , le Livre d'Hénock
forme une publication commode et utile pour les théolo-
giens. Il mérile de servir de modèle pour les autres Apo-
cryphes de la collection de MM. Letouzey et Ané. C'est un
heureux début pour cette collection.
Au point de vue de la correction et de l'exécution typo-
graphique, le volume est irréprochable.
Nous souliaitous que les Apocryphes de l'Ancien Testa-
ment soient suivis, dans la même collection, des Apocryphes
du Nouveau Testament.
K. DUVAL.
' Au sujet (le Léviathao et de Behéraotk , p. i30,$ 7, le taimud
de Babylone, liàbâ Bdthrà. 74 f> . rapporte une tradition juive
suivant laquelle Léviathan et Behémoth avaient été créés mâle et
femelle, comme les autres animaux; mais, dès la Création, le
mâle avait été rhàtré et la femelle fut tuée et salée pour que sa
chair servît un jour à venir au festin du Messie; cf. le targoum
lenualmi 1 sur Gen. 1 , 3 1 .
Le gérant :
RUBENS DuVAL.
JOURNAL ASIATIQUE,
NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
UN SAINT MUSULMAN
AU XV^ SIÈCLE,
SIDI MHAMMED EL-HAOUwArI,
PAR
E. DESTAING,
PROFESSEUR À LA MÉDERSA DE TLEMGEIV.
(suite et FIN^)
Le saint répond à des questions posées mentalement
par les assistants. — Ibn Sa'ad rapporte le fait sui-
vant '^ : Un groupe d'amis m'ont raconté que maintes
fois se présentèrent, à des étudiants d'Oran et de
'Ilemcen, des questions difficiles au sujet desquelles
ils demandaient une solution aux maîtres de f époque.
Mais ils ne trouvaient pas, dans les réponses qu'ils
en recevaient, fapaisement de leur ardente soif de
savoir. C'est alors qu'ils se rendaient aux audiences
de Sîdi Mhammed. Ils se présentaient avec la foule
qui déjà se trouvait devant le saint, tout en ayant
' Voir le n" de septembre-octobre 1906, p. agS-S^a.
* Cf. Ibn Sa'ad, Rawda, fol. 7 v"; Ahmed Ben 'Alt, Et-Theglir,
fol» i53 v°, app. V, p. 439.
VIII. 5 G
386 NOVBMBRE-DKCEMBRE 1906. ,
i
à l'esprit Ces questions difliciles et, d'ailleurs, de
nature différente» Lorsque, selon son habitude, le
chîkh prenait la parole, il atta(juait ces questions
((jue mentalement on lui posiiit); il en donnait rapi-
dement la solution et exposait clairement les points
compliqués^ êds explications vtuient présentées sous
fonne d'exhortation.
Le saint pouvait même prédire l'avenir. Voici ce
que, à œ sojet, itioontent tes biographes :
Le saint annonce les présents que des navires lui ap-
portent. — Il était rare qu'un navire j)ortant des Mu-
sulmans abordât à Omn sans renfermer nombre de
cadeaux pourSîdi Mhammed. fl arrivait souvent que
le saint annonçait l'arrivée de ces présents avant
même qu'ils lui fussent apportés. Et los rhosos se
pasMiient comme il l'avait prédit '.
Sitti Mhâmmtd prédit (a mort dès enfants de « M«*/--
zoâq^». •— Le chtkh, le saint, le très savant, celui
qui, par sa générosité, sa pitié pour tes pauvres, fut
un signe de ia puissance de Dieu, Sîdi 'Abd vf
Hamid El 'Açnoûni , l'un des meilleurs compagnons
du chîkh Sîdi liahseii Aherkân , mo raconta dans sa
demeure à Wancherîs, l'onecdote que Toici : « Je ren-
dis visite, À Oran, au chikh Sîdi M-Haouwâri. L'ayant
sablé ^ je m'assis. Comme un individu l'interrogeait
sur un point de science, Sîdi Mhammed lui répondit :
' Cf. Ibîï Sa'ad, Rawda. fol. 36 r».
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIECLE. 387
« Pour cette question , il n'y a à consulter que Ibn
« Merzoûq qui n'a pas d'enfants. » Je fus tout étonné ,
dit le narrateur, de ces paroles du chîkh, car j'étais
certain que Sîdi Merzoûq avait deux fils^ Je vins à
Tlemcen et me rendis chez le chîkh Sîdi Lahsen
Aberkân, Je le saluai et voulus le mettre au courant
de ce qu'avait dit Sîdi Mhammed : « N'en souffle
« mot , me dit-il , avant d'en avoir infomié le chîkh
«Sîdi Mohammed Merzoûq.» Je partis; c'était au
moment de la chaleur. Je vins alors k la médersa
Menchâr El-Djeld, me disant : « Il ne m'est pas pos-
« sîble de me rendre chez le saint en ce moment ,
« mais je vais entrer dans cette médersa et y prendre
« le frais jusqu'à la prière du dohor; alors je rencon-
« trerai le chîkh , s'il plaît à Dieu. » J'étais ainsi à
penser quand, tout à coup, le chîkh Ibn Merzoûq
me tira par derrière et m'amena près de l'endroit où
passent les imâms^. Arrivé là, il me dit : « Raconte-
« moi ce que tu as entendu dire au chîkh Sîdi Mham-
« med El-Haouwâri. » Comme je n'étais que depuis
peu de temps seulement à Tlemcen et que je n'avais
averti personne de ce qui s'était passé, je demeurai
tout surpris de voir que Sîdi Merroûq avait tout
deviné. Lorsque je lui eus raconté ce que m'avait dit
Sîdi l'Haouwâri , il s'écria : « Louange à Dieu qui me
« les a enlevés » (il voulait dire ses deux enfants).
Ainsi le chîkh avait déduit des paroles du saint
1 Cf. T, N. Au lieu de u-^Ç je lis
^ Cf. T, N, M. On pourrait peut-être lire dans le ms. de Si
Bachir : *-»MÎ **->>*' iW^ **t^ J^ •
26.
388 NOVEMBRE-DECEMBRE 1906.
d'Oran que celui-ci avait reçu, à ce sujet', une révé-
lation d'en haut, et que ses deux enfants devaient
prochainement mourir'^.
Le saint annonce la mort du sultan « Aboii Fâres ».
— Mon frère, Sîdi *Ali 't-Tàlloûti, raconte le chikh
Senoùsi , me fit le récit suivant : « Lr sultan de Tu-
nis, Aboù FVires, s'était mis en marche sur Tlemcen,
alors gouvernée par le sultan Ahmed. Ce dernier, qui
avait grand peur de son adversaire, descendit auprès
du chikh Sidi Lalisen ben Mekhloûf et lui dit : « Cet
«homme, tu lésais, s'avance vers nous. Lequel des
« trois partis suivants me conseilles-tu de prendre :
« ou bien aller à mon ennemi et l'attaquer en chemin ;
• — ou bien l'attendre ici ; — ou bien partir pour
« Honeîn^ et là m'embarquer pour l'Andalousie? —
• Je ne sais que te dire, répondit le chikh; mais il y
« a ici quel((u'un qui pourra apaiser tes craintes dans
«cette affaire. 11 s'agit du chikh Bokhli, khedîm
« de Sîdi '1-llaouwàri. Tu pourrais l'envoyer auprès de
« son maître avec une lettre dans laquelle tu lui ex-
« poserais ton affaire. • Et Sîdi Lahsen fit venir Sîdi
Bokhti*. Quand le khedîm se présenta, le sultan
' Je lirais : L^IjoU.;.
* Cf. Ibn Mkrvem, Bostàn, fol. adi v" et suiv., app. 111, p. /|i/i.
^ Cf. N et M.
* Je traduis en suivant T, N. Je n'ai trouvé , sur ce saint per-
sonnage, que le passage suivant, que je résume (leMAZAni, Toitlou,
fol. i3 = ^jw. ijlSf (?) jyi ^>L^ jj-fj,> .>llr ^^ i^ 2?-*^' ^^^9
^ J^UJI 0^1 JJUI yU; ^ ^L^JI oJajUl ^ ^Ul y^M J^l
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIKCLE. 389
était assis : « Je veux , lui dit-il , que tu in apportes
« de suite la réponse du chîkh. » L'autre promit de
s'en charger. Le sultan, étant remonté à Tlemcen,
écrivit une lettre qu'il scella et remit à Sîdi Bokhti.
« Lorsque j'entrai auprès de Sîdi 'i-Haouwàri , raconta
« le messager, il s'écria avant d'avoir vu la lettre du
« sultan, avant même que j'eusse parlé du prince, et
« sans me laisser l'informer de rien : « 0 Bokhti, nous
« n'avons nul besoin de fréquenter le sultan ; qu'est-ce
« donc qui nous a conduits vers lui?» Je répondis :
« Sîdi , toute cette affaire s'est passée en présence de
« Sîdi Lahsen , et je n'ai pu rester neutre ^ » Le chîkh ,
entendant que le nom de Sîdi Lahsen était mêlé à
cette affaire, ressentit, sur l'instant, une certaine
joie, qui dilata sa poitrine. Puis il me dit : « Tu peux
« demander la hccliâra à celui qui t'envoie. Dis lui :
« Tu ne verras pa le sultan Aboû Fàres et lui non
« plus ne te verra jamais. » Le chîkh Bokhti revint ,
en hâte, près de nous. Tout d'abord, il se présenta
devant Sîdi Lahsen et voulut l'informer de ce que
lui avait dit Sîdi '1-Haouwàri. Mais Sîdi Lahsen
l'en empêcha , lui disant : « Tiens secrète la chose
« qui t'a été confiée jusqu'à l'arrivée du sultan. » Il
envoya chercher ce dernier, qui descendit après la
prière de l'aser. Le chîkh Bokhti, avec lequel il eut
un entretien privé, lui fit connaître la réponse du
^;'>-#-'' **^ j^-û-'W fè^^^ tr^^ir^' ^-^r^TÎ {^i ^y^ ^ ij^'' ^^J^
' Leçon de T, N , M.
390 NOVKMBRE-OKCEMHRE 1906.
chikU W-Huouwàri. U^ sultan en éprouva une grande
joie et tloni)a au messager ia sontnie de vingt dinars en
récompense de la bonne nouvelle qu'il a\ ait apportée,
ot pour la peine qu'il avait prise. 11 était de son de-
voir de donner au seorviteur ceint dinars et même
plu», en raison de l'étendue* du malheur que, en
cette circonstance, Dieu détourna de lui. Or, voiri
ce que Dieu avait décrété et décidé* : Le sultan Aboû
Fàres, étant arrivé au Djebel Wancherîs et en ayant
soumis les populations^ par la force, mourut^ sans
maladie préalable*, le jour de la fête, au moment
où les jurisconsultes attendaient^ qu'il vînt faire la
prière de ïid. Son petit-iils~ dut revenir à Tunis
en toute bâte*^ et dans de mauvaises conditions.
' Cf. N.
' Syr c»'l rvéneinent , cf. Zkrkechi, Chronitfue des Almohadtt et
des Hafsides . trad. E. Pagjtaîi, Conrtantine, 1895, p. a 10 et suiv. ;
Babsis, CompUmtnU. p. 396; BlioaSBLAllO , Mémoire ipiynpkifne ,
p. 87; Ibr DÎkÀb, Kl Kitdb El Moines, p. i44 el ^^là <le i édition
cl«» Tunis, p. a6o de la traduction Pellissier et Bemusat, donnée;
flan» \e tomp VU de VEiplnratinn scientiftqnr dt ï Alqârie; Ahmrd
BAba, Nil. p. 3o3; Ibn Mjuibm. liostàm. fol. y'\Tk et .suiv.,
app. 111, p. 417; £t> Mazaiii, TouIqû\ fol. 7, «pp. VI, p. 434.
» (S. T.M. N.
* Je lis trec T, N : -^ ^ c»L. .
» a. T. N.
• Leçon de T, N.
' Je rétablis ce mol avec Zerlechî, p. a 10 ée la traduction.
ErMaiari dit : «son fils» {Tomloi'. p. 191).
^ L'événement est ainsi rapporté dans Toulou à la suite de la
légende résumée (p. 435) : l la Gn de Ramdhân de l'année 832,
Aboû Kâres, ayant fait halte à Fedj Essedr {^J<-JT *), en face dn
I))eb€4 Wancberis, mourut subit<*menl dans la matinée de Vid el
fitr (rupture du jeûne). On attendaitla venue du prince pour la prière
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIKCLE. 391
C'est ainsi que la prédiction du chikh se trouva
réalisée ^ »
Sîdi 'l-Haoïiwâri révèle sa vocation à Sîdi 't-Tâlloâii.
— Le chîkh Sîdi 'Ali "t^Tâlioûti m'a raconté cette
anecdote : « Mes premières occupations consistèrent
à apprendre le Qorân che* les Arabes nomades avec
lesquels je chevauchais, et que j'accompagnais par-
tout où ils allaient. Une fois, nous entrâmes à Oran.
Les chîkhs, mes compagnons, allèrent rendre visite
à Sîdi Mhanimed El-Haouwâri. Je le$ y suivis, mais
sans grand désir de ma part, tellement j'étais sot.
Mes camarades ayant quitté le saint, je m'avançai
vers lui et le saluai. Il m'interrogea sur ma profes-
sion. Je l'entretins alors de ma vie en compagnie des
Arabes et des rapports que j'avais avec eux ; « Cesse
« de vivre avec ce.s gens , me dit le chîkh , tu tireras
« un énorme profit à t'en séparer. » Puis , élevant ses
regards vers le ciel et les reportant sur moi , il disait :
« Quelle immense fortune t'arriverait si tu les quit-
« tais ! » Et il continuait à regarder, tantôt vers le
ciel et tantôt vers moi, en répétant plusieurs fois
ces paroles.
(le la fête, et déjà les assistants craignaient d'en voir paasar l'heure.
Son fils vint auprtîs des tontes et trouva le sultan sans vie.»
Zerkechi termine ainsi : «Quand son petit-fils et héritier pré-
somptif, Ahoii 'Abdallah Mohammed El Montacer, connut cette mort
subite, il défendit de la divulguer et alla lui-même dire la prière
du sacrifice; puis il reprit avec découragement la route de Tunis
en faisant annoncer que le sultan, tomhé malade, était porté en
litière.» (P. au, trad. Faqnan.)
' Cf. Ibn Meuïem, Bostân, fol. 242, app. 111, p. .'117.
3W NOVKMBRE-DÉOEMBRK 190(>.
« Je sortis de chez lui sans intention aucune de
me séparer de mes compagnons. Mais Dieu, sans
tenir compte de ma volonté, se chargea de m'éloi-
gner d'eux en me frappant de maladie. Or il arriva
que mes compagnons, s*étant révoltés contre le
sultan, durent partir pour le Sahara; leurs ennemis
héritèrent d«» leur place. Et j'avais tellement peur de
ces gens qu'il me fut dès lors impossible de rester
dans la région de Tâlloût'. La destinée m'oblig«'a à
entrer k Tlemcen , bien que cette ville ne me plût
pas et que je n'eusse pas dessein d'y venir. Puis je me
rendis dans la montagne qui domine Tlemcen. Pen-
dant quelque temps, j'y cherchai des trésors. Car,
dans ma pensée , et confiant dans la promesse de Sîdi
Mhammed, ces biens qui devaient être miens au mo-
ment où je me séparerais des Arabes n'étaient autres
que les biens de ce bas monde, aveuglé que j'étais
par mon ignorance, par le profond attachement de
mon cœur aux trésors terrestres et par l'idée qu'il
n'existait pas d'autres richesses que celles-là. C'est
alors que Dieu me prit par la main , et que je des-
cendis chez le chîkh Sîdi Lahsen Ben Makhloûf.
« Telle est la raison cjui ouvrit mon cœur à l'amour
des richesses de l'autre vie , et qui , me faisant aimer
la science utile, me retint au service du chîkh jus-
' H s'agit de Tftiloût, située dans le voisinage de Tiharet. L'au-
teur du manuscrit intitule iL.».,»^.»^! â3^L^\ ;^-^I cr» Âjy^t ))^^^
donne quelques détails sur relie ville (fol. 71 r°) et la place aux
environs de l'Oued Sonsellem [Lm.^. ^>>'^) et du Nehar Ouàsel (-.fj
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIECLE. 393
qu'à la mort. Ce saint expliqua plusieurs fois en nui
présence toute la Risâla de Ibn Abi Zeîd, en ap-
portant à son enseignement un talent auquel nul n'a
atteint. Dieu est le plus savant. Je fis ensuite la
connaissance du chîkh Sîdi Mohammed Ibn Mer-
zoûq. Ce fut seulement lorsque je sus ce qu'étaient
les biens de l'autre vie, et une fois que l'abjection
de ce monde et de mes passions m'eut clairement
apparu que je compris nettement ce qu'avait voulu
dire le chîkh Mhammed El-Haouwâri^ »
Le saint devine dans (fuelles conditions SUi Lahsen,
lui rendant visite, a accompli son voyage. — « On m'a
raconté ce qui suit, dit Ibn Sa'ad. Une fois Sîdi
Lahsen Aberkàn vint, pieds nus, à Oran, dans le but
de rendre visite à Sîdi Mhammed El-Haouwâri. Dès
qu'il fut entré près du saint , celui-ci lui dit : « Tu as
« accablé ton corps de fatigue par cette course faite
« à pied ^. »
Le saint était tellement en faveur auprès de Dieu
qu'il lui suffisait d'exprimer un vœu pour qu'aussitôt
celui-ci se trouvât exaucé^. En voici des exemples :
* Cf. Bostàn. fol. 245 t", app. III, p. ^21.
* Cf. Eawda, p. l^^; Bostàn. foL a'io v", app. III, p. 4iâ.
^ C'est là une de ces karâmât que le chîkh Ibn 'Atallah ap-
pelle Â.-.^>. ïjiâllà : «Les karâmât, dit-il, se divisent en deux caté-
gories. Les unes sont apparentes, sensibles, par exemple : allonger
ou raccourcir les distances, marcher sur l'eau ou voler dans les
airs, obtenir la pluie quand ce n'en est pas le moment, faire
jaillir des sources sans creuser le sol, dompter les bétes féroces,
faire produire des fruits à un arbre sec, etc. [Letâif El-Minan).
Mais il est des miracles plus curieux encore ; ce sont ceux que les
aM NOVEMBRE-DECEMBRE 1006.
Sur le v(£H du chikh. Dieu fait mourir « 'Otkmdn ».
— »'Othmân*, raconte Ibn Sa'ad'^, était pour les
Arabes ud oppresseur semant le désordre, m\ lyran
diiapidateur. H s'erapara , dit-on , d'un bien apparte-
nant à l'un des compa<{nons de Sidi Mhaïuuied. Le
saint envoya aussitôt auprès du prince un de ses
serviteurs, pour défendre le droit de l'homme spolié.
Lorsque le khedim arriva devant 'Othmân, il tint au
prinoe iin langage sévère. 'Otlnnàn le lit aussitôt
arrêter et ordonna sa mise aux fers*.
s«rns ne sauraient percevoir ( j^^Jobt), t<*is que : connaître parfaito-
raent Dieu, le craindre profondément, avoir en lui une parfaite
confiance, etc.» (MilIlI, Mawàkib . (o\. 38 et 54 de mon manu-
scrit)
' ^jyu«;i ^^^ ^ (j^-^t de la tribu des Béni 'Amer (f^t Thaghr.
fol. i53, app. V, p. Aag)-
' Ib!» Sa'ab, Rawda, fot. 45 v*.
'.Le récit est quelque j>eu différent dan» ^i7 hU-fht . p. 3i8 :
Mon frère 'Âli, dit te chikb Senoùsl, m'a raconté que 'Othmân
Ben Moûsa I-Mcs'oiîdi El-'Amri ^tait un grand tyran. Il volait et
assassinait sans scrupule. Une fois, comme il avait dépouillé une
personne que protégeait Sldi Mliammed, ce cbikh envoya aussitôt
tin senitfeur à Stdi Labsen Ben Makbloâf, le cbnrgeanl de lui
dire de sa part : tJe ne connais pas 'OtbmÀn^toi, tu lo connais;
écris-lui pour qu'il restitue à notre ami ce qu'il lui a dérobé.» Le
cliîkb Sîdi Labsen écrivit à SItmàn Ben Moûsa, frère du coupable,
une lettre conçue à peu près en ces termes : «Je te prie instam-
ment d'aller, toi-même, trouver ton insensé de frère et de lui
dire : < N'as-tu pu trouver, comme victimes de tes rapines, que des
«personnes qui se réclament de Sîdi "l-Haouwàri. Tu verras quel
«sera le châtiment de la mauvaise action si tu ne rends aussitôt,
« au protégé du cbikb , ce que tu lui as pris. » Le cbikh Mhammcd
avait , lui aussi , écrit à ce voleur de 'Othmàn une battre dans la-
quelle il lui ordonnait de rendre à son protégé ce qu'il lui avait
dérobé. 'Otbmân n'en devint que plus insolent. Il Gt arrêter et
mettre aux fers le serviteur qui avait apporté la lettre. -- Voir le
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 395
« Les gens trouvèrent le procédé excessif de ia part
du prince et mirent celui-ci en garde contre la vio-
lence de caractère de Sîdi Mhammed. Il ne les écouta
pas et ne répara pas son injustice. Lorsque cette
nouvelle parvint au chikh El-Haouwâri, le saint
éclata en imprécations contre 'Othmân , et Dieu en-
tendit sa malédiction. Ce même jour où Sîdi Mham-
med demanda à Dieu la punition d'Otlimân, le
cheval que montait celui-ci broncha sous son cava-
lier. On accourut et on trouva 'Othmân mort. Sa
famille aussitôt mit en liberté le khedîm du chîkh
et lui rendit son bien,
« Abou 'Abdallah Es-Senoûsi m a donné, sur celte
aventure, des détails complémentaires provenant de
personnes sûres, qui, elles-mêmes, les tenaient de
Sîdi Ibrahim Et-Tâzi. «Le chîkh Sîdi Mhammed,
« me dit-il , était assis à sa place habituelle , lorsque
« lui parvint la nouvelle que 'Othmân avait arrêté
« son serviteur et l'avait chargé de fers. Le saint fut
« pris d'une colère si violente que son visage en devint
« noir. Puis, se levant précipitamment, il entra dans
même récit dans Bostân. fol. 2^3 , app. III, p. 4i8; Toulon , fol. 8.
On lit aussi dans le Bostân (fol. 2 4 5) : Le lendemain, le chîkh Sîdi
Lahscn entra près de nous, qui l'attendions dans la mosquée où il
enseignait. Un large sourire s'épanouissait sur son visage; il s'assit
et nous dit : «Le brigand a eu hier son affaire réglée. Dieu l'a fait
mourir d'étrange et cruelle façon; le chîkh a hâté son châtiment.»
Cela signillait que la colère du saint avait été telle que celui-ci avait
maudit 'Othmân avant que la lettre du chîkh Sîdi Lalisen eût pu
être remise au coupable par son frère, lequel eût désiré an-anger
l'affaire par la douceur et la persuasion. Cette légende est bien
connue à Oran.
3M NOVEMBRE-DÉCEMBRK 1900.
« son oratoire. Et je IVntendis qui disait : « Aplati !
« aplati M » Or, cp iiiom»* jour, continua Sîdi Ibra
«hîni, il se trouva que c'était fètt» au ramp d'Oth-
« mân Ben Moûsa. Cependant que le prince faisait
« courir son cheval dans l'arène , les personnes pré-
« sentes au camp, hommes et femmes, virent tout à
«coup un personnage tout blanc enlever 'Othmân
« de son cbeval et le lancer contre terre. On vint à
« lui et on le trouva aplati , la tête ayant pénétré
■ dans le ventre. Sa mère aussitôt se leva , donna la
« liberté au sorviteui' du chiLh et rendit le bien volé.
«Puis, revenant \ers son fils et pleurant sur son
« sort : « Je t'avais mis en garde contre la puissance
« du cbîkh , lui disait-elle , et tu ne m'as pas écoutée ^ ! »
■ Considère, lecteur, avec quelle violence le saint
se jeta sur ce misérable et de quelle manière l)i«Mi
tira vengeance d'Othmàn et en débarrassa le pays
et les hommes. ■
Le saint livre Oran aax Chrétiens *. — Les Espa-
gnols n'entrèrent pas à Cran du vivant de Sîdi
Mhammed, mais seulement soixante-douze ans après
' Comme s'il avait voulu indiquer à quelqu'un, (ju'il rli:n^ruil
Ae faire mourir 'Othmân, te genre do suppliro qu'il réservait à
retui-ri [Boslân , fol. sH v", app. III, p. ^5o).
* (^f. Ibh Sa'ad, Hawda. fol. 46 r°; AiiMEn BAnA, Nil. j). 3i8;
et aussi la variante de Ahmrd Beîi 'Ali, El-Thrghr. fol. i.S.l,
app. V, p. iag.
* Cf. Boû Râs, 'Adjaib. trad. Ar«(add, p. 78, texte <^d. Basset,
p. 70; et Ren^ Basset, Dictons, p. io-^i; Fnstm chrnnnloijiqnrs .
p. 65.
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIECLE. 397
sa niort; Us nv sVtablirent , en eft'et, dans cette ville,
qu'en Tannée 9 1 6 H. (i 5o8-i5o9 de J.-C.) ou gi 5 U.
(i Sog-i 5 1 o de J.-G.). S'ils purent s'en rendre maîtres,
c'est grâce à ia malédiction que le chîkh lança contre
Oran et ses habitants. En effet, les gens de la ville,
agissant contre tout droit , avaient fait mourir injus-
tement Ahmed El-Haîdj S fils du saint, par pure ini-
mitié. Le meurtre eut heu à l'endroit qui , actuelle-
ment, est désigné sous le nom de la victime : l'oued
qui y coule s'appelle Oued El Haîdj ^. Les Oranais
prétendaient faussement que le fils d'El-Haouvvâri
était un danger pour leur tranquillité^. Le chîkh,
mis au courant des faits, tout d'abord se tut. Mais
sa femme, la mère d'Ahmed, l'excitait contre les
habitants d'Oran, à tirer vengeance du meurtre de
leur fils. Gomme le saint ne l'écoutait pas, un jour
elle se dirigea vers une poule qui se trouvait là , con-
duisant des poussins. Elle en prit un , sous les yeux
du chîkh. La poule aussitôt accourut et se mit à lui
disputer son petit qu'elle voulait sauver. Comme
la poule poussait des cris : « 0 El-Haouwâri , dit la
femme du saint, vois donc à quel point cette poule
' L'auteur de Bisâ El-Mouloûk l'appelle Mohammed J^ Ulj
* A quelques kilomètres au sud-ouest d'Oran. Cet endroit est
cité à diverses reprises par Ibn Zerfa dans sa Bilda (Cf. 0. Houdas,
Notice, p. Si, 70, 72); il le place à l'est de l'Oued Ifri.
^ On raconte à Oran, à Tlemcen, que Ahmed, hls d'El-Haou-
wâri était ivrogne, suivait les femmes, détournait les épouses de
leurs devoirs. Un jour, dit-on, il était assis sur la Blansa (place).
Une noce vint à passer. Au grand scandale de la' foule, Ahmed s'en
vint arracher le voile de la jeune mariée pour voir son visage.
398 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
est jalouse de sou petit. Et toi, tu ne vengerais pas
ton ojifant, victime de rinjustice et de l'iniquité P»
Et \x>ilii que le chikh entra dans une violente colère.
S'adrehsant aux liahitiints d'Oran : « Poui* quel motif,
leur dit-il, avex-vous tué uion fils, qui (itait la joie
de mes yeux, le Iniit de mon coeur et comme une
{)artie de nioi-mêiiie * ? — Parce que, n'pondirent
cet gens, il s'était rendu coupable d'une faute dû-
ment constatée : c'est ia loi qui Ta lait mourir. —
Qui donc, parmi nos savants, repnt \v saint, a pix)-
noncé ne ju'^emenli' — Mais, n''pondit-on , nous
n'a%ions pas besoin de jugement en cette circons-
tance. Seulement, nous avons vu dairement que Ja
loi condamnait ton (ils à mort, et par suite nous
ra>ons lait mourir. — Et vous osey> prétendi"e,
s'écria Sidi Mhammed, que la loi a ordonné de tuer
mon iîlsP Mais votre accusation est si peu précise
que El-Haouwiu*i ne saurait pardoruier le meui*tre
de son enfant. Et si, en appan^nce, vos assertions
sont fondées, en allant au fond des choses, ce que
vous n'avez pas fait, on découvre (pie uiou fils était
innocent et vos calomnies sont réduites à néauL »
Alors El-Haou\vàri livra Oran aux Chrétiens; il
' D'après la légeudc qui e^l (lam tuulus les bouciics à Oran et aux
enviroas, les habitants Je la ville, outrés de la cuuduite du fils d'Ël-
llnoiiwâri, allèreat trouver le saint :« Un individu, lui direot-ils,
s'est rendu coupable de telle faute. Quelle peine doit-on lui inili-
ger? — 11 mérite la mort, jugea El-ILaouwâri.» Or c'était son lils
qu'il venait de condamner, et Alimed fui nus à mort. (Xce passage
de aUàt El-Moalftûk : ^jl (j^i *^ U Jut j ^iyV ^<#^^4^ O^i
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 399
était , en effet , k sultan de la ville , le maître de ses
destinées, et il comptait parmi ceux qui, lorsqu'ils
s'adressent à Dieu , obtiennent l'exaucement de leurs
vœuK^ Voici les termes de sa malédiction :
« Va , Oran , la libertine ! Toi , si féconde en injus-
tice , en iniquités , en calamités !
« Ô toi qui es peuplée d'oppresseurs et de voleurs,
je te cède , par la seule vente qui te convienne , aux
Chrétiens de Malaga et de la Galice ! Jusqu'au jour
de la Résuri^ection et de la Rencontre , tant que tu
reviendras, tu seras répudiée^! »
Lorsqne le chîkh eut prononcé ces paroles, l'un
de ses disciples assistant à cette scène (je pense que
c'était le chîkh Ibrahim Et-Tàzi) demanda : « O Sei-
gneur, et la joie suivra? — La joie reviendra », répon-
dit-il. Le chikh Aboû 1-Hasen 'Ah El-Asfar^, de
' Divers biographes 'donnent à Ei-Haouwàri le titre de qolb
(pôle); sur cette appellation, voir Docttk, l^s MaraixmU, p. 27;
r/f/âm, p. 39, et Blochet, Esotérisme musulman.
^ JuULxJl mis sans doute pour *liJ ou ciSÛJ! (Cf. Qor. XL, i5).
On dit à Oran que, dans sa colère, le chîkh voulut tout d'abord
jeter la ville à la mer. Ses disciples durent intervenir poar le
détourner de son projet. Cf. Walsin-Esterhazy, Dom. tarqac ,
|). 102 : «Sîdi Mohamaied-ben-Awari lança à cette ville (Oran)
la malédiction suivante : «Oran, ville de l'adultère, voici une
« prédiction qui s'accomplira : L'étranger viendra dans tes murs
«jusqu'au jour dn renvoi et de la rencontre.» — Ce passage est
reproduit par Fev , Histoire d'Oran , p. 5 1 . — Nui ne songera à
reprocher au saint sa sévérité à l'égard des gens d'Oran. Voir à ce
sujet : Ahmed ben 'Ai.i, FA-TImjhr, fol. i53 r", app. V.
' Ce personnage est enterré à Agadir, à quelque distance du
tombeau de Sîdî 'd-Daoudi , tout près de celui de î>îdi Menouer. Je
n'«i relrowvé aucune inscription dans cette hawita, mal ("entretenue
et qu'ombragent un olivier et un inicocoidirr.
400 NOVEMBRE-DECEMBRE 10U6.
Tlemc«^ii , lut Irnioiii du t'ait qui vient il etro ra-
conté'.
L'un des disciples du saint, Ibrahim Et -Taxi,
dans une qasida riinée en » [ta), avertit les habitanb
d'Oran du sort qui les attendait'.
Puissance mystérieuse du saint. — Le vertueux
chikh, le pèlerin béni, Sidi Mansoùr Ben 'Amer Ben
Dilami m'a mconté ce qui suit : « Je vins une fois à
Oran et je rendis visite au chikh Sîdi Vlhammed El-
Haouwàri. Le saint m'interrogea sur l'état de ma
santé. Puis, sachant que j'avais une zaouia et que les
gens, en vue d'obtenir la sécurité pour leurs per-
sonnes et pour leurs biens, usaient de mon nom :
«Il n'est convenable, fit-il, de se mettre à la tête
• d'une, zaouia et de protéger les gens que pour celui-
4 là seulement qui est lui-même protégé par Dieu^ et
« à la personne duquel nul ne saurait nuire, non plus
« qu'à tout ce qui est sous sa sauvegarde. Et le moins
' Cette «lecdote se trouve dans El-Maz\ri, Toulon, toi. 9,
app. VI, |). 43(). — Voir aussi Gorghos, Notice, p. 46o. — El-
Djàmi'i, Commentave , fol. i5; app. IV, p. 4a5; Ahmed Be> 'Ali,
Et-Tlie(jhr. loi. i53, app. V, p. 43o. Lir»' dans ce dernier auteur
une longue discussion au sujet de la date à laquelle Oran devait
rentrer au pouvoir des Musulmans (fol. iS^ r*, app. V).
* Cf. B06 RAs, 'Adjaib. trad. Arnaud, p. 78, texte R. Basset,
p. 70; voir aussi : Walsik Esterh\7,y, Dom. tarqne , p. 191 et
suiv.; Fey, Hist. d'Oran , p. îSs. — El-Maz\ri, Tonlou, fol, 61.
•'' Cf. ces paroles de Aboû 'I-Mersi [Letàif El-Minan . p. 27): • Le
saint est avec Dieu comme le lionceau près du sein de sa mère;
vis-tu jamais celle-ci l'abandonner à ceux qui viennent le lui
ravir?»
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 401
« qu'il pourrait faire , ce serait de causer de vives souf-
« frances aux gens qui porteraient préjudice , soit à
« lui , soit à ceux qu'il protège , rien qu'en les tou-
« chant du pan de son vêtement ; sinon , il trompe le
« monde. » C'est là à peu près ce qu'il me dit.
« Le chîkh étant parti , je montai en haut de la
zaouia auprès de Sîdi Ibrahim Et-Tâzi, pour lui
rendre visite. Lorsque je l'eus salué, comme il avait
entendu le chîkh El-Haouwâri me parler de douleurs
vives , il me dit : « Une belle occasion t'a été offerte
M par le chîkh et tu n'en as pas su profiter. — Quelle
« est donc, m'écriai-je, cette occasion que j'ai laissé
« échapper ? » Sîdi Ibrahim expliqua : « Au moment
« où le chîkh prononçait ces mots : « Le moins que
« puisse faire celui à qui les gens se confient serait de
« causer des souffrances aiguës , avec le pan de son
« vêtement , à tous ceux qui se permettent de lui man-
« quer de respect », à ce moment, dis-je, tu aurais dû
« lui dire : « 0 Sîdi, je désire cette faveur et je compte
« sur toi pour me la faire obtenir. » Je répondis : « Ma
« sottise m'a empêché de penser à cela. — L'occasion
« est passée , dit Sîdi Ibrahim ; mais , s'il plaît à Dieu ,
« je ferai en sorte qu'elle se représente pour toi. » Mais
telle était ma sottise et si grande ma stupidité , que je
partis sans avoir demandé au chîkh Ibrahim de tenir
sa promesse ^
Sar l'ordre du saint , une chienne délivre un Musul-
man , captif des Chrétiens. — Une femme avait son
' Cf. In\ Meryem, Bostân , fol. 246, app. 111, p. 421.
VIII. 27
403 NOVEMBRE-DECEMBRE 1006.
fils prisonnier et vint auprès d'El-Haouwnri se
plaindre de son nialheui* :« Va, lui dit le suint, pré-
pare un plat de thiid^ et de viande et apporte-rlo
moi.» Klle obéit et, se conformant à Tordre du
chikh , elle apporta à celui-ci un plat tel qu'il le lui
avait commandé. Sidi Mliammed le donna à une
chienne qui était là, allaitant de jeunes lévriers.
Lorsque l'animal eut fini de iiiang(;r : <« Cours , ordonna
le saint, à tel endroit do telle ville, située sur le rivage
du pays des Chrétiens (que Dieu les extermine!) et
amène-moi le fds de cette l'enimc, qui est prisonnier
là-bas. * A l'instant, la levrette partit. Par le pouvoir
de Celui qui , à la puissance de ses saints , soumit les
flots, die traversa la mer. Elle trouva, dit-on, le
captif venant d'acheter de la viande^ pour la Chré-
tienne qu'il servait, La chienne lui prit la viande des
mains. Par crainte de la Chrétienne, le captif piour-
sui\it la levrette jusqu au moment où une rigole se
présenta à lui. Il la franchit, par le pouvoir du Tout-
Puissant, bien que ce fût la mer. 11 suivit la chienne
jusqu'à ce que celle-ci l'eut rendu à sa mère, à Oran.
Un fait de ce genre est d'ailleurs, pour les saints,
chose relativement simple^.
' Sur ce meU, c£ ma brochure iiirVEnnâjer cket lei Ikni Snoûs,
dans la Rev.afr.. n'a56 (igoâ), p. 6i.
* Du foie (Ahmed Ben *Ali et Es-Sebbâgh); des tripes (Toidou).
' Cf. Es-Skbbàgh, f" laS, app. II, p. 4»o. — Le même récit se
trouve avec de rares variantes dans AhmeoBrn Mohammed, Et-Theçjhr.
f ià3, paaaage traduit par Gorccos, Notice . p. à6o. Cf. aussi El-
Mazari, Tonlon. C S. — Es-Sehbâi;h ajoute : «Les miracles de Sîdi
£l-Ilaouwàri sont nombmix. mais je n'ea ai pas cimnai séance. »
UN SAINT MUSULMAN AU XV' SIÈCLE. 403
Mcqlâch tombe malade après s'être permis de contra-
rier Sidi Mhammed. — Aboû 'Abd AUah Ibn El-
Azraq rapporte l'anecdote suivante ^ :
« J'ai lu dans l'ouvrage d'un auteur contemporain
que le cbîkh, le saint, le pieux, le célèbre Aboû 'Abd
Allah El-Haouwâri , installé à Oran , composa un ou-
vrage intitulé Sehoâ, accompagné du Tenhîh. Le
jurisconsulte Aboû Zeîd 'Abd Er-Rahmân, connu
sous le nom de El-Meqlâch^, prit ce livre, retoucha
certaines parties au point de vue de la mesure ou de
la correction grammaticale , puis l'apporta au chîkh
en lui disant : « Sîdi, j'ai corrigé ton Sehoa. — Ce
Selwû , répondit Sîdi Mhammed , s'appellera le Sehoû
de Meqlâch ; quant au mien , c'est le Sehoâ des faqîrs ;
on ne doit tenir compte que du sens. Mhammed
El-Haouwâri n'a que faire de la correction et de la
mesure. J'entends même que mon Sehoâ reste tel
qu'il est. »
A ce sujet, Ibn El-Azraq observe : IHusieurs poètes
ont dit ( Taivil) :
La perfection du langage ne te sera d'aucune utilité, si
tu ne crains pas Dieu\
Jamais une langue incorrecte n'a déconsidéré un homme
de piété.
' EUe se trouve clans Ahmed BAuA, Nil. p. 317; — Ibn Mbhyem,
Bostân, P 289 v", app. III, p. 4i3; — El-Maïari, Toulou, f° 16.
On y fait allusion dans Eddourrat El-Aniqa ^ P 4 du manuscrit de
Si Bagbdudi.
* Ce personnage est cité dans ël-Mazari, Toulon, f 16, qui se
borne à dire : «^UJI yy>-!t ^J^ (J^i-
^ Kl-Mazari, Tonlou. T' 16, fait précéder ce vers de drii.v
a?.
404 NOVEMBRE-DECEMBRE 1906.
Pour avoir causé au saint ce désajjrômenl, 'Abd-
Er-Rahmàn ne cessa d'être agité d'un tremblement
nen eux jusqu'à sa mort.
De son vivant, Sîdi Mhainmed était respecté et
craint dans toute la région avoisinant Oran. A cette
époque troublée, le pays était inlesté de brigands'.
L'autorité des princes étant insuflisante à assurer la
sécurité, les babitants plaçaient leurs personnes et
leurs biens sous la protection de Sîdi Mliannned.
C'est ce que conlirnie le passage suivant du Bostdn^:
Le saint garantit à nn individu la sécurité pour sa
personne et pour ses biens. — Mon frère , Sîdi 'Ali 't-
Tàlloùti, me fit également le récit suivant^ : «Un
homme vint, un jour, de la ville d'Oran et demanda
à être admis auprès du cbîkb Sîdi Labsen*. Celui-ci
le lui accorda et j'entrai en même temps que lui.
Cet bomme exhiba un document appuyé de divers
témoignages. Il me le tendit et je le lus au cbîkb. En
voici la teneur : Les témoins dont les noms figurent
à la suite du présent acte, attestent que le saint, le
vertueux, le pôle (suivaient une foule de qualités à
autres : «Ma langue est éloquente et ne laisse échapper que des
lerines précis. Puisse-t-elle être sauvée au jour du jugement dernier !
— Car si en ce monde, je la trouve agile, je crains de la voir
bridée au jour de la Rt-surrection. »
' Voir à ce sujet l'anecdote rapporU'c par Ibi» Sa'ad, Hawda,
f* 75 ï°, et Ibi Meryem, Bostàn, t° 2 '17 r".
* Cf. Ibn Merykm, lioatân , P 346, app. 111, p. .'122.
' C'est le cliîkh Senoiisi qui parle.
* Sidi Lahsen Aberkàn, cf. supra, p. 398.
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIfiCLE. 405
l'adresso de Sîdi Mhammod Rl-llaouwâri) garantit à
un tel, flis d'un tel (c'est-à-dire à l'homme en ques-
tion), la sécurité pour sa personne et pour ses biens.
Au-dessous de ces mots, le chîkh El-Haouwâri avait
ajouté, de sa main , qu'il approuvait le contenu de cet
acte. Le visiteur étant sorti , comme je me trouvais
seul avec Sîdi Lahsen, je laissai voir mon étonne-
mcnt, trouvant étrange la possibilité d'un fait de ce
genre. Le chîkh me répondit : « Sîdi Mhammed
« compte évidemment parmi les hommes de perfec-
« tion. De tels faits ne doivent pas nous surprendre
« de sa part. Car ils lui sont permis , ce qui n'est
« pas le cas pour d'autres, qui, eux, n'ont pas atteint
u au même degré de sainteté. »
Dieu punissait ceux qui ne respectaient pas les privi-
lèges du saint. — Le nom du chîkh , un écrit de la
main de ce pieux personnage ^ assuraient la sécurité
aux gens qu'il couvrait de sa protection. Les environs
de sa zaouia étaient pour tous ceux qui s'y réfu-
giaient un asile inviolable.
« C'est de cette sévère façon , dit Ibn Sa'ad ^, que
Dieu avait coutume de traiter et ceux qui s'oppo-
saient à la prospérité de la zaouia de Sîdi Mhammed
et ceux qui inquiétaient les criminels, réfugiés dans
son enceinte sacrée^. L'àme, qui incite au mal,
' Cf. supra, p. /io/f.
^ Ibn Sa'ad, Rawda, f° 462. Ce passage se retrouve dans AnvRo
BEN Mohammed, f° i53, app. V, p. /i3o.
' Sur les zaouias «horra», cf. A. Cour, L'étahlissewent des dynas-
iies des ckérifs au Maroc, Paris, 190^ • P- ?•
40ê NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
porta beaucoup de gouverneurs d'(3ran et nombre
de ses chefs, tombés dans l'abjection, à mépriser
l'inviolabilité de la zaouia ' et à en faire sortir ceux
qui y avaient cherché asile. Or. nous avons constaté
que Dieu tirait vengeance des auteurs de ces ùÀiA
elles punissait (*n les frappant là où ils se jugeaient
le mieux garantis. Les marques de la colère divine
apparaissaient dans leur personne , dans leur fortune,
dans leurs enfants, à tel point qu'il ny avait plus
pour eux , ni dans le présent , ni dans l'avenir, un
moment de bonheur. »
\je fait merveilleux qui suit, rapporté par Ahmed
Ben Mohammed Ben *Ali, vient corroborer les
paroles d'Ibn Sa'ad*.
Mort du chaouch de Bou Chlâgheni. — Une per-
sonne , aux paroles de laquelle on peut se fier, m'a
raconté que certain criminel , poui* échapper à Boû
Ghlàghem', se réfugia près du tombeau de Sîdi '1-
Haouwâri. Le gouverneur ordonna à son chaouch
de faire sortir le fugitif; le serviteur obéit.
Mais Boû Ghlàgrhm étant endormi vit en songe
Sîdi Mhammed. • Tu violes mon sanctuaire, lui dit
le saint, et tu en fais sortir ceux qui y cherchent
' La horma de la mosquée de Sîdi 1-Haouwâri s'étendait, dit-on,
jusqu'à l'entrée de la rue du Vieux-Château, et même jusqu'au bu-
reau actuddes Mines.
* Cf. Ahmed Beîc Mohammed, f i54. app. V, p. 43a.
' CL Wàlsin ëstubazt, Dam. turque, p. 171; — Fby, Hist.
d'Oian , p. m.
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 407
asilo; mais ]e.s Chrétiens arracheront, tel jour, le
pays de ta main. Et quand tu te réveilleras, tu
verras ce qui est arrivé à ton chaouch. »
A son réveil, Boû Chlâghem s'enquit de son ser-
viteur; il le trouva gonflé comme une outre, si bien
qu'il était mort. Et au jour fixé par le saint, le pays
fut enlevé à Boû Chlâghem ^
L'auteur du commentaire de la Halfâwiya rap-
porte un autre fait merveilleux, produit par le saint
après sa mort ^ :
Sidi Mhammed annonce la prise d'Oran par les Mu-
sulmans. — La nuit où eut lieu la prise d'Oran , un
menuisier d'Alger vit Sîdi Mhammed El-Haouwâri
en songe. « Construis-moi, dit le saint, un cénotaphe
qui sera placé sur mon tombeau à Oran. Je suis El-
Haouwâri. — 0 seigneur, lui répondit le menuisier,
ce sera pour quand la ville sera prise. — Elle l'a
été cette nuit, dit le saint'. »
Sidi Mhammed et Veau à Oran. — - Un jour, chez
le chîkh Sîdi Ahmed où s'étaient réunies diverses
personnes, parmi lesquelles le jurisconsulte béni
Sîdi 'Abd Er-Rahmân , petit-fds de Sîdi Mhammed El-
Haouwâri , l'entretien portait sur l'eau qu'amena , à
1 En 1708.
^ Celui dont les miracles n'apparaissent pas après sa mort aussi
bien que de son vivant n'est pas un vrai saint (El-Badjodri ,
ToA/a,p. 83).
•^ Cette anecdote se trouve dans El-DjÂmi'i. Commentaire , (° 9g r°,
app. IV, p. 426.
408 NOVEMBRE DÉCEMBRE lOOfi.
Oran, Sîdi Ibrahim Et-Tàzi '. J'entendis Sîdi Lahsen
(lire à Sidi Abd Er-RalinitTn en un long discours :
« Si ton grand-père voulait faire venir l'eau du Tes-
sala à Oran , assur<^ment il le pourrait faire ^. »
Sidi 'l-Haouwâri et les lions. — Un jour, à Oran ,
dans la ({oubba où repose Sidi l-Haouwàri, les fidèles
étaient réunis et priaient. C'était au moment précis
où l'iniâm, achevant la prière, disait aux assistants :
«Que le salut soit sur vous! » Un rugissement sorti
du tombeau du saint lui répondit. Les Musulmans
et l'imàm lui-même s'enfuirent terrifiés. Et pendant
plus d'une heure, on put entendi'e la voix du lion
mgissant dans le tombeau de Sîdi 'l-Haouwâri*.
Des personnes d'Aîn Téniouchent ont vu aussi
• Cf. ElMazari, Toulou.f* i3.
• Cf. Ibh Sa'ad. Rawda. f* 45 r". — Le» habitants d'Oran attri-
buent au chikh Kl-Ilaouwàri (|)<>iit-(Hre confondu ici avec Sidi
Ibrahim Et-Tàzi) ia production de diverses sources aux environs
de la ville. Un jour, dit-on, des jeunes gens étudiaient, dans
une montagne \oisine d'Oran, sous la direrlion de Sidi 'l-Haou-
wâri. Les élèves mouraient <!*■ soif et l'eau manquait : • Prends un
bâton, dit le saint à l'un des étudiants, et traîne-le derrière
lui; mais en marchant, garde-toi de te retourner.! L'élève obéit
et marcha dan» la direction de la ville. Arrivé au lieu dit liilal ,
il s'arrêta; et, se retournant, il vit, derrière lui, l'eau qui sortait
de terre et coulait sur la trace de son bâton. Survint le saint
qui se mit à gronder le jeune garron : « Pourquoi as-tu tourné la
tête malgré ma défense? lui dit-il; si tu avais continué ta marche
Jusqu'au milieu d'Oran, c'est là que maintenant jaillirait cette
eau!i (Rapporté par M. SouK Gliaouti.)
•' Cette légende a cours à Oran. — Contée par Si 1-liâdj 'Abd
El-Qâder ould Sîdi 'l-Haouwâri. A Oran , on donne souvent au
saint le nom de Seba' Sîdi 'l-Haouv»àri.
UN SAINT MUSULMAN AU XV" SIÈCLE. 409
des lions dans la kheloua du chîkh Kl-Haouvvàri , à
Barkèche^
Lorsque Sîdi Mhamnied venait au bord de la
mer, les petits poissons ne fuyaient pas au bruit de
ses pas; ils continuaient leurs jeux en sa présence.
Et quand le saint entrait dans la mer, les gros pois-
sons voraces, ceux qui, même pour l'homme, sont
un danger, accouraient près de lui et, oubliant leur
férocité, prenaient leurs ébats en sa présence.
IV. TEXTES.
APPENDICE I.
Extrait de l'ouvrage de El-Melâli intitulé : El-
Mawâhih El-Qoudsiya, fol. 2 i demonms.; cf. supra,
p. 299.
^^*X.A.*M ^(ÇVAwÀJ Axxjijdî^ _^4*J! Lj\ji£ (*î^ ^ 'r^*-^ *^b^
-^ Jl^ ^ (jJuU53î ^.^^ ' *ijJlla^ «-.^>-* J*i^ od» ^yJ
' Notamment El-Haouwâri Ahmed Ben Mohammed Bon Zehâr.
On raconte que, récemment, une Oranaise, Bent Ben Aouali,
entrant dans la qoubha de Sîdi '1-Haouuàri , vit derrière le céno-
taphe un lion couché qui la fixait. Elle ferma aussitôt les yeux cl ,
de saisissement, tomba é\anouie. La malheureuse en fit une ma-
ladie et perdit la vue. Elle passe son temps à chanter les louanges
du saint. (Rapporté par M. Belbachir d'Oran).
* Cf. Ibn Meryem, Bostân [Biogr.. 71). - '' Cf. Bost. : yL5^
J ÂjJLkil y^. — * Ms. Alger (A) : ^1x5^ — ^ A : iCijJlIa^ »^'.
— « Ms. : ^^i^.
410 NOVEMBRE-DÉCEMBRE lOOfi.
VI Aj i^îJCxl^ »^4- y (j* JXJ JUj aMI *5-j «jp (^y^-i*
i^jhJllj Lô-iJj! ^ a-jL*Lw AJI3 jîJU«rf i)^ isy>^. ^^ ^y^.
' iyjt U -A* »J;-siiW j._y J^ ^ yàJU _^4-*JI |<>i^ »b J^
•y
)-i!^ Jutbj ^JcuL* iuMJo^ aaU (>yt*3 iJi A*^ s^y
AÀft -Oll ^^^ (4)^^ f^7^^ iS^^t!^ {J* UlCfx* \ùS ^*AAi3
APPENDICE II.
Extrait de l'ouvrage de Es-Sebbâgh intitui<^ : Bostàn
El-Azhâr, fol. 123 de mon ms.; cf. supra, p. 3o2.
û^ «XjyUI AJu<ai *olkfti ^ OfiJjiJ' S^**^^^ (:^ ^^ ^9
' Tout ce passage depuis l»|;f manque dans Bo*(. — * Ms. :
^; Ziojt. ; ^. — ■> Ms. et A : JgA<; BoJt. ; J-aJ. — * Bost. : *sSl; •
— ^ Boit. ; »j- ytui. — « Bost. : ^ûljiU, — ' Bost. : J>\f^^\» <si^^i'
— » A : JLOOJ.
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 411
xjt-Aa» ^^Xicsw!^ c^^5 I4Î JL« »-«-l n^SiitJ }^<>>X\ <^;[jV^
C) 1 1%
wol o^AjiJUl^ " oAxAd 14^ (sic) /yJUr^j (*^^^ «N?y^^ (^
x^o 8«XÀ£ eAil^ iui^L*J li^lk£U Uj^l b» iùuaiJU XaJ!
7 fi
A O
18
' Le texte de Dj [Et-Theghr El-Djoumâni, f" i53 r") porte ($U,>I-,
de même dans T [Toulon Sa'ad Es-Sa'oûd, f" 7). — * Dj aj. : JJi;
T : L^ jujU. — ' Tout ce passage depuis ciJix^l manque dans Dj
et dans T. — ^ Ce mot est supprimé dans Dj et dans T. - —
5 A : ^>«r. — " Les mots \jSïjJ^ ^^ manquent dans Dj et
dans T. — ' Ces deux mots manquent dans Dj et dans T. —
» Dj et T : ïIjiJ. — » T : ca^Lj.; — "» Dj : JLjO- aMI ï^oob. —
11 Dj : (ijx^! o^i•, T J <5jx^t *3.>o.^. — " T : S^lj^ . — w pj , ^(^
— "A : M^^\ . — '5 Lgg „jjQ^5 j j^ J^ Jùyo^l iC-JyUJI manquent
dans Dj. — '« Dj ; ULUiSj. — " D : U^! ^ (^^3, — " Ce
qui suit manque dans Djj,; T : yljjij ^<.
411 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1900.
4>^ ^«X-A.^ i^Ll*^ ^J.fUL:^^ A^ aMI ^^ÀxAj aMI cLJ^I
I4J* oui ^ 43! i)l 'ij*Ji^ iS)^y^^
APPENDICE III.
Extrait du Bostân d'fbn Meryem ; cf. siipra, p. 3o 1 .
Fol. aSg r° du ms. Marçais. j_^^1^1j.$ ^ .x^
^^..MM^tX'SAJ' iS*'^'^ iÙ^ (J**^ «XÀk.1 y><^3 Li«M«M JLA.LA.MAji
ÂJs>«xIt^ a5C* ^^ il«X4 (fol. qSq v°) vjii^j^l |*j^l^ ^^'^^
Â4àA«J iU^.Luw ^ (^^1^ iLy«t ^yL> A<«Uw ^ ^Oj |*LMJt ^^
' T et N «j. : 1^. — ' T : ^^t.v.M ; M. \ : ^.,,a...vM.
^ M : X^yii T. N : iOil k^^ iuL»^; rf. /{aWn : M\ S^. **-, ^Js^
UN SAINT VrUSLLVIAN AU XV" SIÈC.LK. 413
*-AjuJt (fol. 2 4o r") »*Xi.l aax^' *«J^ J* c^*>Ji,>4-JI
*Lç-il *-A-9 y^^ (jM-mU 0^-*il (j'^7^' ****^ *^) ->^^
if^yii u Jx J.AJ t<:^^ Ji t^;W »x.«^ y3^i^ A-sy»^'
(oU (^w::*. (jiw*j^ U^^' *^^^ "^j" ^-5 (S^^ 1»^^ U^
/w*-J cy-^-i!^ ^£yJjtM jjtjJul *jL»!o 0«Jtkj «XÀ» Ai AMÎ
p. 17, et Toidou Sa ad Esm'ond, p. 169 : aWI s^^la iùuv J^.
' ï , N : Jsjiljj; M : i^^^ . — * Ce mot se rapporte à El-Haouwàri.
- 3 M : Ov*,JuJl, — * M : JulJ. — 5 ^UjL« dans Ahmed
liàbà, NU. p. 317; Ei,-Mazari , Touloâ, fol. 3i : Ji5*jL». —
•i T : o^; N : ►L-il *jo vj^l . - - ' M, N : ^1 J! . -- » M :
csv^il *^ ^. -- » N : ^^.1 L.^. - '« T : J.;3 ,ji\. - " T,
M : iXjl Jw*. — '2 T t^yL'!^. '•' T ajoute »Owa?. — '* M, N
414 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1006.
(jy^ «T^jJ^I à^Uj »yo\s, [^ jS A^il^JÎ ^ *J *rf«XÀjJI
(j^ i^-m-i ^«>^-^^ ^"^^ y^ '^ (^*^^* ^^^ ^°) '^3^'
^ Ji â^LJt (Jif ^JJ^ ^(; U*U. ^L4^ ^^ X>;(^ o^^
5
^ \L(fià ^i^ (j^ /»^liul »IaJ^^( c>^ Ut) A«j» Ui>b aàL
7
^y^ iUiw^ L^X^ <^;IM-^^ "^ <rF*^^^^ ^'^^"^ ^'^^ '^^
•Ux»l^ i^,Ajl Jl y ;-«-«.*«>-» Jf«^^ c>JH** ^^) v!>^
1 9
5I CjLJJI (foi. 24l I^) COUm C^) Jai>;iJ JyM Aj«Xs^^
^1.' — » T, N : »Ovi»ùnjy* JS". — » T ->>*^ U;*; M : oOLo;
N2jJli(^. — » T.M. N : L^ib. — • N, N : U^-^l. — ' Ce
mot manque dans M; N donne jU:AjJ| >«!LjJ) . — * M, N : ifjj. — •
— " M ajonte Jilj j-s*! ^^i». ^«».t;j u.ui3t ^^l p^-^l-» v*-^' ^ *-*
«-èJI v'^»- • — i^**"» T , N , au lieu de w*A>' u' fy^^*- • "" ^'^ T^^
.j^il Ul. - '5 M : ÂjUÛt. — '^ T, M, N: *^ >«3.
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 415
(^JvjU»» tjUS \ù^ (^«^^^ ^. *J JyS?^ **>|^ cM^'^ Xs*-U9
iJliLe ^ •r'^^ J=»7^' ^y'*'^ ^^' <-^ o-fc^ l^ (J"^^
L« ^.jJSr J^5 »;i»'' (J«fr <j' i^ ^-^j^^ (J^ l;^*-** i;^'**"
^^jja[Â iu il>J^-:6? U J^ J^ *i- »^! <ji *J^t (jy* *A*
Q
UbU.tAb Jo^ L^Jue bLu! Osi^l «^1^ U j5i> v>J)3 bjO (^^AAAAW
0«J>^î ^^ LA*X-J«!? ^U-? l.fl i g CM£i3 *juO (fol. 2 4 1 V°.)
c:^L« ^^v:^ ^^<*>J^ ^ O^^ (^ A^^ «><^ fttXj^ l^ U«>xtji^
yj (^*mA. 4^*>yy«M ^?aII oIsèp! jjIjI (jjj« ^JOy ^jN>jjMtJ^ ^J^•
' Ce mot manque dans T. — ' M : ^^^l . — ^ M : . . . j*i.l *J>
J^ . — » T. M, N : ^i ^3. ^ •'^ ï, N : iJoi tjl Jl ; M : ^I Ji.
— « T, N,' M : «w^ jvi,. — ' T, N : U, -- » T, N : J>.fi ^JJl:,-,
yl viUi. — » T, M : «J l-iftLjL^JLk.. — '« T, N : Ux*;^. —
" T, N :;L5'. — '« M : JU *il.
4M NOVEMBRE- UKCEMBRE lOUO.
Jift (51c) tj-^ Lcl 4(v-iJI *J JIa* ^^ (^ iX-^Mj* ^^ joitf
oy.^JC* JU jJ^ »«Xa£ (jmuJ ç^OJt M93r* (J^^ *Jû«m Vt^ift
(Jl_» ow«Jsjt» ^Lm^ (JI ow^' (^«xJ^ fttXÀc ^^)r* {^^
(Ibi.a/iar-.) '^uJJ^Joi^Lli^»wil ^ JLo ^1
r 11 , 10 . I ^ Il
(^«XjyiM ^çVâJI 0^ ovjb«sM U ^5Sl JU ^'^ULiCcl«4^ Jt
^ 15
«X-4^ ^*X-A.4M ^0umJI aJU U 03|w« ^t <y^ <^*^^"^^ é^''*^
' T.N:JI. — • N : ,,y-X j^ J^l tfj.^; M : ^Jy-^i»l . — ' T.M.N:
^j^^^ufiJl j5oat,5^. — »M:jjCil i). -»M,N:^I JI.—
'• T, M, N ajoutent o.*. - " T, M, \ : ^iU.. — " T. M,
iN : ;l^ Â^a. jl. — " T, N : JU*. — •♦ T. M. N ajout.»nt ^. —
»* T,M, N : «.wfj;.
m SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 417
U yLkJUJI yl (fol. 2/i2 V) ^^bJI Jl* ^sô.^ ^t
(^«X.AUM ^"^i (ji liA-^^ |;-ajL^ «>^-7-^ ^Lk-LJt /Oa (j»li£.-
•y
^jlb.X ^<...nj j,*^**: t^^i^^i *X^ (^*Xx«*» içViiJ^ (0J*3^-à*. (<*^
\yjj ^-ûJî t_>'>^ tj'*^'^ u' *-^^ ylioLJi aj JU5 (j^JUi.
' T, N : p5»5: — 2 T U^^b jolS; N U»^ b oou; M a laissé le
passage en blanc. — "^ Les mots dUJ^^ilJ ylSi manquent dans N.
— * T, N , M ajoutent jjjJuâ! Jl . Dans T on a ajouté la lecture
^LLdkl. — •• T, M, N : ^J! ^. — « T, N : ^ ooill. — ' T, N
ajoutent ici : JL» J^I x-s-* Os'y» wiL?U5^ «x>« ii*x-jj Jg«ûJ! JI *ix>J
t^^lj^l Os^ ç^^Nï-»' ^***'' (^^^ i:^*^ tS-Nï— ^— " «i^^- — ** T' M ,
N : dUi *J p^x-A-j . — » N, M : ajjIj:» ju^U^j ^j.
VIII. 28
418 NOVEMBKË-DÉCEMBRE 1906.
^«rfîkit ^jÀK^ «XAÀjOh. k^*X«0 Tr**^' ÀAAàÀJt ^ ^i»».» (^«Xjuw
U »j-M«? yt *|)l* ^3! tj-^ S?*^^*** tf^' t>* ^^3 ji>^'
Jl ^jiw» ^^fcV ft ««I 4(!ui^i C*.juJ dLiL^ltf «>^^Jf^ 4^Ia. AiLt)
^k^l JU U; A^l> c^i^i «x^ t^*^"^^ ^^' A''^^^ c^^
i^U*i«JI aJLo Jlc t^Lyd C:)^^'^'^ C5^^ 4'^''^ ^iS'^^ (^^^3
rf>.ln W t^Joiy t^U|(â iuU AaIoju ^t AXik. ^^jj*j l^A» i<.My>««3j
*7 fi
' T, M: »^. — » T, N. M: jOjl.^ Ij^; lire:*U? JyJ. —
* T, M, N : (j:*. juUill (ft^i . — " Ces mots depuis aK*L» manquent
dans T. — * N : J«*J. -^^ * T, M, N : *iUl. — ^ T, M, N : c:.U.
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIECLE. 419
<J^ ^j^ «Ns*^^ «Utal ^jfjÂ. {jjfj^^. tX^*J(i^^ «Xa£ ^^.
jjji ^JA JU^t g-i^ Jl^l j«;.b J[j^. il |j^ LèUo yl^
O^Ai^ (^ ^■^..■^ (^JsjuM ^li-ji*^ ^^^^ ''i^'O^ c^)1^4^^ *^^
U dJ Jjju» ^^1 yî «J (foi. a/i/i r°) JU^ x«l*x^ ^jâ*?
L« aJ Ji Jukâ.! Juy«^ iilMjÇo 4^i>l x3 JU^ ^uU «x^^^
(^;lj-4J; Jv^ (^«Xju- yl^ «X»^ !J«Ufc (j^ Ix?^ U^ ^t JUL
*iUl*>J «XÂ.t L« ^ *^L> ;gk«j-j» (^ yUlv* (jaX]b ÇAA^
9 . . 8
^jJlyOi t^JJl jc^l^ Î^JCft àl^ &Jî ^^.^ ^JJI yL*iilt
1 N, M, T ajoutent joj-. ,.Jwi-3 5^_j. — « T, N : (iîjjii:^^. —
N : (^â^. — « T. M, N : J,,^. — '•. T. M, N : jojU bUir^.
— " M:t,4i;m. — ' M,N:^e..^l pjO^i^. - '' M:*;.
28.
4S0 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
iLx-n^ ^^ LmJLa. :^!-Jitl\ ^l^ Jli «il (^)UJ! fi>AjiS <^«>vy>^
Wr
àxLm (fol. a 45 v°) *JîyXj^ J-*-*^ ji^AJI Jut -Lij a^^
^ »j]nïi\ ^J^y «^^L« Jl> (^i>Jt p^jJi JJIi> s^«xé ^
^t UJ JU jmJLx Us^ xw^I ioU xwM.AA> i^l^xU «Xdfi^l
LfiOo t^jj-ji^xÀ JsjjSi] Aj) 4^vj(.^ ^<vwJI iuXfi Jk^ iX* L;.^l>
iJ^\ y 0^,'i t^Oyu»» ^i^^mJ! cjUS &JI Juâj ^1 Jui aJU
AJL« iLa^UI ,Là3 ^ *ii^3 u^^ ^^' (^ol. 245 r")
l^uûJt ^«XÀ. pLmJ) (^JLIdl fja^\ <Odt viU^t U (jmJU^3 (>|y
> T. N : JyL^ *i*.fw,. — ' T, M, N répètent le mot ^y^f-^- —
» T, N : »5Xi» jl Àx^ *5SuIj ;,-.U y^s---,! *it^ . — * T: (jA. —
» t'M.N: JUUI. — • T,N:*^I ^-2 ^Js--. — ' T.N,M: J^
^1 J! Uil j^.
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 421
^] J_0 A-aX^ ^oâJ «je! oOl^3 ^<^^ (,.»>.<»».> ^1 aMI aA^J
3
z».^-»-* >-*->« i^ (0*4*^ 'r*'^^!^ S-*;^' *^^^^ îr*' <4J^' pltXJol ^
5
J! ^L^l ^Um cxiftJo (j|>^^ ïy ljJLâ.«x» ^^Lm «•.••* »^
(fol. 2^5 v") Lob o»-{-AJo t^;l>^î ô^ tâ^Nu- ^-iJ'
,» (} y ^;Lj y! dJ juiAj <^ JJ! ^ Jâ&\ L. ^ J_^3 31
A-4-x-i^LA.^ ^Ji-£ |*y-^t xô); s«xJLfi ^J.Jt ovj^vïi-' tf4Xj«>».£
' T: «Cl^. — ^ T : ^e-SiJl v^^^' (j*; N, M: g-sJI 4_»^iii ^.
— ^ T, N : J^ . — * T, M , N : jSl . — ^ Le ms. orthographie
constamment uj^j , ot M «Jl-d»} . — "M : *4jI'*. — ^ ' T = ri^ {j*
J»j^ r^' '^ ' r^'à^ ^ y--, M : ^yi j-^j^ji y-. — « M :
ï^\. — » T : cU*-; M : .iLJI J-aj. — '" T, N : ^^U^IJ;^.
M» NOVEMBRE-DECEMBRE 1906.
^«x-ft, <^»>Jl yJl yt cz-uilà^ jjù^ (foi. a/i6 r") ^JL4J
U-i^l iSfwkâ* c^*><Ai> ciLû^ AJl^^^M aUI «Nà.! ^ l^t^AM Lajw
JJS ^^ «^ AMI UaA> O^^ ^ C:^*^ «^^^"^^ ^^^ *^^^
«Xin?) (^{ ij^\ ^J»S\ àJLi^ AaX» <.::M>i& ci^Uli Jl AxAtXckj
( fl ^ ; I^Ljl» l^A» !:>y(^A« (fol. 2/16 v°) iùLu^ ?7^^ ^'^^
' T:*ypJI. — » M: ^►♦Jyi.. — » M : yL^OI J^i. — ♦ M:
(s^ JM'. — '■" Ce mot manque dans M. — • N :^»il; M : ;<>>jL,t>
ÏIN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 423
\yj5i>^ (.«.h.i.ti ^LâJt ^^t Jk£ çji^j^.fl .;>,; Aâc';b v'ift
3
b K:j<^y ^JU ^d Aj!^ iU^liM (^ ^_^\ JJIà (:2^^ C:P^
i)î jj*»LjlJ! (jjjytLd ^joyiûb i)j iù^t^ «XaCV^ y! ^jX»-iJ i) ^^'
A 8 7
^■*.iLiUU ^^Âjt> *?jj c^jJô ^ »i>j* ^y j^iJ' ji>'j
> M ajoute gAJl . — « M : c^Uo! . — » Lire J0.3JI . — * N :
ooybu»! . — 5 N : J^l^l , lire JUÛI . — « M, N : ju^ J^ ïj.
— 'M : -«ilt . — * T, M , N ajoutent y^ y! avant ce mot. —
' T, M, N : X^JàXi. Tout ce qui suit manque clans N.
424 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
yLS'jsJj «aX» c:4m« U^ »;^ji) is'p^^ f-^ji'* <^*5yi^ ^^'
j^ ^ JLjL» ^yi yLi ^ ^wiiJt (^ JU U aa*^ (j^ ^*^
Aa.4^ JLa^ (fol. q47 V*) ^J>yu4 ijA jfi Kiy <j^ ,^
JuJLx^ y^\ Ijjfi v^Jii») (^«>yyM« l^ «iJlU «x1jU3>. aJ JyL> ^1
«JJ JJ AÂixlJi /JJÙ(JU« LS*i^ ^'^''^ ^ '^ cJLi» JUJ «X«s«l
pLm ^t bU d^'T^^ '*^ "^^ (O^/' <!^*^^^^ ^^' <;^ '^'^
APPENDICE IV.
Extrait du commentaire de la Halfâwiya de Ei-
Djâmi'i; cf. supra, p. 3o5.
Fol. 1 4 r". ^^^.AJJLtfJI AjJrLi. iL«:iUJI ^Ixll Jy aJL^
' M : j^ J^. — « M : I3U. — ' M: Jlt>;>, Hre : »Ju». —
M. T s *•;*-• — ' T'M:ikS.ûJ. — " J: (O^-
UN SAINT MUSULMAN AU XV' SIÈCLE. 425
il!^A^AâJt AaÀ£ adj^^ J*^^ fid^'f:^ ^^ (>^) ij'*'-^^ (jUoLmJI
l ^ y ç^,-X-5 (jt>-^3 wiLj'^Li
Suit toute la pièce, qui a 34 vers.
Fol. 1 .5 v". Lg^ Uv- ^»Xj Lôl^ill U^^ ^l^"^ »:>V^^
»—*i Lc!^ *_J-fi cy-»;^ <jL»_j ^1 *^^ <^;'>«-^' '^•^
Lftw«] 49«A^^ tjA^..MX« ^jUoLwyà Ai^ ii&àljb^ Aai.LAâAAwL
kiUôo ^(^A^g 5^Lfi^ (>N>^ uIS^XA^JÙmI «^**r^ tf4>J^ (JmJU
' Le texte de Dj (fol. i55 r°) et celui de T (fol. 8 v°) portent :
1^!j«J 4-Jj. ■ — * Ce mot manque dans T. • — ^ Dj : viL^L^; T :
kiUxj. — * Dj : ^glslo^l . — ' Dj; ce qui suit, jusqu'aux mots
(£^\^S ù^ ç^-N^-, manque dans Dj. — * Dj : s^t Uj. — ' Dj :
LiiiUii). — * Dj : tfOs». — ' Ce mot manque dans Dj. — '" Dj ;
4» NOVKMBRK-DKCEMRRE IÇOfi,
A«î Jl* t^.^u-^1 ^ (^«>Jt ^j^ *JLfc ^î ^j JS^ *«Wf^
A^^wA JiM
Fol. 99 r°. Li>y ».A, » Vi t^Llfil Jlxj aMI ^I LuiXi .Xi^
âJUUI »«XA ocsiy «Xi aI JUb;^ ^1 Jl (^«X^«w L>
APPENDICE V.
Extrait de l'ouvrage <le Ahmed Ben Mohammed
Ben *i\li : Ei-Theghr El-Djonmâni ; cf. supra, p. 3o4.
Fol. 1 48 :
^l^5U o-*-^' J>-^^ p>^
(^LmJI c_>L^t t^yà ^yM
Dj : jJI. — * Dj : (^T?^- Cf. Goi.DziHER, Zauberelem. im itlam.
Gebet. p. 5; — Selwet el-Anfâs, I, p. 106, 171; 11, p. a 60, 258; —
Dauhet Ennâchir, p. 98. — ' Dans son ouvrage intitulé : <-jyii\ jJH
(cf. G. Fadre-Bigukt, IjU vêtements de soie fine , Alger, 1908, Intr.
p. vu-xui), Boû Ràs donne sur notre saint divers renseignements
qui ne figorent pas dans ^U^^t ^^, entre autres les deux
miracles rapporté» plus haut p. 388 et p. 4oi. (Renseignement
fourni par M. le Général Faure-Biguet).
UN SAINT MUSULMAN AU XV« SIÈCLE. 427
(jj» jLxJUt ^5Ay<Jtl^
yt^^ ^]j^\ L^-i ^]^i ^]^^^y ii]^^^^ zy^^^ ^^ ^^'
^3*pi^ U;îooL* çj^jiS ^Ufiill Jislix»^ U;l«>ol «>oîydî
(^ ^-*-*-« (j)^ yUvfi {^ ^ {^ ^^ ^♦^yy»^ lA^I*Xil iuJL*!l
0-fc *.>.M«J «Ka^ yjl Jjj IJsS'i^^îj-^b j^A.li (^^|;*i5
(5) A I* ,M«, j <ir)'j ■ 0 ' 'j x^Lc aMi ^^i^o^ c^j'^i rfv^'r?' c^'^yy**'
y^-A ^à^-:e. \y.j9^ I^^^mJ il«XJ^I^ jjyJi oui^ «Xai.) i(^ly&
^^-a? ^ UU.I (jj-> ÀSb^ yj *^{ Jbb j^^l (^ ^^3^ aj^;
xJLoill JuC c|;i-i>t^
' Ms. : j-^fJw».
4^ NOVEMBRE-DËCEMBRi: 1900.
jOII ^; <^;U^' '^ *>yk*Jl^i Jl (fc^yJL* (loi. I 02 v")
êiXjLf Ki^ ^jJ» » .11 |.t ^U ^^ aWI *5-; ylS"^! Jyii» Ait
ÇA^I^I ^tix«i A^« ^^«MJUwt^ »li;3 ^(JC^j^ «JU^ ^ AjI^ (^\j
^^ ikM33^ U; aJ Jj^l^ JjJ!^ ^t ^ «J ^ >bu»j o^UXi^
j5 L^ \xjS'\:>\y^ Uly Ul^ yl5j >i'l3 »X-ai)l Aisîil^
i{j.,j^.A.M i^*X^ Ju6 UôL»LaBî j^;l«>od Loi; ^fj^î oyjJl
(^l«>yL}| Ah.>A Jot-> AjJ<9^ (j^ ^^fe. Ait A^ AaXs aXII ^
(j^ AÀjtJB? yl aJ lfc*X» Jl*5 aMI a) _^^ ^jl AJL* JL*3 »;l^
U^ i^iLJî oLix» *J;L» ^- »*Lfti aM! J-Jb iub>kJl jAl
A^L»J<95 JyM-l' cyl^JuUl^ »«X**J1 iS)^^^ (^ <J>=^ ^3
«x.*^ t^^^vs-^ i^lS'AJlil L4jiA*i (i* ^ 'jV ^^^^ ^ **>^
Jl w»L. Os^y^aJl <_^b l^JU ^ l^ A^càl^l AijiXil laAa^
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIECLE. 429
»^l.:*> ^ U (j^^lii (j^ J^<jl J'^S*^?^ (*^^ (tJ3o ^jl5^
oiijt ^»*V5 '5^**-^ uir''^^ r^y'^' '"*^ (:>* v=^^ jy^'
^ <t-»-j «^jX^^ p!^ ^'^^^ [Aja\ /e4^ (O*^' (P^' ^1>^
aJ JLà^ ^Lft 4^ «oLxJd «X:wl J! »} '^'^^^ ^^^^'^ ^' ^^^^
*Xoj Uo UJâ «*xi.l ^>^l t_>Ls:p| o^^ ^'^ ^r^ u^
Mr-^-^ 4?-*=' ^<^ *4^^ ^î^*^' (^-^ t-Màff y! «Xjç *jjAii»
tr* u'-^ LTT* çs* ^r^ ij-^ '>-^y. t-^; y' i^ajIj ^jV
(jbjil! «-J t_>^— «ôj » *X_ài.î O^' Laàtf' y^^UI t^'r-? *^
lAtXJj (_^ o*XJL3 ooftli^ .HN^Î (•:>*5^^ **' ooULsli
430 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
(Siiit la légende rapportée par Ks-Sebbâgh; cf.
supra, ap. II, p. 2) :
(Fol. 1 53 I*) U S^] ^là^il UlôU *ift JOll ^; J^y
ill ; -Ç iLtLa^l^ Aju^t J (ji^y>j' (^^ ^^ *^^ «^v> '^^3
L^JL»^ ^\j^y i^y ^J* 1^ liOs^U Job iu^ tj:>«>^^'
<^;l^»gJl 0^ ti«>yy- c^^' ^^' til '*M? ;'-û' *a^;U Jli
*** J>*t> ti«>J' <^)^'
^3M-1 *^Lt^ cr^çy^ r^T-^'^
UN SAINT MUSULMAN AU XV* SIÈCLE. 431
yî lJS>jî lijS Ju»Li ^^ -^ JLi y!^!3 «;JùJl iOJ! I^UI
LfiJsJ «JOj I^-La-J ^»-g-jl i^iy» *j|;**-3 *^^ ^ »>*ia*3
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4M NOVEMBRE-DÉCEMBUE l'JOG.
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UN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 433
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(j<=^-^ y-t^-*' *^*-^-^ t)? «^*^ t^»^^"**" 4^ (^ («4^ Uvm*a.
Suit un passage de la Halfâwiya et de son com-
mentaire, fol, i4 et i5;cf. supra, app. VI,, p. 42 5.
(Fol. 1 55 r") »*>o*-«^ »*Nst^ »r*« e^jj ^^î e»U Uj
(^«X-x-AM S«XJ^ fa..»...w<^*jlj X&Xj^ ^1?^ (^3^^^ (^T^^ OsA^t
APPENDICE VI.
Extrait de l'ouvrage d'El-Mazari : Toiiloii Sa'ad
Es-Sa'oâd; cf. snpra, p. 3o5.
(P. l^fol. 6 v") i^y^t àULxJ! ,^^,1^ uoyJI ^^
C;X_^.L«fi. *Li3^l àlifcp! (jwoij^ *^5^' i-^lai ^^ tâJr*^' (►'
vm. 29
■■riiariin «iTi.istii.
434 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
^U, <jyA*^! (j^^b j|,L?.3 »^3 ^yjl (^^y-atf>
Jl J^l, ^1 JL* L^^ U^U- '^sj^^ **i^' *>J^ uVV
AjuJuJI^ ^4^1 cAxi v_j!J1j^AA^jdU jO^t yLs joum Jlfi Jjo
Ju» jaJ J^^ àbU? JAI Jx ,UiJ1^^ yl^^ Jbl^l |.y»jl
Suit la légende relative à la mort d'Othmàn; cl.
supra, app. 111 , p. 4 1 9 ; puis celle qu'a rapporté»; Us-
Sebbâgh , app. IL
*'" '■ -
' (Fol. 7 v") ylkJLJI ^J> j^ ,j»j\* Ul ylLJuJl ^^1 l^^
' M».' : OlyJj . — ' M». ! yiy^iJi^.
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIÈCLE. 435
(j^t si^t^ jLi <^Jsîl J:>UJI viUil i^^ax^ Cy^\ U"^' <^'
(:^ >-4-o*j Ovi yUjJi v^M.-:^ J->^t tXAfi ^^j-jS"«3l A*jA
L^JCL« <9U£^ ^^«a^ .xa* <)d jjoM ^Lm^ Jiôs^ ^y^ <j^y
^..-iiwAJ A-ÇO^-i*. 4i**0 yL4^ (J**^ j_^Os<iyi 45^ vil 0_j)i^
y-;» yLv!i-«j vi>.l J^ «Ni^ iuXc Ifcà ^Li^î^ A>J^t cy«>JUil
4^0^ OsAxil «U^âJ ^Ujl «J^UjIoOl Os^ iy^ A^- «oU»
Suit lin passage de Es-Sebbâgh relatif au feu de
l'enfer; cf. supra, p. 33o.
(Fol. 8 r°) jM*£- ^g)^ cuA^I *^, i*ti■^*î> -^1 ^j c^y^
»X«ç*î jiXi^ okij ^ aÎLcU> (j*jw_;'^ Cî^Aj aàm ^UJt ^j
^UJ) 0^^ 4f-*4P' »-?^^ (cT? (^y ^ <^^ ^ *^^^
sLjCm^ *5Xo ^b xJijJ*^ CsJië\ (^*>J! y& ^^jUJI ÎJufc^ V^''
29-
436 NOVEMBRE-DÉCEMBRK 1906.
u!;^^ 5>^ t> '^^ *5"; ^^ (j--^ *^^^r^*' Li!r^ ;^'>^^
Suivent les deux vers cités p. 4^5, app. IV.
(Fol. 8 v") (^cV * m, > ij^Oo# *jl Jyb (j^ oofLxlji i<^
^^ viUS ^L> XjLâo «X-A-K.^ (_^tNjwO ^i mJjJ ^jXmX\
^ ^1^.^^ ^j^Lm*^! ^^La;]! J^Osj ^3 iuUJt «^Ui^
^ L*Lft ^j^.A.jt..ewM3 (j6<^ «3U3 .Xju U^iwà Ixl^ «3l^»>
*x.5-l <^.Xx- »*xi^ J^ lyb ^jlyft^ >»' yi JJi^ ^i J^^
giL^JI yfc^ y3H A> c-c^J J^^ Ut^»NX5 UJo »jXii^ g^UJ'
(>-»• j-*j«? («^-iJ^ ^^ *»' !>*^'^ ^W t^^'^ *^ J^ *j*'35
«>sÀ.I Jl» i>jyt J *^yj ItiJàj^ oX«3 ^uûJI dUS ^4>f^
UN SAINT MUSULMAN AU XV SIKCLE. 437
UI5 ^ ji dJi ^ ^2:^^^ ^ *^ y^ *^' ^''^^ (j*
iU,^^! ^1 (*^w <<vU /V\jl Jli» sLAjùb êoôuii »jujjiJ\ U>U
^^.JLjo^ U^^»a-* yLIaXw *jii ^^^LaiXÎ aMI Aç--^ l^^l»
' Ms. : I^^Uar. — * Ms. : J^^Ju» , pour rimer avec J^A*.
438 NOVKMBRE-DÉCKMBRE 1906.
JL3^..c«>J (^vMbUl àjS^myki ^jàx> «J JU JJi> uAjiJ\ JU Ito
jLi aJU^M ^jUfJ\y ç^«X.<x**' ^ ç^j^' (O^' ^^V^t AÂiôt^
ii^ib ii>yyAà> yl>^ JA< <^;UÎ' l^'^' ^"^^^
NOTE ADDITIONNELLE.
Dans la première partie de ce mémoire {Journal asiatique ,
•ept.-oct. 1906), à la l'm de la note a, p. 337-SS8, ajoater
la reniarque suivante : Le texte de ces deux vers a été rétabli
et traduit par G. Faurk-Bigukt, Les vêlements de soiejine, p. V
et 4. Cf. aussi H- Basset, Fastes, p. 69; Arnaud, Voyages
extraordinaires, p. agg.
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 439
L'ASSYRIOLOGIE KN 190^'^
GÉNÉRALITÉS. EXPLORATIONS ET FOUILLES.
ÉCRITURE. LANGUES SUMÉrIENNE ET ASSYRIENNE.
LITTÉRATURE. GÉOGRAPHIE.
HISTOIRE. RELIGION ET MYTHOLOGIE.
DROIT PUBLIC ET PRIVE. NUMERATION ET METROLOGIE.
ARCHÉOLOGIE. INFLUENCES BABYLONIENNES.
PAR M C. FOSSEY.
GENERALITES.
C. FossEY. Manuel d'assyriologie : fouilles, écriture , langues,
littérature, (jéoyraphie, histoire, religion, institutions, art.
Tome premier : explorations et fouilles, déchiffrement des
cunéiformes, origine et histoire de l'écriture, i vol. ^70 p.
in-S", 3 plans et une carte, — Paris, Leroux.
Le Manuel dont j'ai entrepris la publication doit
embrasser dans son entier le domaine de l'assyrio-
logie. Le titre du premier volume en indique le
contenu assez clairement pour qu'il soit inutile
d'en donner ici l'analyse, et, d'autre part, il m'est
aussi difficile d'en dire du mal que de le louer. Je
me contenterai donc de renvoyer aux comptes ren-
dus parus dans ïOrientalistische Litteratiirzeitnng
<le janvier 1906 (Winckler), dans YAtlwnœam de
^ J'ai omis à dessein un certain nombre d'articles consacrés à
des polémiques personnelles.
440 NOVEMBRE-DECEMBRE 1Q06.
février 1905 (p. 1^1), dans le Journal nf thc Royal
Asiaiic Society de juillet 190/1 (Pinches), et dans la
Zeitschrift der Dcutschen Monjenlàndischen Gesctl-
schafi:^:^ iQo6 (Weissbach).
EXPLORATIONS ET FOUILLES.
Fouilles allemandes à Bab)lone et n Kalaat-Sirgât : rapports
de W. Andhae, R. Koi,deweï, A. Nôi.deke, dans Mittkei-
lungen der Deutschen Onent-GetelUchafi zu Berlin, n" ai-
a5. — Fouilles américaines, à Bùmya : R.-F. Harpeh,
Report from Bismya , I, II : Am. Journ. of Sem. Langungct
and Littératures, vol. XX, p. 207-208, 260-267; à Miif-
far : H.-V. Hilprecht, In the temple of Bel at Nippur,
with Jifty-seven illustrations . Phiiadelphia , 63 p. in-S", re-
print front Trans. dept. ofarch. a. of Pn. , vol. I, — Fouilles
anglaises à Kuyanjik : A. Jouanin , Une visite aux ruines de
Ninioe : Recueil de travaux, vol. XXVI, p. 175-178. —
Fouilles autrichiennes à Tell Ta'annek : E. Skli.in, Bericht
ûber eine mit Unterslntzang der Kaiserlichen Akademie der
Wissenschaften . . . unternomnwne Aiisyrabnng in Palàstina.
Nebst einem Anhange v. F. Hrozny : Die Keilschrifttcxle von
Ta'unnt'k. Mit i3 Tafeln, 132 Abbildungen. Il Dctailplànen
im Texte und 2 llauptplânen. Wien, Cari Gerold's Sohn,
123 p. in-4°. — Fouilles françaises à Telloh : L. H[euzet] ,
Mission française de Chaldée , reprise des fonilles de Telln :
Revue d'assyiHologie et d'archéologie orientale . l. VI , n" 1 ,
p. 1-4. Ci. Gros, Campagne de 1903, compte rendu som-
maire des fouilles, ibid., p. 5-17.
Les fouilles entreprises ;i Babylone par fOrient-
Gesellschaft se sont poursuivies en 1 90^ sans amener
de découverte bien importante. Dans une chambre
du Kasr, on a trouvé envii'on deux cents tablettes
d'argile crue portant des actes, datés des années 1 o à
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 441
26 cle Nabâ-kudnrri-amr. Au Sud, on a exhumé un
cylindre d'Asar-bân-apai, semblable à celui qui a été
trouvé dans le temple de Nin-Mag et publié dans les
Miscellen de Weissbach(i9o3). Mais au lieu de Nin-
MAG , c'est Ea qui est invoqué. On est donc en droit
de supposer qu'il existait à Babylone un sanctuaire
d'jBa encore inconnu. M. Lehmann suggère que Ea
sar apsi pourrait bien être le Sérapis à qui l'on de-
manda s'il permettait qu'Alexandre entrât dans son
temple (Arrien, Vil, 26). — Les fouilles pratiquées
dans une colline du groupe appelé Homcira ont
amené la découverte d'un théâtre grec dont la déco-
ration (cimaises, frises) trahit finlluence romaine.
Une inscription grecque nous a gardé le nom du
fondateur : Aio(TXOvpi[Sr]s] b <ptkoS6^\ou\ 1b B-éarpolv]
xaï crx>7r[)7v]. ,
L'intérêt s'est reporté sur les fouilles commencées
en 1908 à Kalaat-Sirgât, l'antique Asur, sur la rive
droite du Tigre , en amont de f embouchure du Zâh
inférieur. Les découvertes faites en cet endroit ont
permis de rétablir presque entièrement la liste des
patésis et des rois d'^,vur jusqu'aux plus anciennes
époques, c'est-à-dire jusqu'à l'arrivée de la colonie
babylonienne qui fonda la ville.
Nous connaissons actuellement vingt-deux noms de
souverains pour la période qui va d'Erisam à Salman-
asaridr'; il y a donc très peu de lacunes. Voici à peu
près comment se répartissent les principaux docu-
ments. Asur-rim-nisé'sa : cliampignon en pierre avec
une inscription de dix-sept lignes. — Adad-nirâri /'^•
442 NOVEMBRK-DECEMBRi: 1906.
tablette d'argile rappelant la construction d'un quai;
inscription de vingt-neuf lignes sur une pierre de
seuil ; brique trouvée au coin sud-ouest de la ziggu-
ral; tablette d'argile complétant celle qui est publiée
dans iV R, ^^-(^5; fragments de tablettes en pierre.
— TukuUi-Nmib r\- e&përe de champignon ou de. phal-
lus trouvé au coin sud-est du mur d'enceinte, et dont
le texte rappelle ia reconstruction de ce mui- ; le do-
cument, trouvé in situ, n'était pas enfermé dans une
niche. — Salmnn-n.^nrid /"", fds (VAdad-Nirdri : tablette
rapj)elant ses travaux à I'E-garsag-iurkuha, dont le
fondateur serait y4-ni-)5/-a; iS'u/;mi/i-a.v(ind raconte en
outre son expédition dans le U-ru-al-ri et le Hanùjal-
/>«<, contre les Hatti et les AA/nnjM, qu'il repoussa
jusqu'à Ga/7/am/i. Lne tablette rectangulaire, en al-
bâtre, porte une inscriptioi| de quarante-huit lignes,
également relative à la reconstruction de l'E-éAHSAG-
MiRKDhA. — Tuknlti-Ninib : trois fragments d'une
tablette d'albâtre trouvés au sud-ouest du temple. —
Tulailti-apal-rsarra /"" ; fragments de deux prismes,
duplicata du prisme de Rassam. — Salman-nsarid II :
cinq champignons analogues à ceux de Tukalti-JSinib ,
datés de l'jmnée de lahalu, lima, soit 834 av, J.-C;
statue en basalte, sans tête, haute de 2 m. 5o, avec
une longue inscription racontant les victoires du roi
sur Bir-Idri de Damas, et les pays de Namri , Kiie et
Tabnl; brique émaillée. — Samsi-Adad II et Adad-
nirâr II : soixante-douze morceaux de lapis-lazuli et
d'albâtre avec dédicaces. — Sin-ahé-irba : prisme de
quatre-vingt-trois lignes se rapportant à la construc-
LASSYRIOLOGIE EN 1904. 443
tion du te-mple d'Asur. — Amr-ahê-iddin : cylindre
avec inscription de quarante lignes. — Asur-bân-
apal : deux fragments d'un prisme heptagonal avec
inscription de cent soixante-dix lignes. — En dehors
des rois d'Assyrie, Kurùjalzu, roi de Babylonie, est
représenté par un morceau d'onyx dédié à Enlil.
Au point de vue de la topographie d'Asur, il semble
établi que le ptdais découvert à l'ouest de la ziggurat
est celui âH Asur-nnsir-apal , car on y trouve des dalles
à son nom. Un vase d'albâtre et une bric{ue au nom
de Sin-ahê-irha , quatre grands vases d'albâtre et
des briques d' Asw~ahé-iddin marquent le passage de
ces rois dans le palais d'Asur-nâsir-apal. Vers l'Ouest ,
on a trouvé des briques d'un palais construit pai*
Sin-ahé-irba ipour son fils Asnr-du-miihallipu. Près de
l'E-GARSAG-KURKURA était un palais de Sulman-asa-
rid /"■, auquel Asiir-nâsir-apal, Sarra-kiii et Sin-ahê-irha
firent des réparations. D'après les briques de Saiiûi-
Adad et de Sarru-kin , le temple découvert à Kala'at-
Sirgât est le temple d'Asur, nommé Esara. On a trou-
vé en outre dans ce temple cinquante-trois tablettes
de fondation , en pierre , mentionnant I'E-garsag kur-
KURA. — Au point de vue de la nomenclature royale,
notons une tablette d'argile donnant le nom du père
d' Adad-nirâri 1", A-ri-ik-di-in-ilu , qu'il faut substi-
tuer à la lecture admise jusqu'à ce jour : Pmli-ilii
(i<^*~,/)U= a/Au; Br. -ySia). Un autre document
confirme que Asixr-ahê-iddin a aussi porté le nom de
Asiir-etil-ilâni-ukin-aplu (cf. 111 R, i6, n" 3).
Les études assyriennes ne seront pas seules à pro-
444 NOVEMBRE-DECEMBRE 1906.
fiter des foiiiHes de Kala'at-Sirfidt; on a en elFet dé-
couvert en cet endroit quatre stèles en calcaire co-
quillier, avec inscriptions en araniéen : deux d'entre
elles sont datées de Tannée ia4 (des Séleucides ==
89-88 av. J.-C?)».
M. Hilprecht a donné une édition anglaise de la
très intéressante brochure : Die Ansyrabnmjen im Bêl-
Tempel zu Nippur, que j'avais signalée l'an dernier.
L'Université dé Chicago, suivant l'exemple fameux
donné par l'Université de Pennsylvanie, a commencé
des fouilles en Chaldée. Le point choisi a été lii.fm-
ya, au sud-est de Nujf'ar. La conduite des fouilles a
été confiée à. M. Ë.-J. Banks, sous la direction gé-
nérale de M. R.-F. Harper. F^es travaux ont com-
mencé le ib décembre icjoS. Les premiers rapports
de M. Banks décrivent le site comme une série de
monticules s'élevant jusqu'à la hauteur de 1 a mètres
et répartis sur un espace de 1 690 mètres de long et
84o mètres de large; l'endroit ne parait pas avoir été
habité depuis l'époque babylonienne ni visité par les
fouilleurs clandestins; il s'annonce comme exception-
nellement fertile. On a déji» découvert une statuette
de marbre, une tablette portant le nom de Dungi,
roi d'Ur, et , dans une chambre d'un to.mple construit
en briques ornées de rainures longitudinales, une
inscription de JSarâniSin. M. Banks croit déjà pou-
voir distinguer quatre temples superposés au même
endroit : le plus ancien , construit en blocs de pierre
' M. Peiser regrette comme moi que les fouilles assyriennes ne
soient pas dirigées par des assyriologues : 0 L Z , col. i49>
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 4/i5
(6" millénaire av. J.-C); le deuxième, en briques
plano-convcxes ( li' mill. ) ; le troisième , peut-être de
l'époque de Narâm-Sin (vers SySo); le quatrième,
dft celle de Dungi (sySo). Parmi les objets trouvés en
ce lieu, je signalerai une lame de bronze de o m. 48
de long , terminée par une figure de lion ; elle a été
découverte à 2 m. 5o sous la plate-forme de briques
piano-convexes. Un grand nombre de fragments de
vases h inscriptions a déjà été réuni. Les rapports
publiés en 190/1 vont jusqu'au 18 juin.
M. Sellin a fouillé le tell de Taannek [Taanak
ÔRiis Juges, V. 19), à cinq heures de Cdija, sur la
V
route de Jennin. Les recherches ont duré du 1 o mars
1 902 au 3o mars i 908. Elles intéressent l'assyriologie
par la découverte inespérée d'un cylindre-cachet au
nom d' Atanah-ili , fils de Habsim, serviteur de Nergal,
et surtout de quatre tablettes (deux lettres et deux
listes, voir p. 664) couvertes d'écriture babylonienne
et provenant d'une collection renfermée dans un
coffre en terre cuite.
M. Heuzey a réimprimé dans la Revue (rassyrio-
tngie ia notice sur les fouilles de Telloh déjà signalée
l'an dernier. La même revue donne en outre un
compte rendu sommaire, mais très précis, de la
campagne de 1 908 , par le capitaine Gros (avec plan).
J'y note les découvertes suivantes : dans le tell des
Tablettes, une pierre de seuil en diorite portant les
noms de Gimil-Sin et Arad-Nannar ; une statuette
en albâtre représentant une femme assise ; une « petite
tête de femme en albâtre, portant un double chignon
446 NOVEMBREDÉCEMBRE 1Q06.
soutenu par un bandeau qui est , ainsi que les sour-
cils, incrusté d'une pâle bleue de lapis; un vase de
terre portant des dessins faits en petits points blancs ».
Dans le tell de la Maison des Fruits, une tabietie
d'albâtre poiiant une inscription au nom dEntemena;
une tablette en calcaire blanc portant une inscription
de Gadea; un fragment de pierre noire aNCc quelques
casej d'une inscription très arcliaïque; une petite
figurine en coquille mate , portant sur la poitrine le
nom de (Jr-Nirui; un casque en cuivre. Sur les
j)entes du même tell, un bas-rcliel en albâtre repré-
sentant un homme tjui porte des poissons.
L'année 1 90/i ne nous a apporté aucune nouvelle
des fouilles de Suse.
ÉCRITURE.
Allotte de la Fuye. Quelques purlicularités de l'écriture
des tablettes de l'époque dUrukuijina , roi de Sirburla :
Recueil de travaux, vol. XXVI, |). i3() i^3. — A.-H.
GoDBEY. The chirography of the Ifammnrahi rode : A J S L L ,
t. XX, p. 1.^7-1.48. — G. HowARDT. Clavis caneoram, sive
lejcicon signorum assyriorani linguis latina , britaunica , ger-
manica, sumptibus iastituti Carslbcrgici Hanniensis composi-
tam. Pars I : Ideograinmata prœcipua. Leipzig, Harassowitz,
y6 p. in-8". — P. Toscanne. Etudes sur la langue sumé-
rienne; première série. Paris , Leroux, 63 p. in-4.*.
IjC premier fascicule du syllabaire de M. Howardy
comprend une liste des signes sous leurs formes néo-
assyrienne et néo-babylonienne; une liste des signes
néo-assyriens avec leurs valeurs phonétiques , sumé-
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 447
*
rieiines et assyriennes; une liste des principales
valeurs phonétiques rangées alphabétiquement avec
leur équivalent cunéiforme ; une liste des principaux
phonogrammes; une liste des délerminatifs; enfin
une hste des principaux idéogrammes, simples ou
composés. Quelques valeurs, établies depuis la publi-
cation de la Classified list de Brûnnov^^, ont été enre-
gistrées, telles que mas, pour le signe H ^, et kas-
sapa pour le signe ""^Ir^T - Certaines lacunes qui
étonnent, dans la liste des idéogrammes principaux,
seront sans doute comblées par la liste des « ideo-
grammata rariora », qui doit suivre.
M. Toscanne a essayé d'expliquer l'origine et le
sens de soixante idéogrammes, dont la plupart lui
paraissent des composés de quelques signes simples.
M. Allotte de la Fuye croit reconnaître dans un
signe non identifié , de l'époque d'Umkagina , le proto-
type du signe tu, que l'on ti^ouve dans Gmlea (Cyl.
A, éd. Price, p. 92 , n* 54). Ce signe se compose
suivant lui du signe ^ et des deux signes , accolés ,
de la main droite et de la main gauche. Mais si »M
est primitivement l'image de la main droite, nous
ne connaissons pas de signe pour la main gauche ; il
n'est nullement sûr que le signe de Gndea soit le
même que celui de Tépoque d'Unikagina; enfin je ne
sais même pas sur quoi M. A. s'appuie pour dire que
*-^Él signifie r apporter, ofliVir, consacrer ». Brûnnow
ne connaît que les sens de « renouveler, engendrer,
entrer, vêtir, malade , pigeon ».
L'écritm^e du code de Uammiirabi n'est pas uni-
448 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
•
forme; un examen attentif montre qu'il existe des
raccords entre les difTérentes parties. M. Godbey, qui
a soigneusement étudié ces détails de gravure, en a
conclu que la stèle du Louvre n'est pas un original
mais une copie, et que le travail a été exécuté simul-
tanément par plusieurs scribes entre lesquels la
tâche avait été répartie. Il croit pouvoir distinguer
huit mains différentes. Comme le bas des colonnes
offre des particularités (pii ne se retrouvent pas dans
le haut (l'écriture y est plus serrée, les fautes plus
nombreuses), il est possible que les graveurs aient
été répartis en deux équipes travaillant l'une au-
dessus de l'autre.
LANGUES SIMÉRÏENNE ET ASSYRIENNE.
F. Delitzsch. Znr assyrischen Lexicographie : OLZ ,\o\. Vil ,
col. 93-3. — B. Mbissner. Bemerkiinfjen zu C T XIV :
MVAG, vol. IX, p. 196-220. — Lexicographitches :
ibid.,f. 339-336. — D.-H. Miller. Der Gebraach der
Modi in den Gesetzen Hammarabis : WZKM, \o\. XVIII,
p. 97- 1 00. — W. Mvss-AlRHOLUt. Assyrisch-enylisch-deulsches
Handtcôrterbuch . livr. i4 et i5 (p. 833-960). Berlin,
Reuther und Reichani, in-8'. — Snpar, ""^ iuparsak{u),
""'' Saksupp{bb)ar, and related ternis : A JSLL , vol. XX,
p. 186-193. — Leaaicographical notes : ibid. , p. 3 33-a34.
— J.-D. Prince. The vocabalary of Sanierian : JAOS,
vol. XXV, p. 49-67. — C. ViKOLLKAUD. NoIes lexico-
graphiques : Z A, vol, XVIH, p. 33 1-233. — A. Ungnad.
Zar Syntax der Gesetze Hammarabis : Z A , vol XVIII,
p. 1-67.
La variété et la multiplicité des sens rendus par
une seule et même syllabe constituent l'une des prin-
L'ÀSSYRIOLOGIE EN 1904. W)
cipales difficultés de la langue sumérienne. Gomme
Amiaud, M. Prince admet que, pour les Sumériens,
des différences d'intonation distinguaient les syllabes
pour nous identiques, et il remarque, ce qui est
d'un grand poids, que le nombre des intonations
sous lesquelles nous sommes amenés à grouper
les différentes acceptions d'une même syllabe ne
dépasse jamais le nombre des huit intonations phy-
siquement possibles. Partant de ce principe, il étu-
die les nombreuses acceptions du signe Jf, qu'il
range sous quatre chefs, et montre qu'elles se
déduisent logiquement et linguistiquement de l'ac-
ception primitive « eau ». Il n'y a donc pas lieu de
recourir à l'hypothèse idéographicpie ou idéopho-
nique, contre laquelle M. Prince fait d'ailleurs
valoir les variations phonétiques du sumérien, de
dialecte à dialecte,. ou, dans un même dialecte, l'har-
monie et la dissimilation vocaliques, l'emploi des
postpositions et l'incorporation verbale. Les trois der-
niers ordres de faits sont inconnus aux langues sémi-
tiques; or dans aucun jargon artificiel «nous ne
trouvons de développement grammatical autre que
celui du langage sur lequel est fondé le jargon».
Donc si le sumérien était une « allographie » , celle-ci
ne saurait être f œuvre des Sémites.
M. Delitzsch a établi que igilti[Asiirb. Sm. i23),
ikkUtci, tcltekiltâ [GiUj., xi, 2 i 5-229) viennent d'une
racine xri'^p, qui signifie «s'éveiller». Kadni signifie
« fier, orgueilleux », plutôt que « impétueux », si l'on
se reporte à Nab. Grot. m, 3o : kadrutim nklannaki,
viii. 3o
450 NOVEMBKE-DÉCEMBRE 1906.
et au nom propre Kunus-hadm (IIl R, 66 u, a8)
« courbe-toi , fier ».
Le verbe hâku signifie primitivement « entourer ».
C'est le sens qu'il a dans II H, 39 gh, 6o : « le grand
pays cernera le petit pays pour le piller» {ihâknui).
M. B. Meissner, qui rite cet exemj^e , en donne aussi
d'autres qui confirment le sens de « mêler, se mêler »
(en parlant de-s liquides), établi autrefois par Jensen
pour ce même mot (Emuna efc, i, 5; Jobns, Dccds,
ioq3, rev. 4; BA, n, 636, K. i64, i3). De
même, h côté de la racine hamû « s';ibattre », existe
une autre racine fiaimi «observer» (les ordres) ■«=
(09^ « défendre , protéger » ; pour la filiation des sens »
cf, "1S3 • protéger • et jJài « regarder, observer ». L'ex-
plication {|ue Jensen a déjà proposée pour mazûrn
« Waschpfahl » est confirmée par la définition du
IfojLao donnée par Bar- Ali et ritéc par M. Meissner.
Le vêtement appelé msuj)pu , scisuppu est Je manteau
ou la mantille que le Tabnud appelle K5'*t?iU et le
syriaque i9>»f>> , Enfin M. Meissnei* voit dans l'in-
strument appelé sassaru, qui sei't, avec la hacbe
{p<isu), à abattre les arbi^s, l'équivalent de l'hébreu
i^iPD « la scie »; sassaru serait une forme safal de la
racine masaru. — Le fascicule XIY des Cunciform
Tcxts , qui contient des textes lexicographiques , a été
étudié par M. Meissner. Je ne puis malheureusement
pas résumer les corrections, rapprochements et
suggestions qu'il a semés à pleines mains, et dont
les assyriologues ne manqueront pas d'enrichir les
marges de leurs dictionnaires.
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 451
M. Viroileaud a relevé, dans les textes astro-
logiques, une trentaine de mots qu'il donne avec leur
contexte. Par compaiaison avec le nom A-mar-ili
(Harper, Letters, n° 179, obv. 2 ) , il suggère pour le
nom du roi Bur-sin la lecture Amar-sin. Le titre du
grand traité d'astrologie est enuma '^"Anu '''Bel,
« Quand Anu et Bel >» (cf. déjà Sayce, The Religions of
ancient Egypt and Babylonia, 1 908 , p. /ii 1 , n. 2).
Les racines ")©«? et np» ont été étudiées par
M. Muss-Arnoldt. Aux dérivés déjà connus de la
première s'ajoutent sipirtii «message, œuvre», et
mpm. Ce dernier mot, sous la forme de l'état con-
truit supar, se rencontre dans un grand nombre de
textes où l'on a lu jusqu'à présent ki-iit. Outre le sens
de « dépêche », qu'il a dans Am, 92 , rev. 3o : m sa-
a-pa-a-ra ildanas, il a le sens de « à la tête de»,
chargé de». Peut-être dans Gilgames, x, a, 29,
faut-il expliquer supar abnê par « œuvre de pierre,
idole ». Cela jetterait un jour tout nouveau sur ce
passage difficile. Le titre du fonctionnaire '^' sak-
hip-par, s'il est bien formé des mêmes éléments que
le titre """' su-par-sdky confirmerait la lecture sii-par,
que M. Muss-Arnoldt propose de substituer à la lec-
ture su-ut. A sêrtu « matin » et sêrtn • péché, colère »,
M. Muss-Arnoldt ajoute sértn « épée» (IV H, aSb,
5o, 5i : sértu ittanaiihit azkaru ellis sapu) et seiia
« germe , croissance » , de H")^ . M. Muss-Arnoldt
expli(|ue encore inar (Sarg. Hors, 176-7) abrévia-
tion de ammar{?); tillinû « choisi »; télitu « sublime »;
UH{i)tu « taxe , tribut » , de la même racine que p'iltu
3o.
451 NOVEMBRE-DECEMBRE 1906.
et uiliii; sanâ « teindre »; sanû « a non ■; sipi « marche-
pied » ; cresu « reine » ; sarûrii « espèce de concombre » ;
sâru «favem"»; saris «chef» (d'où DnD"2")); Iphiltii
« multitude ». Enfin il note les formes satiita et
èainuta pour sanûtu « second » ; Yifteal de sanû qui
signifie « répéter, doubler »; tiltu « neuvième » (ordin.
tisit), et étudie longuement les terminaisons ta-a-un,
a-an , *a.
Ces études sont extraites du supplément au dic-
tionnaire dont j'ai déjà parlé l'an dernier, et dont
M. Muss-Arnoldt annonce fachèvement prochain.
Les fascicules XIV et XV, parus en 190/1, nous
mènent jusqu'au mot rihsn. Ils contiennent près de
deux cents mots nouve^mx, et, pour les mots déjà
connus, beaucoup d'explications nouvelles : il suffit
dv comparer, sur le mot pisu, le dictionnaire de
J)elitzsch et celui de Muss-Arnoldt, pour mesurer le
chemin parcouru depuis huit ans dans la reconsti-
tution du lexique assyrien. Le nombre des références
est souvent décuplé.
M. Ungnad a donné en 1906 la deuxième et der-
nière partie de son étude sur la Syntaxe du Code de
IJanunurabi. 11 y traite : 1 " du régime du verbe : a. ac-
cusatif réfléchi et non réfléchi; b. régime introduit
par une préposition ; r. complément adverbial; 2" du
nom : a. les cas; b. l'apposition; c. l'énumération ;
d. rapport de l'adjectif au substantif; e. le nom ver-
bal (participe et infinitif); 3" de la phrase : a. en
général; b. dans ses rapports avec d'autres phrases
(phrases principales et phrases secondaires); c. fen-
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. ^«53
chaînemeiit des phrases. Cette étude très complète
et très approfondie, dont l'analyse ne peut donner
qu'une idée bien imparfaite , a permis à M. Ungnad
de corriger en toute sûreté quelques erreurs des tra-
ducteurs. Par exemple , des données qu'il a réunies
sur la flexion du nom, il résulte que, au lieu de ilu
bel kittu (i , 1 i] , il faut lire béliil et traduire : « A Mar-
diik, fils aîné d'fîa, la souveraineté sur tous les
hommes eurent attribué », au lieu de : « A Mardnh ,
fils aîné de Eu, divin maître du Droit, les foules dos
hommes eurent attribué». Col. m, ly, au lieu do
miidi igi-gal-im , lire mudi bisit iiznim et traduire « qui
comprend la sagesse», au lieu de «savant, intelli-
gent». Col. IV, 4^.-^3, Idrbiim Bâbili ne signifie pas
«boulevard de Babel», mais «dans Babylonc»; do
même, 1. 5o-5 1 , « dans Agade «^ et non « boulevard
d'Agane ». Col. m, 54 , ammi est un pluriel et ne peut
pas désigner le Tigre. Col. v, Sy et 66 , la lecture ava
sibuta , contraire à la paléographie et à la grammairo ,
doit être\;orrigée en ana sibut, le mot qui suit, sarra-
tim, étant le complément de sibnt et non du verbe
nsiamma, qui est intransitif. En conséquence il faut
traduire : « Si dans un procès un homme est venu
[nsiamma) pour témoigner au sujet d'un crime, et
n'a pas prouvé (la vérité de) les paroles qu'il a pro-
noncées, si ce procès est un procès capital, cet
homme sera tué », au lieu de : « Si quelqu'un , dans
un jugement contre les témoins, une injure a proféré
[nsiamma) et la parole qu'il a prononcée n'a pas jus-
tifié, si cette cause est une cause de vie ou de mort,
454 NOVEMBRE-DECEMBRE 190(^.
cet homme sera tué ». Beaucoup de gens avaient
trouvé excessive et étrange la loi ainsi libellée. La
grammaire nous contluit à une interprétation plus
acceptable, qui s'applique aussi au paragi-aphe sui-
vant. Au lieu de : « Si aux témoins du blé ou de l'ar-
gent il a envoyé, la peine de ce jugement il portera »,
il faut entendre : « S'il est venu témoigner sur une
affaire de blé et d'argent ( sous-entendu : et n'a pas
justifié la parole qu'il a prononcée), il supportera la
condamnation ». Rev., col. \xi, M-A5, au lieu de : « Si
un bœuf furieux [zugam] dans sa course », traduisez :
« Si un bœuf allant dans une laie [sakam) ». Col. xiv,
6a, les signes sal zi ik m um ne peuvent être lus
zinnisti zikriun : la grammaire exigerait .lu moins
sinnisla zikrim, et l'interprétation « femelle, du mâle,
femme publique », que d'autres raisons rendent d'ail-
leurs inacceptable, doit être écartée. Col. xv, 5 à , hêl
eklétim est une lecture impossible : bel est à l'état
construit, il faut un substantif régi; lisez bel ekli
ekilm isseid , etc.
Au sujet de la terminaison a, considérée jusqu'à
présent comme caractérisant le verbe des proposi-
tions subordonnées , et de l'exception relevée et expli-
quée par M. Ungnad dans les propositions subor-
données introduites par snmma (cf. Joarn. as., i go^ ,
sept.-oct., p. q54), m. D.-H. Mùllerfait remarquer
que, dans le code de Hammnrabi , la terminaison u
manque, non seulement dans les phrases commen-
çant par summa, mais encore dans toutes les propo-
sitions conséquentes des phrases conditionnelles.
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 455
dans toutes les formes du jussif, dans les formes
narratives [tempus historicum). 11 formule donc la
règle suivante : u se trouve dans les phrases relatives
attributives ou conjonctionnelles; il manque dans
les propositions antécédentes et conséquentes des
phrases conditionnelles , au jussif et au temps histo-
rique. Vu est de nature indicative et non conjonc-
tive, et correspond à l'a de l'indicatif arabe. Ainsi
s'explique sa chute au jussif, dans les phrases condi-
tionnelles et le temps historique, et son maintien
dans les phrases relatives et conjonctionnelles. L'u du
permansif est une formation analogique d'après le
présent et le prétérit , ou plutôt une terminaison
adjectivale.
LITTÉRATURE.
a. LEXIGOGRAPHIQUE.
Canciform Texts from Babylonian Tablets in the British
Muséum , parts XVII et XVIII. London , Longnaans et C" ,
1 oo pi. in-4°.
Le Musée britannique a publié deux fascicules de
textes lexicographiques copiés par M. Thompson. Ce
sont des listes de synonymes où les mots sont classés
par séries, d'après le sens : une de ces séries, ap-
pelée malkii « le roi » , comprenait au moins huit ta-
blettes ; cinq fragments sont publiés pour la première
fois. Ce sont aussi des lexiques sumériens-assyriens
appartenant, pour les fragments qui ont pu être
identifiés, aux séries AN-TA-GAL=«.<faA'tt «haut»; alam
4&6 NOVEMBHE-DECEMBRE 1906.
= lânu «imago». Do nombreux morceaux étaient
inédits »'l apportent un conjpiénient précieux aux
matéiiaux réunis par Biiinnow.
/;. HISTORIQUE.
C.-H.-\\. JoHNS. An overlooked fragment of an Eponyni list :
PSBA. t. XXVI, p. a6o-a6i. — L.-W. King. Records of
Oie reiyn of Tuhulti-yinib I, king of Assyria , nhout B.C.
1975, edited and Iranslated from a mémorial tablet in the
British Mnteam. London, Luzac, i vol. xin+i85 pages
in-ia. — S. Lanodon. List ofproper names in theannals of
Asurbanipal : AJSLL, vol. \\, p. 2^li^^xb^y. — B. Meiss-
NER. \ebnkadnezars Dericht ûher die Erhamintj des Beîtcm-
pels : Asivriologischc Studien , MVAG. vol. I\ , p. 184-196.
— Tn.-(¥ PiNCHES. A new historicalfragmentfrom Nineveh :
JBAS, p. 4o7-4>8. — I.-M. Prick. Litlerary remains of
liimSin (Arioch), king of Larsa : The Decennial Publica-
tions of the University of Chicago, vol. V. Chicago, The
University of Chicago Press, 37 p. et 5 pi. in-4'. — A. -H.
Sayce. The new historical fragment from .\ineveh : JHSA,
p. 750-762. — V. Scheil. Notes d'êpigraphie et d'archéo-
logie assyriennes : Recueil de travaux , vol. XXVI, p. 3Q-a8.
— Miscelles : OLZ, Vil, col. 69-70; 216-317. —
M. Streck. Bemerhingen zu den « Annals of the kings of
Assyria», I : Z k, WIII, p. i^a-aoï. — F. Thureau-Dan-
(;iN. Nouvelle inscription de Gudea : Revue d'assyriologie ,
vol. VI , p. a3-24- — La ruine de Shirponrla [Lngash ) sous le
règne d'Ourou-kagina : ib., 35-32. — Le cylindre A de Gu-
dea : ZA. XVIU, p. 1 19-141 ' — p. Toscanne. Inscriptions
cunéiformes archaïques du Musée du Louvre publiées sous la
direction de E. Ledrain. Les statues de Gudea, statue J.
Paris, Leroux, 87 p. in-4*.
Le texte de Tukulti-Ninib , dont M. King a publié
une édition très soignée à tous points de vue, est un
LASSYKIOI.OGIE EN l'J04. 457
document destiné à conimémoier la construction
des murs de Kar-Tukulli-lSinib. Gomme tous les
textes de ce genre, il débute par une énuméraliou
des titres du roi et une courte généalogie remontant
à son grand père. Le roi rapelle ensuite ses victoires
sur les pays de Kuti, Vlmmani, Elhunia, Sarnida,
Mehri, Kiirti, Kummuh, Pusse, Miimme, Alzi, Ma-
dani, Nihani, Alaia, Tcarzi, Pwukuzzi, Subari et
ISàiri, dont il défit quarante rois coalisés. Une men-
tion spéciale est faite de sa campagne contre Bibcia-
su, roi de Kardimias (Babylonie), qu'il fit prisonnier,
et dont il annexa le royaume à l'Assyrie. L'inscription
rappelle ensuite que Kar-Tuhilti-Ninib a été fondée
sur Tordre de Bel, que le roi y a construit des
temples à Asur, Adad, Samas, Ninib, JSuzhi, Nergal,
Iminabi, et Istar, et a creusé un canal desservant
ces temples, qu'il a élevé un tertre sur lequel il a
bâti son palais, et qu'il a entouré la ville de murs.
Enfin viennent les malédictions usuelles contre celui
qui détruirait la ville ou le mur, ou mutilerait la
tablette.
M. King a joint à l'inscription de Tahilti-Ninib
un passage de la « Gbronique babylonienne » rappe-
lant la défaite de Bibeiasu et la domination du roi
d'Assyrie en Babylonie ; un passage de « l'Histoire
syncbronique » où il a le premier rétabli le nom de
Bi[be]asa ; une empreinte du sceau de Sagarakti-Surias
rapporté par Tukulti-Ninib en Assyrie, avec le butin
de Kardanias, repris plus tard par les Babyloniens,
et rapporté de nouveau à Ninive par Sin-ahèirba,
458 NOVEMBREDÉCEMBRE 1906.
six cents ans plus tard ( III R, 4 , n° a ; la lecture du
nom de Sagarakti-Sariait avait jusqu'à ce jour résisté
aux efforts drs assyriologues); le récit de la prise»
de Babyione par Sin-ahê-irba d'aprrs un prisme de
Sin-ahé-irba {{ ^ , 3, 7), et rinscription de Bavian
(III R, I A), à laquelle une collation faite sur les ori-
ginaux a permis d'apporter plusieurs corrections im-
|)ortantes; en appendice, huit fragments de coupes,
portant des inscriptions de Sulman-aiarid l".
Dans son introduction, M. King a insisté sur le
synchronisme, établi pour la première fois, des règnes
de Tnkalti-Ninib et de liibeiaia; il a comparé l'usage
des tablettes de fondation en Assyrie et en Egypte
et opposé la destination historique des premières
ù l'objet purement magique des secondes; enfin, il a
mis en ceiivre les données historiques fournies par
l'inscription de Tuhilli-Ninib sur les campagnes de
ce roi et les relations de l'Assyrie et la Babylonie.
Le P. Scheil a publié une pierre de seuil de Lvoal-
Mavrri{?)^ transcription seule; deux briques à in-
scriptions d' Adad-Nirâri , une de Salman-asarid ; une
pierre avec une inscription do sept lignes de Sin-ahê-
irba (transcription seule), mentionnant un fils du roi :
Asur-iliya-balatsa (lisez '^'Asur-ilum.ii-baUit-sa ou ''"
Asar-ila-nadin-balat-su). Un fragment de Sin-ahê-irba ,
mentionnant la campagne contre les Arabes, a été
traduit par le P. Scheil , qui place l'événement après
la huitième campagne du roi. Signalons encore un
fragment du ci-devant Pudila [=^ Arik-dln-ilu ; tran-
scription seule) et une dédicace à Nimba.
L'ASSYRIOLOGIE E\ 1904. 450
L'histoire des rapports de LiKjas et de Gisug, qui
commence pour nous à l'époque de Mesim ' , roi de
Kis, vers /iooo av. J.-C, s'est enrichie d'un nouveau
chapitre. C'est l'histoire de la destruction de Lagiik ,
par LuGALZAGGisi, roi de Gisdg. Une tablette décou-
verte par le capitaine Gros, et dont M. Thureau-
Dangin a donné la traduction , énunière les temples
détiniits ou pillés par les habitants de Gisug. Le fait
le plus important qui ressort de cette tablette, est
que Urukagina, roi de Girsu, est contemporain de
LuGALZAGGisi, patési de Gisug.
M. Thureau-Dangin a également publié, dans la
Revue d'assyriologie , l'inscription de la huitième
statue de Gudea dont il avait déjà donné une traduc-
tion que j'ai signalée l'an dernier. Cette inscription
a fait d'autre part l'objet d'un travail de M. Toscanne
qui a donné, en même temps qu'une copie fort soi-
gnée, des variantes empruntées aux autres textes de
Gudea. Enfin les dernières colonnes (\x-xxx) du cy-
lindre A de Giidea ont été traduites par M. Thureau-
Dangin. Elles racontent , suivant lui , « la pose des
fondations du temple ». Aussitôt après sont mention-
nées sept bénédictions par lesquelles Gudea salue
f édifice dont il vient d'entreprendre la construction.
Puis commence la longue énumération des divers
' On a lu jusqu'à ce jour me-silim; mais silim parait unp
valeur sumérienne de basse époque refaite sur ie sémitique salamu.
i]i^ a la valeur sim (G T, XI, la, 4o8oi. 3), qui satisfait aussi
bien au complément phonétique ma , qui souvent termine le nom
(lu roi.
4C0 NOVEMBRE-DKCEMBRK 1006.
travaux «'xécuti'-s par le pat«'si : les multiples parties
du temple sont successivement passées en revue avec
les emblèmes, stèles, ou représentations mythologi-
ques qui les ornent. L'inscription se termine par une
prière adressée à Nin-Girsu. Je reviendrai l'an pro-
chain sur cet important travail, qui doit être puhlié
à nouveau avec un commentaire <;ramniaticnl.
Depuis que Lenormant a proposé d'identifier
Bim-Sin avec l'^rioc^ de la Genèse, je ne crois pas
que celte hypothèse ait été l'objet d'une discussion
sérieuse. Klle soulève pourtant beaucoup de difficul-
. lés. Il n'est pas probable que le même roi ait porté
deux noms équivalents, l'un sumérien, l'autre sémi-
tique, et, si le nom écrit Ri-im- '*'"*'' Kn-zu doit
être lu Rim-Sin en sémitique , on ne voit pas pounjuoi
il apiKiraitrait quelquefois, dans des documents
écrits en sumérien, au lieu de la forme ordinaire
Kru- '*'"*'' En-zl, réputée sumérienne, ni pourquoi
les S'mites de Palestine auraient retenu de |)réfé-
rence la forme sumérienne prétendue équi\atcnio,
Arinch («- Ëri-ari ). D'autn; paît, le l'ait que Sin est
quelquefois appelé ''"*' a-ku, en sumérien (Bi'.
I 1680), ne prouve pas que le sumérien''"*" Kn-/.i
se soit prononcé aku. 11 n'est nullement prouvé non
plus, ni même vraisemblable, que lim soit la tra-
duction assyrienne de eru [rim signifie en assyrien
« bœuf sauvage » tandis que eru signifie « serviteur »).
Je croirai donc, jusqu'à preuve du contraire, que
Rim- ''" 5m et Erd- '''"»'' Ew-zu {=> Arad- ^" Sin) sont
deux rois différents. Je regrette que M. Price, qui
L'ASSYRIOLOGIK KN 190/|. Mil
vieiil de donner une, noiivoUt' ('dition d«'s lexles de
ce roi, ait adopté l'opinion de Lenormant, sans
même la discuter. Au reste, il faut le remercier
pour les copies qu'il a publiées de deux textes iné-
dits , conservés au Louvre , et qui sont parmi les plus
longs, et pour les deux tables où il a donné un
dépouillement des noms propres et du vocabulaire
de Rim-Sin et Arad-Sin.
L'onomastique si ricbe du cylindre d' Asur-bâii-apal
a été inventoriée par M. S. Langdon. La liste des
noms propres offre plus que de simples références:
elle analyse les données fournies par le texte sur
chaque individu et chaque pays. Je souhaite avec
M. Langdon que pareil travail soit fait pour tous
les textes historiques assyro-babyloniens.
Le fragment de cylindre de JSabâ-kudurn-usur,
trouvé à Suse, et traduit en 1900 par le P. Scheil
(DP, il, 12 3-125), complète sur be.iucoup de points
un autre cylindre, également mutilé, publié par
Hilprecht (OB, I, 3/i-35). M. Meissner s'est aperçu
le premier de ce fait et a donné une traduction du
texte ainsi rétabli. Il suppose cpi'il n'y a plus de
lacune entre la fin de la colonne 11 et le commence-
ment de la colonne m; mais il n'a pu en acquérir
la certitude, le P. Scheil n'ayant pas publié la copie
de l'original, mais une simple transcription.
La publication des Aimais of the Kings of Assyria
(1902), de MM. Budge et King, a été l'objet d'une
revision attentive de la part de M. Streck , qui s'est
proposé de rectifier et de compléter l'interprétation
46S NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
en s'aidant, plus (jue ne l'ont fait les auteurs anglais,
des travaux parus depuis le dictionnaire de Delit/sch.
Parmi ses explications et ses corrections, je retien-
drai surtout gunii ou gunwi « soldat» [Adiid-NUwi ,
obv. 2a); saUuiunu «régisseur» (Tig. I, col. i, 36);
Kili- ^Temb, Kali- •'"TVàhiA, Sadi-^''rfhé, HaltivUir, au
lieu de Kîlianfrrn, Knh'antcru, Sndi'antern, fJaUuhi
[ibid., n, ib)\gamarria irhute kurndia sa mifhiis tapdc
litamdn « mes voltigeurs (?) rapides , mes hoplites ex-
perts {litamdu)h infliger îa di^faite » [ibid. , ii, 66-68);
snmâtu [ibid., m, ^/i) «être cflfil<^»; zirhn {ibid., nr,
9g) «agneau»; adi snlnlti âme sa ''' sainsi napâhi
[ibid., III, 100-1 Ci) «en un tiers de jour, celui du
lever du soleil»; ummi (ibid., iv, 68) «platane»;
Tnmmc [ibid. , iv, -y i ) et non Nimmè ou Nnmme; knr-
bani sa abari [ibid. , v, Sg) « morceaux de magnésite » ;
birik sipani [ibid., vi , i 5) « éclair de bronze » ; tunisuha
(Ob. brisé, coi. iv, a g) « crocodile », au lieu de nam-
snha (cf. Tarabe ^UL^j); bit abusâle [ibid., col. v, i)
■ étable » (lieu des mangeoires); nuinarit [Asum.,
n' 3 , i) « qui fait se reposer »; hit kili (n" 4 , rev. 1 7)
« lieu obscur »; asuha « platanus orientalis » [Ahirn.,
Mon. V, 16); iiia iski.su, et non iita (fis-ki-sa [ibid.,
l. 5a), « en sa possession ». M. Streck attribue à Sai-
inanazar I" f obélisque brisé, longtemps attribué à
Asur-ndsir-apal ou à Tukulti-itpal-esara 1"^ ; il se fonde
sur la mention de Kad(dnian-[Buri(is] et dune colo-
nie fondée à Halziluha , dans la montagne de Kasioj'i ,
région où nous savons que Suhnnn-asarid 1"' fit une
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 463
expédition. Son étude sur le nom de Pudi-ilii a
perdu en grande partie son intérêt depuis la décou-
verte faite à Kala at-Sirgât (voir p. 443).
M. Johns signale un fragment d'une liste des épo-
nymes (K. 10.017) transcrit par Smith dans son
Canon des éponymes (p. 55) et depuis négligé. Ce
texte, très mutilé, traite de l'année y 00.
Un fragment historique rapporté en Europe par
Boutcher, le dessinateur qui accompagna Loftus en
Assyrie, a été publié par M. Pinches qui semble
avoir raison de le rapprochei' du fragment IV R , 34,
n" 2 . Ce texte est très mutilé ; on y retrouve cepen-
dant les noms de Asur-bêl-hudiu^-usur, Ninib-tiikulti-
Ahiv et de Harbi-Hhu , le Hahirite. Si le Bêl-kudur-usw
nommé dans ce texte est le i-oi d'Assyrie cpii régna
\ ers 1210, nous avons là un élément pom^ fixer
la date des événements rapportés dans le texte de
Rawlinson. M. Sayce a proposé quelques modifica-
tions à la traduction , donnée par Pinches , du texte
de Ravvlinson , et en a rapproché un fragment d'Aga-
thias (Il , a 5 , p, 1 1 9) et de Ktésias , dont il a essayé
de rétablir les noms propres fort altérés. J'admets
avec lui que les noms assyriens très longs ont été
souvent idarégés et que Biletaras peut représenter un
nom comme [Tiikulti]-apal-esara [pilesev), mais j'ai
peine à croire que Amyntes soit une traduction de
mur ou de nasir « protège ».
404 NOVEMBRE-DECEMBRE 1000.
C. ÉIMSIOLAIHE.
Fr. IIrozw. keiUchrifttexle nus Tn'unnek (appendice à la
publication de Sellin [voir p. /|/io], p. ii3-r.rî). —
C. JoHNSTON. Samas-iam-nkin , the eldest non ofEsarhathlon :
JA OS. t. XVin, p. 79-83. — F. Martin. Une lettre assy-
rienne (Harper, IV, n* a48) : ZA , vol. XVIII , p. 97-99. —
B. Meiss.nkr. Samassuinukin and Asurboitipal : Assyrio-
logische Studien , M VA G. IX , p. 1 8 1 - 1 84.
En dehors de deux listes extrêmement mutilées , et
dont il n'y a guère à tirer que les noms propres , les
fouilles de Taannck (voir p. 465) ont fourni deux
lettres c[ue M. llrozny a traduites et commentées.
L'une est de Guli-Addi, l'autre de Ahi-Jawi; toutes
deux sont adresst'es à Istar-warsur. M. Hrozny rap-
proche le nom ^4 /»/-/« M'/ de l'hébreu ^n^^nN ^I Rois,
\iv, II) pour lequel il suppose une tonne plus an-
cienne nin^HK. Comme le fait remarquer M. Séllin
(p. 98-99), ces lettres, qui sont de la même époque
que celles d'El-Amania, montrent que le babylonien
îi'était pas seulement, ainsi qu'on l'a prétendu, la
langue diplomatique; puisque les dynastes de Syrie
se servaient, pour correspondre entre eux, de l'écri-
ture babylonienne, cette écriture était la seule qu'ils
connu.ssent. Ce fait est encore établi par les listes
trouvées avec les lettres, et (jui semblent se rappor-
ter à l'administration de la principauté.
M. Martin a traduit et commenté la lettre 348 du
recueil de Harper, qui contient une consultation re-
lative à une maladie du roi. — Une lettre ;i A.mr-ahê-
idWïn , publiée par Haqier (n° 870), et traduite par
L'ASSVRIOLOGIE EN lUO'i. 465
M. Meissncr, montre que. raccession (ÏAku-bân-apal
au trône d'Assyrie fut une satisfaction accordée aux
grands qui craignaient la prédominance de Babylone.
Samas-snm-iikin est appelé fils aîné [rabu) du roi; il
n'était donc pas, comme on l'a cru, frère jumeau
d'A'sar-bân-apal, h moins qu'il ne soit l'aîné des
jumeaux, ce qui n'est pas impossible. M. Johnston,
qui a traduit la même lettre peu de temps après
M. Meissner, insiste sur l'impossibilité d'une traduc-
tion « jumeau » pour talimu. \\ montre pour quelles
raisons Akir-ahé-iddin avait donné le royaume de
Babylone à Samas-'sam-ukin , probablement fils d'une
Babylonienne.
(I. MYTHOLOGIQUE.
P. Haupt. ï'/ie introdiictoiy Unes of the cnneij'orm account oj
Ihe Déluge : JAOS. t. XXV, p. G8-75.
Les premières lignes de la onzième tablette de la
légende de GiUjamcs n'ont pas encore été traduites
d'une manière satisfaisante ; plusieurs traducteurs du
récit du déluge ont même laissé ce début de côté.
M. Haupt propose de traduii\> :
Ninrod said lo him, even to Ut-napisti, the translated :
1 gaze at thie (with ama/.ement) , o Ut-napisti;
Thy appearance is unchanged, like me artthou.
And thou thyself art not changed, like me art thou.
Eager is the de[sirc] of thy heart to do battle ;
[Arjnior thou hast placed on thy ])ody.
[Tell me] how didst thon settle (hère) and ohfain life in
the assem])lv of gods..
4M NOVEMBRE-DÉCKMBRE 1906.
« Appearance », 1. 3, rend minâli, que M. Haupt
rapproche de l'hébreu pD [Gcn. , i , i i ot 2 /j) « espère »
et non de n3i2 « compter » , comme les auteurs qui
l'ont rendu paj' •« proportions ». L. 5 , il faut lire gum-
mvu- ka[pad] libbika, et non gummurka libbi; kapadu
■ avoir l'intention », est bien connu. « Arnior », 1. 6,
rend 5ir/a-am (Jensen : [u in] a a-h i). Au comnienctv
uient de la ligne 7, M. Haupt restitue [ki-ba-a-ma].
e. UTUBGIQUB.
J. B«>M.BNRi r.HKR. CrtheU nnd liymnen an Nerrjdl : Leipziger
>emitislische Studien, 1, 6. licipzi^, llinrichs. 1 vol. bi p.
in-S*.
Des huit morceaux étudiés par M. BoUenrùcher,
deux seulement (K. 83 10 et 9880) étaient inédits;
il est regrettable que M. BoUenrùcher n'en ait pas
donné la copie, mais seulement la transcription.
L'auteur a dû renoncer à copier trois autres frag-
ments signalés par le catalogue de Bezold , et même
à collationner trois texte» déjà publiés, et cependant
réservés parle British Muséum. Il a pu néanmoins,
grâce au rapprochement de textes similaires, com-
pléter sur plus d'un point les deux hymnes autrefois
publiés par King [Magic, n*' 2-7 et /i6), et même
corriger en toute sûreté une copie fautive de Craig
(K. 69 =• Z A, p. 2'76). Son interprétation marque
également un progrès sur celle de ses devanciers. Il
n'est pas douteux, par exemple, que, dans son nu-
méro 1 , il ne faille lire avec lui : rabâla ina arallé
mahira Ui iisii (1. 6) « tu es grand, dans les Enfers tu
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 467
n'as pas de rival » , et non : rabâta ina arallênia asira
[ra] LA-TI-5U; mtur (1, y) «élevé», et non sutur
« écris » ; Hbsat (1. i 2 ) « colère » , et non milat « ? » ;
au numéro a , 1. 1 3 , maUamdiJi « qui marche » , et
non kakkab Pisa tik « étoile Pisu qui est proche de ».
Il semble que M. Bôllenriïcher aurait été en mesure
de tenter la traduction de l'hymne sumérien publié
dans CT, XV, 1 4, et il est regrettable qu'il ne Tait
pas fait : il faut avoir le courage de se tromper et de
commettre les erreurs inévitables.
Dans son introduction , M. BôUenrûcher a recueilli
les données assez maigres que nous possédons sur
Nergal, dieu du soleil brûlant et meurtrier, de la
fièvre et de la peste , seigneur de l'Enfer, et en même
temps dieu de la vie et de la fertilité. Contre Barton ,
qui soutient que le dieu principal de Kutha ne pou-
vait pas être à forigine une divinité malfaisante , qu'il
a dû être d'abord un dieu chthonien, un dieu de
l'agriculture , et que , dépossédé par le Bel de JSippiir
et réduit à f empire des morts , il devint un dieu de
la peste , et , finalement , du soleil destructeur, M. Bôl-
lenriïcher admet que le caractère primitif de Nergal
est celui d'une divinité solaire. Mais il renonce d'ail-
leurs à déduire logiquement tous les attributs de Ner-
gai de sa fonction primitive de dieu solaire. Le nom
ée Sitlamtaea, fréquemment donné a Nergal, signifie,
suivant M. BôUenrûcher, « celui qui a grandi dans le
Htlam », ce dernier nom désignant une partie encore
indéterminée du x6(7(xos babylonien , peut-être l'océan
céleste.
3i.
4«| NOVEMBRE DECEMBRE 1000.
/. DlVINArOIltK.
Ciineiform Tejrts from Balvlomun Tablels in llic lirilish
Mnseiun, part X\. London. I.ongnians and C', 5o pi.
. iti'/i'' -— C. ViBOLLEAUO. Eludes sur la divination chaldêenne.
1" partie; extraits des séries J ala , | marsn; transcriptivn.
Paris, Welter, 69 p. in-^". — Textes divinatuires : lieu.
sém., p. 271-275. — G. Qlixche. Zur bubylonisclien
Becherwahrsagang : Z A . W'MI. p. 223-227.
Le fascicule XX des (junciform Tc.rts est tout »inlier
consacrt" aux présiigos : il comprend des lexttîs des
trois séries siunina Gin, sumina sa-t.\u, et nmslabilUuii.
Ijes copies sont de M. Thompson. Les viogt fasci-
cules de la publication du British Muséum forment
une m.isse déjà très importante de tablettes, et il de-
vient tiès diiiicile de savoir ce que chaque fascicule
contient, quelles sont les tablettes publiées et en
(juel endroit elles le sont. Un index fournissant toutes
ces indications serait le bienvenu, et l'index général
que le Musée Britannique donnera certainement à la
lin de la publication , c'est-à-dire à une époque qu'on
lie peut prévoir, serait moins impatiemment attendu
si nous avions des tables pai'tielles. Il est vrai que les
onze premiers fascicules ont paru sans pagination,
mais il serait facile à chacun de numéroter son exem-
plaire» et on ne verrait plus de références comme
Bu. 91-6-9, 364, CT, VI, qui imposent un quart
d'heure de recherches à qui veut les vérifier. Enfin,
sans ignorer tous les obstacles qui peuvent s'opposer
à la publication méthodicpie d'une aussi \aste collée-
L'ASSYRIOLOniE EN 1904. 469
lion, je souhaite que les documents grammaticaux
et îexicographiques, qui sont indispensables à i'into]-
ligence de tous les autres, paraissent avant tous les
autres.
M. Quinche a étudié expérimentalement les textes
relatifs à la iékanomancie publiés par M. Hunger
(voir J A, 1904, p. '^61); les faits l'ont amené
à modifier sur quelques points la traduction de
M. Hunger : criHii « bourrelet » ; hurbuhatiim « trous
ronds » ; ' nikimta « gonflement » ; snlmii « gouttes se-
condaires»; mrsarrn «rond»; tahaltn «queue». 11
signale en outre dans ce texte la plus ancienne men-
tion du phénomène de l'interférence : jusqu'à pré-
sent les peintures murales de Pompéi , où l'on voit
des bulles de savon au bout d'un chalumeau de
paille, étaient le plus ancien document sur ce phéno-
mène.
Un des textes divinatoires publies par M. Virol-
leaud traite des présages tirés des apparitions d(»
morts; le précédent donne des présages tirés de la
maison et de ses parties. M. Virolleaud a donné en
outre une seconde édition , améliorée sur plusieurs
points, de sa transcription des séries aln et marsu.
fj. MAGIQUE ET MEDICALE.
C. FossEY. Textes magiques assyriens : Recueil de travathv.
vol. XXVI, p. 89-128; 179-218. — F. KicHi.Eu. Dei-
trâfje zur Kennlniss dcr AssYi'iscJi- linbYlonischeii Mediziii ;
Texte mit Umschrift, Uebersetznng and Kommentar : Assy-
rinlofiiscke Bibîiothek, vol. XVIII. Leipzig, ITinrirhs,
1 vol, in-Zj'", VI + i5/i p. 'm-\" et 20 pi. en nutop;rapl)ir». —
470 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
B. Mbissnër. ZaUnschmerz : Assyriologiiche Studien, XU :
MVAG, l\, p. aao-aaS. — F. von QEfele. Zur
AssYrischen Medizin and NatarwissenschaJÏ : ZA, XVIII,
a34. — R.-C Thompson. The deviii and evil spirits of Ba-
bylonia, being liubYlonian and Assyiian incantations arf ainsi
the démons, . . .translated front the original cuneifurm te.rts
in the liritish Muséum, with the translitérations , vocabulary.
notes, etc., with two plates; vol. II. *Fever sivkness» and
tHeadache», etc. I^ndon, Luzac, Liv + 79 p. in-8'. —
C. VtnoLLBAUD. Tea-te magiqae : Rev. sém., p. 269.
Le fascicule XVII des Cuneifonn Texts a été tra-
duit par M. Thompson dans le second volume de
ses Devils and evil spiriU. H contient les dél)n8 con-
servés des « Alakka douloureux » et du « Mn\ de
|$lt f n ^^ }& " Poupée d'argile » et de séries analogues.
Ces incantations magiques sont suivies de descriptions
de dieux et de la « Légende du ver ». Parmi les descri|>
tions de dieux, celle de nin-tu paraît se rapporter à
un type de statuette bien connu par les fouilles et
qui représente une déesse allaitant son enfant. La
« légende du ver » explique l'origine du mal de dent,
en remontant plus haut que le déluge, jusqu'à la
création, et donne ensuite la formule du calmant à
appliquer sur la dent. Les cosmogonies que l'on
trouve dans d'autres textes magiques mutilés, et dont
la raison d'être n'apparaissait pas clairement jusqu'à
présent, étaient probablement destinées, comme la
« légende du ver » , à expliquer la cause du mal , que
la magie devait s'appliquer à connaître , avant de le
guérir. Dans sa préface, M. Thompson a étudié les
paroles magiques, la connaissance de l'ennemi sur-
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 471
naturel , le rituel et les cérémonies , le tabou et l'ex-
piation. 11 admet avec moi, contre M. Prince, que
nous ne connaissons pas encore , dans le rituel baby-
lonien, de cérémonie comparable à celle du bouc
émissaire chez les Hébreux,
J'ai publié, presque en môme temps queM. Thomp-
son, une traduction des textes magiques contenus
dans les fascicules XVI et XVII des Cuneiform Texts.
Mon interprétation difïere de la sienne sur un certain
nombre de points que j'ai pu discuter dans mes
notes , au moins en ce qui concerne le fascicule XVI ,
pour lequel j'ai été devancé.
M. Meissner a donné également une traduction de
la «légende du ver» et d'un fragment (K. ^Sg)
de mémento médical relatif au traitement du mal de
dent. Son explication de la ligne 20 de la « légende
du ver » me païaît la meilleure qui ait été proposée
pour ce passage difficile. J'avais supposé que *^^
était une faute de copie pour a^, mais la lecture
sêpa sabat est plus satisfaisante, pour la grammaire
et le sens, que celle que j'avais proposée. En re-
vanche, je continue à croire que munzuki (1. 10)
n'est pas une variante de miinzikii et ne signifie pas
« vin » , mais se rattache à la même racine que an-
zuka (dans hinzuha, 1. 17), que M. Meissner traduit
comme moi « sucer». L. 26, j'ai vu dans "-E^- une
forme de ^*^. MM. Thompson et Meissner lisent
*"It^|", mais ils me paraissent conduits par le sens
plutôt que par la paléographie : ""IHEj- aurait été
écrit »-F^T*-, tandis que l'on trouve pour Y'*^ la
kli NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1900.
forme «-t**, beaucoup plus voisine de celle que (Con-
tient notre texte (cf. lîr. , Indices, 3 i a a).
Un texte magique, malheureusement mutilé, a été
traduit par M. Virolleaud. Il nous apporte un nouvel
exemple de rite transmetteur : on doit appliquer '
sur le sanglier la bouche «le l'homme ensorcelé. Ce
texte confirme l'intei'prétation que j'avais donnée
d'un rituel relatif à la transmission des maléfices
dans le corps d'un cochon 2. Cette interprétation
avait été contestée bien légèrement; elle est désor-
mais hors de doute, ainsi que la restitution que
j'avais proposée pour la première ligne. Noter dans
les deux textes l'importance attachée à l'orientation ,
pour l'accomplissement du rite.
La médecine s'est lentement dégagée de la magie.
Dans les textes publiés et étudiés jwrM. kiichler, les
prescriptions médicales sont encore mêlées d'incan-
tations et de pratiques purement magiques : par
exemple une incantation célèbre l'origine de la plante
du « cœur » , c[ui figurait dans plusieurs recettes
(p. 8-1 1); une certaine potion doit être bue de la
main gauche (p. 10-11); la potion faite du suc
de onze plantes, d'huile et de boisson fennentée, qui
dissipe les fumées du vin , doit être administrée avant
que le soleil se lève et que personne ait embrassé
l'homme ivre (p. 32-33). Pourtant la prédominance
' Cf. BoissiKK, Docninents (usyr. rci. awv prés., p. /i"?, I. 8, tu,
iali-da-as.
' JoiiriKil itsiatique , 1901, t. I, j). 364, »'t Mcyir rtT.ïyr/Vnne,
•p. 86 et 459.
r;A.ssvi\iOL()(;iK en loo'i. 473
des formules pli;irmaceuti((ues est très marquée, et
l'aveu que dans certains cas le médecin est impuis-
sant (p. 62-63) a déjà quelque chose de scientifique :
je ne crois pas que la magie ait jamais reconnu de
bornes à sa puissance. Quelle que soit donc la part qu'il
faille faire au principe magique de sympathie dans
la rédaction des formules étudiées par M. Kûchler,
on peut dire qu'avec son travail commence la publi-
cation de la littérature médicale assyro-babylonienne.
Depuis plusieurs années déjà, l'attention avait été
attirée sur cette série de documents, une des plus
importantes de ia bibliothèque de Kiiyiinjik, par le
docteur von OEfele\ qui avait remarqué le nombre
considérable de prescriptions pour malades relevées
dans le catalogue de M- Bezold. M. von Œfele avait
déjà pu, grâce à une connaissance très étendue de
l'histoire de la médecine, préciser un certain nombre
de points. Mais les textes publiés étaient fort rares , et
l'interprétation, fort difficile à cause des nombreux
idéogrammes et des termes techniques, avait rebuté
^ Einc Uroskopic ans altmesopotarnischev Medicin : Allg. Med.
Ccntr. ZUj., 1898, n" 96. - Ziir Gcscinchte der Alliumnrten [All-
iiiesopotnmischc Medicin) : Phavinac. RnndscJiuu , 1899. -- Ans
elnei- assyrischrn Pharniacopuc : Pliarin. Centr. Blntt f. Deutscidand ,
1900, n" 6. — Litternturnucliweise :, GcscliiclUc d. Medicin in d.
Kcilschrift-Cultiir : Deutsclie-Med. Presse, 1901, n" 2/1. — Diatc-
tischcs Hnndbuch d. Bildiotheh Sardanaptds : Zellschv. f. diât. Thé-
rapie, 1901. — Ein Handbiich d. Proçjnostih in Keilsclnift : Dent.
Med. Presse, 1901, n" 3. — Prolcg. z, Keilschrijtnwdicin : OLZ .
V, 157-9, 1902. — Abliandliingcn s. Gescli. d. Medicin. Hef( IV :
Keilscliriftmedizin . Einleitendes z. Mcdizin d. KmiYnndjih-Collc tion .
— Materialien :. Bearb. hahyl. Medicin: M V A G , 1905; olc.
4?A NOVEMBRK-DECEMBRE 190Ô.
les assyriologues. L'honneur de l'avoir abordée le
premier revient à M. Kiichier, qui a pu, avec l'aide
de son maître, M. Jensen, et de M. von OËfelo, ré-
soudre une bonne partie des iimombrablos problèmes
suscités par les textes médicaux.
Los trois morceaux (|u'il a étudiés appartiennent
à la série amélu saaluni iiuiris, lablcltt's i-a, «'t à la
série améla ud da ki;r m zi sk%. ki matis. Ils traitent
principalement des troubles de Tappan'il digestif, co-
liques, vomissements, flatuosilés, de la rétention
d'urine, de l'ivn^ssi', de la jaunisse, qui est déjà rap-
portée à sa véritable caus4', l'action de la bile. L(>
nom assyrien de la fièvre bilieus<' est très clairement
donné (p. 60-6 1 , 1. a6) : « Si le corps d'un homme est
jaune, sa face noire et jaune, la racine de sa langue
noire, le nom (de cette maladie) est ahhazu. » On a
traduit jusqu'à présent , mais sans preuve suillsante ,
(ûihaza par « fièvre », et M. Kùchler s'appuie sur cette
explication pour suggérer que, peut-être , il s'agit de la
fièvre jaune. Mais il objecte lui-même que la lièvre
jaune est inconnue en Asie. S'il faut vraiment main-
tenir que Y ahhazu est une espèce de fièvre , je pense-
rais plutôt à la fièvre bilieuse , qui est souvent incu-
rable et mortelle , comme le dit le texte , et que l'on
ne s'étonnera pas de voir nommée après la jaunisse
simple [amurrikâmi). J'ai noté en passant quelques
erreurs de détail. Planche II, l. 8 , le texte porte miris
ina himéti; M. Kûchler a lu miris himêti et traduit en
conséquence « Buttersalbe » ; ihid. . l. 9 , le texte porte
isati « il boira » , et non ikkal « il mangera » ; ibid. ,
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 475
1. 3i, t^U l*""**" £^ "Vff me paraît une graphie bien
bizarre pour ivtanahas : si cette lecture était aussi
solidement établie que M. Kûchler le croit, par le
rapprochement avec pi. IV, 1. 6o, je supposerais
alors une faute de copie : EHZlï ï**'*"^, pour ^^îl
-4*5Îîfs (i^r. 6373). P. 37, 1. 32 , « gutes » pour iâba
me paraît une traduction faible, quoique littérale;
tâhii , fréquemment opposé à marra « amer » , doit
signifier « sucré » ou « doux m.
x\I. von Œfele propose de reconnaître dans la
plante sa-kil-bir , employée dans la recette contre le
mal de dent (voir p. ^7 1) , ïhyposcyamus albus.
h. JURIDIQUE.
H. d'Arbois de Jubainvxlle. La famille celtique; étude de
droit comparé. Paris, Bouillon, 1 vol. aai p, in- 16. —
S. Daiches, Zur Erklàrung des Hammurahi-Codex : Z A ,
XVni, p. 302-222. — R.-F. Harper. The code of Ham-
murabi. Ring of Bahylon, aboat 2250 B. C, autographed
teûct, translitération, translation, glossary, index of subjecis ,
lists of proper naines, signs, numerals, corrections and era~
sures . . . Chicago , The University of Chicago Press , 1 vol.
192 p. in*8° et io3 pi. — J. Kohler et F.-E. Peiseh.
Tlammiirabi's Gesetz , Band I : Ubersetznng , Juristische
Wiedergabe , Erlûaterung. Leipzig, Pfeifler, 1 vol. i46 p.
in -8'. — C.-F. Lehmann. Ein missvertandenes Gesetz
Hammnrabis : BAG, t. IV, p. 33-4i. — D. G. -Lyon.
Structure of the Hammurabi Code. Notes on the Hammurabi
Monument : JAOS. t. \XV, p. 2^8-278. — D.-H. Mùller.
Meine Hammurabi Glossen : WZKM, t. XVIIl , p. 34o-
3/i2. — liber die Gesetze Hammurabis , Vortrag gehalten in
der Wiener Juristischen Gesellschaft. Wien, A. Hôlder,
1 vol. 45 p. in-H". — Die Kohler-Peisersche Hammurabi
476 NOVEMBRE-DECEMliRK 1000.
Vbersetzang : Zeilschrift f. d. priv. u. dff. Ilccht. â. Vtvijcn-
wart, t. \X\I. — F. -K. Peiser. Ein missverslandenes
Gesetz Hammarabi's : OLZ, vol. VU, col. 236- aSy. —
M. S<".HORR. Die Kohler-Peisersche HammuruhiUehersetzun^:
WZKM. t. XVin. p. ao8-Q4o. — H. VVixcki.er. Div
Gesetze Hammarabis in Umschrift uitd ibcrsetzang ; data
Einleitung , Wôrter- Eigennamcn - Vevzeichnis , die sog. $u-
merischen Familiengesetze und die Geselzlafel lirit. Mus.
82-7 U, 988. Leipzig, Hinrichs, i vol. ii6 p. in-8*.
L'interprétation du code de IJaminurabi , dont le
P. Scheil a donné la première traduction, pro-
gn«sse de jour en jour, grâce à de nombreux travaux
<r»'nsemble ou de détail. (Certains termes techniques
font l'objet d'études spéciales, tandis que des traduc-
tions nouvelles s'efforcent de rectifier et de préciser
le sens d'articles encore obscurs, et que des com-
mentaires juridicjues en font comprendre la portée.
M. Daiches s'est attaqué à l'expression rid sâbé, pré-
cédennnent traduite par « officier ». Il a réuni les
passag«'S du code et des lettres de lïamimirabi où
cette catégorie de personnes est nommée, et a com
mente avec beaucoup de pénétration un t<»xte relatif
à un rid sâbê (Bu., 91 -5- g, ^ii9 = CT, VI, 29).
Il conclut que le rid sâbé devait à l'État certains ser-
vices pour lesquels il était sujet à des levées d'office ;
que certaines classes étaient exemptes de ce service;
que le rid sâbê recevait en retour des terres et , à l'oc-
casion, des troupeaux. Quand il essayait de se sous-
traire au service en envoyant un remplaçant, il était
puni de mort; quand il ne pouvait remplir son ser-
vice, d'autres prenaient possession de son fief, avec
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 477
les charges afféientes; il pouvait rentrer en posses-
sion après un an, mais non après trois; captif, il de-
vait être racheté ; il ne devait pas être maltraité par
ses supérieurs ; les biens qu'il tenait de l'Etat étaient
inaliénables ; son fils pouvait lui succéder dans son
(lef et dans ses obligations. Quand il était prisonnier,
sa femme recevait pour élever son fils le tiers du fief;
il y avait des entrepreneurs qui vendaient ou livraient
à l'Etat des rid sâbê; ceux-ci n'étaient donc pas seu-
lement levés, mais aussi achetés; leur service n'était
pas agréable; ils étaient marqués; des fonctionnaires
étaient chargés de saisir les fugitifs ; le nd sâbê n'avait
que des droits limités à l'héritage de son père; il
était (tout au moins celui qui était acheté) de basse
extraction. M. Daiches ne propose pas de traduction
pour le terme rid salé.
Il semble ressortir de ce qui précède que « homme
d'armes « rendrait assez bien l'assyrien. Mais faut-il
lire les signes ï=IIIS ^^]-- rid sâbê , comme l'ont fait
les difïérents traducteurs , et après eux M. Daiches ?
Cette lecture repose sur Br. 6960, où on lit en re-
gard de ces signes : ridû sa sâbê. Mais c'est une erreur
de croire que l'on puisse tirer de là un substantif rid
sâbê. Rida sa sâbê signifie «conduire» (en parlant
des soldats); 5a sâbê est une explication, une glose
qui limite et précise le sens de rida. On trouve de
même rida sa alpê « conduire » (en parlant des bœufs).
Il faudrait donc transcrire simplement rida ^ , si tou-
^ 3v, vois qu'en effet M. Dditzscli a admis cctic franscriptinn :
Irad. (le Winckler, p. i4, note.
478 NOVEMBRE-DECEMBRE 1906.
tefois le substantif assyrien a bien été tiré de la racine
ridû, car il est très possible que l'individu sujet ou
objet de l'action exprin)(»e en assyrien par rùln ait été
désigné par un mot tiré d'une tout autre racine. Knfin
M. Daiches conteste la lecture H'M S5^|- mir-u* , et
prétend (pi'il faut lire^lS- *-^\- bara-hs. U s'appuie
sur Delitxscb (BA, IV, p. /|85) et l.» t.'xt.- Bu., 88-
5-1 'j, jib («=CT, IV, àg), 1. i, où il croit recon-
naîtr»' la forme cursive ordinaire du signe ^I^.
C'est bien plutôt le signe mM, tel qu'on le trouve
dans Amiaud et Méchineau, n' i afi, av«'c cett»» s<>ul«'
dilVén'nce que nous avons h l'intérieur •— au lieu de
&. I>ie signe ^!^^, dans les lettres de IJammurabi
éditées par King, a une tout autre forme {voir n°g/i,
1. 36). D'ailleurs la lecture aku, donné<' par une
glose , ne peut s'appliquer qu'au signe mS .
Accessoirement , M. Daicbes a encore expliqué les
locutions ilkam alâhi et ilkam ni alâhi(Schv\\ : « gérer
une gestion, ne pas gérer une gestion»). Il a fort
bien montré que la première signifie « s'ac^piitter
d'un service», puis «s'acquitter d'un service et en
recevoir le prix, c'est-à-dire un fief», et simplement
«recevoir un fief». Donc, au paragraphe 182, il
faut entendre que la femme prêtresse de Marduk , en
faveur de laquelle son père n'aura pas testé, aura
droit à un tiers de part d'enfant mâle, mais n'aura
aucun droit sur le fief (ilkam ul illak).
Quelques expressions du code ont fait l'objet d'une
étude de M. Lyon, qui en a précisé ou rectifié le
sens. Col. XL, y6, salmu ne désigne pas l'image du
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 479
roi gravée sur la stèle , mais une statue en laco de la-
quelle la stèle était placée. Col. xli, ko, llkbi ne
signifie pas «qu'il épèle», mais «qu'il dise», et,
suivant la construction ordinaire de IJammitrahi , se
rapporte au petit discours qui précède. Col. v, 22,
ina ka-nia-tim , que l'on a traduit « dans la contrée », et
qui pourrait tout au plus signifier « dans l'enceinte »
(il faudrait alors un nom de ville après kamatim),
doit se lire ina pi matim, comme Winckler fa reconnu.
Mais la traduction de celui-ci « in dem Mund der
I^eute ') est trop peu précise ; il faut entendre « dans
la langue du pays » , et le passage signifie que Ham-
murabi a rédigé en sémitique les lois primitivement
écrites en sumérien. Col. xli, 97, kinâtim sarâkii
signifie « donner les lois » : IJammnrahi a reçu les lois
de Sama's. Col. xiii, ào, 48, imtahar a été traduit
« recevoir » (le prix de location). M. Lyon fait observer
que cette traduction n'est guère plausible , parce que
le payement par avance n'était pas en usage à fépoque
de IJammiirabi ; parce c[ue , le fermage étant payé en
nature, le payement ne peut que suivre la récolte;
parce qu'enfin il semble injuste que le fermier supporte
les conséquences d'un orage , simplement pour avoir
payé par avance son fermage. H propose donc de
traduire « convenir » (du prix). Les articles 45 et 46
traitent alors, le premier du fermage, et le second
du métayage; le fermier doit en tout cas payer la re-
devance fixée; le métayer partage la récolte telle
qu'elle est, suivant la proportion convenue.
L'article 186 de la loi de Uammurabi, relatif à
480 NOVEMBUEDECEMBRË lUOC.
IVnf'aMl tidoptil, a «Hé discuté par MM. Lohnuinii,
Pcisor vi SclioiT. M. Pfisrr traduit : « W«'iim cin
Mann einen Unerwachsrncn zur Sohnschaft ango-
nomnien hat [ilkûsu), \^enn der von ihin angononi-
mene widor seinen Valer oder seine Mutter sich ver-
geht , soi! di«'ser aufgezogene zum Mans soines Vaters
zurûckkehrun. » Avant lui, le P. Scheil avait traduit :
« Si quelqu'un , ayant adopté un enfant en bas âge , au
moment où il 1 adopte [ilkùisu) a violenté ses père et
uière, cet élève retournera chez son père.» VVinckler :
« Wenn jemand cin Kind als Solin anniuimt uiid
wenn er ilin genomnien liât [ilkùsu), er sich g«'g«'n
seinen (Plleg«î-) Vater und Mutter vergeht, so soi!
dieser Grossgezogene in sein Vaterhaus zurûck-
kehren. » D. H. MCiller : « W enn oin Mann ein kleines
[Kind] in Adoption gcnoinnien hat und sobald sie
es genommen hahen [ilkûsu), es sich an Vater und
Mutter versùndigt, kchrt di«'S('sZi«'hkind in das Maus
seines Vaters zurûck. » Ainsi Scheil entendait que
Tadoption laite contre la volonté des parents natu-
rels était nulle, ce qui était trop clair, puisque dans
ce cas il n'y avait pas adoption, mais rapt. VVinckler,
Mûller et Peiser voyaient dans l'article une révocation
d'adoption pour cause d'ingratitudf , mais diffé-
raient d'ailh'urs sur la manière d'«'nt<*ndre l'assyrien
ilktmi.
Contre eux M. Lehmann a fait valoir qu'il était dif-
ficile d'admettre qu'un changement de sujet ne fût
pas expressément indiqué [ilkù, sujet : le ouïes pa-
rents adoptifs; ihial. sujet : le llls adoptif) et que les
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 481
parents adoptifs fussent désignés par les mêmes
termes [ahii, iimmii) que les parents naturels, 11 fai-
sait aussi remarquer qu'au point de vue juridique
cette interprétation déliait bien facilement l'adopté
de ses devoirs envers ses parents adoptifs. Il propo-
sait donc de traduire : « Nimm an : ein Mann hat
einen Unmûndigen adoptiert und als er es adoptierte ,
dessen Vater und Mutter vergewaltigt : dièses Adoptiv-
kind soll zum Hause seines Vaters zurùckkehren. » Il
revenait donc à la traduction du P. Scheil , que les
traducteurs suivants avaient écartée pour son invrai-
semblance juridique.
M. Peiser, reprenant la question , fit observer que
l'assyrien ihiat, traduit par le P. Scheil « a violenté »,
par Winckler et lui-même « sich vergeht » , pouvait
signifier aussi « chercher, vérifier » et proposa une
traduction toute nouvelle : « Wenn ein Mann einen
Unmûndigen zur Sohnschaft angenommen hat, so-
bald der von ihm angenommene seinen Vater oder
seine Mutter wàhlt [ihint), mag dieser Aufgezogene
zum Hause seines Vaters zuriickkehren. » Cette tra-
duction faisait disparaître les difficultés grammati-
cales, en supposant avant illîâsii la disparition acci-
dentelle du relatif sa.
Presque en même temps, M. Schorr (voir plus
bas) donnait au verbe ihiat un sens tout voisin de
celui que venait de suggérer M. Peiser, mais , reje-
tant l'hypothèse de la chute de sa , traduisait lité-
ralement : « Wenn jemand ein kleines Kind in
Adoption genommen hat (und wenn) zur Zeit, da
VIII. . 33
482 NOVEMBRF.-DÉCEMBRE 1900.
er es gonommen hat, or^ seinen Vater und seinr
Muttrr findet, darf es ins Valo.rhaiis «uiiickkohren. »
G'eat-à-dii'e : l'enfant trouve et adopté qui dtîcouvrt'
»e» paronU natureU rentre cher eux. GetU' tra-
duction échappe aux objections gramiuaticides el
juridiques auxquelles se heurtaient les traductions
antérieures-, et l'article 186 ainsi compris t'orni»'
av«« le précédent et le suivant un ensemble pariail»'-
ment logique : l'enfant n'»'(ulièrenient adopté ne peut
otro i*érlamé par ses paivnts; l'^'nfant trouvé |>ejjl
rentrer dans la maison de se,s pajvjils naUireis s'il les
découvre; l'enfanl d'une femme pid3li(|iie ne peut
être réclamé. JJ noterait cependant i» établir que l'ar-
ticle i85 e«t bien relatif à l'adoption régulière; or il
y a dans cet article luie expression obscure, iiui
nw-r-su, pour laquelle je ne connais pas mcon' de
tiaduction satisfaisante.
Cette discussion autour de l'article 1 86 n'a pas
eu seulement le mérite de faire progresser l'intelli-
gence d'un passage difficile; elle montre aussi eom-
bien il reste à faire pour établir le sens du code de
IJoinmurabi et combien certaines théories , bàtiès uu
lendemain de la publication, sont mal assises. Poin-
tant les progrès accomplis sont déjà considérables.
J'ai signalé l'an dernier la traduction de M. 1). II. Mill-
ier. L'année 1904 en a apporté trois autres, de va-
leur inégale, mais qui toutes ont leur utilité.
' Der Âdoptivvater, also kein Subjeklwi'clisel. ( Note de M. Schorr.)
- Noter encore dans l'article de M. Schorr les su<ïgest?o<is rnla-
lives aux «rtides 2Ô, /ti, 66, iiG.
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 485
La première en date est celle de M. Peiser, avec
une interprétation juridique de M. kohler. Le pre-
mier volume , seul paru , contient la traduction et la
paraphrase juridique sur deux colonnes , le code for-
mulé suivant les habitudes modernes, un exposé
systématique du droit à l'époque de Hammurabi,
deux appendices sur Hammurabi et les lois de famille
sumériennes , et sur la loi de ffammiirabi et la civili-
sation qu'elle révèle. Les deux volumes smvants con-
tiendront la transcription et un commentaire lexico-
graphique et grammatical, un recueil des documents
jm-idiques de l'époque de Hammurabi. Peut-être eût-
il été plus logique d'achever le travail philologique
avant d'aborder l'étude juridique : M. Kohler a tra-
vaillé sur des traductions que M. Peiser modifiera *
quand il écrira le commentaire grammatical , et , forcé
d'attendre le travail de son collaborateur, M. Peiser
a donné une traduction qui aurait été beaucoup plus
appréciée si elle avait paru un an plus tôt. M. Schorr,
qui l'a critiquée sans indulgence , y a relevé une cen-
taine de fautes. Il y a d'ailleurs quelque exagération
dans cette critique. Si par exemple la lecture ina sib-
i-su pour ina me-e-sii (S i85) n'est pas très heureuse,
il est certain que la lecture ina me-e-su et la traduc-
tion « avec son propre nom » ne sont pas non plus
très satisfaisantes et qu'il valait mieux chercher une
route nouvelle que suivre aveuglément l'ornière. La
' Par exemple muskinu «minisleriale» ; ba'iru «Fiscli Ruiner».
Le muSkinu, opposé à amélu {vir. pnfririiix) , no peut être que le
plélM'-ien, le rolnrior, on le manant.
32.
4M NOVEMBRKDECEMBRE 190G.
paitie la plus originale du tnivaii de \I. Peiser sera
««vidciuinent son commentaire philologique, car, si
nous avons un nombre déjii considi'-rable de tiaduo-
tions du code de Hamimirabi , nous nen avons pas
encore une où le sens des mots obscurs soit discuté
à fond, où les difficultés de toute nature soient réso-
lues par la méthode philologique. Jusqu'il présent on
a deviné plutôt que traduit les endroits difiiciles.
L'édition très élégante de M. Harper comprend
une transcription et une traduction, un index des
matières, une liste des noms propres et un lexique,
un texte magnifiquement autographié et plus com-
mode à consulter que les photographies de l'édition
originale; quatre listes des signes, des chiffres, des
fautes de gravure et des signes effacés. La transcrip-
tion est la première (|ui ait été correctement faite, sui-
vant les principes grammaticaux établis par M. Un-
gnad (voir p. 45a). Toutefois on voit mal pourquoi
M. Hai"])er transcrit en-lil, ka-dingir-ha-ki, et non
Béliini, Bâhilum, etc., puisqu'il transcrit zinnûtum,
maram, et non sal, tur, etc. La traduction est en
plusieurs points en progrès sur les précédentes. Par
exemple, M. Harper me paraît avoir donné le pre-
mier le sens exact du premier article de la loi. Son
lexique est également le premier qui ait été établi ,
et l'on s'étonne qu'il ait fallu l'attendre si longtemps.
Mais il est regrettable que M. Harper, dans sa tra-
duction, ait « fait effort pour éviter le langage tech-
nique et juridique [Intr., p. xiii). C'est le seul qui,
dans les matières juridiques, ait la précision néces-
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 485
saire. D'autre part, M. Harper ne donne ni n'an-
nonce de commentaire philologique, de sorte (|u'il
est difficile de se rendre compte des raisons qui l'ont
déterminé à traduire baim par « constable » et ilkii
par « business » , qui est en tout cas un mot trop
vague (cf. p. 478).
La dernière en date des trois traductions parues
en 190A est aussi la meilleure qui ait été publiée
jusqu'à présent; c'est celle de M. Winckler; elle est
accompagnée d'une transcription et suivie d'un
lexique.
M. d'Arbois de Jubainville, sans être assyrio-
logue, parla seule force du bon sens et de l'évidence
juridique , a établi le sens des mots biblu « cadeaux » ,
tirhatn « prix d'achat de la femme » , seriktu « dot » ,
imdiinnii « douaire », dans une étude des plus inté-
ressantes où il a comparé la condition de la femme
et le droit matrimonial chez les Celtes et les Baby-
loniens.
Le texte du code de Uammiirabi forme une masse
compacte sans division aucune en paragraphes ou
en sections. Les divisions que les traducteurs ont
introduites ont donc quelque chose d'arbitraire, qui
peut même dissimuler au lecteur le principe suivant
lequel les lois ont été coordonnées. C'est ainsi que
M. Œttli a écrit que les articles n'étaient pas classés
par ordre de matière. M. Lyon estime au contraire
que l'ordonnance du code est absolument régulière,
allant toujours du général au particulier (homme et
femme; enfants; enfants de père libre, de père
480 NOVEMBREDt'CËMBRE 1906.
esciave et de mère libre, etc.), du supérieur à l'in-
férieur (homme libre, affranchi, esclave; hommes,
femmes). Les exceptions ne sont qu'apparentes; par
exemple la mention de l'esclave en douze endroits
vient de ce que Hammarahi ne traite pas de f escla-
vage, mais de l'esclave dans ses rapports avec ie»
différentes personnes auxquelles le code est consa-
cré. Une analyse très détaillée du code termine la
démonstration.
I. VARIEE.
A.-T. Claï. The Babylonian ejcpedition of the University of
Pennsyhania. Senes A : Cuneifonn Texts, vol. X : liasiness
Documents of Murashâ tons of Nippiir, dnted in the reign
of Darius II. Philadelphia , Department of .Axchjpology
and Palaeontology ot the Liniversity of Pennsylvaiua,
XIX + 87 p. vork' t 7a pi' en autog. et 17 pi. en sÎMili. —
— B. Mkissker. Pafjsatis : 0 L Z. Vil, col. 384-385.
F.-E. Peiser, Aas Rom :OLZ, VII, col. 8-1 o; 37-45,
Le dixième volume de ia publication de f Univer-
sité de Pennsylvanie est, comme les précédents (t. 1
et IX seuls parus), un modèle de travail paléogra-
phique. Les copies ne sont pas, ainsi qu'il arrive trop
souvent, des interprétations arbitraires, ramenées à
un type conventionnel, mais des fac-similés irrépro-
chables et qui valent presque des originaux pour
l'étude de f écriture ou ia préparation à la lecture
des tablettes. Si l'on pouvait souhaiter une perfection
plus grande pour les volumes à venir, c'est seulement
à la substitution de planches en photo-gravure aux
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 487
planches on simili qu'il faudrait la demander; le
quadrillé donne en ellet des traits mous, ut même
illisibles partout où le texte n'est pas très net , et un
texte publié uniquement par ce procédé serait le plus
souvent indéchiffrable. Les cent trente-deux docu-
ments copiés par M. Clay sont, comme ceux du
volume IX, des actes provenant de la maison des
fils Mwcdn , notables commerçants établis à Nippur
sous les Achéménides. Cette seconde série est datée
des années du règne de Darius II , depuis l'année de
l'accession [li^d) jusqu'à l'année xm. M. Clay a
transcrit et traduit une douzaine de spécimens seu-
lement, l'interprétation de l'ensemble étant réservée
pour une autre série des publications de l'Université
de Pennsylvanie; mais il nous a donné déjà dans
ce volume une concordance des noms propres
d'hommes , de localités et de dieux , et une liste des
signes avec leurs variantes et les valeurs dans les
textes copiés par lui. Cette statistique trop négligée
— je ne sais pas si elle a été faite pour aucune des
publications de textes antérieurs — est du plus haut
intérêt pour l'histoire de l'écriture.
Quelques questions de chronologie et de paléo-
graphie ont été traitées par M. Clay dans son intro-
duction. H semble que l'on puisse dater l'accession de
Darius II du troisième ou du quatrième jour du mois
de Sahàt, car une tablette de la quarante et unième et
dernière année d'Artaxerxès I" est datée du 3 Sahât ,
et la première tablette du règne de Dariuç est datée
du k Sabât de l'année de f accession. Une tablette qui ,
^U NOVEMBRE-DECEMBRE 1006.
dans le voiumo IX . avait été attribuée au règiio d'Ar-
taxerxès I", parait devoir ètr«' reportée au règne
d'Artaxerxès II. Le signe •^TTT auquel on avait attri-
bué la valeur ad dans le volume IX, par confusion
avec le signe -^Jlf, semble plutôt avoir les valeurs lad,
tat, dut; ces valeurs sont les seules satisfaisantes dans
des noms comme Bél-tad-dan-nu-bul-lit-su , Nabù-iad-
dcui-nn-usur, Su-u-bal-iat (var. Su-u-bal-ta-at) et dans
le. mot nian-dat-ii (var. man-dii-at-ti-su). La seule va-
leur connue jusqu'à présent pour ►^TTT est kad, mais il
est r(>marquuble que dans les textes de M. Clay cette
valeur est exprimée uniquement par le signe *iT, et il
est possible que le signe ►^UT, devenu sans emploi,
ait été affecté à l'expression de la syllabe tad , qiii
n'était pas représentée dans le syllabaire. Un signe
tt=. identifié avec l'assyrien tf , dans de nombreux
ouvrages, n'est pas autre chose que •-^T.
Les noms propres donnent souvent lieu à de déli-
cats problèmes de transcription. M. Clay estime que
les noms du type su-a sont des hypokorislika qui
doivent être lus erba-a , erbâ , et non erba-aplu. Dans
les noms du type Nergal-ri-sn-u-a , a ( toujours rendu
partjîï^) "^ marque pas une voyelle longue, mais
w [risnwa, cf. ardiia) ou une prononciation o[risoa,
forme parallèle à nûrea). Dans les noms hébreux qui
apparaissent en grand nombre dans ces actes, la-
a-ma [ = lâwa) est l'équivalent de in\ M. Clay est
d'acxîord avec M. Hilprecht sui' TafTIuence dés étran-
gers en Babylonie dont témoignent les noms propres.
M. Hilprecht, qui a beaucoup contribué à élucider
L'ASSYRIOLOGIE EN 1904. 489
ces noms, relève la présence do Cassites, de Perses,
de Mèdos, et même d'Indiens, de Tiharéniens, de
Hittites , de Syriens de Hamat , Ascaion , Gaza , Tyr (?),
d'Ammonites, de Moabites, de Juifs, d'PMomites,
d'Egyptiens, de Mandiréens et deCimmériens. Sur les
noms propres étrangers du type Sikin-Uii-mes , MM. Hil-
precht et Clay n'ont pu se mettre d'accord. Le pre-
mier voit dans mes une représentation du suffixe
de la première personne [Un'"" = ''ba); le second
objecte qu'aucun des noms de cette catégorie tran-
scrits en araméen ne présente la forme ''bu, mais que
Ra-hi-mi-Uu'"" est rendu par '?ND''m. H propose donc
de voir dans le signe du pluriel [mes) un effort pour
rendre le pluriel hébreu D"'n'?N*. ^
Trente-cinq des tablettes publiées par M. Cl.iy
portent des mentions en araméen; de trois d'entre
elles on pourrait peut-être tirer la vraie lecture du
nom de dieu lu provisoirement Nin-ib; malheureu-
sement leur mauvais état de conservation fait que la
lecture reste douteuse. M. Hilprecht lit nt^iiN, et
M. Clay — avec raison , d'après son fac-similé —
nc?n:N. En tout cas la lecture Ninrag , proposée par
M. Hrozny, et au sujet de laquelle j'avais élevé des
doutes l'an dernier,, est définitivement écartée.
M. Peiser a donné une description des antiquités
assyriennes du Musée du Vatican , parmi lesquelles
un acte d'adoption qu'il a transcrit et traduit (cf.
Zi,XVin,p. 100-J03).
Dans les textes publiés par M. Clay, M. Meissner
a relevé les noms de Gubnru , gouverneur dWkkMl,
490 NOVEMRREDKCEMRRE 1906.
et de Pnrussatn qu'il rapproche do ceux de (iôbrya»,
général d'Artaxerxès, qui prit part à la bataille do
Gunaxa, et de Parysatis, femme de Darius Notho».
Puraiiabi n'a pas le titre de reine : mais une femme
qui a une cour, des juges à elle, des serviteurs de
race libre , ne peut ^.tre que la reine.
[La saite aa prochain cahier.)
LE CULTE IMPERIAL EN CHINE. /i91
LE CULTE IMPÉRL/VL
EN CHINE,
TRADUIT DU CHINOTS
PAR
M. FERNAND FARJENEL.
On ne connaît bien un peuple que lorsqu'on
connaît sa religion. C'est là une vérité que les pro-
grès de la sociologie mettent chaque jour de plus
en plus en lumière.
Or, dans le vaste champ que présentent au sino-
logue les études' chinoises, la partie proprement
religieuse a été fort peu travaillée et l'on en est en-
core à discuter et même à connaître avec exactitude
les principaux dogmes de la religion (Ainoise pro-
prement dite.
Mais il nous faut d'abord définir ce que nous en-
tendons par ces mots « religion chinoise » , car il y a
en Chine plusieurs grandes religions nationales,
dont l'une , le bouddhisme , est d'importation étran-
gère.
La religion d'un peuple étant celle qui a donné
sa forme à la société , nous appelons « religion chi-
noise » l'ensemble des croyances et des pratiques qui
se manifestent dans le culte impérial et dans le
49S NOVKMBRË-DECEMKUE IU06.
culte domestique de chaque tamiile , car ce sont les
croyances animant ce culte qui inspirent tout le
droit familial et social et qui, dans la suite des
siècles, l'ont toujours inspiré, du moins en ce qu'il
a d'essentiel.
Il en résulte que le bouddhisme, bien qu'officiel-
lemenl reconnu en Chine, ne peut être véritable-
ment considéré comme une religion proprement chi-
noise. D'autre part, le culte du Tao, la troisième des
religions de i'Ktat, se mêle dans la théorie dognia-
ti(jue et dans la pratique cultuelle modernes à la
religion oPIîcielle et à sa liturgie. La distinction que
les sinologu&s européens ont coutume de faire entre
la religion du Tao et celle dite des lettrés ne peut
guèn» porter sur le fond même de ces religions.
Ije sacrifice dont nous donnons ci-après la tra-
duction est le plus grand acte de toute la liturgie
chinoise. Cest le sacrifice au grand Dieu du ciel,
premier principe des choses, tel qu'il nous est pré-
.senté dans le Hituel de la dynastie actuelle.
Les formes de cet acte liturgique se retrouvent
dans tous les sacrifices du culte impérial et mî^me
du culte domestique.
Klles se résument, comme la messe catholique,
en plusieurs parties principales : des prières et des
olfrandes préalables, une élévation consécratoire,
une communion sous les deux espèces, plus un ho-
locauste qui constitue la dernière partie.
Lorequ'on étudie le culte chinois, on «'st frappé
de sa ressemblance avec celui des religions de TOcci-
LE CULTE IMPERIAL EN CHINE. 493
dent, antiques et modernes; et les analogies que l'on
découvre ne sont pas de celles qui peuvent provenir
de l'identité de la nature humaine chez des peuples
divers; elles portent sur nombre de points de détail
qui n'ont rien de naturel.
Dans notre ouvrage Le Peuple chinois ' , nous
avons émis l'hypothèse d'une origine chaldéenne de
la civilisation chinoise; l'étude de la religion ne
peut que nous confirmer dans cette opinion, déjà
soutenue d'ailleurs par plusieurs autres sinologues,
se plaçant à différents points de vue.
La traduction du Rituel de la dynastie actuelle
est bien propre à fournir à cet égard de précieux
éléments de comparaison , car le peuple chinois , le
plus conservateur de tous , a gardé dans ses institu-
tions religieuses des formes rituelles qui remontent
à la plus haute antiquité.
On peut s'en convaincre en lisant, dans la pré-
cieuse encyclopédie de Ma Touanlinn, les critiques
des canonistes chinois des différents siècles, et le
tableau de la religion qu'on y trouve, lequel est
présenté depuis les origines de la nation chinoise
jusqu'à l'époque oii Ma Touanlinn acheva son œuvre ,
et qui demeure le même dans les grandes lignes.
Sans doute les auteurs chinois font remarquer
que la religion officielle a subi , au cours des temps ,
diverses altérations passagères; mais le travail de^
canonistes a eu pour effet de faire rentrer les pra-
' Paris, Clicvalifi- cl Hivii'iv, igo'i.
4f* NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1000.
tiques liturgiques dans la ligne traditionnelle et de
les rendre aussi conformes que possible à celles
de l'antiquité.
Us f ont vraisemblablement réussi en grande
partie , et c'est là ce qui donne un intérêt historique
de premier ordre k l'exposé du culte moderne.
Cet exposé nous parait de nature à dissiper plus
dune erreur, à permettre de préciser le^ dogmes
de la religion, car il nous apporte des fait» et non
pas seulement des opinions émises piu* des lettrés
dépounus trop souvent d'ejjprit critique.
Autrefois le sacrifice au Ciel, ou pour mieux
dire , au grand Dieu du ciel , se célébrait avec celui
<le la Déesse de la terre, sorte d'épouse mystiqu<'
du premier principe fonnateur du monde.
Maintejumt les deax cultes se rendent à des
•'poques différentes et dans des lieux séparés.
Nous devions commencer par donner la traduc-
tion du sacrifice au Ciel, le premier de tous, puisque
tous les autj'es sacrifices, tous ceux offerts aux demi-
divinités en lesquelles on retrouve, sous des noms
chinois, les dieux de notre mytliologie classique,
sont célébrés selon des rites identiques '.
' La tradnction a éHé failt; sur Tëdilion du Ta Tii$ig hoei tien ,
(le la Bibliodièque oationale (nouveau fund» riiiuois, n" 55g), qui
remonte à 1 764. Le sacrifice au Ciel s«> trouve dans le livre XXXVU
des règlements concernant les Rites, Ifl jf^ ^. On en a fait de-
puis des réinnprBMions. '
LE CULTE IMPÉRIAL EN CHINE. 495
nu GRAND SACRIFICE AU CIEL
AU JOUR DU SOLSTICE D'HIVER.
DES GRANDS SACRIFICES.
Toutes les fois qu'on pratique le rite du sacrifice
suburbain au Ciel \ le siège du Principe actif" de
tous les l)iens se trouve dans le faubourg du Sud. (Ce
siège est) rond pour figurer le Ciel; on l'appelle :
Elévation circulaire.
Il est fait de trois plates-formes.
Dans l'année, au solstice d'hiver, on y sacrifie
à TAuguste, Céleste, Souverain Seigneur^, et Ton
' M. de Harlci a publié, sous le titre La religion et les cérénio-
iiiet impériales de In Chine moderne (extrait dos Mémoire! de l'Aca-
démie de Belgitfue. i8g3), une sorte de description en plus de
5oo pages du culte impérial. Ce travail, comme les autres du
même auteur que nous avons rapprochés des sources, est des plus
défectueux. Il est erroné sur les points capitaux aussi bien que
sur les points secondaires. Ce n'est pas d'ailleurs, dit lui-même
l'auteur, une traduction, bien que M. de Harlez se soit eflForci' de
suivre le texte. Dans tous les c«s, cette œuvre ne méi-ile aucun
crédit scientifique, et les personnes qui ne peuvent suHisammcnt
lire le chinois pour relever les fautes de ce travail ne doivent y
rechercher qu'une vue d'ensemble du culte et se bien garder de
se référer «u texte, si elles ne vevdcnt être induites en erreur, sur-
tout en ce qui concerne les hymnes sacrés dont la traduction
semble être eu certains endroits une simple invention, n'ayant
qu'un rapport Corl lointain avec le texte chinois.
* Ce jHU'sonnaçîe céleste est le Dieu suprême de la nation chi-
noise; dans l'esprit des CJiinois, c<^ ^ 5C _t ^ Hoanij Tien
Cluing Ti est le Souverain Seigneur auquel les |)rcmiei's empe-
406 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1900.
vénère les empereurs : T'aitsou , le noble ; T'aitsong ,
le savant; Cheutsou, le glorieux; Chengtsou, le
reun rendaient un culte , ainsi qu'il est dit au Choa King. Les si-
nologues français et anglais traduisent d'ordinaire le mot A
/i oan^ par tiin|)érial>, car on s'en sert constainmenl pour désigner
l'Kmpereur. Cette traduction ne donue qu'une partie du sens ex-
primé en chinois par le caractère ^ honng , dont rétyraologie
exprime la source des pouvoirs du roi-pontife. Ce mot a le sens
du diras latin, c'est un qualificatif de la divinitt'^; il s'applique
tantM à elle-même, tantôt à un homme : l'Emjiereur. C'est donc
le mot «Auguste» qui, dans notre langue, est le plus conforme
à l'idée chinois**. 11 faut faire une remarque analogue pour le
mol »fc ti • Seigneur». Du reste l'emploi de re mot était primi-
tivement réservé au Ciel. L'expression ^ ^ hoanfj ti . que nous
traduisons d'ordinaire par «Empereur», puisque le persoonage
possède un caractère politique, exprime bien plutôt le caractère
de flemi-dieu du souverain. Elle devrait se traduire littéralement
par «Auguste Seigneur», si le terme «Empereur» n'était pas,
pour nous, plus expressif. Faute de faire cette distinction sur le
sens du mot ^ , on »"ex|M)s<' à lomln-r dans les plus regrettables
confusions lorsqu'il s'agit de comprendre et de traduire les idées
des Oiinois sur leur Dieu suprême, 'c _t ^ Chang Ti, confu-
sion qui s'augmente encore lorsqu'on n'a pas débrouillé l'échevenu
emmêlé des opinions des auteurs chinois sur ce Dieu.
Mais il faut ici définir la personne divine dite dans le culte
moderne : «Auguste, Céleste, .Souverain Seigneur». .Selon les
thi'-ologiens citt^ par Ma Touanlinn dans son encyclop«';die ^ JÊ^
j|S ^ (li>re G8), dès le temps des llan on donnait au .Souverain
Seigneur le nom de ^ — • Tai i «Unité su|n*éme ou infiniet.
Or le Chonô-wenn . composé à la même époque, définit l'Unité
^ ^ o '(Ell*^ est) au commencement le principe absolu, la
Raison suprême posée dans l'Unité; elle a créé le Ciel et la Terre,
formé tous les êtres.» [Chouô-wenn . édition de i8o8, K. i,p. t
[Bib. de l'Ecole des langues orientales].) On doit noter que les mots
5^ ^ Uao fenn , que nous traduisons par «créer», ont le sens
exact d'« aboutir à une division en faisant pour la première fois»;
LE CULTE IMPERIAL EN CHINE. 497
charitable; Cheutsong, le modèle; qui sont associés
(au Seigneur dans le sacrifice).
On sacrifie ensuite au Grand Luminaire ^ au Lu-
minaire nocturne , aux Constellations , aux nuages , à
la pluie, au vent, au tonnerre.
ii nous semble dès lors qu'on doit les entendre au sens relatif
et considérer l'acte de cette Unité, Raison suprême, non comme
celui d'un créateur tirant la matière du néant, mais comme celui
d'un démiurge débrouillant le cbaos. Malgré la diversité des écoles
pbilosopbiques qu'il y a eu en Chine depuis deux mille ans, cette
conception du Dieu primordial est toujours celle que manifeste
le culte; de plus, ce Dieu est bien une personne douée de con-
science et de volonté, puisqu'on invoque sa puissance par des
prières. Nous ajouterons que la théologie chinoise ne diffère dans
son principe de celle des déistes spiritualistes occidentaux que
parce qu'elle ne comporte pas la conception de la création ex niliiln
par un acte de la volonté divine. Cela ressort de toute la philosophie
classique. Cette différence est néanmoins capitale et c'est elle qui
paraît avoir eu pour conséquence d'empêcher l'esprit chinois de
se dégager des croyances animistes qu'il possède encore aujourd'hui.
* Le plan qui figure dans l'édition précitée montre l'autel cir-
culaire; sur la plate-forme la plus élevée de ce vaste monument st;
trouve placé, au Nord, comme il est dit dans le texte, le siège du
Souverain Seigneur; de chaque côté sont les ancêtres du prince
qui pontifie : ce sont les Saints assistants, ^Ij ^. Les tablettes
des' Esprits du soleil, de la lune, des forces naturelles et dos
constellations forment, sur la partie postérieure du pourtour de la
deuxième plate-forme, quatre groupes, dits ^ ;^ . Sur la pre-
mière plate-forme, vers le milieu, à gauche, se trouve la table des
prières, jW ^; de chaque coté sont disposés les cérémoniaires ,
les thuriféraires, les porteurs d'offrandes. On accède à ces plates-
formes par quatre escaliers, placés aux quatre points cardinaux.
Devant l'escalier du Midi se trouve le siège, ou plutôt la place de
prière et de communion , ^ f^ "fjiC $S "fô . où l'officiant va se
placer à certains moments du sacrifice; sur la deuxième plate-forme
se trouve le siège où se tient l'EmjMîreur : |^ ^ ^ «la place
pontificale de prosternation ».
VIII. 33
né NOVEMBIlEDhïr.RMBHE lOOC.
Le iiège du Souverain Soigneur est sur J« pre-
mière plateforme , tournée vers le Sud.
Les Stiints qui l'assistent sont tournés à TËi^t et à
rOuQBt.
Les sièges des quatre Suivants sont placés sur la
deuxième plate-forme.
Le Grand Luminaire est tourné h l'Ouest, les
COhstelîations -tont à sa suite.
Le Luminaire nocturne est tourné à l'Kst; lu
pluie, le vent, le tonnerre sont à s& suite.
A tous également , on dresse des tabernacles bleus.
(On dispose devant) le Souverain St*igneur uno ta-
blette de jade vert aeuré, doute pièces de soie, un
veau , un vase à sauce , deux vases à riz , deux vases
à millet, doute vases à saumure et douse vases à
graines, une cruche À vin pour les libations, trois
calices, un réchaud, six tjscabeaux, un bœuf rôti.
Les Saints ont tous égalem(int : une pièce de soie,
Un veau, un vase à sauce, deux vases à rit, deux
vases à millet, chacun douze vases à saumure et
douce vases à graines , une cruche à vin , trois calices,
un réchaud, quatre escabeaux.
Le Grand Luminaire et le Luminaire nocturne
ont égnlemejit une pièce de Soie , un bœuf, Un vase
h sauce, deux vases à riz, deux vases à millet, trois
calices, vingt bols, deux escabeaux.
Les Constellations (ont) onze pièces de soie.
Les nuages , la pluie , le vent , le tonnerre : quatre
pièces de soie ; tous : un bœuf, un mouton , un porc ,
un vase à sauce, deux vases à anse, chacun deux
LE CULTE IMPÉRIAL EN CHINE. 499
vases a rh et deux à millet , cliacun dix vasei> à sau-
mure et dix vases à graines, une cruche, deux ca-
lices , vingt bols , un réchaud , deux escabeaux.
Le jade et la soie sont dans des paniers; (la chair
des) victimes est contenue dans les récipients tsou.
Les cruches sont remplies de liqueur; on étend
les voiles d étoffe , les cuillers sont préparées K
* La description de tous ces récipients se trouve au livre XVI ,
p. g, de la même édition; mais il y en a une plus complète, illus-
trée, dans la grande édition du Tats'ing Iloeitien qui se trouve à
la Bibliothèque nationale (nouveau fonds chinois, a6 A, vol. 2).
Plus le personnage spirituel que l'on veut servir par te sacrifice
est élevé dans la hiérarchie divine, plus les ustensiles sont dé-
pourvus d'ornement. C'est ainsi que le calice qui sert dans le
sacrifice au Ghana; Tî est fait de la moitié d'une noix de coco
garnie d'or intérieurement. Ce vase est posé sur un trépied en bois
de santaL Les calices à trépied de jade, d'oi*, de porcelaine, de
cuivre, sont réservés aux autres sacrifices. Les bols sont en porce-
laine bleue. Le vase à sauces est un ciboire à couvercle identique
à celui du culte catholique, en faïence biene pour les grands sa-
crifices, eo cuivre dans les autres cas. Les récipients à riz et à
millet, en faïence, sont faits de manière à symboliser la forme
ronde du Ciel et la forme carrée de la Terre; ils ont des cou-
verctes. I^es récipients à graines sont des ciboires en iMini)ou
tressé et laqué. Les vases à saumure sont de forme analogue.
Enfin les récipients à viande sont des sortes de caisses rectangu-
laires sur quatre pieds, de deux pieds deux pouces de long; ils
sont en bois laqué et doublés întiTieurement d'étain, car on v
verse les sauces sur la viande à un eei'taiu moment du sacrifice.
Dans la description qu'il a faite du grand sacrifice au Ciel [An-
nales du Musée Guimet, t. IV, p. 98), le docteur Edkins parle
d'une génisse qui se trouverait derrière l'Empereur et qu'on ai'ro-
serait de sauce. On voit que le texte ne dit rien de pareil. D'ail-
leurs les victimes sont tuées, dépecées et cuites avant le sacrifice; il
en était déjà ainsi du temps des Song. Ma Touanlinn donne à cet
égard do minutieux détails (liv. LXXll). M. «!<• Ilarle/. a «lonné
33.
50e NOVëMBRKDÉCEMBRË 1U0().
Un jour avant le sacrifice, le bureau de la mu-
sique dispose rharmonie sacrée au bas de l'autel;
les sections de droite et de gauche du département
des équipages impériaux disposent le cortège d««s
cbars en dehors de la porte du Midi', le char de
jade au bas de l'escalier du Vaihomenn.
A la sixième heure ^, le directeur de la Cour des
sacrifices va se placer à la porte de la Pureté; il
prie l'Empereur d'aller dans le pavillon de l'Absti-
nence.
L'Empereur, revêtu de la robe pontificale à dra-
gons, monte dans la chaise rituelle et sort du pavillon ;
en avant marchent dix chambellans de l'avant-garde ;
en arrière marchent deux chambellans de l'arrière-
garde; >ingt gardes du corps aimés de lances et de
sabres, vingt gardes armés d'arcs et de flèches sont
disposés de chaque côté, conformément aux rites;
tous arrivent au bas de l'escalier du Taihomenn.
(L'Empereur) descend de la chaise et monte dans
le char.
Le cortège s'avance, puis, respectueusement,
s'arrête. A la porte du Midi , on sonne la cloche ; le
cortège marche en avant; les princes, les nobles et
tous les officiers civils et militaires qui n'assistent
pas au sacrifice, revêtus de la robe de cour, sont
des ustensiles du sacrifice une description des plus fantaisistes,
confondant les ciboires avec des plats, les récipients à viande avec
des bancs, etc.
' Dans la ville, au palais impérial.
* De 9 à II heures du matin.
LE CULTE IMPERIAL EN CHINE. 501
agenouillés; les tambours envoyés en avant réson-
nent ^
(Arrivés au temple du Ciel), les tambours s'ar-
rêtent et ne jouent plus; des gardes de l'équipage
impérial sonnent la cloche du pavillon de l'Absti-
nence ^.
L'Empereur entre par la porte de l'Ouest du
temple du Ciel ; arrivé en dehors de la porte Tchao
heiKj BS ^ ^, il descend de char. Deux acolytes cé-
rémoniaires, directeurs de la Cour des sacrifices,
conduisent respectueusement l'Empereur, qui, pas-
sant par la porte de gauche, entre et va se placer à
l'Auguste Espace*.
Devant le Souverain Seigneur et les Saints, il fait
monter l'encens. Lorsqu'il a fini , il pratique le rite
des trois agenouillements et des neuf prosterna-
tions^.
Aux Suivants des deux pavillons latéraux, les
' Le texte de cette édition abrégée ne parie pas de ce qui se
i)asse pendant que la procession se déroule entre le palais impé-
rial et le temple situé dans le faubourg du Sud. A partir df col
endroit, le texte traite de ce qui a lieu dans le faubourg.
* Le palais ou pavillon de l'Abstinence se trouve dans la partie
postérieure du temple du Ciel; on y accède par la porte de la Cour-
bure correspondant très exactement à celle de la cbapelle de la
Vierge dans les églises caliioliques, et qui porte d'ailleurs le nom
d»' rit ê P^ «porte de la Parfaite Cbasteté».
^ C'est la porte du Sud du temple, au milieu; elle a les trois
ouvertures classiques.
'' C'est le pavillon qui se trouve derrière l'autel circulaire, et
o«i sont conservées les tablettes, sièges des Esprits.
' Ce rite consiste à s'agenouiller trois fois et à cbaque fois se
prosterner trois fois.
501 NOVEMBRE-DÉCEMBRE lOOft.
officiera délégués aiix offrandes font des encense-
ments et pratiquent le rite (dos prosternations).
L'Empereur va à l'élévation circulaire; il inspecte
les sièges de l'autel; il va au magasin des Esprits ^ il
inspecte les vases ainsi que les victimes.
Puis, passant par la porte méridionale de gauche
du sanctuaire-, il sort par la porte méridionale de
gauche du chceur; arrivé à droite du chemin des
Esprits, il monte en char, et- va au pavillon de
l'Abstinence.
Les princes, les ducs et tous les officiers qui
assistent au sacrifice, revêtus de la robe multicolore,
se tiennent rassemblés, en deux bandes, en dehors de
la porte du pavillon de l'Vbstinence; respectueuse-
ment, ils attendent quo TEmpercur soit rentré,
puis ils se retirent'.
* L'enceinte de la sacritlic, qui se trouve à droite du temple
et où sont placés les étables des victimes «>t )•■ inn^nsin des vhsch
•acrét.
' L'autd à trois étages est entouré d'une enreinlo circulaire uu
se tiennent ceux des assistants servant l'ofliriant : censeurs, oflirier»
ilu ministère des rites, chantres, mimes ou danseurs. i]c sanctuaire
est au milieu d'une enceinte carrée munie de portes et qui corres-
pond assez bien au chœur des églises catholiques, ("csl dans cette
partie que se trouvent les fourneaux d'holocaustes. Les assistants,
magistrats de divers dejçrés qui assistent au sacriiice, se tiennent
en dehors du chœur, à ia place correspondant à la grande nef des
églises catholiques. Il importe de remarquer que celte analogie ne
vise que le plan, relie partie du temple itant en plein air.
^ L'Empereur passe là une partie de ia nuit dans le recueille-
ment; il a dû déjà jeûner deux jours dans son palais. L'abstinence
consiste, selon le rite ancien rappelé par le Canon, à ne pas pro-
noncer de jugement, à ne pas festoyer, à ne pas entendre de mu-
LE CULTE IMPERIAL EN CHINE. 508
On observe le soleil. Sept quarts d'heure avant
son lever, un directeur de la Cour des sacrifices va
au pavillon de l'Abstinence faire connaître que le
moment (de la cérémonie) est arrivé.
L'Empereur, revêtu de la robe sacrificielle ponti-
ficale, monte dans la chaise rituelle, sort, descend
de la chaise et monte dans le char.
Leç gardes de l'équipage font retentir la doche
du pavillon de fAbstinenoe.
L'Empereur arrive en dehors de la porte méri-
dionale du chœur ; à droite du chemin des Esprits , il
descend de char; deux cérémoniaires , directeurs de
Ja Cour des sacrifices, le précèdent respectueuse-
ment et entrent sous le grand baldaquin.
Le ministre des Rites, conduisant les officiers de
la Cour des sacrifices, va (au pavillon de) l'Auguste
Espace; avec révérence, il fait une invitation res-
pectueuse aux sièges des Esprits, les porte et les
dispose dans les baldaquins bleus.
Les directeurs de la Cour des sacrifices invitent
l'Empereur à accomplir le rite.
L'Empereur sort de dessous le grand baldaquin ;
il se lave les mains.
Les cérémoniaires , directeurs de la Cour des sa-
crifices, précédant respectueusement f Empereur,
sortent par la porte méridionale de gauche du chœur
sique, à n« pas avoir de rapports charnels, à ne pas s'entretenir
avec des gens malades ou en deuil, à ne pas boire de vin, ni manger
de légumes forts, à ne pas sacrifier aux esprits, à ne pas balayer
les tombeaux {livre XXXVI, p. 4).
504 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1006.
et entrent par la porte méridionale de gauche du
sanctuaire; ils montent, par l'escalier du Midi, jus-
qu'à la deuxième plate-fomie , au baldaquin jaune ,
puis ils se tiennent debout devant le siège de proster-
nation.
Quatre officiers assistants de la Cour des sacrifices ,
chargés du partage des otfrandes, entrent en passant
par la porte méridionale de gauche; ils vont se placer
dans lallée principale, devant Tescalier.
Des officiers de la Cour du rérémonial, condui-
sant les princes du premier rang et les princes du
second rang, le^ placent sur l'escalier de la troisième
plate-forme; les princes du troisième ordre, les ducs,
sont plar«''s au bas de l'escalier; tous les officiers sont
placés en dehors de la porte du chœur, à droite et à
gauche; ils se tiennent en ordre. Ils ont tous le
visage tourné vers le Nord.
IjCs officiers des cérémonies canoniques, les mu-
siciens, les mimes chantent des hymnes. Les officiers
servants remplissent tous leur office.
Nota. Par la suite, depuis le moment où on brûle le com-
bustible jusqu'à celui on l'on emp)rte les mets aux fourneaux
d'holocauste, tous les officiers des cérémonies canoniques
chantent en chœur.
Les mimes militaires s'avancent, disposés par huit.
Les cérémoniaires invitent l'Empereur à prendre
place. L'Empereur se place debout à son siège de
prosternation ; ensuite , on fait brûler le combustible
(dont la fumée) va au-devant de l'Esprit du Seigneur.
Les thuriféraires s'avancent en portant respectueu-
LE CULTE IMIM'IRIAL EN CHINE. 505
sèment les plateaux à encens. Les musiciens font, en-
semble, monter la musique au-devant de l'Esprit du
Seigneur.
On chante le morceau de la Paix initiale.
Nota. Toutes les fois qu'on joue de la musique, tous les
musiciens chantent en chœur. lien est de même par la suite.
Les cérémoniaires invitent l'Empereur à monter à
l'autel.
Ils conduisent respectueusement l'Empereur et
vont se placer sur la première plate-forme devant le
siège du Souverain Seigneur.
Les thuriféraires s'agenouillent , avancent l'encens ;
les cérémoniaires invitent l'Empereur à s'agenouiller.
L'Empereur s'agenouille. On l'invite à encenser.
L'Empereur pose l'encens sur l'encensoir, puis use
trois morceaux d'encens. H se relève; ensuite il va se
placer devant les sièges des Saints assistants (le Sei-
gneur) et les encense. Le rite est le même.
Les cérémoniaires invitent l'Empereur à retourner
h sa place.
L'Empereur retourne à sa place ; les cérémoniaires
l'invitent à s'agenouiller; il se prosterne et se relève.
Nota. Toutes les fois qu'il monte à l'autel et retourne à
sa place , il accomplit ce rite ; à chaque fois , il y est de même
invité. Il en est ainsi par la suite.
L'Empereur accomplit le rite des trois agenouille-
ments et des neuf prosternations; les princes, les
ducs et tous les officiers l'accomplissent également
à sa suite.
500 NOVEMBRE.DÉCEMRRR 1006.
Fies ofliciers (port«nii^) du judo et dt» la soie
^avancent en portant respectueusement les pa-
niers.
On chante le morceau de h Spïendide Pair.
L'Kinpereur monte à 1 autel ; il va se placer devant
le siège du Seigneur.
Les oiliciers porteurs du jade et de la soie s'age-
nouillent, ils avancent les paniers. L'Empereur
s'agenouille; reçoit les paniers, offre le jade et la
soie et se relève; ensuite il va se placer devant les
si^es des Saints assistants, offre la soie. Le rite est
identique.
L'Empereur retourne à sa place; alors on avance
les récipients à viande.
L'Empereur se tient debout, à côtf^ de son siège,
tourné du côté de l'Ouest.
Des ofiBciers subalternes mettent de la sauce dans
des pots qu'ils prennent respectueusement; du bas
de l'autel ils montent par l'escalier du Midi ; ils vont
devant les sièges du Souverain Seigneur et devant
ceux des Saints assistants; tous, ils s'agenouillent et
élèvent les vases h deux mains; puis ils se relèvent,
arrosent de sauce par trois fois les récipients à
viande, ils se retirent, et ils descendent en passant
par l'escalier de l'Ouest.
L'Empereur se remet en place , on chante le mor-
ceau de la Paix à tous.
L'Empereur monte à l'autel , il va se placer devant
le siège du Souverain Seigneur et devant ceux des
(Saints) associés. A genoux, il avance les récipients à
LE CULTE IMPERIAL EN CHINE. 507
viande, se relève, retourne à sa place accomplir le
rite de la première offrande.
Les officiers porteurs de calices s'avancent en les
tenant respectueusement ; on chante le morceau Paix
et longévité; les mimes figurent le pas du bouclier et
de la hache.
L'Empereur monte à l'autel ; il va se placer devant
le siège du Souverain Seigneur ; les officiers porteurs
de calices, agenouillés, avancent les calices; l'Em-
pereur, agenouillé , offre les calices et fait une liba-
tion , juste au milieu. Il se lève , recule et va se placer
debout au siège de prière et de prosternation.
Le lecteur va s'agenouiller devant la table des
prières , il fait trois prosternations ; tenant respectueu-
sement la tablette des prières , il s'agenouille à gauche
de la table ; la musique , pendant ce temps-là , s'arrête.
L'Empereur s'agenouille , tous les grands officiers
s'agenouillent aussi.
Le lecteur lit la prière ^ ; quand il a fini , prenant
' Voici cette invocation. Elle figure avec celles de presque tous les
autres sacrifices dans le livre LXXXIII, p. à. «Votre descendant,
fils du Ciel , du nom pontifical X , ose s'adresser à l'Auguste , Céleste ,
Souverain Seigneur et lui dit : «En ce solstice d'hiver, au moment
«où l'on commence à jouir des bienfaits de six effluves ( c'est-à-dir^
«le principe actif, le principe passif, la pluie et le vent, li's
«ténèbres et la lumière), en observant avec respect les rites cano-
« niques et en conduisant avec empressement mes ministres et com-
«pagnon», j'ai préparé pour l'holocauste de l'intention pure, le»
«jade, la soie, les victimes et toutes les catégories de grains, pour
«sacrifier humblement au Souverain Seigneur. Et je présente res-
« pectueusement aux Saints Empereurs associés ces insignes
« offrandes d'aliments. »
Chaque ancêtre impérial est désigné par son nom de temple
508 NOVEMBRE-DECEMBRE 1900.
respectueusement la tablette, il va devant le siège
du Souverain Seigneur, s'agenouille et la pose sur
la table, il fait trois prosternations et se retire. La
musique joue.
L'Empereur, conduisant tous les grands officiers ,
accomplit le rite des trois prosternations et se relève.
Il va devant les sièges des (Saints) associés; puis il
lem' fait l'offrande du calice; la cérémonie est iden-
tique (à celle qu'il a accomplie pour le Souverain
Seigneur).
Les officiers acolytes porteurs d'offrandes , passant
par les escaliers de l'Est et de l'Ouest, montent à
l'autel; ils vont, devant les sièges des Suivants, faiie
des encensements, offrir de la soie; ensuite ils font
rofl'rande des calices ; quand ils ont terminé , ils des-
cendent les escaliers et retournent se mettre debout
à leur place primitive; la musique s'arrête; les
mimes de la vertu militaire se retirent; les mimes
de la vertu civile s'avancent en disposition de huit.
On accomplit le rite de la deuxième offrande. On
chante le morceau de Pair excellente. On mime le
pas Yuyo^.
prérétlé d'unr litanie de qualificatifs louangeurs. Dans [m nelifjion
en Chine, ouvrage précité, le D' Edkins dit, p. loi, quo rKm|)«--
reur lui-même lit la prière. Le texte dit formellement le contraire.
' La danse, ou le pas rythmé, parait avoir été cher, tous les
'peuples anciens un moyen d'exercer quelque influence sur les esprits
divins. Ici, les danseurs portent au bras gauche un bouclier de
bois sur lequel sont écrits quatre caractères, et à la main droite
une hache en bois; les danseurs civils portent une plume d<' fuisan
sauvage emmanchée dans une tête de dragon doré xiir une poisnéo
en bois laqué rouge de près de cinq pouces.
LE CULTE IMPERIAL EN CHINE. 509
L'empereur monte à l'autel; ensuite il offre les
calices, il fait une libation à gauche. Le rite est
semblable à celui de la première offrande; puis il
retourne à sa place.
On accomplit le rite de la dernière offrande. On
chante le morceau de la Paix sansjin.
Nota. Les mimes font comme à la deuxième ofiFrande.
L'Empereur monte à l'autel pour ensuite offrir les
calices , il fait une libation à droite. Le rite est comme
celui de la deuxième offrande. 11 retourne à sa place.
Les officiers porteurs d'offrandes offrent les calices.
Comme au commencement, la musique s'arrête. Les
mimes de la vertu civile se retirent.
Les officiers de la Cour des sacrifices aident à
donner le vin et les chairs sacrés.
Deux officiers de la Cour des banquets sacrés, à
la table de l'Est, prennent la liqueur et les viandes
sacrées, s'avancent devant le siège du Souverain
Seigneur, les élèvent à deux mains en offrande.
L'Empereur va se placer au siège de communion ' .
' L'expression •^ ^ yin fou signifie littéralement « boire et
manger la félicité qui vient du Ciel». Le mot '^ , qui ordinaire-
ment a le sens de «boire» seulement, signifie dans le langage litur-
gique : « boire et manger » , de sorte que le mot constitué par la réu-
nion des deux syllabes exprime à lui seul l'idée de communion sous
les deux espèces. Selon un des vice-présidents de la Cour des sacri-
fices, qui nous l'a dit à nous-mème, il a la même signification que
l'expression « recevoir la sainte substance » par laquelle les catho-
liques chinois expriment l'idée de la communion.
On remarquera néanmoins que, au moment de la communion,
le texte dil « re(;oil » »^, et non pas « boit » ; de mi^me il dit « reçoit » la
510 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
J)oux gardes du coqis avancent et se placent ;i
gaucho, lies ofTiciers cjui portent les mets consacrés
descendent se placer à droite.
L'Empereur s'agenouiHe; les ofiîciers servants de
droite et de gauche s'agenouiHent tous. L'officier
de droite avance le vin consacré; l'Empereur reçoit
le calice, l'élève à deux mains en ollraiide, le passe à
l'officier de gauche. On avance les chairs consacrées ,
(empereur) les reçoit et fait de même. (Puis il fait)
trois prosternations , se relève et retoui-ne à sa place.
Tons les ministres accomplissent le rite des trois
agenouillements et des neuf prosternations.
On emporte les vases, on chante le morceau de
la Paix glorieuse.
Un oflicier subalterne va devant le siège du Sou-
\iau(le aacré(\ cl non pas «nuingei la viande »acréc. O^pciidanl,
dan» l'esprit du cultp, le pontife doit cominunior le |)remier. H rA\
Mail ainsi depuis la haute antiquiti' selon Ma Touanlinn, dt^rivant
(toI. LXXn. p. a 3 v*) la rommnnion t«llr qu'elle avait Itea de
son temps. D'apn'-s le Tat'ÙH^ l'oHtfli. plus dtttaiilt- que l'édition sur
laquelle est faite notre tradurlion, l'EnijM'reur est inutt' à boire la
liqueur ronsacrj'e; on n'v voit pas qu'il mant;e un peu d'aliments
solides comme le fait le pontife dans le Sacrifice domestique. Sous
les Hong également il huTait au calice. H résulte de Ut que la rom-
munion chinoise panJt être , comme cdie du cuite catholique , tenue
j»our parfaite, même si elle est accomplie sous une seule espèce.
Dans le sacrifice domestique accompli par les ma^strats, la com-
munion a lien réaUament aous les doux espèces pour i'oifidant et
pour tous les siens.
M. de HaHlei a DaturcUement expliqué de travers ce passage si
important du Rituel auquel il n'a rien compris; il confond à plaisir
les deux espèces qu'il appelle tantôt viande r6tie, tantôt triande
d'abondance. Il désigne aussi la place de commmiion sons le nom
«le lieu du sacrifice pour la prosp'>rité.
LE CULTE IMPERIAL EN CHINE. 511
vt^rain Seignour; prenant respectueusement la ta-
blolle de jado vert attiré, il se retire pour l'envoyer
k l'Esprit du Seigneur.
On chante le morceau de la Paix pure,
L'Empereur, suivi de tous les grands personnages,
pratique le rite des trois agenouillements et des neuf
jjrosternations.
Des officiers portant la tablette des prières, la
soie, les mets, l'encens, avec révérence vont aux
lieux d'holocauste.
L'Empeieur se retourne et se tient debout à côté
de son siège, tourné vers l'Ouest. 11 attend (ainsi)
que la tnbiette des prières et la soie soient passées;
puis il se remet en place.
L'encens et la soie des Suivants, passant par les
escaliers de l'Est et de l'Ouest , sont portés aux divers
brûleurs ^ On chante le morceau de ïimmense Paix.
Quand la tablette des prières et la soie sont à demi
consumées, on invite l'Empereur à aller vers le brûleur.
Conduit respectueusement, l'Empereur, passant
par ia porte méridionale de gauche du sanctuaire,
sort; il va vers le fourneau d'holocauste, se place
tourné vers le fourneau.
Les cérémoniaires , porteurs d'offrandes, se pla-
cent en dehors des portes de droite et de gauche,
(tournés) vers les fourneaux.
* Dans !e chœur, de cliaquc côté àess portes Est et Ouest, il y
en a deux ; un cinquième est dans Vaiigîe Sud-Ksl ; !e principal ,
celui devant lequel l'Empereur assiste à la conilnislion du jude et
de la soie, est dans le même angle.
512 NOVEMBRE-DÉCEMBUE 190G.
On avertit l'Empereur que le rite est achevé.
Conduit respectueusement , l'Empereur, passant par
la porte méridionale de gauche du chœur, sort et
rentre sous le grand baldaquin.
Il change d'habits.
IjCs ministres des rites conduisent les officiers de
la Cour des sacrifices.
Avec révérence, ils invitent les Esprits à s'en re-
tourner et les convoient (au pavillon de) l'Auguste
Espace '.
L'Empereui' va, en dehors de la porte Tchao henij,
monter dans la chaise rituelle.
Le cortège marche en avant. En marchant en
avant, la musique joue. On chante le morceau de la
Paix auxiliatrice.
Ij'Emperem* retourne en char. Les princes, les
ducs et tous les ofTiciers ensuite se retirent.
Les princes, les ducs et tous les oHiciers qui
n'assistent pas au sacrifice, comme auparavant, re-
vêtus de la robe de cour, attendent agenouillés hors
de la porte du Midi *.
A la porte du Midi on sonne la cloche ; les princes ,
les ducs, suivant le char, entrent jusqu'au pont
intérieur Kinchoei; respectueusement, ils attendent
que l'Empereur soit rentré dans ses appartements ,
puis tous se retirent.
' Cest-à-dire qu'ils remportent les tablettes où les Esprits sont
censés se poser pendant la cérômonie.
* Du palais impérial dans la ville même.
1.E CULTE IMPERIAL EN CHINE. 513
DU CULTE AU CIEL.
SACRIFICE PAR DÉLÉGUÉ.
En raison des choses (qu'on doit) annoncer avec
respect, on délègue un officier pour servir.
\u cinquième coup de tambour, la Cour des
sacrifices dresse le tabernacle bleu sur l'élévation cir-
culaire; au premier chant du coq, l'officier délé-
gué attend en dehors de la porte Tchao hcng;
les directeurs de la Cour des sacrifices, conduisant
les personnages voulus, portent avec révérence le
siège spirituel de l'Auguste et Céleste Souverain
Seigneur, et le posent dans le tabernacle. Ils placent
une pièce de soie , une cruche à vin , trois gardes ,
un réchaud, deux escabeaux, de la viande de cerf
séchée aux herbes comestibles , du cerf et du lièvre
confits , cinq espèces de fruits.
On ne met pas de récipients à viande de victimes ,
on ne joue pas de musique.
Deux ministres assistants de la Cour des sacrifices ,
agissant en qualité d'acolytes cérémoniaires , condui-
sant fofficiant délégué, entrent par la porte de
droite de la porte Tchao heng ^ ; passant par la porte
méridionale de droite du chœur, ils entrent par la
porte méridionale de droite du sanctuaire et vont
se placer à l'élévation circulaire; ils montent par
l'escalier de l'Ouest et vont jusqu'à la troisième plate-
' Une porte monumentale se compose de trois entn'ps.
vm. ■ .1'»
514 NOVËMBRE-DKCËMKHK 1906.
ibrmo , devant le siège de prosternation qui est sur
l'escaïier du Midi ; ils se placent debout , tournés au
Nord.
Le^ olTiciers des cérémonies canoniques, les ofli-
ciers servants, remplissent chacun leur oflice.
Nota. Par la suite, à partir du moment où l'on va au-
devant de» Esjirit^ jusqu'à celui où l'on va yen les four-
neaux, tous les odlci»'!-»; Hf- rprt*moni("; rnnonique» chantent
en chfL'ur.
Les cérémoniaires conduisent l'oHiciant délégué,
se placent au siège de prosternation; alors, allant
devant les Esprits, le thuriféraire, portant le plateau
d'encens, s'avance; les cérémoniaires montent en-
semble à l'autel; conduisant l'olliciant délégué, ils
passent par l'escalier de l'Ouest, montent jusque
devant la table à encens de la première plate-lbrme.
Le thuriféraire s'agenouille et porte l'encens; les
cérémoniaires s'agenouillent , l'oiliciant délégué s'age-
nouille; ensemble, ils encensent. L'oflicier délégué
met l'encens sur l'encensoir, puis il consomme trois
morceaux d'encens; ils se relèvent et retournent
ensemble à leur place. Conduisant l'oiliciant délégué ,
ils descendent par l'escalier de l'Ouest.
Une fois retournés à leur place, ils s'agenouillenl
et font ensemble une prosternation, puis ils se re-
lèvent.
Nota. Par la suite , poor monter à l'autel , retourner h leur
place, accomplir le rite (de la prosternation), ils le font en-
semble.
LE CULTE IMPERIAL EN CHINE. 515
L'officiant délégué accomplit le rite des trois age-
nouillements et des neuf prosternations: alors il
offre la soie et accomplit le rite de la première
offrande.
L'officier porteur de la soie porte le panier; l'of-
ficier porteur de calice, porte de la même manière
le calice, puis ils s'avancent.
L'officiant délégué monte à l'autel et va se. placer
devant le siège du Souverain Seigneur.
L'ollicier de la soie, agenouillé, tient le pani(;r.
L'officiant délégué s'agenouille, reçoit le panier,
l'offre en le posant sur la table.
L'officier du calice, agenouillé, offre le calice;
l'officiant délégué reçoit le calice, foffre avec révé-
rence, fait une libation juste au milieu et se relève.
Le lecteur des prières va se placer devant la table
des prières, s'agenouille et fait trois prosternations;
il prend la planche des prières, s'agenouille à gauche
de la tîible.
Les cérémoniaires , conduisant l'officiant délégué ,
passent à droite de f escalier du Midi de la première
plate-forme ; ils descendent jusqu'au siège des prières
de la deuxième plate-forme; ils s'agenouillent, face
au Nord.
Le lecteur lit la prière.
Quand il a fini , il va s'agenouiller devant le siège
de l'Esprit, pose (la planche à prière) sur la table,
fait une prosternation comme au commencement
et se retire.
L'officiant délégué accomplit le rite des trois pro-
516 NOVEMBKE-UKCEMBRK 190G.
sternations; comme auparavant, il descend l'escalitT
de l'Ouest et retourne à sa place.
Ensuite a lieu la seconde offrande, on faitla liba-
tion à gauche; ensuite a lieu la dernière oilrande, la
libation est faite h droite.
\jA cérémonie est identique.
Puis a lieu l'envoi aux Ksprits.
L'officiant délégué accomplit le rite des trois
agenouillements , des neuf prosternations.
Des officiers, portant avec révérence la planche
d<'s prières, puis la soie, puis l'encens, vont au lieu
de l'holocauste.
L'officiant délégué s«" tourne, placé debout à
l'ouest de son -siège, le visage vers l'Est, il attend
(|ue (prière, soie, encens) soient passés et se remet
en place. Conduit, il va se placer en dehors de la
porte méridionale de gauche du sanctuaire, au four-
neau , et se place tourné vers l'holocauste.
On l'avertit que le rite est accx)mpli. Il sort (alors)
par la porte méridionale de droite du chœur.
Les directeurs de la Cour des sacrifices, condui-
sant les personnes sous leur direction , prient respec-
tueusement les sièges des Esprits et les remportent
processioimellement.
Tous se retirent.
NUMISMATIQUE DE LA PERSIDE. 517
OBSERVATIONS
SUR
LA NUMISMATIQUE DE LA PERSIDE,
PAR
M. ALLOUE DE LA FUYE.
L'histoire de la Perse, pendant la période de plus
de cinq cents ans qui est comprise entre la mort
d'iVlexandre et l'avènement de la dynastie Sassanide ,
nous est presque entièrement inconnue ; nous savons
toutefois , par le témoignage de Strabon ' , que les
Perses ont conservé leur autonomie avec des rois
d'abord soumis aux Séleucides , ensuite aux Parthes ;
la puissance de ces rois ne s'étendait d'ailleurs que
sur un territoire restreint, dont les limites ne dépas-
saient guère celles de la Perside.
Dès le siècle dernier, Pellerin, suivi par Eckhel,
a pensé que ces souverains ont eu un monnayage
propre, dont il a cru retrouver quelques spécimens;
ses attributions étaient erronées; c'est en i83y que
Miilingen a fait connaître le premier une monnaie
de la Perside de l'époque Arsacide, et, en iSây, que
le duc de Luynes a publié dans sa Numismatique des
' Straiîon, 1. XV, cliap. m, 3 et a/|.
M6 NOVKMBBKDÉCEMBME lOon.
satrapies une tétradrachme Hii même pays, frapp<^«' \
l'époque Séleucide : ii l'attribuait d'ailleurs, non sans
quelque hésitation, à un satrape de Bartriane anté-
rieur h Alexandre.
Depuis cette époque les monnaies de la Perside
ont donné lieu à un ^rand nombre de travaux dont
je donne l'énumération dans l'élude que je présente
aujourd'hui à la Société*.
Dans cette longue énumération , E. Thomas mé-
rite une mention spéciale : dès i85o, il attribue à
la Perside les monnaies de l'époque Paithe, et lit
correctement sur l'une d'elles le nom d'Vrtaxercès;
pour les monnaies de l'époque Séleucide , H est moins
heureux et, k l'exemple de M. Vaux, il méconnaît
complètement la rontexture de la légende; du nom
du souxerain Bacnai, il lait une épithéte Bacm «le
divin » , et dans le titre PRaranaRA zi ALaïux , il voit un
nom de roi, cnraDaRAshio , qu'il place en Arménie.
Cette lecture malencontreuse a pesé lourdement sur
les études qui ont suivi : c'est le \y Lévy qui a eu le
mérite de la faire disparaître; son mémoire très com-
plet*, accompagné d'excellentes planches pour les-
quelles il a pu utiliser les richesses de la collection
de JjUynes, peut être considéré comme l'ouvrage
fondamental auquel devront se reporter les numis-
mates désireux d'approfondir celte intéressante
' Ktnde sur la numismatKjiu de la Perside (reprinted from Co-
rolla numismatica . Oiford, 1906).
' LÉVY, Z.D, M. G., vol. XXI : Beitrârje zur aramâiscken M&nz-
ka,nde Eran't.
NUMISMATIQUE DK LA PERSIDE. 519
numisiTiatiqup : ils y trouveront, sinon une classi-
fication complète, tout au moins une discussion
méthodique des propositions antérieures et des
modifications apportées par l'auteur.
Ces modifications sont importantes :
Il formule nettement fattiibution à la Perse des
monnaies des deux époques, Parthe et Séleucide; il
reconnaît que l'écriture des monnaies les plus an-
ciennes est araméenne, et rétablit la véritable con-
texture de la légende composée du nom du roi suivi
d'une épithète : PRTKaRA zi alahia; mais l'interpréta-
tion « image » qu'il donne du mot PRTnaBA en le
rapprochant du mot araméen patkara, emprunté au
perse achéménide patikara, n'est pas à conserver.
Pour les noms de roi, il propose les lectures paTU-
oanaT, naRTaKhshaxR , paiiuBcRz ; la première est mau-
vaise, la secondé correcte, et la dernière ne diffère
que bien peu de la véritable lecture vaHUBCRz.
Les derniers travaux d'ensemble relatifs à ces
monnaies sont ceux deBlau et de Mordtmann. Ce der-
nier, dans un mémoire de iS-yô, attribue comme
Lévy les deux catégories de monnaies à la Perside et
pense qu'elles ont été frappées par les souverains
d'une même dynastie qui aurait régné à Istakhr ( Per-
sépolis). Plus hardi que Lévy, il établit un classe-
ment chronologique dans lequel il fait rentrer toutes
les monnaies qui lui sont connues.
Le principe même du système de Mordtmann a
été vivement attaqué par Blau , qui se refuse à ad-
mettre qu'il y ait eu en Perse à l'époque Séleucide
530 NOVEMBRK-DÉCEMBRE 190n.
une dynastie assez indépendante pour émettre un
monnayage autonome; dans un premier mémoire, il
propos»' d'attribuer les monnaies persépolitaines de
Mordtmann À des souverains de l'EUymaïde qui au-
raient réuni les pouvoirs religieux et civils. A ces
critiques, Mordtmann oppose une longue réponse
qui lui attire une réplique des plus acerbes, dans
laquelle Blau qualifie le système de son adversaire
de pure invention historique, Geschicbtsnmcherei.
Mjdgré le» critiques parfois justifiées de Blau, le
système de Mordtmann a été généralement admis,
(*t maintenant encore il est adopté {K)ur le classe-
ment des collections publiques et privées : il est donc
nécessaire de le faire connaître; nous indiquerons
ensuite quels sont les points qui nous paraissent
devoir être modifiés.
Mordtmann a suivi la plupart des interprétations
de Lévy, mais il voit dans fépithète prtkra un titre
auquel il attribue un sens tel que • créateur, souve-
rain » ; pour la fin de la légende , au lieu de zi alahia ,
il lit ZAG ALAHIA , qu'il traduit par « de race divine » ,
donnant ainsi, à tort suivant nous, à zag le sens de
• fils », comme il fa fait précédemment pour zak dans
la légende des monnaies de l'Elyniaïde, qu'il lit :
MaLkA PeRHAD ZAK URLD.
En ce qui concerne le classement chronologique ,
il distingue trois périodes :
i" Période : Monnaies à légendes araméennes
avec le titre de prtkra, et monnaies anépigraphes;
NUMISMATIQUE DE LA PEUSIDE. 521
— sept souverains : Bagakerl T", Bagoiaz son fils,
Bagakert II, Artaxercrs I", Zalurdat 1"^ fils de Va-
krad, Narsès fils de Zaturdat I" et un inconnu X.
2' Période : Monnaies avec le titre de Malka, pré-
sentant au revers : le roi , le temple et un oiseau sur
une colonne; — trois souverains : Manavaz I",
Tiridat I", Zaturdat IL
3* Période : Monnaies de types variés, les revei's
se distinguant des monnaies des périodes précé-
dentes en ce que l'on n'y voit plus figurer le temple;
— onze souverains : Darius I", Artaxercès II , Yezde-
gerd I", Darius II, Y, Z, Minutscheher I", Minut-
scheher II, Artaxercès ïll, Tiridat II, Papek.
Entre la deuxième et la troisième période,
Mordtmann admet une lancune dans le monnayage
autonome de la Perside , et y intercale les monnaies
de bronze au nom d'Orode et de Phraate , qui auraient
été frappées pour cette province par les grands rois
Arsacides. Il suppose que la première période com-
' mence à l'époque, qu'il ne précise pas, où les Perses
s'affranchirent du joug des Macédoniens, et qu'elle
s'étend jusque vers la fin du règne du roi des
Parthes, Mithridate I", i4o av. J.-C. La deuxième
irait de cette date jusqu'à l'année 3o av. J.-C. La
lacune dans le monnayage autonome aurait duré de
cette dernière année jusqu'à l'année 20 de l'ère chré-
tienne. La dernière période suivrait et s'étendrait
jusqu'à l'avènement des Sassanides, en 2 2 3.
5Î2 NOVEMBREDKCEMBRE 1906.
Le classement de Mordtinaiin exige de très nom-
breuses modifications; Giitschmid, Jiisti et Drouin
en ont fait connaître quelques-unes. Mettant à profit
leurs travaux et m'appuyant d'autre part sur l'étude
de quelques pièces nouvelles ou mal décrites, j'ai
pu, dans mon Essai sur la numisniatiifiic de la Persùle,
proposer une classification très dilTt-rente de celle
de Mordtmann : elle concerne principalement les
monnaies de ses première et deuxième périodes;
quant à la troisième , je me suis borné !\ l'effleurer,
estimant que le^ documents monétaires qui se rap-
portent à la fin de cette période sont trop peu nom-
breux pour permettre un classement complet.
Voici très sunoinctement la classification proposée
et les principales considérations qui me paraissent
de nature à la justifier.
Dans la première période nous rangeons quatre
souverains : Bagadate I*, Oborze, Artaxercès I",
Autophradate I*; nous laissons parmi les incertaines
plusieurs monnaies de cette période, entre autres
celles qui ont été attribuées à Narsès.
La deuxième période comprend trois souverains :
un inconnu, puis Darius ï" et Autophnulate IL
Dans la troisième période je mentionne seule-
n^nt les premiers souverains , Darius II , Artaxercès II,
Oxathrès, dont l'ordre de succession paraît assez
bien établi.
Les monnaies de la première période se distin-
guent de celles des deux autres par trois caractères :
NUMISMATIQUE DK LA PERSIDE. 523
i" La coiffure da souverain, sorte dn mitre, avec
ou sans mentonnière, analogue à celles qui se voient
sur les monnaies de certains satrapes d'Asie Mineure
et d'Arménie; nous la désignerons sous le nom de
« coiffure satrapale ». Dans la deuxième période nous
trouvons, avec Darius l"^, un casque plat surmonté
d'un croissant ou d'un aigle et prolongé en arrière
par une sorte de couvre-nuque. Le dernier souverain
de la deuxième période, Autophradate II , a la tête
nue ceinte d'un diadème et paraît vêtu du costume
parthe , comme le sont d'ailleurs la plupart des sou-
verains de la période suivante.
2° L'écriture des légendes : d'abord très régulière ,
presque identique à l'écriture araméenne des satrapes
d'Asie Mineure , elle s'altère progressivement et de-
vient parfois inintelligible sur les monnaies des der-
niers souverains de la première période. Celles des
.premiers] de la deuxième période sont souvent anépi-
grapbes ; ensuite on voit reparaître de courtes légendes
aux noms de Darius P"" et d' Autophradate II; l'écri-
ture en est très négligée , un grand nombre de lettres
sont confondues et réduites à un seul jambage ver-
tical. Au commencement de la période suivante,
sous Darius II et Artaxercès II, l'écriture reprend
une certaine régularité et présente des formes inter-
médiaires entre celles du chalda^o-peblvi et du peblvi-
sassanide : c'est cette écriture de transition que Ton
peut avec quelque raison appeler proto-pehlvie.
3° Le titre porté par le souverain. Les souverains
524 NOVEMBRE-DECEMBRE lOOfi.
des deuxième et troisième périodes prennent le
titre de Mar.RA, «roi»; ceux de la première ne le
portent jamais et s'intitulent prtdra zi ALaiiiA, déno-
mination dont la lecture et l'interprétation sont très
controversées; dans l'écriture araméenne de la Per-
side comme dans celle des satrapes d'Asie Mineure,
les lettres n, k, r sont presque identiques, le mot
PRTDRA est donc susceptible d'un grand nombre de
lectures, .lusti le lit KRaTakahA ou KHaTaDanA « qui
produit la llamme » ou « qui conserve la flamme »,
d'une racine fra qui entrerait aussi dans la composi-
tion des noms perses lùatapherne , Fratagunc. J'avais
pensé de mon côté au zend perctu « chemin , pont » ,
qui , combiné avec la racine kar « faire », reproduit
exactement la composition du n\ol pontifex ; ^v n'avais
pas attaché d'abord grande importance à ce rappro-
ehement, je dois noter néanmoins, d'après M. Victor
Henry, que l'on trouve dans les Védas une épithète
pathikrt « qui fait le chemin », spécifiquement appli-
quée aux grands sages mythiques, aux prêtres qui
inventèrent le sacrifice.
Qu'on admette cette interprétation ou celle de
Justi, on peut s'étonner de voir ces dynastes perses
prendre un titre purement religieux , alors que leurs
successeurs portent celui de malka, et que les Sassa-
nides ne manquent jamais de joindre à l'épithète
religieuse de Mazdayasn, celle de Malkan malka. ïl
semble donc assez naturel de chercher dans prtdra,
comme l'a fait Mordtmann , un titre faisant allusion
là l'autorité du souverain. Dans cet ordre d'idées
NUMISMATIQLE J)K LA PKIIS I l)i:. 525
M.BIocliet m'a suggéré qu'on pourrait v chercher I a
racine PRih , qui a donné en sanscrit prikivi « terre >» ;
en lisant PRaraDaR et en donnant à PRaia le sens
de « terre , monde » , on aurait un mol : « possesseur,
conservateur du monde » , présentant un sens très
admissible; les rois Achéménides se disent Khsha-
yathiya aliyaya hiimiya vazrakaya « roi de cette vaste
terre » , et bien des souverains orientaux ont adopté
des titres analogues à diverses époques. L'hypothèse
de M. Blochet n'a donc rien que de très plausible ,
et l'on peut , sans donner la traduction définitive du
mot, adopter la transcription PRaïaDaR; le zi ALauiA
qui suit serait l'analogue du bagi « divin » qui , appa-
raît constamment sur les monnaies Sassanides.
Les trois caractères que nous venons d'examiner
nous permettent de répartir les souverains en trois
périodes qui coïncident à peu près avec celles de
Mordtmann ; mais l'intercalation qu'il veut faire , entre
la deuxième et la troisième , de monnaies de bronze
aux noms d'Orode et de Phraate est à rejeter catégo-
riquement : ces monnaies , qui n'ont aucun rapport
avec celles de la Perside, appartiennent à l'Elymaïde.
11 nous reste à justifier la substitution des noms
deBagadate, Autophradate , Darius 1", à ceux de Ba-
goraz, Zatourdat, Manavaz, de Mordtmann ; l'intro-
duction de ceux d'Oborze, et d'Oxathrès et la suppres-
sion de ceux de Bagakert de Narsès , et de Tiridat I".
Bagadate. — Nous lisons BacDar et non bbooraz ,
sur notre drachme n" i , d'une conservation parfaite;
52fl xNOVEMbHt-DKtiiiMBUE 1900.
le T Hnal, qui sur d'autres exemplaires est réduit h
un jambage unique et peut être confondu ave<* un i,
est purfaitement formé et sa valeui' est iodiscutabie;
on ne peut donc hésiter pour le nom du souverain
qu'entre les deux lectures eacRaT et Baouai. Ce der-
nier n«)m est excessivement répandu en Persi; à
l'époque Achéménide; nous n'hésitons pas à l'adop-
ter et nous faisons de Bagadate le premier roi de la
série persépotitaine , auquel nous attribuons notiT
drachme n° i »'t celle, de la collection V\ addington ,
ainsi que trois tétradrachnies du Hrilisb Muséum que
Mordtmann répartit ejitre Baf2;oraz et Bagakert 11.
De toutes ces pièces , notre drachme porte seule la
légende complète :
à droite : bgdt prtura Bagadate praiadar
â gauche : zi ai.ria le divin
en bas : imîkrt(?) {(Hs de) Bagokerf
Le nom de Biigakert est d'une lectui'e ambiguë ;
on pourrait tout aussi bien lire BaGODar, dans lequel
se retrouverait peut-être le nom si répandu de
tiaifoas, bayâasy qui d'après M. Nôldeke ne serait
qu'une forme contractée. Bagakert n'a pas encore
été rencontré parmi les noms de la période Aché-
ménide, c'est pourquoi nous ne l'enregistrons
(pi'avec une certaine hésitation parmi les noms
d'Autophradate , Darius, Artaxercès, Oxathrès. On
doit remarquer, dans tous les cas, sa position à la
fin delà légende; si, comme on le fait généralement,
on traduit « (fils de) Bagakert ». c'est là, au poinl (!<•
NUMISMATIQUE DE LA PERSIDE. 527
vue de la grammaire araméenne, qui exigerait l'emploi
du mot bar, une anomalie (|ui semble indiquer une
inlluence heiiénique.
Tout en admettant dubitativement l'existence
d'un Bagakert père de Bagadate, nous ne lui recon-
naissons aucune monnaie certaine; la drachme mal
conservée et de légende incomplète , que lui attribue
Mordtmann, est pour nous une drachme de Baga-
date plus ou moins défigurée ; nous supprimons donc
de la suite des souverains de la Perside Bagakert I"
aussi bien que Bagakert IL
Autophradate. — MM. Justi et Drouin se sont
rencontrés pour substituer au nom de Zaturdat celui
d'Autophradate. La lecture vaiaFRauar au lieu de
zaruBDai: est épigraphiquement parfaitement justi-
fiée : la première. lettre a exactement la forme du
vav araméen des satrapes d'Asie Mineure; par
contre la troisième se distingue nettement du vav par
la forme recourbée de sa tête , c'est un phé. Le nom
bien connu d'Autophradate vient donc très avanta-
geusement remplacer cel ui de Zatourdat.
Ohorze. — Mordtmaim a confondu, dans la
même lecture zaïURoar, deux noms différents :
vaiaFRaDaT et vanuBURz. C'est encore à M. Justi que
revient le mérite de la lecture vaHUBURz, oii il
retrouve le nom du satrape de la Perside, Oborze,
Ù^ép^os, cité par Polyen^; il croit pouvoir, en com-
' StrateçjenKitnn lihri VllI, éd. E. Wôltlîin. liv. VII, S \o.
518 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
binant les textes des p.iragraphes Sg et Ao <le cet
auteur, conclure qu'Obor/e /«tait rontemj)()rain H'An-
tiochus 1"; mais le fait ne nous paraît nullement
démontré, et nous pensons que ce satrape a vécu à
une époque où l'autorité des rois Séieucides était
considérablement affaiblie.
Darius P', Manavaz. — Dans la deuxième pé-
riode , à la lecture MaNavaz de Mordtmann , nous
substituons DARiav. A cette époque pres(|ue toutes
le^ lettres se confondent ; a et m font exception et ont
rtmservé h peu près leurs formes araméennes; assez
analogues entre elles , elles sont distinctes néanmoins :
l'extrémité gauche de la lettre est relevée dans !<•
«j/m, elle est au contraire recourbée vers le bas dans
Valeph. Le m de Mordtmann est en réalité un a,
quant aux trois lettres m , n , z réduites à un jambage
unique, elles se lis<»nt aussi bien r , i , v, ce qui donne
la fin du mot DARiav. Le d initial, qui manquait sur
les exemplaires étudiés par Mordtmann, existe
réduit à un seul trait vertical sur les n"* A 4 et 65 de
notre description. La lecture DARiav, Darius, nous
paraît certaine; il suffit pour s'en convaincre de com-
parer les légendes des n" A 4 et A 5 à celle de la
drachme n" 6o de Darius II, dans laquelle le d initial
affecte une forme allongée ondulée, caractéristique
de la forme bien connue du d pehlvi.
Tiridat, Narsès. — Le Tiridat 1*' de Mordtmann
n'existe pas plus que son Manavaz; la légende qui
NUMISMATIQUE DE LA PERSIDE. â29
lui a donné naissance est une légende corrompue et
tronquée d'Autophradate II. Quant à Narsès qui clôt
sa première période, son existence est très problé-
matique : sur les onze monnaies que Mordtmann lui
attribue, il ne donne en fac-similé que deux légendes.
La première, celle de notre n" 23, est le résultat
d'une erreur manifeste : le savant numismate ne s'est
pas aperçu que la monnaie portait des traces d'une
légende antérieure , et il a amalgamé les légendes ap-
partenant à deux pièces différentes, lisant NaRsaii la
lin laoaRA du titre PRToaRA. Quant à la deuxième,
notre n° 26, la légende est barbare et la lecture
plus que douteuse. En voilà plus qu'il n'en faut
pour faire suspecter le nom de Narsès. Je laisse parmi
les incertaines une partie des pièces qui lui étaient
données; je serais tenté de lire sur quelques-unes
le nom d'un Bagadate II, qui aurait été fds d'Auto-
phradate I"; je place également dans cette catégorie
deux tétradrachmes de ma collection , sur l'une des-
quelles je crois lire le nom d'ALTsaNT qui pourrait
peut-être se rapporter au satrape de Perside,
Alexandre-, frère du puissant satrape de Médie,
Molon , qui se révolta contre Antiochus III.
Oxathrès. — Dans la troisième période on attri-
bue généralement à Artaxercès II , fds de Darius II ,
des drachmes qui présentent des effigies assez diffé-
rentes. Les légendes me paraissent distinctes , et sur
le n° 69 je lis vaHUKhshaTR qui correspond à Oxa-
thrès. Ce prince s'intitule fds de Darius, et doit
VIII. 35
530 NOVEMBREDÉCEMBRE 1906.
être frère d'Artaxercès II, dont l'pffîgie présente avec
la sienne des rapports assez frappants pour (ju'on
les ait confondus.
J'an^te ici ma discussion, renvoyant pour pius de
détails à mon Essai sar la numismatique de la Persidr.
Je me bornerai en terminant à insister sur les points
suivants :
1° Toutes les monnaies décrites par Mordtniann ,
h l'exception des bronzes de l'Elymaïde, appartiennent
bien à une mAme dynastie qui a régné en l^erside :
la persistance des noms Arhéménides, tels (jue Baga-
date, Autophradate , Darius, Artaxercès, tout aussi
bien que la continuité dans les types de revers, où
l'on voit le temple, qui figure dès f origine du
monnayage, se modifier petit à petit et persister jus-
qu'à la fm de la deuxième période , suffisent à faire
présumer des traditions dynastiques. Cette dynastie,
que Ton pourrait appeler la dynastie des Baqdutides,
a régné, sinon à Persépolis (Istakbr), du moins
en Perside : le fait que les monnaies des deuxième
et troisième périodes se trouvent constamment à
Chiraz, est un renseignement positif à cet égard.
2" A quelle époque faut-il placer les monnaies
de la première période.^ Souvent elles sont frappées
sur des monnaies dVVlexandre ou des premiers rois
Séleucides; c'est là une première indication.
J'ajoute qu'il n'est pas probable , malgré fanaiogie de
récriture avec celle des satrapes contemporains
d'Alexandre, que le premier souverain, Bagadate, ail
NUMISMATIQUE DE LA PERSIDE. 531
frappé monnaie immédiatement après la mort du
conquérant macédonien , car son nom ne figure pas
parmi ceux des satrapes qui ont gouverné ia Perside
à cette époque. Il est plus probable que le commen-
cement des émissions des monnaies de la Perside est
postérieur au règne d'Antiochus II; peut-être même
faut-il le fixer à la lin du règne d'Antiochus III.
C'est vraisemblablement vers le milieu du règne de
Mithridate ?', roi des Parthes, que finit la première
période, dont la durée assez courte expliquerait la
rareté des monnaies correspondantes. La conquête
de la Perside par Mithridate P"" aurait eu lieu sous le
règne de Darius P'. Ce qu'il y a de certain c'est que
sous son successeur Autophradate II, l'influence
Arsacide est indéniable, puisque l'effigie ou tout au
moins le costume est visiblement inspiré des mon-
naies attribuées par Gardner à Mithridate I", par
Warwich Wroth à Mithridate II.
A Autophradate II succéda son fils Darius II; à
celui-ci, Artaxercès II. On admet généralement, et
c'est l'opinion de Gutschmid, que le souverain est
celui dont parle Lucien dans ses Macrohioi. D'après
le texte de Lucien, Isidore de Charax, qui vivait
vers l'origine de fère chrétienne, parle d'un roi de
Perse, Artaxercès, qu'ont connu ses parents et qui
pourrait avoir vécu vers le milieu du siècle qui a
précédé notre ère. C'est là un point de repère, un
peu vague il est vrai, dans cette chronologie encore
si incertaine de ces souverains qui sont restés
presque inconnus à l'histoire.
35.
NOTICE SUR UN MANUSCRIT SIAMOIS. 533
NOTICE
SUR UN MANUSCRIT SIAMOIS
CONTENATSÏ LA RELATION DE DEUX MISSIONS RELIGIEUSES
ENVOYÉES
DE SIAM A CEYLAN AU MILIEU DU XVIII» SIECLE,
PAR
M. E. LORGEOU.
On m'a communiqué récemment trois manu-
scrits siamois qui se trouvaient depuis longtemps en
France, mais qui n'avaient pas encore été étudiés'.
L'un d'entre eux, celui qui sera l'objet de cette
notice , me paraît présenter un intérêt particulier.
11 porte en tête de la première page la mention
suivante :
1 II —
Le mercredi, cinquième jour de la lune croissante du cin-
quième mois, l'an 1 176 de la Petite Ere, année du Chien,
sixième de la période décadaire (mai i8i4), cette rela-
^ Ces manuscrits appartiennent à M. le Docteur Bottentuil ;
c'est à son obligeance que j'en dois la couimunication.
Ils sont tous les trois, suivant l'usage traditionnel siamois, en
grands caractères, sur un papier carton qui forme une longue
bande continue repli«'e en feuillets.
534 NOVEMBRK-DÉGKMBRE 1906.
tion de Ceylan a été ropiée sur un exemplaire en l'euillcs de
palmier appartenant à Sa Grâce le Chef du corps des reli-
gieux, de la pagode Ràxa})ànnârâm (Royale retraite de
l'abondance), exemplaire d'ailleurs extrêmement incorrect.
La copie a été terminée le samedi, neuvième jour de la
même période da même mois.
Ce n*e8t donc pas une grande ancienneté qui
rend ce manuscrit remarquable ; on ne peut dire
non plus qu'il le soit par sa corn'ction, car, bien que
le copiste fasse preuve d'habileté dans la connais-
sance de sa langue, et cpi'en signalant les fautes de
l'original il ait, pour ainsi dire, pris l'engagement
de les faire disparaître , il faut avouer qu'il en a laissé
passer un assez grand nombre , surtout sans l'ortho-
graphe des mots d'origine étrangèi'e.
Mais îe texte encore inédit, et probablement peu
connu même à Siam, fournit des renseignements
nouveaux sur la situation religieuse de Ceyian au
XVIII* siècle; il se recommande donc à ce point de
vue à l'attention des Orientalistes qui s'occupent
de l'histoire moderne du Bouddhisme. A un autre
point de vue, il |X)ssède des qualités de narration,
la netteté, avec une grande abondance de détails
d'ur)e physionomie animé, qui en rendent la lec-
turé très attrayante, et qui font, si je ne m'abuse,
honneur au talent d'écrivain de l'auteur. Il est aisé
de reconnaître que celui-ci a vu lui-même la plupart
des choses qu'il raconte ou qu'il a pu du moins s'en
instruire par des témoignages directs. Afin de
donner une idée de sa manière ^ j'ai traduit littéra-
NOTICE SUR UN MANUSCRIT SIAMOIS. 535
lement la description d'un naufrage sur la côte, de
Ceyian; on trouvera ce fragment inséré à sa place
dans l'analyse du reste de la composition.
Le sujet de l'ouvrage est insuffisamment indiqué
dans la note que j'ai citée ci-dessus; c'est en réalité
l'histoire de deux missions siamoises envoyées à Cey-
ian dans le but d'y restaurer la religion bouddhique,
et plus spécialement celle de la seconde mission
jusqu'à son arrivée dans file.
L'auteur rattach(^ son récit à l'éloge du roi de
Siam, qu'il appelle Phra: Soiig tbam (le soutien de la
loi sacrée), mais qui est plus connu sous son nom
olFiciei de Phra: Boromaraxâthirat (le suprême roi
des rois), ou par le surnom populaire qui lui fut
donné après sa mort de Phra: Boromakôt (le roi dans
l'urne ou le feu roi).
Ce prince régna de 171 3 à lySS. Ses deux pré-
décesseurs immédiats (l'un était son père, l'autre son
frère aîné) s'étaient fait remarquer par un caractère
violent et par des pratiques que la religion con-
damne, notamment la chasse et la pêche. Le nou-
veau roi suivit des voies toutes différentes; en même
temps cpi'il travaillait à assurer le bonheur de son
peuple, il se montrait le zélé protecteur de la reli-
gion et le scrupuleux observateur de tout ce qu'elle
prescrit. Une anecdote que le narrateur place au
début de son règne et que les autres historiens ne
mentionnent pas, montre de quel esprit ce prince
était animé. A la mort de son frère, le trône lui fut
33G NOVEMBRE-DECEMBRE 1006.
disputé par son noveu, fils du feu roi, le (jhao Aphai
(prince à l'abri des revers), qui avait même réussi à
s'emparer du trône, malgré lopposition du peuple
et des mandarins. Pour lui, il se refusait à engager
une lutte meurtrière, quoique, ayant sous la main
des forces importantes, il eût pu se promettre de le
faire avec avantage, et qu'il fût d'ailleurs certain de
ses droits, il se retira donc dans une pagode, avec
l'intention d'y vivre en paix et de consacrer ses jours
aux soins du culte. Mais, dans le cours de la nuit,
voici qu'il se voit en songe prosterné devant les
images du Bouddha , et toutes ces images ouvraient
«loucenient la bouche comme pour lui sourire. Celle
qui occupait la place principale lui dit alors : « C}ue
désires-lu?» 11 répond : «Le pouvoir royal», et le
Bouddha reprend : ■ Que ton vœu s'accomplisse ! »
Sur cette assurance, il retourne à son palais, le met
en état de défense, et, vainqueur après ([uelques
journées de guerre ci>ile, il monte sur le trône aux
applaudissements de la population entière.
Parmi les preuves que le roi Phra: Soriff tham
donna de sa piété, on doit signaler en première ligne
le concours qu'il apporta au rétablissement de j:i
religion bouddhique à Oylan.
A la suite de l'occupation de l'ile par les Farniuf
ou Fluropéens, c'est-à-dire ici par les Portugais, les
institutions religieuses y avaient été ruinées de fond
en comble. Les temples et les stùpa avaient été
détruits; le corps monastique n'existait plus. C'est à
peine si les Singhalais avaient pu mettre en sûreté.
NOTICE SUR UN MANUSCRIT SIAMOIS. 537
eu ia cachant dans les lieux les plus déserts, leur
précieuse relique, la dent du Bouddha.
Cependant, après plusieurs années de misère et
d'abjection, les peuples de l'île soutenus par les
Hollandais parviennent à reconquérir leur indépen-
dance, et tuent jusqu'au dernier de leurs envahis-
seurs. A ces événements succède une longue période
de prospérité ; quatre générations de rois se suivent
sur le trône qui est enfin occupé par Narai Singitô.
Ce prince entreprend de reconstituer l'ordre monas-
tique ; il fait venir de La: Kho'iig, Ktat du Xomplm
thawip, un groupe de vingt religieux qui donnent
l'habit à une foule de Siiighalais, mais sans se con-
former aux rites du Kammawâchâ; ils recevaient les
postulants par masses, deux ou trois cents à la fois,
et se contentaient de leur faire réciter les trois snra-
nang gachshami, ce qui rendait l'ordination nulle.
D'ailleurs, ces premiers missionnaires furent bienlôt
décimés parla maladie; les uns moururent, les autres
retournèrent dans leur pays. Lorsqu'ils eurent dis-
paru, leur œuvre se trouva anéantie.
Peu de temps après, un étranger était déposé sur
la côte de Ceylan par un navire hollandais; il déclaia
qu'il appartenait au corps des religieux bouddhistes :
on le crut, quoique dépouillé de la plupart des
insignes de sa profession, et en effet il disait la
vérité. C'était un prince péguan qui s'était trouvé
enveloppé dans une conspiration, et qui, pour
échapper à la mort, s'était réfugié dans un monas-
tère où il avait pris l'habit religieux. Banni par ordre
r)3.S NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
du roi, et jeté de force sur un navire hollandais, il
avait demandé qu'on le débarquât à Ceylan, ce qui
lui fut accordé. Plusieurs habitants se présentèrent
à lui pour être ordonnés : il leur déclara qu'il ne
pouvait à lui seul accomplir la cérémonie de l'ordi-
nation , et il conseilla au roi Nanti Sinqhô de deman-
der au Pégou une dizaine tl'aulres religieux. Portée
ù Hongsawadi, cette demande fut repoussée. Alors
le roi se tourna de nouveau du côté de La: KliO'ng,
où il n'eut pas plus de succès. Sur ces entrelaites,
des navigateui-s hollandais qui se trouvaient dans la
capitale informèrent le roi qu'ils avaient vu à Siam
une grande quantité de ces hommes vêtus de jaune ,
et portant la marmite en bandoulière; Narai Siinj-
hà, qui tenait à son projet, prit immédiatement le
parti d'envoyer une ambassade au roi de Siam.
Mais ce prince refusa d'abord de reconnaître la
qualité des envoyés singhalais; il fallait que le roi de
Ceylan lui adressât une lettre oHicielle , accompagnée
de présents d'un canictère royal : c'était à cette
époque et dans ces pays la seule manière admise
d'accréditer des ambassadeurs. Enfm, les difficultés
s'aplanissent; le roi Phra: Snnff tham désigne dix
religieux et vingt novices qui consentent à répondre
à l'appel des Singhalais. La mission s'embarque sur
un navire hollandais, et le départ a lieu en lySa,
au mois d'août ou de septembre.
Cependant, ce voyage heureusement commencé
fut bientôt interrompu par un accident de mer; le
navire faisant eau et près de couler fiit obligé de
NOTICE SDR UN MANUSCRIT SIAMOIS. 539
relâcher à Liffor pour se réparer, et le roi de Siam
rappela ses sujets à Ayiitkaya. Ils se remirent en
route l'année suivante, et cette fois, après un trans-
bordement k Yaikatra, arrivèrent heureusement à
Kutanomali , port de Ceylan, d'où on les conduisit
à la capitale. Cette petite troupe de religieux siamois
fut reçue avec une joie incroyable par la population
singhalaise , et le roi invita ses sujets à se faire ordon-
ner. Mais le système des castes était alors en vigueur
à Ceylan, et, par un oubli extraordinaire des prin-
cipes essentiels de la doctrine du Bouddhisme, cer-
taines classes et professions furent exclues de l'hon-
neur de la profession monastique : tels étaient les
tisserands , les orfèvres , les forgerons , les chaudron-
niers, les tailleurs, les faiseurs de nattes, les blan-
chisseurs, les sonneurs de caisse, les joueurs de flûte
et les joueurs de tambourin. Le narrateur siamois,
étonné de mœurs si extraordinaires pour lui, entre
dans une grande abondance de détails à ce sujet.
Cependant, il avait été convenu que celte pre-
mière mission ne resterait que trois ans à Ceylan;
à l'expiration de ce terme, elle devait être relevée
par une autre, et celle-ci par une troisième; on
espérait qu'après neuf ans les religieux indigènes
seraient en état de se maintenir et de se perpétuer
par eux-mêmes. En conséquence de ces arrange-
ments, le roi de Siam organisa en i -yBS une nouvelle
mission composée de deux chefs choisis parmi les
docteurs les plus habiles dans les sciences sacrées et
profanes, de vingt religieux subordonnés et de vingt
540 NOVEMBRE-DÉCEMBRE lUOO.
novices; on leur adjoignit des serviteurs laïques en
grand nombre, des magiciens pour conjurer les
dangers de la mer, et quatre m«*decins, deux qui
soignaient par le massage et deux qui traitaient les
maladies par l'usage des remèdes. Avant son départ,
cette mission fut comblée d'honneurs par les princes,
les mandarins et le })euple, et lorsqu'elle se fut em-
barquée, le navire qui devait la porter à sa desti-
nation fut remorqué jusqu'en pleine mer par un
concours enthousiaste de rameurs volontaires.
Cette fois encore, ce fut un navire hollandais qui
fut requis pour ce service. On le pourvut abondam-
ment de vivre» et de tout ce qui pouvait contribuer
à la sûreté et à l'agrément du voyage, et il prit le
large au milieu des applaudissements (;t des vœux
d'une foule immense. L'auteur de la narration trace
exactement son itinéraire.
Il suivit d'abord la cote orientale du golfe, puis
gagna la côte malaise près de laquelle il essuya une
violente tempête. Il continua sa route dans la direc-
tion du Sud, s'engagea entre les îles du détroit, et,
après en être sorti , gagna la haute mer, sans doute
pour chercher le vent; il arriva enfin h Malncca où
il lit relâche. Deux incidents sont signalés pendant
cette première partie de la traversée; c'est d'abord
la rencontre d'un croiseur hollandais avec lequel on
communiqua au moyen du porte-voix; ce furent
ensuite des barques de Malais, pécheurs-pirates, qui
vinrent accoster pour vendre du poisson frais.
Le séjour dans le port de Malacca se prolongea
NOTICE SLR UN MANUSCRIT SIAMOIS. .Vil
pendant huit jours, par la faute du capitaine, que
la passion du jeu retenait à terre. Cependant, les
ennuis de l'attente furent adoucis par les libéralités
du gouverneur de la ville qui fit porter à bord des
vivres frais, des cannes à sucre, de farec, du bétel,
et même de feau douce pour le bain. A ce sujet,
l'auteur, qui avait appris à connaître les hommes en
voyageant , fait cette remarque judicieuse : « En
agissant ainsi , les Hollandais ne se proposaient pas
de favoriser la religion ni d'acquérir des mérites
spirituels; ils avaient uniquement en vue d'entretenir
leurs relations d'amitié politique, et de soutenir la
bonne renommée de leur pays. »
Enfin, on remet à la voile; on remonte d'abord
jusqu'à la hauteur de l'archipel de Mergui, dont les
oiseaux sont si familiers qu'ils se laissent prendre à
la main ; puis on met le cap droit à l'Ouest dans la
direction de Ceylan , avec un fort vent arrière et une
mer houleuse. Les passagers observent les évolutions
des poissons , particulièrement des poissons volants ;
plus loin, ils voient arriver une flottille de barques
montées par des nains : ce sont des habitants des
îles Nicobar qui viennent prendre la remorque du
navire pour faire des échanges ; on recueille des ren-
seignements intéressants sur les mœurs de ces insu-
laires. Cependant, à mesure qu'on approche de Cey-
lan, le vent ne cesse de fraîchir; la mer devient
énorme ; et cette longue navigation se termine par
un naufrage. Ici, je traduis l'émouvant récit du
narrateur siamois.
348 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
•w»» Comme la nuit approchait de son terme, vers
cinq heures du matin, par un temps pluvieux et
une obscurité profonde, le navire vint donner sur
un écueil et y resta échoué. De grandes vagues le
soulevaient, puis le laissaient retomber sur la roche
avec un bruit de tonnerre. Le» religieux, les no-
vices, les laïques, Siamois et Hollandais, réveillés
en sursaut, se levèrent tremblants d'épouvante et
la figure blême. Quelques-uns priaient en invo-
quant la vertu des trois joyaux: quelques-uns pi (au-
raient h la vue de la mort qui les menaçait; tous
couraient, se poussaient, s'embarrassaient les uns
dans les autres, cherchant des planches, des mate-
las, des |nèces de bois qui pussent les aider à se
soutenir sur l'eau. Ije capitaine fit appeler l'inter-
prète, et vint avec lui rejoindre les deux chef» de la
mission siamoise; il les salua en levant son chapeau,
baissa la t<^te, pleura et simglota; puis, relevant le
visage, il leur adressa ces paroles qui furent traduites
en pâli par l'interprète : « Depuis que je navigue,
■ c'est-à-dire depuis mon enfance, j'ai couru toutes
■ les mers, et je n'ai jamais fait naufrage; ce qui
« m'arrive en oc moment me déshonore. ■ Puis il
ajouta : « I^a terre sur laquelle nous sommes échoués
« n'est autre que Ceylan , il n'y a pas à en douter.
« C'est ici l'emplacement de la ville du Yakslia
« Dasakantha , que Râma fit submerger par Hanaman;
« notre navire est entré dans l'enceinte de ses murs ,
■ et il est perdu. Il va se briser pièce par pièce et
«périr dans cet endroit; c'est inévitable, car il est
NOTICE StJR [JN MANUSCRIT SIAMOIS. 543
« impossible de le dégager. Il faut donc que tout le
«monde se tienne prêt; dès que le jour sera venu,
« nous débarquerons sur la plage. » Le Phra: fVisut-
thachan, l'un des deux cbefs de la mission,. lui ré-
pondit par ces paroles que l'interprète traduisit :
« C'est peut-être que nous avons les uns et les autres
« commis des péchés dont le poids a attiré ce mal-
« heur sur nous. 11 ne nous reste plus qu'à prier jus-
« qu'à ce que nous périssions engloutis dans les eaux.
« — Que parlez-vous, reprit le capitaine, de reli-
« gion , de mérites et de péchés P 11 n'y a rien de sem-
« blable ; la vérité est que nous avons tous manqué
« de vigilance et d'attention , et c'est ce qui nous a
« perdus. »
«Après avoir prononcé ces paroles, il fit tirer le
canon, quatre coups, deux par deux, afin de pré-
venir les habitants, si le bruit du canon parvenait à
leurs oreilles , qu'un navire était en perdition sur la
côte; car, dans les habitudes de la navigation, les
coups tirés en nombre pair annoncent un sinistre.
Ce malheureux capitaine était en proie au désespoir;
il semblait se dire : «Que me servirait -il de vivre
« désormais P » , et il se mit à boire de l'eau-de-vie à
l'excès et plus qu'il n'en pouvait porter, comme s'il
eût désiré d'être englouti dans les eaux et d'y périr.
Il s'enivra donc au point de perdre toute connaissance.
« Dans les terres , à deux cents toises environ du
rivage, se trouve le village d'Aranakliam (village
du soleil levant), qui n'est qu'un misérable groupe
de cabanes. Les habitants, ayant entendu quatre
544 NOVEMBREDÉCKMBRE 1906.
coups de canon tirés deux par deux, comprirent qu'un
navire était en détresse, car celui qui arrive heureu-
sement s'annonce par des coups tirés en nombre
impair. Onze d'entre eux descendirent pour voir ce
qui était arrivé, et s'approchèrent en marchant sur
la grève, le long du ri\age; ensuite, plaçant un
morceau d'étoiïe blanche au bout d'une perche, ils
relevèrent ce manière de drapeau. De leur côté, les
I lollandais du navire prirt^nt une lunette d'appro<^he
«>t la braquèrent dans la direction de la côte; les
pei-sonnes y paraissaient de la (aille d'un enfant de
sept ans , et le drapeau comme une petite fumée in-
distincte, parce qu'on se trouvait à une distance
d'environ trois mille toises du rivage.
« Vers midi , le capitaine , qui s'était remis de son
ivresse, fit descendre dans les canots du bord des
caisses contenant ce qu'il y avait sur le navire d'ar-
gent, d'or, de bijoux et d'objets précieux; il y lit en-
suite embarquer les deux chefs de la mission et les
envoyés du roi, puis s'embarqua lui-même avec tous
les Hollandais de son équipage; et, comme il n'y
restait plus de place, il promit aux religieux, novices
et laïques qu'il laissait sur le navire , de revenir les
|)rendre, et enfin il donna l'ordre de voguer vers le
rivage. Les embarcations en approchaient, lorsqu'une
grande vague le^ souleva et les jeta contre la grève
où elles se brisèrent. Les hommes prirent leur élan
et purent se sauver; mais ils n'avaient plus de barques
pour venir prendre leurs compagnons, et ne purent
en trouver chez les indigènes, car ceux-ci, habitant
. NOTICE SUR UN MANUSCRIT SIAMOIS. 5/i5
une côte déserte où les navires n'abordent jamais ,
ne vont pas à la mer.
« Cependant, les religieux, novices et laïques qui
étaient restés à bord, ignoraient que les embarca-
tions du navire eussent été mises hors d'usage, et
attendirent, souffrant de la faim , pendant trois jours.
Montés dans les agrès , ils voyaient des hommes aller
et venir sur la plage, et se disaient les uns aux
autres : « Sûr que cette terre est encore habitée par
« les Yakshas , et que ceux de nos compagnons qui
« ont débarqué ont été dévorés; c'est pour cela qu'ils
« ne sont pas revenus nous prendre comme ils avaient
«promis de le faire. Quoi qu'il en soit, il faut que
« nous essayions nous-mêmes de gagner la terre ;
«autrement, les vagues vont démolir le navire, et
« nous périrons noyés , pour servir de pâture aux
« poissons. Jl vaut mieux courir le risque de mourir
« à terre. »
« Cette résolution prise , chacun travailla à déta-
cher des planches du navire, et à les lier avec des
cordages pour en former des radeaux. Puis, on des-
cendit sur ces radeaux, trois hommes sur les uns,
quatre ou cinq sur les autres , dans l'espérance de
parvenir au rivage, en s'y laissant porter par les flots.
Mais la violence des vagues ballottait les radeaux et
les retournait dans tous les sens , de sorte qu'il était
impossible de se tenir dessus. On imagina alors de
s'y attacher solidement au moyen de cordes qu'on se
lia autour des reins et qu'on se croisa sous les
cuisses; ceci fait, chacun se mil à l'eau en se tenant
VIII. * 3C
5/|6 NOVEMBRE-DKCEMBRE 1006.
à son radeau ayec ies mains. Cependant, on avait
encore à craindre d'être dévora par les requins, et,
dans cette angoisse, tous ces bonmv's aNiiimt s;ni^
cesse une prière à la buu('he.
« Aiors, il arriva que ceux qui n'étaient pH-s >«us
l'influence du péctié furent |M)rl<'\s par U> llol juMin'à
terre; quant aux uutres, lesrttrdes (pii irs uttiiehaienl
s'étant d«''li«'M's ou ix>iup»ies, ou l«'s radeauv eu\-
uit^ines s'étant brisés, ils tombèrent au fond de la
luer et périrent; quatre religieux et deux novices
disparurent ainsi dans les oau\.
« CiMpendant, ceux qui atteignaient la live, y abor-
daient presque morts; quelques-uns n'avaient plus
un lambeau de vêtement sur eux; leur corps était
verdi par le froid et l<>urs membres raidis par l'eau
salé<'. Les indigènes apportèrent du bois et allu-
mèrent des feux pour les recevoir. I^orsquils voyaient
un homme jeté sur la plage, ils le tiraient hors do
l'eau, le réchaulTaient avec du rh passé au feu, jus-
qu'à ce qu'il fût en état de marcher, et le condui-
saient alors dans leurs cabanes, l'outes les gens du
\ uisijiage venaient voir ces infortunés et causer avec
eux en s'apitoyant sur leur sort, en pleurant, en té-
moignant de la plus tendre affection pour les reli-
j;ieux et les novices : c'étaii'nl dos scènes à liivr les
larmes des yeux.
« Le chef du village envoya de tous les côtés, jus-
qu'à une distance de trois à quatre kilomètres, re-
cueillir des vivres. Cependant, à cause de la pauvreté
du pays, on n'en put ran^asser qu'une très petite
NOTICE SUR UN MANUSCRIT SIAMOIS. 547
quantité; le matin on distribuait aux naufrages deux
tasses de gruau de riz , et à onze heures une tasse de
riz avec une tasse de lait par personne ; cela n'était
pas suffisant pour apaiser leur fainj, de sorte que les
religieux durent envoyer les novices et les laïques
cueillir des convolvulus d'eau , des tiges de lotus el
des feuilles d'arbres que Ton faisait cuii'e et que l'on
mangeait tels quels ,
«Depuis le moment où le navire s'était échoué,
le ciel était resté sombre, la pluie n'avait cessé de
tomber pendant sept jours et sept nuits, et l'on
n'avait aperçu ni le soleil ni la lune : la forêt était
inondée , et l'eau en certains endroits atteignait une
telle profondeur qu'on n'eût pu y passer qu'à do»
d'éléphant. Le navire lui-même résista pendant cinq
jours aux assauts de la mer; enfin, il s'en alla pièce
par pièce, et les vagues roulèrent ses débris sur ia
grève, On chercha parmi les épaves les corps de» re^
ligieux et des novices que l'on avait perdu» 3 on ne
découvrit que celui d'un novice qui fut brûlé sur le
lieu même. On parcourut enopre la plage l'espace
d'une demi-journée ou d'une journée entière de
marche : on ne vit rien que les coquillages de toute
espèce dont le sable était jonché. »
Dans cet intervalle , les envoyés singhalais avaient
rédigé un rapport pour le ministre ; les chefs de la
mission siamoise avaient de leur côté écrit aux con-
frères qu'ils venaient remplacer, et le chef du >illage
cVAranakham s'était chargé de faire parvenir ces
36.
548 NOVEMBRKDÉCEMBRE 1006.
lettres. Instruit du désastre , le roi s'empressa d'en-
voyer des secours; les Moiiandais furent rapatriés
sur l'un des établissements de leur nation ; les Sia-
mois et les Singhaiais furent conduits par terre jus-
qu'à la capitale de l'île. Ces derniers rencontrèrent
encore bien des fatigues et des dangers dans ce par-
cours; ce n'était partout que des forêts sauvages, des
rivières à traverser, de bizarres enchevêtrements de
montagnes escarpées îi franchir. Toutefois, comme
ils approchaient de leur destination, ils entrèrent
dans une région plus peuplée , et trouvèrent tout le
pays en fête pour les recevoir.
A leur arrivée, les missionnaires siamois furent
comblés d'attentions; les ministres, le roi lui-même,
vinrent les voir et leur dire combien ils avaient été
touchés de leurs souttirances, combien ils leur étaient
reconnaissants de leur dévouement. Ces conversa-
tions se faisaient en pâli : fauteur de la relation les
rapporte, ou du moins en rapporte des fragments
dans cette langue, et les traduit ♦•nsuitf en siamois.
Cependant, les membres de la précédente mission
attendaient avec impatience le moment de leur dé-
part; éprouvés par un climat d'une humidité ex-
trême, et froid pour des Siamois, ils sollicitaient
leur congé depuis longtemps; mais le roi ne leur
avait pas permis de quitter Ceylan avant l'arrivée de
leurs successeurs. Us purent enfin se mettre en route;
malheureusement, le Phra : LJbali, leur vénérable
directeur, n'arriva pas jusqu'au port où ils devaient
s'embarquer : il mourut pendant le trajet.
NOUVELLES ET MÉLANGES. bh9
NOUVELLES ET MÉLANGES.
SEANCE DU 9 NOVEMBRE 1906.
La séance est ouverte à /i heures et demie sous ia prési-
dence de M. Barbier de Meynard.
Etaient présents :
MM. Senart, vice-président , Allotte de la Fuye, Bar-
thélémy, Général de Beymé, Bouvat, Cabaton, Carra de
Vaux, Farjenel, Fevret, Finot, Grenard, Guimet, Ha-
LÉVY, V. Henry, Cl. Huart, Ismaél Hamet, Labourt, Sylvain
LÉVI, LuNET de LA JONQUIÈRE, MaYER-LaMBERT, MeILLET,
Schwab, membres; Chavannes, secrétaire.
Le procès-verbal de la séance du 1 1 mai est lu. La rédac-
tion en est adoptée.
M. Barbier de Meynard rappelle les services rendus à la
science par M. Salmon, mort à Tanger à l'âge de trente ans;
il exprime les profonds regrets de la Société en présence de
cette mort prématurée.
Lecture est donnée d'une lettre par laquelle M. Cl. Huart
sollicite une subvention de 1,200 francs pour la publication
d'une Histoire des calligraphes et des miniaturistes de l'Orient
musulman. De même, M. Ferrand a écrit pour savoir qu'elle
suite a été donnée à la demande de subvention qu'il a adres-
sée à la Société le 9 février dernier. M. V. Chai vin a expri-
mé le désir d'obtenir l'appui de la Société pour la suite de
sa Bibliographie arabe. Ces diverses lettres sont renvoyées à
l'examen du Bureau et de la Commission des fonds.
Les ouvrages suivants sont présentés à la Société :
Par M. Guimet, les quatre derniers volumes de sa Biblio-
550 NOVh.MBKK-DKCKMBRK 1900.
Ihèqtie de luihjarisation contenant les conrôrences faites par
divers savants au Musée Guiniet;
Par M> CiuVAKNRS, tin volume de M. Christovhm AyKb!«,
intitulé Fernâo Mendes Pinto e o Japâo;
Par M. Allote de la FiVk, son Etade sur la numismatique
de la Perside;
Par M. Bahbieh de Mey.nard, un volume «le Mélanges qui
constitue le premier volume des publications do la Faculté
Orientale de Beyrouth ;
Par M. Cabra de Vaux, son volume sur Leibniz;
P«r II. Schwab, s«6 broclmrea intitulées Impretsiont de
voyuge en Alférie ei De la paléographie sémitique.
Sont rertts membres île In Sori<Hé :
MM. le commandant BosiricY, à Valréfts (VaUclnse),
présenté par MM. Finot et Chavannes;
F. W. Thomas, de l'India OITice Library, Lorldon,
présenté par MM. Rapson et de la Vallée Pnusêin.
Par suite de l'absence de M. FEBRANr>, la communication
qti'il devait faire est ajournée à une séance ultérieure.
M. ViMsoN étudie une légende relative à une sainte de
Karikal et montre que le mouvement artuel de réformation
qui tend à purifier le çivaïsme de tout élément anthropo-
morphique est contraire h l'essence de cette religion.
M. Schwab décrit des objets d'orfèvrerie de style mau-
resque qui sont conservés à Palma dans la sacristie de la
catbédrale; il donne l'explication des inscriptions qui y sont
gravées à jour.
M. Allottf. de f,A Fut R traite quelques points intéressant
la numismatique de la Perside.
Après tme observation préserttéf pftr M. Hali^vt, la
séance est levée à 6 heures moins i o.
iNOUVELLES ET MÉLANGES. 551
OUVRAGES OFFERTS X LA SOCIÉTÉ.
Par lbs Autbdrs i
Mohammed ben Chenëb. Proverbes arabe» de l'Algérie et da
Maghreb , tome II. — Paris, 1906; in-8".
Eduard Glaseh. Altjemenische Nachricliten , I, 1. — Miin-
chen, 1906; in-S".
V. DiNGELSTEDT. A Uttle-kiiowii Russiaii People : The Seta
kèied ofEsihi ofPikov (extrait). — S. 1. n. d. ; in-8".
D^ Emîl Gratzl. Die altarabischen Frattennamen. — Leipzig ,
1 906 ; in-8°.
Dr. A. WiEDEMANN. Die Zeichenkttmt im alten Àgypten
(dans la revue Die Umschau, 40-4 1)- ' — Frankfurt a. M.,
1906; in-8'.
— 5. Àgyptische Religion (1904- 1906) [Extrait]. •—
Leipzig, 1906$ iti-8'.
— Altâgyptische Sagen and M^^hen. —Leipzig, 1906;
in- 18.
Das iûdliche Paûcatantra . . . , herausgegebeti von Johannes
HeRïel. — Leipzig, 1906; gr. in-8°.
Paul Garus. Amitabha. — Chicago, 1906; pet. in-S*.
— Yin Chih Wéti. — Chicago, 1906; pet. ÎA-S".
— T'ai-Shang Kan-Ying P'ien. — Chicago, 1906; pôt.
in-8".
A. Barth. L'Inscription du reliffuairt de Piprauxi (Extrait).
— Paris , 1 906 ; in-8*.
Ch. Clermont-Ganneau. Recueil d'arch^ohgie orientale,
VII, 16-25. — Paris, 1905*, in-8°.
Carra de Vaux. Philosophes et Penseurs . Leibniz, — Paris ,
1907; in-8°.
M. Sr.HWAB. De la paléographie sémitigne (Extrait). — Ma-
drid , s. d. ; in-8''.
-*- Impressions de voyage en Algérie. — Paris, s. d. ;
in-8°.
Sepher ha KxAar. . ., traduit pour la première fois par
bbi NOVKMBRË-DhlCKMBRË 1906.
Jean de Pault. Otluvre posthume publiée par le* soins de
M. Emile Lafuma. — Paris, 1906; in-8*.
Ai.LOTTE DE I.A FuYK. Etude sur la numismatique de la
Perside (Extrait). — Oxford, 1906; in-8*.
Chr. Ayrbs. Fernâo Mendes Pinto e 0 Japâo. — Liabôa,
1 906 ; ^r. in-8*.
Par lis Éoitium i
R. GuiMBT. Coi^érences faites au Musée Guimel , t. WII.
— Paris, 1906; in-8*.
Zeitschriji fur hebrœische Bibliographie, X, 1-4. — Fraok-
furt a. M. , 1 906 ; in-8*.
hetsarione . fasc. 89. — Roma, 1906; in-8*.
Revue biblique, juillet -octobre 1906. — Pari», 1906;
in-8*.
The Korea Review , VI, H-S. — Séoul, 1906; in-8*.
The Indian Antiquury. May 1906 and April 1906. —
Bombay, 1905-1906; in-/l*.
Fli.-M ÀWERDÎ. Kl-Ahkam es-Soalthnniya. Traité de droit pu-
blic musulman , traduit . . . par le comte Léon Ostrurog , II , 3.
— Paris, 1906; in-8°.
Knri V0LI.ERS. Volkssprache und Schrijlspruche im allen
Arabien. — Strasaburg, 1906; in-8*.
M. Ettinghausen. Harsu Vardhana, empereur et poète de
l'Inde septentrionale {606-6^8 A. 1).). — Londres et Paris,
1 906 ; in-8*.
S. W. BusHBLL. Chine$e Art, Volume II. — London,
1 906 ; in-8*.
G* E. Lunet de I.A JoNQUlÉRE. Le Siam et les Siamois. —
Paris, 1906; in- 18.
Polrbiblion , juillet - octobre 1 906 ( parties littéraire et
technique). — Paris, 1906; in-8*.
Revue urchéologiqae , mai-août 1906. — Paris, 1906;
in-8*.
The Babylonian Expédition.. . Vol. XIV - XV : Albert
NOUVELLES ET MÉLANGES. 553
T. Clay. Dociimenls from the Temple Archives of Nippar. —
Philadelphia , 1906; 2 vol. gr. in-4'.
LuNBT DE i,A JoNQUiÈHK. Ethnographie du Tonkin septen-
trional. — Paris, 1906; in-8".
Këene. History of India, new and revised édition. —
Edinburgh, 1906; 2 vol. in-8°.
Louis Bréhier. L'Eglise et l'Orient au moyen âge. Les Croi-
sades. — Paris, 1907 ; in-12.
Ibn Zakarîyà. Das Kilahu-l-itbâ'i wa-l-muzawagati. . .,
herausgegeben von R. Brunnow. — Gieszen, 1906; in-S".
C. Beccari. Rerum JEthiopicarum Scriptores. . . Vol. IV :
P. Emm. Barradas, S. J. Tractatiis ires historico-geographici.
— Romae, 1906; in-d".
Ibn Gubayr. Viaggio. . . compiato nel secolo xii , prima
traduzione da Gelestino Schiaparelm. — Roma, 1906;
in-8".
D. H, MûLLER. Semitica. MI. — Wien, 1906; 3 fasc.
in.8'.
Tattvasarayana . an ancient Vedantic Itihasa. — Madras,
IQ06; in-8°.
Pârijâtamanjarî.'. . by Maduna, edited by E. Hultïsch.
— Leipzig, 1906; in- 18.
Keleti Szemle , VII, i. — Leipzig, 1906; in-8°.
Orientalische Bibliographie, XIX, 1. — Berlin, 1906,
in-8°.
Al-Moktahas, I, 2 et 7. — Le Caire, 1906; in-8'.
The Nakaid of Jarïr and Al-Farazdak. edited by Anthony
Ashley Bevan, M. A., I, 2. — Leiden, 1906; in-/i°.
The American Journal ofSemitic Languages and Literatnrex ,
XXIII, 1. — Chicago, 1906; in-8'.
The American Journal of Philology, XVII, 2. — Baltimore,
1906; in-8».
Anthropos, 1,3. — Salzburg, 1906; in-8°.
Revue critique, 4o' année, n" 23-44- — Paris, igo6;
in-8°.
554 N0VEMBRK.DÉ(;KMIUU-, lOOfl.
Pak la Société :
Halletin th» séancê$ dl» ki Société phihlotjîqne , tome IIT. —
Paris. i()o5; in-8*.
Th* à^grapkicùl Jêtimnl. XXVIII, i>-M-5. — liOiition,
1906; in-8*.
Acttiémi» en iMcHptkms et Belle»- L^itt-es , Comple» t^mlns
des séances, inan-aoùt 1906. — - Ptris, iQoGi iti-^*.
ÀHëktHl Bolliutiinnà . XXV, 1. — > Bruiellis, 1906;
in-8\
ZeHsehrifi der Dtattthen MorgênlâtifUichcn (ie»fUscka/'t ,
LX, a. — L«ipxi;. 191*6; Ih-S*.
The Impérial and Asiatic Quarterly Aet>iVt9, thifd Séries,
XXII, n* 43. — London, 19065 in-êV
Àtrneo. ntista meHSMtl. rt" 1, 3 , ^ f>, 6. — Madrid,
1906; gr. in-8*.
The Joomal af the Royal Asiaîie Socielj of Great liritain
and Ireland, July and October 1906. — London ">o(>;
Rerue des êlades juives , n* io3. — Paris, 1906; in-S".
Trahsattiotts and Pfoceedinp (f the Japan Society. VU. —
London , 1 906 ; in-8*.
Journal asiatique , lliars-aoï'kt 1906. — Pari», 1906; ln-8*.
linlletin de littérature ecdésiaftiqae , jiiin-no\r«»mbrp 1906.
— Paris, 1906; in-8*.
AmeriintH Jontyial rf Artkteohgy, X, a-3. — Norwood,
1906; in-8*.
Atti deUà R. Aûcaêentia dei Lincei. Rendiconto délia gdn-^
nanta sohnne del 3 giagnio 1906. — Roma , 1 906 ; in-A*.
Le Globe {Bulletin), XLV, a, et Mémoire». — G«nèv«,
1906; in-8*.
Mémoires de la Société de Linguistique, XIV, 1. — Paris,
1906; in-8*.
Mitteilnngèn der Ùêntachen Gestilsthaft f^f Natnr- und
Vnlkerkunde Ostasiens, X, 3. — Tokyo, 1906; in-8°.
O Oriente Porlugues , III, b'j. — -'Nova Goa, 1906; in-8*.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 939
Thè Journal of the Siam Smcidyi îï. — London, igoS,
in-8".
Ateneo, revistà mensaal, I, 7-9. — Madrid, 1906^ gr.
in8".
Journal (^ the Straits Branch bf thé Royal Asiatif, Society,
n° /45. — Singapore, 1906, in-S".
Batdviausck Geriootschttp vaii Kûtisten eti Wetetiichapen. —
Tijdschrift, XL VIII. 5. — Noldén. XLlII, k. — Rap-
porten. . ;, 1904. — Batavia, 1906; in-S*.
Journal of ihe American Oriental Society, XXVII} i; —
Baltimore , 1 906 ; in-8*.
The Impérial and Asiatic Qaarterly Review, XXII, 44. —
London, 1906; in-8°.
Journal of the NoHh-Chinà Branch ofthe Royal Asiatic So-
ciety, vol. XXXVII. — Shdnghaï, igo6; in-8°.
Journal of the Slraits Branch of the Royal Asidtic Society,
n" 4-6. — Singapore, 1906; in-8*.
La Geo^rap^ie, juillet-septembre 1906. — Paris, 1906;
gr. in-8".
Atti délia R. Accademia dei Linciei. Notizie; III, 1-3. -^
Rendiconti, XV, i-A- — Roma, 1906; in-4.° et in-8°.
Pau le Ministère bfe L'I^ôT»ufcTtol« t>tëLiQtÎE fei bth fi^Aux-Afets :
Alfred MerLin. L'Aventin dans l'antiquité. — Paris, 1906;
in-8'.
Journal des Savants i juin-septertibre igo6. — Paris, 1906,
in-8".
Mémoires de V Institut français d'archéologie orientale. T. IH !
Le Monastère et la néciropole de Baouit, par M. Jean Gi.liDAT.
— T. 111, fasc. 2 : Makrizi. . ., traduit par M. Paul Casa-
nova. — Le Caire, 1906? 2 vol. gr. in-4°.
BuUetiii archéologiqut i annëe 1906, 1" livraison. ^ — • Paris,
1906; in-8".
Bulletin de correspondance hellénique, XXXI, 7-81 -^^ Paris,
1906 ; ln-8°.
55ft NOVEMBRE-DECKMBRK 1900.
Ei.-BoKllAni. Let Traditions islamiques..., Iradaites par
O. HouDAS et W. Marcais, toino II. — Paris, ujof); in-8".
Revue de l'histoire des religions, fasc. i58-i()0. — Paris,
1 906 ; in-8*.
L. DE MiLLOUÉ. Bod-Youlou Tibet (Le Paradis des Moines).
— Paris, 1906; in-8*.
Cot^éremces faites aa Mutée Guimet, t. XVIII-\IX. —
Paris, 1906; a vol. in- 18.
Nouvelles Archives des Missions scientijiqaes et littéraires,
XIII, 3. — Paris, 1906; in-8*.
PaK LB GoiTTBKflBlia^T noiBR :
H. R. Nevii.i.. District Gazetteers of the United Provinces
of Agra and Oadh. Volume VIII : Atfra. — Allnhnhad,
1 906 ; in-8*.
Coorg District Gazetteers. B. Volaroo. — S. 1. n. d.; gr.
in-8*.
Judicial and administrative Statistics of British India for
190i'i905 and preceding years. — Calcutta, 1906; gr.
in-8".
District Gazetteers. Statistics, 1901-1902 (Jessore, llaza-
ribagh, Sikkiin State, Orissa Tributary States, Cooch Bihar
State, Champaran, AnguI, Gava, Piiri, Shahnbad, Kliulna,
Murshidabad, Balasore, Muzaflarpur, Cuttack, Darjeeiing,
Cbota Nagpur Tributarv States, Burdwan, Birhhum, l'a
laniau , Manblium, Huwrah, Saran, Bhagalpur, Darbhanga,
Singhbum, Hooghiy, Flill Tippera State, Purnea, Mongbvr,
Nadia, Midnapore, Bancbi, a/|-Parganas, Patna, (Calcutta,
Sontbal Parganas, Bankara). — (Calcutta, 1906; 38 vol.
in-8*.
Linguistic Sarvey of India. Vol. H. . . Spécimens oj the
Marathi Langaage.. . , by G. A. Grierson. — Calcutta , 190.5 ,
gr. in-4*.
Impérial Library. Catalogue of Books in the Reading Room.
Second édition. — Calcutta, 1906; in-4*.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 557
Aiuinal Report of tlie Direclor General of Archœolo<jy fur
tlie year 190^1905, part 1. — Calcutta, 1906; gr. in-8'.
M. Rangachauya. a descriptive Catalogue of Sanskrit Manu-
scripts in the Governmenl Oriental Manuscripts Library, Ma-
dras, ]I. — Madras, 1906; in-S".
Syamsundar Das. Annaal Report on the Scarcli for Hindi
Manuscripts for the year 1902. — AUahabad, 1906; gr.
in-8°.
Par le Gouvernement de Mysohe :
B. Lewis RicE. Epig raphia Carnatica, vol. IX. — Banga-
lore, 1906; ln-d°.
Par la Société asiatique du Bengale :
Bibliotheca Indica, New Séries, n°' 1017, 1106, iii5,
1 137, 1 138, 1 139, 1 i<4o, 1 i/u, n44, 1 145 , 1 146, 1 147,
1 148. — Calcutta, 1905-1906; in-8°.
Par le Gouvernement de l'Indo-Chine :
Bulletin de T Ecole française d'Extrême-Orient , V, 3-4. —
Hanoï, 1906; gr. in-8°.
Par le Gouvernement japonais :
Mouvement de la population de l'Empire du Japon pendant
l'an XXXVI de Meiji {1903) [tableaux]. — Tokio, 1906;
10-4".
Par l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg s
Bulletin de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pé-
tersbourg, Classe hislorico-philologique , 3° série, t. XVII-XXI.
— Saint-Pétersbourg, 1903-1906; gr. in-8°.
Oscar von Lemm. Iberica. — Saint-Pétersbourg, 1906; gr.
in-8°. **=-
W. RadloI'F. Versuch cines Wôrterbuches der Tiirk-Dia-
lecte, 18° und 19° Lief. — Saint-Pétersbourg, 1906; gr.
in-8".
558 NOVEMBRE-DECEMBRE 1000.
W. RADLorr. Einleilende Getlenken zur Uanlellung der Mor-
phologie dtr TàrkspracheH. — Saint-Pélei-sbour^, 1906 ; in-8*.
P. Ko&ovxori'. Mquvmux fragmeiUs syro-paletùniens île la
BiblioUtè^ae impériale publitiue de Saint-Pêler$boiiiff. — Saiiit-
Péterabourg, 1906; gr. in-A*.
Z. Z. OuKUTOMSKi. JuvttUtirts dniit coHection dobjels ur-
vaui mu cuit» ktmaique (en raMe). -•— iiainl-Pëiursbuurg,
i()o5; a vol. in-8*.
Pas ls Cuaatboii db l'arruihoisakhent scoLAïaB do Caucase :
1\ecueU de matériaux relatifs au Caucase (ep nuse),
l. XXXVI. — Tiflis, 1906; in-8*.
Par I.A flBiBUoTKcA ;<axio^alr cb!<itralri dk Florkncr :
liollettino dette pabblieeuioiii ilaliane ricevute pir diritlo di
stainpa, nuin. 66-70. — Firent, 1906; in-8*.
Par 1,'llNiTnsrn D'UnAt :
Sphinx, IX, à; X, i-a. — Upsal, 1906; in-8'.
Par l'Uritirsitr Sairt-Joskpu , X Brtrooth :
Al-Machri<f, IX* {Uiipé«, n" ia-30. — Beyrouth, ujoG;
in-8*.
Mélanges de la Faculté Oripninlr I, — BevronOi ninfi;
in-8r
SEANCE DU 14 DECEMBRE 1906.
• La séance est onverte k 4 heure» et demie par M. Rchens
DuvAL ; la présidence a été prise un peu plus tard par M. B.\R-
birr db Mbtnard.
Etaient présents :
. MM. Sen.\iit, nice-président . Ali^otte pv (4 Fcfs, Baa*
madjian, Bovrdais, BotvAT, Cabaton, Carrv de Vwx.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 559
Chabot, Dbmiau, Dussaud, Fawenbl, Fbrbaivd, Fevbkt,
FiNOT, Gaudkfroy-Demombïnes , Guimiît,Huapp,Labo«rt,
Leroux, Sylvain Lévj, Isidore Lévy, Maçler, Mauss,
Meillet, Vinson, membres; Chavannes, secrpia/rç.
Les ouvrages suivants sont présentés à la Société i
Par M. RuBENS Duval, un exemplaire de la troisième édi-
tion de sa Littérature syriaque;
Au nom de M. Le Chatblier, la Revae du mçade musul-
man j tome 1, n° i ;
Par M- GviMET, un nouveau volume des Cq^féremei iaite»
au musée Guimet ;
Au nom de S. E. Meptahol-Molk , ministre d'Etat de
Perse, des ouvrages sur l'enseignement, en particulier l'en-
seignement de l'écriture et la cryptographie.
M. Fehrand établit qu'un certain nombre de mots mal-
gaches s'expliquent par le sanscrit; il en conclut que la
migration malaise qui s'est transportée à Madagascar devait
élre hindouisée. M. Ferrand rappelle qu'il avait déjà exposé
cette thèse dans un article sur le Dieu malgache Zanahari ,
article dont il offre un exemplaire à la Société.
Quelques observations sont présentées par MM. {îylvain
liQvi et Vinson.
Lecture est donnée du procès-verbal de la séance du 9 no-
vembre. La rédaction en est adoptée.
Est reçu membre de la Société :
M. Emile Lafuma, à Voiron (Isère), présenté par
MM. Schwab et Leroux;
Sur la proposition de M. Barbibr de Meymard, l'allo-
cation annuelle attribuée à M- Couvât est portée de 1,300
à i,5oo francs. M. Bouvat est chargé, en collaboration avec
MM. Fevret et Cabaton , de Fefaire le catalc^e de la Biblio-
thèque appartenant h la Société « mais il devra au préalable
MO NOVEMRRE-Dh'CEMBRE lOOft.
soumettre au (iornité un projet écrit où il exposera suivant
quelle niéihmle ce travail sera exécuté.
Les subventions suivantes sont votées : à M. Huart, une
somme de 800 francs pour l'impression de son Histoire des
calligraphes et des miniaturistes de COrient musalman ; n M. de
(^astries, une somme de âoo francs pour son recueil de do-
cuments diplomatiques concernant le Maroc; à M. Ferrand,
une somme de r>oo francs j)our l'impression de sa Phonétique
comparée du malais et du malgache.
M. Demiau soutient que les mots hirri-berri signifient • ville
neuve» en basque et que des mots semblables ont la même
valeur en copte ; il en conclut (]ue ce sont des peuples cha-
miliques du nord de l'Afrique qui se sont étendus à travers
l'Espagne jusqu'aux Pyrénées.
M. ViNSON présente quelques observations.
M. Isidore LtvT montre sur quels calculs se sont fondées
les prophéties annonçant répo<|ue où devait apparaître le
Mvsaie; il cherche à déterminer à quel moment il faut re-
porter la rédaction de ces prophéties. Cette communication
est suivie d'un échange de vues entre M. l'abbé Labourt et
M. Isidore Lévy.
M. Senaxt donne à la Société des nouvelles de M. Pelliot
qui vient de lui envoyer de kachgar trois mémoires; l'un
d'eux, intitulé Aperçu sur les Abdàl de Painùp, sera inséré
dans le Journal.
La séance est levée à 6 heures 1 o.
OUVRAGES OFFERTS À LA SOCIETE.
Par m. a. Le Chatkliek, Professeur au Collège de France :
Revue du monde musulman, I, i. — Paris, 1906; in-8'.
Par So.> ëxckllbkcb Meftauol-Molk, Ministre d'£tat de Perse :
Collection du journal Me'ârif. — Téhéran, i3i6; in-fol.
NOUVELLES ET MÉLANGES. 561
Ta'lhii oî-etfâl, t. I. — Téhéran, iSad; in-ia.
Kachf ol-esrâr Nâsei'î. Téhéran, i3i6; in-4°.
Nâsekh or-romoûz ou reziné MahmoAdî , 3* édition. — Té-
héran, iSiQ; in-/|.".
Kilâb Mèffâh ov-romnnz. — Téhéran, \'6io; in-4".
Par m. Emile Goimbt :
Ch. Renel. Les Religions de la Gaule. — Paris, «906,
in-i8.
Par m. André Fevret :
■I. Deniker et E. Deshayës. Collection G. . . Première
partie : Œuvres dart et de hante curiosité du Tibet. —
Deuxième partie : Œuvres d'art et de haute curiosité de la
Chine et da Japon. — Paris, 1904; 2 vol. gr. in-8°.
Par les Autedrs :
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M. Bevan continue sa laborieuse publiration des NaqAi^,
qui nous donnent les pièces du procès |)endanl entre E)j^iir
et Farazdaq , et poursuivi des deux parts à coups d'injures
grossières, mais exprimées dans une belle langue, celle des
Bédouins d'alors, (j'ouvrage complet devant former trois
volumes, deux de texte, divisés chacun en trois fascicules, et
un troisième comprenant les index et le glossaire , il s'ensuit
que ne nous sommes encore qu'au début de l'œuNre considé-
rable entreprise par le savant professeur du Trinity Collège,
à Cambridge. Le fascicule que j'ai sous les yeux , le second
du premier volume, contient la fm de la pièce numéro 3a
et la suite des autres jusqu'au numéro 5o ; on y trouve , avec
leur commentaire, huit qaçîdu de Djérir, sept de Farazdaq,
et trois courts fragments d'el-Ba'îth, qui s'intercalent entre
les autres poésies.
Comme dans la partie précédente, ce qu'il y a de plus
intéressant dans le commentaire sont les récits des grandes
batailles entre tribus du désert, à comparer utilement avec
les renseignements que nous |)oss('>dons déjà dans Ibn-el-Athir
NOUVELLES ET MÉLANGES. 565
et ï'Iqd el-férid d'Ibn-'Abd-Rabbihi; par exemple, p. 190, la
bataille de Naqâ 'l-llasan, appelée aussi ecb-Chaqîqa; ce
nom d'el-liasan lui vient, soit de celui d'un arbre, soit de la
dénomination d'une plage de sable (comparez p. 333 et sui-
vantes); p. 193, le récit de la mort d"Omàra ben Ziyàd ol-
'Absî, surnommé Dâliq, tué par Chirbàf ben el-Mothallam
à la journée dite d'A'yàr ou de Naqî'a; p. 198, le récit très
abrégé de la mort du Ghassanide Mobarriq, fait prisonnier à
la bataille de Rozâkha par Zéïd el-Fawâris et mis à mort par
les Banou-Dabba qu'il avait tenté de razzier, ainsi que le
récit de l'attaque de ceux ci par Ibn-Mozaïqiyâ à la journée
d'Idam; p. 211, l'bistoire des Barâdjim, où l'on voit Dabi'
ben el-Hârith, surnommé ibn el-Ilodhàqiyya , chasseur de
bêtes sauvages, emprunter aux Banou-'Abdallah un chien
appelé Qorhàn ; il ne voulut pas le rendre et fut emprisonné
sur l'ordre du Khalife 'Othmàn (Ibnel-Athîr, III, 147);
p, 226, le combat de Rahrahàn, et p. 238, celui d'En-Nisâr
(cf. aussi p. 358) sont racontés en détail. P. 3o5 , à propos
de la bataille de Waqil, où les Lahàzim, c'est-à-dire la con-
fédération des tribus de Qaïs, de Téïm el-Lât, de 'Idjl et
d"Anaza , razzient les Témimites , on voit un prisonnie;' pré-
venir ses compatriotes , par le moyen d'une de ces devinettes
dont on trouve déjà des exemples dans Hérodote, qu'on va
les attaquer. On passe encore en revue la bataille de (ibabit ,
autrement dite Çahrâ Faldj (p. 3i3), celle de Djadoûd
(p. 336), déjà racontée dans le premier fascicule (p. i/i/|)
mais sous une forme différente, et celle de Çarâïm (p. 336)
où les Banou-'Al)s, la tribu du poète 'Antara, attaquent celle
de Rabî'a ben Mâlik ben IJanzhala.
A côté de ces faits historiques, dont la mémoire serait
complètement perdue s'il ne s'était trouvé des poètes pour y
faire allusion et des commentateurs pour éclaircir ces allu-
sions, on trouvera de ci, de là, dans le fatras d'un fastidieux
commentaire grammatical, des détails de mœurs ou d'his-
toire naturelle intéressants. On lira avec intérêt, p. ifii, la
description de dix espèces ou variétés de la truffe blanche du
5M NOVEMBREDECKMHRR \90(\.
désert (que les l>»tani»t«>s appellent terfasia d'npivs !«' ma-
ghi'ébin ^Uo inconnu en Orient et qu'lhn Béïlar croit tl'ori-
jfine lïerbère) : lefruf', ic djab', les bandi Aubnr (expreMion
qui manque à Frevta{(, mai* que donne le Lisàn , \ Il , i H3) ,
le Jko'Inàq , le bimtq, le mo^rodd (le texte |iorte mafjhroiid;
c'eut probablement la vocalÎMtion vulgaire, non (léfomièe
par la lo^(|iie impitoyable des grammairiens et des lexico-
graphes, comme c'eit arrive pour çomdoàq '» çandoùq , dottôàr
'miattBàr, et tant d'antres), le dko'nnûn, le torthoiith (an lieu
du tatte famoitfA), le 'tuqal, et le (ja'hal ou tfîbil (le texte ne
donne que le pluriel fa'tfii/). On verra, p. 179, les rurieoses
paroles de l'incantation qui sert i prendre vive l'hyène
dans sa tanière. On trouvera, p. 18a, un exemple du dia-
lecte du Yémen, rapporté par el>Açma'l ; smok Ji'r-réîm
• monte les degrés» (expliqué |Mir o'io jid-daradja). Dans la
même page, l'atprewion kakam e%'témà (arbitre du ciel)
pour désigner Diea ast plntAt rare , et l'on comprend que les
variantes malik et rwftî sa soient fuit Jour. MAlik ben et-
llontafiq, chef des Banoo-I)abl)a , crève l'œil du chameau
étalon poor que le maoYais uni n'atteigne pas les chamelles
da troopaan (p. 190, 1. 5).
P. 199, 1. 6. Un vers corieiu fait allusion au geste de
saisir on poa entre le ponce et l'index, geste qui, en
dactylunomie, signifie le nombre 3o; c'est exactement ce
que dit le t'arhantji Djèhiin^iri dans son chapitre de la pré-
face où il traite de cet art, et qui a été publié et traduit par
Stanislas Guyard dans le Journal asiatique de 1871, p. i3 du
tirage à part. M. Bevan semble n'avoir pas connaissance de
ce travail; du moins, il ne le cite pas.
A la page 106, l'histoire de Nabtal, esclave d'Abou-
SowâdJ (cf. Aghânî, VII, 181) montre les moeurs des Arabes
IMtïens sons un jour fâcheux.
P. 167, vers àà- Il s'agit de choisir entre Jy^k et J^hi dans
l'expression à tournure proverbiale Ju^iJI ^ y^o-Jl yt. Le
NOUVELLES KT Ml^LANGKS. 9ft7
vers signifie : « Dis à ce vil Djérîr : Qu'est-ce que tu vas faire
(pour sortir do ce mauvnis pas)? Dis-nous-le : l'explication
est une solution. » Si on lit J*ii, le dernier memiire de phrase
signifiera : «L'explication est un mérite », qui pourrait être
une allusion au liadifh \Çs^ ij W (^ û' • I^^ glossateur du
manuscrit de Strasbourg (collection de Spitta-bey) donne
justement la leçon Juai et l'explique comme si c'était Jua*
d'où l'on doit conclure que le point est de trop. Quoique Jji^
semble offrir un sens plus satisfaisant , on doit s'en tenir, en
saine critique , à la leçon des manuscrits , et c'est ce qu'a
fait M. Bevan.
P. 162. <i>jj>t? est une erreur ; il faut ^t^Jo , mot que
donnent tous les dictionnaires , depuis Golius jusqu'au Lisân
(II, 471) et au Tâdj el-'aroâs (I, 63i). — P. aaS, 1. 10. Au
lieu de » JLi ^i , lisez ^\ , comme p. 34 1 , 1. 4.
Cij. Hua ht.
Er.-AiiKAM ES-SovLTHÂNÎYA , traita de droit public musulman,
d'Abou '1-Hassan. . . el-Mâwerdî, traduit de l'arabe et annof(<
par le comte Léon Ostrorog. T. Il, i" partie : le droit de la
guerre. 1 vol. grand in-8°, vum6i pages. Paris, E. Leroux,
1906.
Le droit de la guerre ! Les peuples qui ont été en contact
avec l'islamisme, à toute» les époques de son histoire, les na-
tions subjuguées au début du mouvement qui a lancé les
Arabes, citadins ou Bédouins, à la conquête du monde,
celles qui ont lutté avec succès contre les incursions de pil-
lards, telles que les Francs nu sud de la T^oire et daus le bas-
sin du Uhône, les Romains de l'époque byzantine en Asie
Mineure (avant les Turcs Seldjouqides), les fondateurs
d'Etats chrétiens en Terre Sainte, les combaltauts de»
marches hongroises de l'empire d'AUemogue, les riverains
de la Méditerranée soumis aux courses des Régencj's barba-
568 NOVEMBHEUECEMKRE 1900.
resques, les Nègres l'elichistes de l'Afrique centrale, savent
ce que cela veut dire. Adoertus hottem œterna aucloritas. Cet
axiome de droit romain, pris au pied de la lettre, i>st la
règle de tout bon musulman. L't'tat de guerre , dont l'es-
•ence est de droit divin , ne pourra cesser, sur la surface de
la terre, que quand tous les hommes se seront .soumis à la
nation musulmane constituée en Etat autocratique, auront
embrasse la n-ligion de l'Islam (à l'exception des juifs et des
chrétiens autorisés a pratiquer leur culte dans des conditions
de sécurité pnk:aires et |)ea enviables), et rt^steront souinin à
un Imàm unique : car une compétition entre deux Imùms
nmiènerait incontinent l'état de guerre, chat un désirant
réduire son rival h Tiropuissance.
(!et idéal théocratique est naturellement irnalis^thie. Mais
il a engendré certaines règles de droit publie dont la eon-
naissance est indispensable pour se rendre compte de phéno-
mènes historiques dont la véritable raison, sans cela, nous
échapperait. Il faut donc savoir le plus grand gré à M. le
comte' Léon Ostrorog de continuer ses savantes études sur
le droit musulman qui ont pour base le texte d'Kl-Màwerdi;
je considère , en effet , que le principal intérêt de la traduction
entreprise aver talent par l'érudit juriste, que l'attrait de ses
études tout autant que l'exercice de sa profession maintient à
Constantinople . réside dans les notes dont il accompagne
ion travail et (|ui jettent parfois d«'s rlartés sur des points
l'Mtes obscurs pour l'arabisant philologue le plus exerrc.
Nombre de nos confrères en orientalitme liront avec profit
les petites mon<^^phies juridiques que forment quelques-
unes de ces notes.
La guerre sainte est un droit de CXeu , de la catégorie des
Adorations {'ibàdâî .j'aimerai» mieux « œuvres pies »), et forme
pour le musulman un devoir catégorique [fard). Il n'y a pas
à sortir de là : les textes sont dans le Qorân , qui est la parole
de Dieu même. Combatif par tempérament, Mahomet ne
rêvait qu'à la guerre, qui devait, depuis l'hégire, con-
traindre tous les Arabes de la péninsule à renoncer à leurs
NOUVELLES ET MÉLANGES. 569
idoles pour n'adorer que le seul vrai Dieu dont Gabriel lui
transmettait les ordres. Mais les choses changèrent quand les
conquérants se trouvèrent aux prises avec des civiHsalions
plus avancées. Devenus maîtres de vastes provinces par des
coups de force et d'heureuse audace, fatigués de la guerre,
possesseurs de richesses considérables et surtout de proprié-
tés immobilières pour l'exploitation desquelles il fallait bien
recourir à la main-d'œuvre locale, libre ou servile, entourés
de femmes et d'esclaves appartenant aux races soumises,
pères d'enfants dont l'éducation se faisait dans un milieu de
populations hétérogènes , les Arabes ne mirent pas plusieurs
générations à se sentir obligés de se départir de leurs règles
cruelles. Kt c'est ainsi que la raison reprit ses droits. Les
théoriciens lurent obligés d'admettre que la guerre sainte
n'est point bonne par essence, puisqu'elle entraîne fatale-
ment deux conséquences blâmables, la destruction du corps
immain, œuvre de Dieu, et la dévastation de contrées habi-
tées par des hommes ; non seulement ces actes « ne com-
portent rien de bon, mais ils font encourir aux agents la
réprobation divine et la malédiction du Prophète » ; elle ne
peut être considérée comme bonne qu'en raison de sa fin,
qui est l'exaltation de la foi et la répression de l'iniquité des
mécréants. Cette lin étant le véritable but, on ne peut que
déplorer les voies et moyens nécessaires pour y parvenir.
La délégation des pouvoirs de l'autorité suprême [Viniàin)
au général chargé de commander les troupes entraîne pour
celui-ci sept obligations, qui sont celles-ci : conserver une
allure modérée pendant la marche (ces théologiens n'étaient
pas des stratégistes ) , inspecter les chevaux de la cavalerie et
les bêtes de somme, veiller à la solde des troupes régulières,
rétribuées sur le produit de l'aubaine ijéï\ contribution de
guerre pei'çue des infidèles après leur soumission ) , et à celle
des volontaires, stipendiés sur le produit de la dîme aumô-
nière (contribution volontaire des musulmans), nommer à
ces deux catégories de troupes des officiers « qui le tiennent
au courant de ce qui se passe dans l'armée» (ce qui veut
570 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1906.
dire dairement inspection technique et espionnage moral),
instituer un cri de ralliement , surveiller étroitement l'armée
et en expulser ceu» «jui poussent à la défection . sèment
l'alarme et espioiment pour le compte de l'ennemi, et ciiliu
ne pai favoriter des parents ou alliés (condamnation du népo-
tisme), ni celai qui partage son avis ou suit sa doctrine, H<<
préférence à celai qui émettrait un h\U opposé.
Voyons maintenant ce qoi est réserve à l'ennemi. Quand
les inikléies ont pu entendre la prédication de l'islamisme et
l'oot dédaignée, le général a la liberté de les traiter de la
manière la pins nuisible pour eu\ ; il peut dévaster « li* terri-
toire ennemi par le fer et le feu en des courses soudaines de
nuit et de joun, il peut aussi déclarer formellement la
guerre et combattre en bataiUe rangée. Mais quand l'isla-
misme n'a pas été prêché, le premier devoir du général est
alors de les appeler à la vraie foi, et ce n'est que quand ils
peraittent dans leur erreur qu'on peut leur appliquer les
règles précédentes. C'est la d«M:lrine d'^xib-C^hàiel; Màlik
tient pour informés les infidèles dont le territoire est voisin,
Aboa-Hanifii tn>uve louable one sommation préalable même
quand les récalcitrant.*» avaient été appelés à se convertir et
s'y étaient refusc^s.
■Qaid si le général n'obéit pas à ces règles? 11 devra alors
payer le prix du sang Idiya), qui parait se réduire à nne
amende de mille dinars, et encore d'après l'>h-(]hAfè'l seul,
car Màlik et Abou-llantfa ne l'admettent point. On peut en-
core se poser la question suivante : quelle est la partie
demanderesse (en l'absence de t<iute action publique) qui
pourrait faire triompher cette thèse devant un cadi? La
sanction de la pénalité risque bien de rester lettre morte.
Le massacre a-t-il des bornes légales? «Il est permis au
musulman de tuer les mécréants, habiles à combattre, tom-
bés en sa puissance, qu'ils soient actuellement combattants,
ou qu'ils ne le soient point (p. 37)»- C'est la règle. Il y a
controverse sur le point de savoir si l'on peut mettre à mort
les vieillards et les moines. 11 n'est pas permis de tuer les
NOUVELLES ET MÉLANGES. 571
femmes et les enfants tant qu'ils ne noml);i lient pas eux-
mêmes, ni les serviteurs et les esclaves.
Un passage intéressant est également celui où sont énu-
mérés les devoirs du général en matière de stratégie et de
tactique (p. 46 et suivantes). Il doit veiller à ne pas tomber
dans une embuscade et à ce que les sentinelles accomplissent
leur service , choisir pour la bataille un terrain plat , facile à
défendre, bien muni de pâturages et d'eau, avoir des appro-
visionnements abondants, se procurer des informations sûres
à l'égard des dispositions de l'ennemi , ranger son armée en
bataille, enflammer l'ardeur des soldats par des discours,
tenir conseil de guerre afin de se décider en connaissance
de cause (sans être obligé de suivre les avis émis; c'était
l'opinion de Napoléon I"), imposer l'observance des pra-
tiques rituelles et des obligations morales, et ne permettre
à aucun soldat de s'occuper de commerce ni d'agriculture ,
(I le souci de pareilles occupations ayant pour effet de détruire
l'esprit de résistance à l'ennemi et de franche application
à la guerre» (p. 52).
Ech-Châfè'î avait eu l'impirudence d'admettre que le mu-
sulman peut fuir quand les forces ennemies sont supérieures
de plus du double. Abou-lfanîfa s'est mieux rendu compte
des nécessités de la guerre en établissant « que le devoir du
soldat est de se battre tant qu'il le peut , puis de fuir quand
il ne se sent plus de forces et qu'il craint d'être tué». Voilà
pourquoi les annales de l'Islam ne citent point, en rase cam-
pagne, de faits comparables à ceux de Léonidas aux Thermo-
pyles ou des grenadiers de Waterloo; derrière les murs d'une
forteresse, au contraire, les exemples de courage héroïque
sont fréquents.
Cette sèche analyse n'indique que faiblement l'intérêt qui
s'attache à fcet ordre de recherches. M. Ostrorog. qui est
docteur utinusque jiiris en même temps que docteur en droit
musulman, manie admirablement la précise et claire langue
juridique , à laquelle , sous sa plume , un cachet d'archaïsme
ne messied pas (par exemple. Mécréant, Commandeur de
57S NOVEMRREDKCEMBRE 1UU6.
Guerre Sainte, Kcriture au lieu de Qor&n, • persuasion • ponr
• croyance ■. etc.). H faut reconnaître qu'un grand nombre de
ces expressions, qui {>ourraient au premier olnird surprendre
et dérouter le lecteur, traduisent en ^'encrai heureusement
les expressions arabes équivalentes. On consultiM-n avec pro-
fit les notes relatives à l'acception juridique des mots laqiir,
'aqara , ilirâz . gholoàl , ribdt , kajfiira , najl . làzir. ghaçb.
L'érudition très réelle de M. Ostrorojj |)arnit repoM'r
presque uniquement sur les sources orientales; je crois bien
que l'bisloire de Mahomet de Spren^er, la grammaire arabe
et l'antholi^ie de S. cU Sacy sont les seules autorités euro-
pëeaDes citeea. Aussi Vûpparmtas criticus semble-til insuill-
Mnt ; l'auteur n'a pas tenu aasex compte de ses devanciers.
Cest ainsi qu'à propos des ximiiqt (p. 106, n. 1). il parait
ne pasconnaitri' une cooinmincation sur les tindiqt en <lroit
musulman qui a été faite au Congrès des Orientalistes de
Paris en 1897. Le Keckf ezhZhonoùn est plus connu sous le
nom de son auteur, iladji-Kbali'a: l'édition de Fluegel est
plus commode pour les recherches que celle de G)nsti)nti-
nople. Au lieu des SèbHk edk-Dhahab. il vaut mieux se ser-
vir des GmtdÊgiêdiê TtàMm de Witstenfeld; on évite ainsi
des transcriptions fautives telles que Azad , MâKÏqiya , M o'ad
pour Axd, Mouïqiyi, Ma'add. Ouweimar doit être lu 'Owéi-
mir. 11 y a mieux, pour la biographie, que VEsnid er-liiHjfU,
travail de troisième ou de quatrième main.
Je reprocherai également à l'auteur d'avoir adopte la
transcription défectueuse de ^ par A; cela tient à la pronon-
ciation turque, qui est la cause d'une erreur commise fré-
quemment par les Turcs, copistes ou typographf's, dans la
transcription des mots arabes; l'exemple le plus eiïravant est
))*. j«F buhr-i liazaz devenu courant aujourd'hui pour dési-
gner la mer Caspienne y^^ _jf! Ainsi nous avonsf Omar il)n el-
Hattàb, Fahred-EXn, Hazradj, haràdj. La seule lettre h rend
.,j.eté.
«Ommiades* est courant, mais un arabisant n'écrit plus
aujoui-d'hui que «Oméyyades». — P. 77. La sourate ix n'est
NOUVELLES ET MÉLANGES. 573
pas la dernière qui ait été révélée; c'est ravanl-derniére. —
P. io6, n. 1. Si le Mazdéisme était « un pur dualisme », on
ne voit pas bien comment il se différencierait des Thana-
wiyya, qui dans Chahrestàni sont classés à part, à juste
titre; le manichéisme est, pour les Mazdéens de l'époque
sassanide comme pour les chrétiens orthodoxes, une pure
hérésie.
Cl. HUART.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE TOME Vlll. \ sÉUlE.
MÉMUiKKS ET TRVULUTlUAh.
Pagw.
Nolicr 4iir le< maniurrits syriaques con^tni't clans la biblio-
Uit'ique ilii cuuveot des Chald^s de No(re-Dain<Mlc<<
S-menc»"» (M*' Addai Sciita)
I^> papynis moral de Lcide (M. E. Rivillovt) [Suite]. . . . K.'S
Elude «ur la musique arabe (M. Cou.Ai«oiTTtt) [Saita].. . i4g
Notai sur le dialecte arabe «le Jérusalem (M. BARTUÉLBiiy]. 197
Rdaircisaemenb sur quelques poinU du la littérature syriaque
(M. J.-B. Chabot) aSg
Un saint musulman au x?* tiède (M. E. DuTAim) sgS
Notice sur un manuscrit du ▼* siède de lliégire (M. Bki
Canm) 343
Traditions arabes au paya de Moab (M. CLnuoirr-GAnif eao ]. 36 1
Lin saint musulman au it* siècle (M. E. Db8Tai?ig] [Fin].. . 385
L'assyriologie en 1 90^ ( M, (« Fomby] iSg
IjK culte impérial en Cbine ( M. F. FAUnsL) .^i
Observations sar la numismatique de la Perside [M. Allottb
Di LA Fort) 5 1 7
.Notice snr on manuscrit siamois ^M. E. Lobceou, 533
NOUVELLES ET MÉLANGES.
Procès-verbal de la séance générale du i4 juin 1906 o
Rapport de la Commission des censeurs sur les comptes de
l'exercice 1 903 , lu dans la séance générale du 1 4 juin 1 <)o(). S
TABLK DES MATIERES. 075
Rapport (le M. Cl. Huart, au nom de la Giminission des
fonds, et comptes de l'année 1906 , 10
Ouvrages offerts à la Société i4
Tableau du Conseil d'administration conformément aux no-
minations faites dans l'assemblée générale du 1 4 juin 1906. 17
Liste des membres souscripteurs par ordre alphabétique. . . 19
Liste des membres associés étrangers admis par la Société
asiatique '10
Liste des Sociétés savantes et des Revues avec lesquelles la
Société asiatique échange ses publications 43
Liste des bibliothèques et autres établissements recevant le
Journal asiatique par l'intermédiaire du Ministère de
linstruction publique '17
Ijiste des ouvrages publiés par la Société asiatique — Au-
teurs orientaux . 5o
Deux termes argotiques de provenance orientale (M. de Cha-
RENCEY ) 191
Bil)liographie (juillet-août) 1 gS
Conférences faites au Musée Guimet, par M. E. Guimet
(M. L. BoDvAï). — De la calcgorie du gfcnre, par R. de la
Grasseric (M. L. Bodvat). — Recueil d'archéologie orientale ,
sommaire du tome VII, Hvr. i3-i5.
Notes de lexicographie hébraïque (M. Paul Joûon) ; . . 071
Bibliographie (septembre-octobre) 378
The trealise of Dionysius bar Salibi against ihe Jews, by
J. de Zwaan (M. R. Doval). — Studics in ancient Pcrsian
Hlstory, by P. Kershasp (M. L. Bouvat). — Le livre d'Hé-
noch traduit par Fr. Martin (M. R. Ddval).
Procès-verbal de la séance du 9 novembre 1906 549
Ouvrages offerts à ia Société 55i
Procès-verbal de la séance du i4 décembre 1906 589
Ouvrages offerts à ia Société 56o
570 NOVEMHRE-DKCEMBRE 190C.
Bibliographie (noveinbre-dt'ceinhre] 564
'Ike Naki'ifl of Jarir and al-FaraadaJk, edited by Antboiu
Ashle) Boan (M. Cl. lititKTJ. — Kl-Abkim c^SÔttilhâniva.
traité de droit pablic miuolaMn d'Abo« I-IIumii
d-MAwerdJ, traduit et anaotr par le c«aM« L. Ottrorog %
(M. r.l. H»*«T,. '
Le gérant :
RUBENS DOVAL
PJ
ser.lO
t,8
Journal asiatique
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